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L'Atelier d'écriture de Villejean

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30 septembre 2025

Lamentations du "s"

 

Que voulez-vous que j'y fasse ?

Sans moi, pas d'histoire de fesses !

Rien ne glisse entre les cuisses

Et personne qui se gausse

Du jeu de violon de Gugusse !

 

 

Suis-je une consonne salace

Qui n'inspire que les diablesses

Afin que sévisse le vice,

Pour qu'Éros intra-muros

Les branche sur le phallus ?

 

Ne trouvez-vous pas cocasse

Ce que fait l'archiduchesse

Quelquefois dans la coulisse

Dans les bras de ce colosse,

Raspoutine, un bien beau russe ?

 

 

Partout les jours de ducasse,

Les déesses ont des faiblesses,

Elles font écho à Narcisse

Et, saoulées au Calvados,

Elles se font... un cirque Gruss !

 

 

Le dompteur les débarrasse

De l'esprit de la kermesse.

Il leur livre les prémisses,

Évitant d'être véloce

Sous les cumulo-nimbus.

 

Le jongleur bouillant d'audace

Leur distribue des caresses

Dont elles font leurs délices.

On voit sur ses hauts de chausse

Grimper un asparagus !

 

Et bientôt, tombant cuirasse,

Les voilà, les pécheresses,

Les belles dévoratrices

Qui saisissent le matos

Du clown, cet olibrius !

 

Alors vient le brise-glace

Qui fait cesser les ivresses !

Pas question que je nourrisse

Dans leur cul de basse fosse

Tous les voyeurs du campus !

 

Tant pis si cela vous froisse,

Je pose l'emporte-pièce,

Cesse le feu d'artifice,

Je joue la fée Carabosse,

Coïtus interruptus !

 

***

 

C'est dans l'église, à Christmas,

Que la bacchanale cesse

Entre ciboire et calice.

On se livre au sacerdoce,

On pratique l'oremus.

 

Ici, j'ouvre grand les châsses,

Je mate la chanoinesse

Et les autres zélatrices,

Jésus est à son négoce

Le curé fait son laïus.

 

Il n'empêche, ça m'agace

Que l'abbesse

Mange du réglisse

Tranquillos

Pendant l’angélus.

 

 

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23 septembre 2025

Consigne d'écriture AEV 2526-03 du mardi 23 septembre 2025

 

Confitures irlandaises

 

Que vous y soyez déjà allé·e ou pas, nous allons nous intéresser aujourd’hui à l’Irlande à travers les photos de Liam Blake récupérées dans un agenda de 1984. Chaque participant·e en choisit une ou plusieurs et s'en inspire pour rédiger quelque chose ayant trait à l'Irlande..

Il lui est demandé d’inclure en outre dans son texte deux expressions de cette liste : ce sont des noms attribués à des confitures.

 

Ah ! les beaux jours - Anges - Automne - Aux couleurs de l’or - Beauté - Belle à voir - Contre les sortilèges - Dans le jardin de la sorcière - Eclipse - En bordure des chemins - En route vers de nouvelles aventures - Energie - Five o’clock tea - Gâterie d’écureuil - Gelée arlequin - Gelée chemin creux - Il était une fois… - La Joyeuse - La vie en rose - On dirait le sud - Pour la fête du Fénétra - Promenons-nous dans les bois - Retour des îles - Saveurs du Moyen Age - Symbole d’abondance - Un goût du moyen Age - Un, deux, trois, Soleil… - Vive le printemps - Volupté volcanique - Y’a d’la joie -

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

23 septembre 2025

Irlande / Anne J.

 

Pour respirer l'air de l'Irlande sans être obligé de prendre l'avion ou de faire une longue traversée en bateau au risque d'attraper le mal de mer, je vous propose simplement de vous rendre au comptoir irlandais, situé dans une belle petite rue piétonne de Lannion.

 

Le magasin est petit, un peu sombre et situé dans un demi sous-sol, mimant assez bien une atmosphère d'automne frisquet, aux couleurs de l'or comme en ce moment.

 

Je suis allée plusieurs fois en Irlande, dans diverses parties et dans des temps plus ou moins anciens, mais j'en suis souvent revenue déçue. Ça ne ressemble pas à l'image que je m'en fais. J'imagine que c’est la même chose pour les Parisiens ou les gens du Sud qui viennent en Bretagne : ils sont déçus de voir que les Bretons ne portent pas tous des cirés jaunes, des bonnets de laine type commandant Cousteau, des marinières rayées et des bottes caoutchouc.

 

Moi c'est pareil, je regrette que les irlandais ne portent pas en permanence leurs magnifiques pulls blanc cassé en laine naturelle avec des torsades, n'ont pas tous un teint pâle et des superbes cheveux roux, des pantalons verts en velours ou des jupes à motif tartan. De même ils ne boivent pas de la Guinness, du thé ou du whisky à toute heure et ne mangent pas des shortbreads ou des scones tout au long des semaines.

 

Alors suivez moi et entrons dans le « jardin de la sorcière » jusqu’au fond du magasin : des étagères où trônent des magnifiques pulls a torsades bleus, vert bouteille, noirs ou blancs, des vestes, des chaussettes assorties, des bérets tricotés... du plus mauvais goût. En face, au rayon hommes, des gilets de pépé, des casquettes à carreaux, des pulls en laine vierge boutonnés devant avec des boutons en cuir, des chaussettes chaudes en laine pour mettre dans les bottes, bref la panoplie complète pour se déguiser, hommes ou femmes, en Irlandais de légende.

 

En revenant vers la caisse, on croise un plein rayon de bières irlandaises dont la fameuse Guinness couleur de café et si épaisse que la cuillère tiendrait dedans, - si vous la mettez dans une tasse, vous pourrez aisément prétendre que vous buvez un petit café ! - un autre rayon de whiskies et même la fameuse Irish cream Baileys que personnellement je ne dédaigne pas quand il fait froid devant la télé ( un petit verre bien sûr).

 

En route vers de nouvelles aventures gastronomiques, direction la vitrine : des tasses et des mugs de porcelaine anglaise à grands motifs floraux, des confitures d'orange, de la gelée chemin creux ou arlequin, de la lemon curd ! (Ah ! La lemon curd dans une tarte au citron ou sur un cracker, c'est bon ! ).

 

Et des boites de fer avec des dessins de paysages irlandais remplies de gâteaux secs, spécialités plutôt anglaises d'ailleurs ou écossaises, shortbreads, brambracks, gâteaux divers pour le thé

 

 

C’est l’heure du five o clock tea ! Le thé est à gauche en entrant, des grosses boites en fer ou des petits sachets, à votre guise, en vrac ou pas, choisissez-le à votre goût !

 

Près de la caisse enfin, des pantoufles en imitation mouton énormes et qui ont l'air super chaudes mais que faire avec des pantoufles aussi encombrantes sinon tricoter dans son canapé ?

 

Si la chance vous amène dans ce jardin de délices un jeudi ou un samedi assez tôt en matinée, n hésitez pas à demander à la dame si elle a des scones : ils sont divins, un peu grillés avec du beurre salé et une confiture de framboises mais elle les cache sous une cloche au comptoir pour les habitués.

 

Le voyage se termine là et vous sortez du lieu avec le goût de la pluie et du vent venu de la mer, avec un air de cornemuse, bien réchauffé par ce que vous avez bu et mangé. S’il vous manque des images pour vous souvenir de votre voyage, achetez donc un calendrier pour l’an prochain ou de belles cartes postales à envoyer à vos amis, un paysage de landes et de lacs noyé dans la brume ou la photo d’un pub éclairé dans la nuit d’où s’échappent une fumée de tourbe et un air de musique irlandaise. Internet, à coté de ce voyage sensoriel, fait pâle figure.

23 septembre 2025

Pas encore tout à fait amnésique. 19, L'Irlande / Jean-Paul

 

 

 

L'Irlande, c'est une contrée du Nord qui est très belle à voir si l'on en juge par les photos de Liam Blake.

 

Mais l'histoire nous apprend qu'on n'y a pas toujours vu la vie en rose.

 

En bordure des chemins sur le sol irlandais ne pousse pas l'oranger. Non, on ne la verra jamais, cette sphère joyeuse qui pourrait nous faire déclarer qu'on dirait le Sud.

 

On croit même savoir qu'une famine pleine des « saveurs » du Moyen Âge a poussé la population à émigrer en masse vers l'Amérique, à se mettre en route vers de nouvelles aventures. Il y a un album du groupe Camel, « Harbour of tears » qui est consacré à cette émigration.

 

C'est comme ça, par les États-Unis, que l'Irlande est revenue vers nous. A part la chanson de Bourvil, citée plus haut, les gens de mon âge se sont pris Dallas en pleine poire, mais pas autant que John Fitzgerald Kennedy, un jour ensoleillé de 1963.

 

A cette même époque où nous écoutions France Gall, Roger Couderc commentait les matchs livrés avec énergie par l'équipe d’Irlande lors du tournoi des cinq nations. C'était parfois même du rugby de toute beauté mais bon, mon truc à moi, c'est le vélo !

 

Si j'ai lu à peu près toutes les oeuvres de Francis Scott Fitzgerald, je n'ai pas approché encore James Joyce, son « Ulysse » et ses « Gens de Dublin ». C'est sans doute parce que je suis plutôt branché musique lorsqu'il s'agit de clamer « Vive le printemps ! » ou « Ah ! Les beaux jours ! », n’en déplaise à Samuel Beckett et à Madeleine Renault enterrée dans son tas de sable.

 

Et donc, saut dans le temps, nous voici en 1973-1974 avec les premiers motifs celtiques de Mike Oldfield sur « Tubular Bells », avec un disque de Planxty acheté « pour voir » chez Gibert jeune à Paris.

 

Un peu plus tard, il y a le film « Barry Lindon » de Stanley Kubrick avec la musique des Chieftains puis "The Brendan voyage" de Shaun Davey. Bien plus tard, à la fin des années 1990, il y a la découverte des Pogues et du leader de ce groupe, le chanteur le plus édenté de toute l'histoire de la pop music, Shane MacGowan. On ne se lasse pas de la volupté volcanique avec laquelle ils envoient "Dirty Old town" et autres brûlots tradi-punks endiablés.

 

L'Irlande revient au cinéma avec le succès phénoménal de Titanic et sa bande musicale originale, signée du groupe Gaelic storm. Après Sinead O'Connor, la musique s'éclipse un peu – pas embrayé sur U2 ! - même si je rêve toujours de mettre dans ma guitare « Whiskey in the jar » ou « The Foggy dew » des Dubliners. Même si j'ai adapté "The Irish rover" dans une version française, même si « Molly Malone (cockles and mussels) », « La Ballade nord-irlandaise » de Renaud et même s'il y a dans notre voiture un CD de musique de pubs irlandais avec de bien jolis titres comme « The Rose of Allendale » ou « Down by the Sally’s Garden ».

 

J'ai juste oublié en route « The Luck of the Irish » de John Lennon sur l'album « Live in New York City » de 1972.

 

Je me souviens que le disque de reprises irlandaises de Mike Oldfield s'appelle « Voyager ». Ma dernière découverte en matière de musique folk, le groupe breton Gwendal a lui aussi consacré un disque à l'Irlande

 

Une fois par an j'ai plaisir à entendre, à Redon, Emmanuel Roumare dire des poèmes de William Butler Yeats et jouer du uillean pipe, instrument typique du pays dont l'emblème est un trèfle et dont le drapeau est vert, blanc et orange. Il me reste un disque ou deux de Liam O’Flynn dans mes vinyles transformés en MP 3.

 

Le dernier grand souvenir musical que j'ai de l'Irlande est ce concert des Chieftains auquel j'ai assisté au festival de chants de marins de Paimpol, au premier rang, en plein air, avec un misérable K-way sur le dos alors qu’il tombait des trombes d'eau !

 

Je ne sais pas si, à l'heure de #metoo, je peux encore parler de mon flash le plus « torride » en rapport avec l’Irlande. Allons-y, nous verrons bien ! En 1998, un an après notre arrivée à Rennes, nous nous sommes retrouvés au jardin du Thabor pour assister au défilé des Européades. De charmantes gamines arboraient leurs costumes de tape dance brodés de motifs celtiques bien plus colorés que dans le « Book of kells » et dont les couleurs vives tirent même parfois sur le fluo. Un véritable choc visuel !

 

Pas encore tout à fait amnésique. 19, L'Irlande / Jean-Paul
Pas encore tout à fait amnésique. 19, L'Irlande / Jean-Paul
Pas encore tout à fait amnésique. 19, L'Irlande / Jean-Paul
Pas encore tout à fait amnésique. 19, L'Irlande / Jean-Paul
Pas encore tout à fait amnésique. 19, L'Irlande / Jean-Paul
Pas encore tout à fait amnésique. 19, L'Irlande / Jean-Paul

 

Pas étonnant, dès lors, qu’un des personnages de Rennes-en-délires » ait la même passion et claque une fortune à commander de tels costumes pour les admirer après les avoir enfilés sur un mannequin du genre... gonflable !

 

 

***

 

Bon, demande le chien qui s'appelle Rex (Oedipus Rex. Tous les chiens s'appellent Oedipe désormais pour moi). Maintenant que tu as fait le tour, Papy, tu ne crois pas qu'il serait grand temps qu'on aille prendre l'Eire et qu'on rentre à la maison ? Tu ne devais pas regarder en replay sur Arte un documentaire sur le Street Art à Dublin ?

 

***

 

N.B. J'ai volontairement passé sous silence les lacs du Connemara de Michel Sardou et Didier Barbelivien. De par ses variations de rythme et de tonalités, c’est la litanie la plus inchantable de toute l'histoire de la variété française… et tout le monde veut la chanter-massacrer !

 

(Image très aimablement fournie par Adrienne)

 

Quant à ma consommation d'Irish mist et à ma recette d’Irish coffee, cela ne regarde que moi ! Pour la Guinness, pas de souci, on est proche de 0 depuis bien des années, avec une tolérance un peu plus grande pour la Kilkenny. Pour la bière, je pense qu'il n’est point de salut hors de Belgique !

23 septembre 2025

U comme Un, deux, trois, soleil

 

 

Quatre saisons en une seule journée, voilà comment il faut prévoir ta valise quand tu vas en Irlande, Irish weather is notoriously unpredictable, with people often experiencing all four seasons in one day. C’est ce que te disent tous les experts consultés, en ligne et hors ligne.

 

Alors tu les écoutes et tu prévois la petite laine et le ciré, puisque comme l’affirment tous ceux qui vivent un peu plus au nord que toi : il n’y a pas de mauvais temps, il n’y a que de mauvais vêtements.

 

C’étaient les vacances de Pâques. Il faisait frais et beau sur la route, frais et beau sur le bateau.

 

Puis tu débarques.

 

Ah ! Les beaux jours !
 

L’or des daffodils en bordure des chemins!
 

La candeur des agneaux qui d’un seul regard te font regretter d’avoir mangé du gigot!
 

Le five o’clock tea, où tu remplaces le thé par un (bon) cappuccino 🙂
 

Toutes les serveuses sont des anges tombés du ciel – nulle part ailleurs tu n’as rencontré autant de vraie gentillesse et de disponibilité.
 

De la beauté partout, jusque dans les ruines, les cimetières et les prairies aux couleurs de l’or des renoncules et des genêts.

 

Vive le printemps irlandais !

 

 

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23 septembre 2025

Une Histoire Irlandaise / Marie-Thé

 


A Dublin, le 17 mars, jour de la Saint-Patrick, Connor Mc Beth revêt son plus beau pantalon, son pardessus noir et sa chemise blanche. Il complète sa tenue avec son chapeau puis s’en va sur le pont du Liffey avec son violon sur lequel il accroche un petit sac pour récolter quelques shillings.

 

C’est un virtuose, Connor, et il espère bien que sa musique séduira les passants et que ceux-ci seront généreux.

 

Sa femme Jane, qui fait des confitures, en profite pour vendre quelques pots sur le marché. Elle a illustré les étiquettes de jolis dessins en couleur et a inventé des noms originaux : « Five O’Clock tea » pour la marmelade d’oranges, « Y’a d’la joie » pour les framboises, « En bordure des chemins » pour les mûres et bien d’autres noms encore. Elle a beaucoup d’imagination Jane.

 

Tous les deux aimeraient voyager. Ils n’ont jamais quitté l’Irlande. Ils espèrent bien réaliser leur rêve de visiter Paris pendant qu’ils sont encore en forme.

 

Toute la journée Connor a joué du violon. C’était si beau que les promeneurs s’arrêtaient pour l’écouter. Ils applaudissaient à la fin de chaque morceau mais les shillings n’étaient pas au rendez-vous.

 

Quelques pièces tombaient dans son escarcelle, tout juste de quoi offrir à sa femme un repas au restaurant.

 

De son côté, Jane a vendu quelques pots de confiture. Le cœur sur la main elle en a donné beaucoup à des enfants ou à des gens plus miséreux qu’elle.

 

Lorsqu’elle a retrouvé Connor à la fin de la journée, ils sont allés se promener le long du fleuve jusqu’au jardin de la sorcière et là, Jane a dit à son homme :

 

- Je t’ai gardé mon meilleur pot de confiture, celui que j’ai appelé « la vie en rose ». Rêvons encore et encore de faire un jour notre voyage. En attendant, « carpe diem », profitons du temps présent, allons boire une bière au pub et après nous irons danser.

23 septembre 2025

Marmelade irlandaise / Maryvonne

Comme je suis sensible à l'harmonie des couleurs, mon œil de photographe a flashé sur deux photos ravissantes : un camaïeu de mauve, violet très doux et de divers gris juste interrompus par un aplat de vert pour rappeler que nous sommes bien en Irlande.

 

Pas de mélange tape à l’œil genre gelée d'Arlequin mais une sobriété élégante pour ces couleurs juste éclairées de quelques taches blanches.

 

Devant la porte de J. Fitzgerald une beauté avec un pelage aux couleurs de l'or est là qui m'attend. Elle guette mon retour des îles où je suis allée voir la vie en rose crevette.

 

La pêche là bas est symbole d'abondance. Elle sait bien que chaque fois que je reviens en Irlande c'est en route pour de nouvelles aventures halieutiques et pas que pour ça.

 

Cette chienne que j'appelle Éclipse parce que je ne la vois que lors de mes voyages n'est pas que belle à voir, elle est aussi futée. Elle sait, je ne sais comment, que je ne viens pas chez Fitzgerald pour le « five o'clock tea » mais pour l'inscription au dessus de la porte, « Licensed to sell wine, spirit & beer », autrement dit « habilité à vendre vin, spiritueux et bière ».

 

Bien entendu j'aime la Guinness mais pas trop le whiskey ; cependant avec l'Irish coffee y'a d'la joie ! Les fameux Sherry numérotés sont un bonheur. Pour trouver celui qui nous plaît il faut goûter directement au fût plusieurs numéros et après c'est... Paf ! Un, deux, trois, soleil !

 

Ah ! Les beaux jours en Irlande, les haies de fuchsias en bordure de chemin, l'odeur de la tourbe dans la cheminée, les plages avec un goût de moyen-âge avec une couverture à la place d'une serviette, des chambres à air à la place des bouées pour les enfants !

 

La musique présente dans les pubs et, sur le devant, les jeunes qui dansent, non pas avec une volupté volcanique mais avec une raideur très technique, acrobatique, avec une énergie fantastique.

 

Non, l'Irlande on ne dirait pas le sud. C'est justement son charme, c'est unique, les soirées joyeuses entre le gris et le mauve. Entre le rire et la nostalgie et les regards amicaux.

16 septembre 2025

Consigne d'écriture AEV 2526-02 du mardi 16 septembre 2025 : A table !

 

A table ! Idiotismes gastronomiques

 

Les expressions ci-dessous ont trait à la nourriture, à la cuisine, à l’alimentation…

 

Il vous est demandé d’écrire un texte, sur le sujet de votre choix, dans lequel vous insérerez au moins cinq de ces expressions.

 

à la bonne franquette - à la fortune du pot - aller se faire cuire un œuf. - appuyer sur le champignon - avoir de la bouteille - avoir de la brioche - avoir des radis - avoir du pain sur la planche - avoir du sang de navet - avoir la frite, la pêche, la banane - avoir le cul bordé de nouilles. - avoir les cheveux poivre et sel - avoir un cœur d’artichaut - avoir un œil au beurre noir - boire du petit lait - boire le bouillon - boire le calice jusqu'à la lie - bon comme la romaine - bouffer les pissenlits par la racine. - c'est fort de café - c'est la fin des haricots - ça n'est pas de la tarte - casser du sucre sur le dos de quelqu’un - casser la graine - casser les bonbons - ce n’est pas ma tasse de thé - clair comme du jus de boudin - compter pour des prunes, pour du beurre ou pour des queues de cerises - couper la poire en deux - courir sur le haricot - coûter bonbon - cracher dans la soupe - croquer la pomme - dévorer des yeux - écraser sa banane - en faire ses choux gras - entre la poire et le fromage - être brut de pomme - être chocolat - être copains comme cochons - être dans le pâté - être dans le pétrin ou dans la panade - être dans le potage - être haut comme trois pommes - être le dindon de la farce - être nouille - être soupe au lait - être tout sucre, tout miel - être trempé comme une soupe - être une bonne poire - être une grosse légume - faire bouillir la marmite - faire chou blanc - faire l'andouille - faire la fine bouche - faire le fayot - faire le poireau. - faire sa tête de lard. - faire son beurre - faire tout un fromage. - gagner de l'oseille - gagner sa croûte - la cerise sur le gâteau - la crème de la société - la moutarde me monte au nez - lâcher la grappe - le torchon brûle - les carottes sont cuites. - manger son pain blanc - marcher sur des œufs. - ménager la chèvre et le chou. - mettre de l'eau dans mon vin. - mettre de l'huile sur le feu. - mettre du beurre dans les épinards - mettre la main à la pâte. - mettre la viande dans le torchon - mettre les bouchées doubles. - mettre les pieds dans le plat - mettre son grain de sel - mi figue mi-raisin - ne pas avoir inventé le fil à couper le beurre - ne pas être dans son assiette - ne pas être sorti de l’auberge - ne pas y aller avec le dos de la cuillère - patauger dans le yaourt - pédaler dans la choucroute - pédaler dans la semoule. - pleurer comme une madeleine - poser un lapin - prendre le melon - raconter des salades - ramener sa fraise - rester baba ou comme deux ronds de flan - rester en carafe - rouler dans la farine - s’occuper de ses oignons - se faire du blé - se fermer comme une huître - se prendre des gamelles. - se prendre une châtaigne - se refiler la patate chaude - serrer la louche - sucrer les fraises - tailler une bavette - tirer les marrons du feu - tomber dans les pommes - traîner des casseroles - tronche de cake - un zeste de - une tempête dans un verre d’eau - veiller au grain - vivre comme un coq en pâte - voir des daubes ou voir des navets - vouloir le beurre, l’argent du beurre et le sourire de la crémière.

 

 

Consigne inspirée par un texte du spectacle "A table !" de Philippe Bertin, Agnès Lalle,

Florent Hellard et Pierre-Yves Renard, donné à Faux-la-Montagne (Creuse) en juillet 2025.

16 septembre 2025

C comme chocolat / Adrienne

 

 

Normalement l’amie n’y va pas avec le dos de la cuiller – elle le dit assez souvent à l’Adrienne, « Toi, tu n’oses pas répondre quand on te dit une méchanceté mais moi j’ose ! » – mais là elle est restée en carafe.

 

– Je n’ai pas osé leur demander si leur famille ne leur manquait pas, dit-elle.

 

Surtout, pense l’Adrienne, que c’est probablement pour faire bouillir la marmite de la famille qu’elles sont venues ici. Mais bien sûr, ça dit quelque chose sur l’amie : à elle, il est sûr et certain que sa famille lui manquerait énormément.

 

Bref, son cœur d’artichaut a eu pitié de ces jeunes femmes qui ont tout laissé derrière elles pour soigner des gens dont il a d’abord fallu apprendre la langue puis subir les remarques et les questions, toujours les mêmes, qui doivent à la longue bien leur courir sur le haricot :

 

– D’où êtes-vous?

 

Elles viennent d’Inde, probablement du Kerala qui fournit le monde entier en infirmiers et infirmières de qualité depuis quelques années.

 

A chaque soin, l’amie en profite pour tailler une bavette et apprendre ainsi peu à peu depuis quand elles sont là, comment s’est passé l’apprentissage du néerlandais, où elles logent…

 

– Elles sont gentilles, conclut-elle. Je suis bien soignée, ici.

 

Pourtant, même si elle est comme un coq en pâte, même si elle n’est pas encore tout à fait dans son assiette, elle est bien heureuse de rentrer chez elle la semaine prochaine.

 

***

 

L’illustration vient d’une des consignes plus anciennes de l'Atelier  d'écriture de Villejean : l’Adrienne et l’amie ont beaucoup sauté à la corde, pendant les récrés de leurs 6 à 11 ans 🙂.

 

16 septembre 2025

Farine de froment, farine de blé noir / Anne J.

 

A la soirée de mercredi, donnée au profit du collectif des sans-papiers, il y avait du monde dans la salle de Ste-Anne, et pas des perdreaux de l'année.

 

Beaucoup de chevelures poivre et sel et de retraités étaient là pour applaudir des encore plus vieux qu'eux : Geérard Delahaye, Patrick Ewen, Yvon Le Men et quelques inconnus parfois un peu plus jeunes.

 

On a bu du petit lait à pousser la chansonnette avec Patrick Ewen, toujours druidique avec son banjo, et à brailler à tue-tête avec lui :  « Elle est jeune, elle est jolie...».

 

On a aimé vanter, avec Gérard, les mérites de la crêpe au beurre contre ceux du hamburger - « Finis les hamburgers ! On veut des crêpes au beurre !» - et à susurrer « Farine de froment, farine de blé noir ».

 

 

 

Un moment de poésie délicieuse et d’applaudissements plutôt de gauche quand la présidente a réclamé notre participation financière pour aider les réfugiés et parfois loger des familles qui dorment dans leur voiture avec des enfants scolarisés.

 

Le lundi c’était un autre moment de fête chez Prosper quand on a accueilli « Les Oiseaux de trottoir », une troupe de musiciens venus à vélo depuis la Normandie, via Lézardrieux, avec le vent de face à 70 kms/h (chapeau bas) ; eux jouaient de l’accordéon, de la trompette, du saxophone , du soubassophone, de la guitare, de la batterie et chantaient parfois a capella la révolte des sardinières de Douarnenez qui trimaient pour 3 francs six sous et même beaucoup moins pour gagner leur croûte et le pain de leurs enfants. J’adore les fanfares débraillées et j’ai bu du petit lait même si j’ai gelé comme un creton (comme diraient les québécois) car on était assis dehors en plein vent sur des chaises de plastique. Une chance, il ne pleuvait pas, ce qui nous a évité d’être en plus trempés comme des soupes !

 

Pour se réchauffer, on a dansé une farandole avec quelques Afghans, une Vietnamienne et deux Soudanais : un grand moment international à faire l’andouille !

Et en guise de souper : farine de froment, farine de blé noir …mais pas assez cuites à cause du vent : on ne peut pas avoir le beurre et l’argent du beurre

 

De belles soirées pour faire vivre la diversité et garder vivante l’idée que la différence est une chance et non un problème mais cela fait naître en moi des remarques existentielles : ce sont les vieux septuagénaires ou octogénaires qui ont depuis leur jeunesse défendu le droit d’être des Bretons autant que des Français voire des Bretons avant d’être des Français qui donnent maintenant de leur temps et de leur talent pour lutter contre ceux qui veulent mettre les migrants dehors. Et on le sait, c’est dans les vieux pots qu’on fait les meilleures soupes.

 

Alors ? Que va-t-il se passer quand toutes ces vieilles crinières poivre et sel ne seront plus en état ? Y aura-t-il des nouveaux « vieux » ou des « encore jeunes » pour venir écouter de la poésie, de la chanson à texte ou une fanfare multicolore ou pour chanter des refrains idiots ?

 

Ne faisons pas la fine bouche, j’ai kiffé mes deux soirées… comme diraient les jeunes !

 

 

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