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L'Atelier d'écriture de Villejean
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25 novembre 2025

Confier c’est quelque fois livrer / Liliane

 

 

L’air était doux, le printemps invitait à de nouvelles et tendres confidences. Les deux filles du baron de Kervélian venaient de quitter le banc où elles avaient pris l’habitude d’échanger leurs secrets à l’écart de leurs cousines toujours prêtes à entretenir la moindre rumeur propre à les mettre en valeur.

 

- Aglaé, tu m’as prise par la taille. Penses-tu que j’ai pris du poids ? s’inquiétait Marie.

 

- Oh non ! Ou si peu, lui répondit Aglaé. Mère a changé de domestique. Peut-être est-elle trop bonne cuisinière ! Tu es assez gourmande, Marie, avoue-le.

 

- Tu as peut-être raison mais je me sens, comment te dire… augmentée. Mon corset me semble trop serré, il faudrait que je le change, il y a si longtemps que je le porte, j’en arrive à ne plus le supporter.

 

Marie était de nature indolente. Charmante, jugée parfois un peu naïve, elle affichait une bienveillance envers chacun. Le couvent où elle avait été élevée lui avait appris la convenance, la modestie et la pudeur, trois vertus jugées cardinales pour honorer la condition d’une jeune fille de bonne famille. Sa grâce et sa beauté effaçaient parfois la faiblesse passagère de ses propos mais son prénom voué à la Sainte Mère garantissait la pureté de ses intentions.

 

Monsieur de Proprencour avait le bonheur de l’initier à la maîtrise du clavecin tous les jours, en fin de matinée. Le son légèrement métallique de l’instrument créait en elle des vibrations qui la laissaient tremblante d’émotion. Marie ne manquait pas de rendre grâce au ciel de cet émoi qui la transportait dans un tourbillon de sensations qu’elle sublimait en prières salvatrices.

 

Quant à Monsieur de Proprencour, il semblait avoir deviné le mal-équilibre auquel son élève tentait d’échapper. Il lui prenait les mains qu’elle joignait fébrilement puis dans un élan de bonté s’approchait de son visage pour lui murmurer un miserere qu’elle répétait à sa suite. Une pause qui faisait à Marie le plus grand bien. Enfin, pour parfaire le retour au calme de son élève, Monsieur de Proprencour la prenait par les épaules et lui proposait de s’asseoir en sa compagnie sur le sofa près de la cheminée. A son contact Marie défaillait à nouveau. Les dernières notes jouées sur le clavecin lui revenaient sans qu’elle puisse maîtriser cette vague d’émotions qui lui faisait perdre tout contrôle : « Sainte-Marie, aidez-moi, priait-elle, aidez-moi, je vous en supplie ».

 

À toute cette errance que Marie venait de conter, Aglaé, bouleversée, ne savait comment réagir.

 

- Mon Dieu… mais que t’a répondu la Vierge-Marie ?

 

- Si peu, je n’ai pas tout compris sinon que Monsieur de Proprencour était un divin professeur de musique ou quelque chose comme cela.

 

- C’est peut-être un ange, chuchota Aglaé.

 

- Oui, je le crois. Sais-tu qu’un matin j’étais si bouleversée qu’il m’a conduite dans l’antichambre où se trouve le lit de repos de notre mère ?

 

Et là que s’est-il passé ? balbutia Aglaé.

 

C’était merveilleux, il m’a aidée à défaire mon corset. Il faut te dire que mon émoi était si grand que j’avais peine à respirer.

 

- Et puis ? insista Aglaé de plus en plus déconcertée.

 

- Eh bien, j’ai dormi ! Monsieur de Proprencour veillait sur moi.

 

- C’est tout ? C’était quand même une situation bien dérangeante, non ?

 

Aglaé venait de ceindre à nouveau la taille de Marie. Effectivement, le tour de taille avait sensiblement augmenté. Elle avait même senti un certain renflement au niveau du ventre.

 

- Marie, murmura-t-elle, tu as vraiment pris un peu de poids.

 

- Je le savais ! Monsieur de Proprencour m’a dit que c’était normal quand on étudiait le clavecin. Il m’a confié que les notes pouvaient entrer sous la peau et qu’elles ne pouvaient plus en sortir jusqu’à occuper, toutes ensemble, l’endroit le plus tendre de notre corps, le ventre. Tu comprends ?

 

- Dis-moi, Marie, tu ne me dis pas tout. Monsieur de Proprencour t-a-t-il… ?

 

- Mais ! s’enflamma Marie, en quoi ça te regarde ???

 

Aglaé, interdite, regarda sa sœur avec la plus grande stupéfaction. Après un bref instant de silence, un éclat de rire jaillit de leur gorge tandis qu’au loin on pouvait entendre les notes endiablées du clavecin caressé par les mains expertes de Monsieur de Proprencour.

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9 décembre 2025

Au nord de soi / Lili

 

Yulka Popkova (cop. Istock)

 

Au nord de soi, on atteint la frontière de ses rêves.

 

Là-bas, tout est froid, figé, absent. On veut revenir en arrière. On avance les bras tendus dans l’espoir de trouver un passage. On se cogne contre des blocs de glace à la dérive, on aspire au retour dans les terres chaudes et humides, on rêve de forêts moussues, de prairies venteuses. On espère la ritournelle des rêves douillets, la caresse amoureuse de l’aimé, le vol d’une hirondelle un soir d’été. On craint l’absence des mots sur le papier rayé, la blancheur uniforme de la page tendue devant soi comme un suaire de pacotille.

 

On se prend à gémir. On s’enroule sur soi, on attend, on veille.

 

Pourtant on sait les frontières fantasques, poreuses. Alors on s’éveille, on marche, on est passeur de rêves.

9 décembre 2025

Dimanche matin / Marie-Thé

 

Cuisiner ou bien aller au marché pour acheter du tout cuit, du tout prêt ?

On se pose la même question tous les dimanches matin. Cela finit presque toujours par la même réponse : on va au marché.

Mais qu’est-ce qu’on mange ? En entrée, des huîtres ou des pamplemousses ?

Les pamplemousses c’est bon pour la santé mais les huîtres c’est tellement bon !

Du poulet ou de la pintade ?

On peut prendre de la pintade pour cette fois, c’est plus cher mais c’est meilleur que le poulet.

On ne prend pas de fromage mais des gâteaux à la crème. On a bien le droit de se faire plaisir le dimanche.

Dans l’après-midi, on va courir pour faire fondre les kilos en trop.

 


 

9 décembre 2025

Secouer sa serviette sur la plage / Marie-Thé

 

Une famille arrive sur la plage et s’installe à sa place habituelle. On n’aime pas changer en général, cela bouscule l’ordre déterminé par des jours et des jours de routine.

Toutes les serviettes de la familles étalées les unes à côté des autres, les jeans et les tee-shirts balancés sur le sable, les maillots enfilés, mère, père et enfants courent dans la mer.

De sa place, on peut les voir s’éclabousser, nager, jouer, se rouler dans les vagues.

Une demi-heure plus tard ils reviennent, mais avant de se vautrer sur leurs serviettes, ils secouent celles-ci dans tous les sens.

Une véritable tempête de sable arrive vers leur voisine, une jeune nymphe aux longs cheveux bruns, qui se frotte les yeux et ne semble pas apprécier. Alors elle part se baigner, crawler. On la voit nager sous l’eau, ressortir et faire la planche en se laissant bercer par le mouvement de la mer. Puis assise sur le sable mouillé au bord de l’eau, elle se roule dans les vaguelettes.

Lorsqu’elle remonte s’étaler sur sa serviette, les regards des hommes ne sont pas indifférents à sa silhouette.

Le soleil la sèche et elle s’endort pour une petite sieste bienvenue en cette fin d’après-midi.

 

 

9 décembre 2025

Travailleurs du dimanche / Marie-Sylvie

 

 

On marche dans la rue encore calme.
On entend les cloches qui s'éparpillent dans l'air.
On suit le flot discret vers l'Église.
 
On n'est pas pressé.
On avance comme si le temps s'élargissait.
On croise des visages connus, des gestes simples.
 
Travailleurs du Dimanche.
On se lève tôt mais pas pour l'usine.
On se lève pour une autre tâche.
 
On s'assoit sur le banc de bois.
On écoute le silence avant les paroles.
On respire l'odeur de cire et de pierre.
 
On ne travaille pas avec les mains.
On travaille avec l'attention.
On travaille avec la mémoire.
 
Travailleurs du Dimanche.
On porte les mots comme des outils.
On porte les chants comme des pierres légères.
 
On regarde la lumière filtrer par les vitraux.
On se dit que c'est une autre forme de labeur.
On se dit que c'est une autre forme de repos.
 
On sort, le soleil est plus haut.
On reprend la semaine dans ce souffle.
On garde en soi la cadence des cloches.
 
Travailleurs du Dimanche.
On ne construit rien de visible.
On construit un instant partagé.
 
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9 décembre 2025

Cette lumière-là / Marie Sylvie

 


 

On marche vers l'eau encore immobile.
On sent l'air froid, la rosée qui colle aux bottes.
On entend le clapotis discret comme une promesse.

 

On détache la barque.
On pousse doucement.
On glisse sur le fleuve qui s'éveille.

 

Cette lumière-là n'est pas encore le jour.
On la surprend, timide, dans le reflet rose de l'eau,
Dans le frisson des vagues.

 

On ne parle pas.
On respire plus fort.
On sait que l'instant est fragile.

 

Cette lumière-là s'installe sur les filets.
On croit qu'elle joue,
Qu'elle s'amuse à dessiner des éclats mouvants.

 

On regarde l'horizon s'ouvrir.
On voit le ciel hésiter,
Ni nuit ni jour
Juste une clarté qui s'invente.

 

On est seul mais pas vraiment.
On est avec l'aube.
On est avec cette lumière-là.

 

Elle ne dure pas .
Elle suffit.
On sait qu'on s'en souviendra 
Sans savoir pourquoi.

9 décembre 2025

Chez moi / Adrienne

 

 

- Je vais te confier un secret, dit-elle, et on sourit intérieurement parce que c’est une phrase qu’elle dit souvent à propos de choses tout à fait anodines.

 

Tellement anodines qu’on se demande bien ce qu’elles ont de « secret » et cette fois-ci est comme les précédentes :

 

– Je vais te confier un secret, on pense à déménager, mon mari et moi.

 

Alors bien sûr, on dit qu’on comprend, que la maison est très grande, en effet, et le jardin plus grand encore.

 

Et on acquiesce, oui l’âge est là, le mari est septuagénaire et il a eu des problèmes de santé assez sérieux.

 

C’est une bonne décision, lui dit-on, alors qu’on est soi-même parfaitement incapable de la prendre ou même de l’envisager.

 

Donc on précise sa pensée :

 

– C’est une décision vraiment courageuse !

 


 

P.S. L’Adrienne est comme ses chats : il y a tant de choses plus chouettes à faire avec des boites, des sacs et des cagettes que d’y empiler ses affaires en vue d’un déménagement… Elle comme eux deux seraient bien restés jusqu’à la fin de leurs jours dans leur verte campagne 🙂

9 décembre 2025

Cette lumière-là / Adrienne

 

 


Cette lumière-là est celle qui illumine nos nuits depuis mercredi dernier.

 

Tout le couloir et l’escalier sont d’un bleu parfait et juste assez lumineux pour ne pas avoir besoin d’un autre éclairage.

 

On se dit que ça compense peut-être un tout petit peu le gaspillage que ça représente  🙂

 

Et que ce sera Noël toute l’année.

 

Parce que celle à droite – qui est celle de la connexion internet – clignote de temps en temps.

 

Comme cette guirlande lumineuse de quand on avait douze ans, de celles d’une époque où on y vissait de vraies petites lampes en verre multicolore de formes diverses.

 

Le père avait remplacé par mégarde une des lampes défectueuses par une clignotante, ce qui fait que toute la guirlande s’était mise à clignoter joyeusement.

​​​​​​​

Et on trouvait ça assez énervant 🙂

9 décembre 2025

Avec son petit matos / Jean-Paul

 

 

Avec son petit matos, elle ne peut pas rivaliser , Isaure Chassériau ! Surtout avec « La Chasse au tigre » de Rubens !

 

On est au Musée des Beaux-arts de Rennes. Quel visiteur s’arrêterait pour deux bouquets d’églantine attachés dans les cheveux d’une demoiselle du XIXe siècle qui pose en robe rose ? Qui pourrait trouver admirable cette lumière-là, cette position du genre « Judith Godiche » devant un mur gris de salon bourgeois ?

 

Et à quoi sert-il, ce rideau bleu ? A masquer la jeune fille lorsque la nuit s’en vient ? Y a-t-il seulement une fenêtre à gauche ? Si oui, on n’est pas invité par le peintre à contempler, dehors, le parc du château de Linières.

 

Dépourvue d’atouts, Isaure semble vivante par défaut. Elle n’a pas la pêche, la banane ou la cerise. Ou si : elle a connu quelques cerises noires : le père vite disparu, la mère dans la dèche mais tout cela est terminé : Emma-Antigone Chassériau-Duval s’est remariée avec un député vendéen bien pourvu, le sieur Guyet-Desfontaines.

 

Isaure, c’est la fille qui n’a pas de bol. Elle est décédée dépressive à l’âge de trente-sept ans, soit dix ans  trop tard pour rejoindre Jim Morrison, Janis Joplin, Brian Jones et Jimi Hendrix dans le club de ceux qui avaient du matos. Bien après son décès un type lui a offert une deuxième vie, dynamique, drôle, pleine de fantaisie. Las ! Cet écrivaillon n’a jamais contacté le moindre éditeur pour faire connaître le récit de son évasion du Musée des Beaux-arts de Rennes en 1999.

 

Et aujourd’hui, avec le vol des joyaux de la couronne au Louvre, quel intérêt cela aurait-il ?

 

Avec un aussi petit matos, on ne peut que lui souhaiter le sort de la population mondiale : le bonheur des amers. S’il y en a un !

 

 

9 décembre 2025

Au nord de soi / Maryvonne

 

Au nord de soi, il y a ce matin où vous avez envie de rester chez-vous, de ne parler à personne, de ne même pas ouvrir votre téléphone. D'habitude au sud de soi vous êtes un soleil, aimable avec tout le monde, serviable, gentille. Mais la girouette a tourné et indique le nord. On ne sait pas pourquoi mais on a froid. Vous n'allumez pas la cuisine qui sent encore le repas de la veille. Même une bonne douche ne vous tente pas. Vous êtes même persuadée que votre chauffe-eau marche mal. Et puis le thé du matin est amer, le pain est sec et il n'y a plus de brioche. Si vous avez un compagnon, il vous agace.

 

Pourtant vous pourriez être au sud de soi. Votre travail ou votre retraite se passe bien. Vous ne manquez de rien ! Et bien, non, aujourd’hui c'est le grand nord. Celui qui vous fait frissonner, qui vous fait rester un peu plus longtemps en robe de chambre.

 

Vivement que le vent tourne mais pourvu que mon soi ne passe pas complètement à l'ouest !

 

 

 

 

9 décembre 2025

Secouer sa serviette sur la plage / Maryvonne

 

Ben, ça ne peut pas être dans le sud de la France où les plages sont plutôt couvertes de galets et de toute façon, compte tenu de l'affluence, il n'y a pas la place nécessaire pour étendre sa serviette.

 

Soit on paye un bras pour une chaise longue, soit on s'assoit malaisément sur un petit pliant bancal. De toute façon on ne peut pas rester longtemps, il y fait trop chaud !

 

Alors allons étendre notre serviette en Bretagne sur le sable si fin qu'il épouse nos formes. Quelques « va-et-vient » de nos parties les plus volumineuses vont creuser un moule à nos mensurations. Quatre galets à chaque coin de la serviette en assurent la stabilité. On est si bien !

 

Jusqu'au moment où un coup de pied maladroit d'un sale mioche dans son foutu ballon nous envoie une pelletée de sable. Bien obligée de se lever mais comment secouer sa serviette sans arroser l'entourage ? Il faut, en plus, se méfier du vent qui va asperger les yeux. Alors, par prudence on cherche un coin isolé et quand on revient notre place est prise. La plage ce n'est pas une sinécure.

 

 

26 novembre 2024

Les Animaux et leur nouveau chef / Marie Sylvie

 

 

Ah, chacun avait un rôle important dans la forêt magique. 

 

Les animaux vivaient toujours en harmonie mais le vieux lion, leur chef, sentait ses forces faiblir et décida qu'il était temps de passer le flambeau à un nouveau leader. 

 

Il convoqua tous les animaux pour une grande réunion. Le lion annonça qu'ils devraient choisir un nouveau chef parmi eux. Tous les animaux, du plus grand au plus petit, étaient excités mais aussi inquiets. Qui pourrait bien adopter ce rôle si crucial ? 


Le renard, connu pour sa ruse,  se proposa le premier .

 

-" Je suis rapide et malin, je saurais vous guider,  " déclara-t-il 

 

Mais le hibou, sage et réfléchi, rétorqua :

 

-" La sagesse est plus précieuse que la ruse ! Choisissez-moi  et je veillerai sur vous avec sagesse. "

 

Le cerf, élégant et fier, fit valoir sa force et sa grâce. 

 

-" Je suis fort et courageux, je protégerai notre forêt, " dit-il. 

 

Mais le lapin, humble et diligent, murmura :

 

-" Parfois, la douceur et l'humilité sont les plus grandes forces . Écoutez mon appel ." 


Les débats étaient  animés, chacun argumentait avec passion, jusqu'à ce que la vieille tortue, respectée pour sa longue vie et son expérience, prenne la parole :

 

-" Peu importe qui sera choisi, nous devons apprendre à vivre et à travailler ensemble. C'est notre union qui fait notre force ." 


Finalement, les animaux décidèrent d'adopter une approche collective. Chaque animal apporterait son talent unique pour le bien de tous. 

 

Ils élurent un conseil où chaque espèce serait représentée, garantissant que toutes les voix seraient entendues. Ainsi, la forêt resta unie et prospère sous cette nouvelle organisation et le vieux lion put enfin se reposer, tranquille et satisfait. 

 

Avec tous les animaux à appeler, la forêt trouva la paix et la prospérité éternelles car en fin de compte, l'unité et la coopération étaient ce qui faisait la véritable force de leur société communautaire. 

19 novembre 2024

L'Acropole enchantée / Marie Sylvie

 

 

Dans l' Acropole enchantée,  non loin du village de tonton Renard, vivait une licorne majestueuse au poil fou. Chaque jour,  au fil du temps, elle parcourait la promenade du poète,  apportant avec elle la vie en couleurs.

 

À côté, le hibou sage observait les allées et venues tout en grignotant des Globules and C°.

 

Un jour de fête, le Prince du terrier de Paulette,  la petite souris des mains habiles , décidèrent d'organiser un grand banquet chez Laurette. 

 

Les nanas du 12, toujours prêtes à l'aventure, se joignirent à l'événement en portant leurs plus beaux corsets et en ornant leurs cheveux de la maison du cheveu. 

 

 Mais les trolls, jaloux de cette joie, décidèrent de lancer des sortilèges pour gâcher la fête. Ils firent appel à docteur Silly, le maître des tentacules et libellules. Ce dernier concocta un mélange étrange , espérant inverser la tendance. 

 

Cependant, un combat anachronique se préparait. La licorne avec son cœur de fleurs, rassembla ses amis pour affronter les méfaits des trolls. Le cheval rouge, célèbre pour ses courses légendaires, et le Saint-Georges, défenseur des faibles, se mirent en premier ligne,  prêts à défendre leur royaume. 

 

Les dessous d'Emma, la fée couturière, scintillaient sous la lumière des étoiles tandis qu'elle préparait des méli-mélos de sortilèges protecteurs. Eulalie, la sorcière bienveillante, fit appel à la Rose des vents et à la plume de Ronsard pour guider les héros dans la bataille. 

 

Le combat fut rude mais avec un grain de malice et beaucoup de courage, nos héros parvinrent à triompher. Les trolls furent défaits et retournèrent dans leur repaire du triangle blanc chassés par la bravoure des habitants de l' acropole. 


Après cette victoire éclatante, le banquet reprit de plus belle.

La licorne, le prince et Paulette et tous leurs amis, célébrèrent autour de vin et fruits de mer. Les chants résonnaient, les rires fusaient et L'eucalyptus diffusait son parfum apaisant. 

 

Ce jour-là, ils apprirent qu'avec la solidarité et un instant à soi pour réfléchir, il reste possible de surmonter les défis les plus terribles. Et chaque fois que le loup perché observait la lune, il se souvenait des héros de l'acropole enchantée et de leur victoire éclatante. 


MORALE DE CETTE FABLE :

 

La solidarité et le courage permettent de surmonter les plus grands défis, et l'unité dans la diversité est une force inébranlable. 

 

Cette morale souligne l'importance de l'entraide et du courage dans les moments difficiles, ainsi que la beauté et la puissance de la coopération entre des individus aux talents divers. 

 

 

19 novembre 2024

Y comme Y'a qu'à demander / Adrienne

 

C’est quoi, ces trolls ? a demandé Will aux nanas du 12.

 

Des gamins portant un méli mélo de pulls et de collants à rayures rouges et vertes, les mains et les pieds ornés de grelots, sautillaient entre les décorations de Noël. Et ça dérangeait Will, qui aimait profiter de la vue sur les dessous d’Emma.


Pas dupe, Emma 🙂

 

Comment vas-tu, mon vert galant ? lui fait-elle avec un clin d’œil coquin, par-dessus le triangle blanc laiteux de son décolleté.

 

A côté du grand sapin était aménagé une sorte de terrier, d’où sans doute étaient supposés sortir les trolls. Un ouvrier, armé d’une lance comme un Saint-Georges, tenait sous l’autre bras un personnage de la crèche. Alors Will a préféré quitter les lieux par la galerie du Prince.

 

Parfois tu es un vieil hibou grincheux, a ri Emma.

 

Mais il a haussé les épaules.

 

Je vais prendre un café au Cheval rouge. Qui m’aime me suive !

 

Bien sûr, Emma l’a suivi.


Ce n’est pas tous les jours que tu rencontres un homme qui te fait voir la vie en couleurs et qui arrive à te faire rire même quand il est de mauvaise humeur.
Emma le sait bien, elle qui a voyagé des huit côtés de la rose des vents : pas besoin d’avoir la plume de Ronsard pour bien parler d’amour !

 

Au contraire, même 😉

 

3 décembre 2024

Animaux-valises (2) / Jean-Paul

 

Poule Mac Cartney : La poule McCartney est une variété transgénique de gallinacés fabriquée à Liverpoule en Angleterre. Quand elle a pondu un œuf la poule McCartney chante une chanson afin de prévenir la fermière, lady Madonna, qu'elle peut venir effectuer sa récolte d'oeufs. La chanson de la poule McCartney s'intitule « Omelette it be ». Quand elle a un coup dans l'aile la poule McCartney rêve qu'elle est un musicien mondialement connu qui se produit avec un groupe appelé « Wings ».

 

 

 

Perroquet sur gazon : Il n'y a que dans les livres pour enfants du XIXe siècle, comme « Alice au pays des merveilles », qu'on peut envisager de jouer au croquet avec des flamants roses pour taper dans les boules. Dans la réalité jouer au perroquet sur gazon n'est pas pratique du tout. Fâché de ce qu'on lui cherche des crosses, le psittacidé vous assène force coups de bec qui ont vite fait de vous ensanglanter les doigts. Ça crève les yeux qu'à l’instar de Winston Chruchill cet oiseau déteste le sport !

 

 

Abeille road : Album de chansons complètement givrées composé par la poule McCartney un jour qu'elle avait pondu des oeufs d'or ou qu'elle avait trouvé un couteau ayant appartenu à John Lennon, on ne sait pas trop.

 

 

Palindromadaire : Contrairement à Bob qui fait du kayak à Laval et qui se lit pareil à l'endroit comme à l'envers, le mot « chameau », retourné, se lit UAEMAHC. Ce genre de phénomène linguistique est appelé palindromadaire.

 

 

Sourigami : Quand on attrape une souris verte qui courait dans l'herbe, qu'on la trempe dans l'huile, qu'on la trompe dans l'eau, on obtient un escargot tout chaud. Mais si au lieu de ces opérations de trempage on place directement la souris sous un fer à repasser réglé sur la température maximum et le mode vapeur on obtient une espèce de feuille de papier qu'on peut peindre en gris et plier de manière savante de manière à obtenir un sourigami.

 

 

Serpent dans le mille : Attraction foraine qui consiste, sur le stand idoine, à propulser un serpent sur une cible au milieu de laquelle est fixée une sonnette. Il arrive quelquefois que le serpent échappe au lanceur et s'en vienne siffler sur vos têtes N'ayez aucune crainte : si les reptiles sont toujours vivants on n'utilise jamais de serpents venimeux pour ce jeu.

 

 

3 décembre 2024

La Fable du kangourou-robot, de l'éléphant-tuba et de l'oiseau-arc-en-ciel / Marie Sylvie

 

     Il était une fois, dans un coin reculé de la forêt enchantée, trois animaux fort singuliers. Le premier était un kangourou-robot,  moitié animal, moitié machine, doté d'une poche où scintillaient des engrenages et des circuits brillants. Le second était un éléphant-tuba dont la trompe était aussi une fabuleuse et mélodieuse trompette marine. Et le troisième un oiseau-arc-en-ciel aux plumes multicolores qui illuminaient le ciel de mille feux. 


       Un jour, un grand danger menaça leur paisible forêt : une sécheresse terrible menaçait de tarir la rivière principale. Les animaux se réunirent pour trouver une solution .

 

     Le kangourou-robot, avec sa logique mécanique,  proposa de creuser un canal pour détourner l'eau d'une source lointaine. 

 


 

     L'éléphant-tuba, lui, offrit ses talents pour apporter l'eau. Grâce à sa trompe-trompette , il pouvait aspirer et transporter l'eau sur de grandes distances.


     Enfin, l'oiseau-arc-en-ciel se proposa d'utiliser ses plumes pour guider les deux autres à travers la forêt sombre et épaisse. 

 

     Les trois amis partirent donc en expédition. Le kangourou-robot utilisa ses outils intégrés pour creuser un chemin à travers les rochers et les racines. L'éléphant-tuba aspirait l'eau de la source lointaine et la transportait précieusement dans sa trompe-trompette,  tandis que l'oiseau-arc-en-ciel, volant au-dessus d'eux, les éclairait de ses plumes luminescentes. 

 

   La nuit tomba, et malgré les obstacles, nos trois héros restèrent unis et courageux. Lorsqu'ils atteignirent la rivière asséchée, l'éléphant-tuba déversa l'eau dans le canal creusé par le kangourou-robot. La rivière reprit vie, les plantes reverdirent et tous les animaux de la forêt s'abreuvèrent enfin. 


     Pour célébrer cet exploit, une grande fête fut organisée. Le kangourou-robot dansa avec ses mouvements mécaniques précis, L'éléphant-tuba joua des mélodies joyeuses et entraînantes et l'oiseau-arc-en-ciel illumina la nuit de ses couleurs étincelantes. Depuis ce jour les habitants de la forêt surent qu'en unissant leurs talents, ils pouvaient surmonter n'importe quel défi. Et les trois amis, le kangourou-robot, l'éléphant-tuba et l'oiseau-arc-en-ciel, restèrent pour toujours les héros de cette fabuleuse aventure .

 

MORALE DE CETTE FABLE :

 

L'union fait la force et chacun, avec ses talents uniques, peut contribuer à surmonter les plus grands défis. Ensemble, le kangourou-robot, l'éléphant-tuba et l'oiseau-arc-en-ciel ont réussi à sauver la forêt en combinant leurs compétences et en s'entraidant. Cette morale rappelle l'importance de la coopération et de l'utilisation des talents individuels pour le bien commun. 

26 novembre 2024

Appelez ça comme vous voulez / Adrienne

 

 

Appelez ça comme vous voulez, mais ne dites pas « conditions climatiques » alors qu’il n’y a pas trois centimètres de neige et qu’il fait -1°C !

 

Et avouez que « tempête » n’est pas le meilleur choix de vocabulaire quand le vent atteint un maximum de 40 km/h !

 

Ah ! Misère ! L’Adrienne a eu besoin d’un jour entier pour se remettre du stress et des émotions liées à un voyage avec la SNCF…

26 novembre 2024

Une Tante centenaire / Anne J.

 

 

Oyez, braves gens ! Je suis, que voulez vous,

La nièce d’une centenaire

Et s’il se trouve que c’est héréditaire

- Ou pas ! -.

Vous devrez et je m’en excuse

Toujours me supporter dans 30 ans !

 

Ma tante est née en 1924, soit six ans après la fin de la première guerre mondiale ; son père qui était aussi mon grand-père a échappé de justesse aux tranchées où est mort son frère Joseph. Elle avait quinze ans quand a éclaté la deuxième guerre mondiale et a donc vécu la fin de son adolescence et ses débuts d’étudiante sous la botte de Hitler et les bombardements. Elle en parle peu sauf pour évoquer le fiancé de sa sœur qui est mort à son retour de déportation et les imprécations de mon grand père quand elle a voulu prendre un appartement et quitter la maison familiale pour y vivre seule.

 

Cette enfance, normale à l’époque, lui a forgé un certain caractère, pour ne pas dire un caractère affirmé, voire un caractère de chien…

 

Quel parcours pour les personnes de cette génération et combien les nouvelles technologies doivent leur paraître bizarres !

 

Un autre de mes vieux amis nous a quitté cette semaine. Lui avait vécu la guerre sur l’Île aux Moines dans le golfe du Morbihan où sa famille était réfugiée : pas de téléphone, pas d’école, pas de courrier et un ravitaillement aléatoire soumis aux tracas de la météo… Et pour lui la peur, sans cesse la peur car la proximité de la base des sous-marins de Lorient lui faisait craindre le pire à chaque instant.

 

Il avait hérité de ce parcours un goût de l’espérance et un optimisme qui lui faisaient encore dire 8 jours avant de mourir : « Si on me propose un traitement, je veux bien l’essayer, on ne sait jamais, ça peut marcher. ».

 

Et j’en connais bien d’autres dont une petite mamie allemande qui a quitté sa Silésie natale devant les troupes russes à l’âge de 3 ans pour finir réfugiée dans une île de la Baltique battue par les vents, seule et prise en charge par son village.

 

Moi qui me tracasse pour une grève de trains, une panne d’eau ou d’électricité, ou pour l’aventure toute relative d’un voyage bien organisé dans lequel il y aura forcément quelques imprévus, je fais pâle figure.

 

Ce qui me rassure c’est que ma tatie de 100 ans est désormais au-dessus de tout ça, ne veut plus savoir comment on paie ses factures, qui remplit sa feuille d’impôts, ne se tracasse plus que de la météo, de la mise en route de son chauffage ou de la vie de mon chat dont elle a oublié qu’il est mort il y a un mois.

 

Un ou deux sujets de conversation suffisent. De toute façon elle a oublié la réponse à ses questions deux minutes après. On peut donc lire toute une après-midi le Ouest- France qui annonce la mort de Badinter car à chaque fois qu’elle croise du regard la première page du journal, elle s’exclame : « Oh ! Robert Badinter est mort ! C’était un grand homme quand même .. » et vous n’avez plus qu’à acquiescer en hochant la tête et à vous dépêcher de manger une bouchée d’éclair au chocolat avant qu’elle ne mange tout sans vous en laisser une miette.

 

L’idée qu’un jour ce soit moi dont les idées finissent dans la débine me met un peu mal à l’aise mais si je me mets en tête de battre le record familial, je devrai en passer par là sans doute : ma tante centenaire n’est pas encore la gagnante car ses deux cousines sont parties, une a 102 ans et l’autre à 103, et moi, j’ai du chemin à faire avant de devenir une vieille schnock.

 

Eh oui, les aminches, j’y suis, j’y reste !

3 décembre 2024

Consigne d'écriture 2425-10 du 3 décembre 2024 : Animaux valises

 

Animaux valises

 

 

On trouve sur Internet les traces de plusieurs auteurs qui se sont amusés à écrire des livres à base d’animaux-valises : Philippe Sabardu, Olivier Salon, Paul Fournel, Hervé Le Tellier. Voici, mélangées dans l'ordre alphabétique, leurs créations auxquelles l'animateur a ajouté les siennes car lui aussi joue à ce jeu-là pendant ses insomnies !

 

Il vous appartient ce jour :

 

- de faire des descriptions des animaux valises que vous sélectionnerez  (nom latin, poids, taille, durée de vie, nourriture, développement, caractéristiques…) ;

 

- ou de donner pour chacun une définition de dictionnaire afin d’expliciter ses particularités ;

 

- ou d’écrire une fable ou un dialogue impliquant deux ou trois de ces animaux-valises ;

 

- mais surtout d’éviter le logorallye et donc de ne pas faire un long texte dans lequel on place toute cette ménagerie à la queue leu leu. Même si vous savez que vous pouvez faire ici tout ce que vous voulez ! ;-)

 

Abeille road  - After-chèvre  - Aiglongiligne - Albatrostropovitch - Alligatord-boyaux - Anacondagobert - Ânesthésie - Ânonymat - Asticochon  - Autochtomne - Bab Alouette  - Balaisecargot  - Baleinarque - Barbeaulivien - Bel-zébu  - Belette it be  - Biche-répétita  - Bigarreau-gorille  - Bison des chapeaux ronds  - Brontosaurë - Cachaloperie  - Caïmam - calamarcelproust - Canarchiste  - Canardallôrange - Canari-potter  - Cani-veau - Car-hibou - Cerf-les-fesses - Chamois en « r » - Chatôtbrillant - Chauffe-souris - Chevache  - Chimpanzer  - Chocolapin - Cigognewiththewind - Cobraspoutine - Coelacantique - Coqovin - Crabedominal - Crapaudlitique - Crocodealer - Croquédile - Crotalleyrand - Écrevisse par coeur - Éléfanta - Épaularousse - Équidé à coudre - Équidéàjouer - Escargodriole  - Éscargoéland - Escrocodile  - Exocetdar - Fennec plus ultra - Gambas du front - Gastéropodcast - Gay-pard - Girafare  - Giraffriolante - Girafonlacaisse - Goélandneuf - Grenouillork City  - Guitarentule  - Hamster-dame - Hérisson et lumière - Hippopotamtam - Homarylinmonroe - Hôtel de passereaux - Ibisrepetitaplacent - Ibistropducoin - Innégrillon - Kangouroubignole - Kangouroubignolles - Lamadelon - Lapintade - Léopardon - Léovipard - Lézardpagon - Lièvre en feu  - Macadhamster - MacareuxquicommeUlysse - Mai soixan-truite - Mal-faisan  - Maqueuro - Maraboun(t)ntagronde - Marsupialcapone  - MerlanPonty - Merludion - Mérouvingien - Minotaurtueux - Mollusquoni - MorseonWelles - Mouette-échandon  - Mureinedangleterre - Musaraignée  - Mygale-hipette  - Ocelotlangoureux - Octopussycat - Oiseau-mouche du coche - Okapiculteur - Orang-outank  - Otariezona - Ouiskiky  - Palindromadaire  - Pandarwin - Paontychantelle - Pégazoline - Pélicanthrope - Perroquet sur glace  - Phacosherlockholmes  - PhoquethePolice - Pinsonneur des Lilas - Pinsonneur gentleman - Poule-Mac Cartney  - Protozohercule - Ptérodactylo - Ragondindonneau - Rapace-murailles - Rat-diateur  - Rennes d’un jour  - Requinquai - Requinquiet - Rhino-Xérox  - Rhinoç’thanatos - rhinoculation - Ribouldinggybag - Rococochon - Sardinosaure - Scarabeethoven - Serpent-dans-le-mille - Serpentoufle - Singentil - Sourigami  - Tapirpourtoi - Taureau-dateur  - Temponey - Termiterrant - Tirageausaure - Tortuelamour - Tou-bigorneau-toubi  - Toucandiraton - Tracto-pelikan  - Tricératopsinquante - Trweet - Vautourista - Vélosixraptor - Verra(t)pporteur - Yackolandin - Yvette Ornithorynque  - Zébrahimovitch - Zébreu - Zébuzépussoiffer

 

 

3 octobre 2023

Chaussures de luxes pour homme-grenouille / Emma

Notre amie Emma nous signale, à partir de notre image de chaussures, l'existence de ceci, qui devrait vous plaire :

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On ne trouve pas facilement des Chaussures de luxe pour homme-grenouille. Pourtant rien de plus fastidieux, après avoir posé une bombe sous la coque d’un sous-marin russe, que de devoir retirer ses palmes pour enfiler les chaussures vernies, accessoires exigés au bal de l’Ambassadeur...Eh bien c’est vous qui êtes verni, voici ce que vos pieds attendaient.

La taille généreuse de ces « derbys » vous permettra de conserver vos palmes à l'intérieur de vos souliers, pour rester opérationnel en cas de mission subaquatique inopinée.
 
Cette petite annonce d'Yves Dauteuille est parue sur "Le Bon coin" où elle en rejoint d'autres tout aussi essentielles, comme un "pèse quelqu'un" (puisque le «pèse-personne» est un objet inutile par définition).
19 mai 2015

L'enthousiasme / Marie-France

 

L’Enthousiasme

 

Des personnages étonnants, autant qu’exquis

Vous croiserez

Sur la perspective Nevsky.

Ici les dames que vous rencontrerez

Vous feront d’étranges sourires

Et courberont la tête.

Vous admirerez leurs étonnants chapeaux

Symbole d’élégance.

Parfois on s’imagine

Une multitude de papillons juchés sur l’un d’eux.

Puis un souffle d’air s’élève,

Tous ils s’envolent dans un véritable balai

Tout en finesse.

En d’autre temps vous vous écarterez

Au passage de l’Amirauté et de sa suite

Vous les gratifierez de votre respectueux salut

Fidèles aux traditions.

Il suffirait pourtant

Qu’un cavalier surgisse du bout de l’Avenue

Qu’il lance une flèche sur ce haut personnage

Et que tous les sourires de la foule en liesse

Se transforment en terreur

Pour tous ces admirateurs.

26 mars 2024

7 femmes / Adrienne

 

10 septembre 2024

Des yeux d'or / Adrienne

 

Deux choses importantes sont arrivées aujourd’hui.

 

La première est une sorte de miracle.

 

Quand ils voient un miracle, la plupart ferment les yeux.
Mais pas moi.
Moi qui viens tout droit de l’enfer et qui suis noir comme Belzebuth, les miracles ne me font pas peur et je sais les reconnaître.

 

Bref, je l’ai vue.
Elle.
Elle et ses yeux d’or.
Oui : des yeux d’or pur.

 

 

Si vous trouvez la chose normale – normale ? – prouvez-le : j’attends de voir.
Je vous le dis, elle est unique.
J’ai failli en perdre le boire et le manger.

 

D’ailleurs, à propos de manger : la deuxième chose importante arrivée aujourd’hui, c’est que ma soi-disant patronne a enfin compris qu’elle devait changer de marque pour mes croquettes.

 

On ne sait jamais très bien combien de temps ça va prendre avant qu’un humain nous comprenne, donc oui, ça aussi c’est une sorte de miracle.

10 septembre 2024

Un carnet bleu / Anne J.

 


A ma filleule (et aux autres)

 

Tu ouvrirais ce carnet, celui-là même que tu m’as toujours vu. C'est un carnet ordinaire, de la taille d'un agenda avec un élastique pour tenir les pages fermées. Sa couverture jadis bleue vif est délavée à force de subir les assauts du soleil et constellée de petites taches faites par la pluie. Les pages gondolent un peu, il se déforme tant il a été mis dans les poches, dans les sacs, dans les cabas depuis tant d’années.
   

Tu aimerais tant ouvrir ce carnet bleu pour savoir qui était vraiment cette femme que tu as tant admirée, tant aimée. Tu sais qu'elle y écrit chaque jour ses pensées les plus banales et les plus secrètes et cela depuis toujours, tous ces mots qu'elle ne parvient pas à dire, soit parce qu’ ils sont trop intimes ou trop douloureux, soit parce qu'aucune oreille n'est assez sensible et aimante pour qu’elle les chuchote dans leur creux ou  qu’elle ne les murmure qu'au coin du feu quand la nuit fait reposer le monde, tous les mots qu'elle ne peut plus hurler dans les tempêtes ou crier dans les trous de la terre comme dans les contes qu'elle aime tant raconter.

 

Mais quand viendra ce jour où elle n'écrira plus dans ce fameux carnet, tu ne pourras pas l’ouvrir car il est écrit sur la page de garde :  "Merci de détruire ce carnet sans l'ouvrir pour respecter la personne a qui il appartient ».

 

 

« Ecrire c’est dessiner une porte sur un mur infranchissable et puis l’ouvrir. » dit le poète et je partage cet avis, mais qui décide d'ouvrir la porte pour faire entendre ses mots ?  Évidemment celui qui les écrit ! Et personne d'autre.

 

Je n'aimerais pas partir pour l'autre monde en laissant derrière moi ces cahiers d’écriture, ces pensées, ces carnets remplis de petites choses qui n'appartiennent qu'à moi. Que ceux qui videront ma maison aient l'obligeance de tout jeter sans rien ouvrir car tout cela c'est ma vie et cela ne les concerne pas ; d'ailleurs j'aimerais, si cela m'est possible pouvoir moi-même mettre tout cela au rebut. Si le temps m'est donné, j'aimerais distribuer les objets auxquels je tiens pour qu'ils trouvent un endroit où reposer et servir ailleurs, j'aimerais que l'ordinaire des choses aille peupler une autre maison ordinaire et qu’ainsi tout soit à nouveau utile. Mais mes mots périront avec moi, je n'ai nulle envie qu'ils aillent dormir dans un grenier, une bibliothèque ou un ordinateur. Que les flammes d'un feu qui réchauffe les cœurs froids se nourrissent de tout cela, des photos et autres albums de ma maison et que le grand néant engloutisse le contenu de mon ordinateur, que s'envolent les mots stockés dans les gourmands et lointains data centers !
 

Et puis, quand mon corps et tous ces mots auront rejoint la stratosphère et les gros nuages blancs d'un grand ciel bleu, je t’invite à prendre la route et à marcher sur un petit chemin de campagne au bord d'une rivière ou sur un sentier côtier en bord de mer ; dans ces forêts, près de cet étang, sur ces routes, sur ces terres que nos pas en les mesurant portaient à l’infini, appelle-moi, je ne serai sûrement pas très loin et je te dirai les mots du carnet bleu, si tu peux les entendre alors.   

 

 

10 septembre 2024

L'Homme-joie / Marie-Thé

 

Parlons de la couleur bleue, si vous le voulez bien.
Le bleu de vos yeux me trouble, Maria.
Il est foncé lorsque vous êtes en colère,
Clair quand vous êtes lasse,
Azur lorsque votre regard se pose sur votre enfant
Et même quelquefois sur moi.

 

 

Parlons d’un autre bleu,
Le bleu de la mer,
Lumineux sous le soleil,
Bleu-vert selon l’heure de la journée,
Bleu marine à la tombée du jour.

 

 

Tous ces bleus changeants, je les aime.
Ils me font rêver, m’inspirent.
Cette beauté me rend heureux.
Vous comprenez, Maria ?

 

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L'Atelier d'écriture de Villejean
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