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L'Atelier d'écriture de Villejean

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29 janvier 2025

Oh ! La Vilaine ! / Maryvonne

 

Les circonstances actuelles - fortes inondations en Ille-et-Vilaine - nous ont donné l'envie de repartager ce texte de Maryvonne écrit en juin 2017 (consigne AEV 1617-29) avec des illustrations actualisées.

 

 

Oh ! La Vilaine !

 

 

Une rivière en avait marre de vivre sous les ponts, de refléter le soleil puis la lune et quelques pêcheurs à la ligne. Elle décida de sortir de son lit. Il était temps, elle approchait des 50 berges.


Elle était née du ventre de la terre, fécondée par un amont terrible. Ça coulait de source que son nom de bébé fût Ru puis elle fut baptisée très vite à l'eau sauvage de la première cascade d'un joli nom qui aurait pu être la Loire, la Seine, la Meuse mais non, elle, ce fut : La Vilaine.

 

Elle aurait tellement aimé qu'on la nomme, par exemple, la Gironde : ses courbes, ses sinuosités lui auraient paru plus sexy. Vilaine ! Elle se demande qui est le con influent qui lui a trouvé ce nom stupide.


Elle a tant de chagrin que pour le noyer elle écluse l'eau de vie. Elle est grise, elle a la vase triste, elle dit qu'elle va se jeter à la mer.


Ceux à qui elle rendait service autrefois et qui égayaient ses rives lui ont tourné le dos. Les laveuses, les bouilleurs de cru, les bouchers qui venaient se tordre les boyaux, c'était gai à l'époque.


Alors elle se dit avant le baiser à la mer avec son embouchure qu'elle sent que son chagrin va déborder. Ses flots de larmes sautent les barrières, envahissent les champs, baignent les villages. Tant pis pour eux ! C'est un peu de leur faute aussi !

 

 

- Autrefois les racines des arbres et les haies me prenaient dans leurs bras, se dit-elle. Avec le « démembrement » plus de câlin, plus de chemin creux. Je fais des poutous partout en dehors de mon lit, je les cocufie, je les inonde d'un chagrin amer. Je déversoir(e), je m'infiltre, je catastrophe mais au moins je passe à la télé, je fais la Une de « Ouest-France ».

 

 

- La Vilaine est sortie de son lit » disait mon père quand je me levais mal coiffée le matin.

 

- Voyez comment on me traite ! Comment on parle mal de moi !

 

 

Elle est au courant que l'on se moque d'elle.


Mais non La Vilaine n'est pas moche , elle est bien chahutée avec son nom mais elle se dit pour se consoler qu'il y a pire, ce sont les candidates qui prétendent au titre de Miss Ille-et- Vilaine. Il faut oser ce titre même si elles n'ont que 18 ou 20 berges et que leur jeunesse leur sert d'écrin. Il faut avoir la ligne et la pêche pour se jeter dans le grand bain médiatique. Mais avec l'aval de leurs parents elles peuvent gravir « l'amont-agne » et ça les fait rêver.


La Vilaine, elle, a fini de rêver, elle s'est noyée et pendue au fil de l'eau. Elle aurait aimé finir en delta , elle n'a même pas eu cette chance. Ça ne rigole pas beaucoup du côté de l'estuaire. Alors elle s'étend alanguie sur le banc de sable, attendant la fin.

 

Mais elle arrive surprise au paradis bleu, là où la vie a le goût du sel, elle prend la vague, elle va danser, elle va voir du pays, elle se marie avec l'océan, elle prend son nom. Fini la Miss Vilaine, elle est Madame Atlantique. A elle les escales de port en port, à elle l'immensité, le tour de la Terre. Au revoir la petite Bretagne riquiqui qui lui serrait les courbes et les méandres !


Les voyages, voilà ce qui la rend jolie, La Vilaine !

 

 

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28 janvier 2025

Consigne d'écriture AEV 2425-17 du 28 janvier 2025 : Passé pas si dépassé

 

Passé pas si dépassé

 

"L'exposition "Passé pas si dépassé" propose, au Diapason, sur le campus de Beaulieu, à Rennes, une sélection de retirages de plaques de verre photographiques prises dans le cadre des activités de la Faculté des sciences dans les années 1920 à 1930. Elle évoque l’histoire de la faculté mais aussi impulse une réflexion sur les représentations du travail scientifique, de la recherche, du rapport à la connaissance. L'exposition incite les visiteurs et visiteuses à s'interroger sur ce que la mémoire collective transporte autour de ces activités scientifiques. "

 

A partir d'une, de deux ou de trois photos de l’exposition, d’une collecte de noms de savants ou de professeurs (réels ou dans la fiction) et de noms relatif aux sciences, racontez-nous quelque chose en lien avec le passé, l’université, la recherche ou la science. La collecte a donné :

 

La collecte a donné :

 

Albert Einstein - Alfred Nobel - Archimède - Blaise Pascal - Copernic - Emmett Brown (du film "Retour vers le futur") - Gilles Degennes - Hubert Reeves - Isaac newton - Le Professeur Burp (de la BD "La Rubrique-à-brac" de Gotlib) - Le professeur Tournesol - Le Savant Cosinus - Leonard De Vinci - Marie Curie - Pasteur

 

astronomie - atome - canicule - chercheuse - cornue - digitaline - éprouvette - fusion - graphique - rébarbatif - recherche - sang - scalpel - sciences naturelles - théorie - vitesse

 

Cliquez sur la photo pour l'agrandir

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

28 janvier 2025

Les Profs de fac / Anne J.

 

J'ai, il y a bien longtemps, fréquenté l’université et ses nombreux professeurs sans jamais connaître les savants célébrés : aucun Hubert Reeves ni Albert Einstein dans les professeurs de la Faculté de pharmacie mais quelques vedettes et personnalités dont je me souviens encore, presque 50 ans après ! Eh oui !

 

 

Le professeur C., le père, que certains surnommaient le sanglier à cause de ses gros sourcils poilus, faisait, lors de mes premières années de fac, ses derniers cours de botanique. Outre que ses cours étaient d'un ennui incommensurable, nombre de pétales, nombre de sépales, des feuilles sessiles ou pas, des bourgeons comme ci ou comme ça, on en extrait tel principe actif et on fait tel médicament avec et on passe à la plante suivante, outre donc cet interminable catalogue poussiéreux et rébarbatif, ce vieil homme était d'un autre siècle. Il exigeait des étudiants qui l'attendaient sagement dans l’amphithéâtre qu'ils se lèvent à son arrivée. Il entrait par la porte du bas, précédé ou suivi par un petit grouillot qui portait ses planches et ses craies pour écrire au tableau. Et si certains refusaient, il ne commençait pas son cours : on n'est pas en 1950 mais bien après mai 1968 ! Il n'avait pas dû voir passer l histoire !

 

Une de mes copines arrivait assez souvent en retard au cours et si celui ci était commencé, le professeur C. arrêtait son laïus pendant que l'étudiante tentait de se glisser discrètement sur un rang.

 

Il la regardait s'installer en proférant :  «  Quand la demoiselle du 5ème rang sera installée, je reprendrai » ou tout autre remarque de ce type. La honte aux joues, l'étudiante se disait que la prochaine fois elle serait à l’heure ou ne viendrait pas.

 

 

Le professeur C. père avait un fils qui était aussi professeur dans une autre matière : le genre très bonne société rennaise, raie sur le coté et une longue mèche qu'il rejetait en arrière toute la journée, comme un tic, grand, maigre, bien sapé, belles chaussures et belle bagnole, hôtel particulier et épouse aristocratique, je pense, et qui pensait être le meilleur en tout : j'ai de plus travaillé un an dans son service : il pensait que j'avais besoin de lui pour apprendre et se voulait mon mentor au quotidien. Je détestais ses petites interros du matin où la majorité des étudiants essayaient de gagner ses bonnes grâces et de se faire bien voir en répondant comme des moutons sans aucune rébellion.

 

Bêler avec les moutons n'a jamais été mon fort. Je m'arrangeais donc le plus souvent pour avoir quelque chose d'urgent et de plausible pour m'enfuir dans une autre pièce et échapper au troupeau. Au bout de quelques semaines, il a, je pense repéré mon manège et n'a pas été dupe mais je lui ai poliment dit que je pensais avoir mon examen toute seule sans ses petits instants de gloire et de pouvoir et il a fini par me laisser tranquille.

 

J'adorais le professeur T. par contre qui était un tout petit bonhomme rondouillard et qui faisait des cours éblouissants de clarté. Il maîtrisait son sujet à la perfection et au bout de deux heures on se sentait plus intelligent tant ses démonstrations étaient brillantes et claires ; j'aurais sans doute adoré me perfectionner en pharmacodynamie s'il n'avait pas fallu pour cela découper des grenouilles en rondelles, dépecer des sangsues, assassiner des souris et torturer des chiens. La pharmacodynamie est une science qui étudie comment les produits chimiques agissent, se métabolisent et s'éliminent dans les organismes vivants : la théorie est passionnante mais pour la démontrer il faut tartiner le cul des lapins avec des pommades qui vont les rendre malades, voire les tuer (oui c'est comme ça qu'on teste les rouges à lèvres, mesdames !).

 

Le professeur L. qui faisait cours tard en soirée vers 17 heures avait souvent ajouté du rhum ou du whisky à son breuvage du goûter, à moins qu'il n'ait arrosé la promotion d'un de ses assistants ou collègues, et il nous arrivait de temps en temps avec une langue pâteuse et des discours fumeux. Il nous enseignait les éléments pratiques de la toxicologie, in vivo et non dans une éprouvette : on pouvait juger sur pièce !

 

 

Pour clore ce tour d horizon de mes enseignants de fac, je dois remercier le professeur B. qui a sauvé ma note éliminatoire en mathématiques et chanter les louanges de la bibliothèque où j'ai passé de très longues après-midis a potasser mes cours : j’appréciais vraiment cet endroit tranquille plein de livres et d'étudiants studieux qui en silence grattaient des kilomètres de papier pour ingurgiter des tonnes de chose dont au moins la moitié ne leur servirait à rien.

 

 

Pensez donc, dans les années 1980, on fabriquait encore des montages de tubes de verre, de cornues et d'éprouvettes comme le professeur Tournesol, juste pour le fun, on se râpait les doigts à tailler des bouchons et on se brûlait à distiller de l'eau ou des essences aromatiques !

 

Ah ! Je vous parle d'un temps...que les moins de 20 ans… !

28 janvier 2025

Scientifique ou pas ? / Maryvonne

 

 

Notre gentil animateur nous propose des photos anciennes de professeurs de la Faculté des sciences de Rennes, hommes pas très souriants sous leurs moustaches.

 

Si je ne suis pas allée à la Faculté de sciences, c'est pour deux raisons. La première est que toutes les sciences, physiques ou naturelles, me semblaient rébarbatives.

 

La deuxième est que je me savais pas assez courageuse pour faire des recherches abstraites ou même concrètes en jouant avec des éprouvettes et des cornues, en tirer des graphiques abscons sur la vitesse de la crue de la Vilaine en 1966 par rapport à celle de 1981 ou de 2025. Quand j'entendais mes copains parler de probabilités, de fusion de l'atome et de l'influence de la digitaline sur le rythme cardiaque, je préférais m'évader en regardant le ciel étoilé les soirs de piste et blaguer sur « Copernic nique nique », m'en allant brailler comme sœur Dominique nique nique au café de la Paix pendant que ma copine Eliane, debout sur une table criait « A bas la calotte ! ».

 

 

Ensuite je la raccompagnais avenue des « putes » de Coesmes jusqu'au pavillon Sophie Germain, une célèbre mathématicienne, physicienne et philosophe. J'étais positive et souhaitais vivre en Théorie car « en théorie tout se passerait bien ».

 

Je regardais les atomes crochus s’enlacer entre tous mes copains. Mon heure viendrait plus tard mais avec un littéraire, je suis quand même plus raccord.

 

Aujourd'hui c'est différent. Je voudrais rentrer au CNRS pour devenir chercheuse et trouver facilement où est mon téléphone, mon porte-monnaie et le titre du dernier film que j'ai vu.

 

 

Je n'ai pas connu l'époque où les scientifiques avaient une blouse de boucher et sur leur bureau, en décoration, une ammonite géante, je suis trop jeune.

 

 

28 janvier 2025

Première fois / Adrienne

 

La première fois que T.T. vit Bianca, il la trouva franchement déplacée. Elle lui déplut, enfin. Il n’aima pas comment elle était habillée. Avait-on idée de mettre une jupe blanche et des sandalettes pour crapahuter sur des rochers ? Même par cette canicule, ce n’était pas justifié.


A trente ans, il avait des idées sur ce qui était justifié. Une ‘chercheuse’, passe encore, il ne déniait pas l’intelligence des femmes, mais sa tenue lui fit mal augurer de celle-ci, qui portait un nom de rossignol milanais sans avoir l’air de se considérer dans l’obligation d’avoir du goût. Son chapeau était rébarbatif et ce n’est pas dans ce genre de sac à main qu’elle pouvait ranger des éprouvettes.


Elle lui donnait une impression vague, générale, d’ennui et d’irritation. Il se demanda même pourquoi. C’était disproportionné et, il en convenait, indigne du professeur en sciences naturelles qu’il était, aussi fort en théorie qu’en recherche pratique, et futur grand spécialiste en astronomie.


La seule chose qu’il aima d’elle tout de suite, ce fut la voix. Une voix de soprano à la fois chaude et claire, qui lui faisait monter le sang à la tête et battre le cœur de manière plus désordonnée que s’il avait pris de la digitaline.


Finalement ce fut lui qui se couvrit de ridicule à cause de ce début de surdité qui lui avait fait mal comprendre le but de l’expédition du jour : il avait emporté un filet à papillons.


Ce qui donna l’avantage à Bianca et, de sa belle voix de soprano, qui lui ferait bientôt préférer le Conservatoire et la Scala aux scalpels et aux cornues, elle émit ce jugement définitif :  « Il n’y a vraiment rien de commun entre vous et moi, mon cher Tryphon, absolument rien. Pas un atome ! »

 

***

 

 Merci à l’Atelier de Villejan pour sa consigne.


Presque tous les mots proposés y sont: astronomie – atome – canicule – chercheuse – cornue – digitaline – éprouvette – fusion – graphique – rébarbatif – recherche – sang – scalpel – sciences naturelles – théorie – vitesse.

 

Et merci à Aragon qui a été copieusement pastiché 😉

 

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28 janvier 2025

Entre théories et réalité / Marie Sylvie

 


Lorsque j'exerçais à Technopole Université, j'étais souvent ébahie par la transformation des étudiants.

 

En tant que chercheuse en astronomie, j'observais non seulement les étoiles mais aussi les comportements humains.

 

Chaque jour de trajet professionnel, je partageais le tramway de la ligne Université avec ces jeunes esprits en quêtes de savoir. L'itinéraire passait devant la clinique Marie Curie puis devant le centre hospitalier.

 

Après des journées entièrement passées dans les grandes salles d'amphithéâtre à écouter des cours parfois rébarbatifs sur les théories complexes d' Albert Einstein ou les réflexions profondes de Blaise Pascal,  ils ne cédaient nullement leur place assise.

 

Encombrants les allées du tramway avec leurs valises remplies de livres, ils discutaient à vive allure de leurs week-ends festifs bien arrosés ou des programmes musclés des bizutages à venir. 

 

Pendant ce temps, des patients épuisés par des consultations médicales démoralisantes et des membres du personnel médical exténué restaient debout durant tout le trajet qui durait une bonne demi-heure. 

 

Au milieu de cet environnement,  j'ai pu capter quelques bribes de leurs conversations rédigées en mots écourtés comme si la vitesse de la communication importait plus que la clarté.


Mais où étaient donc ces universitaires prometteurs ? Se plongeaient-ils encore dans les mystères de l'univers comme le ferait le  Professeur Tournesol ou réfléchissaient-ils aux caprices de la canicule ?

 

Ces jeunes, malgré les apparences, portaient en eux le potentiel de grandes découvertes. Ils pourraient un jour éclairer le monde de leurs connaissances. 

 

Chaque jour, en les observant, je me demandais ce que l'avenir leur réservait. 

28 janvier 2025

Le Coco-fesses ! / Jean-Paul

 

Ils ont tellement été tournés en ridicule, les savants et les professeurs, dans l’univers où j’ai vécu, celui de la bande dessinée, du cinéma comique et de la littérature populaire, que je ne les crois pas capables, ces puits de science, de répondre à ma question du jour : pourquoi tous ces messieurs des années 1900 à 1940 avaient-ils autant de poil sous le nez et, accessoirement, sous le menton ?

 

 

« Ah les belles moustaches ! » s’étonnait jadis Francis Blanche dans une chanson de son cru. J’en ai entendu récemment une autre, de Fernandel, « Les Moustaches de Thomas », sur le même sujet.

 

Du savant Cosinus à l’Isaac Newton de Gotlib, du professeur Tournesol aux savants détraqués qui font renaître des ptérodactyles et pire encore dans les aventures d’Adèle Blanc-Sec de Tardi, les hommes de science apparaissent souvent comme de sacrés farfelus ou de dangereux malades. Je pense par exemple au « Docteur Jerry et Mister Love » de Jerry Lewis ou à Frankenstein Junior de Mel Brooks : « Doctor Frankonstine !».

 

 

Si j’avais voulu obtenir une réponse à ma question sur la pilosité masculine, ce jour d’hiver où la Vilaine, au lieu de sortir de son lit, était prise dans les glaces et où une fine pellicule de neige recouvrait le quai Dujardin, j’aurais sans doute aucun dû opérer, sous la surveillance d’Emmerett Brown, un retour vers le futur et un demi-tour vers Villejean. Car c’est sans doute chez les sociologues de l’Université de Rennes 2 qu’on se sera penché, peut-être, sur la question ré-barbe-ative du poil sous le nez plutôt que chez les géologues, botanistes, chimistes et physiciens de l’Université de Rennes qui se trouvent regroupés, eux, à Beaulieu, tout au bout de l’avenue du Sergent Maginot – suivez la ligne, c’est la C4 ! - .

 

Albert Einstein avait-il un avis sur la question, lui dont le système pileux parfois hirsute, les traits d’humour certain, le sens du relatif et les tirages de langue ont fait douter plus d’un profane et perturbé plus d’un tenant de la religion ?

 

Léonard De Vinci n’a jamais fait de publicité pour le rasoir Gilette deux lames. Bien qu’il fût imberbe, Blaise Pascal n’utilisa jamais le rasoir électrique Philips et il n’aurait pas trouvé très au poil qu’on le mentionnât comme inventeur de la brouette japonaise dans le Kamasutra de San Antonio.

 

 

A ce dernier propos on s’intéressera avec curiosité à la photo du professeur qui lit sérieusement sous les murs couverts de vitrines. C’est quoi, cet objet sur la cheminée ? Quel dommage que ces photographies ne soient pas légendées !

 

 

Tous ces étudiantes et étudiants sur la photo de groupe, nous leur devons peut-être l’invention du bébé-éprouvette, de la greffe d’organe central du Parti communiste français, de la cornue à jus de pommes de Corps-Nuds. Ils sont peut-être devenus des Docteurs Folamour, des oncles sacré bricoleurs qui ont fait en amateurs-trices des bombes atomiques ? Ils et elles ont pondu des tas de théories qui permettent à de drôles de cocos, de nos jours de piller-polluer-spoiler la planète et de s’imaginer un futur personnel sur la planète Mars ? Grand bien leur fasse aux fesses, à ceux-là !

 

Moi, si j’ai des scientifiques à remercier, ce sont, outre les professeurs Nimbus, Moriarty et Mathanstock, les ceusses qui ont inventé l’ordinateur personnel et le scanner. Grâce à ces engins je vais m’empresser de numériser la carte postale en 1200 DPI voire plus si affinités pour identifier le bouquin du prof poseur, les trucs dans les vitrines et le drôle de caillou fessu sur la cheminée de marbre. Une sculpture de Brancusi qui aurait remonté le temps ?

 

P.S. Je n’ai pas eu besoin de le faire. A la fin de la lecture Maryvonne a sorti son téléphone qui cherche sur Google et m’a apporté la réponse : c’est un coco-fesses, une graine de cocotier de mer !

 

https://www.seychelles.fr/praslin/coco-fesses-praslin.php

 

P.S. Je l’ai fait quand même et ça n’a rien donné !

 

P.S. Sur le port de la moustache, c’est ici :

 

https://www.liseantunessimoes.com/une-histoire-de-moustache/

 

et, côté universitaire :

 

https://www.sudoc.abes.fr/cbs/xslt//DB=2.1/SET=2/TTL=11/SHW?FRST=15

 

 

21 janvier 2025

Consigne d'écriture AEV 2425-16 du 21 janvier 2025 : Ecrémage n° 1

 

Écrémage n° 1

 

Il vous est demandé d'imaginer un titre de roman en utilisant uniquement certains des éléments ci-dessous et rien d'autre.

 

accident - août - Bijou - boulevards - boutiques - braves - café - ceinture - Chevreuse - chien - cirque - d' - dans - dans - danseuse - de - de - de - de - de - de - de - de - de - de - de - de - des - des - des - dimanches - dormants - du - encre - enfance - Étoile - famille - fleurs - garçons - herbe - horizon - inconnues - jeunesse - jeunesse - l' - l' - l' - l' - l' - l’ - la - la - la - la - la - le - le - les - livret - loin - ne - noces - nocturne - nuit - nuits - obscures - oubli - pas - passe - pedigree - peine - perdes - perdu - perdue - petite - place - plus - pour - printemps - quartier - quartier - que - remise - ronde - rue - ruine - si - souvenirs - sympathique - te - triste - tu - un - un - une - vestiaire - villa - voyage

 

Vous choisissez ensuite une image parmi celles ci-dessous. Elle servira comme couverture pour un roman.

 

(On peut les agrandir en cliquant dessus)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Vous choisissez ensuite le pseudonyme d'écrivain·e sous le nom duquel paraîtra votre oeuvre.

 

Il ne vous reste plus qu’à écrire le premier ou le dernier chapitre ou une partie du roman en insérant dans votre texte des mots de la liste ci-dessus.

21 janvier 2025

Le Café de ma jeunesse / Maryvonne

 

 

Si un jour, il vous vient l'idée d'écrire un roman et que vous cherchez un lieu riche en histoires, choisissez un café, un bistrot, un estaminet, une taverne, c'est ce qui a été un lieu de vie pour moi.

 

Ma jeunesse en famille a été au milieu de braves gens, d’inconnus au pedigree douteux, de garçons en tout genre, des agriculteurs clients de mon père, des joueurs de belote, des commerçants du pays, des adolescents sympathiques et bien d'autres.

 

On peut y entendre toutes sortes de conversations amusantes ou douteuses, timides ou théâtrales. On y vient pour changer d'horizon, pour faire des rencontres, noyer sa peine, trouver une oreille amie.

 

Pour ma part c'est la foire aux souvenirs mais je ne trempe pas ma plume dans l'encre de la nostalgie. C'était l'ordinaire, enfin je le croyais.

 

Nous n'étions pas sur un boulevard mais en face d'une grande place. De temps en temps un cirque venait y planter son chapiteau. Pour profiter de l'électricité le patron demandait à être branché à la forge de mon père car j'avais entendu qu'il possédait la force. Je trouvais cela formidable d'avoir la force sans savoir ce que c'était.

 

Pour nous remercier nous recevions des tickets gratuits d'entrée au cirque ou même au théâtre et même un jour une petite chienne de cirque. Un vrai bijou, héros de mon enfance. Ma chère Pirouette, danseuse, acrobate, souriante, oui la première chienne souriante de tout l'univers. Combien je fus triste à sa mort !

 

En ce temps-là personne ne fumait d'herbe mais on buvait sec, assez peu de bières mais du vin, des apéritifs, des boissons anisées (Pernod ou Ricard) et des alcools forts.

 

Le degré d'alcoolisation donnait lieu à des scènes comiques ou dramatiques. C'était mon théâtre à domicile. Comme dans la comptine : Compère qu'as-tu vu ? J'ai vu des bagarres comme dans les westerns, des discours endiablés, des crises de delirium tremens, des scènes d'amour ou d'humour, j'ai vu une femme venir chercher son mari et aussi un enfant téter sa mère pendant qu'elle buvait un pastis.

 

Vous voyez, très tôt, j'ai vu un résumé de l'histoire du monde, enfin, d'un certain monde.

21 janvier 2025

La Danseuse du cirque / Anne J.

 

 

 

Ce dimanche-là, l'inspecteur Agathon Lechat était de garde au commissariat de l'Étoile et il s’apprêtait à ouvrir son bento quand on frappa à la porte. L'inspecteur poussa un soupir et posa la petite feuille de vigne farcie préparée avec amour par sa chère épouse, la belle Cléopâtre.

 

  • - Oui, entrez !

  •  

    - Désolé, inspecteur, on a une urgence !

     

  • - En plein mois d’août ? Un accident ?

     

    -  On ne sait pas encore. On a retrouvé une danseuse en tutu et chaussons à pointes sur la plage près de la petite place du casino.

     

    - Et ?

     

    - L'étrange c'est que, en plus de son tutu, elle portait un bonnet de laine, des gants fourrés et des lunettes de ski.

     

    - Ah bon ? Et qui l'a trouvée ?

     

    - Bijou, le chien du café, en faisant sa promenade nocturne dans le quartier.

     

    - Ce bâtard sans pedigree ?

 

  • - Affirmatif, chef !

 

  • - Il y a des témoins autres que le chien ?

     

    - Les garçons du cirque ambulant qui s'est installé sur la place ont vu le chien arrêté sur la plage et surtout l'ont entendu hurler au petit matin, mais ils n'ont rien vu.

 

Agathon attrapa sa veste. Son déjeuner était gâché, cette histoire étrange lui avait coupé l’appétit. Il sortit de son bureau, intima à l'agent l'ordre de garder la maison et se dirigea vers la plage en longeant le boulevard où bruissaient les palmiers. La mer était haute et le vent soufflait fort sur la petite ville de Malaga. Les boutiques de souvenirs avaient fermé leurs rideaux et il n'y avait pas un chat dehors. Un attroupement signalait clairement qu'il y avait quelque chose à voir et en approchant il entendit les commentaires des badauds. Un silence se fit lorsqu'il s'approcha de la victime étendue sur le ventre, les lunettes remontées sur le haut de la tête.

 

  • - Si c'est pas triste, mourir ainsi en pleine jeunesse ! fit un pilier de bar bien connu de ses services.

     

    - On dirait la trapéziste du cirque, fit un de ses copains.

     

    - T'as raison, on dirait bien.

     

    - Dégagez, aboya Agathon que la faim et la chaleur rendaient toujours irascible.

 

Il se pencha sur le corps et aperçut entre les omoplates de la victime le manche d'un long couteau de boucher avec une longue bande de papier accrochée au manche ; Le papier était rose fluo et dessus était écrit en lettres majuscules : « Bien fait pour toi ».

 

Les scientifiques de la Criminelle s'approchaient avec leur matériel et saluèrent l'inspecteur qui résuma ainsi la situation :

 

  • - Jeune femme en tenue de danseuse ou de skieuse, au choix, poignardée dans le dos avec un long couteau et un motif écrit sur un papier rose fluo, pas de témoins, tuée cette nuit, on ne sait pas à quelle heure et découverte par un chien au petit matin. Voilà , elle est à vous. J'attends vos conclusions au plus vite.

     

    - Pour hier, comme d'habitude ?

 

Agathon les fusilla du regard, s'essuya le front - il faisait 36 degrés - et vit alors un maillot rouge et jaune à demi dissimulé sous un petit rocher. On apercevait le chiffre 7 à l'arrière. Il le montra du doigt aux scientifiques qui enfilaient à grand peine leurs tenues de travail.

 

  • - Ça aussi, on y trouvera peut être quelque chose.

 

Agathon prit le chemin du retour, quittant la digue pour la rue où il trouva un peu d'ombre. Il avait reconnu la victime, c'était Fanny, la trapéziste du cirque où il avait emmené son petit fils avant-hier mais surtout il était sûr de l'avoir croisée ailleurs, et pas en tutu, mais où ?

 

Agathon détestait quand sa mémoire lui faisait défaut ainsi. Il rêvait d'un sirop d'orgeat avec des glaçons et sentait son estomac gargouiller.

 

Et soudain, il vit la scène, clairement. Mais bien sûr ! Il l'avait vue au théâtre où il tait allé la semaine dernière avec Cléopâtre, elle était en compagnie d'un homme qu’ Agathon n'avait jamais vu. Il fallait qu'il appelle Cléopâtre tout de suite. Elle, elle saurait le décrire. Elle faisait des puzzles à longueur d'année et avait développé un terrible sens de l'observation.

 

Ça attendrait le commissariat car Agathon Lechat était réfractaire au téléphone portable, assumait sans problème son état de vieux has been et une petite halte au café des voyageurs s'imposait, sirop d'orgeat et glaçons.

 

Et c'est à ce moment là qu'un violent coup sur la tête le jeta par terre.

 

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