Cette semaine nous sommes séduits par l'idée d'apposer l'étiquette rouge « Photo non facturée » sur le portrait officiel du Président de la République française. Non pas sur celui qui est affiché sous verre et sous cadre dans la mairie de Rennes mais sur une de ces copies numériques disponibles sur Internet. À notre sens, ce collage totalement surréaliste n'a rien d'offensant, d’injurieux ni même d'agressif, c'est juste une bêtise destinée à faire rire à cause du côté décalé de ce commentaire. D'ailleurs, tout le monde a ri quand nous avons soumis le concept à l'atelier d'écriture mais ces dames nous ont refroidi. Ce serait, paraît-il, aussi blasphématoire que la publication des caricatures de Mahomet dans Charlie Hebdo.
- Fais le mais garde le pour toi, ne publie pas ! m'a t on dit.
Cette semaine nous sommes intrigués. Le fait d'avoir posé par écrit cette idée de gag n'est-il pas assimilable au délit d'association de malfaiteurs ? Les dames qui m'ont écouté seront-elles elles aussi embarquées comme étant des malfaitrices ? Qui nous portera des oranges à la prison de la Santé ? Nicolas Sarkozy, notre voisin, nous signera t il un autographe ?
Cette semaine nous sommes amusés par cette pratique récemment découverte, la photo non facturée. Nous devons, pour qu’on la comprenne bien, rappeler à ces jeunes gens ébahis qui ont moins de vingt ans et ne peuvent pas tout connaître le processus d'acquisition d'une image photographique à la fin du 20e siècle. On confiait à un professionnel ravi, nommé « photographe », une petite cartouche métallique appelée pellicule. Celui-ci l'envoyait dans un laboratoire. Là-bas, après des opérations de chimie à base de trempage dans des produits divers, on obtenait un film négatif. Chaque image sur ce film était ensuite projetée sur une feuille de papier sensible. Après de nouveaux trempages, un séchage et un conditionnement sous forme de pochettes, on renvoyait le tout au photographe qui le remettait au client en échange d'un paiement substantiel correspondant au coût des opérations décrites ci-dessus.
Il nous semble qu'emportés par une soif de profit toujours plus exacerbée les laboratoires ont dû confier à un moment donné le tirage sur papier à des machines. Une machine, songez à vos propres démêlés avec l'intelligence artificielle, c'est bête. S'il y a 36 poses sur la pellicule, elle tire 36 photos. Qu'elles soit floues, bougées, prises en trop gros plan, que la ligne d’horizon soit de travers comme ici, que le photographe ait glissé sur une peau de banane, la machine s'en tape.
Cette semaine nous sommes épatés par l'honnêteté des commerçants du 20e siècle. Certains clichés, visiblement trop ratés, ne faisaient pas l'objet d'une facturation. A la place, sur le tirage, on collait une étiquette rouge sur laquelle était écrit en lettres blanches « Photo non facturée ».
Mais qu'est ce qu'un cliché raté ? Ne peut on vraiment rien tirer de ce paysage neigeux ? Sainte Rita et Photoshop réunis ne peuvent donc pas oeuvrer ensemble pour que nous soyons éblouis juste une seconde par un quatre-quarts photographique, l'application d'un filtre artistique, une solarisation ?
A part ça, cette semaine, nous sommes désarçonnés par l'inscription au livre Guinness des records du gouvernement le plus rapidement démissionnaire de la planète : il a duré 13 h et 56 minutes ! A lui non plus nous ne pouvons pas, sur sa photo officielle, appliquer le papillon rouge de la photo non facturée : chacun des nouveaux ministres, pour sa présence de 13 h 56 au gouvernement, empochera 10 000 € de salaire mensuel pendant trois mois. Passons.
Cette semaine, vous l'aurez remarqué, la République était dans un si sale état que nous avons cru bon, à l'instar des rois de France de jadis, d'user du pluriel de Majesté. J'espère que Leurs Altesses royales mes lectrices et mes lecteurs voudront bien me pardonner cette outrecuidance époustouflante.
Cette semaine nous avons été sidérés par un dessin du Canard enchaîné sous-titré :
« Un élu vendéen, proche de Retailleau, meurt lors d'une soirée de chemsex ».
Comme nous ne sommes pas instruits mais quand même curieux nous prenons la direction de Google pour découvrir le sens de la formule. Je vous le livre, un peu troublée.
Le « chemsex » signifie la consommation de substances psychoactives dans le cadre de pratiques sexuelles. En ces termes choisis, que l'action me semble belle !
Fascinée, je demande à ma fille qui est médiatrice culturelle au Conseil départemental de la Vendée si elle sait qui est l'homme de la situation. Elle ne le connaît pas personnellement mais elle avoue que ça a bien secoué l'assemblée du département. Il s'appelle Laurent Caillaud, mort d'un arrêt cardiaque. Quand on s'appelle Caillaud, on devrait se méfier aussi !
Un peu désappointée, j'envoie, d'un clic : « Je croyais qu'en Vendée on allait à la messe mais pas à la fesse ? ». Et c'est là que mon histoire rejoint la photo proposée ci-contre.
Sous un short tout à fait anodin aux couleurs joyeuses on voit une belle paire de fesses suivies de mollets gais. Sur une pierre à côté, un pull, bien plié sur une grosse pierre, affiche ostensiblement sa couleur « caca d'oie » ou sa couleur caca tout court, genre Chaussée aux moines.
Visiblement il a été posé là pour ne pas être sali par la poussière ambiante.
Mystifiée par mes relents de catéchisme, j’entends le gros caillou qui me parle de sa voix dure ; il murmure : « Je suis pierre et sur cette pierre je bâtirai mon église, avec à l'intérieur des gens bien, des fidèles, des sincères, des assoiffés. Et, frappée par l'évidence, je me doute qu’il y aura aussi des déviants, des faux-culs et tout ce que vous voulez y mettre de couleur caca boudin. ».
Cette semaine, nous avons été époustouflés par l’homme le plus important du gouvernement qui a décidé d’appliquer la politique de la chaise vide.
Toutes les radios se sont saisies de l’événement, ravies de faire de multiples commentaires, enchantées d’avoir une audience exceptionnelle.
Ébahis, les partis politiques désorientés ont commenté, critiqué, conseillé à qui mieux mieux. Quant aux ministres, touchés, sidérés, exaspérés, déçus, ils se sont demandé si les 24 heures de travail qu’ils avaient effectuées depuis leur nomination seraient bien rémunérées et s’ils auraient droit à des indemnités de chômage.
Tout ce beau monde voudrait savoir en quoi allait consister la fameuse politique de la chaise vide. Est-ce qu’on n’aurait plus le droit de s’asseoir ? Dans ce cas, il faudrait fabriquer des tables plus hautes pour s’y appuyer et diminuer les heures des séances à l’assemblée. Certains arrogants disaient « Nous ne sommes quand même pas des femmes de ménage pour rester debout toute la journée ! ». Une compensation cependant : en restant debout, ils n’auraient plus d’hémorroïdes !
Quant au Chef suprême, comme dit ma voisine, « Il n’a pas la tâche facile ». Choisir un premier ministre parmi les 70 millions de Français, autant chercher une pépite d’or dans un champ de foin. Et pourtant, il suffirait qu’il vienne à la salle Mandoline de Villejean. Il aurait déjà un leader qui donne des sujets surprenants et neuf exécutantes qui font des rapports exceptionnels. Elle serait pas belle la vie politique ?
1) Nous collectons des rimes à « asse », « esse », « isse », « osse », et « usse » ("ace", "èce" etc. sont admis aussi)
2) Écrivez une phrase dans laquelle les mots contenant les voyelles a e i o u dans leur syllabe finale se suivent dans cet ordre.
Exemple : « Ca m’agace que l’abbesse mange du réglisse tranquillos pendant l’angelus ».
Essayez d’enchaîner sur une deuxième phrase bâtie de la même façon. Continuez ensuite votre texte tout à fait librement.
Si vous voulez n’écrire que des phrases courtes sur le modèle indiqué, ou faire tout un poème rimé respectant le principe, les mots de la collecte et ceux de la liste ci-dessous sont à votre disposition :
La calebasse contenait toute la détresse de l'impératrice qui avait noyé toute sa tristesse franco-russe dans une gigantesque vodka Martini mais aussi d'étranges traces de liquide jaunasses.
Pendant ce temps les grimaces du cacatoès étaient propices à une fausse interprétation au cirque Gruss.
La marée était basse quand l'assistante de l'impératrice avait ramassé cette vieille calebasse sur la plage au bord de la mer Baltique. Elle l'avait secouée et retournée et puis, lasse de se poser des questions, l'avait mise dans son grand cabas en pensant que cela distrairait l'impératrice de son immense chagrin.
Marco le bassiste l'avait quittée pour une pouffiasse de trapéziste et elle noyait son chagrin dans deux douzaines de vodka Martini chaque soir.
- Le spectacle continue ! clamait le trompettiste qui espérait bien tenter sa chance auprès de l'impératrice, et la vie aussi ! Attendons que les larmes se tarissent et que reviennent les sourires !
Tout le monde l'appelait l’impératrice et elle-même forçait sur les roulements de "rrr" et l'accent russe alors qu'elle était née dans un trou paumé du Nord de la France et ignorait tout des tsars et des komsomols.
De ses errances dans des petits cirques et de ses divers amants, l'impératrice n'avait gardé que peu de choses et voyageait léger . Son bien le plus précieux était un cacatoès au plumage flamboyant dénommé Jojo, jaloux et râleur, qui, du haut de son perchoir, accueillait chaque visiteur d'un « C'est la lutte finale ! » qu'il avait appris avec un révolutionnaire bolchevique convaincu.
Aussi quand le cacatoès apparut, perché sur l 'épaule du contrebassiste qui entamait les premières mesures de « La Marseillaise » et qu'il se mit à faire de terribles grimaces, chacun pensa qu'il avait des goûts musicaux éclectiques.
Pas du tout ! Ce pauvre oiseau avait la chiasse après avoir avalé une pleine calebasse de bouillabaisse dégueulasse arrosée d'anis et de mélasse sur le campus ou stationnait le cirque Gruss. C'est pas classe mais c'est cocasse !
Complice, l'impératrice lui fila un réglisse et conduisit l’olibrius dans l’omnibus qui lui servait de logis.
Souhaitons que l'angoisse et la chiasse trépassent avant Christmas !