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L'Atelier d'écriture de Villejean

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1 avril 2025

Si tu habites Combourg / Maryvonne

 

Si tu habites Combourg t'es Combourgeois même si ça ne te plaît pas.

 

A Combourg, petite cité de caractère, rue Colette, il y a un corniaud qui n'a pas compris comment catapulter le courant d'eau sur les capucines. Il a visiblement capturé la capeline de sa compagne pour se protéger de la canicule.

 

Le coucou qui court dans la cour se moque de ce camarade complètement court-circuité du réel.

 

Ça lui donne un air de cocu. Ce con a quand même construit autour d'une vieille cabane une conséquente maison de caractère, avec cuisine, un salon cossu et des chambres dans les combles desservies par un escalier tout en courbes.

 

Par contre au concours du meilleur jardinier où il est inscrit même son cactus n'a pas caracolé en tête. « Coquin de sort, se dit-il, si je suis recalé comme jardinier je vais crever de honte et avoir la colère. Je croyais être capable de quelque chose et me voilà le crétin de service. Qui pourra me consoler ? Celle avec qui j'ai convolé en justes noces me fait me coucher à l’hôtel du cul tourné. Te consoler ? Tu peux toujours courir, mon couillon ! En conséquence privé de coït ! »

 

On a beau vivre au pays de Chateaubriand, comme disait Brassens : "Quand on est con on est con". En 1964 ou en 2024 l'âge ne fait rien à l'affaire.

 

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1 avril 2025

La Fruitière / Adrienne

 

 

Furieuse, la fruitière !


Elle fulmine : « Fripouille ! Fils de feignant ! Tu finiras forçat ! ».

 

Le fuyard, tout faraud, fier de son forfait, se faufile parmi la foule indifférente : le  fonctionnaire se fend la pipe, il est farceur lui aussi, le flic en face feint de n’avoir rien vu et une dame rentre chez elle d’un pas ferme.

 

– Ah la la ! fait la cliente, qui a passé une demi-heure à friser ses cheveux au fer ce matin-là. Ah la la ! Un vrai petit futé, comme son frère ! C’est de famille !

 

On voit que la frasque ne fait pas frémir son sens de la justice.

 

– Me faire ça à moi ! Et mes factures ! Je frise la faillite !

1 avril 2025

Théodore / Anne J.

 

 

Mon oncle Théodore a mis son tablier de jardinier et traîne son tuyau d’arrosage sur le terrain de sa maison pour arroser les fleurs de ma tante Thérèse. Il aime particulièrement les tournesols en pots de sa tendre moitié. Parce qu’elle a du tempérament, ma tante Thérèse emmène son mari au théâtre, près du terminus des trains, alors que mon oncle Théodore aime surtout surfer sur la toile dans sa tanière et remplir ses tiroirs de milliers de photographies prises avec son tout nouveau appareil photo. Il ne fait pas de tri, il archive la totalité de ses clichés, il thésaurise. On se demande bien qui aura le goût de trier dans sa collection de trésors !

 

Leur fils, le talentueux Théophile, est terrorisé par les taxes de Donald Trump. Il va devoir résister à la tentation tenace de remplacer son téléphone préféré et renoncer à exhiber le dernier Iphone du marché. Il envisage de tourner sa veste et de tenter une reconversion dans l’élevage des tortues et la récolte des écailles de tatous : un vrai tunnel dans une vie !

 

Théophile se nourrit essentiellement de tartines de tamara, ce qui est un désastre pour sa santé mais quand mon tonton Théodule le lui dit, il lui chantonne :

 

« Il était une bergère, tontaine tonton et ron et ron petit pata thon ! ».

1 avril 2025

Fausses notes / Anne J.

 

 

En 1964, ce fils attentionné offrait des fleurs à la femme de sa vie, sa mère . A 10 ans, il rêvait encore d'épouser sa mère et de rendre son père furieux car on vivait encore dans une famille « classique » comme diraient aujourd’hui les tristes figures de la manif pour tous !

 

Une famille avec un père et une mère et si possible une fille et un garçon, « le choix du roi », disait on, comme si on choisissait !

 

En 2025, ça semblerait une farce car les garçons de 10 ans, à notre époque, ont déjà une meuf (on aurait dit « une fiancée » jadis) à qui, en frimeurs qu'ils sont, ils déclarent leur flamme en faisant des folies sur un skate-board dans un skate-park au pied de l'immeuble.

 

Je suis formelle, il ne viendrait à aucun fils l'idée de sortir des fleurs d'un pot pour les offrir à sa mère.

 

Possible que le gars à la triste figure serait remplacé par une femme avec qui sa mère serait en ménage, à moins que celle ci ne soit officiellement célibataire ou qu'il y ait une farandole de beaux gars qui défilent chaque samedi.

 

Personne ne se soucierait des flaques sur le sol, ni du vase brisé. Fariboles et fadaises !

 

Et qui pourrait encore fredonner avec Jacques Brel «  J’ vous ai apporté des bonbons parce que les fleurs, ça fane hélas ! » ?

 

1 avril 2025

C comme Canaille / Marie-Thé

 

« Canaille ! Coquin ! » crie la fruitière.

 

Joyeux, bien à l’aise dans ses culottes courtes, un cabot galopant devant lui, il court, il court comme un furet le petit galopin, tenant dans ses mains deux clémentines dérobées au passage dans le chariot de la commerçante.

 

« Pas question de courir après ce garnement, même avec mes chaussons tout neufs, ce n’est plus de mon âge » se dit la fruitière en criant et en agitant les bras.

 

Une cliente de passage, cabas sur le bras, regarde le gamin filer à toute allure.

 

« Il a sans doute faim » se dit-elle.

 

Sur le trottoir d’en face, cape sur le dos, casquette vissée sur le crâne, le gendarme a tout vu. Il le connaît ce chenapan, toujours à rôder les jours de marché pour grappiller de quoi casser la croûte. Alors il le laisse filer sans intervenir.

 

Pendant ce temps, sur la place chauffée au soleil un citoyen, une citoyenne passent leur chemin, indifférents à la colère et aux cris de la fruitière qui retrouve rapidement son calme.

 

Nous sommes en 1964. Les vols à l’étalage étaient-ils plus rares qu’aujourd’hui ? Qu’importe l’époque, une petite canaille affamée, ou pas, déclenche beaucoup de sympathie alors qu’une pauvre commerçante volée suscite plutôt de l’indifférence !

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1 avril 2025

D comme différences / Adrienne

 

 

Léon Lecoq portait une pancarte pour faire la promotion du poisson.

 

– Les poules en ont ras les pâquerettes, proclamait-il, de pondre des œufs sans pouvoir les couver et profiter du plaisir de voir des poussins!

 

La petite Pauline a bien essayé de parlementer, mais c’était peine perdue : son panier resterait vide et elle toute penaude.

 

– Cet animal me pourrit la vie, gémit la fermière, il va nous mettre sur la paille !

 

Le chien, la voyant les bras en l’air, pensait à un nouveau jeu et poussait de joyeux jappements en courant comme un fou dans le pré, langue pendante.

 

C’est ainsi que personne n’a remarqué la jeune poulette qui a délaissé son ver de terre pour passer à la dégustation d’un oeuf cassé.

 

– Je m’en casserais bien une douzaine, se dit-elle.

1 avril 2025

Pétanque et pastis / Marie Sylvie

 


Hier, au petit parc près de la place, forcément du côté de Marseille, en Provence,  Paulo, Pierrot, et Patrick posaient paisiblement leurs pieds sur le terrain poussiéreux. Les projectiles,  ces précieuses petites boules,  plongeaient près du cochonnet, parfois précises, parfois pathétiquement perdues dans les pavés. 

 

Patrick, avec son panache habituel,  pariait sur un  point parfait mais provoqua un plongeon périlleux dans une petite flaque. Pierrot pouffait de rire. Paulo paniquait, pestait : "Pas possible ! Quelle poisse !"

 

La partie progressait, mêlant plaisanteries et poignées de cacahuètes. Puis,  enfin, Patrick perdit. Pas peiné, il prit la parole :

 

- Pastis pour tous, promis ! 

 

Le perdant offrit un plateau plein de petites merveilles liquides, parfaites pour partager un pur moment de plaisir sous les platanes,  au son des cigales, typique de cette belle Provence. 

1 avril 2025

Claude en compète / La Licorne

 

 

Claude commence par un carreau : clac ! Ses coéquipiers le congratulent...sauf son cher copain Charles qui se cache sous son chapeau car son chien coquin crie et casse la concentration des concurrents. 

 

Chaque coup près du cochonnet captive les curieux qui convergent vers le café du coin en cercles concentriques pour contempler le champion et ses coups complètement cinglés ! Comme celui où il coiffe carrément d'une quatrième boule la colonne chancelante construite consciencieusement... et que, comble de la chance ou de la compétence, elle se cale à la cime sans ciller.

 

Pas de comparaison avec les clampins du club de Cucugnan.

 

Claude, en compétition, c'est clairement la classe ! 

1 avril 2025

Coup de boule / Lothar

 

 

Souvent en centre ville, on remarque quelques curieux attroupés en galerie autour d’un cadre de cercle de jeu – cercle posé informel sur la grande place parfois entourée de quelques cafés – où s’affrontent aux boules plusieurs joueurs de cabanon.

 

Alors, on s’approche un peu. Et des types en casquettes, en chapeaux et autres couvre-chefs sont concentrés sur leur partie. Rien ne pourrait les perturber. Rien …

 

Quand donc vous assistez à une partie de boules et que, carrément outré par le coup vicieux d’un cador, d’un ténor, vous perdez votre calme et, levant haut les bras, souvent vous criez : « Ho le Jaxophone ! Le Jaxophone ! …  », à ce cri, une horde de groupies apparaissent sans ménagement en hurlant … ce qui bien sûr casse le bras de tous les joueurs. Ça clanche les carreaux de mille éclats de voix. Ça chique et ça crochète à tout va, à volo, à tour de bras. Même les chiens présents en perdent leur latin.

 

Un Jaxophone. Faites donc toujours très attention au sens réel de ce mot. Pour que vous puissiez toujours l’utiliser à bon escient, je vous en rappellerai ici rapidement son origine et son évolution historiques :

 

« Début du siècle, expressions françaises : faux jaxon, jaxon le faux, jaxon-faux. Suite à la série de longs procès mettant en cause un chanteur milliardaire moonwalkant, souvent, reconnu coupable de nombreux délits, malgré ses nombreux démentis. Ont pris le même sens que salaud : « Quel faux jaxon celui-là ! » (Phrase commune)

 

Le mot a fini par être troublé par une altération analogique et un rapprochement morphosémantique (attraction paronymique) avec saxophone. Au milieu du siècle, seuls les musiciens mélomanes boulomanes de la puissante et riche mafia – Nuova Camorra – du Groenland les utilisaient encore : « Il n’y a que les boulistes jaxon-faux pour jouer du saxophone. » (Commissaire Leblanc)

 

Ensuite, comme beaucoup d’autres mots dans certains groupes consonantiques, la consonne centrale intervocalique « N » s’est déplacée en dernière position. (JaxoNpho -> JaxophoN). De plus, comme souvent en français, il s’est produit l’addition d’une nouvelle voyelle (e muet) dans la syllabe atone.

 

Fin de siècle, jaxophone : nom masculin. Personne méprisable, indigne de considération : « Quand une femme s’affiche, ce n’est jamais pour un homme honnête, c’est pour un jaxophone. » (Raymond)

 

Au pluriel : grandes démonstrations de train de vie. « Ces boulomanes parvenus étalent des jaxophones somptueux dans leur cadre de vie et dans leurs aménités : mais du reste, ils n’ont ni déjeuners, ni dîners, pas de dépenses ménagères. » (Carole Henny)

 

Extrait tiré du "Dictionnaire de l’histoire des significations complètes du français, Paul Gerbault, Edition Labrune, août 2299". 

Une histoire empreinte de l’univers de la boule. Oui. Bon ceci étant dit … je me rends compte et donc préconise que quand donc, plus tard, vous assisterez à une partie de boules et que quand, carrément outré par le coup vicieux d’un cador, vous perdrez votre calme et, levant haut les bras, alors vous crierez fort : « Ho la Galejade ! La Galejade ! …  » voire tout bêtement : « Ho le Tricheur ! ». Point …

 

1 avril 2025

Jeu des 10 différences / La Licorne

 


En 1964, le petit Michel ne voulait pas quitter ses patins à roulettes. Aujourd'hui, il va à l'école en trottinette électrique ou en mini-quad. 

 

En 1964, les marmots étaient mignons en culottes courtes. Aujourd'hui, ils sont juste culottés.

 

En 1964, ils regardaient les affiches sur le mur. Aujourd'hui, ils regardent leur mur Facebook.

 

En 1964, ils aimaient lire le journal "Vaillant". Aujourd'hui, ils lisent en baillant.

 

En 1964, ils portaient majoritairement leur cartable à la main. Aujourd'hui, ils en ont "plein le dos".

 

En 1964, ce qui motivait le plus les mômes, c'était la récré. Aujourd'hui, c'est malheureusement encore la récré.  

 

En 1964, à l'école, on apprenait les tables de multiplication. Aujourd'hui, on y multiplie les tablettes. 

 

En 1964, le vieux maître avait une moustache. Aujourd'hui, le jeune maître a une moustache...trois piercings et cinq tatouages.

 

En 1964, il y avait des classes de garçons. Aujourd'hui, il y a des classes mixtes et "non genrées".

 

En 1964, la mère, chaque matin, conseillait son moutard : "Tu seras bien poli avec Monsieur l'instituteur.". Aujourd'hui, elle lui marmonne : "A midi, tu me diras si l'instit a été bien poli avec toi."

 

En 1964, le maître portait un chapeau. Aujourd'hui, je lui tire mon chapeau !


***


J'ai choisi la lettre M
(mais j'ai un peu peiné pour les 20 mots
et je me suis arrêtée à 10 différences)


C'est mon côté "cancre" :
tout ce que j'ai réussi à faire,

c'est un "Toto"-gramme ! ;-))


10 mots en rapport avec l'image : 

maître, moustache, marmots, mômes, moutard, 
Michel, mur, mère, matin, motiver

 

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