Canalblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

L'Atelier d'écriture de Villejean

Publicité
9 juin 2026

Consigne d'écriture AEV 2526-30 du mardi 9 juin 2026


Disparus du Larousse 2


Voici une autre liste de mots disparus du dictionnaire Larousse. Saurez-vous les utiliser de manière à réécrire une fable, une chanson, un poème ou un texte connus en remplaçant les mots par des mots comprenant le même nombre de syllabes ? Vous pouvez modifier la syntaxe et inventer vous-même des mots dérivés de ceux-ci pour respecter les rimes des poèmes.

 


Si l’exercice vous paraît trop difficile, écrivez un texte dans lequel vous insérerez au moins huit de ces mots en faisant comme s’ils étaient compréhensibles de tout le monde aujourd’hui.

Verbe

Nom masculin

Nom féminin

Adjectif

Adverbe

Gabarier

galantin

géline

gâcheux

grotesquement

Se gaudir

gargotage

gobille

grasset

luxurieusement

gasconner

garus

gorgerette

hyémal

maussadement

giboyer

gibelet

gueusaille

ignicole

monacalement

gobelotter

guilleri

grattelle

indigète

mondainement

godailler

hachereau

hyperdulie

kysteux

mystiquement

gueuser

halot

jaserie

lanice

couardement

harper

icoglan

jarosse

laqueux

 

holllander

jaseron

macaronée

malévole

 

interfolier

kabak

macque

malpeigné

 

jobarder

lendore

mandore

Mignot,e

 

jouailler

lucumon

margot

morbifique

 

liarder

maltôtier

métalepse

multiflore

 

Se mécompter

marasca

mignotise

Duret,te

 

morguer

masulipatam

muscadelle

diadelphe

 

mugueter

méchef

étrape

Coriacé,e

 

camphrer

chaudeau

cirure

chancreux

 

caloyer

cadis

cacade

bursal

 

bistrer

boucaut

berle

besaigre

 

aborner

bard

basquine

aquatile

 

empoisser

amict

baïoque

aduste

 



Textes suggérés pour une traduction en « Larousse ancien » :

Début de Du côté de chez Swann / Proust

La Cigale et la fourmi / La Fontaine 
Le Renard et le corbeau / La Fontaine 
Le Dormeur du val / Rimbaud 
Après la bataille / Victor Hugo 
Les Conquérants / José Maria de Heredia 
En sortant de l’école / Jacques Prévert 
Les Bonbons / Jacques Brel 
Le Tord-boyaux / Pierre Perret 
La Mauvaise réputation / Georges Brassens 
Padam / Edith Piaf 
Siffler sur la colline / Joe Dassin 
Manu / Renaud

Chansons de Charles Trénet, Georges Brassens, Serge Gainsbourg, Jacques Brel, Edith Piaf, etc.
Publicité
9 juin 2026

Sur l'air de la grenouille qui veut se faire plus grosse que le boeuf / Anne J.

 

 

Une gobille vit kaback

Qui lui sembla sûrement grasset.

 

Elle, soudain mignote d'un coup, se gasconne morbifaque,

Malévole se morgue, enfle liardet

Pour caloyer l'animal en baïoque,

Disant : « Abornez bien, ma vioque,

Est ce assez ? Camphrez-moi : empoissé-je assez ?

Nenni ? Trop besaigre deviendrais je, enfin ?

 

- Encore un peu, masulipatam vous serez...

Et non : vous voilà marascin !

 

Le monde est si plein de stupides jaserons

Qu'il vaut mieux chanter faux des refrains guilleré

Que de bistrer chez Bolloré !

Macaronons et résistons !

 

9 juin 2026

La nuit je récite / Laura

 

Pour gabarier ma nuit
Et oublier les galantins hypocrites
Je récite Le Pater et Je vous salue Marie
Fantaisie, la fourmi, la cigale

 

 

Les  gélines dorment
Dans leur enclos gâcheux
Et les fantômes hantent
Grotesquement les cieux

 

« Un homme qui dort tient en cercle
Autour de lui le fil des heures»

Une femme se gaudit de ne
Pas faire de gargotage

 

Je  tente d'oublier les insultes
Comme des gobilles chassées
Par les mots doux et les loupes
Son corps n'est pas grasset mais efflanqué

 

La nuit je récite « Le Renard et le corbeau »
Alors que les fantasmes au repos
Attendent qu'on les réalise luxurieusement
Le garus fait son effet sur les saletés

 

Que j'ingurgite malgré moi
Je dors sans gorgerette
Juste de ne pas avoir froid
Mais pas de nuisette

 

La nuit s'étend maussadement
Sur le Dormeur du Val
Alors que le noir total
Tombe sur les amants

9 juin 2026

Le Renard et le corbeau / Marie Sylvie

 

 

Sur un Chêne hyémal 

Un Corbeau monacalement perché  gobelottait   

un gibelet trouvé par hasard  

Luisant comme une muscadelle au soleil du matin.  

 

Un Renard grasset mais l’œil malévole

Gasconnant de plaisir devant ce festin suspendu

S’approcha couardement 

Feignant la mondanité.

 

Ô vous noble oiseau ! 

Si diadelphe est votre plumage

Si mystiquement chante la gorge indigète que doit être votre voix !  

Sans doute pourrait-elle émouvoir même un lucumon.

 

Le Corbeau tout gâcheux de vanité

Se gaudit de ces paroles mignotes.  

Il ouvre son bec laqueux pour chanter grotesquement …  

et son gibelet d’un coup tombe dans la gueusaille des feuilles.  

 

Le Renard prompt comme un halot

S’en empare et file

Coriacé 

Vers les fourrés.  

 

Le Corbeau 

Maussadement

Comprend qu’il s'est mécompté.  

 

Et le vent passant entre les branches

Semble murmurer :  

Qui se laisse jobarder perd souvent plus qu’un simple repas.

 

9 juin 2026

Le Chaudeau du bursal / Jean-Paul

 

C’est un bout de cirure où liarde une rivière

Harpant maussadement aux bards des lucumons

D’halot ; où le kabak, de la mandore fière

Luit ; c’est un petit boucaut qui jouaille de rayons.

 

Un amict, gâcheux, berle ouverte, macque nue,

L’hyperdulie baignant dans le galantin bleu

Dort ; il est mugueté, coriacé, sous la nue,

Hyémal dans l’icoglan où la grattelle pleut.

 

Chancreux dans la jarosse il dort, caloyant comme

Caloierait un garus aduste, il gueuse un somme.

Etrape, berce-le couardement, il a froid.

 

Les guilleris ne font pas godailler sa géline,

Il dort dans le jaseron, la main sur sa basquine,

Lanice : il a deux trous besaigres au cadis droit.

 

 

Publicité
9 juin 2026

Le Manu du XIXe / Jean-Paul

1

Eh Manu, hollande-toi,

Y’a des berles plein ta bière,

Le boucaut va fermer

Tu bistres la taulière

 

J’croyais qu’un galantin

Ça pouvait pas liarder

J’pensais même qu’aborner

Pouvait pas t’arriver

 

J’oubliais qu’tes jaserons

Et ta lame de hachereau

C’est surtout un kabak

Pour ton coeur de margot

 

Eh jobarde pas Manu

Va pas t’harper l’étrape

Une gueusaille de perdue

C’est dix kysteux qui r’viennent

 

2

On était tous morgués

Quand tu camphrais tout seul

Tu disais j’me godaille

J’ veux gabarier ma gueule

 

T’as croisé cette cirure

Qui était toute malpeignée

T’as dit « Elle me gobelotte

Ou alors y’a lendore »

 

T’as été un peu vite

Pour tatouer son guilleri

Au cadis où palpite

Ton coeur de lucumon

 

Eh jobarde pas Manu

C’t’a moi qu’tu fais grattelle

Une gueusaille de perdue

C’est dix kysteux qui r’viennent

 

3

J’vais t’dire on est des bards

On est faits pour jarosse

Pas pour macaroner

Ou alors pas longtemps

 

Nous autres ça fait un bail

Qu’on a largué nos macques

Toi t’es toujours bursal,

Morlifique et t’empoisses

 

Mais Manu gueuser libre

C’est souvent gueuser seul

Ça fait mal au gibelet

Mais c’est bon pour l’amict

 

Eh jobarde pas Manu

Ça jouaille pas la gobille

Une gueusaille de perdue

C’est dix kysteux qui r’viennent

 

4

Elle est plus multiflore

Manu faut qu’tu t’mécomptes

Elle peut pas être lanice

Dans les bars d’un garus

 

Quand tu lui dis « j’gasconne »

Si elle t’interfolie

Si elle a la cacade

Dès qu’elle hyperdulie

 

Dis-lui qu’t’es coriacé

Qu’t’as dû t'gourer d’halot

Quand tu l’as caloyée

T’as dû t’tromper d’mandore

 

Eh déconne pas Manu

Te fais pas indigète

Une gueusaille de perdue

Les maltôtiers muguètent

 

Eh déconne pas Manu

Au masulipatam

Quand finit la jaserie

C’est dix kysteux qui s’cament !

2 juin 2026

Consigne d'écriture AEV 2526-29 du mardi 2 juin 2026

 
Carnet d'expressions
 
 
Voici quelques expressions régionales ou utilisées dans un pays francophone ou ailleurs, relevées dans un des « Carnets d’expression » de Pépito Matéo, conteur, acteur et auteur.

Essayez d’en glisser trois ou quatre dans un texte qui parlera d’une région que vous n’habitez pas, que vous n’habitez plus ou placez-les dans une histoire où il sera question d’un pays imaginaire.

 

Expression

Traduction

Origine

Avoir le rhume de fesses

Avoir la diarrhée

Sénégal

Un ras le bonheur

Une mini-jupe

Québec

Azorer

Réprimander fortement

Québec

Placoter

jacasser

Québec

Un cocolet

Un enfant gâté

Suisse

Un couratier

Un coureur de jupons

Suisse

Être brossu

Être mal luné

Suisse

Une palenteuse

Une personne douée de ses mains

Suisse

J’vous aime bien mais j’me préfère

Se dit pour s’éclipser d’une soirée

Burkina

Avoir le cerveau en argile

Être stupide

Angleterre

Avoir les pieds froids

Etre timoré

Angleterre

Redresser les concombres perdus

Arranger les choses

Bulgarie

Marcher à pieds de chaussettes

Ne pas avoir mis de chaussures

Nord-Pas-de-Calais

Donner à manger aux poissons

Aller vomir

Bretagne

S’esclafouérer

Tomber en se répandant

Limousin

Les paroles lui sortions d’la goule comme les crottes d’o chu de la chèvre

Etre bavard

Poitou

Marcher en caricouillette

Marcher les jambes arquées

Montauban

Arriver à la fumée des cierges

Arriver en retard

Normandie

Muche tin cul, v'la ch’garde

Fais gaffe à toi

Nord-Pas-de-Calais

Etre taillé dans un bâton à sucette

Etre un gringalet

Normandie

Une panosse

Une serpillière

Savoie

Boutonner Carvin avec Epinoy

Boutonner dimanche avec lundi

Nord-Pas-de-Calais

S’entrucher

Avaler de travers

Champagne

L’oiseau est sur la branche

C’est l’heure de l’apéro

Brest

On va s’enfiler une r’nampée sul coin du musiau

On va boire un coup

Tours

 

2 juin 2026

Mes pays / Laura

 

 

Six personnes sont venues nous voir lorsque nous étions au Maroc.

 

C'est là-bas que j'ai pris l'habitude d'aller sur le marché car il y a très peu de supermarchés (et beaucoup de supérettes).

 

Une de nos visiteuses a trouvé que mon marché de tous les jours était sale (elle a aussi trouvé que mon intérieur l'était).

 

Pourtant, je n'ai jamais eu là-bas de rhume des fesses, ou tourista, peut-être parce que mon mari travaillait au Maroc et que nous étions résidents, non des touristes, sauf lorsque j'ai fait une orgie de melons 1 et lorsque j'ai mangé un carpaccio de noix de Saint-Jacques (donc crues) ce qui m'a valu une allergie à ce mets délicieux.

 

Là-bas, je me suis aperçu qu'en France nous étions des cocolets, ayant un système de santé, d'assurance chômage et de retraite dont les Marocains n'ont qu'un embryon.

 

Pourtant, ils ne sont jamais brossus, ne se plaignent pas, travaillent 44 heures par semaine  et sont très imaginatifs pour pallier leurs soucis.

 

1 http://www.lauravanel-coytte.com/archive/2009/10/19/melons.html

2 juin 2026

Pas encore tout à fait am’nésique. 22, Les Mots du Ch’ti / Jean-Paul

 

 

Quand tu boutonnes Carvin avec Épinoy (dimanche avec lundi !), tu es chez moi !

 

Ce n’est pas que je sois un mauvais exemple en matière de présentation vestimentaire – quoique ! – c’est juste que la cité du bois d’Épinoy se trouve à Libercourt, là où je suis né, et que jusqu’en 1947 cette commune du Pas-de-Calais n’était qu’un hameau de la ville de Carvin.

 

Ici, dans cette région que je rechigne toujours à appeler les Hauts-de-France, on parlait et on parle encore un patois appelé Ch’ti que je rechigne toujours à appeler du picard et pourtant c’en est.

 

Il faut donc remercier Pépito Matéo qui s’intéresse aux expressions et aux vocables pittoresques de la langue française « en voyage » de me "ramintuver" le bon  vieux temps où mes parents et grands-parents étaient vivants !

 

Grâce à lui je vais enfin pouvoir constituer et partager le lexique des mots entendus dans l’enfance et qui sont peu utilisables dans mon pays d’exil.

 

Je vous les livre en vrac, tels qu’ils me sont venus au cours de mes récents déplacements et/ou insomnies !

 

berloquer : chanceler, basculer

 

une cafougnette : une histoire drôle. Cafougnette est le nom d’un personnage typique dû à la plume de Jules Mousseron

 

 

être arringé : être fou, avoir des idées qui sortent du commun

 

quèr : tomber (déformation de « choir »)

 

une cayelle : une chaise

 

une carrette : une voiture

 

un biclou : un vélo

 

avoir un œil qui dit merde à l’autre : loucher

 

armue tin cul ! : magne tes fesses, bouge-toi !

 

Un trop d’gueule : un vantard, un beau parleur, un arrogant

 

déloufer : vomir

 

« Encore un que les boches n’auront pas ! » : phrase qui se dit quand on lance un pet sonore

 

les boïaux rouches : les boyaux rouges. C’est le surnom donné aux gens du seul Pas-de-Calais.

 

une Marie Toutoule : une femme peu soignée

 

une Nunu Cacacque : une obsédée de l’hygiène

 

un égosil : un abruti, un imbécile (déformation de l’espagnol alguazil) ; on trouve aussi « agosil »

 

la maraute : la maraude, le fait de chaparder des fruits sur un arbre

 

un sincier : un fermier

 

geulard : gourmand

 

une maguette est une chèvre

 

une pizingue : une pimbêche, une fille délurée

 

un garlouviot : un jeune homme un peu présomptueux

 

une biloute : une verge, un sexe d’homme

 

une gampe : une jambe

 

une barnife est une gifle

 

une clique est une tape sur les fesses, une fessée

 

un doudou est un enfant méchant

 

une guiffe à chuques est un amateur de sucreries

 

un galaf est un gourmand

 

la wassingue est le nom de la serpillière

 

un ramon est un balai

 

un carin est une remise, une cabane à outils

 

à mo’ = chez

 

cor’ = encore

 

tuter : boire

 

« Tin père y’est cor’ à mo Sidonie à tuter dé l’bibine »

 

Une amusette est un type qui ne songe qu’à se distraire

 

Un soyeux (prononcer soïeux, soïeuse) est quelqu’un(e) qui vous soûle de paroles. On dit aussi un ratelard (de gratte-lard?)

 

la ducasse est le nom de la fête foraine

 

 

maquer : manger

 

à z’épaulettes : sur les épaules

 

un capiau : un chapeau

 

une quémiche : une chemise

 

la berdoule : la boue

 

la boudinette : le nombril

 

les coulons : les pigeons voyageurs

 

les coulonneux : les colombophiles

 

Une marrone : un pantalon « armonte eut’ marrone ! »

 

tchiot ninin : petit bébé

 

tchiot margat : enfant

 

se camucher : se cacher

 

artrousser : retrousser

 

un séyau est un seau

 

un innochint (innocent) est un niais, un idiot

 

la baraque : la maison

 

la capote : le manteau, le paletot

 

la chirloute est le mauvais café, pas assez fort

 

un niguedoule est un idiot

 

avoir le souglou c’est avoir le hoquet

 

berlafer c’est faire un repas avec des tartines trempées dans du café

 

marcher à pied de chaussettes (ou à pieds décau) c'est marcher sur le sol de la maison sans avoir mis ses chaussures.

***

 

Je termine par deux expressions que j’aime bien :

 

« Ramasse tin cô, y a les pattes cassées ! » (Remballe tes arguments, ils n’ont rien de convainquant ! ou bien "Rentre chez toi, t'as perdu la partie !")

 

et « Intique, intasse, t’occupe pas de ch’ti qui passe ! » (Bien faire et laisse dire !).

2 juin 2026

La Lenteur dorée d'un soir / Marie Sylvie

 

 

Le soleil déclinait derrière les toits d'ardoise lorsque je l’ai aperçu au bout de la rue principale.  


Il avançait lentement comme s’il sortait d’un rêve trop lourd et je me suis dit qu’il allait encore arriver à la fumée des cierges.


C’était sa spécialité : se présenter juste quand tout le monde pensait qu’il ne viendrait plus. 
Une manière de marquer son territoire peut‑être. 
Ou simplement de laisser le monde tourner sans lui jusqu’à ce qu’il décide d’y remettre un pied.

Il progressait d’un pas irrégulier,
Marchant en cari-couillette,
Les jambes un peu arquées comme s’il avait passé la journée à courir après des choses qui ne voulaient pas se laisser attraper.

 
Les volets claquaient doucement dans la brise du soir.

Les jardins exhalaient une odeur de menthe froissée et de terre chaude. 
Le village semblait retenir son souffle,
Suspendu entre la fin du jour et le début de quelque chose d’autre.

Devant le café la porte était grande ouverte. 
On entendait des rires,
Des verres qui s’entrechoquaient
Et cette musique discrète qui accompagne les soirées où personne n’a envie de rentrer trop tôt.  
C’est alors que la voix de la patronne a retenti,
Claire comme une cloche :  

 

- L’oiseau est sur la branche !

 

Tout le monde a compris.  
C’était le signal.  
L’heure de l’apéro,
L’heure où les histoires se délient,
Où les rancœurs s’évaporent,
Où les promesses se font sans qu’on sache si elles seront tenues.

 

Il m’a rejoint près du tilleul,
Essuyant d’un revers de main la poussière sur son pantalon.  

 

- T’es là, toi ?!

 

Il a souri.
Ce sourire un peu de travers qui annonce les décisions irrévocables.  

 

- Allez viens. On va s’enfiler une r’nampée sul coin du musiau."

 

Comme si boire un coup pouvait réparer les retards,
Les détours,
Les hésitations.  
Comme si un verre partagé pouvait remettre le monde d’aplomb.

 

J’ai hoché la tête.  
Parce qu’au fond
Dans ce village où les heures s’écoulent comme un ruisseau tranquille
Il n’y a rien de plus sérieux qu’un apéro improvisé
Et rien de plus doux que de marcher à deux,
Même en cari‑couillette,
Vers la lumière dorée qui s’allume derrière la porte du bistrot.

 

***

 

J’ai laissé résonner ces mots anciens, gouailleurs ou tendres, et quatre d’entre eux se sont imposés comme une petite musique familière :  

 

"Arriver à la fumée des cierges"
"Marcher en cari‑couillette"
"L’oiseau est sur la branche"  
et  
"On va s’enfiler une r’nampée sul coin du musiau."  

 

Ils m’ont conduite vers un village de fin de journée, un lieu où la lumière ralentit, où les pas traînent, où l’on se retrouve sans se presser, juste pour partager un verre et remettre le monde d’aplomb.  
De cette atmosphère douce et dorée est né le texte qui précède.


 

Publicité
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100 200 > >>
L'Atelier d'écriture de Villejean
Publicité
Publicité
Derniers commentaires
Archives
Publicité