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L'Atelier d'écriture de Villejean

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17 décembre 2024

Comment dire ? Sex-appeal ou sexe à piles ? / Maryvonne

 

 

Jean-Louis Fournier vient de publier un livre, enfin un mini-livre qui dit « J'en ai encore sous le chapeau ». Son leitmotiv c'est : « Plus c'est vieux, plus c'est mieux ».

 

En voyant les cartes publicitaires d'appareils ménagers distribuées par notre vieil ami J.-P., j'en doute. Les appareils d'aujourd'hui se sont améliorés. Les écrans de télévision sont plus performants, les appareils ménagers plus légers. Tant de nouveautés sont venues améliorer notre quotidien : ordinateur, appareil de photo numérique, téléphone portable, tout cela en sachant trouver dans notre ancien matériel quelques vertus.

 

Quand j'écoute l'émission « Le Masque et la plume » le dimanche soir en repassant mon linge, j'ai un rite : ça me plaît de ressortir mon vieux transistor à piles, ça marche encore bien, ce n'est pas comme mon sex-appeal qui ne marche plus.

 

Pourtant je pourrais écouter cette émission à partir de mon téléphone portable, directement dans mes oreilles grâce à mes super prothèses auditives. Une révolution, une technologie de pointe qui me rend bien service.

 

Ce n'est pas certain non plus que cet appareillage pour sourd soit bien utile pour mon sex-appeal.

 

Dans ce jeu des 7 familles qui ne me semble pas très sexy, je suis happée par la publicité sur l'éclairage et l'expression « étincelles de joie ». Il me revient cette comptine :

 

"Beau papillon de soie, mon avion de joie,

Léger, pimpant, qui voles sur quatre ailes,

Lorsque j'écris ton nom tu n'as plus que deux ailes.

Merveilleux mutilé, pourras-tu t'envoler ?"

 

Dans une soirée branchée, on pensera que je ne suis pas une lumière même si j'essaie d'allumer l’attention avec ma petite comptine.

 

Je n'ai pas de nostalgie quand je vois ces vieux bastringues sur les cartes.

 

Quand l'envie de faire non pas vieux mais de faire bon me saisit, je sors ma tuile à galette en fonte, héritage familial et certaines de mes recettes d'autrefois qui tiennent encore la route. Mes langues de chat, gâteaux à la crème de lait plaisent encore.

 

Je suis d'un autre temps c'est certain mais je suis aussi d'aujourd'hui et de demain, peut-être ? J'aurais tort de ne pas profiter de la modernité.

 

Non, Jean-Louis Fournier, ton mantra « Plus c'est vieux plus c'est mieux » n'est pas vrai.

 

Et je pense surtout à quoi, devinez ? A mon sex-appeal évidemment et à son obsolescence non pas programmée mais avérée.

 

image empruntée à Louise Grenadine

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17 décembre 2024

T comme Temps / Adrienne

 

 

Bien sûr, ce n’est pas le temps qui passe, c’est nous qui passons, comme le répète assez ce goujat, mais avec nos montres et nos clochers, les enfants qui grandissent et les parents qui vieillissent, les attentes et les événements, nous voyons passer le temps avant de nous voir passer nous-mêmes.


 

Bien sûr, nombreux sont les enfants et les jeunes qui n’ont pas idée de ce qu’était la vie autrefois, comment était l’enfance de leurs grands-parents ou de leurs arrière-grands-parents, il faut pour ça qu’on le leur raconte.


 

Chaque année il y avait au moins une occasion, en classe, où il était utile de visualiser ce temps qui passe et surtout les changements qu’il apporte dans nos vies.


 

Soit parce qu’un élève disait, à propos des changements qu’il voyait dans sa courte vie à lui : « ça peut s’arrêter, là, maintenant! tout va beaucoup trop vite! », soit parce qu’une classe était un peu confuse sur ce qui s’était passé dans la vie courante du siècle dernier.


 

Alors Madame prenait sa craie et traçait une ligne au tableau, y marquait l’année 1906 et l’année 1992, et racontait la vie de sa grand-mère Adrienne, simplement à l’aide de l’apparition, un à un, d’articles ménagers, à commencer par l’installation de l’électricité juste avant la guerre de 14 et que les quinquets ont été remplacés par des ampoules électriques.


 

C’est l’époque de la photo mise en illustration.


 

Puis apparaissaient, au fil du temps et dans cet ordre, la radio, l’essoreuse, le frigo, le téléviseur, le téléphone…


 

Ces jours-ci, en voyant de petits enfants, Madame souvent se demande de quoi sera émaillée leur propre ligne du temps…

 

17 décembre 2024

Philips, c'est plus sûr ! / Jean-Paul

 

 

C'est Noël ! Les yeux des enfants sont emplis d'étincelles de joie ! A la fin du repas maman va poser sur la table une bûche lumineuse. Sur l'électrophone stéréo Tino Rossi aura soûlé tout le monde avec son « Petit papa Noël quand tu descendras du ciel ». Il faut dire qu'à la maison on n'a qu'un seul disque et c'est justement celui-là. Ce serait bien que le bonhomme en costume rouge et barbe blanche pense à en poser un ou deux dans son aspirateur-traîneau pour nous les offrir !

 

C'est Noël ! Rembobinons ! Sur le bouclier de la marque Philips il y a un rond bleu, quatre étoiles blanches et deux vagues qui symbolisent sans doute les ondes. Les étincelles de joie sont en fait les guirlandes électriques qu'on accroche dans le sapin. C’est ça le progrès : sauf à provoquer un court-circuit comme il y a cinq ans sur le chantier de Notre-Dame de Paris on ne risque plus de foutre le feu à la maison en allumant les bougies dans le résineux. Tu branches la guirlande, une fois ça marche, une fois ça s'éteint, une fois ça marche comme un clignotant belge.

 

La bûche lumineuse ne se mange pas : elle appartient à la famille Philips-Chauffage et c’est un radiateur d'appoint comme on n'oserait pas en acheter à la braderie Saint-Martin même en ayant hérité d'un pauvre sans manteau prêt à mourir de froid.

 

L’électrophone stéréo alors ça, oui, vraiment, c'est de la belle invention parce que « Petit papa Noël » en mono c'est moins top. Mais il faudra encore attendre une paire d'années pour que les ingénieurs du son, anglais surtout, fassent joujou avec les potentiomètres au studio Abbey road et positionnent la poule McCartney à gauche, le canard Lennon à droite et le poisson Harrison avec ses solos de guitare qui vont de droite à gauche puis de gauche à droite.

 

Et c'est vrai que c'est ça, une adolescence de jeunes mecs dans une société pas particulièrement machiste mais bien sexiste quand même. Il y a des tas de produits Philips dont le collégien boutonneux ignore l'existence et le fonctionnement : la machine à laver, le mixeur, l'aspirateur-balai, le fer à repasser ? Typiquement pour maman, tout ça, non ?

 

Le rasoir à piles, la boîte de secours pleine d'ampoules pour l'auto, l'autoradio, le récepteur radio Réverbéo et le luminaire Incandescence c'est bien pour que papa lise son journal en paix en tirant sur sa pipe en attendant que le repas soit servi, non ?

 

Les ados, eux, sont branchés musique : le magnétophone à bande avec ses gros boutons, ses bobines, son micro carré. Avec ça on fait des parodies de débats, on émet des bêtises pour entendre le son de sa voix. Ensuite viennent les mini-K7 qui permettent les enregistrements d'émissions de radio ou les premiers essais d'interprétations de chansons sur les guitares et puis le fin du fin, la chaîne Hi-fi avec son pesant corollaire : la collection de disques 33 tours qui à chacun de vos déménagements vous fait perdre autant d'amis effarés par le poids que représentent les discographies complètes de Neil Young, des Beatles, de Mike Oldfield et l'intégrale de Vivaldi !

 

Tout ça pour aboutir à une société où tout est dématérialisé : Spotify, Netflix, photo numérique, billet de train sur le smartphone. A part le sèche-cheveux qui ne sert plus qu'à notre fille lors de ses visites de plus d'un jour il va falloir songer à revendre tous nos appareils Philips sur Le Bon coin !

 

- Commence déjà par vendre ce jeu de sept familles que tu as récupéré chez mes parents ! Il vaut entre 15 et 45 € suivant le gogo qui trouvera intéressantes ces quarante-deux images publicitaires !

 

- C'est vrai ! C'est ça, le plus dur : trouver un gogo! Un animateur d'atelier d'écriture en mal de consigne, peut-être ?

17 décembre 2024

Le Jeu des sept familles Philips / Marie Sylvie

 

Dans la famille Philips chauffage, je demande le radiateur à bain d'huile car mon appartement n'est pas correctement chauffé malgré ce que prétend la quittance de loyer. 
Dans la famille Philips cuisine, je demande le moulin à café car j'adore l'arôme du café fraîchement moulu. 
Dans la famille Philips Éclairage, je demande les Étincelles de joie car elles illuminent ma maison et remplissent chaque coin d'une lumière chaleureuse et réconfortante, créant une atmosphère de bonheur et de bien-être. 
Dans la famille Philips ménage, je demande l' aspirateur balai car il est léger et parfait pour un nettoyage rapide et efficace de mon appartement. 
Dans la famille Philips musique, je demande la chaîne Hi-fi car elle me permet de savourer la richesse et la profondeur des morceaux de musique comme à l'époque, offrant une expérience d'écoute incomparable et nostalgique. 
Dans la famille Philips radio télévision, je demande le téléviseur style moderne car il m'offre une qualité d'image exceptionnelle et une touche d'élégance à mon salon tout en me permettant de revivre les émissions et les films classiques avec une clarté et une netteté inégalées. 

Dans la famille Philips voyage, je demande le Pocket FM car il me permet d'écouter mes stations de radio préférées partout où je vais, ajoutant une touche de musique et d'informations à chacun de mes déplacements. De plus avec son design compact et vintage, il est parfait pour les voyages et m'accompagne en toute simplicité. 

 

☆☆☆☆

 

Pour moi, après avoir déménagé en 2007 suite à ma liquidation judiciaire, j'ai vécu une expérience difficile en HLM où mes électroménagers Philips ont été volés avec l'ensemble de mes meubles. 

 

Cependant, les souvenirs de ces appareils restent vivants et me rappellent des temps plus simples et heureux. 

 

Le téléviseur Philips d'aujourd'hui est ultra moderne et offre des images d'une clarté incroyable. Pourtant, il y avait quelque chose de spécial à regarder nos émissions préférées sur un téléviseur noir et blanc des années 1960.

 

Avant j'avais une radio à tubes Philips qui trônait fièrement dans mon salon. Maintenant avec les tubes numériques et les applications de streaming, il est tellement plus facile de découvrir de nouvelles stations. 

 

Pour ma part, j'adorais écouter mes disques préférés sur mon électrophone Philips vintage.  Le son des années 1960 a toujours une place dans mon cœur.


☆☆☆☆

 

Voici une anecdote amusante pour égayer le fait d'avoir un réfrigérateur qui ne parle pas et qui est toujours vide :

 


 

Il était une fois un réfrigérateur nommé Fred le Frigo, installé dans une petite cuisine cosy.

Fred avait un talent particulier : il  savait rester désespérément silencieux, peu importe la situation. 

Chaque matin, en ouvrant la porte du réfrigérateur, son propriétaire Max espérait y trouver quelque chose d'excitant. 

Hélas, Fred le Frigo accueillait Max avec un vide abyssal, aussi immobile et muet qu'une tombe en hiver. 
 

- " Ah ! Fred, tu es encore silencieux aujourd'hui ! Serais-tu en grève ? " s'exclama Max en soupirant .


Fred restait stoïque, son ampoule interne clignotant faiblement comme pour dire :

- " Je fais de mon mieux !" 

 

Un jour, Max décida de jouer un tour à Fred. 

Il colla un post-it à l'intérieur du réfrigérateur avec un petit dessin d'une face souriante et un message : 

- Cher Fred,  si tu pouvais parler , que dirais-tu ?

 

Le lendemain matin, Fred le Frigo attendait patiemment, toujours aussi silencieux. 

Mais cette fois, Max éclata de rire en ouvrant la porte. 

Quelqu'un, probablement l'esprit farceur de la maison, avait ajouté un autre post-it sur l'étagère inférieure :

 

- Je dirais : "Allez , fais les courses ! " 

 

Et ainsi, Fred le Frigo, bien qu' incapable de parler, apporta un sourire à son propriétaire avec son silence éloquent et ses étagères vides. 

Après tout, même un frigo muet peut avoir une personnalité... surtout quand il est accompagné d'une bonne dose d'humour et d'imagination. 

 

10 décembre 2024

Consigne d'écriture 2425-12 du 10 décembre 2024 : Bikini, Kostar ou Wik ?

 

Bikini, Kostar ou Wik ? 

 

Chaque écrivant·e hérite d’un magazine culturel breton gratuit. Il lui est demandé de choisir dedans une image pour illustrer son dilemme intérieur (ou celui de son personnage de fiction) :

 

- Est-ce que je préfère sortir où rester chez moi ?

- Suis-je dépassé·e par la pop-culture actuelle ?

- Pourquoi est-ce que j’ai raté ce spectacle, ce festival, ce disque... ?

 

Les trois magazines sont en ligne, accessibles avec les liens ci-dessous et les images peuvent être récupérées avec la touche "impr écran syst" de votre clavier (sous Windows 11 elles vont dans le sous-dossier "Captures d'écran" du répertoire  "images")

 

https://www.wik-rennes.fr/sites/default/files/magazine/pdf/wik_rennes_195_web.pdf

 

https://www.wik-rennes.fr/sites/default/files/magazine/pdf/wik_rennes_194_web.pdf

 

https://www.wik-rennes.fr/sites/default/files/magazine/pdf/wik_rennes_193_web.pdf

 

https://www.kostar.fr/telechargement

 

https://bikinimag.fr/?page_id=27

 

 

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10 décembre 2024

K comme Kostar / Adrienne

 

 

Bientôt Noël et ses cadeaux, alors sortez !

Ne restez pas là à attendre l’inspiration !

Allez, on vous aide : oubliez les chocolats et les cravates et frappez un grand coup qui bluffera tout le monde !

Offrez le masque de survie !

Il y a le modèle avec des trous pour les amateurs de glace framboises-myrtilles.

Il y a le modèle cyclope, pour ceux qui ont un strabisme.

Il y a le « taupe » modèle, avec les gants assortis.

Vous aimez être le premier ?

Offrez un œuf de Pâques !

Et si vous voulez vraiment vous démarquer, offrez le nid de cigognes à poser sur la cheminée !


 

Moi je crois que je vais rester bien à l’abri dans ma boule à neige, se dit la Fée Dragée.


 

Moi je crois que c’est le moment de faire un bel autodafé, dit dans un coin le type qui fumait déjà d’impatience.

10 décembre 2024

Une Histoire de Jean-Clone et divers Jean / Maryvonne

 

 

Voilà que Jean-Paul me met face à un Jean-Clone, artiste. J'ai déjà appris dans un film que Jean-Baptiste était un prénom chic. Je suppose que Jean-Sébastien est un prénom chantant, Jean-Pierre roule ses cailloux sur la rive, Jean-Julien avait le mordant pour peindre, Jean-Jacques était toujours debout et Jean-Philippe ne sait plus où Smet.

 

Mais Jean-Clone, revenons à lui, sait très bien où il veut aller. Associé à deux autres Jean-Clone il veut verdir la planète et pour réussir il souhaite questionner notre rapport à la nature et au vivant.

 

Première question : Est-ce que je préfère sortir ou rester chez-moi ?

 

Écologiquement si je reste chez moi, je ne vais pas à son spectacle. Jean-Clone prêche dans le vide. Je n'ouvre pas ma porte, ce qui ferait entrer le froid. Je ne prends pas ma voiture ni les transports en commun.

 

Je pourrais prendre mon vélo mais comme je n'ai plus trop d'équilibre je peux tomber sur la rue ou dans le canal et là je déclenche un accident et l'intervention des pompiers ou du SAMU ou même de la police.

 

A l’hôpital un médecin et trois infirmières vont s'occuper de moi, mon mari va téléphoner à douze personnes. Tout cela amène trop de dépenses énergétiques.

 

Donc je reste chez-moi. Comme je suis plutôt popote que pop-culture je mange avec mon amie Parcimonie les restes de mon repas de midi.

 

Voilà pourquoi j'ai raté ce spectacle qui au demeurant semblait bien sympathique.

 

Je serai rentrée avec des conseils pour affiner mon attitude écologique.

 

En-ai-je vraiment envie ? Alors que nous n’arrêtons pas de progresser. Par exemple nous venons maintenant à l'atelier d’écriture en covoiturage, on se fait une petite séance de thérapie dans la voiture, gratos, c'est toujours ça de pris. On s'habille chaudement pour pallier la déficience du chauffage, parfois un ami qui nous veut du bien nous offre une part de gâteau. Je fais peu d'erreurs d'écologie alors Jean-Clone tu peux remballer tes conseils et nous allons repartir en auto-dérision - Pouët ! Pouët ! - dans notre quartier vert de la ville en bonne place dans le classement des cités vertes.

 

 

10 décembre 2024

Kostar ou bikini ? / Jean-Paul

 

 

Je me souviens très bien du dénommé Alain Biguet. Il figure avec moi sur la photo scolaire de 1966-1967 de la 5e A du lycée Franklin, sans son plâtre. C'est l'année où nous sommes partis en classe de neige aux Brévières, près de Tignes, mais lui, pour une raison inconnue, est resté à Lille sans nous. Loin de nos familles, encadrés par nos professeurs et des surveillants qu’on appelait « pions », nous avons étudié la faune locale, randonné dans la neige, fait du ski, passé les épreuves de la première étoile, tout ça. Puis toute la classe est rentrée sans aucun bobo déclaré. Sauf qu'à Lille Alain Biguet nous attendait avec une jambe dans le plâtre.

 

 

 

Je me souviens très bien d'Anne-Françoise Blancheneige. Pas plus tard que samedi dernier elle est allée assister au spectacle de Monsieur Mouch « L’Affaire du grand méchant loup » à la MDR à Rennes. C’était très bien, ça lui a plu, elle a beaucoup ri. Sauf qu'en rentrant chez elle elle s'est aperçu que la tempête Darragh avait sévi : une branche envolée de l'arbre de son voisin était venue fracasser l'isolation extérieure de son « home sweet home ». Les sept nains avec qui elle partage son logis n'étaient pas contents. Encore du travail supplémentaire et des réparations à effectuer le lendemain, qui plus est un dimanche. Le plus idiot de la bande qu'on appelle Simplet l'a rassurée à sa façon :

 

- Heureusement que c'était l'histoire du loup et du Chaperon rouge dans la forêt ! Si tu étais allé voir « La Petite sirène » on aurait été inondés.

 

Ces deux situations sont des arguments contradictoires qui ne font pas avancer le débat qui nous occupe ce soir : vaut-il mieux sortir ou rester chez soi ? Alain Biguet n'est pas sorti et il s'est quand même cassé la jambe. Anne-Françoise est sortie mais si elle était restée chez elle la branche aurait quand même pourfendu la façade.

 

Moi aussi je sors et j'aime bien ça. Par exemple le spectacle de Monsieur Mouch j'y étais aussi, j'ai bien aimé aussi et j'ai apprécié qu'on entende Fabrice Drouelle lui-même commenter le procès du loup. Sortir à la maison du Ronceray, ça permet de faire des rencontres inattendues. Au pot qui a suivi le spectacle j'ai fait la connaissance de la relève de « Slam connexion », l’association des slammeurs rennais. Déclamer de la poésie personnelle en public j'ai eu fait ça avec eux il y a une quinzaine d'années et je me souviens encore d’E.T., de Rollingman et de Lafayette au café des Champs libres. Ça m'a presque donné envie d'y retourner !

 

Moi aussi je sors. A l’ADEC, la maison du théâtre amateur, j'y vais tellement trop toutes les semaines que les filles à l'accueil associent mon nom à mon visage de clown enfariné.

 

- Monsieur Krapov ! Bonsoir ! Voici vos deux places adhérents !

 

Vendredi dernier, carrément, la directrice m'a appelé Joe !

 

 

Moi aussi je sors et je suis content des petits échanges de bons services entre citoyens rennais que cela génère. Les Tarafikants que j’ai vus en train de mettre le feu au chapiteau du Chicass'Noz à Redon avec leur musique de voleurs de poules – c’est de l’humour, Boban, range ta kalach’ ! - ont publié sur leur site une de mes photos avec un beau « Copyright Joe Krapov ». Ça me fait penser au personnage de Tchekhov qui revient chez ses parents clamer « Papa ! Maman ! Je suis célèbre ! J'ai mon nom dans le journal ! ». En fait il figure dans la rubrique des faits divers parce qu'il s'est fait renverser par une troïka dont les chevaux s'étaient emballés. Un peu comme Alain Biguet, vous voyez ?

 

Mais quand même, c'est fatiguant de sortir et ce n'est pas bon pour mon bilan carbone. J’irais bien voir l'exposition Suzanne Valadon à Nantes mais ce n'est pas la porte à côté avec la SNCF. D'après ma fille il faut compter 2 h 30 de voyage en partant de Rennes vu qu'on nous fait passer par Laval et repasser par Sablé à cause de la grosse branche qui a démoli la façade d'Anne-Françoise et a fini sa course sur la voie ferrée un peu après Redon. Je vois que j’ai raté le concert des Goguettes : c'était le samedi 2 décembre à Saint-Aubin-du-Cormier. J’aurais pu revoir la chanteuse Juliette : c'était le 7 novembre à Cesson-Sévigné et j’ai encore manqué la harpiste Cécile Corbel qui se produisait le 17 novembre à Saint-Aubin où il se passe visiblement plus de choses qu’à Rennes ! Et en plus c'était en 2023, tout ça !

 

Surtout le plus gênant quand on sort c'est que, même si on ne va pas à l'opéra, il convient de s'habiller ! Même pour aller à l'atelier d'écriture il fait tellement noir à 18 h en hiver que je suis obligé maintenant de mettre un gilet jaune, pas pour protester mais pour qu'on me voie et ne m’écrase pas ! L'atelier d'écriture, voilà bien quelque chose qui vous dissuade de sortir ailleurs le mardi soir ! Pour rien au monde je ne voudrais rater les phrases que j'y entends et qui enfoncent tous les spectacles du TNB à la fois. La plus drôle des réparties entendues ce soir était « Ah ! Comme je regrette les bidets ! »

 

Sortir ! Sortir ! Je ne sais pas si je ne préfère pas tout compte fait faire une insomnie en marcel à 4 h 28 du matin et chercher des noms d'animaux-valises en même temps que la suite du sommeil dans la chambre d'amis ! En voyant ma photo sur la couverture du n° de Wik je note pour la prochaine de mes insomnies « mouflonflon de la fête ».

 

Et puis pourquoi sortir quand la partie d'échecs du championnat du monde entre le Chinois Liren Ding et l'Indien Gukesh vient se disputer sur mon ordinateur tous les jours entre 11h et 14h ?

 

Alors c’est vrai que je reste aussi pas mal chez moi avec mes dévédés, mes cédés, mon ordi, mes photos à numériser, textes à taper-dicter, parties d’échecs sur l’ ordi…

 

Là où sortir et rester chez soi se rejoignent c’est que finalement, pendant que je fais tout ça, je ne fais rien de mal, je ne cherche pas à devenir Premier ministre d'un bordel innommable !

10 décembre 2024

Écho silencieux / Marie Sylvie

 

Dans mon univers immobile, le temps s'écoule,

Les murs deviennent mes horizons, mes rêves s'y déroulent. 

La photo d'un individu désarticulé me hante,

Reflet d'une réalité, d'une vie captivante. 

 

Sortir ou rester, la question est posée, 

L'invalidité me retient, immobilisée. 

La pop-culture file un train rapide et furieux 

Mais grâce à l'écran, j'y trouve mon milieu. 

 

La télévision, fenêtre sur le monde mouvant, 

Me donne la meilleure place, toujours au premier rang. 

Les spectacles, les festivals, des rêves inaccessibles, 

Ma forme, ma santé dictent des limites invisibles. 

 

Mais grâce au streaming, au replay, je vis

Des fragments d'extase, des moments choisis.

Pourtant, voir les acrobates, libres de voler, 

Me fait pleurer, moi inerte, incapable de bouger. 

 

Chaque cascade, chaque pirouette, un rappel cruel

De ce que je ne peux plus, un horizon fermé, irréel. 

Mais dans mes larmes, un espoir persiste, léger, 

Que la joie, malgré tout, trouve encore un sentier. 

 

Dans ce cirque intérieur, mon âme danse en secret, 

Trouvant des merveilles là où mon corps ne peut plus aller. 

Et même si la tristesse parfois m'assaille, 

Je trouve des étincelles dans chaque détail. 

3 décembre 2024

Consigne d'écriture 2425-10 du 3 décembre 2024 : Animaux valises

 

Animaux valises

 

 

On trouve sur Internet les traces de plusieurs auteurs qui se sont amusés à écrire des livres à base d’animaux-valises : Philippe Sabardu, Olivier Salon, Paul Fournel, Hervé Le Tellier. Voici, mélangées dans l'ordre alphabétique, leurs créations auxquelles l'animateur a ajouté les siennes car lui aussi joue à ce jeu-là pendant ses insomnies !

 

Il vous appartient ce jour :

 

- de faire des descriptions des animaux valises que vous sélectionnerez  (nom latin, poids, taille, durée de vie, nourriture, développement, caractéristiques…) ;

 

- ou de donner pour chacun une définition de dictionnaire afin d’expliciter ses particularités ;

 

- ou d’écrire une fable ou un dialogue impliquant deux ou trois de ces animaux-valises ;

 

- mais surtout d’éviter le logorallye et donc de ne pas faire un long texte dans lequel on place toute cette ménagerie à la queue leu leu. Même si vous savez que vous pouvez faire ici tout ce que vous voulez ! ;-)

 

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