Chaque nouvelle de cet auteur, Philippe Delerm, ne contient pas plus de quarante lignes.
Il écrit toujours au présent et use et abuse du pronom « on » à la place du « je ».
Il fait des phrases courtes mais avec beaucoup d’adjectifs pour raconter des événements de la vie quotidienne, des situations sans rien d’exceptionnel que tout le monde a vécues au moins une fois.
« On est entre la thèse de sociologie et la rédaction de 1er de la classe ».
Dans ce style-là vous écrirez de deux à cinq petits textes dont le titre sera choisi dans cette liste extraite de « Le Trottoir au soleil » :
Au nord de soi - Avec son petit matos - Cette lumière-là - Chez moi - Dans un grain de sable, toute la plage - Deuxième vie - Dimanche matin - Du soleil et de l’eau sur un lavoir - Égoïste - Enfin ! - Je peux vous faire à dîner - Je veux redoubler - La figue mûre - Le ballon jaune - Le bonheur des amers - Le café dans un verre - Le cauchemar du trois étoiles - Le trottoir au soleil - Les persistants lilas - Les Toulousaines - On n’est pas invité ! - Passez une bonne après-midi - Pépites du métro - Quelques cerises noires - Se plaire dans Turin - Secouer sa serviette sur la plage - Terre à terre - Travailleurs du dimanche - Un champ de canne à sucre - Vivante par défaut
Une nuit brumeuse enveloppait de son voile mystérieux la fête foraine installée à Villeneuve-Saint-Georges en région Île-de-France. Les rires et les cris des enfants enthousiastes des manèges avaient cédé la place à une ambiance pesante, presque surréaliste.
C'est là, près de la vieille roulotte de la voyante que Maigret se tenait, son éternel imperméable usé serré autour de lui, scrutant la scène du crime. Madame Irina Georgette, la célèbre diseuse de bonne aventure, avait été retrouvée sans vie, allongée sur son tapis persan George Beige, ses cartes de tarot Georges Colleuil dispersées autour d'elle comme un puzzle Georges Seurat inachevé. Le médecin légiste parlait d'une mort violente mais sans arme visible. Était-ce un coup du destin... ou une prédiction qu'elle n'aurait pas dû dévoiler ?
Maigret observa les passants curieux retenus par des barrières. Certains semblaient secoués, d'autres simplement intrigués. Il se tourna vers l'organisateur de la fête foraine, un certain Georges Lefèvre connu pour son sourire mielleux mais son passé trouble. Était-ce un simple organisateur ou un homme avec un secret caché ?
Au fur et à mesure de l'enquête, les indices s'entremêlèrent. La voyante avait récemment murmuré à un client qu'un danger planait sur la zone d'attraction foraine. Était-ce une coïncidence que ce client ait disparu de la fête foraine ou bien avait-elle réveillé une colère si profonde qu'elle avait signé son arrêt de mort ?
Le commissaire Maigret savait qu'il devait regarder au-delà des apparences car à la fête foraine tout n'est qu' illusion. Avec sa pipe entre les dents et son instinct affûté, il se mit à dénouer les fils d'un mystère aussi opaque que la brume qui l'entourait. Que s'était-il réellement passé sous les lumières vacillantes de ce royaume éphémère ?
☆☆☆
Assis dans le coin discret du bistrot, Maigret sirotait lentement un verre de Nuit-Saint-Georges. Le vin rubis, riche et puissant, éveillait en lui des souvenirs diffus. Tandis qu'il observait les volutes de fumée de sa pipe monter vers le plafond jauni, son regard s'égara sur des ombres projetées par les lampes. Ces ombres lui rappelaient étrangement les clairs-obscurs de la toile qui ornait le mur de son salon, une reproduction de Georges De la Tour représentant une scène intime baignée de lumière.
La diseuse de bonne aventure avait-elle, comme sur cette toile, perçu dans les ténèbres une lumière, une vérité insoupçonnée ? Maigret se souvenait des prédictions qu'elle murmurait dans sa roulotte. Était-ce possible que ses révélations aient mis un criminel sur le qui-vive ?
Son esprit vagabondait, alternant entre une pensée sur la victime et une réflexion sur ce qu'elle représentait. La fête foraine, avec ses illusions de bonheur, cachait sans aucun doute des vérités bien plus sombres. En retournant son verre entre ses doigts, Maigret prit une décision : demain il interrogerait à nouveau Georges Lefèvre et il ferait venir le reste du personnel forain pour une confrontation. Il avait le sentiment qu'un détail crucial se cachait dans leur récit, tel un mot perdu dans une carte de tarot ...
☆☆☆
Le lendemain sous un ciel gris menaçant, Maigret retrouva Georges Lefèvre dans une roulotte exiguë, encombrée de bibelots et d'objets hétéroclites. L'homme, nerveux, triturait son vieux chapeau Georges entre ses mains calleuses. Maigret, impassible, l'écoutait raconter l'histoire de Georgio, un jeune homme au passé lourd et à la stature frêle, qui portait en lui une colère sourde.
Georgio, rejeté par la société et réduit à un rôle parmi les forains, avait nourri une rancune grandissante. Chaque jour, il versait de l'acide chlorhydrique sur les engrenages de la grande roue, espérant qu'un jour sa vengeance éclaterait au grand jour sous la forme d'un accident spectaculaire. Mais son plan, aussi sombre soit-il, avait été compromis par Madame Irina Georgette.
La voyante, selon Georges Lefèvre avait vu quelque chose. Était-ce un rêve, une vision ou simplement une intuition aiguisée par des années d'observation ? Peu importe. Elle avait confronté Georgio et, ce dernier pris de panique, avait agi. Il avait concocté un poison à base de champignons toxiques collectés dans la forêt Saint-Georges, un savoir hérité de tradition obscure, et l'avait administré à la voyante, scellant ainsi son destin.
Maigret, en silence, observait Lefèvre. Était-il simplement un témoin ou jouait-il un rôle plus actif dans cette tragédie ? Le commissaire savait que chaque mot, chaque geste, pouvait révéler une vérité cachée. Il se leva lentement, ajusta son imperméable et déclara d'une voix grave :
- Nous allons parler à Georgio. Et cette fois, il n'y aura pas d'échappatoire ."
☆☆☆
Sous les étoiles vaillantes de la nuit foraine, alors que les lumières des attractions s'éteignaient une à une, Georgio, avec une agilité insoupçonnée, s'était faufilé sur le toit d'un vieux camion. Recroquevillé contre les bâches et dissimulé parmi les ombres mouvantes, il écoutait les échos lointains des voix des forces de l'ordre.
Maigret, quant à lui, à l'écart de l'agitation, sentait un poids s'installer. Quelque chose lui échappait. Les recherches se poursuivaient sous les camions, dans chaque recoin, chaque ombre suspecte... Mais personne n'avait pensé à lever les yeux ... !
Lorsque le silence nocturne prit possession de la fête foraine, Georgio profita de l'obscurité pour glisser furtivement depuis son perchoir. Pieds nus et le souffle coupé, il dévala les petites routes désertes, emportant avec lui un secret trop lourd pour être révélé.
Au petit matin, alors que Maigret sirotait un énième café au bistrot Le bon Georges, un gendarme vint annoncé que Georgio avait disparu. Le commissaire Maigret resta silencieux, fixant son café. Il savait que Georgio ne pourrait pas fuir éternellement. L'ombre de son acte le rattraperait un jour.
Et maintenant, tout un mystère subsistait : Où Georgio trouverait-il refuge, et quel nouveau rebondissement cette affaire pouvait-elle encore réserver ?
Le commissaire Maigret resta immobile un long moment, contemplant la piste désormais froide que Georgio avait laissé derrière lui. Les forces de l'ordre déambulaient encore dans la fête foraine, visiblement frustrées de ne pas avoir mis la main sur leur suspect. Pourtant, dans l'esprit de Maigret, une certitude s'était ancrée : il reverrait Georgio.
Il ralluma sa pipe, le regard perdu dans les lueurs mourantes des lampions. Ce jeune homme à la fois fragile et imprévisible, porté par une vie marquée par le rejet, était bien plus complexe qu'un simple criminel en fuite. Son instinct lui soufflait que cet échappé ne trouverait jamais de paix, qu'il resterait à la fois le chasseur et le chassé. Et lui, Maigret, savait qu'un jour leurs chemins se croiseraient à nouveau.
- La justice est patiente ", murmura-t-il pour lui-même, en serrant son imperméable contre le vent froid de la nuit. Lentement, il quitta les lieux, son esprit déjà absorbé par les questions sans réponse laissées dans son sillage.
Mais la vie, capricieuse, réservait à Maigret une surprise. Une nouvelle affaire à Saint-Georges-sur-Baulche près d'Auxerre en région de Bourgogne-Franche-Comté, viendrait bientôt raviver le spectre de cette nuit foraine. Et lorsque ce jour arriverait, le commissaire Maigret se tiendrait prêt.
Nouvelle inspirée de l'univers de Georges Simenon, en hommage à ce grand écrivain.
Juste à côté, il y avait l'Acropole, pas celui qui au fil du temps était devenu le Prince d’Athènes, le nombril de la Grèce, non c'était beaucoup plus tendance. Imaginez derrière une rangée d'eucalyptus et, devant la ligne bleue de la mer, un établissement genre club, un peu dancing, un peu boîte de nuit. On venait y voir la vie en couleurs jusqu'à l'heure mauve du petit matin.
Le nom, accroché sous des étoiles clignotantes avait souvent changé. Il y avait eu : Le Vert galant, Sortilèges, Le Cheval rouge ou encore plus simplement Le Hibou. Mais à chaque fois c'était le terrier des bobos noctambules, jeunes gens au poil fou ou snobs genre docteur Silly. Les nanas du 12ième s'y rendaient pour la chasse aux belles moustaches particulièrement en novembre où pile-poil les hommes participaient à « Movember » une activité mondiale qui vise sensibiliser aux cancers masculins.
Un jour ma copine Paulette, employée au Hibou, m’a demandé de la remplacer à ce qu'elle appelait « Mon dressing enchanté », là où chacun déposait ses vêtements. C'est là que j'ai pu observer le méli-mélo des clients. Mes binocles n'en revenaient pas.
J'avais vue sur les dessous d'Emma, les quatre gilets de tonton Renard, les grandes bottes toutes vernies de Brigitte. J'en ai vu du beau monde. Si j'avais eu un peu la plume de Ronsard je vous aurais tricoté un poème sur ces drôles de trolls. Sur le loup perché d'Eulalie qui se croyait incognito derrière son petit masque noir. On l'avait vue souvent distribuer son cœur et son triangle blanc à la rose des vents. Des méchants disaient qu'elle avait comme un grain. Elle racontait ses légendes en les tordant un peu. « Regarde-moi dans les yeux, me disait-elle, je t'assure que c'est Saint-George qui a terrassé la licorne ».
En vrai personnellement je préférais « Chez Laurette ». C'était plus simple, du genre Tricotine et Bobinette, des gens qui venaient pour un instant à soi, des demoiselles au cœur de fleurs qui venaient juste de quitter leur corset avec pas un brin de malice. Elle acceptaient vin et fruits de mer. Why not ? me direz-vous. C'était pour elles un jour de fête et, fraîchement sorties de la Maison du cheveu, la choucroute laquée à donf, elles ne craignaient pas les mains baladeuses.
Voyez, il y a plusieurs façons de fréquenter le monde de la nuit.
Où est passée Paris dans l’oeuvre de Georges Beuville ?
Il y a 23 illustrations en bichromie, signées de lui, dans ce guide de la France pour les Allemands édité en 1941.
Cet ouvrage qui est vendu autour de trente euros sur Internet et que j’ai trouvé parmi les trois tonnes de livres de mes beaux-parents a été rédigé par de nombreux… collaborateurs. ;-) et ;-(
Cinq illustrateurs, un auteur pour le texte, Roger Roumagnac, un auteur pour la partie gastronomique, Pierre Andrieu, un traducteur, Alfred Fraude, un adaptateur allemand, Hans Banger, et un éditeur intellectuel pour l’ensemble, Doré Ogrizek .
C’est un bel objet, le papier n’a presque pas jauni, les illustrations sont sympathiques, il y a un index des lieux cités et une liste alphabétique des curiosités architecturales à visiter à Paris et en province.
Mais voilà : dans la partie Paris, Georges Beuville ne s’est pas embarrassé de décors pour représenter la capitale. Était-ce pour lui une façon d’opposer une certaine résistance à cette troisième très envahissante visite de nos voisins d’Outre-Rhin ?
Tout juste aperçoit-on la tour Eiffel au loin dans l’image du train sur laquelle on voit l’inspecteur Crouton se pencher à la fenêtre. Du coup son chapeau s’envole ! Voilà ce que c’est de ne pas comprendre ce que veut dire « Nicht hinaus lehnen » !
Les étudiants du Quartier latin se pendent à l’enseigne médiévale de la Truie qui file. Ces contemporains de François Villon se prennent-ils pour la très perchée Lorelei ? Deux images plus loin ils nous jouent mai 68 avant l’heure, clamant que « nous sommes tous des juifs allemands » et bombardant de tabourets et de cafetières un bourgeois aussi désemparé que le général de Gaulle le jour où il est allé demander conseil au général Massu à… Baden-Baden !
De la même époque date l’affaire de la Tour de Nesle. Comment ? Vous ne la connaissez pas ? Moi non plus du reste, même si j’ai lu, il y a très longtemps, le roman presque éponyme de Michel Zévaco. J’en ai appris plus sur cette légende urbaine dans ce « Guide du routard vert-de-gris » dont je vais avoir du mal à me séparer maintenant que je me suis promis à moi-même de le retraduire en français ! Marguerite de Bourgogne, la plus mante religieuse des reines de France, recevait là ses jeunes amants et s’en débarrassait en les faisant trucider et jeter ensuite dans le fleuve qui traverse Paris.
Ça vous rappelle quelque chose, hein, les Brassenssophiles ? Oui, c’est ça, La Ballade des dames du temps jadis !
Semblablement, où est la reine Qui commanda que Buridan Fust jetté en ung sac en Seine ? Mais où sont les neiges d’antan !
(Wo sind die uralte Schneen ?!)
Surtout, malgré l’absence de décor, quel dynamisme dans ces dessins ! Le voleur de crabe aux pinces d’or, la circoncision du chat du rabbin, enfin, du relieur, la fuite des lapins sur le quai de la Mégisserie (prononcer Mé-guis-se-ri-yeu, façon Francis Blanche dans le Papa Schulz de "Babette s'en va-t-en guerre"), le cheval qui s’enfuit et les paysans affolés par la chute de la montgolfière de Jean-Cristobal Ragaru près de Sablé-sur-Sarthe !
Sans vouloir donner dans le déboulonnage des statues on ne sait pas trop quoi penser de la vision que nous donne Georges Beuville des autodafés nazis. Qu’est-ce qui choque le plus le professeur Tournesol sur cette image ? Le fait que les plus abrutis de ses contemporains brûlent des livres, s’en prennent à la science et vont jusqu’à déclarer que la terre est plate et que l’action de l’homme compte pour beurre dans le réchauffement de la planète ?
Ou bien est-il scandalisé par le fait que le dessinateur lui ait collé, sur le bûcher où brûlent die Bücher, la tête de – Eh oui, c’est bien lui, avant l’heure ! - Zébulon ?
Tournicoti ! Tournicoton ! Cette image est censée illustrer le théâtre de guignol du jardin du Luxembourg. D’une façon bizarre, n’est-il pas ?
L’Histoire, vraiment, quel drôle de manège enchanté !
Paulette caressait ses deux nouveaux chats, Tricotine et Bobinette. Elle venait de poser son tricot, un pull vert avec des torsades. C'était un instant à soi, les mains en pause pour se regarder le nombril, un combat anachronique dans une vie toujours trépidante.
Elle adorait ses nouveaux matous mais rêvait en secret d'un animal plus original : un hibou qui viendrait se poser sur la tête de son lit et apporterait des messages d'amoureux éconduits ou une chouette qui s'appellerait Edwige et lui dirait : « Regarde-moi dans les yeux !».
Paulette n'avait jamais essayé l'équitation mais pourquoi pas galoper dans les landes bretonnes sur un cheval rouge, la crinière au vent, jusque chez Laurette, son amie d'enfance avec qui elle irait boire un chocolat au Vert Galant ou au St Georges, à moins que leurs pas ne les mènent dans le petit salon de thé de la place de l’Acropole, « A la plume de Ronsard » pour y écrire des sombres histoires de Trolls.
Au fil du temps, elle se mit à imaginer un loup perché sur la ligne bleue des collines, un loup apprivoisé qui inclinerait la tête pour lui lécher les mains avec sa langue mauve.
Et pourquoi pas une licorne, cet étrange animal des romans moyenâgeux, imaginez ! Why not ?
Paulette a des étoiles dans les yeux et voit la vie en couleurs, c’est décidé ce soir elle délaissera la tambouille collective et se fera un petit vin et fruits de mer car c’est jour de fête : demain Paulette a 100 ans, elle va arroser ça avec sa copine Eulalie.
Avant ce rendez vous festif Paulette ira se refaire une beauté à la Maison du cheveu, à moins que ce ne soit fermé. Elle ira alors « Au poil fou » ; elle dédaignera le « Pile poil » car le patron lui fait toujours une tête impossible parce qu il la regarde sans cesse dans la glace quand il lui coupe les cheveux. Paulette pense qu il est un peu amoureux d’elle, quel malheur à son âge ! Les dessous affriolants de « Sortilèges » ne sont plus mettables , elle se contente des corsets rose chair des « Dessous d’Emma », pour elle c’est toujours tendance.
Paulette ferme sa porte, jette un œil à ses belles chaussures noires toutes vernies, elle a toujours eu un faible pour les chaussures vernies noires avec une petite bride sur le dessus. Elle prendra par le chemin de la promenade du poète plutôt que le chemin du triangle blanc et s’arrêtera sous l’eucalyptus, espérant apercevoir la moustache de Tonton Renard, un autre pensionnaire qui porte beau une tignasse rousse qui cache presque ses binocles. Elle lui fera une petite causette sans un grain de malice, de toute façon il n’entendra rien car il aura laissé son appareil dans son méli-mélo sur la table ou au fond de son dressing enchanté.
Paulette est une des nanas du 12, la maison de retraite du quartier et elle savoure ce petit supplément de vie que lui a promis le docteur Silly ; il est bien gentil ce petit docteur mais les vieilles dames lui sont un monde étranger malgré toutes ses études.
Paulette le sait, il faut profiter du moment présent et oublier le passé ; quant à rêver du futur ? Tentacule et libellule et basta ! Vive la vie tant que faire se peut !
De tous mes souvenirs de vacances, je crois que les plus beaux sont mes premières échappées avec des copines.
Après une enfance dans un petit bourg sans horizon suivie de huit années d'internat, se retrouver loin de chez moi me procure un bien être nouveau. Ce sentiment de légèreté, tellement aéré, est totalement jouissif. C'est une vague de chaleur au cœur et au corps. Plaisir simple des petits petons qui s'agitent dans l'eau d'une fontaine, promesse de jeux d'eau, réparation après une longue marche sur des trottoirs ou dans des musées. Des jambes qui se désaltèrent jusqu'à plus soif et tout autour la vie qui vibre. Elle est où, ma rivière ? La Vilaine qui se traîne avec ses rives dépressives, ses ponts déserts, ses atouts de pacotille, ses pêches d'où l'on revient bredouille.
Ici tout est neuf même les vieux bâtiments ont rajeuni sous la lumière estivale.
Pour l'instant ça ne ressemble pas à une grande aventure mais elle est là, peut-être sous le parasol ou derrière le tronc d'arbre, le cinéma se déroule sur l'écran des lunettes de soleil.
Chacun savoure sa jeunesse dans un ailleurs qui vous habille bien, qui vous rend plus souriant, plus beau.
Un jour, dans un atelier d'écriture, peut-être que vous vous souviendrez de cette sensation disparue en confettis soufflés par le vent de la vie. Mais vous vous direz : « Cet instant a existé, je l'ai vécu ».
Félix a 50 ans aujourd’hui. C’est mon mec attitré. Pour fêter son anniversaire, j’ai invité ses copains et ses copines. Y’a Firmin et Sébastien, Jérôme, Faustine et Jules, Ernestine, François, Marie et moi.
J’ai cuisiné toute la journée en écoutant de la musique et maintenant c’est l’heure de l’apéro.
Après un ou deux verres de champagne, les langues se délient. On se croirait dans une cour de récréation ou bien dans les vestiaires des footballeurs après un match !
- Voilà la vérité vraie, dit Jérôme. Certes les tricolores ont perdu samedi. Ils auraient gagné si Maradona n’avait pas marqué Platini à la culotte.
- Arrête ! répond Jules, Platini a quand même décroché la toile d’araignée, t’as oublié ? T’as fumé de l’herbe ou quoi ?
Chacun y va de son commentaire. Le ton monte. Énervée, Ernestine qui n’aime pas le foot se lève et se prend les pieds dans le tapis. Elle serait tombée si Firmin ne l’avait pas retenue avec ses grandes paluches.
- Bon dit Félix, on n’est pas là pour parler foot. J’ai tellement faim que j’en ai le ventre mou. Y’ a pas que des biscottes et du jambon au menu. Josette a cuisiné tout l’après-midi un couscous tellement épicé qu’en partant vous foncerez plus vite qu’un missile.
Ils se sont régalés, ils ont levé leurs verres en l’honneur de Félix et, pour terminer en beauté, ils ont fait tourner les serviettes.
Ce sont de bon amis et pourtant ils ne passeront pas leurs vacances ensemble, et nous non plus !
Voilà la vérité vraie, messieurs dames : je ne suis pas malheureux. Ça ne veut pas dire pour autant que je mange du caviar à la louche : à la Saint-Sylvestre les œufs de lump suffisent à mon bonheur du moment que quelqu’un dans l’assistance veuille bien faire tourner le plateau des toasts jusqu’à proximité de mes petites mimines.
Je touche du bois mais je ne tiens pas à être le « goat » en matière de félicité vu que cela pourrait créer des jalousies. Le « goat » n’a rien à voir avec une chèvre, c’est juste l’acronyme de « greatest of all time ».
Je ne suis pas un type compliqué. Je prends les petits bonheurs comme ils viennent. Je sais faire preuve d’humilité avec un grand U comme disait si bien le philosophe Luis Fernandez.
Je sais que mon bien-être du moment – qui dure depuis un bon moment – je le dois à la dame qui s’agite à l’autre bout du couloir chez nous.
Je ne suis pas ici pour raconter ma vie mais mon épouse, Marina Bourgeoizovna, se transforme de plus en plus souvent en courant d’air. Tantôt elle va raconter « Le Petit Poucet » et d’autres contes d’horreur à des mouflets dans les écoles, tantôt elle va chanter des airs de musique classique ou folklorique dans des chorales à chefs de chœur tellement habités dans leur tête que, de mon point de vue, on ne passerait pas nos vacances ensemble !
Le lundi, avec une régularité de métronome, elle va piquer une tête dans l’eau à Saint-Malo.
Bref de temps en temps on se croise les ligaments à la maison pour cinq minutes d’arrêt-buffet, pour marquer des dates dans le calendrier, pour se projeter dans un voyage à courte distance parce que les longs déforment les valises et aussi pour regarder des spectacles « en replet » – mais pas à ventre mou ! – sur la petite lucarne.
Dans le cadre de cette cohabitation maritale originale ce qui est le plus drôle c’est son nouveau boulot auquel je participe « à distance ».
Madame fait aussi en effet du bénévolat au Secours populaire. Elle est passée récemment de la distribution alimentaire à la vérification des jeux et jouets avant revente. A partir de là le vendredi midi elle revient quelquefois avec un puzzle de 1000 pièces dont il faut vérifier qu’il est bien complet.
Voilà donc pourquoi maintenant, de manière immanquable, je suis à la bourre pour la publication de mes écrits à deux balles sur mon blog ou sur la numérisation de mes disques classiques !
Mais j’ai enfin atteint le but de mon existence : je retombe en enfance et je fais le vide dans ma tête en triant les morceaux de ciel bleu, de tour Eiffel et de canal saint-Martin qui cohabitent sur ce paysage coloré et surréaliste !
Comme dit Marina Bourgeoizovna et comme on a pu l’entendre en écoutant la consigne de cette semaine relative aux footballeurs : « Pour faire le vide dans sa tête, il faudrait déjà qu’il y ait quelque chose de dans ! ».
– Professeur Alan Bickey, une dernière question, si vous le permettez, pour terminer cette interview sur De Chirico, quelle interprétation donnez-vous à la présence de bananes sur plusieurs de ses tableaux?
– Alors pour les bananes, je vais vous dire…
En fait la raison en est très simple!
Vous n’êtes sûrement pas sans savoir que le terme scientifique pour la banane est Musa…
Donc voilà, c’est évident, Musa, la Muse !
***
Bien sûr le texte ci-dessus, avec l’explication et le professeur Alan Bickey, sont de pure invention, s’il était nécessaire de le préciser 😉
Quand l’horizon est dégagé la locomotive à vapeur du progrès fille à toute vitesse vers les villes tentaculaires.
Elle emporte dans ses wagons son lot de fourmis tristes, ses hommes chai à canon, ses bâtisseurs de gratte-ciel.
Tous appellent progrès le fait qu’il n’y ait plus de chevaux dans les villes hormis celui placé sous le général Sabrauclair, statufié dans le square, roucoulé dans le bronze et couvert de pigeons.
Ici où nous restons, dans ce lieu clos, dans ce huis clos bordé de murs qui nous protègent de la folie, nous suivons l’avancée des ombres, nous nous cachons sous les arcades, nous lorgnons le buste de la femme sans tête, sans bras, sans jambes et sans nous en faire.
C’est la déesse Protectora : elle veille sur nous depuis des siècles et garantit qu’ici rien de grave n’arrivera si nous savons nous contenter des bananes sucrées qu’amène le voilier.
La vue seule du fruit nous sert de nourriture. Quelquefois nous allons jusqu’au mur d’horizon et l’un de nous balance un régime sur la voie ferrée.
Mais le vieux gag ne marche plus. Aucun train ne déraillera sur fond de crépuscule jaune citron, sous un ciel qui va du noir au vert.
Nous leur faisons confiance, aux gens de l’avenir. Ils sauront bien trouver pire que cette plaisanterie pour foutre leur monde en l’air !
A part la petite fille qui fait rouler son grand cerceau, il y a toujours deux types au loin qui semblent disserter au milieu du grand rien.
Wish you were here.
J’aimerais que tu sois là pour me dire lequel des deux s’est enflammé le premier. Celui qui serré trop fort la main de l’autre ? Celui qui soutient mordicus qu’il faut mettre un « s » à main dans l’expression « poignée de main » ?
Se serrent-ils la main pour se dire bonjour ? Pour se dire « A demain ! » ? Pour se dire « On emmerde le docteur Confineur qui interdit ce geste ! » ?
A part la petite fille qui fait rouler son grand cerceau, il y a toujours deux types au loin qui semblent disserter au milieu du grand rien. Peut-être bien aussi qu’ils ne se disent rien !
« Mes mots réduits en morceaux
et le retard dans mon écriture
et toi qui lis mes angles brisés
triangulés, miroirs petits miroirs … »
Depuis le temps que tu dormais dans la chambre
que connaissais-tu des images du soleil ?
De ces mannequins en cuirasse aux forges de Vulcain,
de ceux qui décrassent les cheminées d’usine ?
De ceux qui accouchent des panaches de fumées ?
De leurs tout à coup rayonnant sur l’équerre de ces murs noirs
en premiers reflets ?
Jeune femme, dans ce pays tout éclairé,
le rêve dit le temps d’une bien belle chose,
et des animaux qui errent sur les couleurs stridentes,
de celles qui tirent des traits d’ombre dans l’espace,
mêlant arcades de cerceaux et ressorts spirales,
Dans tous les coins de la nuit calme,
s’espaçant comme les doigts d’une main,
comme les branches de l’arbre,
comme les statues, les sculptures autour de la place,
comme l’absence du jour sous les blancs de l’horloge,
sous la lettre effacée du journal.
Mais le bonheur de l’homme et de la femme s’y assemble en oblique,
et dans ton esprit il y a comme de gros poissons de paresse,
des oiseaux chamarrés, colorés, attentifs, des coquelicots déployés
sur des pierres vermeilles.
Il y a comme un immense étang où s’affrontent des voiles de bateau,
des trains amphibies, des chevalets plombés,
des oeufs de Colomb et d’énormes poignées de main.
Il y a comme des joueurs de flûte essoufflés,
des chevaliers gantés à l’épée, à cheval, fonçant la barbiche en avant,
des étoiles spiralées jaillissant en mille et un cristaux de lune.
Il y a comme un jardin suspendu entre les coins du tableau,
des cannes à sucre, des bananes, des tomates, des artichauts,
et des palmiers protégeant la roulotte, la cabane et la tour aux drapeaux,
Et des fleurs carnivores déroulant leurs langues de serpent, il n’y en a pas …
Cependant la bougie, par le vacillement des clartés sur le livre au brusque dégagement des fumées originales encourage le lecteur, — puis s’incline sur son assiette et se noie dans son aliment.
Aujourd’hui nous faisons se croiser la peinture « métaphysique » de Giorgio De Chirico et la poésie de Francis Ponge.
Les tableaux de cette période du peintre italien ont été peints entre 1911 et 1918 et ont beaucoup inspiré les peintres surréalistes. On retrouve sur ces « places d’Italie » qui sont tout sauf des décors de théâtre des éléments de la vie quotidienne (statues, gants, légumes, équerres, trains, mannequins, etc.) placés dans une atmosphère mystérieuse ou onirique.
« Dans son recueil « Le Parti pris des choses », Francis Ponge décrit lui aussi, en prose des « choses », des éléments du quotidien, délibérément choisis pour leur apparente banalité. L'objectif de ce recueil est de rendre compte des objets de la manière la plus précise possible en exprimant les qualités physiques du mot. Plus simplement, il veut rendre compte de la beauté des objets du quotidien. »
A vous de jouer pour nous évoquer, un par un, ce que l’on voit sur les tableaux de Giorgio De Chirico :
Le champ est libre : vous pouvez faire parler les objets, dire pourquoi vous n’aimez pas les bananes, nous faire voyager dans une locomotive à vapeur, lister les endroits où on trouve des arcades, etc.
Ce dimanche, je n’irai pas au salon de l’agriculture dont ce sera la clôture. Je préférerai la littérature en allant voir une pièce de théâtre dénommée « La Mastication des morts ». Ce sera mon moment de culture, d’aventure ou de mésaventure, qui sait ?
J’irai sans ma voiture, en villégiature sur le parking de la place depuis un moment, mais pas de courbatures en vue : vingt minutes à pied c’est une miniature de randonnée. J’en profiterai pour admirer la nature, en rupture avec l’hiver et passerai sous la sculpture de la rue des Augustins.
J’espère que ce récit de Patrick Kermann dont je n’ai pas encore fait la lecture ne me provoquera pas une grave déconfiture à soigner par une biture dans la brasserie proche.
J’aurais bien invité quelques copines à vivre cette aventure mais la conjoncture n’y était pas favorable. L’une d’elle a une fracture, l’autre des soucis avec sa denture, la troisième guérit d’une suture , à moins qu'il ne s’agisse d’une ligature, la 4ème est en pleine rupture d’avec l’homme de sa vie et subit la torture d’une imposture, la dernière enfin fait un stage de puériculture dans la clinique du roi Arthur, tout près du parc Oberthür.
Cette histoire de morts est une peinture ou une caricature de la vie dans un monde de sépultures puisque ça se passe dans un cimetière : drôle de mixture et de pâture qui nous attend tous quand viendra notre prochain déménagement dans notre dernière demeure.
La mort est un scandale et c’est tout. Et la vie est une appogiature de la note finale !
Ce n’est pas parce que « sphincter » rime avec « water » qu’il faut pour autant y établir sa villégiature. D’autres que vous dans la maison s’en vont aussi aux commissions et vous diront, ton péremptoire, : « Ne fais pas salon de lecture ! ».
Souvenir d’une histoire vraie à nous confiée
Si d’aventure, célibataire, tu te maries, n’arrache pas avec les dents la jarretière de la mariée ! Elle est du genre réfractaire et tu risques fort d’en pâtir ! Ta nuit de noces au Ritz va finir en martyre : problème de mou dans la mâture ? Non, terribles douleurs dentaires et entière déconfiture !
Tout ça pour ça ?
Ô littérature ! Tous tes grands hommes à écritoire me sont restés dans la mémoire et font mon semblant de culture : les Illuminations d’Arthur (Rimbaud), la chute par terre de Voltaire, le ruisseau de Rousseau, promeneur solitaire et rêveur, l’Océano nox de Totor (Hugo), l’absence de famille d’Hector (Malot), les Nouveaux mystères de Paris de Nestor (Burma) (Léo Malet) et, avant d’arriver à l’Ivanhoé de Walter (Scott) je dois bien avouer que je suis honoré d’avoir connu Balzac !
Réarmement démographique et débandade générale
Il y a plein de jeunes gens que la discipline militaire n’attire pas. Aux « Nous sommes en guerre » du seigneur Jupiter, ces fêtards à guitares préfèrent tirer sur des pétards que de rejouer Terminator dans le Mercantour planétaire !
Les voies du Seigneur sont impénétrables
Ce n’est pas, parce qu’on est porteur d’une jolie tiare qu’on échappe pour autant au supplice du suppositoire quand le docteur trouve nécessaire, en fonction de la conjoncture, en dépit de la posture à taire, d’en prescrire à votre sphincter avec pour objectif (Lune?) qu’elles jouent les retardataires, la sépulture au cimetière et la pluie des « Pater noster » du monastère au consistoire, tandis que grimpe au terminus, sur l’escalator des éthers, l’âme du pape grabataire.
Descends de voiture, Simone !
Ce n’est pas parce que la queue du castor ressemble à un battoir de lavandière du Finistère que Simone de Beauvoir doit se sentir obligée de faire des commentaires et dire des racontars sur le zizi de Jean-Paul Sartre !
Un jour viendra, couleur caca d’oie
Il faut se taire quand on enterre le der des ders des soixante-huitards de Nanterre ! C’est une page d’histoire qui se tourne, une dernière fourniture d’utopie au coaltar salement noir d’un futur délétère.
Zapper « Top hat » et tomber sur « Au nom de la loi » !
Si d’aventure le locataire du dessus s’imaginait à tort un talent de danseur et faisait des claquette au-dessus de ta tête la nuit jusque bien tard, monte lui dire calmement que tu est un tueur. Fais-lui savoir que tu t’appelles Joss Randall et que ta Winchester a fait par le passé de jolis trous dans l’ossature de Gene Kelly et perforé les adducteurs de Fred Astaire !
Si d'aventure, à cette heure vous rencontrez, penché sur son écritoire, un auteur conteur qui n'a pas une posture mais écrit selon sa nature, sans rature, avec une ouverture sur la littérature, pratiquant la ligature des mots pour une lecture agréable,
alors profitez de la rencontre !
Si d'aventure, à cette heure vous rencontrez des célibataires pas du tout réfractaires à des blagues salutaires, dans leurs beaux atours : robe à plis soleil et tiare, pull rose dégradé de beige chic, libres, pas forcément libertaires mais plutôt libertines dans leurs récits à toute heure, leurs aventures et mésaventures qu'elles vous content sans détours,
alors profitez de la rencontre !
Si d'aventure, à cette heure vous rencontrez une personne de caractère, comme docteur, un peu soixante-huitarde, avec une écriture et une signature originale qui vous conte sans détour des aventures parfois familiales, parfois scientifiques, souvent bretonnantes,
alors profitez de la rencontre !
Si d'aventure à cette heure vous rencontrez tout un bestiaire de locataires des bois de La Chapelle-des-Fous, un éventaire de souris, de grenouilles, de castors et pléthore de fées ; si vous rêvez du mystère des vers de terre coupé en deux, des mouches planétaires et d'écouter des histoires,
alors profitez de la rencontre !
Si d'aventure à cette heure un hasard fait se rencontrer Voltaire, Fred Astaire et un mousquetaire sur la Terre, je suis certaine que sera écrit un dialogue aléatoire mis en scène par une plume guidée par le mystère du talent,
alors profitez de la rencontre !
Si d'aventure un jour il faut mettre en scène Buster Keaton, Tarzan et Mister Jekyll sur les planches d'un théâtre imaginaire, je serai au parterre pour un rire salutaire. Écoutant des histoires de monte-en-l'air ou d'adultères, surtout au presbytère, je serai là pour une satire bien sentie des racontars et vous aussi pour profiter avec moi de
Il faut se taire lorsqu'on contemple les cieux du Sagittaire car c'est une expérience salutaire. Dans ce silence planétaire, chacun peut ressentir la sagesse d'une ermite solitaire.
Il faut se taire pour comprendre le véritable caractère d'un coléoptère qui traverse le chemin. Il est aussi mystérieux et fascinant que Jupiter dont la force rivalise avec celle d'une panthère en chasse.
Il faut se taire pour écouter les accords d'une guitare jouée par un motard fêtard. La mélodie résonne dans nos cœurs, nous rappelant que la musique est universelle.
Il faut se taire devant les pages d'un lecteur passionné, dont les doigts inspecteurs tournent les feuilles avec une délicatesse infinie. Chaque mot conteur imprimé sur le papier porte la promesse d'une aventure à toute heure.
Il faut se taire à l'approche d'un Castor bâtisseur, symbole de persévérance et d'ingéniosité. Sa détermination évoque celle d'un centaure mystique, guerrier courageux et protecteur de la nature.
Il faut se taire face aux merveilles de la nature même lorsqu'elle nous confronte à la torture des épreuves. Dans ce silence, on trouve la force de surmonter les obstacles et d'apprécier chaque ouverture vers la conjoncture.
Il faut se taire pour écouter les murmures du vent qui nous racontent l'histoire de l'univers et de ses innombrables réussites libératoires.