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L'Atelier d'écriture de Villejean

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4 novembre 2025

Référendum pour un chat / Anne J.

 

 

- Tu devrais faire un référendum pour lui trouver un prénom à ton ouistiti ?

 

- C'est un chat, nom de nom, pas un Ouistiti ! Je voudrais l'appeler Agamemnon, lui dis je avec un air réjoui.

 

- Pas facile à prononcer, me rétorque mon ami Jean-Louis. Et comme surnom ?

 

- Aga ? Ag ? Qu'en penses tu ?

 

- Pas terrible , ça fait un peu onomatopée de film animé.

 

- C'est inouï, dans ma dernière visite au château de Chenonceaux pendant les vacances j'ai croisé un touriste d’Essaouira qui promenait une guenon en laisse, elle répondait quand on l'appelait Wi.

 

- Non ? Le diminutif de Wifi ?

 

- Ricanons un peu : peut être de Whisky ? Sinon quoi ?

 

- Moi je dirai « We are the champions » , c'est plus classe !

 

- Condamnons l'impérialisme américain ! A Port-Louis comme au Caire, nommons nos chats avec des noms de pharaons ! Le mien s'appellera Ramsès à défaut de Toutankhamon... ou de Nefertiti. Qu'est ce que t'en dis ?

 

- Ben oui , y a du choix ! Et dans les prénoms Breizh, le mien pourrait s'appeler Gwen Ha Du : il est noir et blanc !

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4 novembre 2025

Entre le oui et le non / Marie Sylvie

 

 

 

Trois êtres marchent.

Le premier avance dans le cambouis de ses pensées, les bottes lourdes, le regard bas.

Le second, le cœur prêt à inonder le monde, parle trop, trop vite, trop fort.

Le troisième ne dit rien.

Il écoute.

 

Le soleil frappe les paupières du premier qui reste ébloui par ses propres illusions.

Le second brandit ses idées comme un canon, persuadé qu'il faut dominer pour exister.

Mais le troisième, lui, regarde les ombres.

 

Le premier s'est évanoui dans ses souvenirs, tournant autour de son nombril comme une planète sans orbite.

Le second trébuche sur ses certitudes, répétant sans fin les mêmes refrains.

Et le troisième, silencieux, trace une ligne invisible entre les pas.

 

Un cri inouï surgit du ciel, porté par le souffle d'un ânon solitaire.

Ils s'arrêtent.

Le premier ne comprend pas.

Le second s'agace.

Le troisième incline la tête.

 

Alors dans ce moment suspendu, une voix s'élève.

Pas une voix humaine.

Une voix qui dit simplement :Oui.

Et que le vent corrige aussitôt :Non.

Car le maître n'est pas celui qui parle ni celui qui brille

C'est celui qui marche sans bruit 

Et dont le silence éclaire les autres.

 

 

Le maître est celui 

qui ne cherche pas à l'être

 

 

4 novembre 2025

D comme Denyse

 

 

 

– Un Dom Pérignon ! se réjouit Denyse. Mon oncle, vous abandonnez le whisky ?

 

– Ma chère petite, pour l’annonce de tes fiançailles, on ne va pas servir du jus de kiwi !

 

Ah ! que ne ferait-il pas pour voir ce sourire mignon et cet air épanoui !

 

Pourtant, nom d’une pipe ! le promis est une espèce d’ouistiti concentré sur son propre nombril…

 

Mais couic !
Buvons, éliminons, et le voilà enfoui loin derrière le cabanon aux outils, au fond du parc.
Personne n’ira fouiner par là : la zone va être inondée.

 

– Un Dom Pérignon ! fait Denyse quelques jours plus tard, éblouissante en noir et fraîchement shampouinée. Que fêtons-nous aujourd’hui ?

 

Et en même temps l’oncle voit bien qu’elle n’a d’yeux que pour le nouveau chauffeur, c’est vrai qu’il est canon, même les mains et les joues pleines de cambouis.

 

Allons bon, se dit le tonton, au suivant !

14 octobre 2025

Consigne d'écriture AEV 2526-06 du mardi 14 octobre 2025

 

Récit musical

 

Insérer un maximum des mots suivants ou d’autres mots qui contiennent les syllabes do ré mi fa sol la ou si dans un texte assez court qui parle de musique ou de musiciens (ou d’autre chose) :

 

amidonné - aussi fat - bandeau - ceci – cela - ciré - cirer - credo - d’homicide - d’o sole mio - d’omission - d’or et d’argent - d’oraison - Debussy - docile à la femme il... - dodo - d’odorat - domicile - Dominique - Domrémy - dorer - doterait - effaré - fac simile - face au lavoir - facile - facile à cirer - facile à dorer - fade eau - fado - fado - falbalas - fallacieux - familial - familier - fardeau - faucille - Fauré - fourmi dans le dos - idolâtrer - imminent - infamie - l’admirer - l’adoré - l’affabulation - l’affalé - l’ami - l’amie outrée - l’amirauté - L’Arétin - l’arrêt - l’arrêter - l’hallali - la femme y - la rémission - La Sido - la sole - Lassie - lassitude - le Lido - le sol ciré - m’idolâtrer - m’immiscer - mikado - mille amis - mimi - miré - mirer - mirettes - mis là - missile - missive - phare effaré - phare étonnant - préfabriqué - prélat - raide au bout du mois - raie - récif - récit - réfaction - Rémi - réminiscence - résolu - si la - si raide - si raide aussi – Sibelius - Sidonie - Sissi - Six mineurs - six scies - sol - solaire - sole - solécisme - solide - solitude - solliciterait – solstice - Torpedo

 

 

14 octobre 2025

F comme fa si la / Adrienne

 

 

 

 

Fa si la chanter, facile à chanter, il n’avait que ce mot-là à la bouche, c’était son credo.

 

Pas le temps de l’admirer quand il nous chantait le morceau la première fois, il fallait l’imiter, l’accompagner, et à quatre voix, s’il vous plaît.

 

Certains sont effarés, d’autres n’en ont rien à cirer qu’on fasse du Debussy, du Fauré, du Sibelius, du fado ou le Mikado – ils viennent à la chorale pour sortir de la solitude, voir des gens – l’amie Dominique laisse son fardeau familial à domicile, Sidonie est toujours si solaire et si mimi dans ses falbalas et l’ami Rémi, si raide avec le col amidonné, les chaussures si cirées qu’on peut s’y mirer, la raie bien coiffée… mais il ne lit pas la musique.

 

C’est fa si la chanter, répète le chef de chœur, l’air résolu.

 

Et si la chorale est prête pour Noël, ce sera tout de même grâce à lui.
 

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14 octobre 2025

Solstice en crescendo / Marie Sylvie

 

 

Do ... ré ... mi ... fa ... sol ... la ... si ...

Le chant s'élève fragile et fervent

Tel un élan de musique dans l'aube. 

Le monde s'éveille dans un souffle amidonné 

Un frisson de lumière glissant sur le sol.

 

Debussy en solo 

Effleure les touches d'un piano cosmique

Le clavier de l'univers

Ce credo d'homilétique suspendu entre le silence et le cri.

Ses notes oscillent entre ombre et clarté.

 

Dominique effaré 

Cite les émois de l'ardeur vitale 

S'endort en car, en train, en bateau, en avion ...

Son sommeil voyage 

Porté par des rêves de galaxies et de tendresse 

De pluie et de feu

De solitude et de chant.

 

La femme en bandeau omise dans le tumulte 

S'élève en vélo, en voiture, en étoile  ...

Vers un ailleurs d'osmose. 

 

Ceci est un état d'organe vibrant 

Cela une pulsation d'orgatons.

Le son d'un désir traverse l'espace 

Aussi fat qu'un souffle d'univers.

Son odorat capte les parfums du cosmos.

Ses émotions dansent entre la rage et la joie, 

La peur et la chaleur. 

 

Le credo du monde se joue en crescendo. 

Un frisson de foi

Une montée de rêve 

Une chute de cauchemar. 

 

La musique ne dit pas tout 

Mais elle cite les états invisibles :

La tendresse 

La tristesse 

Le froid. 

Et dans le silence du solstice

Un rire s'élève 

Une larme tombe 

Un chant recommence.

 

Fa ... sol ... la ... si ... do ...

Le cycle reprend 

Discret 

Vibrant 

Telle une respiration de l'infini.

14 octobre 2025

Lamentations et espérances de la Musique / Jean-Paul

 

Allégorie de la Musique / Jan Brueghel l'Ancien (1568-1625)

 

C'est facile de l'adorer,

La mélodie que je produis ;

 

Je ne voudrais pas m'immiscer

Dans la vie de mes mille amis

Et c'est bien gentil de m'idolâtrer

Mais si l'on ne paie pas Frédo,

Il est raide au bout du mois

Comme un phare effaré à l'arrêt :

La sinistre misère façonne son récif

A coups de vague à l'âme inique

Et sidérant

 

Et moi qui fait danser Sissi et Sidonie

Sur le sol peu ciré

Du Lido,

Je ne suis plus fabriquée,

Je m'efface au loin et, carrément,

Je cède la place au silence.

 

La lassitude nous gagne

Mes familiers et moi

Aux fables répétées, fallacieuses,

Aux fadaises mitées de ces Quasimodo

Dont le credo économique

Dote le peuple d'un fardeau

Cependant que le mikado

D’or et d'argent facile se couvre,

Engrangeant ses denrées

Dans des îles au soleil

Dites « paradis fiscaux » .

 

Nous ne sommes pas Sisyphe !

Nous sonnons l'hallali !

Nous sommes résolus,

Face à cette infamie,

A convoquer s'il faut

L'amirauté de Domrémy,

A causer des dommages

A votre lourd solfège

Et à vos fariboles.

 

Je suis lasse, prélats modernes,

De votre fatras d'oraisons

Débité sans préliminaires !

 

Avec son tralala,

La Femme, décisive,

Déposera face au lavoir

Votre vieux monde amidonné

Et, lavandière du Futur,

Entamera la farandole :

On dansera la carmagnole

Sur votre beau linge affalé !

 

Alors je ressusciterai,

Fatidique et solaire.

Je couvrirai d' « O sole mio »

Et de lascives marguerites

Tous les miroirs des domiciles

Pour qu'on rie de m'y voir si belle.

 

 

14 octobre 2025

La Torpédo / Marie-Thé

 

Comme chaque matin vers six heures, après un tendre bisou à sa femme qui continue à dormir, Rémi quitte son domicile avec sa Torpédo pour se rendre à son travail.

En passant à Domrémy, il prend sa collègue Sidonie qui travaille dans le même lycée que lui. Il est professeur de musique et Sidonie de latin.

S’il n’y a pas trop de circulation, il stoppe sa Torpédo et ils s’en vont boire un citron chaud au café des Lavandières. Là, Sidonie lui serine toujours la même rengaine. Elle confie à Rémi les dernières tocades de son mari qui fait du charme aux femmes de sa chorale en leur chantant des romances. Rémi est plein de sollicitude et lui remonte le moral.

Elle se plaint aussi de ses élèves chahuteurs qui hier, au début du cours, chantaient à tue-tête « rosa rosa rosam rosarum rosis rosis » en ouvrant leur cahier. Rémi lui donne quelques conseils mais il ne peut pas grand-chose pour Sidonie, mal mariée et mal dans son rôle de prof !

Il l’écoute en pensant à ses cours de musique où il se sent si bien.

Le matin, chorale avec les sixièmes. Avec sa baguette magique, il impose le silence. Il donne le la avec le piano puis, progressivement, les voix s’élèvent ou s’atténuent au rythme des mouvements de sa baguette magique. Il aime entendre ces voix jeunes et ressent du plaisir à diriger cette mini-chorale.

L’après-midi est souvent consacrée à l’étude des instruments. Il espère bien produire avec ses élèves quelques morceaux qui raviront les parents à la fin de l’année.

Le soir lorsqu’il retrouve Sidonie, déprimée par sa journée, il attend qu’elle se détende dans la Torpédo et il la console en lui chantant « O sole mio ». Il sait qu’elle n’a pas le cœur à écouter des mots bleus mais elle sourit et oublie un peu de se lamenter.

 

7 octobre 2025

Consigne d'écriture AEV 2526-05 du mardi 7 octobre 2025

 

Photo non facturée

 

 

 

Soit, d’un côté, une série de 12 photos argentiques en couleurs. Certaines n’ont pas été facturées par le photographe. On vous en attribue une ou vous en choisissez une.

 

Soit, d’un autre côté, un sommaire du magazine Télérama qui se présente sous la formule « Cette semaine nous sommes… captivés, touchés, charmés, saisis, transcendés, mystifiés... ». La liste complète des émotions éprouvées par les rédacteurs·trices figure ci-dessous.

 

Il vous est demandé d’associer l’ensemble comme suit :

 

1) Votre texte commencera obligatoirement par « Cette semaine nous sommes... » ou par « Cette semaine je suis... » ou par « Cette semaine X est... », X étant le nom (à remplacer) d’un personnage de fiction que vous inventerez ;

 

2) Le texte contiendra au moins trois des adjectifs de la liste suivante :

 

accompagnés - agacés - amusés - bercés - bouleversés - captivés - charmés - curieux - désappointés - désarçonnés - ébahis - éblouis - ébranlés - emballés - embarqués - emportés - emportés - émus - enchantés - énervés - épatés - époustouflés - étonnés - euphoriques - exaspérés - fascinés - frappés - happés - instruits - intrigués - mystifiés - passionnés - rassérénés - ravis - régalés - régénérés - réjouis - requinqués - reséduits - saisis - secoués - séduits - sidérés - soufflés - touchés - transcendés - troublés ;

 

3) Il sera illustré par la photographie qui vous a été attribuée ou que vous aurez choisie ci-dessous (cliquez sur l'image pour l'agrandir).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

7 octobre 2025

La Photo / Anne J.

 

 

Cette semaine, je suis étonnée de découvrir cette photo inconnue dans les affaires de ma tante récemment disparue : tout me paraît aux antipodes de ce qu'étaient sa vie et ses habitudes.

 

Il y a sur ce cliché un décor végétal qui me laisse désarçonnée : ma tante Mado détestait les fleurs et encore plus les fleurs en pot. Ses voisines lui avaient offert pour un anniversaire une magnifique orchidée blanche qu'elle a contemplée, exaspérée, pendant des semaines sur sa table de cuisine en attendant qu'elle se fane enfin et en me demandant à chaque visite :  «  Tu sais combien de temps ça dure ces plantes-là ?».

 

On peut donc en déduire que ce n'est pas chez elle mais chez quelqu’un d'autre.

 

Sur cette photo, la personne assise a à peu près la corpulence de ma tante mais elle porte un pantalon beige foncé qui ne me semble ne pas pouvoir appartenir à la garde-robe presque exclusivement bleu marine et blanche que je lui connais. Les chaussettes noires, par contre sont tout à fait dans ses habitudes. La question est donc pourquoi ne porte-t-elle pas de pantalon marine ? J'en suis troublée.

 

Mais le plus étonnant est de la voir lire « Le Monde », un journal complexe, pas vraiment facile à lire. Je n’ai jamais vu que « Le Figaro » sur sa table ou dans son salon et le samedi-dimanche « Le Figaro Madame » où il n'y a rien à lire et seulement des publicités glamour sur du papier glacé,

 

Ce n'est pas tout à fait vrai car elle lisait aussi depuis quelques années « La Croix hebdo » et depuis toujours elle feuilletait le Ouest-France au petit déjeuner pour y découvrir, fascinée, qu'elle résistait mieux que ses copines plus jeunes quand passait la charrette de l’Ankou.

 

Curieuse et intriguée, je me saisis d'une pièce de 20 centimes et je commence à gratter doucement la surface du journal, comme dans les tickets de loto à gratter ou les petits bons que l'on vous donne à la caisse du supermarché et où il faut faire apparaître trois paquets de farine pour en gagner dix kilos. Je gratte délicatement en soufflant sur les flocons de papier pour dégager la surface sous le journal et, je vous le confirme, ce n'est pas du tout ma tante Mado qui apparaît.

 

J'en suis encore ébahie ! Mais qui est donc ce bel homme ?

 

A suivre !!!

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