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L'Atelier d'écriture de Villejean

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16 septembre 2026

Consigne d'écriture AEV 2627-02 du mardi 8 septembre 2026

 

 

Con comme la lune


 

Un bon nombre d’expressions de la langue française utilisent la comparaison. Racontez-nous une histoire, forgez-nous un conte, un poème ou un texte dans lequel vous insérerez 4 ou 5 ou le plus grand nombre possible d’expressions choisies dans la liste ci-dessous, générée d’après le livre « Con comme la lune » de Catherine Guennec et Jean-Jacques Delattre paru aux éditions First en 2019 :


 

Agile comme un singe - Aimable comme une porte de prison - Aller comme un gant - Aller comme un tablier à une vache - Amoureuse comme une (petite) chatte - Arriver comme le marquis de Couille-Verte (ou comme les carabiniers) - Avoir le cul comme une malle arabe - Baiser comme un lapin - Bander comme un cerf - Bâti comme un Hercule - Battre comme plâtre - Bavard comme une pie borgne - Beau comme un camion - Bête comme ses pieds - Beurré comme un petit Lu - Blanc comme un bidet - Blond comme les blés - Boire comme une éponge (ou comme un trou) - Brillant comme le diamant - Cancanier comme une concierge - Chanter comme une casserole - Chaud comme une caille (ou comme un lapin) - Chauve comme un œuf - Chiant (ennuyeux) comme la pluie - Clair comme du jus de chique - Con comme la lune - Courir comme un Basque (un dératé, un perdu) - Danser comme un balai (une soupière, une savate) - Discret comme un rat d’église (comme une tombe) - Doré comme un calice (du miel, les blés mûrs) - Dormir comme une bûche (une souche) - Doux comme (la) soie - Dur comme fer - Épais comme le doigt - Excité comme une puce - Fagoté comme l’as de pique - Fauché comme les blés - Fier comme Artaban - Filer comme l’éclair - Filer comme un pet sur une tringle à rideaux (ou sur la toile cirée) - Fin comme du gros sel - Fort comme un chêne - Frais comme un gardon - Franc comme l’or - Frisé comme un mouton - Froid comme un nez de chien - Fumer comme un pompier - Gai comme un pinson - Gras comme un moine - Gris comme un cordelier (comme un Polonais) – Gros comme une maison - Gueuler comme un putois - Haut comme trois pommes - Heureux comme un poisson dans l’eau - Jaloux comme un tigre - Jurer comme un charretier - Large comme la porte d’Aix (comme une pissotière à huit places) - Léger comme une plume (une bulle de champagne) - Libidineux comme un vieux bouc - Limpide comme de l’eau de roche - Long comme un jour sans pain - Lourd comme un âne mort - Maigre comme un clou - Malade comme un chien - Malin comme un singe - Maquillée comme une voiture volée - Mauvais comme la gale - Méchant comme une teigne - Menteur comme un arracheur de dents (comme un soutien-gorge) - Moche comme un pou - Moelleux comme les fesses d’une couturière (un édredon de plume) - Monté comme un âne - Mou comme une chiffe - Muet comme une carpe - Musclé comme une bête d’orage (un Hercule, un catcheur) - Nager comme un fer à repasser - Noir comme un corbeau - Nu comme un ver - Pâle comme la (un) mort - paresseux comme une couleuvre - Passer comme une lettre à la poste - Pleurer comme une Madeleine - Poilu comme un ours - Presser quelqu’un comme un citron - Profond comme un précipice - Propre comme un sou neuf - Raide comme un passe-lacet - Raisonner comme un tambour - Rapide comme l’éclair - Rire comme un bossu - Ronfler comme un sonneur - Rose comme un radis - Rouge comme une pivoine - Roulée comme une déesse - S’en moquer comme de l’an quarante - S’ennuyer comme un rat mort - Sage comme une image - Sale comme un peigne (comme un cochon) - Sauter comme un cabri - Sec comme un coup de trique - Sérieux comme un pape - Silencieux comme un caveau (une tombe) - Simple comme bonjour - Snob comme un pot de chambre - Solide comme le Pont-Neuf - Souffler comme un bœuf - Sourd comme un pot - Tendre comme la rosée (un agneau) - Têtu comme une mule - Timide comme une jeune mariée (une violette, une gazelle) - Tranquille comme Baptiste - Trembler comme une feuille - Triste comme la pluie - Vert comme l’espérance - Vieux comme Mathusalem (ou comme Hérode ou comme mes robes).
 
 
 
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8 septembre 2026

Consigne d'écriture AEV 2627-01 du mardi 8 septembre 2026

 

Qu’est-ce que j’peux faire ? 

 

Le spectacle de François Morel « La fin du monde est pour dimanche » débute avec l’extrait du film « Pierrot le fou » de Jean-Luc Godard dans lequel Anna Karina marche au bord d’un lac et répète en boucle, en lançant des cailloux dans l’eau, : "Qu’est-ce que je peux faire ? J’sais pas quoi faire !"

 

Le comédien arrive du haut de la salle et lui répond :

 

- Fais du vélo ! Fais des études ! Fais du sport ! Y’a énormément de chose à faire ! Fais...

 

A vous de prendre le relais et de construire un texte en anaphore (1) où vous donnez des conseils d’activités en utilisant un maximum d’expressions avec le verbe faire.

 

(1) Vos paragraphes débuteront tous par « Fais... »

 

Le spectacle de François M. est visible dans son intégralité ici mais il ne faut le dire à personne !

 

 

8 septembre 2026

Fais entrer la lumière / Marie Sylvie

 

 

Fais comme si ce matin t’attendait depuis longtemps.

Tu ouvres la fenêtre pour que l’air frais entre sans brusquer et avec cette douceur qui apaise les premiers instants du jour.

Le quartier semble encore somnoler et retenu dans une tranquillité qui invite à la lenteur.

Fais un pas sur le balcon, juste un, pour sentir si le monde t’accueille.

Il est là, calme et même un peu froissé par la nuit, mais prêt à s’ouvrir doucement.

 

Fais glisser ta main sur la rambarde comme pour t’ancrer dans ce jour naissant.

Les toits s’éveillent sans hâte.

Les arbres frémissent à peine et les chats du voisin s’étirent avec une sérénité contagieuse.

Fais un sourire à la tienne qui vient se frotter contre ta cheville :

Elle connaît tes hésitations,

Tes élans,

Tes recommencements.

Fais confiance à ce rituel du matin car il adoucit toujours ce qui tremble en toi.

 

Fais chauffer de l’eau,

Fais infuser ton thé préféré.

La vapeur s’élève en volutes légères

Et dans ce mouvement tu laisses tes pensées se poser,

Se mêler,

Se clarifier.

Fais tourner tes idées comme des galets dans la paume.

Fais-les glisser contre tes souvenirs.

Fais-les revenir vers toi avec une nuance nouvelle.

Le poème n’est pas encore là mais tu sens qu’il approche tranquillement.

 

Fais un pas vers ton bureau.

Le bois craque sous tes pieds comme un salut discret.

Tu t’assois.

Tu ouvres ton carnet.

Tu relis les premières lignes griffonnées hier soir.

Elles ne te plaisent pas mais fais avec :

Les débuts sont souvent des esquisses avant de devenir des formes.

Fais un trait.

Fais une rature.

Fais une tentative.

L'écrit se déplie lentement comme une fleur qui prend son temps pour s’ouvrir.

Tu sens qu’une cadence douce s’installe.

 

Fais de ce moment un refuge.

Le monde peut attendre.

Les obligations aussi.

Tu écris.

Tu effaces.

Tu recommences.

Tu fais de la place à ce qui naît,

À ce qui s’allège,

À ce qui te ressemble.

Tu fais confiance à ta plume même lorsqu’elle avance à pas feutrés.

Tu fais de cette traversée un chemin paisible,

Une manière de dire que tu es là ,

Attentive,

Présente à toi-même.

 

Fais ce que tu peux,

Fais ce que tu veux,

Fais ce que tu rêves.

Le poème viendra.

Il vient déjà... tout doucement.

8 septembre 2026

Canicule / Maryvonne

 

En cet été caniculaire, il est con comme la lune de se réjouir d'une météo qui va peut-être faire exploser la planète dans les années à venir. Je ne vais pas m'en moquer comme de l'an quarante mais cette météo, ça m'a bien facilité la vie.

 

Déjà c'était simple comme bonjour de s'habiller le matin, excitée comme une puce de vêtir une robe légère ou un simple short et une tunique fleurie qui m'allait comme un gant. C’est fière comme Artaban que je me promenais sur le bord de mer. Pas question d'être fagotée comme l'as de pique !

 

Compte tenu qu'avec la sécheresse le linge séchait rapidement, que nos chaussures n'étaient jamais mouillées, l'appartement restait propre, l'été est passé comme une fleur. Je ne peux pas dire comme une lettre à la poste car La Poste va mal, elle met parfois une semaine pour livrer un pli.

 

Pour préserver la planète (espèce d'hypocrite) je n'allumait pas mon four donc moins de cuisine, sauf quelques langues de chat qui cuisent vite.

 

Vous avez remarqué que nombre d'expressions proposées sont au masculin. Je dirai donc pour être un peu frondeuse qu'avec ma petite fille blonde comme les blés j'ai nagé comme une poisson. Quand les noms de comparaisons sont au féminin c'est presque toujours pour nous dénigrer : comme une porte de prison, comme une vache, comme une pie borgne, comme une casserole, comme une mule, comme la pluie, etc.

 

 

Pour résumer j'ai kiffé cet été beau comme un camion rempli de sable, un soleil brillant comme un diamant dont les couchers explosaient comme un feu d'artifice.

 

Les jours ont filé comme l'éclair, les soirées, légères comme des bulles de champagne, se sont révélées abondantes sans jamais nous retrouver beurrés comme un petit Lu.

 

 

8 septembre 2026

Fai k news / Anne J.

 

Dès le début de la vie, on nous l'a dit :

 

Fais risette a Papy

fais ton rot, mon petit,

fais un sourire à Mamie

 

Quand on a fait nos premiers pas, ça a repris :

 

Fais tes devoirs, mon chéri

fais du judo pour être fort

fais de la boxe, c'est du sport

fais de l'anglais, c'est essentiel

fais des poèmes, tu seras immortel

et fais pas ci et fais pas ça !

 

Et puis on a grandi :

 

Fais pas ta mijaurée

fais le beau

fais pas ta bêcheuse

fais pas ton cinéma

fais ce que tu peux

fais ce qu'il faut

fais ce que tu as a faire

et fais le bien

sinon c'est la fessée

 

Fais moi un petit café

fais moi un gâteau

fais nous des frites

c'est fête !

 

Fais la vaisselle

fais la cuisine

fais le ménage

fais-moi un bébé

sois fair-play

ne sois pas feignante

ou féministe

 

Fais ton job

fais chabrot

fais-nous rire

fais-nous pleurer

fais-moi peur

fais-moi mal, Johnny , fais-moi mal !

 

Et puis ne fais plus rien

et fais pas chier

ne faiblis pas

fais ton testament

fais ton dernier voyage

fais ta prière, Tom Dooley,

demain tu vas mourir !

 

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8 septembre 2026

Rends-moi mon métallophone ! / Jean-Paul

 

- Qu'est-ce que j’peux faire ? J’ sais pas quoi faire !


 

- Fais le tour du lac ! Fais le chemin de Compostelle ! Fais l'ascension de Mons-en-Pévèle ! Fais des fricadelles, des tagliatelles ! Fais des voyages en caravelle ! Fais de la dentelle !

 

- Qu'est-ce que j’peux faire ? J’ sais pas quoi faire !


 

- Fais l'Italie en Ferrari, en Fiat ou en Lamborghini ! Fais un tour en gondole à Venise, n'écoute surtout pas Sheila et Ringo ni Charles Aznavour et François Dorin qui trouvent que c'est triste ! Plonge dans la fontaine de Trevi, appelle Marcello et gagne le gros lot ! Fais-toi un festival Fellini, Dolce Vita, Satyricon, Amarcord et Casanova.
 

- Qu'est-ce que j’peux faire ? J’ sais pas quoi faire !
 

- Fais l'Espagne, la Costa Brava, Barcelone et sa Rambla, Grenade et son Alhambra ! Fais ton Don Quichotte et son Sancho Pança ! Sois fille perdue dans La Mancha, fais le taureau dans la corrida, mets les pieds dans le plat de la paella !


 

- Qu'est-ce que j’peux faire ? J’ sais pas quoi faire !


 

- Fais la nouba, fais la java, fais toi un mec, séduis un gars ! Fais lui des scènes, fais le marner ! Fais-le tourner en bourrique, fais lui dépenser son fric ! Fais ta sadique ! Fait qu'il s’entiche, fais du cinoche, fais ta Binoche, pique son artiche ! Fais du ping-pong, fais du qi gong, fais du jogging, fais du running sur le parking du Burger King ! Revois King Kong ! Fais du shopping, vide ton dressing ! Frappe sur le gong, mate Julien Song, enfile tes tongs, passe l'aspi dans ton living, coupe-toi les ongles, montre ton string et tes piercings !


 

- Qu'est-ce que j’peux faire ? J’ sais pas quoi faire !


 

- Fais le mur, fais-toi la belle ! Brûle le dur, sors les poubelles ! Fais une halte à Méribel ! Brûle un cierge pour Balladur ! Fais s'envoler des ritournelles, pars à l'aventure au Sahel, suis les traces des semelles d'Arthur.

 

https://www.museecompagnonnage.fr/en/node/32780

 

- Qu'est-ce que j’peux faire ? J’ sais pas quoi faire !


- Fais du boudin ou fais la gueule ! Fais ta catin ou ta bégueule ! Saute dans le ravin, plonge dans la Deûle ! Fonce à 120 sur ta vieille meule, vois des copains, reste pas seule. Et surtout, Marianne... Arrête de m’appeler à l'heure du déjeuner tous les jours et de me tenir la jambe aussi longtemps ! Mon plat refroidit pendant ce temps-là. Après, je dois le réchauffer et avec le bousin du micro-ondes, je n'entends pas la question banco du Jeu des 1000 euros !

9 juin 2026

Consigne d'écriture AEV 2526-30 du mardi 9 juin 2026


Disparus du Larousse 2


Voici une autre liste de mots disparus du dictionnaire Larousse. Saurez-vous les utiliser de manière à réécrire une fable, une chanson, un poème ou un texte connus en remplaçant les mots par des mots comprenant le même nombre de syllabes ? Vous pouvez modifier la syntaxe et inventer vous-même des mots dérivés de ceux-ci pour respecter les rimes des poèmes.

 


Si l’exercice vous paraît trop difficile, écrivez un texte dans lequel vous insérerez au moins huit de ces mots en faisant comme s’ils étaient compréhensibles de tout le monde aujourd’hui.

Verbe

Nom masculin

Nom féminin

Adjectif

Adverbe

Gabarier

galantin

géline

gâcheux

grotesquement

Se gaudir

gargotage

gobille

grasset

luxurieusement

gasconner

garus

gorgerette

hyémal

maussadement

giboyer

gibelet

gueusaille

ignicole

monacalement

gobelotter

guilleri

grattelle

indigète

mondainement

godailler

hachereau

hyperdulie

kysteux

mystiquement

gueuser

halot

jaserie

lanice

couardement

harper

icoglan

jarosse

laqueux

 

holllander

jaseron

macaronée

malévole

 

interfolier

kabak

macque

malpeigné

 

jobarder

lendore

mandore

Mignot,e

 

jouailler

lucumon

margot

morbifique

 

liarder

maltôtier

métalepse

multiflore

 

Se mécompter

marasca

mignotise

Duret,te

 

morguer

masulipatam

muscadelle

diadelphe

 

mugueter

méchef

étrape

Coriacé,e

 

camphrer

chaudeau

cirure

chancreux

 

caloyer

cadis

cacade

bursal

 

bistrer

boucaut

berle

besaigre

 

aborner

bard

basquine

aquatile

 

empoisser

amict

baïoque

aduste

 



Textes suggérés pour une traduction en « Larousse ancien » :

Début de Du côté de chez Swann / Proust

La Cigale et la fourmi / La Fontaine 
Le Renard et le corbeau / La Fontaine 
Le Dormeur du val / Rimbaud 
Après la bataille / Victor Hugo 
Les Conquérants / José Maria de Heredia 
En sortant de l’école / Jacques Prévert 
Les Bonbons / Jacques Brel 
Le Tord-boyaux / Pierre Perret 
La Mauvaise réputation / Georges Brassens 
Padam / Edith Piaf 
Siffler sur la colline / Joe Dassin 
Manu / Renaud

Chansons de Charles Trénet, Georges Brassens, Serge Gainsbourg, Jacques Brel, Edith Piaf, etc.
9 juin 2026

Sur l'air de la grenouille qui veut se faire plus grosse que le boeuf / Anne J.

 

 

Une gobille vit kaback

Qui lui sembla sûrement grasset.

 

Elle, soudain mignote d'un coup, se gasconne morbifaque,

Malévole se morgue, enfle liardet

Pour caloyer l'animal en baïoque,

Disant : « Abornez bien, ma vioque,

Est ce assez ? Camphrez-moi : empoissé-je assez ?

Nenni ? Trop besaigre deviendrais je, enfin ?

 

- Encore un peu, masulipatam vous serez...

Et non : vous voilà marascin !

 

Le monde est si plein de stupides jaserons

Qu'il vaut mieux chanter faux des refrains guilleré

Que de bistrer chez Bolloré !

Macaronons et résistons !

 

9 juin 2026

La nuit je récite / Laura

 

Pour gabarier ma nuit
Et oublier les galantins hypocrites
Je récite Le Pater et Je vous salue Marie
Fantaisie, la fourmi, la cigale

 

 

Les  gélines dorment
Dans leur enclos gâcheux
Et les fantômes hantent
Grotesquement les cieux

 

« Un homme qui dort tient en cercle
Autour de lui le fil des heures»

Une femme se gaudit de ne
Pas faire de gargotage

 

Je  tente d'oublier les insultes
Comme des gobilles chassées
Par les mots doux et les loupes
Son corps n'est pas grasset mais efflanqué

 

La nuit je récite « Le Renard et le corbeau »
Alors que les fantasmes au repos
Attendent qu'on les réalise luxurieusement
Le garus fait son effet sur les saletés

 

Que j'ingurgite malgré moi
Je dors sans gorgerette
Juste de ne pas avoir froid
Mais pas de nuisette

 

La nuit s'étend maussadement
Sur le Dormeur du Val
Alors que le noir total
Tombe sur les amants

9 juin 2026

Le Renard et le corbeau / Marie Sylvie

 

 

Sur un Chêne hyémal 

Un Corbeau monacalement perché  gobelottait   

un gibelet trouvé par hasard  

Luisant comme une muscadelle au soleil du matin.  

 

Un Renard grasset mais l’œil malévole

Gasconnant de plaisir devant ce festin suspendu

S’approcha couardement 

Feignant la mondanité.

 

Ô vous noble oiseau ! 

Si diadelphe est votre plumage

Si mystiquement chante la gorge indigète que doit être votre voix !  

Sans doute pourrait-elle émouvoir même un lucumon.

 

Le Corbeau tout gâcheux de vanité

Se gaudit de ces paroles mignotes.  

Il ouvre son bec laqueux pour chanter grotesquement …  

et son gibelet d’un coup tombe dans la gueusaille des feuilles.  

 

Le Renard prompt comme un halot

S’en empare et file

Coriacé 

Vers les fourrés.  

 

Le Corbeau 

Maussadement

Comprend qu’il s'est mécompté.  

 

Et le vent passant entre les branches

Semble murmurer :  

Qui se laisse jobarder perd souvent plus qu’un simple repas.

 

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