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L'Atelier d'écriture de Villejean

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12 mai 2026

Disparus / Laura

1

La brusquembille,
Mot qui meurs en ville,
Me rappelle mon idylle
Avec  les autres drilles

 

Je les ai attendus bredi-breda
Avec Ida
En regardant la Léda
De Vinci, mon dada

 

L'azédarac 
A été vu au bras de Balzac
Vêtu d'un frac
A Aurillac

 

J'ai pris une voiture
Pour chercher la baisure
J'ai roulé à toute allure
Sans repérer sa stature

 

Disparu, tu as disparu.
Disparu, tu as disparu[1]

 

Au coin de ta rue.
Je t´ai jamais revu.

 

2

J'avais dessiné sur le sable
Un  canezou remarquable
Puis d'autres mots plus aimables
L'ont emporté avec la capucinière

 

Je me suis assise près de l'arbre cispadan
Mais la clabauderie  a fichu le camp
Je l'ai cherchée dans les champs
Les bois et à Rouen

 

Et j'ai crié, crié : "Bandoline[2] !",
Pour revoir sa bobine;
J'en ai eu une angine.
J'aimais tant cette coquine

 

Sous l'azédarac
A Carnac
Je me suis retrouvée en vrac
Dans mon hamac

 

J'ai couru jusqu'à la devanture
De la boulangerie où une baisure
Avait perturbé la progéniture
Du boulanger à la forte carrure

 

Ses cheveux étaient gluants de bandoline
Alors j'ai crié Aline
Bredi-breda mais ma voisine
Avait disparu en sourdine

 

Quand nous jouions à la brusquembille
Comme une anguille
De sa chaise avec estampille
Elle est partie en vrille

 

Je revoyais son canezou 
Qui me donnait envie de bisous
J'ai crié ouh ouh
Vers la capucinière

 

Mais elle avait disparu
A l'horizon cispadan
Pour une clabauderie d'enfant
Me laissant face au néant

 

Disparu, tu as disparu.
Disparu, tu as disparu

 

Au coin de ta rue.
Je t´ai jamais revu.

 

[1] http://www.lauravanel-coytte.com/archive/2016/01/14/disparue-jean-pierre-mader-5744687.html

 

[2] Paroles Aline par Christophe - Paroles.net (lyrics)

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12 mai 2026

Récit de vie. 1 / Anne J.

 

Ce matin, je suis allée faire des courses et comme hier était un jour férié, il y a foule à la Biocoop près de chez moi. Parmi toutes les ménagères bobo qui peuplent le magasin, je croise quelques guenuches, ces femmes qui font des grimaces de singe devant l'étal de yaourts en ne sachant pas quoi choisir, elles ont oublié leur galactomètre, pour savoir si elles ont encore droit dans leur régime sans gluten ou sans lait à un pot de Skyr. Pour ma part je rejette d'emblée les farcineux, ces poulets mous élevés en batterie, lavés a l'eau de javel, venus de Thaïlande ou du Brésil et je jette un regard dégoûté sur les étanfiches. Ces poissons pêchés dans le Leguer et donc locaux me donnent des frissons, je suis définitivement devenue végétarienne et je préfère pour ce soir ma gargoussière au bord de la mer.

 

Ce soir au duriuscule, quand le soleil plongera dans la mer, après une interminable journée de pluie où je suis restée enfermée chez moi, je prendrai mes effondrilles, ces bâtons de marche spécial senior qui m'empêchent de m'effondrer ou de tituber dans les chemins pierreux et j'irais m’empiffrer d'un succulent tajine végétarien à la gargoussière des embruns sur la plage.

 

Très précieuses les effondrilles, car je me remets à peine de ma dernière glissade sur le pavé mouillé, je clabaude encore, j'ai échappé de peu à la bandoline du médecin qui voulait me mettre dans le plâtre pour trois semaines et je dois prendre mon azedarac pour dormir mais quelle idée aussi de prendre le canezou au lieu de la grande rue, un soir de pluie après une averse de grêlons !

 

A la gargote de la plage, les desserts ne sont pas super et bredi breda je chipoterai sur un crumble à la banane et en laisserai la moitié.

 

Demain il me faut aller dans ma capucionière pour m’entraîner au violon sans importuner mes voisins et préparer mon audition à l'élifoire de la semaine prochaine, une grande fête juive où on mange du chou farci et des succulents gâteaux au pavot.

 

J'irai danser gracioso, faluner des pétards et manger des esquimaux avec des amis qui auront trop bu et raconteront, falariques, des contes à dormir debout avant de partir au petit matin, pour l’esquinancie, pays de rêves brumeux de lendemain de brosses, la cuite québécoise au sirop d'érable !

 

 

12 mai 2026

Récit de vie. 2 / Anne J.

 

Traiter ses voisines de guenuche

Ne vous fait pas voir d’un bon œil

Et apostropher ses voisins en les appelant farcineux

Ne vous rend pas le voisinage aimable

Même si on mesure la complaisance au galactomètre.

 

Vu l’état du monde en ce moment

Je préfère ne pas remplir ma gargoussière

De petits plombs

Ou de falariques

J’aurais trop envie de faire une galimafrée

De tous ces politiques bavards et inefficaces.

 

 

Sous l’adézarac je cagnarderai,

Je siroterai les effondrilles

Au fond de ma tasse de thé vert

Pour éviter l’esquinancie

A faire des clabauderies.

Gracioso j’ôterai mon canezou

Et je m’endormirai

Dans la bonace,

Espérant - quelle naïve ! -

Le retour du soleil et de la fraternité.

 

Même pas en rêve !

12 mai 2026

La Bonace des ombres. 1 / Marie Sylvie

 

 

Dans la bonace du soir 

Un archifou s’avance

Flûte en main

Prêt à flûter le vent.  

 

Autour de lui

Les ombres marchent bredi-breda

Comme si le monde hésitait 

Entre rire et poussière.

 

Une guenuche surgit

Coiffée d’une fontange pâle

Et son pas gracioso fend la lumière.  

 

Dans sa gargoussière 

Elle porte des rêves effrités

Des effrondrilles de jours anciens  

Qu’elle offre à qui sait écouter.

 

Alors le ciel devient diaphanéité

Et l’on entend très loin

Le fanfan du matin qui recommence.

12 mai 2026

La Bonace des ombres. 2 / Marie Sylvie

 

 

(version avec sens respecté)

 

Dans la bonace du matin

La mer retenait son souffle

Si calme que l’on aurait pu y entendre le cri-cra  d’une feuille.  

 

Un archifou que l’on disait un peu duriuscule

S’amusait à flûter près du rivage

Tandis qu’un fanfan riait aux éclats

Laissant tomber dans le sable 

Quelques effondrilles de son goûter.

 

Plus loin une vieille gargoussière pendait à l’épaule d’un soldat

Et dans la lumière oblique

La diaphanéité de l’air faisait danser les poussières.  

 

Une jeune fille 

Coiffée d’une fontange 

Avançait doucement

Portant dans ses mains une petite figuline

Qu’elle avait façonnée au lever du jour.

 

Un marchand ambulant

Véritable gastrolâtre

Faisait festoyer les passants 

De restes de galimafrée

Racontant bredi-breda ses histoires fantasques.  

 

À ses pieds une guenuche apprivoisée  

Jouait avec un étoupillon

Tombé d’une pièce d’artillerie.

 

Alors dans ce tableau presque immobile

Quelque chose s’ouvrit 

Un Ébaudissement  simple

Comme si le monde

Pour un instant

Se souvenait de sa propre douceur.

 

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12 mai 2026

Mots disparus (2) / La Licorne

 

 

Je vais vous conter, si vous le voulez bien, ce qui m'est arrivé ces dix derniers jours. 

 

Mardi soir, j'ai mis mon plus beau canezou et ma jupe rouge fendue. J'ai mis aussi un peu de gel dans mes cheveux (j'évite toujours la bandoline et la brillantine car c'est dépilatif), puis, avec une barrette, j'ai fixé gracioso une fontange sur mon chignon. Ainsi parée, je suis partie à mon cours. Mes deux fanfans voulaient m'accompagner mais je leur ai fait comprendre que ce n'était pas le genre d'ébaudissement qui leur plairait. En plus, je n'ai pas envie de les vêtir comme moi : ils auraient l'air d'un fagotin et d'une guenuche.

 

J'ai donc préparé une bonne galimafrée pour mes deux petits gastrolâtres et, avant de partir, je les ai invités à cagnarder devant la télé ou à faire une partie de brusquembille. Ce n'était pas un programme archifou, c'était "bonace", mais comme je leur avais promis un ducaton s'ils étaient sages, au final, ça s'est plutôt bien passé. Quand je suis rentrée, ils s'étaient un peu estocadés, il y avait eu quelques clabauderies mais les figulines sur la cheminée, dieu merci, étaient intactes. 

 

Mercredi, j'ai emmené fiston à son cours d'équitation. Je suis restée pendant la leçon. Il m'a montré qu'il maîtrisait parfaitement la volte et la caracole. Il a du mérite car il a dû changer de monture : son cheval habituel est farcineux depuis la semaine dernière. 

 

Vendredi, ce fut ma choupinette qui fit des siennes. Elle s'est réveillée avec le teint pâle comme la porcelaine. Une diaphanéité qui n'augurait rien de bon. J'ai dû l'emmener bredi breda chez le médecin, qui a palpé sa gorge, a diagnostiqué une esquinancie, non contagieuse, heureusement.

 

Samedi midi, tonton Gérard est venu manger à la maison. Il est éleveur et agriculteur. On ne risque pas de l'oublier d'ailleurs car, pendant tout le repas, il ne nous a parlé que de ça. De son tout nouveau galactomètre, des effondrilles qui restent au fond des bouilles de lait si on ne les nettoie pas bien et même de la dernière façon de faluner qu'un voisin lui a enseignée. Rendue aphone à cause de son mal de gorge, la pauvre Choupinette le regardait, les yeux écarquillés, comme s'il avait parlé chinois. 

 

Dimanche, les enfants étaient ravis, on avait rendez-vous avec leur père et on est allés se promener dans la forêt tous les quatre. Stéphane leur a appris le nom des arbres. J'en ai découvert un que je ne connaissais pas : l"azedarac". Puis il leur a dit : "Regardez, je vais vous montrer quelque chose." Il a cassé une petite branche de sureau et, avec son couteau suisse,  en deux temps trois mouvements, il a fabriqué un petit sifflet pour chacun. "Ça s'appelle une clifoire", a-t-il dit. "Il sait tout, papa", ont dit les gamins, admiratifs. Sûrement. Mais qui c'est qui, le soir, les a entendu "flûter" jusqu'à des heures indues ? C'est moi. 

 

Ce mardi, on était invités à prendre l'apéro chez ma copine Marie. Elle, je l'aime bien. Mais son mari, lui, m'insupporte. Il est psychanalyste...et calembouriste. Un mélange détonant. 

Quand j'ai parlé de mes nouveaux cours du mardi, il a aussitôt évoqué l'une de ses clientes, atteinte de "dansomanie". 

" Elle danse jour et nuit, a-t-il confié, ce qui fait qu'elle est filiforme. Une silhouette éthiopique. Enfin, elle, elle ne s'en rend pas compte. Elle se trouve normale. Figurez-vous que l'autre jour, en séance, elle m'a sorti cette phrase incroyable : "Pour être dans les normes, il faut rester mince." 

A ce moment-là, il s'est arrêté et m'a regardé avec insistance. C'est là que j'ai compris que j'avais dû louper l'une de ses blagounettes.

"Tu n'as pas compris  ? 

Dans les normes : dans "l'énorme" ! Hihihi..."

Marie était morte de rire. Moi, j'ai fait semblant de trouver ça amusant et puis, prétextant un peu de fatigue, je suis rentrée le plus vite possible. 

La vérité, c'est que je sentais qu'à la dixième blague "vaseuse", j'allais répliquer par un trait incendiaire et malvenu. C'est ce que Stéphane appelait mon côté "falarique".

Et puis, le mardi soir, j'ai danse...et ça, c'est sacré !

 

Aujourd'hui, c'est vendredi.

Dix jours. Voilà. On y est. 

C'est la fin de mon petit decameron hexapole. 

Vous connaissez un peu plus mon quotidien maintenant.

 

Mais aujourd'hui, excusez-moi, j'ai mieux à faire que d'écrire ma vie dans un blog.

Ce soir, je vais festoyer avec mon débaucheur préféré. 

Vous ne voyez pas qui c'est ?

C'est... mon professeur de danse. 

Mais chuuuut ...ne dites rien à mes enfants. 

Promis ?

12 mai 2026

Mots disparus (1) / La Licorne

 

Un canezou, nommé Azedarac, falunait bredi breda au milieu des effondrilles et des brusquembilles, quand surgit tout à coup une jolie figuline répondant au nom de Fanfan. Elle caracolait gaiement d'exapole en exapole, accompagnée de sa fidèle guenuche et d'un duriuscule ducaton éthiopique. Après un moment d'ébaudissement, Azedarac aborda la Belle sans galimafrée et lui dit, d'un air bonace : 

 

- Je me rends dans ma capucinière à deux pas de là, accepteriez-vous de partager un en-cas avec moi ? Cela me ferait grand plaisir et vous pourriez vous reposer un peu.

 

Fanfan le regarda. Même s'il n'avait pas l'air d'un débaucheur, elle se méfiait un peu.

 

Avait-elle affaire à un gastrolâtre en esquinancie,  à un décaméron en mal de baisure, à un fagotin archifou ou à un jeune gracioso à bandoline ?

 

Elle le toisa d'un oeil dépilatif et pencha pour la dernière hypothèse. Pas besoin d'un galactomètre pour mesurer le degré de sincérité du jeune sieur, il émanait de lui une certaine diaphanéité qui inspirait confiance. 

 

Le soleil échauffant et cagnardant estocada définitivement ses hésitations. 

 

A côté d'elle, son petit ducaton remuait son étoupillon en cadence et sa guenuche lançait des "cric-crac" enthousiastes. Ils mouraient de soif... et elle aussi.  

 

Sans bégueulerie, elle flûterait bien un petit verre de fontange avec quelques étanfiches farcineuses et croustillantes.

 

Elle dit oui.  

 

 

12 mai 2026

Le Petit canezou rouge : conte / Jean-Paul

 

C’est l’histoire d’une gargoussière qui avait un fanfan, une fille, toujours vêtue de rouge, et dont la mother gastrolâtre habitait une exapole à l’autre bout de la forêt.

 

On était jeudi.

 

- Mon canezou, dit la gargoussière à son fanfan, plutôt que de te vautrer dans la folâtrerie tu vas aller porter des clifoires et un petit pot de falarique à ta mère-grand. Mais fais bien attention en cagnardant au milieu des azédaracs : il y a un méchant fagotin qui estocade les promeneurs pour leur piquer leurs ducatons. Alors vas-y bredi-breda voir Mémé dans sa capucinière.

 

Voilà donc le petit canezon rouge parti avec son petit panier empli des clifoires et du petit pot de falarique.

 

Quand elle passe devant la maison de brique des trois petits calembouristes elle tombe nez à nez avec le grand méchant fagotin.

 

 

- Eh ! Bonjour, ma baisure, qu’il lui fait comme ça. Quelle étanfiche t’amène en ces lieux ?

 

- Je vais chez ma meumé qui habite la sixième maison de l’exapole lui porter son quatre heures.

 

- C’est très bien mon lapin de se soucier des guenuches âgées ! Ne traîne pas en chemin, la nuit tombe vite, ces temps-ci.

 

- La nuit à deux heures de l’aprème ? T’es vraiment archifou, fagotin ! festoye-t-elle et elle se remet en route.

 

Le fagotin est dans l’ébaudissement : il va en estocader deux aujourd’hui, une guenuche génésiaque et un fanfan farcineux. Un vrai festin en perspective, sans bégueulerie ! Il monte sur sa bandoline électrique et, maintenant qu’il a l’adresse, il file vers le n° 6 de l’exapole. Il gare son engin et toque à l’huis.

 

- Qu’est-ce que c’est ?

 

- C’est le livreur Hubert. Votre bonace vous fait livrer de la clifoire et de la falarique.

 

- Ouvrez les effondrilles et le dépilatif cherra !

 

Le fagotin entre, il se jette sur la meumé et il la flûte.

 

Bien évidemment il a pris soin, devant de la boulotter, de lui enlever sa caracole et son étoupillon de nuit. Une fois qu’il a nettoyé le parquet des restes de sa galimafrée il enfile la caracole, se coiffe de l’étoupillon puis il se glisse dans le pageot et il attend.

 

Retardée par sa dansomanie chronique qui lui fournit gracioso de la dopamine et est très bonne pour sa diaphanéité, le canezou rouge arrive. Elle toque à l’huis, elle ouvre les effondrilles et le dépilatif choit.

 

- Salut, mère-grand ! Je viens t’apporter…

 

- Ne dis rien, je crois que j’ai deviné : une clifoire et de la falarique !

 

- Non, pas du tout : un cric-crac !

 

Le fanfan sort une brusquembille du panier et défouraille en plein dans le galactomètre du fagotin. Puis, avec une paire de figulines à bouts pointus, elle découpe le ventre du débaucheur et en fait sortir la grand-mère. Elles dépiautent ensuite le cispadan et le font cuire au décaméron, transformant ainsi en charcutaille le fagotin échauffant.

 

Enfin, comme chaque jeudi, ecclésiastiquement, ou comme à chaque match du Stade Rennais Football Club, elles se font une indigestion de clifoire-saucisse en regardant un documentaire animalier en replet sur Arte.

5 mai 2026

Consigne d'écriture AEV 2526-25 du mardi 5 mai 2026

 

Bretagne interdite 

 

L’animateur vous remet un choix de photographies tirées du programme des expositions 2026 de Bretagne musées, le réseau des musées bretons. Elles représentent des œuvres d’art, tableaux, sculptures, photos, objets.

 

Vous en choisissez une ou deux ou trois pour en tirer de l’inspiration pour un texte mais attention : il vous est interdit d’utiliser les mots suivants dans votre texte :

 

bateau – Bretagne - exposition – mer - musée – portrait

Consigne d'écriture AEV 2526-25 du mardi 5 mai 2026
Consigne d'écriture AEV 2526-25 du mardi 5 mai 2026
Consigne d'écriture AEV 2526-25 du mardi 5 mai 2026
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5 mai 2026

Papotages / Anne J.

 

 

- L'avantage, vois tu c'est que nous, nous pouvons parler tranquillement, le tricot ça occupe les mains mais ça n'empêche pas de papoter

- Pour sûr ! Et tu les trouves comment, les deux2 sonneurs là bas ?

- Où ?

- Sur la place, à coté du stand où les gamins attrapent des canards avec un crochet dans un bassin d'eau.

- Pas mal ! Je préfère le pantalon bleu, il a un regard plus doux .

- Oui, moi j'aime bien le pantalon brun, il est plus grand et se tient plus droit et puis le biniou c'est mieux que la bombarde.

- Question de goût ! Mais en gros ça fait du bruit tout pareil.

- Tu crois qu'ils nous voient ?

 

***

 

 

- T'as vu les deux filles là-bas sur le muret face à la mer ?

- Oui c'est Jeanne, la fille de Marie, et Maryvonne, la nièce du gros Fanch.

- Elles sont mignonnes, non, avec leurs coiffes du dimanche et leurs jolis tabliers noirs brodés ?

- Ne rêve pas mon gars, elles sont trop bien pour toi !

- Qu'est ce que t'en sais ? Allez jouons, à la pause on les invitera à danser.

 

***

 

- Regarde : au fond, y a un gars qui dessine, juste à coté de la buvette.

- Je ne le vois pas.

- Mais si ! Il a un chevalet et il crayonne, le chapeau de paille et la blouse pleine de peinture !

- Ah oui, un Parisien ! On va être dans les livres, alors ? Ou sur des tableaux à la salle de la mairie ?

- Et on deviendra célèbres ?

- Et on sera un sujet pour un atelier d'écriture ?

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