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L'Atelier d'écriture de Villejean

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25 novembre 2025

Confier c’est quelque fois livrer / Liliane

 

 

L’air était doux, le printemps invitait à de nouvelles et tendres confidences. Les deux filles du baron de Kervélian venaient de quitter le banc où elles avaient pris l’habitude d’échanger leurs secrets à l’écart de leurs cousines toujours prêtes à entretenir la moindre rumeur propre à les mettre en valeur.

 

- Aglaé, tu m’as prise par la taille. Penses-tu que j’ai pris du poids ? s’inquiétait Marie.

 

- Oh non ! Ou si peu, lui répondit Aglaé. Mère a changé de domestique. Peut-être est-elle trop bonne cuisinière ! Tu es assez gourmande, Marie, avoue-le.

 

- Tu as peut-être raison mais je me sens, comment te dire… augmentée. Mon corset me semble trop serré, il faudrait que je le change, il y a si longtemps que je le porte, j’en arrive à ne plus le supporter.

 

Marie était de nature indolente. Charmante, jugée parfois un peu naïve, elle affichait une bienveillance envers chacun. Le couvent où elle avait été élevée lui avait appris la convenance, la modestie et la pudeur, trois vertus jugées cardinales pour honorer la condition d’une jeune fille de bonne famille. Sa grâce et sa beauté effaçaient parfois la faiblesse passagère de ses propos mais son prénom voué à la Sainte Mère garantissait la pureté de ses intentions.

 

Monsieur de Proprencour avait le bonheur de l’initier à la maîtrise du clavecin tous les jours, en fin de matinée. Le son légèrement métallique de l’instrument créait en elle des vibrations qui la laissaient tremblante d’émotion. Marie ne manquait pas de rendre grâce au ciel de cet émoi qui la transportait dans un tourbillon de sensations qu’elle sublimait en prières salvatrices.

 

Quant à Monsieur de Proprencour, il semblait avoir deviné le mal-équilibre auquel son élève tentait d’échapper. Il lui prenait les mains qu’elle joignait fébrilement puis dans un élan de bonté s’approchait de son visage pour lui murmurer un miserere qu’elle répétait à sa suite. Une pause qui faisait à Marie le plus grand bien. Enfin, pour parfaire le retour au calme de son élève, Monsieur de Proprencour la prenait par les épaules et lui proposait de s’asseoir en sa compagnie sur le sofa près de la cheminée. A son contact Marie défaillait à nouveau. Les dernières notes jouées sur le clavecin lui revenaient sans qu’elle puisse maîtriser cette vague d’émotions qui lui faisait perdre tout contrôle : « Sainte-Marie, aidez-moi, priait-elle, aidez-moi, je vous en supplie ».

 

À toute cette errance que Marie venait de conter, Aglaé, bouleversée, ne savait comment réagir.

 

- Mon Dieu… mais que t’a répondu la Vierge-Marie ?

 

- Si peu, je n’ai pas tout compris sinon que Monsieur de Proprencour était un divin professeur de musique ou quelque chose comme cela.

 

- C’est peut-être un ange, chuchota Aglaé.

 

- Oui, je le crois. Sais-tu qu’un matin j’étais si bouleversée qu’il m’a conduite dans l’antichambre où se trouve le lit de repos de notre mère ?

 

Et là que s’est-il passé ? balbutia Aglaé.

 

C’était merveilleux, il m’a aidée à défaire mon corset. Il faut te dire que mon émoi était si grand que j’avais peine à respirer.

 

- Et puis ? insista Aglaé de plus en plus déconcertée.

 

- Eh bien, j’ai dormi ! Monsieur de Proprencour veillait sur moi.

 

- C’est tout ? C’était quand même une situation bien dérangeante, non ?

 

Aglaé venait de ceindre à nouveau la taille de Marie. Effectivement, le tour de taille avait sensiblement augmenté. Elle avait même senti un certain renflement au niveau du ventre.

 

- Marie, murmura-t-elle, tu as vraiment pris un peu de poids.

 

- Je le savais ! Monsieur de Proprencour m’a dit que c’était normal quand on étudiait le clavecin. Il m’a confié que les notes pouvaient entrer sous la peau et qu’elles ne pouvaient plus en sortir jusqu’à occuper, toutes ensemble, l’endroit le plus tendre de notre corps, le ventre. Tu comprends ?

 

- Dis-moi, Marie, tu ne me dis pas tout. Monsieur de Proprencour t-a-t-il… ?

 

- Mais ! s’enflamma Marie, en quoi ça te regarde ???

 

Aglaé, interdite, regarda sa sœur avec la plus grande stupéfaction. Après un bref instant de silence, un éclat de rire jaillit de leur gorge tandis qu’au loin on pouvait entendre les notes endiablées du clavecin caressé par les mains expertes de Monsieur de Proprencour.

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25 novembre 2025

La Lettre / Anne J.

 

 

Cinq de moins, une de plus ? Il avait eu 6 filles et elles ressemblaient toutes à leur mère ! Le dedans du désespoir pour ce pauvre homme qui rêvait depuis toujours de transmettre sa passion des trains électriques à un petit garçon. Il avait travaillé pied à pied comme clerc de notaire pour faire vivre sa maisonnée mais, ébranlement dans l’absolu, le notaire était mort, l’étude était vendue et notre pauvre père et mari vendait désormais des encyclopédies pour gagner son pain et celui de ses six filles désormais en âge de se marier.

 

Il était maintenant seul pour prendre ces terribles décisions car sa tendre et adorée épouse venait de mourir de la tuberculose, le laissant démuni et sans voix devant cette mission : Que faire dans l'abîme à moins que l'on ne cause ?

 

Il était parti en voyage pour une dizaine de jours et les demoiselles venaient de recevoir une longue lettre de leur père que l’aînée s’était empressée de découvrir, toutes les filles se regroupant autour d’elle telles des oiseaux dans une volière, sous les dernières palpitations de la lampe sans huile.

 

- Lis vite ! Que dit il ? s’exclama la plus jeune qui avait coupé ses cheveux selon la dernière mode, victime du Progrès actuel.

 

- Oui , lis nous vite ces nouvelles tant attendues, s’impatientèrent les jumelles qui se tenaient par le cou, d’une seule voix comme un double quatuor.

 

- Aurore , la plus rousse des filles, se prenait à rêver : et si une bonne surprise arrivait par cette missive ?

 

Emeline n’écoutait pas tout ce brouhaha. Elle avait reçu une lettre elle aussi que lui avait remise le jardinier, en cachette de toutes ces commères. Le beau jeune homme rencontré la semaine passée au thé chez la comtesse lui avait donné rendez-vous pour demain auprès de l’étang et déjà l’attente était longue , si longue : attendre encore une nuit , une nuit derrière laquelle il y a le jour.

 

- Alors, raconte, s’impatientaient les belles demoiselles pressant leur sœur toute vêtue de jaune et qui était soudainement devenue livide.

 

- Il dit qu'il a rencontré à l’auberge un homme qui a six garçons en âge de se marier et qu'ils ont fait affaire : les six mariages auront lieu le mois prochain, sans que nous ayons notre mot à dire car "L'autorité reprend ses droits" !

 

C’est alors que le chat de la maison entra par la fenêtre tenant dans sa bouche une souris qu’il déposa vivante sur le sol. Les six filles sautèrent sur la table d’un seul bond, renversèrent la lampe a huile où il restait quelques gouttes. Le feu prit dans les rideaux, les filles et le chat s’enfuirent par la fenêtre, le feu s’étendit et toute la maison brûla

 

Les six mariages furent retardés de trois mois mais personne ne sait ce qu’est devenue la souris.

 

Tapie dans l’herbe ? L'herbe cache et la pluie efface.

25 novembre 2025

La Situation s'aggrave / Maryvonne

 

 

- Pauvre maman ! Je t'apporte un bouillon clair puisque, avec ta rage de dents, tu ne peux rien avaler.

 

- Oui, répond la maman en geignant, j'ai aussi la rage dedans car je vais rater la manif de ce soir. Ô, rage ! Ô désespoir ! Elles iront défiler sans moi, les copines. C'était une bonne occasion de sortir ce soir et de déambuler dans le noir. Moi aussi j'ai mes revendications, il faut le savoir. Regardez-vous, mes trois enfants, tous conçus dans le noir, la bienséance... Il faut savoir jeter un voile noir sur une vie de plaisir. Si un grand poète du vingtième siècle a chanté « Noir c'est noir, il n'y a plus d'espoir », moi je veux croire qu'un jour tout s'arrangera. Là c'est juste un coup de poing de mon mari qui a déchaussé deux molaires et me voilà comme un œuf de Pâques, obligée de rester chez moi dans une situation douloureuse et honteuse.

 

La fille aînée compatit mais la cadette scrute la vie qui passe à la fenêtre.

 

- Tiens ! dit-elle, je vois notre amie Dominique qui part à la manifestation, je n'arrive pas à voir quelle revendication elle a écrite sur sa pancarte . Mais la phrase se termine par « féminicide ».

 

- Va donc voir, Mariette, dans le grand Larousse, ce que veut dire ce drôle de mot !

 

Un instant après :

 

- Je n'ai pas trouvé, Maman, ou peut-être que je n'ai pas envie de trouver ou bien encore que ce n'est pas si grave. Ça me fait peur.

 

- Si Dominique va à la manif, elle qui s'est occupée des femmes pendant toute sa carrière de médecin, c'est que l'affaire est sérieuse, très sérieuse parce que la situation s'aggrave sur toute la planète .

 

- C'est quoi, une planète, Maman ?

 

- C'est un endroit où la moitié de la population est du genre féminin et pourtant les femmes n'ont pas les mêmes droits que l'autre moitié. On croyait parfois que ça allait s'arranger mais chaque jour il arrive une déception.

 

- Allez, Maman, bois ton bouillon et demain tu iras dire à la maréchaussée que ton mari t'a battue.

 

- Et tu crois qu'ils me croiront, puisqu'il est un des leurs ?

 

- Justement, c'est encore plus important ! Si la maréchaussée déraille, c'est que vraiment la situation s'aggrave.

25 novembre 2025

Une Soirée crépusculaire / Marie-Thé

 

 


        Sous les arbres du château de Gillenormand, trois jeunes gens sur la pelouse devisent, dans la douceur d’un soir d’été.

 

Aurore et Aurélie sont arrivées dans l’après-midi chez Arthur, un cousin éloigné, fils du châtelain qu’elles ne connaissent pas beaucoup.

 

Il vient juste de terminer ses études et s’apprête à succéder à son père pour gérer le domaine. Assis sur l’herbe au pied d’Aurore et Aurélie, il attend qu’elles trouvent une partition plaisante pour les accompagner avec sa guitare.

 

Chacun sait que dans les familles nobles, on ne choisit pas son conjoint mais que les mariages sont arrangés en fonction des alliances les plus avantageuses.

 

La mère des deux filles avait dit qu’Arthur, l’héritier du château, était musicien et que l’une d’entre elles, Aurore, l’aînée, pourrait, pourquoi pas, trouver à se caser. Habillées de robes roses aux manches bouffantes, coiffées d’un chignon, elles se sont apprêtées pour séduire ce beau garçon.

 

Arthur, décontracté, habillé d’une redingote moulante qui fait ressortir sa sveltesse, essaie en vain d’harmoniser ses notes de guitare avec le chant d’Aurore et d’Aurélie. Mais c’est difficile. En plaisantant, il change de registre et interprète une sérénade qui laisse les filles sans voix.

 

Troublées, elles se sentent incapables de chanter la partition qu’elles ont devant les yeux, tant ce jeune homme joue à la perfection.

 

Elles l’écoutent, le regardent et l’admirent. Mais au bout d’une heure de sérénade redondante, elles en ont assez et voudraient bien pique-niquer, se promener ou discuter un peu. Il semble absorbé et continue à jouer sans s’occuper ni d’Aurore ni d’Aurélie !

 

Déçues, elles sortent le panier de pique-nique, mangent un sandwich, puis retournent au château. Arthur reste seul avec sa guitare. Il les trouve bien sympathiques, il lève la main et les salue.

 

« Bien joué ! » se dit-il quand elles s’éloignent. Il cache sa guitare sous les branches et, sans attendre, s’en va retrouver Manon, la fille du jardinier qu’il aime à la folie. Il sait bien qu’elle n’est pas pour lui de toute façon mais il se sent trop jeune pour se caser et a envie de profiter de sa jeunesse avant de se mettre la corde au cou.

25 novembre 2025

Comment l'appellerons-nous ? / Marie Sylvie

 

 

Il faudra un prénom long.

Un prénom qui s'étire comme l' aurore sur les collines

Qui fait danser l'alphabet dans les mains d'un enfant

Comme l' Alouette qui s'élève sans peur dans le ciel du matin.

 

Il faudra un prénom qui contient des silences,

Des syllabes lentes comme les lueurs qui passent

Sur les murs de la chambre d'en-bas

Où l'on s'adore sans bruit

Où une mère en rencontre une autre

Et leurs regards se reconnaissent sans se nommer.

 

Ce prénom, il devra porter ce que l'herbe cache

Et la pluie efface

Car l'intelligence naît aussi dans l'oubli

Dans ce qui se dérobe

Dans ce qui ne se dit pas.

 

Il faudra qu'il traverse la nuit blanche

Qu'il sache veiller sans épuiser

Qu'il apprenne à lire les ombres

Comme on lit les étoiles tombées dans les flaques.

 

Ce prénom il devra être un Juste.

Pas un héros pas un roi

Mais un être qui marche droit dans les détours du monde,

Qui sait que suprême ombre et suprême aurore ne sont pas ennemies

Mais deux souffles d'un même mystère.

 

Il faudra qu'il ait la mémoire des mères

De celles qui ont attendu

De celles qui ont nommé sans bruit

De celles qui ont vu dans le regard d'un autre enfant

Le reflet du leur.

 

Ce prénom il devra être un poème.

Un poème que l'enfant écrira lettre par lettre

Jour après jour

Jusqu'à ce que chaque courbe devienne pensée

Chaque boucle devienne question

Chaque trait devienne réponse.

 

Et lorsqu'il saura l'écrire sans hésiter

Lorsqu'il le dessinera dans l'air avec ses doigts

Alors il saura aussi écrire le monde

Le lire

Le comprendre

Et peut-être même le réparer.

 

Alors comment l'appellerons-nous ?

Peut-être Éléonore

Ou Théophania

Ou Isalys

Ou Aurélien

Ou Séraphin

 

Ou un prénom que personne n'a encore inventé

Mais que l'enfant portera comme une promesse

Comme une aurore qui ne finit jamais.

Soléandrine

Ou Lunéviane

Ou Théoliane

Ou Aurélysandre

Ou Éphéliane.

 

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25 novembre 2025

La Confidence / Adrienne

 

 

Mademoiselle Gillenormand finit par ne plus trouver mauvais que M. Fauchelevent soit entré avec quelque chose sous le bras et le pan de l’habit déchiré.

 

Le chien par qui il faisait garder sa maison – et qui était en réalité une chienne – n’avait pas été du même avis que lui concernant le sevrage de son unique chiot et alors qu’elle était pourtant dans la chambre d’en bas, elle avait compris ce que signifiait le couinement du petit et avait monté les marches quatre à quatre pour mettre à M. Fauchelevent tous les bâtons dans les roues dont elle disposait, et principalement ses crocs acérés dans son bel habit de sortie.

 

– Mais ne vous inquiétez pas pour moi, assura-t-il à Mademoiselle Gillenormand, dès ce soir l’autorité reprend ses droits. Il ne sera pas dit que je devienne l’otage ou le prisonnier de ma chienne ni qu’on se fasse la guerre entre quatre murs, elle et moi. Et si la situation s’aggrave, il me reste le coup de fusil qui ne manque rien et qui ne tue personne.

 

En voyant cette belle tranquillité, cette forte détermination, Mademoiselle Gillenormand perdit toute la prudence conseillée à la sagesse et entra dans le septième cercle et le huitième ciel des filles perdues.

 

Là où l’on s’adore.

 

Mais l’attraction et l’extinction se suivent inexorablement et une fois l’homme filé, on voit le dedans du désespoir.

 

***

 

Puis, quelques mois plus tard, que faire dans l’abîme à moins que l’on ne cause ?

 

On se confie à son amie Aurore – confier, c’est quelquefois livrer et c’est parfois le commencement du repos de l’âme, malgré les obscurités que peut contenir une révélation – et on commence à voir de vagues éclairs à l’horizon, d’une nuit derrière laquelle il y a le jour.

 

Suprême ombre, suprême aurore, et l’amie qui vous dit dans un souffle :

 

– On dirait bien que je le sens bouger !

25 novembre 2025

Tholomyès est si joyeux qu’il chante une chanson espagnole / Jean-Paul

 


Refrain

Venez donc, messieurs, goûter de nos fruits !

Prenez nos mandarines !

Goûtez nos abricots !

 

Vous vous lécherez, pour sûr, les babines !

Ouvrez vos appétits !

Goûtez ce bon fricot !

 

1

Le soir d’un jour de marche

Au long d’une rivière

Ainsi nous alpaguèrent

Quatre jolies douairières.

 

Quelquefois on échoue

Où l’on croit débarquer ;

La chanson pour le coup

Nous rendit alléchés.

 

2

Notre faim trouva là

Un tombeau convenable.

Aurore s’avéra

Cuisinière estimable !

 

On remplit quelques verres

Pour nos dalles en pente ;

Ces dames hospitalières

Avaient bonne descente !

 

3

Philosophes après boire,

Sages plus que de raison,

Nous parlâmes du ciel noir

Qui barrait l’horizon.

 

- Ce sont vagues éclairs !

- Ce sont lueurs qui passent !

- Reprenez du dessert !

- Montrez vous plus voraces !

 

4

Dernière palpitations

De la lampe sans huile ,

Attraction… 
                                                  Extinction !

Fuite vers le domicile !

 

Que faire dans l’abîme

A moins que l’on ne cause

Du quatuor ultime

Et de la longue pause ?

 

5

Comme on a de regrets

De n’avoir pas cherché

Pour la suprême Aurore

Un lieu où l’on s’adore !

 

Finesse ? Perfidie ?

Vautours devenus proies ?

Prisonniers de leurs fruits

Nous porterions nos croix

D’éternels maris,

Peut-être, aujourd’hui !

 

Refrain final

Opportunités du passé enfuies

Dames en crinolines,

Ombrelles et chapeaux,

 

Ces pas en arrière que l’on imagine

L’herbe les cache en rêve

Et la pluie les efface

 

Déchirant pan d’habit

Et nuit blanche à-vau-l’eau !

18 novembre 2025

Consigne d'écriture AEV 2526-08 du mardi 18 novembre 2025

 

LOUP, Y ES-TU ?

 

 

Aujourd'hui on vous propose de choisir un (ou deux ?) de ces dessins très détaillés de Jean-Jacques Loup.

 

Vous allez bien l'examiner, noter tout ce qu'on y voit et qui vous intéresse. Prenez votre temps. Lorsque cela sera fait, vous retournerez le dessin et vous écrirez à partir de vos seules notes un texte ou un poème sur le ou les thèmes suivants :

 

- La cérémonie de noces ;

- La photo de famille :

- Le traîneau du père Noël ;

- La ménagerie du cirque ;

- La chasse ;

- Les jeux des enfants ;

- Le jardin public ;

- Les sports d'hiver ;

- Ou toute autre chose !

 

Après 17 minutes d'écriture, vous aurez le droit de retourner l'image pour continuer.

 

Cliquez sur les images pour les agrandir

 

 

 

 

 

 

18 novembre 2025

Le Sens de la fête / La Licorne

 

 

Un dimanche sous la couette ?

Ou à visionner un film sur une tablette

A plat ventre sur la moquette,

 en liquette et en chaussettes ?

 

Non, cette semaine on fait vraiment la fête : 

Edouard nous a invités à fêter sa retraite,

et son anniversaire de mariage avec Elisabeth.

J'ai intérêt à me faire coquette !

Je le vois bien sortir la jaquette,

le cigare et les rouflaquettes.


Alors Gaston, s'il te plaît, oublie la casquette

et ne te pointe pas avec une bouteille de piquette

 ni un cadeau qui vaut des clopinettes !

Je t'ai acheté une tenue parfaite

avec gilet et pochette, 

nœud pap et boutons de manchette.

Evite de m'appeler "ma biquette", 

et ne te trompe pas de fourchette !

Je t'interdis de faire tourner les serviettes,

on n'est pas dans une guinguette.

Fais gaffe aussi à tes cendres de cigarette.

Ne passe pas la soirée à la buvette,

et si, à la fin, tu pars "en goguette"

ne t'affale pas le nez sur ton assiette.

 

Comment ça, je suis "casse-noisettes" ?

Si tu veux changer de nénette, 

je te conseille d'essayer Antoinette :

ce sera tous les soirs "raclette" !

 

Allez, c'est bon, je suis prête.

Tu peux sortir la camionnette.

 

18 novembre 2025

U comme Une Ménagerie / Adrienne

 

 

Ce matin on est arrivés à l’école tout excités parce qu’un cirque s’était installé sur la place.

 

– Si vous êtes bien sages et si vous promettez de bien rester en rang derrière moi, nous irons cet après-midi visiter la ménagerie, a dit la maîtresse.

 

Nous on a promis tout ce qu’elle voulait, on l’aime bien la maîtresse et la ménagerie, c’est une idée géniale, surtout que justement cet après-midi on a arithmétique.

 

– Moi je préfère l’arithmétique ! s’est plaint Agnan mais heureusement la maîtresse ne l’a pas écouté.

 

Elle avait prévu pour chacun de nous une casquette assortie à son chapeau et bien sûr Geoffroy a protesté parce qu’il aurait préféré un casque colonial et Eudes un képi de gendarme.

 

– C’est ça ou l’arithmétique, a dit la maîtresse, alors ils se sont calmés parce qu’ils ont bien vu qu’elle commençait un peu à s’énerver.

 

On est sortis tous en rang avec notre casquette sur la tête et c’était très pratique, finalement, parce que Clotaire a donné la sienne à un chimpanzé, qui avait envie de se joindre au groupe, après qu’il s’était fait piquer sa banane par Alceste. Clotaire, on ne l’a plus revu, on suppose qu’il s’est trompé de cage.

 

La maîtresse non plus on ne l’a plus revue, elle était en train de regarder Geoffroy, qui racontait à la girafe son safari au Kenya, alors elle n’a pas vu la queue du tigre et a marché dessus.

 

***

 

Les fans de Sempé et Goscinny auront reconnu d’où vient l’inspiration !

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