L'Atelier d'écriture de Villejean

01 mai 2019

Couleur café / Maryvonne

Moi c'est Mimose, mon prénom est créole. Ce matin je suis contente. Je sautille gaiement sur le chemin de l'école. Je souris même à la femme à la fenêtre qui me regarde chaque jour avec ses yeux d'acras frits sans doute parce que ma peau est marron. J'ai une grande nouvelle à annoncer à mon amie Héléna. C'était un peu la révolte chez moi hier soir quand j'ai annoncé fermement à ma mère que je ne retournerais pas chez la coiffeuse antillaise pour la longue séance de tressage de mes cheveux. Si encore c'était la tresse unique comme certaines de mes amies ou même les deux tresses comme celles qui encadrent le doux visage d'Héléna. Mais non ! Ce sont de nombreuses petites tresses très serrées qui tirent sur le cuir chevelu et qui nécessitent de longues heures de pose sans bouger ni se dandiner quand j'ai a envie de faire pipi.


Voilà, j'ai été ferme, je ne veux plus être entre deux mondes. Je veux entrer de plain-pied dans celui de mon amie et pourquoi pas commencer par aller chez la même coiffeuse. Je sais bien que je ne serai jamais à son image. Les cheveux crépus c'est vraiment une ombre au tableau.


En sortant de l'école, Héléna va venir avec moi prendre rendez-vous. Ce sera peut-être mercredi et je sais déjà que je vais demander une coupe très courte.

La coiffeuse un peu maladroite dit à Héléna : «Elle est jolie ton amie pour une noire». J'ai bien entendu. D'abord je ne suis pas noire je suis marron. Je sais aussi que j'ai de grosses lèvres mais je sens qu'avec ma nouvelle coupe ça ira déjà mieux, j'aurai un nouveau look,comme disent les grandes.

AEV 1819-06 Tif Annie


Le mercredi quand je sors de chez «TIF' ANNIE» je me trouve légère et toute moderne et je sais que ce soir je n'aurai pas mal à ma tête sur l'oreiller. Voilà je suis la nouvelle Mimose.


Demain à l'école je vais épater les copains surtout Isidore et les autres qui m'aiment bien mais qui me chahutent tout le temps en me donnant des noms comme Bamboula ou La Noiraude. Je ne suis pas noire, je suis marron. Héléna proteste : «Dis plutôt Couleur café c'est plus sympa !».

Quand je rentre à la maison avec ma nouvelle coiffure ils sont tous très occupés dans une grande discussion. Ils parlent d'un monsieur qui a dit que pour être français il fallait avoir un prénom français. N'importe quoi ! Moi je sais que je viens d'un département français alors où est le problème? Tout le monde proteste sans oublier mon père qui en profite pour rappeler nos traditions. Bla, bla bla ! Du temps des maîtres et esclaves on baptisait les Antillais du nom du saint du jour de naissance, si bien que les filles pouvaient se retrouver avec un prénom de garçon et vice versa. Plus tard les Antillais mixaient les prénoms des deux parents, cela donnait des choses étranges comme Edouarlise ou Felixine. Je les laisse discuter entre adultes ; pour l'instant rien d'autre sur terre ne compte plus que ma nouvelle coupe de cheveux. Je file dans ma chambre. Je me sens tellement libre.

Le jeudi matin à l'école, les premiers à me voir sont les frères Lehman. Je ne les aime pas, ceux-là. Ils vont se moquer de moi et ça ne manque pas : « Alors c'est carnaval noir aujourd'hui?». Ah ! Les sales gosses ! D'abord je ne suis pas noire, je suis marron ! Euh ! Couleur café et ce qui compte c'est l'avis d'Héléna.

Elle me saute au cou et plonge ses mains dans ma tignasse afro. Quel plaisir ! Je vois dans ses yeux qu'elle me trouve jolie. Nous sautons de joie dans les bras l'une de l'autre. Encore et encore et badaboum, nous nous retrouvons au sol, les genoux écorchés. Même pas mal ! Nous nous regardons en riant: «Tiens, regarde, nos sangs ont la même couleur !». La maîtresse veut nous mettre un petit sparadrap. Celui d'Héléna est de la couleur de sa peau. Le mien se voit trop, comme le nez au milieu de la figure. La maîtresse est désolée, il n’y a pas de pansement noir à l'école. Ah ! Marron, j'ai dit marron. Alors Héléna sort son crayon feutre marron et colorie mon petit sparadrap. Je me dis que tant qu'il y aura des Héléna il y aura un monde à portée de main.

Un monde d'écoute et de partage.

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27 mars 2019

Consigne d'écriture 1819-23 du 26 mars 2019 : Auto-centon

Auto-centon

 

On écrit la première phrase du roman qu’on aimerait lire enfin.
Dans un guide de voyage on choisit sept images. Pour chacune d’entre elle on écrit un début de phrase.
On liste sept titres possibles à ce roman.
On repart de la première phrase et on poursuit le texte en y intégrant tous les titres et tous les débuts de phrases qu’on a écrits.

(D'après l'entresort n° 40 du "Nouveau nouveau magasin d'écriture" d'Hubert Haddad.)

Münich week-end

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26 mars 2019

Les Mémoires du bibendum / Jean-Paul

Page 1

1819-23 JP6 PinakothekCe roman-ci va vous emmener loin, très loin, bien plus loin que tous les lieux ou situations que vous avez pu voir ou imaginer jusqu’à présent. Et pour cause : vous êtes le personnage principal de cette épopée, vous êtes le héros de l'histoire et désormais tout est possible pour vous.

Nous allons tout vous révéler de votre avenir, de vos questions, de vos désirs et réaliser toutes vos potentialités.

Ce sera à vous de choisir, au fil des chapitres, votre destination, votre parcours. A partir d’aujourd’hui le voyage perpétuel commence. Vous allez vous retrouver désespérément ailleurs.

Comment ça, « Même pas peur ! » ?

Alors si c’est comme ça, c’est parti !

  

 Page 15 

1819-23 JP 1 corsageAujourd’hui vous êtes ce barbu au visage longiligne qui marche, un bâton de pèlerin à la main, sur le chemin de Saint-Jacques de Compostelle. Nous sommes à la fin du XVIIIe siècle. Le chemin est à peine balisé, le voyage est long, le ciel menaçant. Vous butez sur les cailloux pointus et vos sandales usées soulèvent la poussière du Périgord noir à la veille de l’orage.

Vous accomplissez ce pénible périple pour obtenir votre rédemption. Vous avez une vie à recommencer. Dans la dernière hostellerie où vous avez passé la nuit, lorsque vous avez délacé le joli corsage bleu de la servante, quand le corps charnu de la jeune fille trop facile est sorti de son jupon blanc, elle ne s’est pas posé de questions sur votre identité, sur votre passé d’homme dangereux.

1819-23 JP 5 pagodeElle a juste compté les écus dont vous l’aviez gratifiée avant de s’allonger sur l’humble paillasse et de s’offrir à vous sans y mettre d’ardeur. La chair est triste hélas et vous avez lu tous les livres.

Ailleurs pourtant la princesse Theodora von Klenze vous promet des nuits de Chine dans le pavillon bleu du château de Nymphenburg mais vous la fuyez. Vous savez que Munich serait votre perte. Tout redeviendra citrouille un jour ou l’autre, aussi bien les carrosses des rois de Bavière que la royauté française endormie dont vous traversez les territoires fiévreux.

1819-23 JP 4 carrosse
Vous avez entendu le peuple qui grondait dans les campagnes, vous avez vu les injustices terribles dont tous demandent qu’on y mette fin. Mais vous avez toujours eu maille à ne pas partir jusqu’au jour où 

 

 

 

Page 53

1819-23 JP 2 Blaue Reiter (Franz Marc)Vous préférez peut-être être peintre en 1911 ? On vous appelle alors Franz Marc et vous peignez des chevaux bleus. Votre ami Kandinsky souhaite que vous publiiez ensemble le livre de tous les livres de la peinture. Mais son idée d’exposer vos toiles dans l’Englischer Garten de Munich ne vous emballe pas. Vous n’êtes jamais entré dans un monoptéros et ce temple en rotonde avec ses colonnades ouvertes aux quatre vents… Pour un peu vous l’enverriez se faire voir chez les Grecs, le Vassily.



Page 282

1819-23 JP 3 Château de Ludwig II

On vous a doté de tout l’armement nécessaire : cutter, couteaux de boucher, capsule de cyanure, revolver de poche. On vous a fourni les faux papiers et le contrat d’engagement qui vous permettront d’entrer à la Kansas City Film Ad Company. Vous allez approcher ce débutant qui, tel une montagne de celluloïd à venir, va finir par accoucher d’une souris dérangeante.
Et justement, en ce jour de l’an de grâce 3202 la Bibendum SA, un consortium d’exploration des univers possibles qui ne manque absolument pas d’air, vient de vous payer pour que ce rat quitte le navire. C’est à vous qu’il appartient de changer l’histoire du monde.

A bord de la capsule spatio-temporelle vous prenez la direction des Etats-Unis au XXe siècle. Quel bond dans la préhistoire du monde !

Vous vous sentez indestructible dans ce costume de citoyen américain de 1923. Vous ressemblez à Clark Kent, l’acteur qui jouera Superman dix ans plus tard : lunettes à monture d’écaille, costume cravate, pantalon trop court, chapeau mou.

Vous êtes sûr et certain que vous allez réussir la mission que le Bibendum vous a confiée de sa voix métallique :

- Ramenez-moi la tête de Walt Disney !

Page 2566

Reposez en paix. Vous avez désormais toute l’éternité devant vous. Une éternité pour écrire la suite.

1819-23 JP 7 Monopteros

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20 mars 2019

Consigne d'écriture 1819-22 du 19 mars 2019 : Généalogie fictive

Généalogie fictive et Tintinesque

 

L'animateur a lu dans le "Nouveau nouveau magasin d'écriture" d'Hubert Haddad l'entresort n° 8 dans lequel il est dit :" S'inventer une généalogie extravagante à partir de la lecture d'une vieille liste de mariage d'un de vos ascendants."

Il suggère que chacun.e s'invente une généalogie fictive à partir des pages de garde des albums de Tintin d'Hergé. Autrement dit : tous ces personnages sont des membres de votre famille d'un jour. Racontez-nous qui ils sont.

 Page 1 G réduite

 Page 2 réduite

   

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 Page 4 D réduite

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18 mars 2019

L'Héritage d'Emile / Jean-Paul

Quand l’oncle Augustin a cassé sa pipe, c’est à moi qu’on a demandé de vider sa maison. Jamais de ma vie je n’avais vu un tel bric-à-brac. Sa demeure était située en plein centre de la petite ville d’Orgères, en Ille-et-Vilaine. C’était un ancien presbytère dans lequel il avait effectué de nombreux travaux en vue de le rendre praticable. Il y avait même fait installer un ascenseur mais une fois sorti de la cuisine équipée et de la salle de bains hypermoderne, tout le reste n’était qu’un amas de vieilleries innommables, bibelots, tableaux, médaillons, albums de photographies, trophées et souvenirs ramenés de ses nombreux voyages. 

Le seul intérêt que j’ai trouvé à ce souk breton c’est que tout était parfaitement étiqueté, décrit et daté. J’allais peut-être enfin, grâce aux travaux d’archivistes du tonton flingué que je connaissais très peu, reconstituer l’arbre généalogique de la famille Laverdure, cette branche maternelle avec laquelle Maman avait coupé les ponts. Elle n’en parlait que très peu et papa restait muet sur sa belle-famille. 

Les parents d'Emile

Augustin est le frère aîné de ma mère, Brigitte Laverdure. Maman a épousé Emmanuel Tanguy et je suis né tout de suite après. Ils ont quitté la Bretagne et se sont installés à Paris où ils sont toujours et où je vis moi aussi. J’ai trouvé dans le salon de l’oncle un double médaillon qui les représente « habillés en dimanche », sans doute le jour de leur mariage ou de leurs fiançailles. Mes parents avaient déjà sur cette photo la jovialité et la rondeur voire les rondeurs que je leur ai toujours connues. Cela n’a pas été facile pour moi de faire mon chemin dans la vie en tant que fils unique d’ un couple aussi uni, aussi fusionnel, toujours porté sur la bonne chère et la rigolade, sans cousins ni cousines de mon âge. Fils d’émigrés provinciaux honteux de leurs origines, je suis peut-être un fruit conçu dans l’ascenseur social des trente glorieuses ! Et je porte sans doute des valises emplies de secrets indicibles ou vides de sens ! 

Grand-père AmédéeJe pense que je ressemble plus à mon grand-père Amédée, l’officier de marine marchande qu’on voit dans ce petit tableau carré, saisi de trois quarts de face avec sa grosse moustache blanche et son air sévère. Lui avait deux frères marins-pêcheurs, Joseph et Désiré, qui sont restés à Concarneau à faire des ronds dans l’eau et des virées dans les bistrots de la ville close, quand il y en avait encore et que ce n’était pas encore devenu un lieu touristique paradisiaque pour les bobos de Rennes, de Nantes, de Paris et d’ailleurs.


 Joseph et Désiré
Désiré et Joseph

 

 Irma et Marie

 

Marie et Irma

Dupondt marins

J’ai découvert que l’oncle Désiré avait épousé Irma Kermarrec et qu’ils avaient eu deux jumeaux, Jean-Thierry et Jean-Roger. Tous deux étaient entrés dans la marine nationale. Même plus âgés on ne les distinguait l’un de l’autre que par une toute petite différence, sans doute volontairement entretenue au niveau de la moustache. Une astuce mnémotechnique du genre Jean-Thierry Je Tombe, Jean Roger Je Rebique. Un tableau les représente dans un costume folklorique grec. Ils portent une chéchia locale et… une jupette ! 

Dupondt en jupette

Dupondt en melonPeut-être est-ce au mariage de mes parents qu’ils ont été photographiés avec un chapeau melon et une canne dignes de Charlie Chaplin ? Ou bien il s’agissait peut-être d’un bal masqué. L’oncle Augustin a failli, pour le coup. Ces deux photos-là ne sont pas annotées au verso. Peut-être ont-elles été reçues par la poste, après coup. Il y avait sans doute déjà dans toutes les familles un fou de la photographie qui vous inondait de ses clichés pour que vous souveniez de lui, plus tard, comme de « l’oncle paparazzi » ?

Augustin semble avoir gardé de bons rapports avec ses oncles et avec le reste de la famille. En témoigne le tableau représentant  la tante Marie, l’épouse de Joseph, déguisée en cantatrice d’opérette.

Castafiore

Haddock en monocleHaddockUne chose dont je suis absolument certain c’est que le dénommée Archie, un barbu à l’air bourru portant parfois le monocle et fumant très souvent la pipe n’appartient pas à notre famille. Qui était-il pour l’oncle Augustin ? Un ami d’enfance ? Un copain de régiment ? Un collègue de navigation ? Car mon oncle était commandant de bord sur un paquebot de la compagnie Paquet.

Pub Compagnie Paquet 3

Ce qui explique sa présence en tenues exotiques dans sa photothèque. Il semble avoir fait escale en Ecosse, dans les Andes, en Amérique et même en Chine.

 Tintin en Ecosse

 Tintin dans les Andes

 Tintin cow-boy

 Tintin et Tchang

Mais je crois que je vais refermer l’album de famille. A considérer tous ces barbus, ces moustachus pour lesquels il n’a noté qu’un prénom, un nom et une note sur 20, à le voir poser le bras affectueusement sur l’épaule de jeunes garçons, à constater l’absence effective de sujets féminins dans ses fréquentations, je réalise que j’appartiens peut-être à une famille d’homosexuels. Les cousins en jupette, les costumes de Maharadjah, de princes consorts, tous ces travestissements en militaire ou en chef indien, ces images d’efféminés à gomina me font penser au groupe musical Village People. L’oncle Augustin était peut-être une drag-queen ?

 Maharadjah

 Prince

 Chef indien

 Efféminé à gomina

féticheJ’ai appelé Maman au téléphone pour lui poser la question. Bien sûr, comme d’habitude, elle a éclaté de rire.

- Ce n’est pas grave si tu n’as pas trouvé la photo de tes tantes, Milou ! Ne t’embarrasse pas l’esprit avec toutes ces vieilles images. Elles ne parlaient plus qu’à mon frère. Tu fais venir un antiquaire pour les meubles et tu fourgues tout le reste chez Emmaüs. Ca ne vaut pas tripette !

- Tu es sûre, Maman ? Il me semble bien avoir repéré un fétiche Arumbaya. Il a bien une oreille cassée mais je suis sûr qu’il est authentique. Et ce tableau mi-figuratif, mi-abstrait qui représente Archie. Il est signé R. G.

- Ecoute, mon Milou, ne perds pas ton temps avec toutes ces vieilleries. La seule chose qui a de la valeur, c’est le presbytère dont tu me dis qu’il n’a rien perdu de son charme ni le jardin de son éclat. Tu vides la baraque et tu la vends. C’est toi le seul héritier après nous. L’oncle Augustin, Jean-Thierry, Jean-Roger, Archie et les travestis d’Orgères, c’est comme mon amant de Villejean. C’est du passé ! N’en parlons plus !

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13 mars 2019

Consigne d'écriture 1819-21 du 12 mars 2019 : Encyclopédie farfelue des compagnes et compagnons d'enfance

Encyclopédie farfelue des compagnes et compagnons d'enfance

 

Extrait de l'Entresort 52 du Nouveau nouveau magasin d'écriture d'Hubert Haddad :

" Il y a trois sujets : l'amour, la mort et les mouches. Il y a des années de cela, j'eus l'idée d'établir une encyclopédie universelle de la mouche. Je me suis néanmoins vite aperçu que c'était là une entreprise presque infinie." Augusto Monterroso -  La mouche

Plutôt que d'établir une encyclopédie universelle de la poussière, des prodiges, de la transparence, des ornements superflus, des mauvais plis ou de la distraction mentale, etc., comme le suggère Hubert Haddad, l'animateur demande à chacun.e d'écrire des notices de pas plus de dix lignes en vue de rédiger une "Encyclopédie farfelue des personnages et objets des contes, poésies, romans, images et films de notre enfance".

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12 mars 2019

Encyclopédie farfelue des personnages de notre enfance / Jean-Paul

Anne (Sœur)

JK 01 Soeur Anne

- Anne, ma sœur Anne, ne vois-tu rien venir ?

- Je ne vois rien que le soleil qui poudroie, et l'herbe qui verdoie !
Ce personnage du conte « La barbe bleue » de Charles Perrault passe son existence au sommet d’une tour et scrute l’horizon en chantant la même rengaine à intervalles réguliers. Dans la mesure où le héros est un barbu sanguinaire et polygame, on peut se demander s’il n’y a pas là une satire prématurée de la société islamique au sein de laquelle la sœur Anne représenterait le muezzin sur son minaret !

 

 


Bottes de sept lieues

JK 02 Bottes 3162809216_1_2_OyqrBGDgAccessoire magique tiré du conte « Le Petit poucet ». Ces bottes permettent de franchir 28 kms d’un seul coup en posant juste un pied devant l’autre, ce qui est, convenons-en, la meilleure façon de marcher et un moyen très simple de ne pas polluer la planète Gritteugayne. Une fois qu’il a eu dérobé les bottes au pied du lit de l’ogre, le Petit Poucet est à même de quitter vite la forêt de Brocéliande et de se rendre au commissariat central de Rennes pour signaler au 17e régiment de cavalerie basé là qu’un dangereux anthropophage est en train, en forêt de Paimpont, de faire passer les prêtres pédophiles de l’époque pour des enfants de chœur. Dans certaines versions de ce conte il se fait dérober les bottes en chemin par un chat-pardeur (Cf l’entrée « Chat botté).

Cigale

Un animal qui chante tout l’été dans une fable de La Fontaine ne peut-être que sympathique. Sauf si c’est la nuit qu’il chante et que c’est sous votre fenêtre que ça se passe. C’est ce qui a dû arriver à madame Lafourmi-Papréteuz pour que, à la longue, elle finisse par s’énerver un peu contre sa voisine musicienne.

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Club des cinq

JK 04 Club des 5 60eb45c9a901c2592d3a03e295fd6909Série de romans parus dans la collection « Bibliothèque rose » de M. Hachette, parallèlement au « Clan des sept » et à « Oui-Oui » pour les plus petits. Ces livres pour enfants ont été écrits par une graphomane du Royaume-Uni qui s’appelait Enid Blyton et dont on n’apercevait jamais la bobine en quatrième de couverture ni ailleurs. Dans la traduction française, l’action se déroulait souvent dans des paysages de Bretagne. Les personnages du Club des cinq, deux garçons, deux filles et un chien se prénommaient François, Mick, Claude, Annie et Dagobert. Si vous voulez tout savoir sur moi, je vous avouerai que j’étais très amoureux d’Annie mais que, devenu adulte, j’ai plutôt épousé Claude, le garçon manqué. Si vous voulez tout savoir sur Dagobert, sachez que c’est là son prénom et que son nom est : MacHulott-Alenver.

 

Dragon

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Elément généralement intrusif et souvent constitutif de romans de chevaleries, space-operas et récits d’heroic-fantasy, genres un peu extérieurs à notre domaine d’étude mais pas tant que ça au finale.
La consigne « Réécrivez dans un style différent l’histoire de Saint-Georges et le dragon » a inspîré un des membres de notre atelier d’écriture qui a désormais à son palmarès 50 exercices de style sur ce thème.
Encore 49 et le record de Raymond Queneau sera battu !

Escargot

Ils vont toujours par deux à l’enterrement de la feuille morte mais quand ils arrivent c’est le printemps alors plutôt que de se désoler, Youpi tra la la, ils s’empapaoutent sur une musique d’opéra et cela s’appelle « Microcosmos » au cinéma.
Sinon, les escargots sont hermaphrodites et Jacques Prévert est un monsieur qu’il faut tenir en haute estime à cause de son « Notre Père qui êtes aux cieux, restez-y » et de son « Quelle connerie la guerre ! ». 

 

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 Jack

Ce jeune garçon qui faisait pousser des haricots géants jusqu’au sommet du ciel utilisait-il ou non des pesticides fabriqués par le Monsanto de l’époque ?

 

 

Morane (Bob)

JK 11 couverture-12637-vernes-henri-bob-morane-072-les-guerriers-de-l-ombre-jaunePersonnage d’aventurier inventé par Henri Vernes. Même après avoir lu – en classe de cinquième ! - en une quinzaine de jours une quinzaine de ces récits parus aux éditions Marabout et signalés par un beau rectangle jaune et un phylactère étoilé où le nom du personnage apparaît en blanc sur fond rouge, je ne me souviens plus que du riff de la chanson du groupe Indochine et du nom de deux autres personnages : Bill Ballantine et L’Ombre jaune. Et aussi d’un titre particulier : « Un parfum d’Ylang-ylang ». Evoquer ce personnage me ramène au « lycée » Franklin de Lille et de fait, ça ne me rajeunit pas. Bob Morane a été adapté en bandes dessinées par William Vance, le créateur de Bruno Brazil et de la série XIII.

 

Pim Pam Poum

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Bande dessinée américaine dont les gags tenaient sur une seule page. Deux garnements, Pam et Poum, leur tante, la tante Pim, un capitaine sujet à des crises de goutte, un astronome à longue barbe blanche, un cousin prénommé Adolphe, une petite Léna… [et une tante Ross]. Tout cela a l’air de tenir dans une pension de famille sur une île du Pacifique [nommée Bongo]. Avec surtout des tartes fourrées (apple pies ?) qui disparaissent de l’appui de fenêtre sur lequel on les a déposées pour qu’elles refroidissent. Une imitation française de cette série, due à un nommé Eugène Gire, a paru dans l’hebdomadaire Vaillant pendant de longues années. Cela s’appelait « La Pension Radicelle » mais il semble que je sois le seul désormais à en garder le souvenir.

 

Poppins (Mary)

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Pamela L. Travers traverse le Channel en 1964 pour venir enchanter avec son ami Walt notre enfance continentale avec ce personnage de nurse modèle qui range votre chambre en un claquement de doigt, vous emmène galoper dans la campagne sur des chevaux de bois échappés d’un manège ou faire le mariole sur les toits en compagnie de petits ramoneurs savoyards joyeux d’oublier un temps leur bergère en compagnie de Julie Andrews. Sa guimauve musicale et son morceau de sucre aident la médecine à couler mais elle prétend qu’il vaut mieux acheter des graines à la vieille dame de la cathédrale Saint-Paul pour nourrir les pigeons que de placer son argent à la banque. Encore une qui n’a rien compris au néo-libéralisme !

 

Sésame

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« Sésame, ouvre-toi ! » est une formule magique employée dans un Conte des mille et une nuits. Le personnage principal, un nommé Ali Baba, prononce cette formule et pénètre ainsi dans une grotte secrète. Là est entreposé tout le butin amassé par les quarante voleurs qui détroussent tous les voyageurs de la région. Au lieu de se servir dans ce trésor et d’aller mener une existence dorée à Saint-Barthélémy le personnage rentre chez lui, écrit un roman intitulé « Le mythe de la caverne » qu’il publie sous le pseudonyme de Platon. Trois exemplaires vendus, le bide intégral ! Circonstances atténuantes : ni Télérama, ni France-Culture, ni François Busnel n’existaient à l’époque.

 

Thierry la Fronde

JK 05 cover-r4x3w1000-584fe2ce49886-thierrylafronde« Je m’appelle Thierry la Fronde,
J’ai une fronde en matière plastique
Que j’ai achetée trois cent francs à Prisunic ».

Ainsi parodiait-on dans les cours de récréation le générique de ce feuilleton télévisé.

Avant que n’apparaisse sur les écrans en noir et blanc de la télévision gaullienne ce personnage de résistant altermondialiste et pro-Brexit ou de zadiste au sourire Gibbs - magnifique Jean-Claude Drouot ! – les frondes étaient fabriquées avec une branche de bois en forme de Y à laquelle on attachait des lanières élastiques découpées dans des chambres à air de bicyclettes. Aujourd’hui les frondes sont réprimées à coups de fusil LDB. Celui qui se prend une de ces balles dans l’œil a bien du mal ensuite à se souvenir que les compagnons de Thierry-la-Fronde se prénommaient Bertrand, Jehan, Martin, Pierre, Judas, Boucicault et Isabelle. J’ai retenu par contre que l’actrice nommée Céline Léger qui tenait ce rôle féminin est la maman de la comédienne et réalisatrice Zabou Breitman.
 

Zébulon

JK 15 pollux10Tournicoti, Tournicoton ! Le manège enchanté, Margote, le Père Pivoine, Pollux dont j’aimais prendre l’intonation. Jacques Bodoin qui prêtait sa voix à ce chien anglophile est décédé cette semaine à l’âge de 97 ans. Adieu Philibert, sa table de multiplication, son « I go to the blackebo-ar-de » et sa panse de brebis farcie ! Merci, M’sieu Jacques, de nous avoir fait rire !

Zorro

JK 16 Zorro18449731

Un cavalier qui surgit hors de la nuit court vers l’aventure au galop. Cataclop Cataclop Cataclop !

Don Diego de La Vega, Bernardo, Tornado, le sergent Garcia…

Comme ils sont loin aussi les jeudis après-midis d’entre 1960 et 1970 !

 

 

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06 mars 2019

Consigne d'écriture 1819-20 du 5 mars 2019 : Le roman abrégé

Le roman abrégé

 

L'entresort 45 du "Nouveau nouveau magasin d'écriture" d'Hubert Haddad est intitulé
"Réduction d'un roman d'introspection sociologique à ses incipit sincipitaux". 

"Plus un roman est réaliste, volontairement descriptif et convenu en cela qu'il cherche à photographier son époque, moins sa diminution arbitraire ne change substantiellement le projet d'ensemble : réduit aux incipit, l'essentiel du message est conservé voire exalté dans la forme du texte court."

L'animateur distribue à chaque écrivant.e un roman de Patrick Modiano ou de Georges Simenon. Il est demandé d'inscrire sur une feuille, en les numérotant, l’une en dessous de l’autre, la première phrase de chaque chapitre puis la dernière phrase du livre.

Sans rouvrir le livre on écrit ensuite de quoi relier la phrase 1 à la phrase 2, la 2 à la 3 et ainsi de suite de manière à constituer un récit autonome et cohérent.

AEV 1819-20 Villa triste

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05 mars 2019

Rechercher Marilyn M. / Jean-Paul

Ils ont détruit l’hôtel de Verdun. Quelle idée aussi, au pays du Saint-Nectaire et des volcans éteints, d’évoquer ainsi les taxis de la Marne, l’ossuaire de Douaumont, les tranchées dans le lard d’une génération et la guerre préférée de Georges Brassens, celle de 14-18 ? J’y avais habité quelques temps à mon arrivée au Mont-Dore, au pied du Puy-de Sancy. Puis j’avais trouvé une pension de famille, moins chère, baptisée « Les Tilleuls ».

Que faisais-je à dix-huit ans dans cette station thermale réputée ? Eh bien, comme tout le monde, je m’y embêtais à cent sous de l’heure, sans idée de ce que serait mon avenir, de ce que je ferais plus tard, sans envisager le moins du monde qu’un jour je reviendrais, dans ce cœur de l’Auvergne, chercher le souvenir de Marilyn M.

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***

Elle était assise dans le hall de l’Hermitage, sur l’un des grands canapés du fond, et ne quittait pas des yeux la porte-tambour, comme si elle attendait quelqu’un. Quand je suis entré elle s’est levée, s’est approchée de moi. Elle faisait star de cinéma, gravure de mode comme le sont toutes les jeunes filles aujourd’hui mais cela ne m’impressionna pas.

- C’est vous qui êtes envoyé par l’agence Westminster ? Je suis Mademoiselle Modiano.

- Enchanté, Madame. Comme vous le voyez, nous ne sommes pas difficiles à identifier grâce à notre uniforme de groom jaune pétant et notre chapeau à la Spirou sur lequel le nom de l’agence est inscrit en lettres dorées. « C’est étudié pour » comme dit un comique local.


- Suivez-moi, nous allons monter dans ma chambre. Je vais vous présenter Trésor et Trésor.

AEV 1819-20 Domergue 1 76Nous prîmes l’ascenseur dans lequel le garçon, lui aussi sanglé dans l’uniforme de l’hôtel, me jeta un sale œil. Je n’étais pourtant pas venu lui piquer sa place à ce gros naze. Moi mon boulot consistait à promener dans la ville les clébards improbables de ces cocottes de la haute. Tant pis pour lui s’il devait se contenter de voir monter les poules de luxe sans les approcher plus.

Nous nous engouffrâmes dans le couloir. Une moquette à motifs orientaux étouffait le bruit de nos pas. Elle sortit sa clé et ouvrit la porte de la chambre 13.

A l’Hermitage elle disposait non seulement d’une chambre mais aussi d’un salon meublé de trois fauteuils à tissus imprimés, d’une table ronde en acajou et d’un divan. Un vieux type au crâne dégarni était assis à cette table. Il faisait du tri dans une montagne de correspondance et de dossiers divers. Un petit bichon tout blanc avec un nœud rose entre les oreilles était venu frétiller de la queue et respirer mes pompes quand nous étions entrés.

- Comment vous appelle-t-on, Monsieur de Westminster ?

- Vous pouvez m’appeler Patrick, Madame Modiano.

- Eh bien Patrick je vous présente Trésor et Trésor. Le Trésor plein de poils s’appelle Trésor et le trésor sans poils sur le caillou s’appelle Jean-Philippe Meinthe. C’est mon secrétaire.

- Enchanté ai-je répondu.

- Vous viendrez chercher Trésor et le promènerez le matin de 11 heures à 12 heures. Puis, c’est convenu ainsi avec votre agence, de 18 h à 19 h.

- C’est aussi ce que j’avais noté.

- Si vous n’y voyez pas d’inconvénient je vais vous accompagner pour la première promenade. C’est aussi inscrit dans le contrat.

La cliente est reine. Je n’ai pas tiqué. J’étais prêt à tout accepter de ces foldingues en villégiature. Je n’étais pas en mesure de réclamer quoi que ce soit dans ce boulot de larbin. C’était mon premier contrat de travail à temps partiel. De 9 h à 10 h je sortais le lévrier de madame Simenon qui résidait au Grand hôtel des Thermes. De 14 h à 15 h c’était le caniche noir de la princesse Troubetzkoï. Le reste du temps je bouquinais dans le parc s’il faisait beau ou dans ma chambre aux Tilleuls les jours d’intempérie.

***

Il suffirait que je retrouve l’un des programmes édités par le syndicat d’initiative, couverture blanche sur laquelle se détachaient en vert le casino et la silhouette d’une femme dessinée à la manière de Jean-Gabriel Domergue pour que, immédiatement, parce que c’était elle sur le croquis, je retrouve son parfum, son charme et sa désinvolture.

Etait-ce le prestige du ridicule uniforme jaune ? Etait-ce ma juvénilité empreinte d’une totale naïveté ? Fut-ce un caprice de star, une lubie du mannequinat, un besoin irrépressible dû à une nymphomanie chronique ? Toujours est-il que quelques jours plus tard j’ai quitté les Tilleuls pour habiter avec elle à l’Hermitage.

Le soir nous prenions sa Facel Vega, la Facellia, cette voiture qu’on a appelée ensuite « le piège de cristal »et nous nous rendions dans un café de La Bourboule qui s’appelait « L’Âne rouge ». C’est elle qui conduisait à l’aller avec Meinthe à la place du mort et moi à l’arrière. Au retour le secrétaire prenait le volant tandis qu’à l’arrière de la berline nos lèvres se touchaient et nos mains se baladaient.

Quand nous sommes entrés la première fois dans ce bistrot typiquement auvergnat Meinthe a regardé attentivement l’homme en imperméable qui rangeait les verres derrière le comptoir. Puis il lui a serré la main et il a plaisanté.

- Je suis désolé, Colombeau, mais j’ai embouti votre 403. Je vais vous envoyer la facture du garage. C’est à vous de la payer. Vous étiez stationné en zone bleue et votre disque était absent du apre-brise.

- Qu’est-ce que je vous sers, madame Modiano ?


- Tu peux l’appeler Marilyn, toi aussi, si tu veux. Et on dit mademoiselle aux actrice. Quelque chsoe de léger.


- Une Suze ?


- Un porto.


- Un Saint-Pourçain blanc ?


- Un porto, le plus clair possible, mon petit, répète Meinthe.

Je trouvais bizarre que ces gens de la haute, enfin, des superstructures de la haute société, viennent s’acoquiner tous les soirs avec des prolétaires du coin dans cette gargote typique du début des années soixante. Il y avait derrière le comptoir, outre les cartes postales des clients, des photos de Louison Bobet, Jean Stablinski, des trophées de courses cyclistes, une coupe hideuse que le patron ou quelqu’un de sa famille avait dû gagner dans les boucles des gorges d’Avèze ou lors d’une ascension du Puy-de-Dôme.

Cette coupe, où se trouve-t-elle maintenant ? Si l’hôtel de Verdun n’existe plus, le bistrot « L’Âne rouge » n’a pas dû survivre bien longtemps lui non plus. J’irai le vérifier demain à La Bourboule.

Le temps a enveloppé toutes ces choses d’une buée aux couleurs changeantes, tantôt vert pâle, tantôt bleu légèrement rosé.

AEV 1819-20 slider_Suze-690x363

***

C’est arrivé un soir simplement. C’est son troisième porto clair. Meinthe et Colombeau jouent au 421.

Elle m’embrasse goulûment et je n’en peux plus d’être ici avec une érection incandescente qui ne s’éteindra… jamais.

De son sac elle sort une enveloppe volumineuse et me la remet sans un mot. Puis elle sort, seule, et on entend la Facel Vega qui démarre.

***

Ce fut à peu près à cette époque-là que Marilyn Monroe nous a quittés.

Et Marilyn Modiano aussi. Je ne l’ai jamais revue, je n’ai plus entendu parler d’elle. On aurait dit une sentinelle qui rapetissait, rapetissait. Un soldat de plomb.

AEV 1819-20 Domergue 2

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27 février 2019

Consigne d'écriture 1819-19 du 26 février 2019 : Fatrasies à partir de "13 à la douzaine"

Fatrasies à partir de « 13 à la douzaine » 

 

Soit une liste de treize mots :

poisson - colle - cintrer - lessiveuse - parfum - sciure - coléoptère - rafraîchir - bergamote - enceinte - engagé - bulletin - obscurité

Faites une collecte de deux rimes par personne pour chacun de ces mots de matière à obtenir, après mise en commun, entre cinq et dix mots qui riment pour chacun de ces mots. Chacun(e) prendra note de ce thésaurus de vocabulaire collecté.


Option 1 :
vous ne vous souciez pas des rimes. Ecrivez une histoire, sur le thème de l’obscurité, dans laquelle les treize mots de la liste figureront tous.

(C'est là ce que l'animateur a emprunté au site "Treize à la douzaine" d'Annick SB)


Option 2 :
En utilisant les rimes, écrivez un poème du genre appelé « fatrasie », constitué d’une seule strophe de onze vers, bâti sur deux rimes de la façon suivante :

AAB AAB BA BA B

Ce petit poème sera du genre bouffon, non dépourvu d’allusions satiriques, formé d’adages, de phrases absurdes, de comptines : le texte ne fait aucun sens. Il s’agit de mettre le moins de sens possible dans un bloc de mots harmonieux.

Exemple avec : bulletin –calotin –matin – pantin –serpentin - Trissotin - sciure - enflure - moisissure -  chaussure - chiure - biture

Quand il se lève le matin
Ce rigolo de Trissotin
Met toujours le pied dans la sciure.

Comme il est du genre calotin
Il a une dégaine de pantin
Qui se nourrirait de moisissure.

Hier sera jour de biture
De lancement de serpentin
De dégonflement de l’enflure
Il faudra acheter le bulletin
Pour être à côté de sa chaussure !

 N.B. Merci à Hubert Haddad d'avoir évoqué cette forme poétique dans son Nouveau nouveau magasin d'écriture aux éditions Zulma

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