Si tu as envie de rêver, vas-y, exagère ! Ce n’est pas tous les jours qu’on tombe dans un terrier après s’être lancé à la poursuite d’un lapin blanc porteur d’une montre à gousset et d’un phylactère au-dessus de sa tête annonçant « Je suis en retard ! ».
Ne pas lire tue et toi tu ne risques pas de mourir parce que tu as très vite compris qu’il s’agit ici du jardin secret de monsieur Lewis Carroll. Mais de te retrouver là ça te fait un effet mi-figue mi-raisin. Dans le pain des rêves de l’enfance ce récit des aventures d’Alice est certes un moment unique, hors du temps, mais avec son humour noir sur la ville, la jelly anglaise qui recouvre le pays des merveilles ne rend pas vraiment zen le petit lecteur.
Maintenant qui sait si, dans la nouvelle version en réalité virtuelle qui t’est proposée sous forme d’"escape game" ou de séance de cinéma en 3D, tu ne vas pas rencontrer de bien pires créatures encore que Twiddledum et Twiddledee, la duchesse au bébé qui pleure et la reine rouge qui veut couper des têtes ?
Est-ce que tu vas rire seulement dans l’impasse du Haha ? Sachant que ce n’est pas « Ah Ah » mais « haha » et que ça change tout. Un haha est un rempart d’un mètre de hauteur destiné à arrêter l’élan des chevaux ennemis à l’assaut du château.
Si l’enfance est un paradis, peut-on s’y promener sans soucis si l’univers est imaginé par des adultes dont on ne sait rien?Il faut distinguer l’homme de l’oeuvre mais si l’on suspecte le prof de maths photographe d’être à ses heures pédophile, n’y a-t-il pas lieu de se faire un sang d’encre ?
Au chat jaune de Chester – ou du Cheshire – quel animal à tête noire va se substituer ? Qui t’attend dans la rue de la Tour aux chouettes? Il paraît qu’au soleil couchant, là où habite, au 15, la pire des princesses, on entend le cri de l’ormeau et que ça fait claquer des quenottes.
Tadam ! Shazam ! Tatatsin ! Dans la mythologie bretonne le farfadet qu’on appelle aussi korrigan va peut-être t’obliger à jouer de la musique toute la nuit. Quant à comprendre pourquoi celui qui t’alpague te prend pour un Italien…
- Fais-nous danser, Signore Gavroche ! Plaque des accords sur le piano bleu !
- Mais… je ne suis que guitariste ! Je vais forcément faire des fausses notes !
- Mais non, tu vas voir, c’est magique par ici. N’aie aucune crainte, Signore, on ne tisse pas des liens avec la peur de faire des nœuds ! Joue nous « Auprès de mon arbre » de Georges Brassens !
Et tu constates que c’est vrai. Sur l’ébène et l’ivoire tes doigts imprévisibles font des miracles, ils ont des jolies trouvailles pour orner de contre-chants « La petite marguerite » et toutes ces chansons de la belle époque (1950-1980) du poète sétois.
Au bout de la nuit finissent les délices de la danse. Les korrigans te récompensent. Ils t’envoient rue du Grand boulevard.
- Ça s’appelle « Chez Simonne », Signore, mais ça n’a rien à voir avec Yves Montand puisque c’est écrit avec deux « n ». D’ailleurs, son vrai nom c’est Ivo Livi !
- Tu diras que tu viens de notre part et qu’il fait un temps à s’aimer. Parce que c’est toi, parce que tu as la tête du gendre idéal, tu auras peut-être le droit d’accéder aux dessous d’Agathe, de goûter aux baisers légèrement sucrés de Mademoiselle Bloom ou au grand jeu de « Moscou-Moscou pas » de Madame Prunier.
En aparté, tu doutes. Et de fait, une fois rendu à l’adresse indiquée, aucune Églantine ne t’attend, aucun piment au rendez-vous. Tu ne trouves qu’une plaque de médecin : Fred Le Voyeur.
Un plaisantin a apposé dessous un autocollant sur lequel on peut lire « Ça pue d’épier ».
***
Etc. Etc. On peut alimenter le récit de ce rêve avec ce que l’on voit sur les murs peints de Saint-Brieuc : cette fille rouge la tête à l’envers, ces animaux qui essaient de décrocher une étoile, ce porteur de champignons, ce caméléon gigantesque…
***
Reste à y coller le mot « fin » sous forme d’une chute dans le Gouëdic depuis le viaduc prévenant, brut de pomme : « Sortie non salée ». Mais bon ça ne plaira pas aux acrophobes ! Est-ce en empruntant le chemin des palefreniers que tu retrouveras, de manière plus douce, ton écurie ou ton paddock. Paddock ?
Oui, c’est là qu’elle est la sortie, dans le passage Georges Brassens. Si tu as envie de te réveiller, exagère ! Convoque les fantômes de Georges !
« Mais, foin des délices de Capoue,
C'était mon père criant : "Debout,
Vains dieux, tu vas manquer la messe !".
C’est le rapprochement de deux mots dont le son est à peu près semblable mais dont le sens est différent.
Exemples : Tu parles, Charles – Lingère légère – Un halo de haletante haleine – Il pleure dans mon coeur comme il pleut sur la ville – Bizarre, beaux-arts, baiser – Mouton moutarde – Paveur, pavé, pavot.
1) A partir du texte ci-dessous cherchez des mots qui ont une sonorité proche et qui pourraient les remplacer.
2) Avec tout ce vocabulaire écrivez un texte qui raconte l’histoire de Saint-Georges de manière complètement surréaliste ; ou sinon, toujours avec ces mots, écrivez un texte qui illustre une des deux images ci-dessous.
"Georges de Lydda naît en Cappadoce, dans une famille chrétienne. Militaire, il devient officier dans l'armée romaine ; il est élevé par l'empereur Dioclétien
aux premiers grades de l'armée.
Un jour il traverse la ville de Silène dans la province romaine de Libye, sur son cheval blanc. La cité est terrorisée par un redoutable dragon qui dévore tous les animaux de la contrée et exige des habitants un tribut quotidien de deux jeunes gens tirés au sort. Georges arrive le jour où le sort tombe sur la fille du roi, au moment où celle-ci va être victime du monstre. Georges engage avec le dragon un combat acharné ; avec l'aide du Christ, et après un signe de croix, il le transperce de sa lance. La princesse est délivrée et le dragon la suit comme un chien fidèle jusqu'à la cité. Les habitants de la ville ayant accepté de se convertir au christianisme et de recevoir le baptême, Georges tue le dragon d'un coup de cimeterre, car il les effrayait toujours, puis le cadavre de la bête est traîné hors des murs de la ville, tiré par quatre bœufs."
Il s'agit de deux représentations de Sainte Marie-Madeleine chevauchant la bête de l'Apocalypse. La première nous a été aimablement fournie par Dame Adrienne qui a photographié ce haut-relief en l'église Saint-Gervais-Saint-Protais de Gisors (Eure). Le tableau, lui, serait dû à un peintre du Cercle d'Anthuenis Claeissins (16e siècle).
Certains blâment la flamme olympique qui pique leur fric. Les jeux font des nœuds de jalousie. Bien des liens se nouent et se dénouent. La principale princesse, en croupe avec la coupe, dresse avec adresse le trophée comme une fée. Avec elle, elle prend le chemin du stade et de la parade. Combien de chiens cheminent en promenade vers la promesse de la gloire du sautoir ? Vous pourrez voir : la course de l'ours, la nage du sage. Les épreuves pleuvent dans l'arène de la reine mais ce ne sera pas à Rennes.
Les matchs de catch, la natation pour la nation, la lutte près du but. Le saut en hauteur pour auteurs d’exploits, le cyclisme sans tourisme, l'escrime sans le crime, l'aviron qui tourne en rond.
La gymnastique sympathique, le hockey sans hoquet, le patinage sans badinage, la luge sans le déluge. La tentation de l'équitation sur l'hydre de l'hydrographe.
Vous verrez tout un peuple qui meuble les gradins avec les gamins qui attendent les gadins. Un spectacle qui tacle les nuls et glorifie le rififi. Un monde qui gronde, qui pète le feu, les jeux quoi !
Lydie Capablanca est bien capable de ça : être née dans un rire à gorge déployée de sa maman Crystelle parce que la sage-femme prétendait qu’« Y a pas d’os, pour une famille de Cappadoce qu’ a pas d’as, de tierce ni de sesterces, pourvu qu’elle ne soit pas brétilienne, christique ou crétine, si le père de l’enfant est facteur et s’appelle Crésus. L’accouchement se présente bien et l’enfant par le siège ! ». Dans le sillage parfait du rire et sans péridurale dans le procédural le bébé ébaubi fut expulsé, propulsé, baptisé en un rien de temps.
Lidye que l’on ôta du tas de placenta, ça lui plut plus qu’on ne croit d’être née chez des niais qui ne déniaient pas le portement de croix et daignaient pratiquer, sans crise, sauf quand on boit et ce plus qu’une fois, cette nouvelle foi.
Quand elle fut plus grande elle se fit appeler Georges, brûla son soutien-gorge et devint militante verte chez Quechua, c’était là son choix.
- D’autres jouent les mirliflores, les miliciens terre de sienne, d’autres malicieux tergiversent et font des vers de mirliton, grand bien leur fasse aux fesses ! leur dis-je en face ou à confesse !
Qu’elle assumât son credo sans chichi comme le rikishi son sumo et les crottes de son chow-chow c’était à mettre à son crédit.
Bientôt elle rejoignit l’empire Biocoop, participa aux algarades de Crimée, fit la grève à Saint-Michel rapport aux algues vertes. Elle battit la campagne vêtue de son seul pagne, brandissant haut dans le ciel rouge la flamme olympique d’Olympe de Gouges – à moins que ce ne fût de la bière dans un fût ou des œufs de lump dans un pot-aux-roses.
Elle fut vite élevée car étant bonne élève - et pas écervelée comme ces cervidés qui vivent en troupeau et descendent cervoise anversoise ou bretonne - au grade d’officier au fessier à couper le sifflet. Ce par courrier officiel, ce qui fit persifler, persiller les soldats serpillières qui traînaient dans les rangs leurs bras blancs ballants et leurs chants barbants de barbeaux du Brabant (parfois la légion héberge du Belge).
Selon une première version de ses faits d’armes de fedayine pour laquelle les invertis investis et avertis n’ont qu’aversion, il advint qu’en provenance de la province de Provins, sur le dos de Sextet, son cheval à sept têtes de Septime sévère sans centimes en septembre, Lydie-Georges parvint en Libye sans avoir d’alibi pour avoir déserté autre que de désirer errer en déshérence dans le désert avec aisance (car iel avait un GPS). Elle y affronta à coups de paquets de Bonux Mylène Farmer la lascive qui rejetait là sa lessive, ses eaux sales, son Mir laine et polluait au détergent la fontaine de Castor et Pollux. Témoignerait de cet exploit, à l’entrée du port de Ra’s Lanuf une statue de la Libertine que l’on n’a jamais retrouvée (et pourtant elle tourne encore).
Tout comme la Vénus est hottentote, la vérité toute nue est autre et sort de la douche des enfants : un jour que il ou elle ou iel traversait en silence la ville de Silène mais avec vigilance car à Larmor-Baden et sur les rives de rêve de la Vilaine à Rennes on enseigne la prudence, sa bête d’apocalypse nommée « Époque-à-slips » fleura l’eucalyptus et l’embrouille pas mini. L’animal se cabra devant une de ses congénères, une énorme drag-queen qui mangeait des bottines, un énorme dragon qui mangeait des boutons.
L’immonde immense monstre en était même rendu à rançonner le monde exigu, indigent, indigné de ces petites gens qui venaient présenter sous son nez au lieu d’armes rebelles du saucisson à tronçonner, au lieu de brebis belles leurs moutards, sans moutarde et sans moufter. Le sort de hareng saur, de victime expiatoire pour peine exécutoire d’allure shakespearienne était tombé ce jour sur la fille du roi. Belle proie pour bête pouah !
Comment Lydie aida le souverain riverain, comment la femme-soldat vint à bout sans tabou de l’infâme laide bête je vous le conterais bien car le Gascon trait bien l’histoire qui l’allaite et le lecteur de Tarbes halète quand la pomme est posée sur la tête d’enfant mais de fête vous n’aurez pas car de fait, soudain, il fut vingt heures. Vingt heures ! L’heure de Vinteuil chez Verdurin ! Le vent vainqueur s’en vint moqueur voler tous les espoirs que j’avais en mon coeur de vanter zélateur la conversion divertissante, la transformation sexuelle et verdissante de l’eschatologiste en écologiste.
Déplorons, ô mon zèle que j’ai hébété, que y’a plus qu’à attendre un autre jour de délire libyen de Lydie pour aboutir près d’Aboukir à une version transgenre (LGBTQIA+?) de « Saint-Georges et la drag queen » !
Pour la première fois depuis fort longtemps, elle savait quoi faire de ses deux bras, au lieu de garder bêtement les mains jointes contre son ventre.
La main gauche crânement appuyée sur la hanche, la main droite tenant à bout de bras le bilboquet qu’elle apportait en cadeau à son cousin Henri, elle caracolait, assise fièrement en amazone sur le dos de son chien à sept têtes.
Fière, oui ! elle l’était. De sa robe rose, de son toutou rose, dont les sept têtes étaient de véritables lance-flammes, ce qui était bien utile pour allumer le barbecue.
Elle devait juste apprendre à doser le jet, l’arrêt pique-nique avait été plutôt dévastateur pour la ville où ils avaient fait halte : le parc ombragé et les chaumières tout autour n’avaient pas résisté.
– C’est tout de même incroyable, dit-elle de son air le plus courroucé aux deux barbus contrits, implorant sa mansuétude.
Depuis qu’elle avait quitté son cadre, elle ne cessait de s’exclamer « C’est tout de même incroyable ! », ce qui n’est pas tellement étonnant, vu le nombre d’années passées accrochée au mur du musée de Rennes, un tas de choses avaient bien changé entre-temps.
– C’est tout de même incroyable ! Qu’est-ce qui n’était pas clair dans mon message ? Tout le monde porte quelque chose de rose, sauf vous deux!
– C’est que nous sommes daltoniens ! imploraient les deux barbus.
Alors derrière eux le petit Henri cessa de geindre : il l’aurait, son bilboquet !
***
Merci à Joe Krapov pour ce tableau et celui d’Isaure Chassériau, qu’il aime mettre à toutes les sauces.
On décide de réécrire les définitions du "Dictionnaire des idées reçues" de Gustave Flaubert.
Chacun reçoit pour ce faire les définitions de la lettre A de l'original pour en comprendre l'esprit et les entrées seules d'une ou deux lettres du dictionnaire.
A
Académie française. La dénigrer, mais tâcher d’en faire partie si on peut.
Agriculture. Manque de bras.
Affaires. Passent avant tout ; Une femme doit éviter de parler des siennes ; Sont dans la vie ce qu’il y a de plus important ; Tout est là.
Airain. Métal de l’antiquité.
Albâtre. Sert à décrire les plus belles parties du corps de la femme.
Allemands. Peuple de rêveurs (vieux).
Ange. Fait bien en amour et en littérature.
Argent. Cause de tout le mal ; Dire : Auri sacra fames.
Architectes. Tous imbéciles ; Oublient toujours l’escalier des maisons.
Architecture. Il n’y a que quatre ordres d’architecture ; Bien entendu qu’on ne compte pas l’égyptien, le cyclopéen, l’assyrien, l’indien, le chinois, gothique, roman, etc.
Aspic. Animal connu par le panier de figues de Cléopâtre.
Astronomie. Belle science ; Très utile pour (n’est utile que pour) la marine ; Et, à ce propos, rire de l’astrologie.
Athée. Un peuple d’athées ne saurait subsister.
Auteur. On doit « connaître des auteurs » ; inutile de savoir leur nom.
Autruche. Digère les pierres.
Avocats. Trop d’avocats à la Chambre ; Ont le jugement faussé ; Dire d’un avocat qui parle mal : oui, mais il est fort en droit.
Abricots. Nous n’en aurons pas encore cette année.
Alcoolisme. Cause de toutes les maladies modernes.
Archimède. Dire à son nom : « Eurèka » ; « Donnez-moi un point d’appui et je soulèverai le monde. » — Il y a encore la vis d’Archimède ; mais on n’est pas tenu de savoir en quoi elle consiste.
Abélard. Inutile d’avoir la moindre idée de sa philosophie, ni même de connaître le titre de ses ouvrages ; Faire une allusion discrète à la mutilation opérée sur lui par Fulbert ; Tombeau d’Héloïse et d’Abélard ; si l’on vous prouve qu’il est faux, s’écrier : « Vous m’ôtez mes illusions. »
Absinthe. Poison extra-violent ; A tué plus de soldats que les Bédouins.
Actrices. La perte des fils de famille ; Sont d’une lubricité effrayante, se livrent à des orgies, avalent des millions (finissent à l’hôpital) ; Pardon ! il y en a qui sont bonnes mères de famille !
Air. Toujours se méfier des courants d’air ; Invariablement le fond de l’air est en contradiction avec la température : si elle est chaude, il est froid, et l’inverse.
Antiquité. Et tout ce qui se (sic) rapporte, poncif, embêtant.
Antiquités (Les). Sont toujours de fabrication moderne.
Amérique. Bel exemple d’injustice : c’est Colomb qui la découvrit et elle tient son nom d’Améric Vespucci ; Faire une tirade sur le self-government.
Appartement de garçon. Toujours en désordre ; Avec des colifichets de femme traînant çà et là ; Odeur de cigarette ; On doit y trouver des choses extraordinaires.
Anglais. Tous riches.
Anglaises. S’étonner de ce qu’elles ont de jolis enfants.
Artistes. Tous farceurs ; Vanter leur désintéressement (vieux) ; S’étonner de ce qu’ils sont habillés comme tout le monde (vieux) ; Gagnent des sommes folles, mais les jettent par les fenêtres ; Souvent invités à dîner en ville ; Femme artiste ne peut être qu’une catin.
Arsenic. Se trouve partout. Rappeler Mme Lafarge (?) ; Cependant, il y a des peuples qui en mangent.
Arts. Sont bien inutiles, puisqu’on les remplace par des machines qui fabriquent même plus promptement.
Daguerréotype : Le Daguerréotype n’a rien à voir avec le type qui a connu Agnès Varda à l’époque où elle habitait naguère la rue Daguerre. C’est bien plus vieux que cela. Ça date d’avant la guerre. C’est le nom des premières photographies, celle que l’on prenait en demandant aux gens de garder la pose un assez long temps sans bouger, comme pour Cléo de 5 à 7.
Damas : De nos jours plus personne n’emprunte le chemin de Damas. Faut dire que ça fait bien dix ans qu’il y a la guerre là-bas.
Dauphin (1) : Comme nous n’avons plus de roi, nous n’avons plus de dauphin. C’est vrai que, à la place, nous avons Jupiter mais lui qui nous donne des leçons de réarmement démographique a bien pris soin de ne pas faire de mômes !
Dauphine : Comme nous n’avons plus de reine, nous n’avons plus de dauphine. Même chez Renault ils n’en font plus. Pourtant elle avait de jolies rondeurs, cette voiture. Un peu comme Laure Manaudou qui est maintenant, dans sa cuisine, la championne des pommes Dauphine !
Dauphin (2) : A ce poisson intelligent on a toujours préféré pour la décorations des flippers la pin-up un peu bête dont les seins proéminent et le fessier poudroie.
Débauche (1) : Autrefois sur la toile elle était toujours de couleurs, la débauche. Maintenant, sur la toile, elle est bien souvent de fake-news (défèque-niouzes en bon français), la débauche.
Débauche (2) : Encore une histoire de pluriel irrégulier : un Allemand, débauche.
Décoration : Depuis que la décoration de la Légion d’honneur est un fac-simile de la pierre de Rosette en résine synthétique et en grandeur nature, plus personne ne veut être fait chevalier de cet ordre ! Ah non. Je confonds. C’est depuis qu’on s’est rendu compte qu’on l’avait donnée à Gérard Depardieu, Roman Polanski et Harvey Weinstein !
Décor de théâtre : Plus besoin ! On joue maintenant toutes les pièces sur un plateau vide. Plus besoin de costumes non plus :Tartuffe est transposé au XXIe siècle et tous les acteurs sont à poil.
Dent : Si les tiennes ne rayent pas le parquet, tu ne posséderas pas une Rolex à cinquante ans et donc tu auras raté ta vie.
Descartes : Ce philosophe adore nous emmener dans la cuisine pour qu’on y fasse semblant de connaître le latin : tout le monde connaît son « cogito ergo sum » qu’il faut traduire par « L’Empereur Hiro-Hito monte sur ses ergots quand il sort de son somme ».
Décorum (1) : Rime riche à « péplum », surtout dans le Cléopâtre de Joseph L. Mankiewicz (1963)
Décorum (2) : Faux ami car c’est généralement sans décorum qu’on périt en prononçant les mots « Dulce et decorum est pro patria mori ».
Déicide : Mot qui ne sert plus à rien pour deux raisons :
1) Friedrich Nietzsche a décrété que Dieu est mort et Georges Brassens a chanté que les morts sont tous des braves types. On ne va pas aller en rajouter derrière, non ?
2) Aujourd’hui encore nous sommes plongés dans de multiples guerres de religions et personne n’écoute plus Renaud Séchan quand il chante « Tuez vos dieux à tout jamais Sous aucune croix l’amour ne se plaît ».
Démêloir : En matière de système pileux il est recommandé de lire le dictionnaire en commençant par la fin. On débute par tignasse, tif , Sanson, raie, peigne, Luchini, chevelure et on termine par chauve qui peut, calvitie et boule à zéro.
Député : On est très souvent dépité par ce que peuvent inventer les députés. Et souvent on se dit que ces braves gens sont tellement malades dans leur tête qu’ils devraient garder la chambre.
Désert : La planète est tellement outrée et scandalisée par le traitement que les homme font subir à la nature que parfois, en Mongolie, le désert dégobille.
Dessert (1) : Il est le dernier traditionaliste qui accepte de danser la farandole.
Dessert (2) : Il n’existe pas de carmagnole des desserts.
Dessert (3) : Si tu en as repris trois fois, du dessert, desserre… ta ceinture !
Diamant : C’est le meilleur ami de la femme mais moi je me méfie beaucoup des amis de ma femme (surtout de celles qui sont homosexuelles !).
Diligence : Finalement elles seraient peut-être bien plus rapides qu’un train Ouigo annulé !
Dévouement : Animer un atelier d’écriture pendant vingt ans, est-ce du dévouement ? Du masochisme ? De la perversité ? Je vais en parler à mon cheval, c’est un animal très dévoué qui a le téléphone sous la queue.
Dictionnaire : A cheval donné, on ne compte pas les dents. A dictionnaire des idées reçues non plus bien qu’il ne manque jamais de mordant si c’est Flaubert qui l’a conçu.
Dictionnaire de rimes : Ne sert plus qu’aux pondeurs de rap.
Dieu : Paraîtrait qu’il est mort d’après Madame Nietzsche, la concierge du n° 2 qui épluche tous les jours la page obsèques du journal « Ouest-France ».
Dilettante : Quelquefois, comme dans l’histoire du cigare de Freud qui est juste un cigare, la dilettante n’est que l’épouse du diletoncle.
WAGNER : Musicien tonitruant adoré par certains Allemands peu fréquentables. Il a donné des idées de décoration extravagantes à son ami Louis. Un dictateur fou et sanguinaire l’affectionnait.
JALOUSIE : Petit entrebâillement au travers duquel on découvre qu’on n’est plus le-la préféré (e ). On peut y glisser un fusil pour tuer son-sa rival(e).
JANSÉNISTES : Corbeaux accusateurs décidant du sort des hommes et des femmes de leur époque en accordant ou pas une grâce divine dont ils se croient propriétaires.
JÉSUITES : Ennemis des précédents. Ils passent leur vie à choisir de ne pas choisir le meilleur choix à moins que ça ne soit l’inverse en se posant 5000 questions par jour. Ce sont les aficionados d’un certain Ignace.
JABADAO : Danse bretonne faite de rondes et de figures, honnies par les jésuites et les jansénistes pour une fois d’accord en raison du caractère dépravé de cette activité. Danser la jabadao est un équivalent de « courir la gueuse ou la galipotte » comme on dit au Québec.
JARDIN ANGLAIS : Par opposition au jardin français, nature à l’état brut ou presque. Se dit d’un jardin où le propriétaire n’en fait pas lourd.
JOURNAUX : Au singulier Journal. Terme ancien désignant un moyen d’information, désormais obsolète, remplacé par réseaux sociaux, Tik tok, Instagram etc … Ramassis de nouvelles plus ou moins vraies et toujours mauvaises. Sert désormais à allumer le poêle ou à bourrer les chaussures mouillées.
JARNAC : Village du Sud-Ouest de la France où l’on fait des coups tordus.
JOCKEY : Petit jeune homme changeant souvent de casquette, gagnant sa vie en martyrisant un animal qui ne lui a rien fait et se nourrissant exclusivement de fromage blanc à 0 %. Un disque jockey est un homme jeune qui mange des disques en boite (de conserve).
JUSTICE : Principe selon lequel le puissant essaie de berner le faible avec l’aide de règlements qu’il a faits lui-même et qu il prétend justes. Écraser sous sa botte la tête ou autre chose d’un plus faible que soi est une façon de rendre justice. La preuve que c’est un pouvoir est contenue dans les mots que l’on utilise : palais de justice, officiers de justice, huissiers de justice, décrets de justices, ça ne fait pas rêver et parle plutôt d’injustice.
JEUX : Activité à laquelle on s’adonne à tous les âges de la vie mais de préférence au début et à la fin ; activité qui peut être répréhensible : jeux d’argent, jeux de hasard, jeux de mains, jeux de vilains voire jeu de dames ou jeu d’échecs ou jeux interdits. « Jeux interdits » est un air de guitare que le mauvais guitariste amoureux utilise pour séduire sa belle.
JUBÉ : Grillage parfois très décoré , emprisonnant les miasmes de la religion et les rites pour que l’on ne comprenne pas. Le jubé de la chapelle de Kerfons à Ploubezre est remarquable.
Sub/objectif est une revue de photographie de l'Université de Rennes dans laquelle on publie des photos argentiques, essentiellement en noir et blanc. Nous avons ôté les agrafes centrales de ce portfolio. Pour les besoins de l'édition les photos se sont trouvées associées deux par deux sur une feuille 21 x 29,7 cm au format paysage. Le hasard fait donc voisiner "Instant de victoire" et "Ogres", Lisamé H. et Tristan B.
Le hasard ? Un simple voisinage ? Peut-être, mais vous qui êtes le "Deus ex machina" ou une écrivante imaginative ce jour, vous allez nous raconter le lien qui existe entre ces deux photos, ce qui se passe entre les deux. Rédigez un récit qui sera inspiré et illustré par ces deux photos.