L'Atelier d'écriture de Villejean

10 octobre 2018

Consigne d'écriture 1819-05 du 9 octobre 2018 : les titres de Charles Aznavour

Les titres de chansons de Charles Aznavour pour illustrer Plonk et Replonk

 

Vous pouvez écrire un texte, un poème, mettre en musique ou bien utiliser les titres de chansons de Charles Aznavour pour ré-écrire un de ces textes ou écrire "à la manière de".

Les plaisirs démodés - Et pourtant - Les deux guitares - La Mamma - Bon anniversaire - Il faut savoir - Hier encore - Tu t'laisses aller - Sur ma vie - Trousse-chemise

plus un à votre choix parmi cette liste :

Emmenez-moi – désormais – Comme ils disent – Les comédiens – la Bohème – Que c’est triste Venise – For me formidable -

Votre texte pourra s'appuyer sur une carte postale de Plonk et Replonk (voir le billet ci-dessous)

Plonk 03 Monument à Pas de chance

 A la base de cette consigne il y a celle des Impromptus littéraires de cette semaine

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Les cartes postales de Plonk et Replonk

Plonk 01 Bottetrain

Plonk 02 Adèle Petitpot

Plonk 03 Monument à Pas de chance

Plonk 04 Danseurs de poulka

Plonk et Replonk - Dames nourrissant les escargots du parc Sainte-Bave

Plonk et Replonk - La calèche du Dr Zwei

Plonk et Replonk - Le plumage des anges fermiers (réduite)

Plonk et Replonk - Les joueurs de dominos jurassiens

Plonk et Replonk - Une déclaration enflammée

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09 octobre 2018

Hier encore / Jean-Paul

AEV 1819-05 Aznavour

Hier encore Charles Aznavour était vivant. Plus trop en état de jouer au jeu de trousse-chemise avec une quelconque gaudeluronne bien sûr, vu qu’il n’existe pas de féminin à «godelureau» à part ce néologisme-ci, mais assez jeune encore pour avoir des projets stupides : faire un selfie avec Macron en Arménie, mourir sur scène comme Molière, se faire souhaiter, à cent ans, un bon anniversaire par le Carnegie Hall bondé jusqu’à la gueule, réenregistrer ses titres en rap «qu’est le dernier refuge de la poésie vraie» et tout ça et tout ça. «For me formidable !» le félicitait-on à la façon de Valentine qui les avait jolis d’après ce que disait Maurice Chevalier.

Hier encore Charles Aznavour était vivant. Et pourtant, quand il s’est allongé dans sa baignoire une petite voix intérieure lui a dit :

- Ne résiste pas, Charlie ! Ceci est un hold-up ! A partir de maint’nant tu m’obéis, tu t’laisses aller ! Je suis l’Ankou du lapin, celui contre lequel on ne peut rien. Je te le jure, sur ma vie et sur celle de Sainte-Anne, la patronne des Bretons, je ne suis qu’un exécutant. C’est Sainte-Maryvonne, ma patronne, qui a décidé pérempétoirement que t’as dépassé la date de péremption. Il faut savoir faire une fin. Vous les vieux vous coûtez un pognon de dingue à soigner, comme ils disent dans le nouveau monde, vous polluez l’air avec vos déplacements en avion et les plaisirs démodés qui sont les vôtres sont désormais insupportables aux oreilles de la jeunesse. Franchement, t’arrives à les réécouter, toi, les orchestrations de tes chansonnettes ? Allez zou, Papy, c’est l’heure de faire un œdème pulmonaire !

- OK, je ne discute pas, a répondu Charles, philosophe. Emmenez-moi voir la Mamma, Edith Piaf et les comédiens qui m’ont précédé au paradis des artistes. Je dois avouer qu’à certains moments de fatigue, je m’y voyais déjà.

- Le paradis ? Tu n’y penses pas ! a dit l’Ankou en partant d’un grand éclat de rire. Tu n’y penses pas sérieusement tout de même ? Ah le naïf, lui eh !

Hier encore Charles Aznavour était vivant et tout de suite après les deux guitares sur lesquelles il avait composé «Que c’est triste Venise» et ses mille autres titres ont fait «Plonk» et «Replonk» ! Elles se sont désaccordées d’un seul coup, elles ont sonné le glas, Aglagla, il y a eu un grand froid et Charles fut mouru.

***

Comme annoncé par l’Ankou il s’est retrouvé d’un seul coup dans cet univers-ci :

Plonk et Replonk - Le plumage des anges fermiers (réduite)

illustration de Plonk et Replonk

Ca pourrait être une ferme dans la Bohème des années 1900 ou dans son Arménie natale avant que la Turquie ne montre qu’elle peut être aussi forte et sinistre que son café amer.

En fait c’est la ferme de la Harpe à Rennes-Villejean en 1946.

Les damnés sont tout juste sortis de l’occupation, de la guerre et de ses horreurs. Ils sont condamnés à plumer les anges fermiers. Ils ont le regard triste des migrants de la jugeote qui rêvaient de mondes meilleurs, de paradis sur Terre, d’Amérique, de lendemains qui chantent. Ce sont les premières victimes du plan Marshall de Lucifer.

Remballée la marche des anges ! On les attrape, on les zigouille, on les plume et on les fait griller comme des poulets ! Les plumes sont envoyées à Hollywood où elles agrémentent les costumes et les postérieurs des danseuses de Busby Berkeley. Les girls du Lido et Zizi Jeanmaire adopteront elles aussi ce truc en plumes.

- Et les auréoles ? demande Charles, toujours curieux.
- On en fait des hula hoops pour les poupées Barbie !

Pauvre Charles ! Quel enfer ! Comme si sa simple mort n’était pas déjà une punition suffisante : il voulait mourir sur scène comme Molière et il meurt dans sa baignoire comme Charlotte Corday ! *


* Ou Jean-Paul Marat ? Ou Claude François ? Je ne me souviens plus des noms du coupable et de la victime dans cet épisode-là des « Petits meurtres d’Agatha Christie » !

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04 octobre 2018

Consigne d'écriture 1819-04 du 2 octobre 2018 : Les prénoms de Villejean

Les prénoms de Villejean

 

Voici les noms qu’on a attribués aux salles de la Maison de quartier de Villejean :

Fiacre – Mandoline – Auguste – Rosalie – Marius – Gaston – Achille - Narcisse

En admettant que ces salles ont été dénommées, il y a plus de quarante ans, en hommage à des habitants du quartier dont le nom était «de Villejean», racontez qui ils pouvaient être en vous aidant des formules suivantes tirées de « Contes à régler » de Pépito Matéo :

La parole est à celui qui la prend - Si ta parole n’est pas plus belle que le silence, ferme-la ! - Si tu veux savoir si les poissons transpirent, faut mettre ta tête sous l’eau - Au royaume des sourds les borgnes ne la ramènent pas - La parole est comme un œuf. A peine éclose elle a déjà des ailes - On ne peut pas accrocher tous ses habits au même porte-manteau - Echafauder craint l’eau froide - Ca me tarabuste l’omoplate du côté des trapèzes - Une porte regarde aussi bien dehors que dedans - Qui a éteint la pleine lune ? - Tant qu’on le porte c’est celui d’un autre mais si c’est à nous c’est qu’on n’est plus là. - On ne peut pas surfer sur la vague sans mouiller sa combi - Si tu prends le chemin de N’importewhere tu risques d’arriver à la ville de Qu’inmportewhat - Mr et Mme Egée n’ont pas de fils. Comment s’appelle-t-il ? - Ce n’est pas parce qu’on laisse la porte ouverte qu’il fait moins froid dehors - Le présent n’a jamais épuisé l’avenir - La langue est molle mais elle peut couper des têtes - La forme c’est le fond qui remonte à la surface - Quelle que soit la longueur du serpent il a toujours une queue - Personne n’est assez grand pour apercevoir le sommet de son crâne - Et dire qu’on est déjà mercredi - Comme un goût de revenez-y - Mon cœur est un bouquet de violettes - Le monde est assis sur la tête - On n’est pas là pour se faire dézinguer.

AEV 1819-04 Des-contes-a-regler-des-regles-a-conter

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02 octobre 2018

Les salles de la Maison de quartier / Marie-France

En cet après-midi de mai 1974 Rosalie et Marius de Villejean goûtaient les premiers rayons de soleil.

Assis sur un banc, dos à l’Église Saint-Luc, ils regardaient s'animer le quartier et riaient de voir s'agiter tous les habitants autour du bâtiment flambant neuf qu'on allait inaugurer très bientôt.

Leur chien Gaston jappait à leurs pieds et s'invitait au jeu de ballon avec les garçons.

- « Et dire qu'on est déjà mercredi, dit Marius, les préparatifs n'avancent guère, si seulement je n'avais pas fait cette mauvaise chute en dévalant les escaliers 4 à 4, je ne me serais pas abîmé le talon d'Achille. Je pourrais participer, il y a tant à faire !».

AEV 1819-04 080126_106

Rosalie, plus patiente, attendait son heure. Elle avait encore deux jours devant elle pour préparer les crêpes et les gâteaux qu'elle servirait lors de la réception du samedi. Elle essayait d'imaginer cette journée tant attendue. Depuis plusieurs mois tous les Villejeannais s'étaient organisés pour préparer de nombreuses animations pour les grands et les petits et la venue des personnalités.

- Mais dis-moi Marius, comment il s'appelle le Maire ? Henri, je crois ? Il est bien capable d'arriver avec ses acolytes en fiacre tiré par un beau cheval blanc. Il aime tellement les effets clinquants. Enfin ! Du moment qu'il prévoit le nettoyage du crottin par les agents de la ville, on veut bien. Je crois qu'on a prévu un air de mandoline joué par la petite Aline de l'école de musique, juste avant le discours du Maire. Car il prendra très certainement la parole ! J'espère qu'elle sera belle et pleine de subventions pour notre équipement ! Sinon, qu'il garde le silence !».

- On pourrait peut-être aussi demander à Auguste de Bretagne, répondit Marius. «On ne peut pas accrocher tous ses habits au même porte-manteau . Il faut voir venir.

Le soleil déclinait déjà sur Villejean et la future maison de quartier. Rosalie et Marius décidèrent de rentrer dans leur petit 2 pièces de la rue de Lorraine.

Sur la pelouse les narcisses leur offraient un tapis jaune et blanc. Rosalie se sentait le cœur en fête et elle rentra en fredonnant ce refrain : « Mon cœur est un bouquet de violettes ».

Quant à Marius, il espérait beaucoup de cette journée où il s'était tant investi avant sa chute. Il ne souhaitait qu'une chose : que cette fête ait « comme un goût de revenez-y ».

 

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Les prénoms des salles de la MQV / Jean-Paul

Quelle que soit la longueur du serpent, il a toujours une queue. Il a même parfois aussi des sonnettes mais ce n’est pas la peine d’aller les lui tirer, de s’adresser à lui pour résoudre notre problème du jour. Nous nous demandons en effet à qui appartiennent les prénoms qui identifient les salles à la Maison de quartier de Villejean !

- Bonjour ! Je voudrais la clé de la salle Rosalie pour la danse country !

- Bonsoir, elle a bien lieu en salle Gaston la réunion du Conseil d’administration de « Rencontre et Culture » ?

Le serpent des origines le sait-il ? Qui étaient ces huit personnages ? Fiacre, Mandoline, Auguste, Rosalie, Marius, Gaston, Achille et Narcisse ! Les premiers administrateurs de l’association «Rencontre et Culture» qui gère la maison ?

***

Le plus rigolo de la bande était Fiacre de Villejean. Il allait toujours trottinant, cahin-caha, Hue dia, Hop-là, et il avait un indéniable franc-parler. Ce n’était pas pour rien qu’il était délégué syndical à l’usine Citroën de la Janais. Il avait des saillies exceptionnelles.

- Si ta parole n’est pas plus belle que le silence, ferme-la !

Avec ça, féru de poésie… mais seulement de celle d’Aragon, Eluard et Maïakovski. Il connaissait aussi toutes les chansons de Jean Ferrat et Leny Escudero. Avoir sa carte au Parti communiste en 1975 c’était aller à la rencontre d’une certaine culture.

- Tu peux être-là pour la braderie de Villejean, Fiacre, afin de vérifier les emplacements ?

- Non, désolé, camarades, ce dimanche-là je suis à la Fête de l’Huma !

AEV 1819-04 Vive_dictariat_proletatureLa fête du journal L’Humanité à la Courneuve, c’était sacré pour lui. Fiacre aurait pu assister là-bas aux concerts de Jacques Higelin, de Malicorne, de Bernard Lavilliers mais il s’en fichait. Il aurait pu y écouter Leonard Cohen, Pink Floyd ou les Who.

- Les Qui ? Moi j’y vais pour le discours de Georges Marchais et pour boire des coups avec les copains !

Au royaume des sourds, les borgnes ne la ramènent pas. Il n’y avait qu’une ligne, celle du parti. Et des chemins de traverse pour la rigolade : on soupçonnait fort Fiacre et ses copains de la cellule Maurice Thorez d’être montés sur le toit de la fac de lettres de Villejean pour aller peindre sur le haut de la façade du hall B ce slogan resté longtemps visible : «Vive la dictariat du prolétature !»

***

180716 265 008

Mandoline, c’était le camp d’en face ou presque. Elle ne jurait que par le curé de Saint-Luc, par les œuvres de la paroisse, la kermesse, le Secours catholique où elle faisait du bénévolat.

- Ah oui, la clique à encycliques de Paul VI qui mérite des claques ! plaisantait gentiment Fiacre.

Il la chinait toujours mais ils s’entendaient comme larrons en foire. Elle avait beau jeu de lui rabattre son caquet en lui rappelant qu’il avait lui-même été enfant de chœur autrefois !

- Tout le monde n’a pas eu la chance d’avoir des parents communistes ! maugréait-il en mode Gino Cervi-Peppone face à Fernandel-Don Camillo.

Toujours active, positive, constructive, la Mandoline. Elle quand elle n’était pas à la braderie, c’est qu’elle avait un week-end de « La Vie nouvelle ». On la voyait souvent dans le hall de la maison prendre le café avec ses copines ou alors, toute seule, assise tranquillement en train de lire Témoignage chrétien sur une banquette à côté de la table marocaine. Celle-ci est toujours là encore aujourd’hui.

***

Gaston n’en pouvait plus, de Nino Ferrer et de son «téléfon qui son». Gaston était bougon. Gaston sortait de ses gonds. Gaston pétait les plombs. Mais Gaston était toujours là à la braderie. C’était son jour de gloire à lui, celui où, chaque année, il tentait de battre le record de vente de galettes-saucisses détenu par Narcisse. Pas de bol pour lui, on était en 1976, l’année de la sécheresse et il faisait encore, en ce début de septembre, une chaleur à crever.

- Vends des bières, Vendémiaire ! lui avait balancé Fiacre au Conseil d’administration de rentrée.

- Ton humour à la con, ça me tarabuste l’omoplate du côté des trapèzes ! avait répondu Gaston qui était décidément très bougon.

***

Que sont-elles devenues, ces huit personnes ? Je n’ai trouvé trace que de ces trois-là, étant pris moi-même ces temps-ci par un maelström d’activités plus ou moins folles. Je ne suis pas historien de profession, juste journaliste occasionnel et il n’y a pas d’archives consultables en ligne sur ces histoires locales. Tous ces instants de vie des années 1970, il n’a que Marius Aznavourian, le premier président de l’ARC qui aurait pu nous en livrer les secrets mais il vient de décéder hier.

Et du coup, je crois que j’ai trouvé la réponse à la devinette posée par Pépito Matéo dans son livre «Contes à régler» : «Tant qu’on le porte, c’est celui d’un autre mais si c’est à nous, c’est qu’on n’est plus là».

Vous avez trouvé la solution ? Non ? Retournez le journal ou faites le poirier devant l'ordinateur pour découvrir la mienne !

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26 septembre 2018

Consigne d'écriture 1819-03 A du 25 septembre 2018 : les baskets du parc du Berry

Les baskets du parc du Berry à Villejean

 

Racontez ce que vous évoquent ces deux chaussures de sport géantes abandonnées dans le parc du Berry à Villejean. A qui appartiennent-elles ? Quel rapport ont-elles avec le Berry ? Avec Villejean ?

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25 septembre 2018

Les Délacements de George / Jean-Paul

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Il y a des gens comme ça qui ont trop lu Lagarde et Michard quand ils étaient petits. Rappelons aux amnésiques préséniles et aux aculturés post-Nintendo que Messieurs Lagarde et Michard ont publié des anthologies, classées par siècle, dans lesquelles ils évoquent tout ce qui se fait de bon et de recommandable en matière de littérature française.

Ces gens dont je parle, ceux qui ont trop lu les manuels scolaires de ces deux zigues, si vous leur montrez les deux sculptures de chaussures géantes qu’on rencontre dans le parc du Berry à Villejean , vous parlent tout de suite de George Sand !

Ils n’ont lu ni « La Mare au diable » ni « La Petite Fadette » mais ils savent que la dame de Nohant est la plus célèbre des écrivains berrichons. Et donc pour eux ces baskets-là sont celles d’Aurore Dupin, ci-devant baronne Dudevant, auteure prolifique de romans féministes, régionalistes et anticonformistes.

La dame vaut certainement le détour et finalement l’hypothèse de statues-hommages – ou plutôt femmages – tient finalement la route. La lecture d’une biographie empruntée à la Bibliothèque des Champs libres nous le confirme. On y apprend plein de choses plaisantes sur ce personnage pittoresque. George faisait de l’équitation habillée en homme, elle fumait le cigare, se couchait à cinq heures du matin, se levait à midi, écrivait, tenait salon, voyageait, écoutait Chopin qui jouait du piano sauvagement, chevauchait Liszt avec délicatesse, ou l’inverse.

1819-03 Sand_portrait

 

Elle fut aussi la maîtresse d’Alfred de Musset (voir le chapitre à lui consacré dans le Lagarde et Michard du XIXe siècle), le gars qui prétendait qu’il faut qu’une porte soit ouverte ou fermée avent de se trouver bien pincé pour la donzelle. La petite histoire raconte qu’elle trompa honteusement à l’hôtel Danieli de Venise l’Alfred qui était tombé malade. C’était avec le docteur Pagello. Pas joli, tout ça, car si Alfred était malade, c’est qu’il avait trop été dans les salons et s’était par trop dessalé dans les bordels de Vénétie.


Finalement, deux chaussures géantes (taille 1828 ?) pour symboliser une femme qui a pris son pied toute sa vie avec une telle intensité, c’est très logique.

Peut-être faudrait-il en parler à la mairie de Rennes où l’on mène une intéressante politique de féminisation des noms de lieux rennais.

En même temps, un parc George Sand… Combien d’amnésiques préséniles et d’aculturés post-Playstation sauront qu’il s’agit d’une femme ?

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Consigne d'écriture 1819-03 B du 25 septembre 2018 : Féminisation des noms de lieux à Villejean

Féminisation des noms de lieux à Villejean


La ville de Rennes mène une politique de féminisation de noms de rues. Imaginons aussi de féminiser le nom de certains lieux.

Racontez l’inauguration de la piscine Laure Manaudou ; du commissariat Julie Lescaut ; de l’usine d’incinération Jeanne d’Arc ; ou d’autres établissements rebaptisés par vous.

AEV 1819-03 george sand

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Jeanne d'Arc n'appartient à personne ! / Jean-Paul

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Il y a des gens comme ça qui ont trop lu Malet et Isaac quand ils étaient petits !

Rappelons à ceux de nos aînés qui ont déjà oublié le prénom d’Alzheimer et à ceux de nos cadets qui ne se soucient guère de ce qu’était le monde avant l’invention du smartphone, de Facebook et des Applestores qu’Albert Malet et Jules Isaac écrivirent en leur temps des manuels d’histoire de France fort honorables et fort honorés.

On y apprenait qu’une jeune bergère à peine pubère et complètement lorraine qui se prénommait Jeanne et gardait ses moutons du côté de Domrémy – le premier qui ajoute « fa sol la si do » a un gage ! – avait cru bon de décrocher son portable pourtant mis sur mode vibreur pendant qu’elle exerçait ses fonctions. Un méchant plaisantin, à l’autre bout du fil, intima l’ordre à la jeune allumée – enfin, pas encore ! - d’aller bouter les Anglois hors de France. Une sorte de Brexit avant l’heure.

Jeanne d’Arc, car c’était elle, commanda une armure en kit chez Ikéa. Elle la monta en 13 minutes 19 chrono, entra dedans et s’en alla trouver le roi Charles VII dans la ville de Chinon.

Ses exploits guerriers lui valurent d’être brûlée vive à Rouen en 1431 après condamnation à cette peine par un évêque nommé Cauchon (Une sorte de #balancetonporc avant l’heure eût été bienvenue ici).

1819-03 Brûlerie jeanne d'ArcEn termes de récupération d’image, ce qui lui arriva après son évaporation en fumée est aussi assez fort de café.

L’Eglise catholique en fit une sainte. Toute la droite politique française emboîta les pas de Jules Michelet qui vibra mieux encore qu’un téléphone moderne pour la jeune héroïne nationale. Aujourd’hui encore, chaque 1er mai, les copains de Marine Le Pen vont faire la fête à Jeanne grâce à l’argent qu’ils touchent de l’Europe alors qu’ils sont contre. Contre, tout contre surtout quand ça rapporte !

Il était donc temps de l’affirmer haut et fort : « JEANNE D’ARC N’APPARTIENT A PERSONNE ! ». Et nous ne pouvons qu’applaudir l’initiative heureuse de la municipalité de Rennes qui, dans le cadre de sa politique de féminisation des noms de lieux rennais, vient de rebaptiser l’usine d’incinération de Villejean « Brûlerie Jeanne d’Arc ». Alleluia, les ami.e.s !

 

L'image ci-contre est empruntée à la revue Place publique

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