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L'Atelier d'écriture de Villejean

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23 janvier 2024

Consigne d'écriture 2324-16 du 23 janvier 2024 : Cartes postales

Cartes postales

 

Voici un choix de dix-huit cartes postales. Vous sélectionnerez celle ou celles qui vous inspirent et vous écrirez autour de ce thème de la carte postale - ou pas. Vous pouvez aussi divaguer à partir de ce que ces images représentent.

Vous devrez cependant inclure dans votre texte un des mots suivants :

lui - bonzaï - caquète - salin - lit - grimper

Cartes postales 09 Mini

Cartes postales 11 Tréguier

Cartes postales 12 René-Gérard Collomb - Soleil d'hiver

Cartes postales 13 Robert Doisneau - Avec Maurice Baquet

Cartes postales 14 Piment (publicité pour Mini

Cartes postales 15 Musée de Bretagne - Travailler du chapeau

Cartes postales 16 SNCF - Voir du pays

Cartes postales 17 L'amour c'est un baiser qui dure toujours

Cartes postales 18 Brussels

Cartes postales 01 Portillons de Bretagne

Cartes postales 02 Port Launay

Cartes postales 03 La femme adultère

Cartes postales 04 Claude Henri saunier - Joyeux anniversaire

Cartes postales 05 Marine nationale

Cartes postales 06 René Maltête - Péchés capîtaux

Cartes postales 07 Friedhar Meyer - marmorboot 2001

Cartes postales 08 Caspar David Friedrich - Paysage du Riesengebirge au brouillard montant

Cartes postales 10 Henri Rousseau - Nature morte à la bougie rose

 

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23 janvier 2024

Histoire d'un violoncelle / Anne J.

AEV 2324-16 Anne J

J’avais trouvé ce violoncelle dans une vieille housse toute fanée dans le fond du placard à balais de la maison familiale. Je le savais là depuis toujours mais je n’habitais plus depuis longtemps dans la maison de mes parents, et je l’avais oublié. C’était le violoncelle de mon père et celui-ci venait de mourir, obligeant ses héritiers et surtout ses héritières à faire l’inventaire de ce qui se trouvait dans la maison avant de la vendre.

Jamais personne n’avait entendu sonner cet instrument même pas il y a très longtemps car le propriétaire en avait joué jusqu’au début de ses études puis avait laissé le temps passer sans lui et n’avait plus jamais sorti l’instrument de sa vieille housse en gros coton. On avait tout essayé y compris les petits enfants pour amadouer le papy, rien n’y avait fait.

En découvrant le violoncelle, les regards s’étaient tournés d’un seul mouvement vers moi : j’étais la seule à faire de la musique et personne ne voulait de cet encombrant héritage : une voix unanime avait énoncé : « Le violoncelle est pour Anne !». Fin de discussion.

J’avais donc pris le bel objet avec moi et, arrivée a bon port, je l’avais sorti de sa housse : il était d’un beau bois doré mais en piteux état : les cordes, le chevalet, l’archet tout avait vécu.

Je n’aimais pas l’idée de le laisser mourir ainsi, je l’ai donc emmené chez un luthier pour le faire remettre en état et lui acheter une belle boîte neuve pour le protéger de l’air salin de ma maison.

Quand je vais de mon petit chez moi à la grande capitale rennaise, je profite de l’occasion pour faire des achats : ce n’est pas que chez moi, il n’y ait pas de magasins, mais ce qui vient de la grande ville a toujours plus de chic, du moins c’est ce que l’on croit …à l’inverse de mes amis rennais qui, eux, achètent chez moi quand ils viennent à la mer. Comme quoi on n’est jamais content de ce que l’on a !

J’avais donc fait de gros achats avant de récupérer le violoncelle remis en état chez le luthier et je m’apprêtais à rejoindre la gare, les bras pleins : j’avais acheté un bonsaï pour ma voisine férue de jardinage et une couette en solde pour mon lit. Comme j’avais écrasé par mégarde la poule rousse de mes voisins qui avait imprudemment traversé la rue juste au moment où je passais, j’avais fait l’acquisition d’une poule au magasin de jardinage : c’était une belle petite poule bien dodue mais elle ne se plaisait guère dans la boite de carton pour le transport.

Cartes postales 13 Robert Doisneau - Avec Maurice Baquet

Je suis là sur le quai du métro en train d’attendre la rame et voilà la bête qui caquète et qui caquète au grand bonheur des enfants qui attendent avec moi le métro à l’approche Au bruit du train qui entre en gare le volatile réussit à sortir de sa boite et s’échappe moitié volant, moitié courant en direction de l’escalier qui remonte vers la surface sous les regards ahuris des personnes autour. Un enfant réussit à l’attraper, je pose mon violoncelle pour remettre la fugitive dans la boite, le métro annonce le départ, je saisis mes paquets et grimpe dans la rame...

Je lève la tête quand les portes commencent à se fermer inexorablement et aperçois ma belle boite neuve posée sur le quai et dans le haut de l’escalier, un photographe qui vient de sortir de sa poche un petit appareil photo, cet objet désuet d’avant le téléphone qui fait seulement des photos et qui immortalise la scène.

Et là, j’ai vu le violoncelle se mettre en marche d’un pas mal assuré et dignement rejoindre la sortie. Certains disent l’avoir vu s’élever ensuite dans les nuages et d’autres prétendent l’avoir rencontré aux quatre coins du monde. Un jour il a trouvé une amoureuse qui lui a fait oublier ses années de placard et qui a fait résonner à nouveau sa caisse en bois doré. Regardez bien la prochaine fois que vous en verrez un sur scène, c’est peut être lui. 

23 janvier 2024

Y comme Yapluka / Adrienne

23 janvier 2024

La Femme adultère / Marie-Thé

 

Julietta est amoureuse. Souvent, l’après-midi, lorsque son mari s’en va à son travail, elle court, elle court comme un furet pour retrouver son Roméo, un bûcheron bien sympathique, joyeux et fou d’elle. Cet homme des bois vit heureux avec son chien, dans une masure, au cœur de la forêt dont il ne sort qu’occasionnellement.

Julietta arrive chez lui rouge et essoufflée. Roméo l’accueille avec émotion et la serre dans ses bras. Sur un lit de verdure, ils vivent des moments paradisiaques, ils sont seuls au monde.

C’est Roméo que Julietta aurait voulu épouser. Hélas pour elle, ses parents l’avaient promise à un commerçant riche mais austère.

Lorsqu’elle retourne dans sa maison, Julietta est joyeuse. Elle chante en faisant la cuisine ou le ménage et surtout, devenue soudain audacieuse, elle ne craint plus son mari, toujours prêt à la critiquer pour ses tenues trop aguichantes à son goût.

On dit que les histoires d’amour finissent mal en général…

Cartes postales 03 La femme adultère

Ses petites fugues ont été découvertes et Julietta, devant une assemblée d’hommes curieux, venus soutenir le mari trompé, est traitée de femme adultère et fouettée en public par l’ecclésiastique, bien heureux de cette occasion de jeter un coup d’œil sous la jupe de la jolie Julietta. Elle a versé quelques larmes mais cela n’a pas entamé son moral.

Quelques mois plus tard, lorsqu’elle accouche d’un petit garçon aussi robuste que le fils d’un bûcheron, la femme adultère est bel et bien oubliée ! Le mari compatissant et heureux a pardonné à Julietta. Il élève cet enfant comme le sien.

L’histoire ne s’arrête pas là. Julietta, dès qu’elle a quelques loisirs, le plus discrètement possible, retourne dans la forêt retrouver son Roméo.

Que se disent-ils, que font-ils ?

Comme le dit ma copine Maryvonne, « Cela ne nous regarde pas… mais ça nous intéresse !».

23 janvier 2024

Concertiste / Maryvonne

AEV 2324-16 Maryvonne - Doisneau 2

De Lui, tout ce que je sais, c'est que je n'aurais pas voulu être à sa place. L'image que j'ai choisie c'est le milieu de mon histoire. Il y a un avant et un après et pour relier le tout je crois bien que j'ai eu tort de me mettre à ma place, raconteuse, dans cet instant « T » totalement improbable.

Ce matin-là, l'homme en trench-coat était en pyjama comme tout un chacun, enfin pas tout à fait, il avait remis son pyjama pour aller déjeuner après un câlin matinal.

C'est comme ça, certains sont du matin, d'autres du soir et comme dirait ma copine « ça ne nous regarde pas...mais ça nous intéresse » . En fait il était tendu et il avait besoin d'évacuer son stress. Ce foutu concert qui se profilait pour la fin de journée, ce n'était pas rien. Sa tartine était tombée du côté de la confiture, son café trop tiède et sa femme le regardait avec un sourire un peu moqueur.

Après avoir cherché ses partitions, fait quelques exercices de répétition il arriva vite à midi sans avoir faim.

AEV 2324-16 Maryvonne - Doisneau 1Il s'obligea à une sieste pour affronter la longue soirée à venir. Il allongea sur le lit sa tenue de gala : chemise, plastron, nœud papillon et son smoking. Il chercha ses boutons de manchette en râlant et en s'énervant. Il essaya de se relaxer dans un bon bain. Et tout propre, tout neuf se glissa dans son costume. Avant de quitter l’appartement il prit son trench-coat pour être plus discret lors du voyage en métro et termina par l'accessoire principal, son violoncelle. En route pour l'opéra, anxieux mais fier.

Au moment de monter dans la rame un coup de coude maladroit d'un voyageur sépara le musicien de son instrument créant ce terrible instant « T » : l'un dans le wagon, l'autre encore sur le quai.

AEV 2324-16 Maryvonne - Doisneau 3Qu'auriez-vous fait dans cet instant de stupeur ? Vous mettre à rire peut-être ? C'est nerveux. Essayer d'ouvrir les portes ? Elles sont les plus fortes ! Actionner le frein ? C'est sans doute ce que fit un autre voyageur qui, lui, avait les mains libres.

Mais on arrête pas le métro ainsi car aussitôt la police intervient. Vos papiers ? Mais il les avait laissés dans son autre costume. Votre ticket de transport ? Il ne prenait pas d'argent sur lui quand il allait à l'opéra. Et c'est ainsi qu'un violoncelliste s'est retrouvé « au violon ».

Pour finir il y a deux solutions :

 Il perd son poste dans l'orchestre

 Les gendarmes l'emmènent dans le panier à salade avec la sirène deux tons et il fait une entrée triomphante sur la scène de l'opéra.

Vous cochez la fin qui vous chante.

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23 janvier 2024

Voir du pays / Jean-Paul

Je ne suis pas né un 20 janvier à 5 h du matin comme ma voisine de droite qui, du reste, pense plutôt à gauche. Moi je serais plutôt du genre centriste, né à quelques jours près au milieu de l'année. Du coup mon signe astral, le crabe du cancer, est présent sur la photo que m'a remise une bonne fée à ma naissance.

 

- Vous allez voir du pays ! m'a-t-elle promis.

 

J'ai été pris d'un doute soudain. Partir ? M'en aller loin de ma maison ? Voyager ? Le cancer est attaché à son rocher plus solidement encore qu’un bonzaï bien enraciné dans la terre de son de son pot. Pas question pour lui de se tailler !

 

Oui mais voilà : on ne fait pas toujours ce qu'on veut dans la vie et dès lors que les médecins se penchent sur votre votre cas ils vous envoient souvent balader chez leurs confrères. Voyez à ce sujet mon texte de la semaine dernière.

 

Le premier des confrères, le Dr Croze, habitait La Bourboule, une ville du Massif Central réputée pour ses établissements de cure thermale à destination des asthmatiques et j'avais le malheur, ou le bonheur, d’en être un.

 

On est donc allés en vacances par là et puis la famille a pris goût aux voyages. On a poussé jusqu'en Provence. On est allés une année en Corrèze, une autre à Narbonne-Plage.

 

J'ai accompagné mes grands-parents dans les Vosges, en Pologne, en Tchécoslovaquie, à La Napoule sur la Côte d'Azur.

 

Mais je ne suis pas ici pour raconter ma vie ni pour culpabiliser à propos de mon bilan carbone.

 

On finit toujours par lâcher la main de ses parents, par faire son chemin tout seul et c'est comme ça qu'un très beau jour on se retrouve avec une Bretonne sur le dos. Ou sur le dos avec une Bretonne je ne sais déjà plus ! Pour les positions du Kâmasûtra adressez-vous à Madame Edorée, c'est-elle la spécialiste.

 

Moi je suis juste un pratiquant de l'amour qui dure toujours et j'adore accompagner les gens qui aiment voyager. Avec Marina Castafiore Bourgeoizovna je suis tellement servi en la matière que je me suis rebaptisé Igor Wagner. Si vous avez encore l'âge de lire Tintin, entre 7 et 77 ans, vous savez que c'est là le pianiste de la Bianca. Sinon je vous l’apprends.

 

Dans le couple c'est moi qui suis l'historiographe de la bourlingueuse. Je prends des photos, j'achète des cartes postales, des cartes IGN bleu (« C’est pour mieux randonner, mon enfant ! »), je ramène des programmes de festivals estivaux ou de festivaux estivals, je suis très tolérant avec le pluriel, les mauvais chevals et les bonnes 2 CV.

 

 

Voilà pourquoi ce soir je n'ai pas hésité à vous confier quelques images de ma collection pour vous faire écrire vos divagations hebdomadaires.

 

J'aime bien le mot divaguer. C'est en divaguant, en travaillant du chapeau, que l'on accomplit les voyages les plus lointains qui soient, ceux qui vont dans des futurs troublants ou dans des passés rassurants.

 

 

***

 

Je lui enverrais bien un petit mot à la fée qui s’est penchée sur mon berceau, histoire de lui confirmer que j'ai bien vu du pays, que je compte bien en voir encore et que je la remercie.

 

Mais elle est repartie dans les limbes en même temps que la cigogne qui m'avait apporté à papa et maman. Elles n'ont pas laissé d'adresse où les joindre.

 

Comment ? Qu'est-ce que vous dites ? Les garçons naissent dans des choux et les filles dans des roses ? Première nouvelle ! Elle est bien bonne celle-là !

16 janvier 2024

Consigne d'écriture 2324-15 du 16 janvier 2024 : Logorallye informatico-médical

Logorallye informatico-médical

 

La vie est compliquée : dès qu’on a besoin de faire appel à la médecine ou à l’administration, il faut de plus en plus maîtriser l'usage du téléphone et de l’outil informatique. Racontez-nous vos derniers démêlés – ou ceux d’un personnage de fiction - avec ces deux corporations (médecins et bureaucrates) et avec ces deux instruments modernes.

Attention ! Toutes les dix minutes un mot parasite vous sera imposé par un·e des participant·e·s. En l'occurrence il vous faut insérer dans votre texte, obligatoirement dans cet ordre-là, tous les mots suivants :

âge - lundi - impro - tard - faon - tronche

AEV 2324-15 Consigne Doctolib

16 janvier 2024

Logorallye informatico-médical / Anne-Françoise

 

Je ne m’en suis pas rendu compte aussitôt mais, lorsque j’ai voulu scanner le QR code de mon certificat de vaccination, mon téléphone n’a pas été d’accord, signalant, si je me souviens bien, qu’il y avait un problème d’identification.  J’ai regardé le papier plus attentivement et j’ai vu que n’étaient indiqués ni mon nom ni mon prénom. Ma date de naissance était la bonne. Je gardais le même âge mais j’étais une autre femme qui s’appelait Françoise.

 

J’ai téléphoné au laboratoire d’analyses médicales, ai laissé passer quelques « pour prendre RV pour ceci, tapez 1, pour cela tapez 2… » et ai obtenu, ô victoire, une correspondante qui m’a dit que c’était bien ma carte vitale qui était passée, ce n’était donc pas la faute du labo. Il fallait voir avec la Sécu. J’ai appelé la Sécu et là, galère ! Si vous avez tel problème, tapez 1, pour tel autre, tapez 2, pour celui-ci, tapez 3, pour celui-là, tapez 4 et ainsi de suite jusqu’à 9 sans que ne paraisse MON problème… Même souci pour prendre rendez-vous, aucun motif parmi ceux énoncés… Et il fallait éventuellement se rendre disponible à un moment où je ne l’étais pas : style le lundi de 10 à 11 h.

 

J’ai dû passer outre et me suis donc pointée dans la longue file d’attente de la sécu. J’ai pris un ticket et mon mal en patience ! Au bout d’un temps certain, je suis arrivée au guichet et ai exposé mon souci (à travers l’hygiaphone qui n’offre pas des conditions de compréhension idéales !). La préposée m’a fait répéter plusieurs fois et m’a finalement proposé d’aller dans un petit bureau qui jouxtait l’accueil. Un autre préposé a repris sa place pour écluser le reste de la file d’attente. Après quelques vérifications rapides, ma correspondante a tenté cette impro : « Ah ben non, elle va très bien votre carte vitale. Il va falloir voir avec le labo. » Ce sur quoi j’ai rétorqué que c’est le même labo qui m’envoyait vers la sécu.

 

Heureusement pour moi, elle semblait sensible à ma tragique aventure et m’a proposé de joindre au téléphone un de ses responsables qu’elle pensait susceptible de résoudre mon problème. Evidemment qu’elle ne l’a pas eu ! Elle a retenté plusieurs fois son appel. Elle a finalement pris mes coordonnées mail et m’a dit qu’elle me tiendrait au courant des infos qui lui seraient communiquées. Je suis donc rentrée chez moi sans que rien n’ait été résolu.

 

Elle m’a envoyé un mail dans l’après-midi. Il n’y avait rien à faire du côté de la sécu. Si ma carte vitale était bien passée, c’est qu’il n’y avait pas de souci. Il fallait donc effectivement revoir le labo. Devinez ce que j’ai fait ? Je n’ai pas rappelé le labo. Je m’y suis arrêtée un mardi soir un peu tard avant d’aller à l’atelier d’écriture, espérant qu’il ne serait pas fermé et que je n’y passerais pas trop de temps.

 

J’ai soumis mes élucubrantes aventures à une secrétaire (qui aurait bien pu me renvoyer vers la sécu si je ne lui avais pas dit que j’en venais le matin même). Elle m’a dit ne pas savoir comment rectifier mes coordonnées erronées. Bon, ben, tout ça pour ça, me v’la bien avancée !

 

Elle a proposé de soumettre le fameux papier à la biologiste. Je n’ai pas bien vu le rapport avec les pipettes, les éprouvettes, les flacons et les seringues mais lui ai quand même laissé. J’en ai récupéré un nouveau quelques jours plus tard. Il y avait mon nom et mon prénom : victoire ! J’ai de nouveau tenté de scanner le précieux QR code… Et de nouveau, échec ! du moins, c’est ce que je croyais jusqu’à ce soir, car je viens de vérifier, l’examen paraît bien dans l’application anti-Covid ! Ah ben ça, c’est une surprise ! Me voilà ce soir comme un faon qui retrouverait sa mère après avoir entendu toute la journée les tirs des chasseurs résonner dans la forêt ! Ça me fait une belle jambe, une belle tronche, surtout que ces vaccins et tests n’ont maintenant plus aucune validité ! 

 

Si j’aurais su, j’aurais pas venu, ni au labo, ni à la sécu !

 

 

16 janvier 2024

Tracas et linotte / Anne J.

 

 

 

AEV 2324-15 Anne JJe m’efforce comme bien des gens de ma connaissance et de mon âge de fréquenter le moins possible le corps médical. On dirait que pour justifier le prix modique de leur consultation, ils s'obstinent à vous trouver des maladies, que vous avez sans doute depuis très longtemps et avec lesquelles vous vivez depuis presque toujours. Et à cause de cette découverte, vous serez obligés de revenir ou de faire un contrôle ou de suivre un traitement pour lequel vous devrez prendre rendez-vous un mois avant de préférence pour le renouvellement. Et mon expérience personnelle me fait constater que c'est pire avec les jeunes remplaçants pleins de fougue de leurs connaissances fraîchement acquises.

Je ne fréquente pas beaucoup les administrations ou les assurances et là aussi le moins possible mais j'ai récemment dû, un lundi, déclarer deux dégâts à mon assurance, qui me l'a d'ailleurs fait remarquer : 

AEV 2324-15 tempête- C’est votre deuxième sinistre cette année ! » , m'a dit la dame d 'un ton perfide. C'est compris, pas de troisième déclaration avant 2025. Mon premier tracas fut minime : un chapeau de cheminée et quelques tuiles que la tempête Ciaran avait arrachés. Là pas question d’impro : je déclare zéro tracas, zéro bla bla et remboursement sans discussion. A mon avis il y avait plus grave dans le quartier !

Le second fut un dégât des eaux dans ma cuisine mi-décembre. Le plancher de la cuisine, à l'origine collé sur le sol, était devenu flottant et on se serait cru sur une prairie détrempée ou sur le trottoir de bois d'un marécage. Si cela vous est déjà arrivé, vous savez que c'est un peu urgent de faire quelque chose !

- Désolée, m'a répondu la personne chargée de mon dossier, notre expert ne pourra pas passer avant le 29 décembre, il a beaucoup de travail.

Le 29 , tout était rentré dans l'ordre, mais il était trop tard, l'expert n'a à peu près rien vu , sauf les photos.

L'administration, je la fréquente en ce moment pour ma tante âgée pour qui on a demandé l'APA et je dois avouer que j'ai poussé un gros soupir en voyant la tonne de documents que doit fournir, pour toucher quelques centaines d'euros, une personne de 99 ans qui ne sait même pas où elle a mis ses sacs poubelles ! Alors les justificatifs d'emploi des personnes qui défilent chaque jour pour l'aider pendant ces six derniers mois , vous pensez bien ! Serais je assez mauvaise langue pour dire que c'est une façon de faire des économies à Bercy ?

Mais j'oubliais de vous raconter mes rapports assez tendus avec ma « linotte ». Je veux parler ici de mon GPS préféré et de ses caprices. Il n'est pas tout récent mais nous avons appris à nous connaître et malgré ses humeurs, je ne saurais m'en passer dans les villes inconnues ou sur les routes bretonnes mal signalées ou bien indiquées d'ailleurs mais où j'ai, dans le crépuscule de l’hiver, bien du mal à lire les pancartes.

AEV 2324-15 Anne JUn jour il a refusé tout bonnement de se mettre en route, je crois que c'était en plein centre de Bayeux. Pas de cartes, pas de pancartes, débrouille-toi !

Dimanche dernier sur la quatre voies neuve entre Pontivy et Loudéac, la voiture sur l'écran était en plein champ, entre deux routes et a indiqué pendant 20 kms « calcul en cours ». Croyez le si vous voulez , j'ai roulé sur la 4 voies , regardé les panneaux et évité biches et faons sur mon parcours.

Dans certains trajets elle choisit le plus court quitte à vous faire passer par de minuscules venelles qui sont presque des chemins pour les tracteurs.

Mais ce que je préfère c'est quand elle annonce sur une autoroute d'un ton sans appel : « Faites demi tour dans les plus brefs délais !». Alors là je lui fais la tronche !

Ben voyons, qui c'est qui commande ici ?

16 janvier 2024

Un Tournesol moderne / Jean-Paul

AEV 2324-15 JK Asklépios

Est-ce une question d'âge ? D'usure de la bécane ? De dépassement par une société et un environnement qui vont trop vite pour vous ?

Toujours est-il que moi qui suis en parfaite santé j'ai quand même hérité d'un médecin traitant. J’ai vraiment beaucoup de chance parce que toutes mes copines autour de moi ont perdu le leur !

J'ai même énormément de chance parce que ce monsieur Asklêpios et ses assistantes me bichonnent comme ce n'est pas permis ! Déjà on me soigne pour une hypertension artérielle alors que je ne souffre que d’iatrophobie. En plus je n’ai même pas besoin de chanter pour qu’on m’attribue un cachet. Sympas, les Grec·que·s !

***

Une fois par an mon généraliste m'envoie faire une saignée chez Monsieur Dracula qui tient le laboratoire médical de la rue Nosferatu. Une fois tous les trois ans il me demande d'aller faire un électrocardiogramme et une échographie chez Monsieur Lecoroner, le cardiologue de la rue Hortense Iomètre.

Que des braves gens eux aussi qui se décarcassent tous pour me démontrer que je ne suis pas venu les voir pour rien ! Le biologiste par exemple m’a décelé un pic protéinique anormal à surveiller et Le Coroner m'a diagnostiqué une aorte dilatée. C’est drôle, moi j’aurais plutôt pensée à la rate pour la dilatation !

***

AEV 2324-15 JK tensiomètreJe rends visite au généraliste tous les six mois, en juin et en décembre. Malgré sa gentillesse congénitale je stresse comme un malade quand j'ai trop bu et trop mangé et que je monte sur sa balance.

J'y suis allé le lundi avant Noël chez la cardiologue. Oui LA cardiologue parce que Monsieur Lecoroner a pris sa retraite et c'est Madame Vampirella qui le remplace. Elle s'appelle comme ça parce qu'elle avait envisagé d’abord de faire pharmacie mais finalement, n'écoutant que son bon cœur, elle a fait médecine et est devenue cardiologue. Très gentille elle aussi et très honnête : elle a trouvé l'électrocardiogramme normal, le cœur normal et l’aorte revenue à une dimension normale. Elle m'a quand même demandé de revenir dans 3 ans. C’est fou comme ces gens s’attachent à moi. Je dois avoir quelque chose de rassurant, quelque part !

AEV 2324-15 JK tensiomètre

Sur la lancée je m’en vais voir le généraliste pour renouveler mon ordonnance de comprimé. Cela faisait deux ans que je ne l'avais pas vu parce que les trois fois précédentes c'étaient ses remplaçant·e·s qui offici(n)aient. Il y en a même eu un qui ne m'a trouvé que 13-8 de tension : j'avais oublié de ressentir mon effet blouse blanche avec celui-là !

Heureusement avec le généraliste le tensiomètre à de nouveau explosé et quand il a repris mon dossier médical il a vu que sur la dernière analyse sanguine on n'avait pas surveillé mon pic d'Aneto où mon pic de la Mirandole alors il m'a fait une ordonnance pour que j'y retourne. J’y vais demain.

***

J'ai un ami Corse qui fait du théâtre d'impro. Il faudra que je lui suggère ce thème : « prendre un rendez-vous chez un médecin ». Je l'imagine très bien dans la scène, tombant sur le message enregistré du répondeur :

« Vous êtes bien au laboratoire Leminou - c'est là le vrai nom de M. Dracula -. Nous vous rappelons que vous pouvez prendre rendez-vous sur le site internet Doctolib.fr. Patientez, nous allons prendre votre appel ! ».

S’ensuit une musique instrumentale assez pourrie avec des claviers, une batterie, une mélodie entre musique d'ascenseur et improvisation de jazz comme j’en écoute le dimanche soir sur France Musique. L’émission s'appelle « Repassez-moi le standard ! ». C'est un peu ce qu'on a envie de dire à la musiquette au bout de 3 minutes 30 mais comme à la maison je suis tout sauf hypertendu et que, en revanche, je suis d'un naturel hyper-patient, j'ai tenu jusqu'à 5 minutes 30 avant de raccrocher. Je veux bien qu'on fasse poireauter Hercule mais il y a des limites quand même.

Peut-être que ça marchera mieux sur Internet ? Le téléphone reposé sur son socle je me connecte à Doctolib. Ça va : je n'ai pas à créer un compte car j'en ai déjà un. J'ai dû le mettre en place pendant le confinement de 2020 pour prendre mon rendez-vous afin de me faire vacciner. En plus j’ai de la chance : mon identifiant et mon mot de passe sont restés mémorisés. Sauf que Doctolib me demande de confirmer mon adresse et mon numéro de téléphone, qu'il m'envoie un code dans ma messagerie, que je dois le récupérer et le puis taper pour pouvoir utiliser son service de prise de rendez-vous.

Je m'exécute. « Je m’exécute », c’est la formule qui convient face au médecin et à la médecine : une fois qu'on a mis le doigt dans l'engrenage on ne peut plus le retirer, on ne peut plus que « s'exécuter ».

Et donc me voilà en train de taper « Laboratoire Leminou » et c'est là qu'arrive le gag final du sketch : la machine me dit « aucun résultat ».

- Attends ! Aaaattends, Machine ! Je suis allé sur le site du labo avant de téléphoner et c'était bien marqué « compatible Doctolib », non ?

Je reconsidère ma requête et là je n'en crois pas mes yeux ! Je me sens obligé de taper la touche impr(ime) écran syst(ème) pour garder trace du truc : ma demande « Laboratoire Leminou » est devenue « Psychothérapie assistée par un cheval » !

2024 01 16 Doctolib psychothérapie avec un cheval

Je n'aurais jamais dû regarder le documentaire sur Salvador Dali hier soir ! Depuis le surréalisme a envahi ma vie !

***

Je ne sais plus ce que je cherchais l'autre jour comme image de Walt Disney. Ah si, je me souviens : c'était une image de Bambi pour illustrer le poème sur le faon que j'ai écrit ici il y a quinze jours. J’ai constaté alors qu’ils avaient réalisé un Bambi 2. Moi aussi mon histoire a une deuxième jambe. Sans quoi elle ne tiendrait pas debout, vus avez raison !

J'ai fait la bêtise d’avouer ceci à mon généraliste qui m'interrogeait là dessus : « Mon épouse m'accuse parfois de devenir sourd .».

AEV 2324-15 JK 20190702_tournesol2sourd

Ce n'est pas parce que je me prénomme Tryphon et qu'elle-même parle souvent dans sa barbe qu'il faut m'accuser d'absurdité ou de surdité tout court ! Toujours est-il que j'ai hérité d’un deuxième rendez-vous à prendre chez un oto-rhino-laryngologiste.

Je m'y attelle sur la lancée. Vous imaginez la tronche du gars Tryphon en écoutant le répondeur ?

« Vous êtes bien au cabinet de Maryvonne Low-Erhel. Vous pouvez prendre rendez-vous sur la plate-forme Doctolib. Sinon le secrétariat est ouvert les semaines paires le mardi de 10h à 11h30 et de 16h30 à 18h et les semaines impaires le mercredi de 10h à 11h30 et de 16h30 à 18h. » C’est, à peu de choses près, ce que j'ai entendu. Il était 15h.

Je suis allé sur Doctolib. Tout s'est encore bien passé sauf que, malgré la promesse du répondeur il était écrit sur le site que le cabinet n'accordait plus de rendez-vous via Doctolib » !

J'ai repris le téléphone. J’ai réécouté le message, compris que j'avais appelé en dehors des heures de permanence. A 16h45 j'ai rappelé. Le message disait cette fois :

« Nous allons prendre votre appel. Nous vous rappelons que vous pouvez prendre rendez-vous sur Doctolib. Nous allons prendre votre appel. Nous vous rappelons que vous pouvez prendre rendez-vous sur Doctolib... »

Puis ils ont fait poireauter Hercule sept minutes et trente secondes avant de décrocher et là j'ai obtenu un rendez-vous pour un audiogramme... le 17 juillet à 10h30 ! Dans six mois !

Encore heureux que je ne suis pas malade et que j'entends bien des deux oreilles !

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