19 octobre 2021

Consigne d'écriture 2122-07 du 19 octobre 2021 : Pays imaginaires

Pays imaginaires


2122-07 Consigne - Carte topo

L’animateur vous distribue une carte d’état major au 1/25000e. En vous servant des noms de lieux et de la géographie des paysages que vous y trouverez, décrivez un ou plusieurs des pays imaginaires suivants et dites ce qu’on peut y découvrir, comment on y vit, ce qui s’y passe, etc.

Pays de mon coeur – de mes souvenirs – de mes parents – de ma naissance – où j’aimerais vivre – que j’habite – où je vis dans l’imaginaire – de l’amour – de la colère – de la haine – des nuages – du brouillard – des fleurs – des questions – du sucre et des bonbons – du sel – des cadeaux – des gâteaux – des poissons – des oiseaux – des papillons – de la poussière – des contes – de la poésie – des vieux – des enfants – des livres – des farfelus – des illuminés – des sages – des fous – des chats – des trésors – des idées – des pierres – des rêves – de l’inconscient – de l’immobilité – des matins qui se lèvent à l’envers – des idées noires et des idées roses - des fantômes rouges aux yeux bleus – des trésors de l’esprit – du savoir – des chairs à vif et des idées phosphorescentes – du mensonge – de l’insouciance – des parenthèses et des virgules.

(liste trouvée dans « Le Planteur de virgules » d’Isabelle Normand et Marie Ketline Adodo)

2122-07 Consigne - Planteurs de virgules

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Au pays de l’Insouciance / Josiane

2122-07 Josiane - 2 fantôme

Et voila, fin du voyage, destination en vue. Des paysages à couper le souffle, un ciel parfaitement pur et le soleil dans tout son éclat. Nous voici au pays de l’Insouciance.

Il parait qu’ici les matins se lèvent à l’envers, qu’il y a des fantômes rouges aux yeux bleus, qu’on ne mange que du sucre et des bonbons et que ça ne fait même pas mal aux dents. On peut lire de la poésie toute la journée. Il n’y a pas de vieux, seulement des enfants. Il y a des fleurs, beaucoup de fleurs ; des livres, beaucoup de livres que l’on entrepose dans « Le chalet des anges ».

2122-07 Josiane - 3 chalet des anges


2122-07 Josiane - 4 fantômeIl y a des oiseaux de toutes les couleurs qui chantent à tue-tête du matin au soir et que nul ne dérange. Les enfants ont donné des noms aux lieux qu’ils habitent et ils s’en sont donné à coeur-joie : Pisseloup, Les crottes, La queue Jacques, Chez Doudou.

Certains, un peu poètes, ont nommé Le Chalet des anges, La Vie neuve, La Commette aux quilles. Personne pour les gronder. Ils vivent sans contrainte, poursuivant les papillons, barbotant avec les poissons (la maman des poissons, elle est bien gentille), se roulant dans la poussière.

Des idées, ils en ont par milliers, c’est pourquoi ils ont Le chalet des ministres ; là ils se rassemblent parfois pour régler leurs petits différends : rien de grave, des histoires de distribution équitable de sucre et de bonbons et proposer de nouveaux jeux pour les jours à venir.

S’il n’y avait les fantômes rouges aux yeux bleus tout irait pour le mieux dans le meilleur des mondes. Oh, ce n’est pas qu’ils soient bien méchants mais la nuit ils plantent des pancartes : Chalet des mortes, Sur les mortes, Lac des mortes, Bois des dépendues.

2122-07 Josiane - 2 fantômeC’est qu’ils ne sont pas gais nos fantômes. Alors, dans la journée, les enfants arrachent ces horribles pancartes pour les remplacer par : Carrefour de la biche, Chalet neuf, Lac de Bellefontaine, Bois sur les champs.

Et puis, il y a les cadeaux, les cadeaux que leur fait la nature. Des lacs aux eaux transparentes où ils se baignent en s’éclaboussant et en riant aux éclats. Des fontaines où ils peuvent boire l’eau pure des torrents. Les bois où ils jouent à cache-cache avec les biches et les chevreuils.

2122-07 Josiane - 5 fontaine

Et puis un jour, les fantômes rouges aux yeux bleus les transportent au pays où on grandit… Mais ça , c’est une autre histoire.

2122-07 Josiane - 6 fantômes

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Do, RÉ, Mi, Mi, Fa, RÉ… / Maïck conteuse

2122-07 Maïck - Ile de Ré

Je marche sur les chemins de l’île. J’aime la parcourir en tous sens. Je la connais comme ma poche, mon île, et ce soir je savoure le silence du soleil couchant.

Bientôt des nuages bas envahissent le ciel, bouchent brutalement l’horizon. Un coup de vent monstrueux me bouscule, je me retrouve cul par-dessus tête. Des trombes d’eau s’abattent sur la terre autour de moi. J’ai du mal à respirer, je m’affale dans les flaques. Trou noir.

Je me réveille, trempée, assommée, j’émerge avec difficulté et… un indicible malaise ? Regardant autour de moi, plus rien n’est comme dans mon souvenir, plus d’horizon. Le temps semble s’être retourné.

Devant Rivedoux, je reste coite. La plage de la Vaseuse porte bien son nom, je patauge. La Vaseuse était la patronne du bar des Goguettes de ma jeunesse. Là, on descendait des p’tits blancs plutôt raides, comme des p’tits clous !

Je m’enfonce dans un brouillard épais et je patauge toujours, entre les Deux chemins. Je peine à retrouver la plage de la Flotte, la bien nommée. Je crois être arrivée aux Pierrotschoux, chez mon vieux copain Pierrot quand, soudain, émergeant des nuages, la prison Saint Martin, avec ses murailles noires et dénudées, menaçantes, me fait frissonner. Elles sont bien là !

170418 265 N 045

Mais en face, plus de côte continentale, tout disparaît dans le brouillard. Je retrouve avec peine le passage sur le Pas des bœufs. Mais que s’est-il passé ? Je veux retrouver cette bonne vieille Couarde, là où on faisait Mouille-pieds, en passant par les Folies, les soirs de pleine lune, avant de s’engager dans les vieilles rues silencieuses. Mais là aussi, plus rien, désolation, j’entrevois à peine le grand marais de la Fasse de Loix.

J’arrive pourtant à traverser, en sautant de pierre en pierre, de débris en débris, de fossé en fossé, pour arriver sur ce qui aurait dû être le Moulin à Marées et je reste en arrêt devant l’Abbaye… rasée.

Le Peux, ce qu’il en reste fait l’effet d’une véritable Déramée. La pointe n’est plus une pointe, L’âne ne pourra plus se faire botter le cul ! J’erre sur les pas, ceux du Contrordre, du Malheureux.

Je fais demi-tour, harassée, je ne sais plus où je suis ! Je sens l’odeur du Fier d’Ars, je sais que de l’autre côté, Ars, Les portes, St Clément se tiennent, (se tenaient ?) entourées de toutes ces villas de Parisiens, traversées par toutes ces pistes cyclables. Plus de Banc du Bûcheron pour regarder le soleil couchant sur la réserve naturelle.

170418 265 N 056

Je repars, les yeux pleins de larmes. J’arrive sur ce que je crois être le pas du Boutillon, bordant les parcs et les marais salants. Mais je sais déjà que je ne retrouverai plus jamais la Clé, pour faire la Route des Moulins, notre rue de la soif, sans Tricherie, quand on enquillait, les uns après les autres, canon après canon, Le Moulin Rouge, Le Moulin Daniel, le Moulin Robert et le Moulin Bouthier !

170418 265 N 087Jusqu’à la Conche des Baleines, comme un Zombie, je patauge, en mode automatique, puis jusqu’au Phare. Et là, dans la brume épaisse, je crois halluciner. Face au Phare des Baleines, des centaines de baleines, immobiles, semblent attendre. Le temps est comme suspendu, je retiens ma respiration, mais… Rien ne se passe. J’aurais voulu… Mais … Quoi ?

Je me laisse envahir par les souvenirs. Là, aux Portes, mes vieux amis, le p’tit Marchais et le grand Marchais, sur L’aile de peu de foi, faisaient la bamboche dans la vigne à Madame, pleins d’insouciance, et puis on allait dans le Bois de Trousse chemise et jusqu’à la plage de la Patache.

Où sont-ils donc ? Emportés par les flots ? La mort dans l’âme, à petits pas, j’erre dans les ruines de ma jeunesse, resserrant mon ciré déchiré autour de moi. L’air est lourd, dense, irrespirable.

Pourtant, on le savait que ça arriverait, on le savait, pourquoi on n’a rien fait ? Pourquoi ? Je ne sais plus si je suis dans le temps présent, dans le passé, dans le futur ? Je cauchemarde.

Au bout d’un long moment, je me retrouve sur ce qui semble être la pointe des Sablanceaux. De la brume émerge le pont, intact, dans un silence pesant, qui redescend vers la pointe de la Repentie.

Un petit rafiot semble attendre, je monte dedans, le rameur se retourne vers le large, et la barcasse s’enfonce dans le brouillard cotonneux. Pour ressurgir quelques minutes plus tard, devant le port de La Pallice. Je débarque et là, bouche bée, je contemple le port, inchangé, industrieux et bruyant.

Je me retourne, interrogeant mon guide du regard. Mais le conducteur et la barque s’éloignent déjà dans le brouillard. J’ai la nette impression de savoir qui il est celui-là, pourtant.

Mais sur quelle rive suis-je descendue ?

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Pays... / Adrienne

– Au pays où j’aimerais vivre, soupire Cuyéou de Sanchou Magrou, on parlerait la même langue que moi et je ne serais pas toujours obligé d’épeler mon nom.

– Au pays de ma naissance, répond Coume de Pène Courbe, on parle ma langue mais ce n’est guère mieux : mon nom y était constamment sujet à quolibets !

– A qui le dis-tu ! s’exclame Pé d’Era Linde en levant son verre. Buvons au pays de l’insouciance, de l’amour, des sages et des fous !

2122-07 Consigne - Carte topo

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Château- Bonheur / Dominique H.

Château-Bonheur ou Le Voyage imaginaire de Léonie et Gaspard
dans un village normand près de Granville.

Sur une carte IGN au 1/25000ème le pays des enfants ressemble au pays des grands : la mer, les rivières et les mares sont figurées en bleu, les forêts en vert anis, les grandes routes en rouge, les routes secondaires en jaune, les chemins en noir et les maisons sont grises. Surtout sont inscrits plein de lieux-dits aux noms bizarres.

Mais les enfants ont la chance de pouvoir utiliser la carte IGN comme ça leur chante, leur GPS mental étant des plus fantaisistes. Nulle préoccupation du chemin le plus court, de la qualité du macadam, pas plus que des limitations de vitesse. C'est par magie qu'ils passent d'un lieu à l'autre.

2122-07 Dominique - chateau-bonheur-2

Gaspard et Léonie habitent depuis leur naissance dans le même village au joli nom de « Château Bonheur ». Il n'y a que dix maisons à Château-Bonheur sur la carte IGN. Bien sûr ce n'est pas la grande ville, pas de cinéma, de médiathèque ni de paradis de la consommation. Et pourtant Gaspard et Léonie ne s'y ennuient pas. Ils sont complices depuis la maternelle et rigolent bien dans le car scolaire qui les trimballe matin et soir, côte à côte ; parfois même ils se donnent discrètement la main. Ils ont eu sept ans au printemps, Léonie en avril et Gaspard en mai, et viennent de terminer leur CP. « Sept ans, l'âge de raison » ont dit les parents et les grands-parents. Alors, comme les grands, ils font des projets de vacances à deux.

Ayant envie de voir du pays, ils ont décidé de partir en randonnée à la journée, sac au dos. Pour avoir observé leurs parents, ils savent que ce genre d'expédition se prépare. Gaspard a déjà chipé la carte IGN du coin que son père semble avoir oubliée dans sa sacoche à vélo. Ils ont aussi vidé leur tirelire et mis leurs économies en commun : vingt deux euros cinquante, ils vont pouvoir aller loin. Dans leur sac à dos du pain du fromage, chacun leur gourde, un paquet de mouchoirs et chacun un pansement au cas où. C'est déjà très drôle de faire ces préparatifs en cachette des parents, leur projet étant « secret- défense » a dit Gaspard. Ils pressentent que leurs parents ne seraient pas d'accord, qu'ils diraient que c'est dangereux, qu'ils sont trop jeunes et patati et patata.

Les grands rajouteraient aussi « Vous n'êtes pas bien ici ? ». C'est vrai que dans la campagne de Château-Bonheur la vie est belle. Pour leurs anniversaires, leurs parents leur ont fait une super surprise. Laura, la maman de Léonie, championne d'escalade, a amarré solidement avec des cordes de rappel et des mousquetons une échelle de meunier au tronc du vieux chêne noueux, puis Emmanuel, le papa de Léonie, a calé et cloué une palette dans la fourche formée par les quatre grosses branches du chêne. Manon, la maman de Gaspard a posé un tapis encore joli sur ce plancher.

2122-07 Dominique - cabane

Ensuite, Léonie et Gaspard ont chiné leurs grands parents pour meubler et décorer leur cabane à leur goût : Daniel, le papy de Léonie, un as de la machine à coudre, leur a fabriqué quatre coussins, « pour le confort » a-t-il dit en les leur offrant. Christiane, la mamie de Léonie, leur a donné une cuvette qu'ils ont renversée pour en faire une table basse, deux grands verres en carton, et Isabelle, la mamie de Gaspard, une ancienne boîte à pain en guise de bibliothèque, plus une jolie boîte métallique à couvercle pour la réserve de biscuits et un parapluie au cas où. Laura, pour la sécurité, a disposé trois matelas usagés au pied du chêne, au cas où l'un deux tomberait. Gaspard a accroché avec des pinces à linge à des petites branches deux carrés de tissu africain pour faire tenture murale. Léonie, ravie, pense « Quel bonheur extraordinaire, à sept ans, d'avoir un vrai palais dans les arbres avec mon amoureux »!

Maintenant qu'ils savent lire, rien de plus facile que découvrir les noms de lieux-dits, et quel plaisir de piquer un fou rire en déchiffrant des appellations bizarres comme «  le chat troussé », « le loup pendu », ou encore «  Bidon » qui met Gaspard dans tous ses états.

- Ah ! Ce que je me bidonne » pouffe-t-il en se tapant sur le ventre.

Plus sérieusement, ce matin c'est à Léonie de fixer la destination. Pour cela, elle a mis au point tout un cérémonial: elle étale soigneusement la carte sur le tapis, elle se met un cache d'avion sur les yeux, tourne trois fois en l'air son crayon magique clignotant puis, comme un avion de guerre, le pique sur un point de la carte en faisant un bruit de moteur. Si la pointe du crayon tombe en plein champ, elle a le droit de recommencer. Le point de départ de la randonnée est toujours Château-Bonheur. Tous les moyens de transport sont permis et aujourd'hui c'est Gaspard qui organise le trajet.

Ce matin, le crayon magique a piqué au Nord, sur «  La Mare es Champs ».

- Nous devons prendre nos maillots de bain et notre serviette » dit aussitôt Léonie.

- Tu crois ? dit Gaspard, il n'y a pas de rond bleu sur la carte à cet endroit, et ça va alourdir notre sac à dos.

- Tu fais comme tu veux, Gaspard, je ne veux pas te commander, mais moi je les prends, ce n'est pas si lourd ! Ceci dit, que proposes-tu comme stratégie, Gaspard ? C'est un peu loin et tu sais que si nous ne sommes pas rentrés pour le dîner, nos parents seront inquiets et appelleront la police ? 

- C'est très simple, dit Gaspard, nous allons partir par les airs. Nous allégeons au maximum nos sacs, nous mettons nos maillots sur nous (ne te tracasse pas je me tournerai pendant que tu te changeras). Nous allons grimper prudemment en haut du chêne en nous tenant aux grosses branches. J'avais prévu ce cas de figure et j'ai accroché à une branche une réserve de quarante ballons gonflables. Nous allons en gonfler vingt chacun que nous accrocherons à notre ceinture (j'en ai prévu une pour toi). Nous gonflerons aussi notre bouée au cas où nous tomberions dans la mer ».

- Ca marche ! Et surtout n'oublie pas de prendre la carte, Gaspard ! 

Gaspard et Léonie grimpent sur les grosses branches, se partagent les ballons et commencent à les gonfler. Vingt ballons à gonfler c'est long mais à sept ans on a la vie devant soi et puis il faut prendre son temps sinon la tête se met à tourner et ils sont en haut de l'arbre et quand Gaspard regarde les matelas tout en bas il a le vertige. Léonie a déjà gonflé quatre ballons ; Gaspard, lui, s'est arrêté au milieu du troisième. Léonie, voyant Gaspard tout pâle dit « Stop ! Je redescends à la carte et on change de destination ! »

2122-07 Dominique - mulotElle reprend son crayon magique, répète son cérémonial et cette fois, le crayon magique pique sur «  Les Mulots ». Gaspard qui vient de poser les pieds sur le tapis et a repris des couleurs, s'écrie «

- Ah Non ! Surtout pas ! J'ai peur des souris ! »

- C'est vrai ? » demande Léonie étonnée.

Elle pensait que Gaspard était un gaillard. Ne voulant pas l'humilier, elle ferme les yeux, reprend son crayon viseur qui, cette fois pique sur un lieu dit « Bréhat ».

- Je connais, dit Gaspard, c'est une île, il faut y aller en bateau. Mais je crois que c'est un peu loin et une fois que j'étais en voilier avec mon papa, il y avait beaucoup de vent et des grosses vagues, j'ai vraiment eu très peur ».

Léonie ne dit rien mais pense :« Décidément, Gaspard a peur des mulots, de la tempête, il manque de souffle pour les ballons, il a le vertige… Est-ce que je pourrai compter sur lui dans la vie? En même temps, il est gentil, prévenant, prévoyant et je l'aime ! Bon ! Alors j'apprendrai à cohabiter avec les souris, j'apprendrai à naviguer et je développerai mon souffle. »

2122-07 Dominique - Montchaton- On continue » dit Léonie. Abracadabra, crayon magique, dis-moi ! Montchaton ! ».

En entendant « Mon chaton », Gaspard, tout ému, va poser un baiser sur la joue de Léonie. Elle pouffe de rire en lui disant :
- Ce n'est pas un mot doux, Gaspard, c'est le nom du lieu et ça s'écrit en un seul mot avec un t entre mon et chaton ! 

Mais Léonie voit que Gaspard est au bord des larmes. Alors elle l'enlace tendrement, lui fait un long bisou et dit, enjouée :
- J'ai une faim de loup ! Pas toi ? On va dire que la randonnée d'aujourd'hui est terminée alors je t'invite à pique-niquer avec moi sur les matelas ! 

- Wah ! » dit Gaspard en sautant de joie.

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Un P’tit coin d’paradis / Marie-Thé

En ce matin d’automne,
bien au chaud sous la couette,
je regarde par la fenêtre
la grisaille du ciel breton
et je rêve.

Je repense à ce dernier été à la montagne.

Après une longue randonnée
dans la vallée du Paradis, au cœur des Pyrénées,
j’ai planté ma tente près d’un lac,
à l’orée d’une clairière,
un trou de verdure aurait dit Arthur Rimbaud.

2122-07 Marie-Thé - lac

A l’aube,
réveillée par le chant d’un oiseau espagnol,
j’ai entrouvert ma tente,
posé mes pieds nus sur la mousse
douce, fraîche
et suis entrée dans l’eau claire
glaciale, régénérante.

2122-07 Marie-Thé - moineau espagnol

Au milieu du lac, émerveillée,
j’ai admiré les arbres, la végétation
colorée, dense.

Au-dessus de la montagne
majestueuse, grandiose,
pointait le soleil au travers d’une légère brume.

Au sortir de l’eau le soleil m’a réchauffée.
Ma tente pliée, mon sac à dos bouclé,
détendue, joyeuse,
j’ai repris le chemin de randonnée.

En ce matin d’automne,
bien au chaud sous la couette,
je rêve,
je rêve de revoir ce trou de verdure
qui porte si bien le nom de « Paradis ».

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Pays de mon coeur / Laura

Nous avons beaucoup déménagé, en moyenne tous les trois ans. J'ai laissé dans tous les lieux une partie de moi et inversement. C'est ce que j'appelle des paysages d'âme sur lesquels j'écris beaucoup. Au vu des circonstances de notre vie, il y a des lieux que j'ai aimé quitter (pas à cause d'eux, vous l'aurez compris) et il en est d'autres que j'ai été particulièrement triste de quitter. Il en est ainsi de ce coin de France du côté des Pyrénées, l'Ariège, à une heure de Toulouse que j'ai aussi beaucoup aimé. J'y ai pourtant vécu des moments difficiles avec de la colère et même parfois de la haine. Mais c'est l'amour qui émerge le plus de mes souvenirs. Ce n'est pas le pays de mes parents, ni de ma naissance qui est celui du mensonge et de l'hypocrisie. Des vieux ou plutôt des vieilles étaient mes amies, là-bas. Elles m'ont aimée je crois et elles m'ont offert un bel au revoir dans la langue de ce pays et j'ai toujours le coeur serré quand j'entends "Ô Toulouse".

 

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Le Pays des matins qui se lèvent à l'envers / Jean-Paul

Au pays des matins qui se lèvent à l’envers
Monsieur de Monquartier fait émerger un œil
Du pantalon de pyjama dont il est coiffé

Le soleil illumine
Du plus haut point du ciel
Le moulin de Madame.

Celle-ci, au miroir,
Défait la farderie
Dont elle s’était parée pour égayer la nuit.

Au pays des matins qui se lèvent à l’envers
Monsieur de Monquartier va vider bistouquette
Au Ruisson bernigouet.

L’écluse de Monportail
S’ouvre et laisse passer
Les sables de plaisance.

2122-07 Jean-Paul 1 France_-_17_-_Saint-Froult_-_Écluse_de_Monportail_et_claires_ostréicoles

Le peu des jours s’en vient :
Il faudra aujourd’hui s’en aller chercher l’eau
A la Croix des galets,

Mener les grenouillères
A la Caillèterie
Et tirer la traînasse avant qu’il soit midi
Et le soleil couché.

Au pays des matins qui se lèvent à l’envers
Quand tombent les pénardes, sur le coup de vingt heures,
Tout le monde se fait beau pour danser parpagnole…
Et s’écroule dans son lit dès les grandes Versennes !

2122-07 Jean-Paul 1 sortie_pointe_de_parpagnole

La rouillasse des jours,
La mornètrie du temps…
Jamais rien n’importune les Matinlenversois.

2122-07 Jean-Paul 1 versennes

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Le Pays où j'aimerais vivre / Jean-Paul

Le pays où j’aimerais vivre
C’est, près du pont de Bernichou,
Au hameau de La Bergerie.

Près des anciens moulins,
Dans le bois de Gaillard,
J’y aurais la cabane
Dont j’ai toujours rêvé.

J’irais puiser l’eau fraîche
Et l’amour à foison
Dans la fontaine de Gringoland

Car au pays où j’aimerais vivre
Personne n’a jamais rien
Contre les étrangers.

2122-07 Jean-Paul 2 Gringoland

Même au moulin de Chevrotine
On se sait de même farine,
La Polonaise et l’Asturienne,

Et les portes toujours
A la fraternité
Des quéreux et pérauds
S’ouvrent très largement.

Au pays où j’aimerais vivre
Je saurais travailler à la circasserie,
Refaire le paradis sur le chemin des Grèves,
Ramasser au verger les pièces du Champ Simon.

Pour délester les graves
De leur esprit de sérieux
Je leur ferais les ailes blanches

Et sur l’aéroport de Rochefort Saint-Agnant
Ils iraient décoller
Depuis la pierre levée.

2122-07 Jean-Paul 2 Rochefort

Au pays où j’aimerais vivre
L’enquillerie des jours,
Les griffes du hasard,
Tout le monde s’en fiche !

Ici l’avenir voisine
Avec le bois fleuri
Et les mille couleurs de l’espérance folle.

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Le Pays des farfelus / Jean-Paul

C’est au pays des farfelus
Qu’on peut voir le pont de Parpaing :
Il est en bois ! Il est en bois !

C’est au pays des farfelus
Que les frères Dalton
Ont tenté un hold-up
A la cabane des Casses :
Hélas, aucune banque ! Hélas, aucune banque !

C’est au pays des farfelus
Que les gens de Chie-Loup
- Chie Loup ! Chie Loup ! Chie Loup ! -
Cela fait cent sept ans
Qu’ils sont tous constipés !

2122-07 Jean-Paul 3 Chie-Loup

C’est au pays des farfelus
Que tous les ans, au pré Cornu
A lieu le festival
Des cornards, des cocus
Et des anciens vikings.

C’est au pays des farfelus
Que la route de Mouillepieds
Conduit à La Vacherie,
Qu’on peut aller de Coupe-Gorge
Aux Quatorze journaux,
De Chantemerle à Vide-Bouteille.

La goupillerie des événements,
Le grand moindreau des près de Moins,
La cacoderie des jours,
C’est au pays des farfelus qu’on n’en a cure.

C’est au pays des farfelus
Qu’on balance les soucis
Au canal de Ciré
Parce qu’on n’en a rien à !
 

2122-07 Jean-Paul 3 Canal de Ciré

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