Je suis petit, petit comme le bout des doigts de Mémé lorsqu'elle caresse ma joue, petit comme les miettes du gâteau qui tombent de la bouche de ma cousine en riant trop fort. Ici, tout est trop grand.
Il y a ma tante, la sœur de papa. Elle parle vite, comme si tout le monde allait s'écrouler si elle s'arrêtait. Elle regarde sa fille avec des yeux qui disent beaucoup de choses, des choses que je ne comprends pas encore. Ma cousine est grande, elle bouge comme une étoile filante, tantôt sombre, tantôt éclatante.
Mémé est là aussi, elle sent bon, elle est douce et lorsqu'elle me porte, le monde rapetisse un peu. J'aime être contre elle, entendre sa voix qui n'a pas besoin de trop parler pour exister.
La fête est partout. Les lumières clignotent, les voix montent et descendent comme une mer agitée. Ça sent le chocolat chaud, la cannelle, quelque chose de sucré que je veux attraper mais qui reste hors de portée.
Je ne comprends pas tout mais je ressens tout. L'amour. La fatigue. La solitude cachée sous les sourires. Et moi, là, petit dans ce monde trop grand, je regarde, j'écoute, je prends tout en moi... sans savoir encore comment le dire.
Bigorneau, qu’ils m’appellent.
Franchement, c’est un nom, ça ?
Et vous allez voir que ça va me rester !
La seule à s’en inquiéter, c’est la gamine.
Ma cousine Mirabelle.
Avec un prénom comme celui-là, qui sent le clafoutis et la confiture, évidemment qu’elle comprend le problème, c’est clair.
- Il est petit, il ne se rend pas compte, qu’ils disent.
Mon oeil!
J’en comprends, des choses!
Je vois, j’entends, j’ai un cerveau qui fonctionne, non mais ho !
Faut remettre vos montres à l’heure avec vos idées sur le langage qui précède la pensée!
Des fois ils me font rigoler, avec leurs commentaires et leurs certitudes. Alors ils sont là à s’extasier :
– Tu as vu ? il m’a souri !
– Mais non, il rit aux anges !
Rire aux anges !
Je me marre et en même temps je suis confus devant tant de naïveté.
Faut dire que c’est un bon truc, "rire aux anges" , tu obtiens tout ce que tu veux.
Un sourire ou un bon coup de gueule, ça marche à tous les coups !
Faim ? Je hurle.
Marre d’entendre les disputes de Tata et Mirabelle ? Je hurle.
Pas envie de « faire dodo« , comme ils disent ? Je hurle.
Ce qui fait que je suis là à réveillonner avec la famille, et chacun est très occupé à faire comme si ça l’amuse d’être encore autour de la table à minuit passé.
Heureusement, Maman s’est mise au piano.
J’adore Brahms.
Bref, j’aurai encore appris plein de choses, aujourd’hui !
Dans le tableau ci-dessous ont été associés un nom commençant par H et un adjectif ou complément de nom commençant par I.
Vous écrivez un texte dans lequel trois au moins de ces couples – ou/et d’autres que vous composerez selon la même formule et votre bon vouloir – apparaissent.
Vous pouvez aussi faire des haïkus avec un mot qui commence par h et un qui commence par i.
Si c’est encore trop compliqué, utilisez un seul de ces couples dans le titre de votre écrit.
Quand la mère de l’Adrienne a décidé qu’il était temps pour son mari et elle de s’installer dans une habitation indigène en centre ville, le plus pénible n’était pas de quitter les hérissons insouciants ou les hannetons imprudents, mais de trouver une place de parking pour l’auto.
Bien sûr, des places il y en a, en bas de l’immeuble, mais elles sont payantes et à durée limitée.
Si le « riverain » veut s’y garer gratis et sans limitation dans le temps, il a besoin d’une « carte d’habitant ».
– Oh ! Je vous le déconseille vivement, s’est exclamée l’employée de la ville derrière son guichet. Ces places sont si souvent occupées que votre carte ne vous servira pas autant que vous le voudrez !
Une honnêteté incontestable et plutôt rare !
Comparez avec ce que l’Adrienne vient de lire dans son journal le week-end dernier : à Anvers, 126 000 de ces « cartes d’habitants » ont été vendues alors qu’il n’y a que 86 500 places disponibles.
Pour « riverains » et pour « non riverains » réunis, s’entend.
Mieux vaut en rire, mais tout de même : n’y a-t-il pas là une forme certaine d’hypocrisie inqualifiable ?
Un beau gosse, bien habillé et très classe, entra dans l'appartement.
Il salua ma vieille tante qui s'attendait à un huissier intransigeant et accueillit à la place un hobereau imbu de sa personne : s'il ne lui fit pas le baise-main, ce fut tout juste !
- Madame, vous avez beaucoup de goût ! Que de belles choses dans votre appartement !
Ma tante se haussa du col et sourit. Elle hocha la tête en hôtesse ineffable. On débattit du prix d'une horloge intemporelle et on fixa le prix des choses : pas d'hypothèques insolvables mais pas non plus d'héritages importants.
Notre Sherlock Holmes passa l'appartement au peigne fin et termina ses investigations.
Hôtelier infect à la Havane depuis quelques années déjà, l'innommable lascar indélicat se retrouvait en haillons l'hiver venu.
Son interminable soif d'argent l'avait poussé à toujours en faire le moins possible pour ses clients, rechigner sur les plats, laisser aller l'hygiène, pour mieux s'enrichir sur le dos de ses clients.
Mais, car il y a toujours un mais quelque part, une famille, venue ici pour des vacances, constata le peu de valeur du Monsieur et ne se priva pas de le signaler à qui de droit.
Depuis il mendie et ne peut s'offrir qu'un peu de hachis offert par Joe, toujours bienveillant malgré l'indélicatesse et la bassesse du sieur hôtelier, bien hypocrite dans son hôtel inabordable, inqualifiable !
Il poussait le luxe à grand prix en offrant son hétaïre subtilement à quelques clients…
Un homme-grenouille ichtyophage se balance avec indolence dans son hamac et non avec insolence (c'est Caroline Loeb qui balance son cul avec insolence). L'action se passe à Huong- Ho près de Huong- Ba, moins huppé mais ô combien plus crevant pour y aller car Huong-Ba est plus bas que Huong-Ho.
Je disais donc, cet homme-grenouille, qui ne fait pas de plongée mais ressemble à s'y méprendre une grenouille (de bénitier) a un élevage de hamsters inapprivoisables. Il les nourrit de hamburgers immangeables , c'est synonyme me semble-t-il.
Bref ! Les hamsters ont tous une casquette rouge et une particularité : ils se grignotent entre eux l'oreille droite. Par conséquent, ils ont tous un pansement sur l'oreille droite.
Vous voyez le tableau : un troupeau de hamsters avec une casquette rouge avec comme slogan " Mec Ah mes Ricards une gaine " et un pansement sur l'oreille.
Leur gardienne est une hyène inarrêtable, l'amie de la grenouille .
Elle a pour projet de tous les envoyer sur Mars .
Mais voilà : la hyène et la grenouille se sont fâchées.
Les hamsters se sont rebellés et ils ont condamné les deux crétins à écouter en boucle " The Fool " de Gilbert Montagné en tournant dans une roue géante avant de les envoyer ad patres !
La suite au prochain numéro, je ne tiens pas à vous révéler tout de suite le sort des deux Hisbouroudes (nom donné aux crétins sur Mars).
Il décida que la pousse de l'"arbre du monde" serait infinie
et que jamais il ne dirait "pouce",
car il avait envie de contempler l'expansion illimitée
et le déploiement chatoyant de l'Unité
en une myriade de branches totalement imprévues...
Il n'y avait plus de nuit,
il n'y avait plus d'ennui.
L'Univers qu'il avait "lancé" n'avait pas de sens,
il avait une essence,
et son essence était d'aller
dans tous les sens.
Chaque branche de vie faisait son expérience
et la transmettait à l'arbre entier.
Et Dieu vit que cela était bon.
Il dit alors :
"Que le hasard soit !"
Et aussitôt, le hasard fut.
Le hasard créa encore plus de variété, de diversité,
Il y eut moins d'emprise et plus de surprises.
Evidemment, ce fut vite un grand b'hasard...
Et Dieu vit que cela était drôle.
Cependant, après quelques millions de millénaires
les branches s'emmêlèrent et s'emberlificotèrent...
en mille noeuds incohérents, ce fut l'enfer !
Dieu décida alors d'ordonner un peu le chaos :
il sortit une flûte de Pan
et joua un air entraînant,
une mélodie digne de Mozart...
pour dompter le fameux "hasard".
Au son de la flûte, les branches, telles des serpents,
se mirent à danser sur quatre temps.
Elles retrouvèrent leur place première
tout en se spiralant au rythme du mystère.
Et Dieu vit que cela était bien.
Il décida alors de jouer sans fin
pour maintenir la cadence
et empêcher du cosmos la décadence.
Il joua longtemps, longtemps
jusqu'à en oublier le temps.
Un beau jour, fatigué, il lança un contre-ut
ce qui, d'un ange, provoqua la chute.
L'humanité fit alors son apparition. Mais zut !
L'Homme sur la Terre
était sourd à la musique des sphères :
il dansait à contre-temps
Et Dieu ne trouva pas ça amusant.
Hi, hi, hi ?
Non, grand g'Hachis !
Il lança alors une note plus aiguë
Histoire de réveiller l'hurluberlu.
Je te laisse la liberté,
dit Dieu à l'écervelé,
Mais tends bien l'oreille
à cette merveille :
Cette note-là a une spécificité :
elle peut réenchanter
ton monde désorienté.
On l'appelle DS :
"Dense Synchronicité",
elle est là pour te guider.
Elle est le "LA" de l'unicité...
De ton chemin, elle est la clé.
Et maintenant, va,
tu peux enfin danser...
au son de ma flûte enchantée...