Faites parler un objet, un animal, une plante. De son environnement proche, de tout, de rien, des sujets que vous trouverez dans la liste suivante. A défaut, truffez son discours de mots ou de noms de cette liste.
Alain Souchon - Alléluia - Angela - Annapurna - Arthur Rimbaud - Auguste Renoir - Aveu - Baie des anges - Barcarolle - Belle au bois dormant - Belle époque - Brigitte Bardot - Cassel - Champollion - Concours Lépine - Corrida - Courage - Crème Chantilly - Dame de cœur - Docteur Watson - Dynastie - Edith Piaf - Fifty fifty - Grand nord - Ibiza - La Marseillaise - La Passionnata - Lampion - Le Grand huit - Les quatre saisons - Macha Méril - Mélodie - Moin moin - Parfum de rêve - Petit marquis - Rayon de soleil - René Goscinny - Rêverie - Rêves de gosse - Saint-Exupéry - Souvenir d’enfance - Vœux de bonheur
Bien sûr, je crains la canicule comme tout le monde, même plus que tout le monde. Je sais que cette catastrophe peut intervenir plus tôt que prévu. Je sais que le sol tiédit de plus en plus. Je n’ai aucun abri pour lutter contre cette malédiction.
Mais vais-je seulement exister ? Vais-je pouvoir rouler et rouler encore avec le plaisir de sentir mon corps s’arrondir et ma tête se poser avec douceur sur mon buste aguerri ?
Vais-je retrouver mes yeux de charbon, mon nez de carotte, ma pipe au bord des lèvres, mon cache-nez tricoté main ?
J’ai peur, comprenez-moi. Si la neige ne tombe pas, on m’oubliera. J’existerai uniquement dans les contes pour enfants sages. Je ressemblerai à deux boules de coton ridicules posées sur le flanc d’une montagne aux ombres grises.
Et si j’existe, je ne serai plus que le souvenir de moi-même. Je deviendrai un tas de boue gelée piétinée par des passants pressés de rentrer chez eux. Il n’y aura plus de cris d’enfants aux joues groseille, plus de chiens pour renifler mon ventre rebondi, plus de crissement de la neige pour tasser mes reliefs, plus de caresses du soleil couchant pour iriser mon corps assoupi.
J’attends là-haut que les nuages décident de mon sort. Ils sont si légers, si indifférents, si capricieux. Ils me parlent d’un ailleurs où la neige ne fond jamais. Ils me disent que c’est le cimetière des bonhommes comme moi.
Je crois que mon heure est venue. Je vais retrouver les miens là-bas, au Grand Nord.
Je suis depuis de nombreuses années réduite au silence : il paraît que mon tic-tac bruyant énerve les gens à l’heure où juste les vieux possèdent une montre et où les jeunes savent à peine lire l'heure sur un cadran. Mais enfin, disent-ils, il est 15 h 17, c'est écrit sur mon téléphone, trop cool !
Il est vrai aussi que je sonne toutes les demi-heures, un coup à la demie et le nombre d'heures aux heures, alors à minuit je sonne les douze coups, romantique, non ?
Ne parlons pas des amis insomniaques qui ne peuvent imaginer une nuit hachée en morceaux d'une demi-heure ! Eux, ils me détestent.
Je suis pourtant une belle pendule comtoise avec des poids, une petite clé pour me remonter et un beau cadran blanc et or en chiffres romains, très bourgeoise et distinguée.
La maison où je vis aujourd’hui n'est pas ma première demeure et, souffrant d'amnésie, je ne saurais dire à quel moment je suis née et où. Mais j'en ai vu des choses dans ma vie, voyez vous !
Je ne me souviens de rien avant de me retrouver dans un salon rue Edmond Rostand dans une maison bourgeoise, un peu avant la guerre de 1939 : grande table de salle à manger, petite cheminée décorative, chaises et buffet imposants, j'étais au fond près de la fenêtre qui donnait sur la rue et on me remontait chaque semaine avec soin car je devais sonner les heures dans cette maison qui avait connu la guerre, les bombardements, les restrictions alimentaires et une belle histoire d'amour entre une jeune infirmière et un apprenti chirurgien venu du Nord.
Dix ans après est apparue une petite fille avec la jeune femme devenue mère et j'ai entendu des rires dans cette maison quand elle a fait ses premiers pas accrochée au dos d'un des chiens de chasse du grand père. D'autres enfants ont suivi, quatre je crois, qui venaient avec leur mère le jeudi chez grand-père et mamie parce qu’eux ils avaient un jardin, tout petit, mais à cet âge-là le tout petit est immense : ça courait, ça sautait, ça inventait, ça jouait. Je les vois encore faire du ski dans les allées gravillonnées avec des planches de bois attachées sur leurs souliers et des longs bâtons ou faire du vélo dans les minuscules chemins bordés de myosotis. Des rêves de gosses et des souvenirs d'enfance.
Mon jour de gloire et de prestige c'était le déjeuner du 1er janvier, chaque année. Il se faisait traditionnellement dans cette maison : il y avait les propriétaires de la maison, dits Grand père et Mamie, déjà un peu âgés, le grand-père grand et gros avec bedaine, gilet et montre à gousset, la mamie minuscule, vêtue de noir et de dentelles avec un petit chapeau à voilette sur ses cheveux mauves. Il y avait la sœur de la mamie, la tante couturière avec son vieil appareil photo Leica et sa tenue chic. Ces deux-là ne s'entendaient pas du tout et parfois se tiraient la tronche et même la langue en catimini, je les voyais le faire en douce et je voyais les enfants interloqués pouffer de rire. Il y avait les cinq enfants, que la mère essayait de faire tenir tranquilles. Il y avait le père qui arrivait de l’hôpital et se tenait dans un coin, en tant que pièce rapportée. Il y avait la tatie Mado quand elle n'était pas de service qui parlait de ses voyages et d'un monde lointain qui faisait rêver.
Je sonnais les heures paisibles et les heures difficiles, les heures de solitude et les heures de fêtes.
J'ai cessé de sonner quand est parti le grand-père, j'ai sonné irrégulièrement ensuite, quand on pensait à me remonter, pas la mamie car elle était trop petite même grimpée sur son petit banc.
Je n'ai plus sonné quand la mamie est partie et puis j'ai déménagé.
Dans un appartement étranger, on m'a remise en route mais, mal calée, je boitais un peu ; on m'a stoppée pour préserver le sommeil des mères et des enfants, j'ai continué de marquer le temps et de voir passer les années mais de manière irrégulière.
Nouveau déménagement et me voilà dans une maison avec des volets orange. Ici je sers plutôt de décoration, on avait perdu ma clef glissée dans un carton, on a négligé de me caler et de me faire sonner, je suis un peu vieille, un peu fragile et j'ai pris ma retraite.
Seul le chat de la maison m'a trouvé une utilité, il y cache les souris qu'il attrape chaque jour et quand elles sont vivantes, c'est séance de chatouilles avec leurs petites griffes sur mon bois.
J'éclate de rire et je sonne de joie silencieusement pour ne déranger personne.
La prochaine fois que vous me verrez, saluez-moi et écoutez bien.
Vous entendrez sonner le rire de la pendule et résonner les histoires de sa vie.
« On est bien peu de chose,
et mon amie la rose me l'a dit ce matin ».
Elle m'a dit aussi :
« Le fait que je sois la rose m'en impose. On me dit la reine des fleurs, souvent droite et raide dans ma dignité royale, ma couronne de pétales joliment organisée évolue au cours de ma vie.
Je parle aux femmes et aux hommes dans un langage simple : si j'ai soif je penche la tête, si je suis en colère je pique, de quelques gouttes de rosée je fais un collier de perles pour faire éclater ma beauté.
J'ai un pouvoir phénoménal quand je deviens un cadeau, une offrande, une récompense mais surtout une preuve d'amour.
Je suis omniprésente sur les tissus d'ameublement, sur les vêtements sur les tableaux. Ah les tableaux ! Quand je les vois arriver avec leurs pinceaux, leurs palettes et leurs couleurs, je pose. Monsieur Renoir, Redouté et bien d'autres me font la cour. On est amoureux de moi et je peux même dire que je suis le symbole de l'amour.
En littérature, celui qui s'est longuement penché sur mon cas avec brio, qui m'a donné la parole avant toi, chère Maryvonne, c'est ce bon Antoine de Saint-Exupéry. Il m'a donné une âme et une mission, sitôt que je sors de terre. Il a su expliquer comment je peux devenir unique au cœur d'un ami.
Et, plus fort encore, merci Monsieur Aragon qui m'a donné un rôle politique ! Avec mon copain le réséda nous méritons la légion d'honneur pour unir celui qui croyait au ciel et celui qui n'y croyait pas, pour enfin lutter ensemble contre la swastika, fleur vénéneuse. Plus tard j'ai aussi été prise en otage par un parti politique.
J'avais souvent autrefois un parfum de rêve quand je venais des temps anciens avec les atouts de mes ancêtres. Aujourd'hui après quelques erreurs de manipulations génétiques mon parfum est plus banal. On m'a imposé d'être présente aux quatre saisons, ça me rend plus ordinaire.
Qu'importe, je chipote, je chipote ; je reste la passionata des parterres, la dame de cœur associée aux vœux de bonheur....LA ROSE quoi ! Alléluia ! ».
C'est incroyable comme elles sont prétentieuses, mes voisines ! Au concours Lépine de la vanité, c'est à qui, parmi elles, déposera l'invention la plus incroyable !
Au pied de leur immeuble à ciel ouvert, elles ont fait poser leur plaque, en lettres dorées sur fond vert. Tu parles d'un interphone ! Il n'y a même pas de bouton pour appuyer ! De toute façon, qu'est-ce qu'elle te répondrait, La Belle au bois dormant ? Qu'est-ce qu'elle te chanterait, La Barcarolle ? Qui voudrait monter consulter le docteur Watson ?
Dressées dans les hauteurs, se croyant sur l'Annapurna, elles jouent les stars. L'une s'est baptisée Brigitte Bardot, l'autre Macha Méril. Il y a même une Édith Piaf mais elle ne connaît même pas la mélodie de La Vie en rose !
Certaines se prennent pour des agences de voyage : Ibiza ! Baie des Anges ! La Marseillaise ! Grand Nord ! Cassel ! Les deux dernières destinations collent bien du reste avec leur froideur manifeste. Voisiner avec ce moulin sur une butte au plat pays aura-t-il pour effet de leur rabattre le caquet ?
Non mais franchement, quelle mégalomanie ! D'autres sont prêtes à changer de sexe pour être admirées sous un nom emprunté à un écrivain plus ou moins respectable. Saint-Exupéry, d'accord, on comprend qu'il soit leur idole. René Goscinny, pourquoi pas, lui était génialement drôle mais elles, que connaissent-elles au rire des hommes ? Alain Souchon. Mmouais, c'est juste un chanteur, lui. Arthur Rimbaud, alors là, c'est le contresens définitif : un vagabond, un marcheur qui pue des pieds, un sanglier des Ardennes, un scandaleux, une corrida permanente, le moins moins de la littérature, le séraphin du lampion !
Certes, je veux bien le reconnaître, au premier rayon de soleil, ces dames dégagent un parfum de rêve et d'aucuns les mettraient bien en bouquet pour souhaiter aux marié·e·s du Thabor tous leurs vœux de bonheur.
Mais mes voisines ne sont pas libres. Interdiction de les cueillir ! Elles sont comme le chien de La Fontaine : étiquetées, cataloguées, numérotées. Fonctionnaires. Emprisonnées dans les serres en hiver. Seules avec leur psychose, envoyées sur les roses, les roses, ce qui, vous l'avouerez, ne manque pas de piquant.
***
Tiens ! Quelqu'un se baisse sur mon parterre. Et ce quelqu'un me fait bon accueil. Il me cueille, me recueille dans le creux de sa main. Je vais enfin pouvoir voyager, quitter ce jardin trop caniculaire. Diable, j'ai trouvé mon Faust !
Mais… mais il est con, lui ! Voilà… voilà qu'il m'arrache un pétale, puis un autre… Qu'est-ce qu'il dit, cet imbécile ? « Un peu, beaucoup, passionnément, pas du tout, un peu… » Et pourquoi on ne m'en a pas donné à moi, d'abord, des épines ?
Ah qu’il est agréable ce rayon de soleil sur ma fourrure trempée par la neige qui fond !
Les humains pensent qu’un renard possède une fourrure qui le tient au chaud. Moi, je sors de la minuscule planète du Petit Prince de Saint Exupéry où il faisait si bon. Après une secousse, j’ai été propulsé sur la Terre et je me retrouve sur un terrain où des enfants courent après un ballon qu’ils envoient dans une cage. Lorsqu’ils y arrivent, ça les fait crier de joie !
Planqué dans un coin je me demande de quelle manière je pourrais accéder à la campagne avec des volailles pour casser la croûte. Tout autour de moi ce sont des immeubles semblables à des cages à lapin, hautes de plusieurs étages qui m’empêchent de découvrir l’horizon.
J’ai déjà trouvé un petit mulot de rien du tout. Ce dont j’ai besoin, c’est d’une poule pour satisfaire ma faim et d’une renarde pour me tenir chaud. Je l’apprivoiserai et nous aurons une famille de renardeaux.
Ce soir, je me camoufle dans une cave pour y passer la nuit. Demain j’aviserai.
Soudain, dans la nuit, j’entends du bruit. Je n’ose pas bouger ni sortir par la porte entrouverte. Dans le couloir, un homme sort un jeu de clés. « Qui c’est celui-là ? Il a une drôle de tête, ce type-là ! ». C’est le concierge qui, sans un regard à l’intérieur, ferme à clé la porte de la cave. Au matin je pointe le bout de mon museau. Le drôle de mec, les cheveux en bataille vient déverrouiller la porte. Me découvrant, le bougre me saisit, m’enlève en grognant et m’embarque dans son fourgon, destination la forêt la plus proche. *
Là, il s’arrête, ouvre la porte du véhicule et je retrouve ma liberté. Depuis une heure, je cours comme un dératé dans la nature. Je hume chaque terrier pour trouver un parfum de rêve, celui de la renarde qui voudra bien me suivre. Ça prendra du temps mais je ne suis pas pressé. Je peux rêver tranquillement de ma future famille.
* Nous sommes une espèce protégée, merci les écolos ! »
Moi, c’est Filou. Un bâtard noble, croisé de fox-terrier et de je-sais-quoi. Je parle, personne ne m’écoute, tant pis, je vous raconte tout.
Ce matin, j’ai vu passer un pigeon. Voilà. C’est déjà pas mal, une journée. Les humains croient que je ne pense à rien — et c’est vrai que je ne pense pas beaucoup — mais je pense fort.
Hier soir, à la télé, il y avait une corrida. Figurez-vous que ça m’a remué le museau. Un taureau énorme, noir, fumant de colère, face à un bonhomme en habits de lumière qui agite un chiffon rose. J’ai pas compris pourquoi le monsieur ne mordait pas. Moi, à sa place, j’aurais mordu. Deux fois. Le mien de combat, c’est contre le facteur : je perds à chaque fois, il a des croquettes dans la poche, c’est un adversaire déloyal.
Le maître, justement. Parlons du maître. Sa voix, c’est ma boussole. Quand il dit « Filou » sur le ton grave, je me fais tout petit derrière le canapé. Quand il le dit sur le ton aigu, en penchant la tête, c’est promenade, c’est bonheur, c’est Paradis. Toute une vie de chien tient dans les fréquences d’une seule voix. C’est Extraordinaire, non ? Enfin, pour moi. Pour vous, c’est juste un monsieur qui parle à son chien.
Parfois il me nomme en regardant la mer. Nous sommes allés une fois sur la Baie des Anges. Moi qui croyais que les anges, ça nageait pas. Il m’a posé sur le bord de l’eau, j’ai aboyé aux vagues pendant trois heures — elles répondaient jamais, mais elles revenaient toujours, têtues. J’adorerais bien y retourner. Les galets là-bas, ça fait un bruit de croquettes géantes sous les pas. C’est trompeur, mais c’est joli.
Un souvenir d’enfance ? J’en ai un. Avant les croquettes du maître, il y a eu l’odeur d’une niche immense, une maman chaude et une fratrie de huit morveux qui me marchaient dessus. Le premier jour chez le maître, j’ai hurlé toute la nuit. Il est descendu en pyjama, il s’est assis par terre à côté de moi, et il est resté. C’est là que j’ai décidé qu’il était le mien. Les chiens décident vite. C’est notre version de l’éternité.
Et puis il y a la Crème Chantilly. Vous savez, cette mousse blanche et sucrée qu’il met sur les fraises en été ? L’an dernier, il m’en a donné une lichette. J’ai vu le Paradis des anges de la Baie des Anges, justement. Depuis, je m’assois sous la table dès que j’entends le shhhhooooot de la bombe de crème. Le maître dit que je suis ridicule. Le maître a raison. C’est pour ça qu’on s’entend.
Voilà. J’ai parlé de tout, de rien, du taureau, des anges, du pyjama et de la Chantilly.
Maintenant, si vous voulez m’excuser — le pigeon est revenu.
Un bon nombre d’expressions de la langue française utilisent la comparaison. Racontez-nous une histoire, forgez-nous un conte, un poème ou un texte dans lequel vous insérerez 4 ou 5 ou le plus grand nombre possible d’expressions choisies dans la liste ci-dessous, générée d’après le livre « Con comme la lune » de Catherine Guennec et Jean-Jacques Delattre paru aux éditions First en 2019 :
Agile comme un singe - Aimable comme une porte de prison - Aller comme un gant - Aller comme un tablier à une vache - Amoureuse comme une (petite) chatte - Arriver comme le marquis de Couille-Verte (ou comme les carabiniers) - Avoir le cul comme une malle arabe - Baiser comme un lapin - Bander comme un cerf - Bâti comme un Hercule - Battre comme plâtre - Bavard comme une pie borgne - Beau comme un camion - Bête comme ses pieds - Beurré comme un petit Lu - Blanc comme un bidet - Blond comme les blés - Boire comme une éponge (ou comme un trou) - Brillant comme le diamant - Cancanier comme une concierge - Chanter comme une casserole - Chaud comme une caille (ou comme un lapin) - Chauve comme un œuf - Chiant (ennuyeux) comme la pluie - Clair comme du jus de chique - Con comme la lune - Courir comme un Basque (un dératé, un perdu) - Danser comme un balai (une soupière, une savate) - Discret comme un rat d’église (comme une tombe) - Doré comme un calice (du miel, les blés mûrs) - Dormir comme une bûche (une souche) - Doux comme (la) soie - Dur comme fer - Épais comme le doigt - Excité comme une puce - Fagoté comme l’as de pique - Fauché comme les blés - Fier comme Artaban - Filer comme l’éclair - Filer comme un pet sur une tringle à rideaux (ou sur la toile cirée) - Fin comme du gros sel - Fort comme un chêne - Frais comme un gardon - Franc comme l’or - Frisé comme un mouton - Froid comme un nez de chien - Fumer comme un pompier - Gai comme un pinson - Gras comme un moine - Gris comme un cordelier (comme un Polonais) – Gros comme une maison - Gueuler comme un putois - Haut comme trois pommes - Heureux comme un poisson dans l’eau - Jaloux comme un tigre - Jurer comme un charretier - Large comme la porte d’Aix (comme une pissotière à huit places) - Léger comme une plume (une bulle de champagne) - Libidineux comme un vieux bouc - Limpide comme de l’eau de roche - Long comme un jour sans pain - Lourd comme un âne mort - Maigre comme un clou - Malade comme un chien - Malin comme un singe - Maquillée comme une voiture volée - Mauvais comme la gale - Méchant comme une teigne - Menteur comme un arracheur de dents (comme un soutien-gorge) - Moche comme un pou - Moelleux comme les fesses d’une couturière (un édredon de plume) - Monté comme un âne - Mou comme une chiffe - Muet comme une carpe - Musclé comme une bête d’orage (un Hercule, un catcheur) - Nager comme un fer à repasser - Noir comme un corbeau - Nu comme un ver - Pâle comme la (un) mort - paresseux comme une couleuvre - Passer comme une lettre à la poste - Pleurer comme une Madeleine - Poilu comme un ours - Presser quelqu’un comme un citron - Profond comme un précipice - Propre comme un sou neuf - Raide comme un passe-lacet - Raisonner comme un tambour - Rapide comme l’éclair - Rire comme un bossu - Ronfler comme un sonneur - Rose comme un radis - Rouge comme une pivoine - Roulée comme une déesse - S’en moquer comme de l’an quarante - S’ennuyer comme un rat mort - Sage comme une image - Sale comme un peigne (comme un cochon) - Sauter comme un cabri - Sec comme un coup de trique - Sérieux comme un pape - Silencieux comme un caveau (une tombe) - Simple comme bonjour - Snob comme un pot de chambre - Solide comme le Pont-Neuf - Souffler comme un bœuf - Sourd comme un pot - Tendre comme la rosée (un agneau) - Têtu comme une mule - Timide comme une jeune mariée (une violette, une gazelle) - Tranquille comme Baptiste - Trembler comme une feuille - Triste comme la pluie - Vert comme l’espérance - Vieux comme Mathusalem (ou comme Hérode ou comme mes robes).
La première fois que je t'ai vu, tu étais aimable comme une porte de prison. Et j'appris bien plus tard que cette expression t'allait comme un gant.
C'était la première fois que je connaissais quelqu’un qui est allé en prison.
C'était aussi la première fois où j'étais amoureuse comme une petite chatte.
C'était aussi la première fois que quelqu'un me traitait de chienne.
Le moins qu'on puisse dire, c'est que tu ne baisais pas comme un lapin ; c'était plutôt en ta faveur.
Quand j'ai vu (ce que tu me disais) que tu étais monté comme un âne, je n'ai pas eu envie que tu bandes comme un cerf. Car tu me faisais saigner et c'était une première fois encore.
Heureusement ça n'arrivait pas souvent puisque j'étais un mauvais coup d'après toi.
Je te disais que tu étais beau comme un camion et toi tu me disais que je ne ressemblais à rien.
Ta peau était douce comme de la soie et j'aimais nos corps nus l'un contre l'autre, nus comme des vers.
Ça m'est arrivé avec toi d'être beurrée comme un petit lu. Mais tu étais le premier à ouvrir mon frigo pour boire comme une éponge.
Tu me demandais de remplir ton tonnelet de whisky car tu as été souvent mon Saint-Bernard. Deux premières fois.
Tu m'as dit que c'était ça qui m'a fait tomber mais je t'ai vu aussi par terre, gris comme un cordelier ou comme un Polonais.
Heureusement, je n'ai pas re-fumé, comme toi, comme un pompier.
Avec toi, je n'osais pas chanter car c'était forcément comme une casserole.
Avec toi, je n'osais pas danser car je me me disais que je le faisais comme un balai.
Je n'osais exprimer mes goûts musicaux car tu es snob comme un pot de chambre.
Ni l'un ni l'autre ne dormions comme des souches mais toi tu ronflais comme un sonneur et quand je t'ai réveillé, involontairement, tu étais méchant comme une teigne alors tu m'as dit que j'étais sale comme un peigne.
Jaloux comme un tigre , tu jurais alors comme un charretier ; mauvais comme la gale, tu gueulais comme un putois des insultes que j'entendais pour la première fois. J'oubliais alors que nous étions parfois heureux comme des poissons dans l'eau, que je te souriais sur les photos comme une ravie de la crèche, comme un crapaud mort d'amour.
Tous ces bons moments ont été noyés lorsque je pleurais comme une Madeleine, pressée comme un citron sous la saleté (que tu m'attribuais) qui sortait de ta bouche.
Con comme la lune, tu ne veux pas reconnaître ce virus que tu m'as transmis, les bonnes choses que j'ai faites pour toi, qu'une femme qui a (eu) des moeurs libres, libérée, libertine n'est pas une s....e.