Consigne d'écriture AEV 2627-02 du mardi 8 septembre 2026
Qu’est-ce que j’peux faire ?
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Le spectacle de François Morel « La fin du monde est pour dimanche » débute avec l’extrait du film « Pierrot le fou » de Jean-Luc Godard dans lequel Anna Karina marche au bord d’un lac et répète en boucle, en lançant des cailloux dans l’eau, : "Qu’est-ce que je peux faire ? J’sais pas quoi faire !"
Le comédien arrive du haut de la salle et lui répond :
- Fais du vélo ! Fais des études ! Fais du sport ! Y’a énormément de chose à faire ! Fais...
A vous de prendre le relais et de construire un texte en anaphore (1) où vous donnez des conseils d’activités en utilisant un maximum d’expressions avec le verbe faire.
(1) Vos paragraphes débuteront tous par « Fais... »
Le spectacle de François M. est visible dans son intégralité ici mais il ne faut le dire à personne !
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Fais comme si ce matin t’attendait depuis longtemps.
Tu ouvres la fenêtre pour que l’air frais entre sans brusquer et avec cette douceur qui apaise les premiers instants du jour.
Le quartier semble encore somnoler et retenu dans une tranquillité qui invite à la lenteur.
Fais un pas sur le balcon, juste un, pour sentir si le monde t’accueille.
Il est là, calme et même un peu froissé par la nuit, mais prêt à s’ouvrir doucement.
Fais glisser ta main sur la rambarde comme pour t’ancrer dans ce jour naissant.
Les toits s’éveillent sans hâte.
Les arbres frémissent à peine et les chats du voisin s’étirent avec une sérénité contagieuse.
Fais un sourire à la tienne qui vient se frotter contre ta cheville :
Elle connaît tes hésitations,
Tes élans,
Tes recommencements.
Fais confiance à ce rituel du matin car il adoucit toujours ce qui tremble en toi.
Fais chauffer de l’eau,
Fais infuser ton thé préféré.
La vapeur s’élève en volutes légères
Et dans ce mouvement tu laisses tes pensées se poser,
Se mêler,
Se clarifier.
Fais tourner tes idées comme des galets dans la paume.
Fais-les glisser contre tes souvenirs.
Fais-les revenir vers toi avec une nuance nouvelle.
Le poème n’est pas encore là mais tu sens qu’il approche tranquillement.
Fais un pas vers ton bureau.
Le bois craque sous tes pieds comme un salut discret.
Tu t’assois.
Tu ouvres ton carnet.
Tu relis les premières lignes griffonnées hier soir.
Elles ne te plaisent pas mais fais avec :
Les débuts sont souvent des esquisses avant de devenir des formes.
Fais un trait.
Fais une rature.
Fais une tentative.
L'écrit se déplie lentement comme une fleur qui prend son temps pour s’ouvrir.
Tu sens qu’une cadence douce s’installe.
Fais de ce moment un refuge.
Le monde peut attendre.
Les obligations aussi.
Tu écris.
Tu effaces.
Tu recommences.
Tu fais de la place à ce qui naît,
À ce qui s’allège,
À ce qui te ressemble.
Tu fais confiance à ta plume même lorsqu’elle avance à pas feutrés.
Tu fais de cette traversée un chemin paisible,
Une manière de dire que tu es là ,
Attentive,
Présente à toi-même.
Fais ce que tu peux,
Fais ce que tu veux,
Fais ce que tu rêves.
Le poème viendra.
Il vient déjà... tout doucement.
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En cet été caniculaire, il est con comme la lune de se réjouir d'une météo qui va peut-être faire exploser la planète dans les années à venir. Je ne vais pas m'en moquer comme de l'an quarante mais cette météo, ça m'a bien facilité la vie.
Déjà c'était simple comme bonjour de s'habiller le matin, excitée comme une puce de vêtir une robe légère ou un simple short et une tunique fleurie qui m'allait comme un gant. C’est fière comme Artaban que je me promenais sur le bord de mer. Pas question d'être fagotée comme l'as de pique !
Compte tenu qu'avec la sécheresse le linge séchait rapidement, que nos chaussures n'étaient jamais mouillées, l'appartement restait propre, l'été est passé comme une fleur. Je ne peux pas dire comme une lettre à la poste car La Poste va mal, elle met parfois une semaine pour livrer un pli.
Pour préserver la planète (espèce d'hypocrite) je n'allumait pas mon four donc moins de cuisine, sauf quelques langues de chat qui cuisent vite.
Vous avez remarqué que nombre d'expressions proposées sont au masculin. Je dirai donc pour être un peu frondeuse qu'avec ma petite fille blonde comme les blés j'ai nagé comme une poisson. Quand les noms de comparaisons sont au féminin c'est presque toujours pour nous dénigrer : comme une porte de prison, comme une vache, comme une pie borgne, comme une casserole, comme une mule, comme la pluie, etc.
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Pour résumer j'ai kiffé cet été beau comme un camion rempli de sable, un soleil brillant comme un diamant dont les couchers explosaient comme un feu d'artifice.
Les jours ont filé comme l'éclair, les soirées, légères comme des bulles de champagne, se sont révélées abondantes sans jamais nous retrouver beurrés comme un petit Lu.
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Dès le début de la vie, on nous l'a dit :
Fais risette a Papy
fais ton rot, mon petit,
fais un sourire à Mamie
Quand on a fait nos premiers pas, ça a repris :
Fais tes devoirs, mon chéri
fais du judo pour être fort
fais de la boxe, c'est du sport
fais de l'anglais, c'est essentiel
fais des poèmes, tu seras immortel
et fais pas ci et fais pas ça !
Et puis on a grandi :
Fais pas ta mijaurée
fais le beau
fais pas ta bêcheuse
fais pas ton cinéma
fais ce que tu peux
fais ce qu'il faut
fais ce que tu as a faire
et fais le bien
sinon c'est la fessée
Fais moi un petit café
fais moi un gâteau
fais nous des frites
c'est fête !
Fais la vaisselle
fais la cuisine
fais le ménage
fais-moi un bébé
sois fair-play
ne sois pas feignante
ou féministe
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Fais ton job
fais chabrot
fais-nous rire
fais-nous pleurer
fais-moi peur
fais-moi mal, Johnny , fais-moi mal !
Et puis ne fais plus rien
et fais pas chier
ne faiblis pas
fais ton testament
fais ton dernier voyage
fais ta prière, Tom Dooley,
demain tu vas mourir !
- Qu'est-ce que j’peux faire ? J’ sais pas quoi faire !
- Fais le tour du lac ! Fais le chemin de Compostelle ! Fais l'ascension de Mons-en-Pévèle ! Fais des fricadelles, des tagliatelles ! Fais des voyages en caravelle ! Fais de la dentelle !
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- Qu'est-ce que j’peux faire ? J’ sais pas quoi faire !
- Fais l'Italie en Ferrari, en Fiat ou en Lamborghini ! Fais un tour en gondole à Venise, n'écoute surtout pas Sheila et Ringo ni Charles Aznavour et François Dorin qui trouvent que c'est triste ! Plonge dans la fontaine de Trevi, appelle Marcello et gagne le gros lot ! Fais-toi un festival Fellini, Dolce Vita, Satyricon, Amarcord et Casanova.
- Qu'est-ce que j’peux faire ? J’ sais pas quoi faire !
- Fais l'Espagne, la Costa Brava, Barcelone et sa Rambla, Grenade et son Alhambra ! Fais ton Don Quichotte et son Sancho Pança ! Sois fille perdue dans La Mancha, fais le taureau dans la corrida, mets les pieds dans le plat de la paella !
- Qu'est-ce que j’peux faire ? J’ sais pas quoi faire !
- Fais la nouba, fais la java, fais toi un mec, séduis un gars ! Fais lui des scènes, fais le marner ! Fais-le tourner en bourrique, fais lui dépenser son fric ! Fais ta sadique ! Fait qu'il s’entiche, fais du cinoche, fais ta Binoche, pique son artiche ! Fais du ping-pong, fais du qi gong, fais du jogging, fais du running sur le parking du Burger King ! Revois King Kong ! Fais du shopping, vide ton dressing ! Frappe sur le gong, mate Julien Song, enfile tes tongs, passe l'aspi dans ton living, coupe-toi les ongles, montre ton string et tes piercings !
- Qu'est-ce que j’peux faire ? J’ sais pas quoi faire !
- Fais le mur, fais-toi la belle ! Brûle le dur, sors les poubelles ! Fais une halte à Méribel ! Brûle un cierge pour Balladur ! Fais s'envoler des ritournelles, pars à l'aventure au Sahel, suis les traces des semelles d'Arthur.
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https://www.museecompagnonnage.fr/en/node/32780
- Qu'est-ce que j’peux faire ? J’ sais pas quoi faire !
- Fais du boudin ou fais la gueule ! Fais ta catin ou ta bégueule ! Saute dans le ravin, plonge dans la Deûle ! Fonce à 120 sur ta vieille meule, vois des copains, reste pas seule. Et surtout, Marianne... Arrête de m’appeler à l'heure du déjeuner tous les jours et de me tenir la jambe aussi longtemps ! Mon plat refroidit pendant ce temps-là. Après, je dois le réchauffer et avec le bousin du micro-ondes, je n'entends pas la question banco du Jeu des 1000 euros !
Disparus du Larousse 2
Voici une autre liste de mots disparus du dictionnaire Larousse. Saurez-vous les utiliser de manière à réécrire une fable, une chanson, un poème ou un texte connus en remplaçant les mots par des mots comprenant le même nombre de syllabes ? Vous pouvez modifier la syntaxe et inventer vous-même des mots dérivés de ceux-ci pour respecter les rimes des poèmes.
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Si l’exercice vous paraît trop difficile, écrivez un texte dans lequel vous insérerez au moins huit de ces mots en faisant comme s’ils étaient compréhensibles de tout le monde aujourd’hui.
|
Verbe |
Nom masculin |
Nom féminin |
Adjectif |
Adverbe |
|
Gabarier |
galantin |
géline |
gâcheux |
grotesquement |
|
Se gaudir |
gargotage |
gobille |
grasset |
luxurieusement |
|
gasconner |
garus |
gorgerette |
hyémal |
maussadement |
|
giboyer |
gibelet |
gueusaille |
ignicole |
monacalement |
|
gobelotter |
guilleri |
grattelle |
indigète |
mondainement |
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godailler |
hachereau |
hyperdulie |
kysteux |
mystiquement |
|
gueuser |
halot |
jaserie |
lanice |
couardement |
|
harper |
icoglan |
jarosse |
laqueux |
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|
holllander |
jaseron |
macaronée |
malévole |
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|
interfolier |
kabak |
macque |
malpeigné |
|
|
jobarder |
lendore |
mandore |
Mignot,e |
|
|
jouailler |
lucumon |
margot |
morbifique |
|
|
liarder |
maltôtier |
métalepse |
multiflore |
|
|
Se mécompter |
marasca |
mignotise |
Duret,te |
|
|
morguer |
masulipatam |
muscadelle |
diadelphe |
|
|
mugueter |
méchef |
étrape |
Coriacé,e |
|
|
camphrer |
chaudeau |
cirure |
chancreux |
|
|
caloyer |
cadis |
cacade |
bursal |
|
|
bistrer |
boucaut |
berle |
besaigre |
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aborner |
bard |
basquine |
aquatile |
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|
empoisser |
amict |
baïoque |
aduste |
|
Textes suggérés pour une traduction en « Larousse ancien » :
Début de Du côté de chez Swann / Proust
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Une gobille vit kaback
Qui lui sembla sûrement grasset.
Elle, soudain mignote d'un coup, se gasconne morbifaque,
Malévole se morgue, enfle liardet
Pour caloyer l'animal en baïoque,
Disant : « Abornez bien, ma vioque,
Est ce assez ? Camphrez-moi : empoissé-je assez ?
Nenni ? Trop besaigre deviendrais je, enfin ?
- Encore un peu, masulipatam vous serez...
Et non : vous voilà marascin !
Le monde est si plein de stupides jaserons
Qu'il vaut mieux chanter faux des refrains guilleré
Que de bistrer chez Bolloré !
Macaronons et résistons !
Pour gabarier ma nuit
Et oublier les galantins hypocrites
Je récite Le Pater et Je vous salue Marie
Fantaisie, la fourmi, la cigale
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Les gélines dorment
Dans leur enclos gâcheux
Et les fantômes hantent
Grotesquement les cieux
« Un homme qui dort tient en cercle
Autour de lui le fil des heures»
Une femme se gaudit de ne
Pas faire de gargotage
Je tente d'oublier les insultes
Comme des gobilles chassées
Par les mots doux et les loupes
Son corps n'est pas grasset mais efflanqué
La nuit je récite « Le Renard et le corbeau »
Alors que les fantasmes au repos
Attendent qu'on les réalise luxurieusement
Le garus fait son effet sur les saletés
Que j'ingurgite malgré moi
Je dors sans gorgerette
Juste de ne pas avoir froid
Mais pas de nuisette
La nuit s'étend maussadement
Sur le Dormeur du Val
Alors que le noir total
Tombe sur les amants

Sur un Chêne hyémal
Un Corbeau monacalement perché gobelottait
un gibelet trouvé par hasard
Luisant comme une muscadelle au soleil du matin.
Un Renard grasset mais l’œil malévole
Gasconnant de plaisir devant ce festin suspendu
S’approcha couardement
Feignant la mondanité.
- Ô vous noble oiseau !
Si diadelphe est votre plumage
Si mystiquement chante la gorge indigète que doit être votre voix !
Sans doute pourrait-elle émouvoir même un lucumon. 》
Le Corbeau tout gâcheux de vanité
Se gaudit de ces paroles mignotes.
Il ouvre son bec laqueux pour chanter grotesquement …
et son gibelet d’un coup tombe dans la gueusaille des feuilles.
Le Renard prompt comme un halot
S’en empare et file
Coriacé
Vers les fourrés.
Le Corbeau
Comprend qu’il s'est mécompté.
Et le vent passant entre les branches
Semble murmurer :
《 Qui se laisse jobarder perd souvent plus qu’un simple repas. 》