Être Breton, n'empêche pas d'être citoyen du monde, d'aimer l’exotisme et de penser parfois que l'herbe est plus verte ailleurs.
Par contre quand on est tombé dans la marmite tout petit nous avons forcément des séquelles. On aime s'entendre dire que l'on a un beau pays. Nos côtes sont admirables. Nos villes pittoresques. On ne déteste pas savoir que nous avons la tête dure, que nous sommes têtus et que longtemps nous n'avons pas été à la tête du progrès. Le terme « plouc » nous colle encore aux sabots.
Cet adjectif nous a été donné à Montparnasse car beaucoup de ceux qui venaient travailler à Paris arrivaient des communes dont le nom commençait par « plou » : Plougastel, Plougrescant, Ploubalay etc.
Chacun de nous a sa Bretagne au cœur, par exemple j'adore la galette de blé noir avec du beurre et un œuf accompagnée de la bolée de cidre suivie d'une crêpe de froment en dessert. C'est mon repas préféré. Mais je n'aime pas la galette-saucisse, ça m'étouffe, ce n'est pas confortable à manger et la galette est souvent froide. A rayer du menu.
Ma belle-famille étant originaire du pays de la coquille Saint-Jacques nous arrivons dans le domaine plus délicat, plus raffiné, c'est le must ! Tous les coquillages et crustacés m’enchantent le palais, l'andouille aussi si elle est réchauffée avec de la purée.
L'art de la table c'est important dans notre culture et c'est sur la première place du podium. Il y a sur la deuxième marche la bombarde, le biniou, les pardons et l'Ankou, c'est bien aussi mais noir c'est noir, il n'y a plus d'espoir.
Nos comiques (comme dirait mon ami Bernard) : Bécassine, Olivier de Kersauzon, François-René de Chateaubriand, Bernard Hinault, On a fait plus rigolo !
Pour les costumes ce n'est pas d'une folle gaîté non plus, mais j'avoue kiffer les broderies.
Nos menhirs, nos chants de marin et les marins qui chantent la mer, les vagues, les marées, la dure pêche, les noyades, les naufrages, les morts, quel calvaire (en granit) !
Alors Bretonne je suis mais j'aurais bien aimé aussi être Corse, Antillaise ou Réunionnaise et pourquoi pas Parisienne. Mais attention : pas Antillaise à Paris mais restée au pays.
C'est trop tard. Si ça se trouve j'irai finir mes jours en Vendée, ventre-à-choux, dans la même maison de retraite que Bruno Retailleau et l'autre dépendeur d'andouilles du Puy du fou.
Vieille chouanne, complètement charrette avec ma bouteille de « trouspinette » en train d’émietter ma brioche ou ma gâche sans confiture.
Peut-être que ma petite June viendra me voir le dimanche sauf si elle préfère la messe ou les vêpres. La religion dans ces contrées ça vous gagne.
Le Boul’Mich’, le Sébasto, la Bastoche, Ménilmuche, la place Maube sont des noms de lieux parisiens dont on a supprimé ou remplacé la ou les syllabes finales.
Essayez d’appliquer le même procédé à des noms de rues de votre ville. Vous vous retrouverez peut-être avec une rue Leub, une esplanade Charles Deug ou, comme à Tours, avec une place Jean Jau… Complétez cette liste de lieux raccourcis ou modifiés.
Il existe aussi des noms de rues amusants : rue de la Moquerie, rue du Serpent volant, rue de la Bourde, rue du petit Cupidon, Place Foire-le-Roi. Inventez-en ou listez-en d’autres.
Enfin, comme tous les centres-villes se ressemblent un peu et que l’orthographe se barre en sucette, on peut imaginer une rue de l’Amie câline, une avenue Maquedo, un boulevard Du Pareilaumême, une rue C. Fora, une place de l’Afnaque, une ruelle du Royal quai Bab, une rue de la Joyeuse épicière, une place d’Ecouter-voir, une rue du Palais des Thés, une rue de la Soif, une rue des Dessous du chapitre, une rue Oh my biche...
Voici une liste d’enseignes rencontrées à Tours qui peut vous servir pour en fabriquer d’autres :
Croque-Bedaine, Retour O Kalm, Charlie et la chocolaverie, Sortilèges, Rose bonbon, Arbalète, Trois pavés ronds, Baleschoux, les Petites pépites, le Salon bleu, l’Etoile bleue, Fémina, Le Chien jaune, Le Lapin vert, La Souris gourmande, la Plume blanche, les Trois écritoires, La Belle époque 60-70, le Chien fou, Rouge pistache, Le Chaperon rouge, Le Rat tatoué, La Broche à rôtir
Avec tous ces noms ou un seul de ces noms, racontez-nous :
- une déambulation touristique ;
- un souvenir concernant une personne ayant habité là ;
Mes grands-parents habitaient un village de montagne au cœur de la vallée des Sortilèges dans les Alpes du Sud.
Dès que j’ai su compter, pendant les vacances je me rendais dans le village pour aider ma grand-mère à tenir son commerce. De nombreux touristes venaient, soit visiter la région, soit randonner sur les chemins de l’Étoile bleue ou de la Plume blanche ou encore pour escalader la fameuse montagne des Sortilèges où atteindre le sommet, c’était se sentir sur le toit du monde.
La boutique de ma grand-mère était située à l’angle de la place du Clair de Lune et de la rue du Petit Cupidon . Les habitants l’avaient surnommée « la rue de la Joyeuse épicière », ce qui faisait sourire mon grand-père et lui plaisait bien car il admirait l’énergie de ma grand-mère.
Pour sa part, il accompagnait les touristes dans la montagne du Serpent volant et ne manquait jamais de faire de la publicité pour sa joyeuse épicière.
Nul besoin qu’il lui fasse de la réclame. C’était le seul lieu d’alimentation du village. Sa joie de vivre attirait spontanément les clients. Elle appelait son épicerie « le petit carrefour ».
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Le deuxième commerce du village se trouvait sur la place du Clair de Lune, face à la fontaine où venaient quelques villageois remplir leurs seaux, et des touristes y boire un coup d’eau fraîche en revenant de leurs randonnées.
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Sur l’enseigne rose de ce commerce on pouvait lire « Au Chat qui bouine ». Peu de personnes connaissaient le verbe « bouiner » et j’ai bien souvent expliqué à des touristes ce que bouiner veut dire ! On trouvait tout pour bricoler, s’occuper les jours de pluie et aussi tout ce que la joyeuse épicière ne vendait pas, entre autres des romans photos, quelques livres, des journaux et des revues qui me paraissaient mystérieuses. La commerçante les sortait de sous le comptoir.
Aujourd’hui, mes grands-parents reposent dans le cimetière du village et sur leur tombe est accroché un piolet et on peut lire : « A notre joyeuse épicière et à son mari, l’alpiniste qui n’avait pas peur du vide ».
Autrefois quand j'habitais Villejean et que je voulais faire la maline je parlais de Johncity. Je n'imaginais pas que ma petite fille s’appellerait June. Que notre rue du Bourbonnais déboucherait sur un Subway lui même situé sur la dalle Ken, que l'avenue où se situe l'église deviendrait l'avenue Church et que l’appellation « Churchill » voudrait dire église malade. Ce qui amène à la débaptisation des rues Abbé Pierre ou autres curés déviants. Comme Père Perdupanloup etc.
Maintenant j'ai quitté Johncity pour la Bellange. On y arrive par la rue du Morb'hi-han où j'ai essayé d'éduquer des petits ânes dans deux écoles portant le même prénom Jules.
J'ai juste changé de Jules dans le quartier mais soyez tranquille ce n'était pas de la prostitution. Isaac et Ferry étant tous les deux une référence pour l'école laïque gratuite et obligatoire. Ce n'est pas « School of business » qui porte si bien son nom.
A Johncity on se promène dans nos belles régions françaises : Picardie, Bourbonnais, Nivernais, Armagnac, Limousin, Anjou, Lyonnais... And so on.
A la Bellange ce sont les villes des Côtes d' Armor, du Finistère et du Morbihan. De belles balades à faire et particulièrement par moult petits chemins.
Partout nous pouvons croiser gentiment des dealers. Nous pourrions les nommer Chemin du Chouf, place de la Coke, square de la Beuh, stade du Crack, Rue de l'Héroïne, très bien, surtout pour une voie sans issue. École G.H.B. Église L.S.D. Magnifique pour en voir de toutes les couleurs.
Oui je sais, vous n'allez plus m'appeler la Grand-mère mais l'Amère.
– Une des choses que je regrette, dit Renaat, c’est que maintenant avec les GPS plus personne ne s’arrête pour te demander la route. J’aimais bien, moi, ces instants où tu papotes avec un inconnu et que tu l’aides à trouver son chemin.
Ça fait bien rigoler Madame.
D’abord, parce que même dans sa propre ville, elle avait toujours un énorme travail cérébral à fournir pour essayer de savoir où, à peu près, se situait la rue demandée, et aussi comment y arriver en auto – car ce n’est pas du tout le même chemin qu’on prend quand on va à pied !
De plus, il faut bien suivre sa gestuelle, parce que si elle vous dit de tourner à droite mais tend son bras gauche, c’est le bras qu’il faut écouter 😉
– Rue Perdue… rue Perdue… se répète-t-elle en essayant de se rappeler où ça se trouve – pour elle toutes les rues sont perdues.
Sauf celles des lieux de son enfance, évidemment.
L’autre jour, on sonne à sa porte.
Une dame lui explique qu’elle n’habite pas depuis très longtemps en cette merveilleuse petite ville (les adjectifs sont de l’Adrienne ;-)) et qu’elle cherche une manucure pour se faire soigner les ongles.
– Vous comprenez, dit-elle, je les ronge.
– Ah ! réfléchit notre spécialiste des rues perdues, comme vous pouvez le constater, mes mains n’ont jamais vu de manucure, mais on doit bien en avoir une ou deux par ici…
Puis elle se rappelle qu’en allant à la gare, elle a vu qu’il y avait ce genre d’endroit dans cette zone-là.
– C’est sur votre droite en direction de la gare, dit-elle à la dame, en y joignant le bon geste.
– Donc c’est à la rue de la Gare ?
– Euh…
Voilà ! Elle sèche !
Est-ce déjà la rue de la Gare, à cet endroit ?
Non, évidemment non, vérification faite.
Alors, tout comme l’aviateur qui regarde les étoiles en se demandant si le petit Prince a retrouvé sa planète, l’Adrienne se demande si la dame a trouvé sa manucure.
***
Photo d’illustration : c’est à la longueur des ongles de l’Adrienne qu’on peut voir qu’elle a abandonné le piano…
Peu importe que vous n’ayez pas lu les premiers chapitres vous allez vous retrouver même sans GPS.
Chapitre 4 – Les traces du rongeur
Le commissaire Luc Arne tira sur sa cigarette, appuyé contre la vitrine embuée de La Souris Gourmande, une pâtisserie qui avait plus de secrets sous ses viennoiseries qu’une bibliothèque municipale. Le parfum entêtant du sucre cuit flottait dans l’air, tranchait avec l’amertume de la scène qu’il venait de quitter.
À l’intérieur, une jeune serveuse tremblante, les mains couvertes de farine, répétait pour la quatrième fois la même chose :
— Il est juste… entré. Il avait un tatouage, là, un rat, sur le cou. Il a commandé Baisers de et deux Idéals de Chaumont et une tartelette aux figues. Puis il est reparti, sans payer… mais ce n’est pas ça le pire.
Arne haussa un sourcil. Elle poursuivit, les yeux écarquillés.
— Il a laissé un paquet. Dans la vitrine. Avec… un doigt.
Le commissaire n’avait pas besoin d’en entendre plus. Cela faisait trois jours qu’il poursuivait Le Rat Tatoué, un surnom donné à un petit malfrat devenu soudainement beaucoup plus dangereux que la moyenne, depuis qu’un notaire avait été retrouvé étranglé avec un ruban en satin rose rue du Petit Cupidon.
Une heure plus tard, Derville descendait la rue des Trois Marie, ses chaussures claquant sur les pavés luisants. Il passait en revue les dernières étapes du fugitif : l’ombre avait été vue place de la Baleine, déambulant entre les étals du marché nocturne, achetant des fruits secs et un coupe-papier en forme de harpon. Quel rapport avec le doigt ? Aucun. Peut-être. Rue de la Ré, il s’arrêta dans un café tenu par une vieille connaissance, le genre qui avait un flair de limier sans jamais avoir mis les pieds dans une école de police.
— T’as entendu parler de ce type avec le tatouage de rat ? demanda Arne.
— Il était là hier soir. Il demandait un renseignement bizarre… Il voulait savoir comment se rendre aux Petites Pépites, tu sais, ce club de jazz bizarre dans la rue du Coin, celui qui n’ouvre que les soirs de pleine lune…
Le puzzle prenait forme, tordu mais logique. Le Rat Tatoué n’était pas qu’un voleur, c’était un type qui préparait quelque chose. Chaque lieu visité laissait une empreinte, un indice minuscule.
Luc Arne savait ce qu’il lui restait à faire ce soir. Il écrasa sa cigarette contre le trottoir, jeta un regard vers le ciel où la lune commençait à pointer, ronde et blanche.
Ce soir, à nous « les petites pépites » marmonna t-il dans sa barbe avec un sourire de requin !
« Quelque part au-dessus de l’arc-en-ciel, d’où s’envolent les oiseaux bleus du temps »
À une sirène
C’était dans les années 60. En la fin. Je ne sais plus si j’avais encore la vieille mob bleue de mon père – de celles dont l’embrayage nécessitait de pédaler dru, pour l’enclencher et relancer la bête, ou si j’avais déjà ma flandre rouge, rutilante – de celles vendues neuves chez Peneau, dans la rue principale, celle du Général à St Sé. Sûrement entre deux. Sûrement…
Quand un moment, je découvris la Plage. Aux Pas DésEnchantés. Stupéfaction ! Avant, mes baignades en Loire, c’était dans le Boireau, ou sur les bancs de sables le long de l’Île, et entre les jalles du Gourdeau. J’y ai appris à nager seul et bien mal. Je ne savais pas l’activité parallèle et si impliquée de mon voisin René Couillaud l’ingé élu charismatique si connu. Là-bas.
Là, du coup, sur cette Plage, je voyais tout un monde. Beaucoup, des gens de la Côte, venaient à pied. D’autres de plus loin, à vélo, pas encore en bus. Alors, j’y passais mes journées.
En haut de Plage, il y avait à gauche, une Buvette-bistro, tenue par une Dame, femme de Castor, serviable et très gentille. Et sur une affiche, je vis qu’il y avait un concours de dessin. Je m’y inscrivis et je passais plusieurs heures chez moi à la Douettée, à réfléchir et à dessiner.
Sur un Canson, je couchais la Plage, avec ses saules pleureurs stylisés, un peu comme de grands parapluies. Ouverts. Les toboggans. Le bassin de nage et le radeau plongeoir. Les petits voiliers école.
Et puis, d’une manière surréaliste, j’y collais une momie inca squelettique en fœtus engoncée dans ses cordes funéraires, et un grand radeau aztèque, avec une voile carrée soleil, portant un immense prêtre hautain debout dessus, et des esclaves polynésiens rameurs.
Je donnais mon dessin à la Buvette, sans grand espoir, et attendis.
Je me souviens juste d’avoir été parmi les gagnants, mais je ne me souviens plus du tout du prix. Qu’importe, en attendant, j’avais trouvé des amis, le garçon et la fille de la Buvette parmi d’autres aussi. Un poisson dans l’eau et une sirène véritable – nageurs et plongeurs hors-pair. Et qui excellaient à la voile aussi. Sur Vauriens et Caravelles, du Club, je crois bien.
Je passais de bien belles journées à la Plage. Soleil, bronzette, eau, baignade et jeux. Mieux que sur mes bancs de sable, lorsque j’étais un peu seul et à la merci des marées. Et puis, le 13 juillet au soir, nous sommes partis ensemble avec leur sœur et un groupe, à pied, du Centre jusqu’à la place Radig’ du Douet voir le feu d’artifice. Cette marche était un peu une tradition que j’ai découverte, je l’ai faite ce soir-là pour la première et pour la dernière fois.
Les autres jours suivants des vacances, je les passais en Bretagne avec mes parents. Puis la vie à la rentrée a repris son cours – à chacun vers son côté. Éparpillés.
Les amitiés, les amours de jeunesse, contingentes, sont éphémères, si souvent ...
Aujourd’hui, la flore ligérienne a repris ses droits. De hautes herbes feurissent sur la vase qui empiète lentement mais sûrement sur le sable. Et, malgré les fortes chaleurs, la Plage reste déserte !
Dans l’avenir, la Nature reprendra encore plus ses droits sur la Loire
Un temps de Plage, années 2100 …
Au futur lointain, une momie inca enfin délivrée devant un radeau aztèquo-polynésien, Nouvelle Plage de Saint Sé au 15/08/2225
"Dans le reflet de l’eau, l’écho d’une vie entière se fond dans l’horizon où le passé s’oublie. »
Somewhere over the rainbow, blue birds fly…
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Pour l’Atelier de Villejean. Consigne d’écriture AEV 2425-25 du 22-04-2025 : Apocopes de noms de lieux.
Ici, des apocopes, des aphérèses et des coupes drastiques au carré de mots :
Saint Sé, Saint Sébastien, Saint Sébastien sur loire, on dit Saint Sèb de nos jours Canson, papier Canson
La Côte, la Côte de Saint Sébastien
Le Douet, quartier, du latin Ductus aquarum, conduite des eaux, lavoir.
Le Boireau, petite boire
L’Île, l’Île Pinette
La Plage, la Plage de Saint Sébastien
Rue du Général, du Général de Gaulle
Les Castors, les travailleurs des Castors. Dans les années 1950, face à la pénurie de logements, des terrains sont vendus à des ouvriers. Au lieu de construire leur maison individuellement, les travailleurs forment des groupes par métiers (charpentiers, maçons, peintres, etc.). À la façon des « Castors », ils commencent à bâtir une cité caractérisée par ses petites maisons basses, ses couleurs et ses jardins. Les « Castors » étaient un mouvement coopératif d’auto construction, en bâtissant à plusieurs des habitations. Aujourd’hui, le nom des rues de la Profondine témoigne de cet élan solidaire : rue de la Solidarité, du Courage, de l’Union…
Le Club, club de voile
Apocopes :
Ingé, ingénieur le centre culturel René Couilleau propose mults activités, dont un atelier d’écriture, un de loisir créatif
Radig’ Radigois signifie conseiller en viking
Mob, mobylette
Vélo, vélocipède
Flandre, Flandria
Aphérèse :
Jalles, argiles
Bus, autobus
Pas DésEnchantés, les Pas Enchantés, Bd, mais leurs constructions avec moult suceuses de sable ont ruiné le Boireau et tout l’environnement.
Le 61 rue Prémar, à l'angle de la rue de l'Évent, baignait dans une lumière blafarde, projetée par les gyrophares des voitures de police. À l'intérieur du pavillon Le Chaperon Rouge, l'horreur s'était installée. Un couple, un dentiste respecté et sa femme secrétaire médicale, gisaient sans vie, victimes d'une violence indicible.
Au milieu de cette scène macabre, un enfant de huit ans dormait blotti contre les corps de ses parents. Son visage paisible malgré l'atrocité environnante trahissait un état de choc profond. L' inspecteur Clairemont, le regard sombre, s'accroupit près de l'enfant.
- Il ne réalise pas encore !" murmura-t-il, plus pour lui-même que pour ses collègues.
Avec une douceur inhabituelle, il souleva l'enfant et l'emmena à sa voiture stationnée rue des Trois Écritoires. Là, il l'installa sur la banquette arrière, enveloppé dans une couverture.
- Reste ici, petit. On va s'occuper de toi, dit-il d'une voix apaisante, bien qu'il sache que les mots ne suffiraient pas. Le Service Spécialisé de l' Enfance était en route mais Clairemont ne pouvait s'empêcher de se demander : Pourquoi ce couple ? Pourquoi cet enfant ?
☆☆☆
L'inspecteur Clairemont, le visage marqué par la fatigue, fit signe au Service de l'Enfance d'approcher.
- Il est dans ma voiture, sur la banquette arrière, dit-il d'une voix rauque. Mais lorsqu'il ouvrit la portière, un frisson glacial parcourut son échine. La couverture était là, soigneusement pliée mais l'enfant avait disparu.
- Qu'est-ce que... ? murmura Clairemont, son regard balayant frénétiquement les environs. Les agents sur place cessèrent leurs activités, alertés par l'urgence dans sa voix.
La rue Prémar, si calme quelque instant plus tôt, semblait soudain regorger de recoins sombres et de secrets.
- Comment un enfant de huit ans avait-il pu disparaître sans que personne ne le voie ? pensa Clairemont, son esprit déjà en train de reconstituer les possibles scénarios.
☆☆☆
La tension montait alors que l'inspecteur Clairemont interrogeait les voisins, leur demandant s'ils avaient vu l'enfant. Les réponses étaient unanimes et déconcertantes : personne n'avait jamais vu un enfant au 61 rue Prémar. Ce quartier La Broche-à-Rôtir était surtout peuplé de célibataires et de couples sans enfant.
- Ce couple n'avait pas d'enfant, affirma une voisine perplexe.
De retour à l'intérieur du pavillon, l'équipe fouilla minutieusement chaque pièce. Pas de chambre d'enfant, pas de jouets, pas de vêtements. Même les albums photos semblaient conspuer l'existence de ce garçon. Rien, absolument rien, ne suggérait qu'un enfant avait vécu ici.
Clairemont, troublé, s'arrêta dans le salon. Les murs froids semblaient murmurer des secrets qu'il ne parvenait pas à saisir. Qui était cet enfant ? Pourquoi dormait-il auprès de ces corps mutilés ? Et pourquoi semblait-il s'être évaporé comme un fantôme ?
Alors qu'il réfléchissait, un agent s'approcha, tenant un carnet trouvé dans un tiroir. Sur la dernière page, griffonnée à la hâte, une phrase glaçante semblait répondre au mystère :
" L'enfant est la clé mais il n'existe pas "
☆☆☆
L'inspecteur Clairemont, plongé dans ses notes, fut interrompu par son collègue l'inspecteur Varnier, nouvellement muté du quartier Retour O Kalm.
-" Je crois que j'ai déjà vu cela, " dit-il, sa voix grave résonnant dans la pièce.
Clairemont leva les yeux, intrigué :
-" Vu quoi ?"
Varnier posa un dossier sur la table :
- Il y a trois ans, dans une petite ville du sud, à Trois Pavés Ronds, un couple a été assassiné de manière similaire. Sauvagement, à l'arme blanche. Et sur les lieux, rue Croque-Bedaine, un enfant, traumatisé, retrouvé blotti contre les corps. Mais avant que nous puissions l'interroger au poste de police, ruelle du Chat-Noir, il a disparu. Comme ici à Foire-le-Roi.
Le silence s'installa, lourd et oppressant. Clairemont feuilleta le dossier, ses yeux s'arrêtant sur une photographie de la scène de crime. Les similitudes étaient troublantes.
- Et cet enfant ? Vous avez trouvé qui il était ?
Varnier secoua la tête :
-" Non. Pas de trace, pas d'identité. Comme si il n'avait jamais existé. "
☆☆☆
Le rapport du médecin légiste révéla une vérité aussi dérangeante qu'inattendue. Les corps des victimes contenaient une dose massive de somnifère, suffisante pour plonger n'importe qui dans un sommeil profond. Le commissaire posa une main tremblante sur son bureau :
- Et si l'enfant... avait prémédité tout cela ? murmura-t-il.
Clairemont, incrédule, fixa son supérieur.
- Un enfant de huit ans ? Vous pensez qu'il aurait administré les somnifères, attendu qu'ils s'endorment et ensuite... ?
Le commissaire hocha la tête, son regard sombre :
- Et ensuite, les aurait poignardés. Encore et encore, jusqu'à ce que l'épuisement le rattrape.
L'idée semblait irréelle mais les faits étaient là. Clairemont sentit un frisson parcourir son échine.
- Si c'est vrai, alors cet enfant est bien plus qu'un simple témoin. Il est au cœur de quelque chose de bien plus sombre ."
☆☆☆
Des années s'étaient écoulées depuis le drame du 61 rue Prémar mais l'affaire n'avait jamais été résolue. Les photographies des corps mutilés et l'image de l'enfant disparu hantaient encore l'inspecteur Clairemont.
Cette nuit-là, dans son commissariat place du Écouter-Voir , une enveloppe fut glissée sous sa porte. À l' intérieur, une seule feuille :
"Vous ne me trouverez jamais mais moi je vous vois"
Le commissaire entra, livide :
- Clairemont, il y a eu un nouveau meurtre. Même mode opératoire. Même rue.
Clairemont sentit son sang se glacer.
- Rue Prémar ? murmura-t-il.
Le commissaire acquiesça.
- Oui. Et cette fois encore... on parle d'un enfant.
La rue de la Moquerie, la rue du Serpent volant, la rue de la Bourde, la rue du Petit Cupidon, la Place Foire-le-Roi, la place de la Broche à rôtir… Oui, il y a bien toutes ces rues à Tours, toutes ces enseignes comme « Charlie et la chocolaverie » ou « Rouge pistache » et des tas de tableaux ou d’objets dans les musées qui ouvrent des possibilités d’autres villes, d’autres histoires, d’autres errances.
Mais, c’est vrai, il n’y a pas de rue du Clair de lune. C’est que l’on n’est plus à l’époque de Balzac. Honoré est né par ici et le parcours nocturne qui lui est consacré ne casse pas trois pattes à un canard. On est loin des spectaculaires effets dispensés à Rennes en fin d’année ou pendant les vacances d’été par la société Spectaculaires.
Sur la place Jean-Jau – c’est ainsi que l’on nomme ici le fondateur du journal L’Humanité qui fut assassiné par un vilain sire au Café du Croissant en 1914 – une projection au sol en lettres blanches nous apprend qu’une statue fut érigée ici à la gloire de l’auteur de la Comédie humaine.
Une autre diapo géante nous indique, rue Nationale, l’emplacement de sa maison natale. Comme dans toutes les autres villes, l’éclairage urbain nous dispense ou nous empêche de regarder le ciel et d’y déceler la poésie des contes. Les étoiles ne sont pas des rayons de lumière qui traversent une toile tendue au-dessus de nos têtes et dans laquelle une pileuse de mil déchaînée aurait creusé des trous. Et la lune n’est pas non plus une déesse chasseresse qui n’oeuvre que la nuit, accompagnée de chiens et de porteuses d’arcs, qui se repose et prend des bains dans des clairières argentées et que, sous peine de punition cruelle, les humains n’ont pas le droit de contempler. Pas question d’une selfie en compagnie d’Artémis !
- Hé ! Ho ! Je ne suis pas le pape ! proteste-t-elle.
La surprise du chef, à Tours, la plus étonnante des petites pépites qu’on puisse découvrir dans cette belle endormie aux maisons de tuffeau blanc, c’est, sans contestation possible, la présence en nombre au musée des Beaux arts de peintures ayant pour thème la mythologie gréco-latine.
Si je ne passais pas déjà trop de temps devant mon ordinateur j’irais bien creuser moi aussi, façon enquêteur de police, toutes ces histoires autour de la déesse et notamment celles qui ont donné lieu à la conservation de quatre tableaux et d'une statue en ces lieux.
Peut-être, pour moins m’abîmer les yeux, faut-il que je relise « La Légende dorée des dieux et des héros » de Mario Meunier ? C’est un livre défraîchi qui se trouvait dans la bibliothèque familiale et que j’ai racheté neuf le jour où je l’ai trouvé réédité dans une belle édition bien illustrée. Je le conserve précieusement.
N’en déplaise à Jean Royer, l’ancien maire pudibond du chef-lieu de l’Indre-et-Loire, il y a dans cette bible salace des situations dont tout le monde sait bien qu’elles relèvent plus de l’activité de l’Étoile bleue que de la littérature courtoise - L’Étoile bleue est une ancienne maison close de Tours dont le J.R. local souhaitait la démolition -.
Mais il se trouve que j’ai déjà trop à faire avec mes souvenirs de la belle époque 60-70 à ranger ou numériser, avec mes 99 exercices de style à terminer pour ne pas me lancer dans d’autres travaux à la plume blanche, pour ne pas délirer comme un chien fou sur les trois écritoires de mon salon bleu.
Les sortilèges de Diane, les dessous du chapitre Actéon, je note ça dans un coin : je m’en occuperai quand je serai « de retour o kalm » ! Se préoccuper des dames des musées, surtout de celles qui posent avec l’air niais dans une robe rose bonbon, je crois que j’ai déjà donné aussi : on finit par voir des cousines d’Isaure Chassériau partout !
Il n’y a pas de rue du Clair de lune à Tours, pas plus qu’à Rennes d’ailleurs. Les Frères Jacques chantent joliment bien que « La lune est morte » et les Américains qui en ont fait le tour se préparent maintenant à envahir Mars. Qu’ils y aillent ! Et qu’ils y restent ! Grand bien leur fasse aux fesses !
L’animateur distribue à chaque écrivant·e une image d’Henri Crespi extraite d’un magazine pour enfants des années 1963-64.
Il demande à chacun·e de choisir une des consonnes suivantes de l’alphabet : B C (mais seulement si prononcé K) D F G J L M N P R S T V et de lister dix mots en rapport avec l’image commençant par cette lettre puis dix autres mots au choix commençant toujours par cette même lettre.
Il est demandé d’insérer ces vingt mots ou d'autres commençant par cette même consonne dans le texte qui naîtra de cette image ou de cette question : Quelle est sont les (15 ?) différences que vous voyez entre 1964 et aujourd’hui ?