L'Atelier d'écriture de Villejean

29 mai 2019

Consigne d'écriture 1819-29 du 28 mai 2019 : Atelier Rimbaud

Atelier Rimbaud

 

Voici quelques mots de Rimbaud :

Palmes – idole – éclairs – sang – cascade – féerie – cirque – déluge – ronces – les haleines – verger – lune – les pierreries – la route – la mer et le ciel –yeux noirs – sable – les géantes – oiseau – essaim – couchant - ciment – enfant – tombeau – terrasse – piéton – horloge – palais – cathédrale – parade – départ – éternité – tambour – flamme – glace

1) Il vous est demandé d’écrire un ou plusieurs poèmes en prose incluant dix de ces mots.

2) Vous pouvez aussi écrire quelque chose de plus informel mais – toujours en incluant dix mots – en utilisant un des incipits suivants :

L’automne déjà ! Mais pourquoi regretter un éternel soleil…
Des fleurs magiques bourdonnaient…
C’est elle, la petite morte, derrière les rosiers…
Je suis le savant au fauteuil sombre…
Dans un grenier où je fus enfermé à douze ans, j’ai connu le monde.
L’hiver nous irons dans un petit wagon rose.
Quelle sorcière va se dresser sur le couchant blanc

Cette consigne est sortie du Nouveau magasin d'écriture d'Hubert Haddad. Remercions-le à nouveau.

170216 - LE MONDE HS - Arthur RIMBAUD, Le génial réfractaire - 011

 

N.B. Les illustrations des billets sont tirées du numéro hors série du "Monde" sur Rimbaud :
on peut le retrouver en ligne ici

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28 mai 2019

Trois poèmes en prose sur des mots de Rimbaud / Anne-Françoise

Des fleurs magiques bourdonnaient au clair de lune
Des abeilles éclairaient la nuit de la flamme de leurs ailes
Des ronces dressaient leurs épines de glace irisée
Le sable bâtissait monts et merveilles éphémères avant la marée
Les arbres du verger écoutaient de toutes leurs feuilles un oiseau chanter
Une cascade musicale délivrait des éclairs argentés
Des palmes chuchotaient des secrets au vent d’été
Des vagues légères faisaient scintiller des pierreries qui disparaissaient dans l’écume
L’éternité fut ce court moment-là.

170216 - LE MONDE HS - Arthur RIMBAUD, Le génial réfractaire - 021

 

L’horloge implacable donne le départ
Elle prend son grand tambour noir
Elle envoie un essaim assourdissant de secondes
Elle crible le ciment de minutes assassinées
Elle frappe les heures de sa masse en acier
Elle fait pleuvoir ses coups sur les jours perdus
C’est le déluge des années trop pressées
Le sentier, le chemin, la route, tout est inondé
Le château, le palais et la cathédrale n’y pourront rien changer
L’horloge implacable poursuit son travail de sape
Ses aiguilles géantes martèlent le sol et creusent un tombeau aux enfants qui ne sont déjà plus.

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Le petit cirque sur le sable s’est posé
Il a dressé son chapiteau rouge et blanc sous la lune
Une vieille, un bœuf, un piéton, une grenouille, une auto et une dame culottée sont entrés
Ils se sont installés dans les gradins, intimidés et impatients
Un tambour et une trompette ont annoncé le début du spectacle
Sur la terrasse de sable, de sciure et de pierreries, au milieu de la piste,
Un essaim de lapins a défilé à la queue leu leu
Une coccinelle a fait apparaître un éléphant dans son chapeau
Une horde de tortues a sauté dans des cerceaux en flammes
Un escargot funambule a traversé le ciel du chapiteau avec son ombrelle rouge sang
Une araignée aux grands yeux noirs a dansé un tango mélancolique
Une sorcière s’est dressée sur un couchant blanc
La parade des artistes a clôturé la soirée
Puis le petit cirque s’est envolé entre la mer et le ciel.

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Le savant au fauteuil sombre / Marie-France

170216 - LE MONDE HS - Arthur RIMBAUD, Le génial réfractaire - 012Je suis le savant au fauteuil sombre,
Sur ma terrasse au clair de lune,
Je contemple la féerie d'un éternel soleil.

Lorsque l'angélus a sonné à l'horloge de la cathédrale,
La lune et le soleil se sont donné rendez-vous.

Il lui a déclaré sa flamme avant le couchant,
Elle lui a promis de l'aimer jusqu'à l'éternité.

J'ai contemplé la parade.

Du verger voisin bourdonnaient des fleurs magiques,
Des fleurs de cerisier, de pommier.

Puis le ciel s'est assombri,
Je me suis alors souvenu de l'été de mes 12 ans où je fus enfermé dans un grenier.

Un orage venait d'éclater,
Des éclairs zébraient le ciel.

Je n'étais encore qu'un enfant, et j'ai eu si peur, je me suis réfugié dans le grenier.

J'ai bien fermé toutes les issues, je ne voulais rien entendre, rien voir.

Tapi au fond de la pièce, j'attendais la fin du déluge,
Quand j'ai aperçu cette malle.

170216 - LE MONDE HS - Arthur RIMBAUD, Le génial réfractaire - 026Curieux, j'ai voulu l'ouvrir.

Je la croyais fermée à clé tellement le fermoir était rouillé.

J'ai forcé et après bien des efforts, victoire, elle s'est ouverte.

J'ai alors découvert des cahiers, des compas, des cartes, 
J'ai vu un monde que je ne connaissais pas.

A travers tous ces documents, j'ai parcouru les terres et les mers.

J'ai étudié la vie des indigènes, leurs us et coutumes, j'ai voyagé dans le monde entier.

J'ai écrit des livres pour apprendre aux enfants et aussi aux grands ce que j'avais découvert.

J'avais envie de partager tout l'univers.

En ce soir d'été, je contemple cet éternel soleil, moi le savant au fauteuil sombre.

Demain l'automne !

Aurais-je des regrets ?

Là-bas derrière les rosiers, elle fait la morte
Mais je l'ai reconnue, je sais que lorsque le soleil aura complètement disparu, elle se dressera sur le couchant blanc,
La sorcière au clair de lune.

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Quatre poèmes en prose sur des mots de Rimbaud / Jean-Paul

COUCHANT BLANC

C afe press - I love RimbaudQuelle sorcière va se dresser sur le couchant blanc ? La mer et le ciel sont à la parade mais le tambour du Jour s’est tu. La route nous conduit vers l’Eternité – c’est la mer salée avec le soleil ! -.

Piéton dans le siècle de la tautomobile (Ah tut tut pouêt pouêt la voilà, la tautomobile !) on finit quelquefois sa course sur le sable. Alors devant nos yeux d’enfant les géantes prennent naissance. C’est un cortège de balais, de chats rachitiques, de lune, un sabbat infernal qui nous glace d’effroi. Et pourtant cela n’est peut-être que la Nuit.

 
DÉPART

170216 - LE MONDE HS - Arthur RIMBAUD, Le génial réfractaire - 019Dans un grenier où je fus enfermé à douze ans j’ai connu le monde. Son déluge de sang emplissait les vieux livres que j’ouvrais, tout pleins de guerres anciennes et de tambours muets sur ce que coûte le progrès. Dans les cités en flammes les visages figés n’avaient pour horizon que la glace du tombeau ou le départ des peuples pour un lointain exil.

De toute éternité, avec les pierrries et le ciment des jours, on célébra l’Idole. On Lui a élevé palais et cathédrales.

Et quand on a ouvert la porte du grenier j’étais prêt. J’ai tué le geôlier qui venait me nourrir et j’ai pris le chemin afin de n’être plus, dans la vraie vie, Ailleurs, qu’un enfant du Soleil.

 

 PARADE 

170216 - LE MONDE HS - Arthur RIMBAUD, Le génial réfractaire - 013L’Automne déjà ! Mais pourquoi regretter un éternel soleil ? N’aurons-nous pas, l’année prochaine, la féerie des idoles au pied du tapis rouge ? Ne viendront-elles plus au grand cirque de Cannes conquérir d’autres palmes ? L’essaim des journalistes, les pierreries brillantes sur les robes du soir, les marches du palais, les haleines retenues avant le palmarès, tout ce ciment du rêve, américain ou pas, va-t-il vers son couchant ?

J’aurai juste un printemps de plus. Et qu’est-ce qu’un printemps quand on est maître des horloges et que l’on a l’éternité devant soi ?

 

RONCES

Rimbaud dans le New-Yorker par Andre CarrilhoDes fleurs magiques bourdonnaient. C’étaient des chansons pour enfant ou pour des scouts traçant la route, balisant le chemin d’une ample cathédrale dressée parmi les ronces. C’était un déluge de notes et des mots en cascade qui coulaient par-dessus : « J’ai usé trois culottes pour te faire l’amour à véli à vélo à vélocipédo !» ! La rose déclarait la flamme de Léandre. L’Iris représentait la glace de sa mie, les yeux noirs du reproche, le coquelicot l’éclair de l’ «Arrête ton cirque, déclare ton amour !» : "Et pourquoi t’es pas venu me faire l’amour sans culotte ? Et pourquoi t’es pas venu me faire l’amour le cul nu ?".

Cette rengaine-là, petite fleur sauvage, s’était égarée là, avait poussé sans que le jardinier ne voie comme s’en revient toujours, en toute liberté, pousser la mauvaise graine en son jardin parfait. 

 

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15 mai 2019

Consigne d'écriture 1819-28 du 14 mai 2019 : Ecrire comme Philippe Delerm dans "Je vais passer pour un vieux con"

Ecrire comme Philippe Delerm dans "Je vais passer pour un vieux con"

 

Chaque texte de cet auteur ne contient pas plus de quarante lignes. Il écrit au présent et use et abuse du pronom « on » et de phrases courtes pour raconter des événements de la vie quotidienne. Dans ce style-là vous écrirez de deux à cinq petits textes dont le titre sera choisi dans cette liste : 

Je vais passer pour un vieux con - Vous n’avez aucun message - La maison n’accepte plus les chèques - C’est moi ! - Tout d’abord, bonjour ! - J’ai habité trois ans rue Commines ! - Et puis je vais vous faire une confidence - Comment il l’a cassé ! - Quand on est dedans elle est bonne - Les mots sont dérisoires - J’en parle dans le livre - Nous vous invitons à vous rapprocher - C’est du triplex ! - C’est presque de mauvais goût - J’étais pas né - Alleeez - Je garde mon maître - C’est à voir - J’ai fait cinq ans de piano - Joli chapeau madame - Sinon moi je peux vous emmener - On ne vous voit pas assez souvent - Et là, c’en était pas une ? - Je préfère Le Havre à Rouen - C’est peut-être mieux comme ça - C’est très bien fait - Oh lui, rien ne l’inquiète - Ca passe trop tard - Il y a longtemps que vous attendez ? - A l’aile bon Dieu ! - Et ce soir ? - Attention l’assiette est très chaude - Ils l’avaient dit - Je vais relire Proust - Mets ta cagoule - On n’est pas obligé de tout boire ! - Vous n’aimez pas l’accordéon ? - Je vais chez Mentec - C’est vraiment par gourmandise - Il n’y a que moi qui passe chez moi ! - On va laisser descendre les gens - Je ne m’en servirai plus maintenant.

190415 Delerm

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14 mai 2019

C’est vraiment par gourmandise ! / Anne-Françoise

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Le plat de mignardises a tourné plusieurs fois et s’est négligemment posé sur la table basse. On a successivement pris une tartelette à la fraise, une mousse passion et un petit fondant chocolat… On estime que ça fait déjà assez vu ce qu’on s’est déjà mis à l’apéro et ce qui a suivi.

Mais il y a un problème, un souci, un ennui… Ben oui, on est perturbé. Il reste dans le plat une mignonne adorable tartelette au citron. On l’ignore d’abord. On essaie de se focaliser sur la conversation. Mais ça ne suffit pas. Malgré nous, tout nous ramène au centre de cette table. Et on commence à craindre qu’un autre ose nous voler celle qui nous tend les bras… On observe la tarte d’un œil et les invités de l’autre : y en a-t-il un qui louche dessus ? On s’affole quand un autre, là, le traître, change un peu de position. Ah, non ! qu’il ne vienne pas tendre le bras ! Ouf…

Mais on n’ose pas pour autant se servir, un peu de culpabilité nous rattrape… C’est la seule pâtisserie qui reste ! Ca ferait pas poli… Et on nous lorgnerait avec un drôle d’air, nous et nos rondeurs. On est au supplice. On souffle, on transpire, la tête nous tourne… Le temps s’allonge…

Puis, avant qu’une catastrophe n’arrive, dans un soulagement infini, la voix encore étranglée par le stress, on se saisit enfin de la tartelette tant désirée. Dans une tentative à laquelle il nous faut croire, on espère encore se disculper et banaliser l’événement en tentant le plus naturellement possible : « C’est vraiment par gourmandise ! ».

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Quatre textes à la façon de Philippe Delerm / jean-Paul

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 JE VAIS PASSER POUR UN VIEUX CON !

- Je vais passer pour un vieux con mais je n’ai vraiment pas envie d’y aller dans votre EHPAD !

On croit rêver. Il ne s’est pas rasé ce matin, il traîne encore dans son vieux survêtement informe. Pourtant on vient de lui livrer son repas, commandé chez un traiteur très sélect. Il ne sort plus de chez lui à cause du bracelet électronique et il s’est accommodé fort bien avec le temps de ce studio sans confort. On n’y voit ni télé, ni ordinateur, ni téléphone, ni livres ni rien.

Son statut lui interdit toute communication avec l’extérieur. Ca fait des années qu’il crèche là, tout seul, et, pour un peu, on l’aurait presque oublié. Mais l’année dernière un gouvernement gauchisto-écologique a été porté au pouvoir. Une loi a été votée pour que les prisonniers âgés puissent bénéficier d’un placement-déplacement en établissement hospitalier pour personnes âgées dépendantes. Mais lui ne veut pas.

- Enfin, Monsieur Ghosn, lui explique-t-on, ce sera un peu comme si vous recouvriez la liberté !

- Pas dans ces conditions-là. Si c’est pour devoir se farcir des après-midi karaoké et des visites de chorales approximatives ou d’accordéonistes….

- Vous n’aimez pas l’accordéon ?

- Pas quand l’accordéoniste chante faux !
 

 

QUAND ON EST DEDANS ELLE EST BONNE !

180721 Nikon 073- Quand on est dedans, elle est bonne ! Le tout c’est de s’y mettre !

On l’a trouvé par hasard ce bord de mer idyllique. Parce qu’on en a soupé des campings avec animations le soir (concours de pétanque, soirée moules frites, karaoké, soirée disco à la piscine) on a cherché sur Internet et trouvé en vrai le camping idéal.

C’est à Poulennou dans le Finistère. Loin de tout mais on a pris les vélos pour aller au marché à Cléder ou Plouescat. Le port est à deux cents mètres au bout du camping et la plage à un kilomètre mais on est de bons marcheurs. Il y a même une anse naturelle dans laquelle on peut se baigner sans être bousculé par les vagues.

Elle, elle se baigne tous les jours mais lui n’a réussi à y entrer les épaules que le dernier jour. Il a eu l’impression de se faire cryogéniser par les transhumanistes de Google !

Ca, c’était l’année dernière. Depuis, tout au long de l’année, elle va se retremper le lundi après-midi dans la manche mais plus à l’Est : elle fait du longe-côtes à Saint-Malo, même l’hiver, même s’il pleut. Ui joue aux échecs au chaud.

Et puis récemment on a décidé d’aller faire un tour à Sète. Voir ce qui reste de Georges Brassens là-bas, découvrir la fameuse plage de la Corniche où il aurait voulu être enterré. Revoir la grande bleue.

La météo promet du beau temps alors, par plaisanterie, au moment de boucler les valises on demande :
- Tu emmènes ta combinaison de longe-côte ? Ton maillot de bain ?
- Ah surtout pas, répond-elle avec véhémence. Je ne me baigne pas dans la Méditerranée. Je me souviens encore du bain à la Napoule dont je suis ressortie toute poisseuse. Et puis maintenant, avec tous ces cadavres !

On éclate de rire parce qu’on s’attendait à tout sauf à cette réponse-là. Et puis on se retient d’ajouter cyniquement :

- Quand on est dedans elle est bonne ! Il suffit de s’y mettre !

190501 Nikon 251

 

ON N'EST PAS OBLIGÉ DE TOUT BOIRE !

190210 265 003On n’est pas obligé de tout boire !

Mais ce serait du gâchis d’en laisser.

C’est qu’il est excellent ce champagne de Philippe Doury, négociant en pays rémois. On nous explique qu’il va vers le bio et que ce dernier arrivage dont on nous a servi une bouteille tient déjà compte de cette évolution.

- C’est vrai, il est encore meilleur que d’habitude !

Nous on vit encore sur la dernière livraison mais cette été on organise une grande cousinade alors on va descendre les cartons qui nous restent et celui qu’on va commander à On.

On n’est pas obligés de finir les gressins au pesto, ni les amandes et noix de cajou aux raisins secs.

On n’est pas obligé de reprendre un deuxième café et de l’accompagner d’un deuxième loukoum.

On n’est pas obligé de parler à l’accordéoniste qui nous reçoit de Maria Candido mais une fois qu’on lui a dit le titre de la chanson, il va dans sa bibliothèque et il trouve aussi vite que s’il avait fait une recherche sur Internet la partition imprimée de cette rengaine : Je te le le.

On n’est pas obligé… mais ce serait du gâchis de ne pas jouer et chanter avec lui :

Je te le le
L’avais lélé
Bien dit lili
Que tu lulu
Serais lélé
Bientôt lolo
Ma femme

Je te le le
L’avais lélé
Bien dit lili
Que tu lulu
Serais lélé
Bientôt lolo
Ma mie 

ET CE SOIR ?

Et ce soir, il leur arrive quoi aux Bouley et aux Lepic ?

On n’a pas la télé mais on a des collègues de bureau avec qui on finit par aller prendre une pause. Ils vous parlent parfois de ce qu’ils ont vu la veille sur leur téléviseur. C’est comme ça qu’on fait connaissance avec les deux familles de « Fais pas ci, fais pas ça », les psychorigides de droite, les Lepicovsky ou Lepic, et la famille recomposée bobo de gauche, les Bouley.

On a commencé à regarder ça sur l’ordinateur au milieu de la saison 6. On a tenu jusqu’à la neuvière et dernière saison de cette « Famille Duraton » revisitée.

Après, de la même façon que certains vous disent « Je vais relire Proust » on trouve des saisons anciennes chez les soldeurs ou dans les braderies et on achète ainsi la un et la cinq. Il y a aussi les bibliothèques municipales qui prêtent les dévédés de cette série.

Alors un jour on regarde la saison 5 et lui remonterait bien dans le sens inverse : 5, 4, 3, 2, 1. Mais elle a demandé à revoir la 6 puis la 7 et les autres. Alors on a revu la 6 et en ce moment on est sur la 7. A chaque fois elle dit qu’elle ne les avait pas vus, ces épisodes-là.

Comment a-t-elle pu oublier Médusor et Tatiana Lenoir ? Frédérique Bel ne ferait de l’effet qu’aux spectateurs de sexe masculin ?

190515 fais-pas-ci-fais-pas-ca05-03

Mais lui, sait-il bien encore ce qui se passe dans l’épisode 6 de la saison 7 où les Bouley ont failli divorcer à cause d’un chien perdu et d’un danseur de country ?

Et ce soir ? Il leur arrive quoi aux Bouley et aux Lepic ? 

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08 mai 2019

Consigne d'écriture 1819-27 du 7 mai 2019 : Inventaire-contraire

Inventaire - contraire

 

1)

Dressez la liste des objets que vous n’avez jamais possédés et que vous n’envisagez pas d’acquérir ;
Dressez la liste des objets que vous possédez mais dont vous ne vous servez que très peu ;
Dressez la liste des vêtements surprenants que vous avez déjà enfilés ou portés ne serait-ce qu’une fois. ;
Dressez la liste des vêtements que vous n’avez jamais achetés ni portés ;
Dressez la liste des choses que vous avez faites et dont vous avez un peu honte;
Dressez la liste des choses que vous n’avez jamais faites et que vous ne ferez jamais

2)

A partir de ces éléments faites le portrait et racontez l’histoire d’un personnage qui est tout le contraire : ce que vous n’avez jamais possédé, il rêve de l’acquérir ; il n’a pas de honte et serait capable de faire ce que vous vous interdisez. Etc.

AEV 1819-27 Mme Contraire

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01 mai 2019

Consigne d'écriture 1819-26 du 30 avril 2019 : Fanitude touristique

Fanitude touristique

 

Votre animateur d’atelier d’écriture préféré est parti visiter Sète, une ville dans laquelle il n’a jamais mis les pieds auparavant.

La raison de ce voyage ? Un chanteur qu’il aime bien, monsieur Georges Brassens, est né dans cette ville méditerranéenne et y est enterré.

Et vous jusqu’où pourrait vous pousser votre propre fanitude ? Sur les traces de qui êtes-vous prêt(e) à partir ? Dans quelle ville inconnue rêvez-vous de vous rendre pour cela ? Qu’y ferez-vous ? Qu’explorerez-vous ? Qui rencontrerez-vous ? Que vous arrivera-t-il là-bas ?

Vous pouvez traiter ce sujet comme une fiction et raconter l’histoire à la troisième personne.

Par exemple :


«Lorsque Laure Manaudou mit le pied sur le sol romain, elle alla déposer ses valises à l’hôtel et dîna dans une pizzeria proche du Colisée. Le lendemain matin, Guide du routard en poche, elle suivit le chemin qui conduisait à la fontaine de Trevi. Elle se jeta dans l’eau tout habillée en susurrant « Marcello »…» 

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30 avril 2019

Rochefort / Anne-Françoise

J’irai retrouver un homme qui pourrait être entouré de Jean-Pierre Marielle et Philippe Noiret.

J’irai à Rochefort, Rochefort sur mer, Rochefort en terre, Rochefort en l’air, Rochefort en Sélène retrouver mon ami Jean, un homme lunaire, avec son côté clair face à la terre et sa face plus obscure qui nous est restée à l’ombre.

J’irai à Rochefort en tandem, cavalier de préférence, bercés par « il mio rifugio ». 

AEV 1819-26 Jean Rochefort 797747

Nous ferons halte au zoo, en nous méfiant particulièrement en passant devant l’enclos des pachydermes car chacun sait, un éléphant, ça trompe énormément. En cas de danger, nous pousserons notre cri de guerre : « Courage, fuyons ! », même si c’est un peu ridicule. Mais nous avons appris avec Jean la force du ridicule, à cheval au milieu d’un étang, en robe de chambre sur un balcon parisien ou dans une R16 garée dans un parking souterrain…

Lorsque les pendules de l’horloger de Saint Paul sonneront le soir, nous irons chez les grands ducs. Là, bon repas, bien arrosé et que la fête commence, dans la fumée rêveuse des cigarettes, pipes et cigares. Rien à voir avec le bal des casse-pieds !

Le lendemain, nous poursuivrons notre route dans une campagne normande brumeuse rencontrant successivement le mari de la coiffeuse, un grand blond avec une chaussure noire et Angélique la marquise des anges. Ce sera épatant !

AEV 1819-26 AF Nous irons tous au Paradis

Nous passerons par Nashville, essayerons de ne pas nous retrouver lost in la mancha et fuirons le crabe tambour sur la plage.

Nous arriverons enfin à Rochefort, en tongs et sous les avalanches. Je vous y inviterai toutes, vous qui n’avez pas les genoux de miss Anjou, les fesses de miss pays de Bresse, le ventre plat de miss albigeois et la dégaine de miss aquitaine. Quelle poilade ! C’est terrifiant !

Ensemble, nous irons retrouver Jean qui nous accueillera dans un grand rire tonitruant. Nous essayerons de percer le mystère de la moustache enjoué de ce boloss des belles lettres. Il nous conterait encore de sa voix grave : « Six semaines plus tôt, je n'étais qu'un homme sans aventure, calmement épris de sa famille et de sa patrie, et dont le regard ne faisait aucune embardée au passage des femmes. »

Nous lui dirons ensuite au revoir, au revoir et pas adieu car nous en sommes certains, nous irons tous au paradis.

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