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L'Atelier d'écriture de Villejean
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18 mai 2021

Consigne d'écriture 2021-31 du 18 mai 2021 : Cékankonvaou ?

Cékankonvaou ? 

 

AEV 2021-31 Consigne Cornebique

Nous allons écrire ensemble un conte de randonnée, un récit initiatique ou un « road-movie » pour ados.

La trame de départ est calquée sur celle de « La Ballade de Cornebique » de Jean-Claude Mourlevat » :

« Dans le village des boucs, Cornebique, grand joueur de banjo, est amoureux de la belle Cornebiquette, mais celle-ci n'a d'yeux que pour Bique-en-Borne, son meilleur ami. Alors, une fois le mariage des deux tourtereaux célébré, Cornebique décide de partir "faire un tour" pour se changer les idées. Il n'avait pas prévu que ce petit tour durerait 5 ans, qu'il allait devenir le protecteur d'un petit loir traqué de toutes parts, et qu'il vivrait toutes sortes d'aventures hautes en couleurs. »

***

Nos personnages à nous sont deux perroquets amnésiques et alcooliques appelés «Où» et «Quand». Où se souvient de choses qui ont eu lieu par le passé mais ne sait plus où ça s’est déroulé. Quand se souvient très bien des lieux qu’il a visités mais ne sait plus quand c’était.

Ils partent de concert pour visiter des lieux de France et du monde où on pourra répondre à la question fondamentale qui les taraude : « Où et quand ? ».

Chaque jour ils se rendent dans une ville, la visitent, en notent dans un carnet les curiosités, les bizarreries et spécificités. Ils rencontrent des habitants qui les orientent vers la célébrité locale susceptible de leur donner des réponses à leurs questions et qui ne fait guère que les diriger vers une autre ville, un autre personnage sage ou fou qui pourra leur venir en aide.

Le soir venu ils se produisent comme musiciens dans l’auberge où ils se sont arrêtés car ils ont un énorme répertoire de chansons, en échange de quoi on leur offre le gîte et le couvert. La fête est toujours très arrosée, sans doute parce qu’on sort d’une période de confinement prolongé.

***

Chacune de vous prend en charge une de ces journées types.

1) Vous choisissez un personnage et un lieu dans la liste suivante et vous racontez une journée du duo.

Le Lion de Belfort
La grande duraille de Chine
La Chatte à nougats de Montélimar
L’abbé Tize à Cambrai
Le car naval de Nice
L’œil de Moscou
Les Bouchons de Lyon
Le chemin de Saint-Jacques de Concommelalune
Le grand Mouthénardier de Dijon
Les sosies de Strasbourg
Le very bad trip de Caen
Emile Tonnerre de Brest
La Milady de Nantes
La Poule Coucou de Rennes
La gnangnan douillette de Troyes
Le savant Savon de Marseille
Le grand Cru de Bordeaux
La Demoiselle Fromm d’Armentières
La Châtreuse de Parme
Les Multiples de Sète
Le mage Albert Gamotte de Nancy
La Fée Henriette du Mans
L’Aigle de Tolède
L’ogre de Bakou
Le curé de Cucugnan
La Belle de Cadix
Tartarin de Tarascon
Les Quatre serpents de La Rochelle
Le drôle de coco de Paimpol
Cyrano de Bergerac
Etc. (inventez si vous le souhaitez un personnage emblématique d’une ville)

 

2) Votre texte commence obligatoirement par :

« Le lendemain matin, lorsque Quand et Où se réveillèrent ils ne savaient plus très bien, à force d’avoir bu la veille, lequel était Quand et lequel était Où. Où savait qu’ils devaient aller rencontrer aujourd’hui (nom du personnage) mais il ne savait pas où. Quand savait qu’ils devaient aller un jour à (nom de la ville) mais il ne savait pas quand. »

La phrase finale obligatoire sera celle-ci :

« Le soir ils terminèrent leur récital en envoyant (titre d’une chanson si possible en lien avec la ville visitée) et se dirent qu’au moins ils savaient où et quand ils pourraient se reposer de cette journée bien remplie : c’était ici et maintenant et c’était déjà quelque chose ! »

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11 mai 2021

A la boulangerie / Anne J.

 

AEV 2021-30 Anne-J - Pâtisseries tunisiennes

C'est dimanche et je décide d'aller à la boulangerie du quartier, récemment rachetée par un pâtissier tunisien. Son étal est une merveille de délices sucrés couverts de miel et d’amandes, un bric-à-brac de sucreries de toutes les couleurs.

J'entre donc le nez caché dans un foulard noir qui me donne un air de terroriste. J'ai oublié mon masque et tente ainsi d'éviter l'aller-retour, pensant rester dans la boutique seulement quelques minutes.

Hélas, à la caisse de la boulangerie, se tient un homme d'âge moyen dans un vieux vêtement de pluie froissé

- Vous m'avez dit 13 euros au téléphone et maintenant vous me dites 19 euros pour ma tarte aux fraises !

- Vous avez mal compris, monsieur, répond le boulanger, mezzo forte, en se frottant les avant-bras, c'est 19 euros.

Le pète-sec insiste.

- Non vous avez dit 13 euros.

- Je regrette, reprend le boulanger un peu plus fortissimo c'est affiché 19 euros.

La conversation s'éternise sur ce ton et tous les lève-tard venus chercher leurs croissants à 11h s'impatientent. Le boulanger qui n'a pas de gilet pare- balles finit par céder pour 13 euros. Le ci-devant client sort sa carte bancaire en continuant de murmurer : « J'en suis sûr, il m'avait dit 13 euros, quand même ! ».

Le boulanger hausse les épaules, l'homme devant moi dans la file , impatienté, pose 2 euros sur le comptoir d'un air un peu excédé et dit :

- Pour moi c'est 2 baguettes et je vous pose 2 euros, merci !

Une jeune fille visiblement débutante avec des ongles immenses et peints de différentes couleurs essaie de comprendre le fonctionnement de sa caisse et tente de faire payer le ronchon, Pas de chance, le terminal bancaire refuse de fonctionner. Le boulanger s'excuse en tentant de servir les autres clients.

- Trois Paris- Brest, réclame un garçonnet nu-pieds.

- 6 baguettes bien cuites, dit une vieille dame, je les mettrai dans mon garde-manger.

Le client de la tarte aux fraises finit par sortir son carnet de chèques et réclame un crayon que la jeune caissière finit par dénicher dans l'arrière-boutique.

Mon tour finit par arriver et j'achète un carton de pâtisseries tunisiennes pour 9,90 euros. Je sors un billet de 10 euros, la jeune aux ongles multicolores hésite, tripote sa machine, tape le montant.

Le boulanger encore souriant - quelle patience ! - me tend une pièce de 10 centimes que j'empoche

Je sors en esquissant quelques pas de fox-trot, enfin !

20 minutes pour 6 pâtisseries, mais je n’ai pas perdu mon temps… j’ai mon idée pour l’atelier d’écriture !

AEV 2021-30 Anne-J - Pâtisseries tunisiennes 2

1 juin 2021

Wódka, nie woda ! / Jean-Paul

AEV 2021-33 Jean-Paul Deûle

Tout le monde n’a pas eu la chance d’avoir des parents communistes, paraît-il, ni de naître dans un pays où le plus sympathique des trous de verdure où coule une rivière s’appelle le canal de la Deûle.

Avec une partie de la famille originaire de Hasnon (prononcer «Ah non» comme dans «Ah non, alors !») j’aurais pu protester et réclamer une installation plus poétique sur les bords de la Scarpe, de la Lys ou de l’Escaut tout proches. Mais je n’avais pas voix ni voie d’eau au chapitre.

Alors quand ma vie a suivi son cours et que j’ai pu naviguer de mes propres ailes ou plutôt rames, j’ai fait comme tout le monde et je suis monté à Paris voir si la Seine coulait encore sous le pont Mirabeau. Elle y était bien mais si j’en crois le Jeu des mille euros elle aurait dû s’appeler l’Yonne. Et pour ce qui est des gens du Nord je crois qu’il faut dire qu’on descend à Paris.

Evidemment, lorsque vous habitez la capitale et que vous avez vingt ans vous vous en fichez de la Seine. Les seuls ponts qui vous intéressent sont ceux du mois de mai. Les moustiques du Maroni, même s'ils ont depuis émigré jusqu’au Rheu, vous font aussi peu d’effet que les bateaux-mouches qui zonzonnent au pied de la tour Eiffel.

AEV 2021-33 JK 170714 Nikon 153

Même Georges Perec qui fut plus longtemps parisien que moi n’était jamais monté à bord de ces pièges à touristes. Mais puisqu’il est question de liquide aujourd’hui, j’admets que j’ai le crachat facile. N’ai-je pas succombé pour ma part, par amour du dérisoire, à la croisière sur la Meuse célébrée autrefois par le «Clair de Lune à Maubeuge» de Pierre Perrin ?

Et le summum du paradisiaque n’est-il pas encore à mes yeux le parcours en vaporetto de la plus belle avenue du monde, le Grand canal à Venise ? Mais, c’est vrai, ce n’est pas un cours d’eau, juste une voie de passage dans une cité lacustre, ça ne compte pas. Et puis maintenant avec Air Biènbi, les paquebots de croisière géants et le tourisme de masse, je ne suis pas loin de penser avec Charles Aznavour et Françoise Dorin que c’est triste, Venise.

AEV 2021-33 JK jpa jpi jojo à TenceBien sûr, dans la photothèque familiale, il y a bon nombre de rivières dans lesquelles pêchaient le père et le grand-père, dans lesquelles baignaient les enfants. Sur la photo de Tence, dans la Loire, mon frère, mon oncle et moi faisions flotter des petits bateaux ou pêchions à la casserole de tout petits alevins, bien sûr non comestibles : il est bien connu que quand l’alevin est tiré il ne faut pas le boire.

Sont-ce dans les gorges de la Dordogne qu’était situé le pont de fer près de Messeix ou Bourg-Lastic? La famille se posait là l’après-midi, on se baignait dans la rivière avec le cousin instituteur, sa femme et ses enfants. S’il y a bien quelque chose de typique dans le monde de «Bienvenue chez les Ch’tis» c’est cet amour de la vie en tribu. Si on a trouvé un coin à champignons, on y emmène tous mes copains. Si on a dégoté un endroit plus joli que le canal de la Deûle – un plan pas trop difficile à réaliser en fait -, on y installe toute sa famille ! Ce camping de Cabasse, sur les bords de l’Issole, il en aura vu défiler, des gens du Nord ! Et même de Bretagne ! Je rêve encore de ce petit vin de Provence, du domaine de Campdumy, propriété de la famille Gavoty dont le patriarche, Bernard, était un critique musical renommé. Les routes parcourues à vélo, le lac de Carcès, la côte d’Entrecasteaux, le petit soleil de ce 1er juin et le silence environnant mon jardinet - shrubbery chez Sacré Graal ! - m’y ramènent en esprit.

09 Sablé - Pénichette sur la Sarthe avec l'église en fond (vue depuis l'écluse) 1992 03 08 (4 de 4)Et puis après de mon côté commence le grand recueil photographique de l «Apologie des villes d’eaux». Reprendrez-vous de mes délicieux «Morceaux de Sablé en vrac entremêlés de quelques aperçus de Solesmes» ? De mes «Dix sonnets à la gloire de Bruges» ? Aux petits bonheurs de la Sarthe j’ai dédié quelques poèmes, des aquarelles et des tonnes de diapositives. Sur la capitainerie du port de Sablé-sur-Sarthe j’ai immortalisé des dizaines de pénichettes, des barques à Solesmes ou à Morannes, capté des brumes, des reflets et même vu la glace en couvrir la surface d’une pellicule blanche.

Las ! J’aimais tant la rivière qu’elle a débordé de reconnaissance à mon égard et s’est invitée dans notre maison. Ca s’appelle une inondation et ça n’a pas vraiment plu à mon épouse ni à mes enfants. Nous avons quitté la rue du Petit port et depuis nous n’habitons plus qu’un 1er ou deuxième étage à bonne distance des rivières environnantes.

Bien sûr, au fil de nos voyages, sans être allés jusqu’aux rives du Maroni, nous avons vu l’Arno sous le ponte vecchio, Florence en 2002 à la place d’Amsterdam, écartée pour cause d’hôtels pleins à cause d’une grande exposition Van Gogh.

J’ai connu la Seine à Rouen, la Garonne à Toulouse, l’Isar à Munich, l’Aulne au bout du canal de Nantes à Brest, l’Odet à Quimper, la Loire et ses châteaux, le Loir à La Flèche, le Léguer à Lannion, la Dordogne à Brantôme, Le Rhône et la Saône à Lyon, la Moldau (Vltva) à Prague dans un camping avec feu de camp à deux mètres de notre tente avec force buveurs de bière à rôts sonores (les Tchèques ne viennent jamais sans provisions).

Il en manque plein, bien sûr, de ceux qui servent aux mots croisés, l’Ob et l’Ienisseï, l’Aa de Petit Fort-Philippe. De ceux qui sont plein d’esses et regorgent de pets comme le Mississippi. De ceux dont l’environnement a fait littérature, du «Don paisible» au bas-pays de la plaine du Pô cher au Don Camillo de Giovanni Guareschi dont je me régale en ce moment.

Mais je devrais m’arrêter-là dans mon lyrisme. Je n’ai pas vraiment de quoi tirer fierté de ce périple, de ces randonnées, de ces pédalées, de ces séjours dont je suis revenu sans trous rouges au côté droit mais où je me serai aM(e)usé beaucoup plus que Rimbaud.

Parce que voyez-vous, quitter le canal de la Deûle pour venir se poser au bord de la … Vilaine, je ne vois pas vraiment où est le bénéfice !

En plus il y a en Bretagne autant sinon plus d’alcooliques que dans les Hauts de France. Qu’est-ce qu’ils ont tous ces gens à ne pas aimer l’eau ?

Je lève quand même mon verre à leur santé. Si, si, c’est de l’eau. De l’eau-de-vie !

25 mai 2021

Problèmes / Jean-Paul

AEV 2021-32 Problème 07

Si l’on met à l’abri un tableau pendant très longtemps dans un frigo, Guernica par exemple, est-ce qu’il aura toujours la même valeur quand on le ressortira ?

Le problème numéro un c’est de trouver un frigo assez grand pour pouvoir contenir Guernica (3,50 x 7,77 m quand même).

Le problème numéro deux c’est de ne pas renverser mon bol de mayonnaise. J’ai déjà bousillé deux oeufs avant de la réussir.

Le problème numéro trois c’est de s’entendre sur le mot « valeur ». S’il s’agit de valeur financière, qu’est-ce que ça veut dire pour la Joconde, Guernica ou les tournesols de Van Gogh ?

Admettons que Guernica soit à vendre. Chez Drouot ou Sotheby’s, de richissimes millionnaires ou milliardaires joueront au jeu des enchères avec un commissaire-priseur de bon tabac et de jolies femmes - mais ce n’est pas le problème, il prise ce qu’il veut -. Ce monsieur jouera de la prunelle, du marteau et de la voix pour qu’enfin dans la fièvre montée et le silence soudain qui suit le plus gros chiffre soit entendu le bien connu « Une fois, deux fois, trois fois ? Adjugé, vendu ! ».

Le problème numéro quatre est celui-ci : pourquoi l’acheteur tient-il tant à rester anonyme ? Il a peur que quelqu’un ne vienne dévaliser son frigidaire ? Lui aussi en est rendu à sa troisième mayonnaise ?

Problème numéro cinq : que fait-on d’un objet de grande valeur commerciale auquel on tient autant qu’à la prunelle de ses yeux qu’à la prunelle du commissaire Maigret envoyée à Mme Maigret par sa sœur qui exerce la profession de bouilleuse de cru en Alsace ?

Réponse numéro cinq. On le met à la banque, enfin dans le frigidaire de la banque. Si Guernica n’en sort plus, quelle est sa valeur, quelle est sa chance ou plutôt son risque de tomber dans l’oubli complet au bout de 10, 20 ou 30 ans, voire un quart d’heure ? Combien de Youtubers savent-ils que Picasso est autre chose qu’une voiture de Citroën ?

Réponse numéro trois : si Guernica a une valeur non-commerciale mais historique, de quelle histoire ce tableau est-il le référent ? De l’histoire de l’Espagne ? De l’histoire du monde qui laisse s’installer sans trop bouger des régimes dictatoriaux ? De l’histoire de l’art qui voit un artiste seul protester à sa façon en peignant-dépeignant l’horreur de la guerre et des bombardements de civils ?

Le problème numéro six est celui des rapports entre les musées et le marché de l’art.

Si un musée achète et expose une toile de Francis Bacon, peut-il encore être appelé musée des Beaux-arts ? Le musée de la boucherie charcuterie installé de l’autre côté de la rue peut-il porter plainte pour concurrence déloyale ?

Quand une œuvre, - prenons le portrait d’Isaure Chasseriau par exemple - fait partie des collections d’un musée elle ne peut plus être vendue. Quelle est alors sa valeur ?

Problème numéro sept : peut-on enfermer Isaure dans un frigidaire ? Certes elle est moins grande que Guernica mais le rose de sa robe ne jurera-t-il pas par trop avec le jaune de la quatrième mayonnaise du conservateur en chef du musée des beaux-arts de Rennes ?

AEV 2021-32 Image 07Est-ce que les réserves du Louvre déménagées à Liévin dans le Pas-de-Calais ne sont pas quelque part le réfrigérateur de ce grand musée parisien ? La Vénus de Milo ne tenait-elle pas à la main un bol de mayonnaise ? La police manifeste beaucoup ces temps-ci mais depuis le temps pourquoi n’a-t-elle pas retrouvé les bras de la victime ?

Problème numéro huit : existe-t-il quelque part un musée de la mayonnaise ?

En résumé je me réjouis, chers enfants de l’école Joseph Lotte, de votre sublime interrogation.

Je me réjouis de la même manière que notre camarade Karl Valentin qui disait ceci :

"Ich freue mich wenn es regnet denn wenn ich mich nicht freue regnet es auch."

Ce qui signifie : « Je me réjouis quand il pleut parce que si je ne me réjouis pas il pleut quand même ».

Je me réjouis parce que j’ai pu jouer ce jour au jeu de l’avocat sans cause, écrire pour ne rien dire mais faire rire, organiser un atelier d’écriture semi-philosophique dans une maison d’une rue de Rennes que je ne connaissais pas - merci à notre hôtesse ! -, disserter de questions qui dépassent forcément les limites de mon seul et unique neurone.

AEV 2021-32 Paysage 03Le problème numéro neuf et je m’arrêterai là est que je voulais au départ raconter l’histoire d’un sac de chaussures oubliées à Lannion auquel j’attache plus de valeur qu’à Guernica car je suis un randonneur plutôt mesquin ces jours –ci. Ce sera pour une autre fois.

Le problème numéro neuf bis est que j’ai choisi cette carte représentant le beffroi de Lille et la porte de Paris, sise dans cette même ville, et que je ne l’ai pas utilisée pour écrire. Ce sera pour une autre fois aussi. Si cela gêne foncièrement quelqu’un, il ou elle peut m’enfermer dans son frigidaire ou plutôt dans son réfrigérateur : s’il y reste des Paris-Brest de la séance d’il y a 15 jours je saurai, en bon avaleur, le débarrasser de ces valeurs-là !


P.S. Une prochaine fois je vous parlerai du travail de mon logiciel de reconnaissance vocale. Voici comment il m’a traduit la citation de Karl Valentin :

« Il se fera yeux de mich vannes S ret Nat à toute des navets né il y fut mis niche royale rehmat est alors »

Intéressant, non ?

18 mai 2021

Enquête de Où et Quand / Eliane

Le lendemain matin lorsque Où et Quand se réveillèrent, ils ne savaient plus très bien, à force d'avoir bu la veille, lequel était Quand et lequel était Où. Où savait qu'ils devaient aller rencontrer La Chatte à nougats de Montélimar, mais il ne savait pas où. Quand savait qu'ils devaient aller un jour à St Malo, mais il ne savait pas quand.

Où informa son camarade qu'aujourd'hui ils devaient rencontrer La Chatte à nougats de Montélimar. Quand opina du chef. Il dit qu'ils devaient aller à St Malo avant l'été et l'arrivée massive des touristes, mais il ne savait pas quand exactement. Peut-être allaient-ils trouver La Chatte à nougats de Montélimar à St Malo. Allez savoir...

AEV 2021-31 Eliane - Montélimar

En cheminant ils demandèrent aux passants comment procéder au mieux. Les informations récoltées étaient diverses, voire même contradictoires. Certains disaient que la Chatte était l'épouse favorite de Raminagrobis, roi tyrannique de Montélimar dans La Drôme, et qu'elle avait été enlevée contre une rançon de quelques quintaux de nougats que le roi ne voulait pas payer.

D'autres disaient que la Chatte s'était enfuie du Sérail de Grosminet et que ce dernier envisageait de faire appel au service de contre-espionnage pour la retrouver. Une chose était sûre, ce n'était pas à Montélimar que nos deux amis allaient la trouver.

Quand demanda « Se pourrait-il qu'elle ait trouvé refuge au château de St Malo, ville où elle avait passé plusieurs étés en vacances ? Peut-être s'est-elle cachée dans une des oubliettes ? ». Où demanda quel était le moment le plus opportun pour faire des recherches à St Malo car ils avaient l'obligation de retrouver cette Chatte à nougats. Pourraient-ils consulter le service de contre-espionnage ?

Bref, les voilà partis le jour même pour St Malo. La cité corsaire était tournée vers la mer. De grands navigateurs, Surcouf, Jacques Cartier y avaient pris le départ pour sillonner les mers. Notre héroïne avait très bien pu embarquer sur l'un des bateaux, auquel cas inutile de la chercher dans la métropole.

AEV 2021-31 Eliane - saint-MaloA l'entrée des Remparts, ils croisèrent un certain Comment. Peut-être savait-il par quelle ruse la belle avait pu se faire accepter parmi les marins ? Comment ne savait pas répondre à cette question. Il leur conseilla de s'adresser à l'un de ses parents, le sieur Pourquoi. Pourquoi leur dit qu'elle s'était probablement déguisée en homme. Mais il ne savait pas pourquoi elle était en fuite.

Les compères décidèrent de visiter le château et ne trouvèrent absolument rien. Ils firent le tour des remparts, apprécièrent la vue, descendirent par la Porte St Vincent et, sur la place attenante, sortirent guitare et biniou et entamèrent « C'est un fameux trois mâts... ». Les habitants perroquets, coqs et poules, renards rusés et hermines affluèrent de toutes parts pour les applaudir. Ils enchaînèrent avec « Du rhum, des femmes » et d’autres chansons paillardes. Ils eurent beaucoup de succès.

Ils avaient bien mérité qu'on leur offrît le gîte à l'hôtel Duguesclin et le couvert dans son restaurant. Au moins ils savaient où et quand ils pourraient se reposer de cette journée bien remplie : c'était ici et maintenant et c'était déjà quelque chose ! 

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18 mai 2021

Un drôle de coco / Maryvonne

Le lendemain matin, lorsque Quand et Où se réveillèrent ils ne savaient pas très bien, à force d'avoir bu la veille, lequel était Quand et lequel était Où. Où savait qu'ils devaient aller rencontrer aujourd'hui un drôle de coco mais il ne savait pas où. Quand savait qu'ils devaient aller un jour à Paimpol mais il ne savait pas quand.

Ce matin-là c'était très exotique pour deux perroquets de se réveiller au chant du coq dans un champ des Côtes d'Armor près d'une ferme où de braves gens cultivent des haricots.

AEV 2021-31 Maryvonne le loup le renard et la belette

Encore un peu soûls comme des cochons, la tête dans le pâté breton et la huppe dans les brumes d'alcool ils ouvrirent leurs yeux ronds comme des billes. Bien décidés à visiter ce petit port ils se mirent en route après avoir grappillé quelques graines de haricot blanc et bu quelques béquées de cidre. Ils ne savaient pas que ce mélange détonnant allait les propulser pétaradant jusqu'au bout du champ où ils furent accueillis par le loup, le renard et la belette en grande répétition pour le festival de chant de marin.

Le trio, très étonné de voir ces volatiles exotiques, se mit à les bombarder de questions. Quand et Où déclarèrent qu'ils étaient venus à la rencontre d'un drôle de coco avec un prénom de perroquet. Précisément un certain Monsieur Jacob, président du syndicat de défense du coco de Paimpol. Mais qu'ils s'étaient un peu emmêlé les plumes la veille au soir et avaient besoin d'aide.

Le renard, toujours le plus malin déclara qu'il fallait s'en remettre à l'hermine, la plus cultivée sur l'histoire du pays. Celle-ci arriva dans sa plus belle robe et se proposa de les rencarder sur le petit port de pêche. Où voulait voir la fameuse falaise décrite dans la chanson mais l'hermine se coucha sur le dos pour rire en se grattant le ventre de ses petites pattes.

La falaise n'était pas un relief crayeux en à-pic de la mer mais le nom d'un bordel pour marins en escale (ou pas). Son église était plutôt visitée par les grenouilles que par les perroquets débiles (et pan ! Sur le bec !) Quant au grand Pardon il commençait à démoder grave.

Restait la peau de la Paimpolaise, moins douce que sa fourrure d'hermine mais sûrement bien agréable. Certains détracteurs de chansons locales chantaient la peau d'lapin (polaise).

Enfin le drôle de coco qu'ils voulaient rencontrer n'était pas un perroquet blanc mais un marchand de ces délicieux haricots blancs qui accompagnent le fameux gigot de pré salé. Il leur posa un lapin. Trop occupé à défendre les haricots péteurs.

L'hermine les régala de grain de riz délicieux baignant dans du lait onctueux. La fameuse « Teurgoule ». Tout était bon et l'air pour voler de délice en délice sentait le frais et l'iode à plein bec.

Le soir ce fût l’apothéose avec les fameux chants de marin. Outre la fameuse Paimpolaise de Théodore Botrel ils apprécièrent « Loguivy de la mer » et tant d'autres sur la pêche et les fameux trois mâts. Ils se dirent qu'au moins ils savaient où et quand ils pourraient se reposer de cette journée bien remplie. C'était ici et maintenant et c'était déjà quelque chose. 

20 avril 2021

Le Pissenlit / Marie-Thé

image003 (19)

Puisque l’aérienne sphère blanche s’est détachée
Un petit souffle de vent en douceur l’a l’embarquée.
Avec son parachute de soie, dans un champ elle s’est posée
Puisque le vent a cessé de souffler

Puisque la pluie est tombée et que la terre l’a absorbée
Dans le pré l’aérienne sphère s’est enracinée
Des feuilles dentées délicieuses à déguster ont poussé
Puisque le printemps est arrivé

Puisque le soleil s’est mis à briller
Des fleurs jaune d’or se sont développées
Qu’il faut bien vite admirer
Puisqu’elles vont se métamorphoser

Puisque les fleurs vont se transformer
Il convient rapidement de les cuisiner
Avec du sucre préparer une gelée
Puisque c’est bon pour la santé

Puisque des fleurs sur le pré sont restées
De nouvelles sphères blanches ont ressurgi
Qui dans le vent se sont envolées
Puisque des enfants d’un souffle les ont propulsées

6 avril 2021

A l'ombre des arbres / Laura

AEV 2021-25 Laura - Osselets

"20 arbres pleuraient Antoine et Apollinaire, héros à jamais
Dans les tombeaux de beaux marbres gravés où passait
La poésie: amis, merci."

Je devais bien constater que mes deux phrases jouant le jeu complètement ressemblaient malheureusement à un tas d'osselets, ce jeu que je croyais disparu.

En jouant le jeu
Un peu
Ça va mieux.

Je me revois à l'ombre du saule pleureur planté par mon père quelques années auparavant, sur une marche d'escalier, jouant aux osselets.
La balançoire accrochée à la branche d'un pommier.
Mon grand-père sur un canot pneumatique allongé à son ombre.

Le bambou qui s'étend et dévore.

Les poissons dans les bassins.

Les inondations qui baignent les pieds des peupliers.

AEV 2021-25 Laura - Saule

30 mars 2021

Rubrique Sports / Jean-Paul

Ce dimanche avait lieu à la salle polyvalente de Kisératou-par-Kisérarien le concours annuel de danse bretonne à pantoufle unique.

C’est la jeune Sandra Hillion, du cercle celtique de Perraut’s-Guirec qui a remporté l’épreuve. La concurrence était très rude cette année puisque sa dauphine Berthe Ogre-Anpié du cercle Tud an Plurien n’a été distancée que d’un demi-point à l’issue d’une épreuve très enlevée d’avant-deux de Bazouges et de danse Pourlet.

AEV 2021-24 JK Danse pourlet

7 décembre 2021

Reconversion / Maryvonne

210722 Nikon 072 recadrée

Sans doute aurez-vous du mal à me croire mais cet homme-là qui déambule habillé dans sa simplicité a porté, dans un autre temps, un costume prestigieux.

Si aujourd'hui il préfère sa vieille veste d'ouvrier ou des vieux gilets, s’il se couvre le chef de sa casquette plate, si sa canne vient soulager sa marche chancelante et si enfin il préfère les promenades solitaires c'est depuis quelques temps le nouvel habit de sa deuxième vie.

Dans sa jeunesse flamboyante, au dessus de son joli minois, il arborait fièrement le casoar. Sanglé dans son uniforme, sabre au côté, imbu de sa personne il avait belle allure. Le verbe haut et une certaine morgue il était le parfait Saint-Cyrien sorti de l'école de Coëtquidan.

Avec son unité il avait battu le pavé sur les Champs Élysées un certain 14 juillet. Reçu ensuite dans les jardins de l’Élysée il avait approché le président et s'en était trouvé flatté.

Il avait appris en théorie l'art de la guerre. Sur le papier la partition semblait belle mais la pratique c'était une autre chanson. Très vite il déchanta. Accroché à sa gorge comme une angine le dégoût de la lutte guerrière lui donnait la nausée.

C'est alors qu'il attendit avec impatience que le dateur de l'état major vint encrer sa feuille de libération.

Il retourna chez ses parents sur la côte bretonne et là dans les paysages de son enfance il mit sa rigueur militaire au service de la poésie.

Sur le chemin qui borde la baie
J'aime le soir qui tombe sur la paix
Mes pas lents et solitaires
N'ont plus rien de militaires.


Je vois, vous avez du mal à juxtaposer le soldat de plomb raide et coloré à cet homme débonnaire, simple promeneur avec son chien.

C'est que nous sommes plusieurs au cours de notre vie. Telle prostituée, si elle le peut, deviendra une femme discrète et effacée. Tel prêtre, sûr de sa foi, trahira l'église pour l'amour charnel. Un égoïste se mettra au service des autres quand un altruiste fermera sa porte. Edgar Faure a dit un jour une phrase empruntée à Camille Desmoulins : «  Ce n'est pas la girouette qui tourne, c'est le vent » .

Le vent de l'âge qui nous pousse à renoncer à un idéal premier pour une action plus adaptée, nourrie de notre expérience, de notre vécu et d'une sensibilité nouvelle.

30 mars 2021

Courrier des lecteurs / Jean-Paul

Marre de #balancetonporc !

C’est entendu ! Certain types ne se comportent pas de manière correcte avec les héroïnes de contes de sexe féminin ! Tous les passants pressés qui laissent crever de faim et de froid la petite marchande d’allumettes sur les trottoirs danois pour aller se soûler à l’aquavit ou rentrer chez eux voir la saison 22 de « En thérapie » sur Arte sont vraiment des fumiers. Le grand noir à grosse queue qui s’est farci la grand-mère Chaperon-Rouge sans lui demander si elle consentait à visiter son neuneu-zoo-Eiffage, c’est carrément DSK au Sofitel !

Mais nous trois, qu’est-ce qu’on y peut ? On y est pour rien ! On n'a jamais fait aux truies ce qu’on n’eût pas voulu qu’on nous fît. D’ailleurs notre vie sexuelle est plate de chez plate et on ne peut pas mettre une limande à l’amende. De plus une légende urbaine prétend que du putois, de la fouine, de la belette, du furet, de la marmotte, de l’ours, du renard, du hérisson et du zèbre, c’est le cochon qui sent des dix ; les filles nous ont dans le pif, personne ne nous saute au paf et nous finissons nos soirées assis sur des poufs à faire de la musique au pub chez Constance à Plougrescant. Aussi ce serait bien de retirer votre hashtag injuste. Pourquoi pas #balancetonlapin plutôt que #balancetonporc ?

Signé : Nif-Nif, Naf-Naf et Nouf-Nouf

AEV 2021-24 JK 1933-trois-petits-cochons-14

19 décembre 2023

Consigne d'écriture 2324-13 du 19 décembre 2023 : Bestiaire avec ou sans lettrines

Bestiaire avec ou sans lettrines

 

AEV 2324-13 Jean-Claude Tardif - Bestiaire improbable

Voici une liste d’animaux extraite du livre « Bestiaire improbable » de Jean-Claude Tardif et complétée par les soins de l'animateur.

Il vous est demandé d’écrire, pour chacun de ceux qui vous inspireront, un petit poème en prose ou en vers dans lequel vous pourrez évoquer l’animal et mettre des jeux de mots, des assonances ou ce que vous voudrez.

Dans une variante un peu plus compliquée, vous pouvez imaginer une lettrine comme celles de Gaston Touraine données en exemple. Dans ce cas votre texte débutera par l’initiale du nom de l’animal.

Ex. Si vous choisissez de parler du renard votre texte débutera par la lettre « r ».

Abeille – ara – autruche – belette – cachalot – caméléon – cerf – chameau -chat - chien – coq – crabe – crocodile – dinde – dodo – escargot – éléphant – faon – girafe – gnou – guêpe – héron – iguane – kangourou - kiwi – koala – lama – lièvre – limace – lombric – loup – lynx – mésange -morse – okapi – ornithorynque – ours – pélican – pie – poule – raie – rat – raton-laveur – renard – requin – sanglier – saumon – sole – tatou – taureau – tortue – vache – urubu – zébu - zèbre (+ ceux de votre choix)

lettrines-aquarellees-par-gaston-touraine d comme dromadaire ou dauphin

lettrines-aquarellees-par-gaston-touraine k comme kangourou

lettrines-aquarellees-par-gaston-touraine 0 comme ours

lettrines-aquarellees-par-gaston-touraine S comme singe

lettrines-aquarellees-par-gaston-touraine t comme tortue

lettrines-aquarellees-par-gaston-touraine v comme vache

lettrines-aquarellees-par-gaston-touraine x comme xylophage

lettrines-aquarellees-par-gaston-touraine y comme yack

lettrines-aquarellees-par-gaston-touraine z comme zèbre

21 mars 2023

Lettre à un fantôme / Jean-Paul

Cher fantôme,

Depuis combien de temps sommes-nous ensemble ? Ensemble sur la même planète, absents-présents au monde qui nous entoure et, de plus en plus, au fur et à mesure qu'arrivent d'autres créateurs, d'autres bavards du net et des réseaux sociaux, plongés dans l'anonymat et l'oubli ?

Moi, d'être devenu un fantôme pour le monde du travail, ça me va ! La réalité d'un individu libre, en bonne santé, à qui il est permis d'écouter son cœur-enfant et de se balader dans les musiques, les livres, les lieux de spectacle et de relations sociales de sa ville, ça me convient tout à fait.

Mais toi, fantôme de papier, comment peux-tu survivre et ne pas sombrer dans les oubliettes à l'heure du manga dominant, du jeu vidéo d'après blockbusters, de métavers, de smartphones et d'influenceurs·ses ?

AEV 2223-24 Jean-Paul - Lettre au fantôme

Et puis d'abord si tu es « LE fantôme du Bengale » pourquoi indique-t-on sur la couverture de tes fascicules « aventures américaines » ?

Je me souviens que je t'ai découvert chez mon arrière-grand-mère sur une page ou une demi-page de ses magazines féminins, « Nous deux » ou « Intimité du foyer » et on pouvait lire quelque part la formule « Copyright Opera mundi » ou quelque chose comme ça. Il y avait aussi « Arthur et Zoé » ; j'ai découvert récemment que dans la version originale Zoé s'appelait Nancy ! Nan ? Si ! Mais rien à voir avec la place Stanislas !

C'est fou, l'imagination ! L'imagination des Américains encore plus que la nôtre, même s'ils ne sont que des Européens mal descendus du bateau Emigration et que le mal de mer de la traversée les a chanstiqués à jamais ! Il y a donc eu un type dans les années 30 ou 40 du siècle dernier, un nommé Lee Falk, qui t’a imaginé et un autre qui t’a dessiné avec un costume moulant rouge, un slip noir par-dessus, un revolver à la ceinture et un loup noir façon Zorro ou carnaval sur les yeux. A l’origine ta combinaison d’homme grenouille était violette mais pour des raison de difficulté d’encrage elle est devenue rouge dans l’adaptation française.

Est-ce que c’est là la tenue la plus pratique pour survivre dans la jungle ? Faudra qu’on demande à Tarzan et à son slip léopard ! On ne comprend pas bien pourquoi ton compagnon noir nommé Lothar est vêtu lui aussi d'une peau de bête alors qu’on trouve tout à la Samaritaine ! Est-ce du racisme à la mode d’Hollywood ? L’acteur noir qui joue le rôle n'a pas accès aux mêmes magasins de costumes que le grand blanc athlétique à mâchoire carrée ?

[Gasp ! J’ai confondu ! Lothar, c’est chez Mandrake le magicien !]

Si je t'écris ce jour, cher fantôme, c'est pour que tu m'aides à résoudre un mystère. Je ne sais pas comment ma mère s'y est prise pour former ma tête dans le secret de ses entrailles mais elle y a mis pas mal de curiosité, beaucoup de goût pour les images et là-dessus s’est greffée une propension certaine à amasser du vieux papier dans mon grenier ! Il s'y trouve, là-haut, une collection du magazine « Robinson » que mon beau-père m'a confiée, des numéros de « Charlie mensuel », de « Pilote, mâtin quel journal ! » et maintenant un carton plein de tes aventures américaines.

Cher fantôme du Bengale, sont-elles intéressantes au moins ? Est-ce que l'on peut fantasmer sur les formes de ta compagne Diana ou est-ce que c'est « Chasse gardée, pas touche !» ? Devrai-je attendre d'être malade, immobilisé, impotent pour ouvrir ne serait-ce qu'un seul de tes fascicules et savoir ce que tu as à nous raconter ? Car je n'ai encore jamais lu une seule de tes aventures !

C'est que notre vie est bien occupée, agitée, saccadée ! N’en déplaise au pauvre Georges Wolinski, on n’a plus le temps de s'allonger deux heures d'affilée pour lire sur un lit ou dans un canapé en mangeant des chocolats !

Pour ma part je cours d'une répétition de musique à un atelier d'écriture, d'une balade photographique à un cours d'illustration, je découvre grâce aux dévédés le cinéma américain des années 50, je fais tout pour tout connaître des ouvertures échiquéennes et de la pensée macronienne... Enfin non, pas vraiment pour ce dernier point, j’ai des défauts mais pas celui-là !

Tout roule très bien pour nous, les déjà retraités, mais sans doute un peu trop vite : nous sommes des petites gouttes de pluie qui prennent le train sans billet jusqu'à l'éternel qui est ceci, ici, maintenant. 

13 décembre 2022

Fêtons Noëlle ! / Jean-Paul

2022-12-11 - Nikon 31

Revoici la fin de l'année ! L'autre vieille baderne mythologique à barbe blanche et casaque rouge a de nouveau envahi avec sa trogne rubiconde toutes les vitrines de la ville. Les rues sont encombrées de bonnes gens qui font leur courses, entrent dans les boutiques, s'arrêtent devant les cabanes en planches blanches au pied de la grande roue et et achètent de quoi garnir la chaussette ou les chaussinettes impatientes que l'on dispose le 24 décembre en soirée devant la cheminée.

Revoici la fin de l'année ! Qu’est-ce qu'ils vont m'offrir, Emmanuel et Brigitte, ou plutôt Élisabeth reine du 1000 bornes qui pose des cartes 49.3 à toutes les séances ? Une prime en raison de la faible utilisation que je fais de mon automobile ? Une attestation de bonne conduite écologique établie d'après l'usure des semelles de mes godasses de marche ? Remballez vos offrandes, gens de la Renaissance ! Je vis sans vous et je n'ai pas attendu vos revendications de fin de l'abondance qui font suite à vos moqueries sur la décroissance pour être sage. Je rigolerai bien, voilà tout, quand vous-mêmes serez victimes de coupures d'électricité.

2022-12-11 - Nikon 52Revoici la fin de l'année ! Mes préoccupations sont plus naturelles. Aurons-nous de la neige à la Noël ? Saurai-je être sage et ne pas abuser de cette boisson pétillante qu'on produit en Champagne ? Réussirai-je à replacer ma recette d'huîtres chaudes recouverte de pâte feuilletée, spécialité culinaire que, semble-t-il, je suis le seul à apprécier dans ma famille ?

Revoici la fin de l'année ! Quelle quantité boulimique de photographies prendrai-je encore de la prestation illuminante de la société « Spectaculaires » ? Ces projections sur la façade de la mairie seront-elles encore une fois de toute beauté ? Comment sera la route pour aller à Redon ? Ma belle-sœur ramènera t elle sa clarinette ? Pourvu que non ! La cousinade réunie dans l'ancestrale demeure se lancera-t-elle, sous la véranda, dans de grandes rigolades dues à des parties de cartes endiablées ?

2022-12-11 - Nikon 51
Fêtons Noël ! Fêtons Noëlle ! C'est la fête de la dinde qu’accompagnent les châtaignes, les farces et les sauces et tant pis si l'oie blanche, celle qu'on appelle Isaure, fait la gueule dans sa toile à l'institution muséale ! "Fi des cuvées millésimées !" clame t elle. "Votre masse corporelle est déjà trop chargée ! Buvez de l'eau gazeuse ! Mangez des clémentines plutôt que des pralines !"

Fêtons Noël ! Fêtons Noëlle ! Fêtons même Sandrine Rousseau ! Virons la masculinité, la mâlitude, la virilité, la beauferie de nos pages ! Offrons-lui une plancha et de belles poésies dont les rimes seront toutes féminines où féministes !

Fêtons surtout le fait d'arriver aux vacances : pendant deux ou trois semaines, je vais vivre en toute tranquillité sans cette menace hebdomadaire d'être accusé de cruauté mentale en raison des consignes sadiques que j'amène depuis plus de vingt années maintenant dans la salle Mandoline !

25 octobre 2022

L'Inconnu / Adrienne

Quand mes deux bipèdes se sont levés ce matin de novembre, ça a été des cris et des hurlements qui m’ont fait me dresser d’un seul coup sur mes quatre pattes.

Personnellement, je n’avais ni vu ni entendu aucun signe de danger de toute la nuit mais les deux excités – enfin, surtout elle – étaient à la fenêtre, parlaient fort, gesticulaient…

Bref, elle a mis ses bottes et son anorak, son bonnet et ses gants, évidemment j’étais prêt à l’accompagner ! Elle a un peu hésité à me laisser sortir, m’a entrouvert la porte pour que je voie ce qui était la cause de tout ce branle-bas…

OK, ça m’a arrêté une fraction de seconde, tout était blanc. Blanc par terre, blancs les arbres, plus de pelouse, plus de terrasse, plus rien.
Que du blanc.

Vous connaissez mon courage : j’y suis allé.

Et j’ai compris!

Moi aussi ça m’a rendu complètement fou!

J’ai couru, j’ai sauté, je m’y suis roulé, j’y ai mis le museau jusqu’aux yeux ! J’étais HEUREUX ! C’était encore beaucoup mieux que le sable sur la plage d’Ostende. Définitivement !

Évidemment avec mes longs poils et le froid qu’il y avait, j’avais des boules de neige et de glaçons un peu partout sur le corps, au bout d’un quart d’heure, et quand j’ai réintégré « mon tapis », comme ils osent appeler ce machin sur lequel je dois rester assis ou couché, ça a rapidement fait une grosse flaque.
Une grosse, grosse flaque.

Mais je ne vais pas me plaindre : elle m’a fait une friction et j’ai pu m’installer près du feu, mon endroit préféré.

Que du bonheur, vous dis-je.

J’adore la neige !

Maintenant quand j’en vois, je suis aussi excité qu’eux.

Enfin, aussi excité qu’elle 😉

22 février 2022

G comme Gummibärchen (Frau) / Jean-Paul

Animateur d’atelier d’écriture, ce n’est pas un métier facile ! Chaque semaine il faut proposer à ses écrivantes quelque chose de différent et si possible de plaisant. Maintenant que l’atelier fonctionne aussi en ligne, on ne peut plus jouer avec des consignes reposant sur l’écriture collective de type jeu du cadavre exquis, fabriquer des renku à base de haïkus et de tankas, faire se répondre des correspondantes. Mais en fait ces exercices-là n’ont jamais vraiment eu la cote.

Chacune préfère se lancer dans une longue déclinaison à partir de sa première idée née de la consigne. Mais je ne me plains pas : le résultat est toujours aussi varié, surprenant, réjouissant au moment de la lecture.

Surtout il faut, de temps en temps, écrire à partir d’images parce que ces dames aiment ça et que c’est moins compliqué à expliquer ! Avec les images, il y a deux choses qui coincent pour moi.

La première est la gestion du code html par la plate-forme de Canalblog. Monsieur html n’aime pas les tableaux, colle des retours chariot là où on n’en veut pas et refuse de centrer les photos en une seule fois.

Ensuite il faut gérer les réclamations, bien souvent justifiées, des propriétaires des images qui vous reprochent d’utiliser leur œuvre sans leur avoir demandé la permission.

Grooms 01 1024Voilà pourquoi, cette semaine, j’ai choisi de faire écrire à partir de photos de Joe Krapov. C’est un copain, je sais qu’il voudra bien et ne réclamera rien. J’ai donc distribué ses agrandissements, j’ai laissé les filles choisir en premier et dans les trois que j’ai récupérées, il y a la photo de Mme Gummibärchen.

Malheureusement il est déjà 19 h 54, on pose les stylos à 20 heures et il me faudrait de nombreuses minutes et une troisième grande page manuscrite pour exprimer ce que m’inspirent cette photo et ce surnom. Je ferai donc court.

Cette photo a été prise en 1999 lors d’un spectacle du festival « Les Tombées de la nuit », « La Flûte en chantier », d’après Mozart, par la Compagnie « Les Grooms ». Elle a déjà servi à un atelier d’écriture en ligne pour lequel j’avais produit un texte. J’avais rebaptisé la comédienne Mme Gummibärchen en souvenir d’une professeure d’allemand du collège Malifeu qui récompensait les bonnes réponses de mon fils ou de ses autres élèves en leur offrant de ces friandises dont le nom français m’échappe mais que vous reconnaîtrez sans doute quand j’aurai traduit la chose « Gummibärchen » par « petit ours en gomme ».

 2122-19 Jean-Paul - Gummibärchen8 Marie-Thé Morozov 04

 Je vous renvoie ici vers le texte de 1999. Je me suis régalé tout à l’heure à relire des pages de cet atelier « Rennes en Délires ». Tout comme je me régale en ce moment à l’idée que le mari de la prof d’allemand « bonbonnière » était peut-être… dentiste !

 

19 novembre 2024

Dans mon dressing enchanté / Jean-Paul

 

cop. Araghorn

 

Dans mon dressing enchanté

J'ai des pantoufles de vair

Pour attirer les galants

 

Dans mon dressing enchanté

J'ai des robes montre-nombril

Pour défriser les moustaches

 

Dans mon dressing enchanté

J'ai des habits de Licorne

Pour que joue à loup perché

Le prince du jour de fête

 

Dans mon dressing enchanté

J'ai des bottines trop coquettes :

Elles sont toutes vernies

Elles ont des lacets mauves

 

Dans mon dressing enchanté

J'ai un soutien-gorge à triangles blancs

Avec des étoiles qui clignotent

Et jettent des sortilèges avec mon dévolu

Pile-poil à celui que je me suis choisi !

 

Imaginez mes corsets, Majesté !

Rêvez des dessous d’Emma !

Non ! On n’y met pas les mains !

 

Car pour le méli-mélo,

Le combat anachronique de Saint Georges et du Dragon,

Regarde-moi dans les yeux :

Ce sera quand JE le veux !

 

D'ici là, mon levreau,

Reste dans ton terrier

Le temps que je répare

L'acropole à ma tunique

Grecque !

19 novembre 2024

S'abriter derrière l'Angleterre / Jean-Paul

 

Dans le méli-mélo des papelards éparpillés entre les feuilles de mon cahier les listes de mots de l'Ouest de la France se catapultent sur les images de Paris.

 

Le vert galant s'en va redevenir statue à la pointe de l'île de la Cité. Équestre, la statue, et le cheval est rouge.

 

La ligne bleue prend place sur la place des Vosges où le 21 juin devient un jour de fête pour les jeunes mélomanes.

 

 

La promenade du poète marque une pause sur le quai Montebello où les mains jointes des amoureux ignorent encore qu’au fil du temps Notre Dame de Paris livrera contre les flammes un combat anachronique.

 

 

Pile poil devant le 10 de la rue Brise-miche les nanas du 12, les filles d'à côté, profitent d’un instant à soi et trempent leurs mollets dans la Fontaine Stravinsky.

 

 

Pour tous ces voisinages entre les photos de Willy Ronis, le titre d'un tableau de Picasso - le Hibou - Paulette et Eulalie attablées chez Laurette pour déguster vin et fruits de mer, pour tous ces noms de magasins lus pendant les vacances à Aubusson et à Vendôme, pour toutes ces tentacules et libellules, ces tentations et libertés, je n'ai qu'une seule justification, suggérée par les mots de la perfide Albion : « Why not ? ».

 

 

4 février 2025

Les Insultes d'Archibald / La Licorne

 

 

Oiseau de proie

  Vieille buse !

Animal pour lequel on éprouve de l’aversion

  Sale poulpe !

Nom propre d’une personne « hors la loi »

Calamity Jane !

Nom commun qualifiant une personne hors-la-loi

 Bandit diplômé !

Élément de la classification des organismes vivants

 Petit mollusque !

Nom d’un élément géologique 

  Vieux fossile !

 

Nom propre d’une personne jouant double jeu

 Misérable Judas !

Sacré + Nom commun d’une variété de militaire + à + élément vestimentaire

 Pirate à épaulettes !

Qualificatif pour enfant turbulent

 Galapiat !

Nom de singe

 Bougre de bonobo !

Sale + nom d’animal

 Sale blaireau !

Saleté de + nom d’un appareil d’usage courant

 Saleté de marteau 

sans manche !

Sale vilain(e) + animal + de tonnerre de Brest

 Sale vilain putois 

de Tonnerre de Brest !

Personne qui exerce son activité en dehors d’un bureau de banque

Fonctionnaire 

sans poste ! 

Nom de singe

 Fils de chimpanzé !

Juron

Jarnidieu !

Homme puissant et despotique

Tyran en culotte courte !

Personne qui ne se mêle pas à la foule

 Electron en roue libre !

Sauvage de + corps céleste

 Sauvage d'Aldébaran !

Profession en rapport avec l’eau + élément qu’on trouve dans une cuisine

 Maître nageur 

de lavabo !

Synonyme de bandit

 Malandrin !

Mot du vocabulaire de la psychiatrie

 Psychoschizopoilopathe !

Animal à six pattes ou plus si affinités

 Mygaleux !

Animal venimeux

 Bandes de scorpions !

Animal rampant

 Limaçon sans cervelle !

Simili + nom d’habitant d’une planète ou d’une ville + à la graisse de + ce que vous voudrez

 Simili martien à la graisse de porc-épic !

Remède pharmaceutique

Vomitif !

Sinistre + nom d’individu peu sérieux

 Sinistre clown !

Sombre + nom d’individu indélicat

 Sombre brute !

Sombre + nom de mammifère d’Afrique

 Sombre hyène !

Nom d’individu qui s’alcoolise

 Face de poivrot ! 

Sous produit de + nom d’individu transparent

 Sous-produit de méduse !

Nom d’individu qui n’est pas à la bonne place

  Marin en perdition !

Squelette de + objet du quotidien

 Squelette de chaise à bascule !

Tas de + nom d’individus différents

 Tas d'hurluberlus !

Nom de personne bien en place qui travaille en ville

 Maire de ...maire de...

Tête de + nom d’animal

 Tête de fouine !

Tête de + nom d’animal

 Tête de pangolin !

Nom de femelle d’animal féroce

 Tigresse du Bengale !

Elément orageux + Ville de Bretagne

Eclair de Saint-Nazaire !

Légume rustique

Rutabaga !

Nom d’individu particulièrement peu fréquentable

Flibustier de malheur!

Nom d’individu peu fiable

Margoulin !

Nom d’individu encore moins fiable

 Forban !

Nom d’individu qui vit dans une grotte

Graine d'ermite !

Nom d’individu chanceux

 Satané veinard !

Nom d’individu trompeur

 Carambouilleur !

Nom d’individu sanguin

Petite frappe 

de mes deux !

Nom de tribu germanique

Wisigoth !

Nom d’individu sans le sou

Pauvres mendiants !  

Nom d’individu qui ne mange pas de viande

Graine de vegan !

Petit animal des jardins

 Cloporte !

Personnage historique français + de carnaval

 Napoléon de carnaval !

Petit élément utilisé en cuisine

 Passoire trouée !

Vieille + élément métallique + rouillée

 Vieille fourchette rouillée !

Animal pas très réactif

 Tortue sans pattes !

Oiseau + bavard

Mouette bavarde !

Variété de serpent

 Python à réaction ! 

Profession en rapport avec la science

 Chimiste de Prisunic !

Catégorie d’animal + de malheur

 Bovidé de malheur !

Tribu germanique

 Ostrogogol !

Catégorie de mexicain

 Passe-muraille !

Animal africain

 Charognard !

Individu bizarre

Apache sans plumes ! 

Variété de soldat + interplanétaire

 Clone interplanétaire ! 

Peuplade africaine

Espèce de Berbère !

Nom de travailleur de la mer + de carnaval

 Pêcheur de carnaval !

Ustensile de cuisine

 Couteau émoussé !

Nom de navigateur + d’eau douce

 Christophe Colomb d'eau douce !

Nom de poisson imposant

 Espèce d'orque ! 

Nom de légume

Courgette avariée ! 

19 novembre 2024

Consigne d'écriture 2425-09 du 19 novembre 2024 : Lectures de vacances

 

Lectures de vacances

 

Que représentent ces cinquante-cinq mots ou groupes de mots ci-dessous ? Sont-ce des titres de poèmes, de comptines ou de chapitres de romans qu’il vous convient de réécrire ? Sont-ce les étapes d’un itinéraire que vous parcourez et nous racontez ? S’il s’agit des mots d’un logorallye imposé, combien arriverez-vous à en mettre dans votre texte ?

 

- A côté - Acropole - Au fil du temps - Au poil fou - Ça va l’fer, j’repasse - Chez Laurette - Coeur de fleurs - Combat anachronique - Comme un grain - Corsets - Des étoiles - Docteur Silly - Eulalie - Globules and C° - Grain de malice - Imaginez - Jour de fête - L’Eucalyptus - La licorne - La Maison du cheveu - La plume de Ronsard - La Rose des vents - La vie en couleurs - Le cheval rouge - Le hibou - Le prince - Le Saint-Georges - Le terrier - Le Triangle blanc - Le Vert galant - Les Dessous d’Emma - Les mains - Méli mélo - Les nanas du 12 - Les Trolls - Ligne bleue - Loup perché - Mauve - Mes binocles - Mon dressing enchanté - Moustache - Nombril - Paulette - Pile poil - Promenade du poète - Regarde-moi dans les yeux - Sortilèges - Tendance - Tentacule et libellule - Tonton Renard - Toutes vernies - Tricotine et Bobinette - Un instant à soi - Vin et fruits de mer - Why not

 

 

4 février 2025

Consigne d'écriture AEV 2425-18 du 4 février 2025 : Dernières insultes d'Archibald

 

Les Dernières insultes de l'oncle Archibald 

 

 

L'animateur demande d'écrire un mot qui corresponde aux critères
de la colonne de gauche du tableau suivant
(sans donner bien sûr l'exemple dont il s'est inspiré dans la colonne de droite).

 

On passe au mot suivant jusqu'à épuisement de la liste.
Chacun·e a constitué ainsi ses propres insultes Haddockiennes.

 

Il ou elle peut ajouter des adjectifs ou utiliser les formules ci-dessous pour faire "ronfler" son invective : 

 

+ à réaction - bande de +- Bougre de + - + de Prisunic - + diplomé - Espèce de + - extrait de + - fichu·e + - Graine de + - + mal réveillé·e - misérable +  - petit +  - sacré + - sale + - satané +- vieux, vieille + -  +volant –  + vous-même

 

Oncle Archibald, reviens, tu nous manques ! ;-)

 

 

Oiseau de proie

 

Animal pour lequel on éprouve de l’aversion

 

Nom propre d’une personne « hors la loi »

 

Nom commun qualifiant une personne hors-la-loi

 

Élément de la classification des organismes vivants

 

Nom d’un élément géologique + de tonnerre de Brest

 

Nom propre d’une personne jouant double jeu

 

Sacré + Nom commun d’une variété de militaire + à + élément vestimentaire

 

Qualificatif pour enfant turbulent

 

Nom de singe

 

Sale + nom d’animal

 

Saleté de + nom d’un appareil d’usage courant

 

Sale vilain(e) + animal + de tonnerre de Brest

 

Personne qui exerce son activité en dehors d’un bureau de banque

 

Nom de singe

 

Juron

 

Homme puissant et despotique

 

Personne qui ne se mêle pas à la foule

 

Sauvage de + corps céleste

 

Profession en rapport avec l’eau + élément qu’on trouve dans une cuisine

 

Synonyme de bandit

 

Mot du vocabulaire de la psychiatrie

 

Animal à six pattes ou plus si affinités

 

Animal venimeux

 

Animal rampant

 

Simili + nom d’habitant d’une planète ou d’une ville + à la graisse de + ce que vous voudrez

 

Remède pharmaceutique

 

Sinistre + nom d’individu peu sérieux

 

Sombre + nom d’individu indélicat

 

Sombre + nom de mammifère d’Afrique

 

Nom d’individu qui s’alcoolise

 

Sous produit de + nom d’individu transparent

 

Nom d’individu qui n’est pas à la bonne place

 

Squelette de + objet du quotidien

 

Tas de + nom d’individus différents

 

Nom de personne bien en place qui travaille en ville

 

Tête de + nom d’animal

 

Tête de + nom d’animal

 

Nom de femelle d’animal féroce

 

Elément orageux + Ville de Bretagne

 

Légume rustique

 

Nom d’individu particulièrement peu fréquentable

 

Nom d’individu peu fiable

 

Nom d’individu encore moins fiable

 

Nom d’individu qui vit dans une grotte

 

Nom d’individu chanceux

 

Nom d’individu trompeur

 

Nom d’individu sanguin

 

Nom de tribu germanique

 

Nom d’individu sans le sou

 

Nom d’individu qui ne mange pas de viande

 

Petit animal des jardins

 

Personnage historique français + de carnaval

 

Petit élément utilisé en cuisine

 

Vieille + élément métallique + rouillée

 

Animal pas très réactif

 

Oiseau + bavard

 

Variété de serpent

 

Profession en rapport avec la science

 

Catégorie d’animal + de malheur

 

Tribu germanique

 

Catégorie de mexicain

 

Animal africain

 

Individu bizarre

 

Variété de soldat + interplanétaire

 

Peuplade africaine

 

Nom de travailleur de la mer + de carnaval

 

Ustensile de cuisine

 

Nom de navigateur + d’eau douce

 

Nom de poisson imposant

 

Nom de légume

 

 

 

28 janvier 2025

Scientifique ou pas ? / Maryvonne

 

 

Notre gentil animateur nous propose des photos anciennes de professeurs de la Faculté des sciences de Rennes, hommes pas très souriants sous leurs moustaches.

 

Si je ne suis pas allée à la Faculté de sciences, c'est pour deux raisons. La première est que toutes les sciences, physiques ou naturelles, me semblaient rébarbatives.

 

La deuxième est que je me savais pas assez courageuse pour faire des recherches abstraites ou même concrètes en jouant avec des éprouvettes et des cornues, en tirer des graphiques abscons sur la vitesse de la crue de la Vilaine en 1966 par rapport à celle de 1981 ou de 2025. Quand j'entendais mes copains parler de probabilités, de fusion de l'atome et de l'influence de la digitaline sur le rythme cardiaque, je préférais m'évader en regardant le ciel étoilé les soirs de piste et blaguer sur « Copernic nique nique », m'en allant brailler comme sœur Dominique nique nique au café de la Paix pendant que ma copine Eliane, debout sur une table criait « A bas la calotte ! ».

 

 

Ensuite je la raccompagnais avenue des « putes » de Coesmes jusqu'au pavillon Sophie Germain, une célèbre mathématicienne, physicienne et philosophe. J'étais positive et souhaitais vivre en Théorie car « en théorie tout se passerait bien ».

 

Je regardais les atomes crochus s’enlacer entre tous mes copains. Mon heure viendrait plus tard mais avec un littéraire, je suis quand même plus raccord.

 

Aujourd'hui c'est différent. Je voudrais rentrer au CNRS pour devenir chercheuse et trouver facilement où est mon téléphone, mon porte-monnaie et le titre du dernier film que j'ai vu.

 

 

Je n'ai pas connu l'époque où les scientifiques avaient une blouse de boucher et sur leur bureau, en décoration, une ammonite géante, je suis trop jeune.

 

 

14 janvier 2025

Braderie de Lille ou Fête à Neuneu ? / Adrienne

 

 

Allô ! Docteur ? Y'a le ch'ti qui a l'air en manque ! Depuis qu'il est sorti du moule de sa mère il a attrapé la « norditude » !

 

Hé oui, comme dit Josiane, on a le droit à tout dans cet atelier, même d'inventer des mots. De moules frites en moules frites, ça baigne dans l'huile pour lui. Une enfance aux petits oignons, entouré de personnages de BD, de marsupilami, de panthère rose, d'une nana bien moulée, un Dupont traité de moule à gaufre par son voisin, ça trinque, ça chante, les harengs volent, c'est la braderie de Lille.

 

Toutes ces couleurs lui montent à la tête. Pour apaiser son manque, il faudrait lui trouver un arc-en-ciel de qualificatifs, un feu d'artifice d'émotions, une farandole de fleurs, des chapeaux, des moustaches, des fraises à la Henri IV, des colliers de moules vides, des confettis de souvenirs ?

 

Allô ! Docteur ? Je ne sais pas quoi faire : ce n'est pas mon monde ! Il n'y a qu'une chose qui me raccroche à ma Bretagne c'est le camion Citroën. Mon beau-frère boucher avait le même pour aller chercher veaux, vaches et cochons dans les fermes. Il l'appelait le citron et j'entends encore le bruit de la porte en glissière.

 

 

Docteur, dites moi ce que je dois faire, il est sympa, le Ch'ti. Je voudrais bien l'aider mais j'ai l'odeur de graillon au bord des lèvres et pourtant je ne suis pas bégueule.

 

Je ne suis pas agoraphobe non plus mais j'ai la tête qui tourne comme dans un grand manège de couleurs, d'odeurs, de cris, de chants, de bières. Voilà : j'ai dû trop boire ! Je suis totalement ivre et finalement j'aime ça, mais juste une fois, comme disent les Belges !

28 janvier 2025

Les Profs de fac / Anne J.

 

J'ai, il y a bien longtemps, fréquenté l’université et ses nombreux professeurs sans jamais connaître les savants célébrés : aucun Hubert Reeves ni Albert Einstein dans les professeurs de la Faculté de pharmacie mais quelques vedettes et personnalités dont je me souviens encore, presque 50 ans après ! Eh oui !

 

 

Le professeur C., le père, que certains surnommaient le sanglier à cause de ses gros sourcils poilus, faisait, lors de mes premières années de fac, ses derniers cours de botanique. Outre que ses cours étaient d'un ennui incommensurable, nombre de pétales, nombre de sépales, des feuilles sessiles ou pas, des bourgeons comme ci ou comme ça, on en extrait tel principe actif et on fait tel médicament avec et on passe à la plante suivante, outre donc cet interminable catalogue poussiéreux et rébarbatif, ce vieil homme était d'un autre siècle. Il exigeait des étudiants qui l'attendaient sagement dans l’amphithéâtre qu'ils se lèvent à son arrivée. Il entrait par la porte du bas, précédé ou suivi par un petit grouillot qui portait ses planches et ses craies pour écrire au tableau. Et si certains refusaient, il ne commençait pas son cours : on n'est pas en 1950 mais bien après mai 1968 ! Il n'avait pas dû voir passer l histoire !

 

Une de mes copines arrivait assez souvent en retard au cours et si celui ci était commencé, le professeur C. arrêtait son laïus pendant que l'étudiante tentait de se glisser discrètement sur un rang.

 

Il la regardait s'installer en proférant :  «  Quand la demoiselle du 5ème rang sera installée, je reprendrai » ou tout autre remarque de ce type. La honte aux joues, l'étudiante se disait que la prochaine fois elle serait à l’heure ou ne viendrait pas.

 

 

Le professeur C. père avait un fils qui était aussi professeur dans une autre matière : le genre très bonne société rennaise, raie sur le coté et une longue mèche qu'il rejetait en arrière toute la journée, comme un tic, grand, maigre, bien sapé, belles chaussures et belle bagnole, hôtel particulier et épouse aristocratique, je pense, et qui pensait être le meilleur en tout : j'ai de plus travaillé un an dans son service : il pensait que j'avais besoin de lui pour apprendre et se voulait mon mentor au quotidien. Je détestais ses petites interros du matin où la majorité des étudiants essayaient de gagner ses bonnes grâces et de se faire bien voir en répondant comme des moutons sans aucune rébellion.

 

Bêler avec les moutons n'a jamais été mon fort. Je m'arrangeais donc le plus souvent pour avoir quelque chose d'urgent et de plausible pour m'enfuir dans une autre pièce et échapper au troupeau. Au bout de quelques semaines, il a, je pense repéré mon manège et n'a pas été dupe mais je lui ai poliment dit que je pensais avoir mon examen toute seule sans ses petits instants de gloire et de pouvoir et il a fini par me laisser tranquille.

 

J'adorais le professeur T. par contre qui était un tout petit bonhomme rondouillard et qui faisait des cours éblouissants de clarté. Il maîtrisait son sujet à la perfection et au bout de deux heures on se sentait plus intelligent tant ses démonstrations étaient brillantes et claires ; j'aurais sans doute adoré me perfectionner en pharmacodynamie s'il n'avait pas fallu pour cela découper des grenouilles en rondelles, dépecer des sangsues, assassiner des souris et torturer des chiens. La pharmacodynamie est une science qui étudie comment les produits chimiques agissent, se métabolisent et s'éliminent dans les organismes vivants : la théorie est passionnante mais pour la démontrer il faut tartiner le cul des lapins avec des pommades qui vont les rendre malades, voire les tuer (oui c'est comme ça qu'on teste les rouges à lèvres, mesdames !).

 

Le professeur L. qui faisait cours tard en soirée vers 17 heures avait souvent ajouté du rhum ou du whisky à son breuvage du goûter, à moins qu'il n'ait arrosé la promotion d'un de ses assistants ou collègues, et il nous arrivait de temps en temps avec une langue pâteuse et des discours fumeux. Il nous enseignait les éléments pratiques de la toxicologie, in vivo et non dans une éprouvette : on pouvait juger sur pièce !

 

 

Pour clore ce tour d horizon de mes enseignants de fac, je dois remercier le professeur B. qui a sauvé ma note éliminatoire en mathématiques et chanter les louanges de la bibliothèque où j'ai passé de très longues après-midis a potasser mes cours : j’appréciais vraiment cet endroit tranquille plein de livres et d'étudiants studieux qui en silence grattaient des kilomètres de papier pour ingurgiter des tonnes de chose dont au moins la moitié ne leur servirait à rien.

 

 

Pensez donc, dans les années 1980, on fabriquait encore des montages de tubes de verre, de cornues et d'éprouvettes comme le professeur Tournesol, juste pour le fun, on se râpait les doigts à tailler des bouchons et on se brûlait à distiller de l'eau ou des essences aromatiques !

 

Ah ! Je vous parle d'un temps...que les moins de 20 ans… !

21 janvier 2025

Le Café de ma jeunesse / Maryvonne

 

 

Si un jour, il vous vient l'idée d'écrire un roman et que vous cherchez un lieu riche en histoires, choisissez un café, un bistrot, un estaminet, une taverne, c'est ce qui a été un lieu de vie pour moi.

 

Ma jeunesse en famille a été au milieu de braves gens, d’inconnus au pedigree douteux, de garçons en tout genre, des agriculteurs clients de mon père, des joueurs de belote, des commerçants du pays, des adolescents sympathiques et bien d'autres.

 

On peut y entendre toutes sortes de conversations amusantes ou douteuses, timides ou théâtrales. On y vient pour changer d'horizon, pour faire des rencontres, noyer sa peine, trouver une oreille amie.

 

Pour ma part c'est la foire aux souvenirs mais je ne trempe pas ma plume dans l'encre de la nostalgie. C'était l'ordinaire, enfin je le croyais.

 

Nous n'étions pas sur un boulevard mais en face d'une grande place. De temps en temps un cirque venait y planter son chapiteau. Pour profiter de l'électricité le patron demandait à être branché à la forge de mon père car j'avais entendu qu'il possédait la force. Je trouvais cela formidable d'avoir la force sans savoir ce que c'était.

 

Pour nous remercier nous recevions des tickets gratuits d'entrée au cirque ou même au théâtre et même un jour une petite chienne de cirque. Un vrai bijou, héros de mon enfance. Ma chère Pirouette, danseuse, acrobate, souriante, oui la première chienne souriante de tout l'univers. Combien je fus triste à sa mort !

 

En ce temps-là personne ne fumait d'herbe mais on buvait sec, assez peu de bières mais du vin, des apéritifs, des boissons anisées (Pernod ou Ricard) et des alcools forts.

 

Le degré d'alcoolisation donnait lieu à des scènes comiques ou dramatiques. C'était mon théâtre à domicile. Comme dans la comptine : Compère qu'as-tu vu ? J'ai vu des bagarres comme dans les westerns, des discours endiablés, des crises de delirium tremens, des scènes d'amour ou d'humour, j'ai vu une femme venir chercher son mari et aussi un enfant téter sa mère pendant qu'elle buvait un pastis.

 

Vous voyez, très tôt, j'ai vu un résumé de l'histoire du monde, enfin, d'un certain monde.

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L'Atelier d'écriture de Villejean
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