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L'Atelier d'écriture de Villejean
17 novembre 2015

Le dernier bottetrain de Paris / Jean-Paul

C’est une idée qui nous bottait depuis longtemps : aller à la rencontre des petits commerces du temps jadis, entrer dans les bistrots qui affichaient autrefois sur leur devanture « Ici on peut apporter son manger », visiter l’échoppe d’un réparateur de machine à écrire à boule, etc.

Le hasard a fait que, ayant à faire rue de la Pompe, nous sommes passés devant le magasin de M. Jeannot. Les volets de la boutique ont déjà de quoi vous attirer l’œil : semblables à un tableau du peintre belge René Magritte, ils représentent les sabots d’Hélène, les bottes de sept lieues du petit Poucet, la pantoufle de vair de Cendrillon, les souliers de satin de Paul Claudel, le dernier des mocassins Mohicans, la godasse de Samuel en attendant Bécaud, les escarpins d’Iznogoud le fourbe qui rit, les chaussons d’Ernest, les Tatanes que Titine cherche après et d’autres chaussures d’elles-mêmes comme les mules du pape qui signifient qu’on vous attend de pied ferme ici.

Mais, contrairement à ce que l’on pourrait croire, M. Jeannot ne s’occupe pas de chausser les petits petons de Valentine, d’habiller le talon d’Achille ou de soigner les chevilles des personnalités qui enflent. Il faut entrer dans sa boutique et admirer son impressionnante collection de… fessiers princiers !

Car avant que la jet-set ne se délocalise au Pôle Sud, M. Jeannot a tiré le portrait de ces fesses de faces de cul-pincé. Moulés dans une résine synthétique souple, ils sont offerts, moyennant un léger financement, à votre roturière et pédestre vindicte. Comment ça marche, le bottetrain ? C’est simple ! Vous choisissez le séant de la personnalité que vous détestez le plus, vous chaussez le bottetrain – une ranger de pointure 78 – et vous vous défoulez en défonçant le postérieur de l’empaffé(e) notoire que vous avez choisi(e). Une variante consiste à envoyer votre pied dans le derrière en fichant le projectile dans une carabine Lebel de Cadix rebaptisée "fusil à pompe Mariano".

Nous avons testé la chose : cela fait beaucoup de bien. Avant de vous inviter à faire de même, nous laisserons le mot de la fin à M. Jeannot que nous avons interviewé :

- C’est, forcément, logiquement, une affaire qui marche, qui a marché et marchera toujours. Sans cette industrie qui est la mienne, la société ne peut pas avancer. Nous exerçons un rôle tout à fait positif, prépondérant et j’oserai l’affirmer, fondamental dans la marche en avant du progrès. C’est d’ailleurs ce que dit depuis des siècles la devise de notre famille : « Il ya des coups de pieds au cul qui se perdent ? Venez chez nous les retrouver ! ».

Pour prendre votre panard, une seule adresse : « Au coup d'pied dans l'cul », rue de la Pompe à Paris.

Plonk 01 Bottetrain

 

 

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