L'inconscient est un lac obscur. Par définition même, nous ne sommes pas concients de la composition des remous de ce lac.
Pourtant, au moins pour Freud et quelques autres, ce serait ce lac qui guide nos pulsions, qui est le réalisateur de nos rêves nocturnes.
On pourrait se demander ce qui l'a formé et de quoi il est composé : souvenirs d'enfance enfouis ? Séquelles d'éducation ? Incomplétude, manque d'amour ? Désir de se faire une place ? C'est bien compliqué, bien mouvant, bien refoulé.
Nous n'aurions donc pas notre libre arbitre, notre pouvoir de décision, de choix de chemins. Nous serions dirigés, poussés, malmenés par cet inconscient. Il nous ferait agir contre notre volonté, responsables de nos actes manqués et autres.
Nous n'avons pas le mode d'emploi pour le déverrouiller nous-mêmes, pour le mettre au grand jour et ainsi pouvoir, peut-être, agir en opposition à ce que ce puissant inconscient veut nous imposer.
Alors on peut conclure que celui-ci n'est finalement qu'un blanc inconnu sous clé stricte.
Je soussignée, Rose Nichon Née en 1920 à Trifouilly-les-Oies Certifie que mon déplacement est lié au motif suivant :
x déplacements pour effectuer des achats de première nécessité dans des établissements autorisés (liste sur gouvernement.fr)
J’ai rempli mon papier. Il faut bien que je mange, quand même ! A mon âge, on a encore de l’appétit. Je ne sais pas si notre petit Mammouth, comme on appelle l’épicerie chez nous, fait partie des établissements autorisés. Pas grave. Notre village, c’est pas comme à Paris, on n’a pas de gendarmes.
Qu’est-ce que c’est que ce Coranavirus ? On entend plus que ce mot à la radio et à la télé. Mon voisin parle de Covid 19. C’est plus chic, plus scientifique pour lui qu’est un peu snobinard !
Comme si on pouvait être snob à Trifouilly !
En plus, il n’arrête pas de me dire « Rosita, reste chez toi, lave-toi les mains, tousse dans ton coude, je peux te faire tes courses. »
Pour qui il se prend ? Il croit qu’il est jeune alors qu’il a presque 75 ans !
J’ai quand même pris ma canne et je suis partie dans le patelin pour acheter mon pain, des nouilles et du jambon. Eh bien, à l’épicerie, il y avait la queue jusqu’à l’église. Chacun prenait ses distances. Y’en avait des masqués qui disaient pas un mot, des tristes comme un bonnet. Grand silence dans les rangs, comme si en parlant ou en riant, le virus allait foncer sur nous.
Après 1h d’attente, j’ai pu rentrer dans l’épicerie avec 3 autres Trifouillais. On nous a prévenus : une baguette par personne, y’avait plus de nouilles alors j’ai pris le dernier paquet de riz et il n’y avait pas de jambon non plus, j’ai mis les 3 derniers oeufs dans mon panier. Comme j’aime bien la bière, je me suis pris 2 Corona. Y’en avait une étagère entière. Faut dire que personne se jette dessus à cause du nom.
Je suis rentrée chez moi sans croiser personne. Pas une voiture, pourtant j’aime bien quand elles s’arrêtent pour me laisser passer. Je prends mon temps, je me détourne et je lève ma canne pour les remercier, çà les calme ces gens si pressés.
C’est le printemps. Il y en a qui disent que c’est la fin du monde. Moi j’y crois pas. Il fait soleil, les arbres sont en fleurs. Sans le bruit des moteurs, on entend les oiseaux chanter. Bientôt je fêterai mes 100 ans. Pourvu que ça dure ! Vive la vie !
En ces temps de confinement, l’Atelier d’écriture de Villejean propose les colonnes de son blog pour lire, rire et même écrire.
Joyeux anniversaire, l’Atelier !
25 ans ! S’il n’était pas aussi discret, voire invisible, au sein de la Maison de quartier, l’Atelier d’écriture de Villejean pourrait fêter cette année ses vingt-cinq années d’existence.
Cela fait en effet un quart de siècle que des gens comme vous et moi se réunissent une fois par semaine, le mardi de 18 h 30 à 20 h 30, en salle Mandoline, pour découvrir ou retrouver le plaisir d’aligner les mots d’une drôle de «rédaction» hebdomadaire… mais pas seulement !
Car ici il n’y a pas d’instituteur qui corrige les copies, pas de notes, pas de jugement de valeur. On a même le droit de rendre copie blanche si le petit jeu proposé par l’animateur n’a pas inspiré l’écrivant ou l’écrivante. On a le droit d’être hors sujet, de délirer, de se lâcher, de raconter des tranches de vie, de composer des poèmes, d’inventer des chansons… mais pas seulement !
Vous voulez des exemples de ces consignes d’écritures données par Jean-Paul Legrand, l’animateur, ces derniers temps ? En voici :
- Cours, Kennedy, tout un monde est derrière toi ! Les Etats-Unis nous ont apporté plein de choses : le rock’n’roll, le chewing-gum, Walt Disney, la Harley-Davidson. Dressez-en la liste et classez les en trois colonnes (positif, négatif, indifférent puis racontez en détail votre relation personnelle avec un ou plusieurs de ces éléments (votre accoutumance au MacDo, votre détestation de Donald Trump, etc.)
- La généalogie tintinesque Sur les pages de garde des albums de Tintin figure une impressionnante galerie de portraits. Imaginez un instant qu’il s’agit de votre propre arbre généalogique. Racontez-nous votre oncle Albert, votre tante Marguerite qui se prenait pour une cantatrice d’opéra. Qui sont ces jumeaux à moustaches, ce marin barbu et tous les autres ?
- Encyclopédie farfelue des compagnons de votre enfance Expliquez aux plus jeunes qui étaient Zorro, Mary Poppins, François, Claude, Annie, Mick, Dagobert et les autres !
- Le jeu du post-it Posez des questions pour deviner l’identité dont on vous a gratifié.e
- Racontez la fin du monde avec humour ! Comment vivez-vous avec cette « attestation de déplacement dérogatoire » ?
Pas si secret que cela !
On imagine bien que de plancher sur de tels sujets n’engendre pas la mélancolie. Malgré sa discrétion qui relève plus de la timidité que d’autre chose l’atelier rend accessibles ses travaux de divagation littéraire.
Par le passé des expositions de textes joliment illustrés ont été présentées dans le hall de la MQV. Depuis 1993 le blog de l'atelierpermet de consulter les thèmes d’écriture et certains des textes écrits par les participants. En 2018, à l’occasion des dix ans de Mediapart à Rennes, l’atelier a même réalisé un journal consacré à certains aspects amusants du quartier de Villejean. On peut découvrir dans «Mon amant.e de Villejean » à qui appartiennent les baskets géantes du parc du Berry. On y apprend pourquoi les salles de la Maison de quartier sont désignées par des prénoms. Mais pas seulement !
Lauréat et lauréates du concours Encres d’automne
A force de pratiquer le logorallye, le cadavre exquis ou le lipogramme, les écrivant.e.s ont acquis une aisance d’expression et une maîtrise du récit court qui ont trouvé leur récompense à la bibliothèque de L’Hermitage. Depuis douze ans maintenant la médiathèque de cette commune à l’Ouest de Rennes organise le concours «Encres d’automne». Les membres de l’atelier y participent. Ils doivent rédiger un texte d’une page dans lequel ils insèrent quinze titres de romans récents acquis par la bibliothèque.
Jean-Paul a gagné un prix spécial du jury, Eliane a remporté ensuite le 1er prix, puis ce fut le tour de Dominique l’année suivante. Elle a ensuite gagné le deuxième prix. En 2018 le titre est revenu à Anne-Marie.
En 2019 Maryvonne a été sélectionnée parmi les douze textes retenus par le jury. Elle a eu droit à une belle lecture de son texte par le comédien Michel Monestes lors de la cérémonie de remise des prix.
Tout le monde attend avec impatience le palmarès 2020 !
Temporairement ouvert à toutes et à tous sur Internet !
Nous terminerons ce tour d’horizon en signalant que l’atelier ne recrute que peu de nouveaux membres. Ce monsieur et ces dames sont déjà une bonne douzaine, ce qui est le nombre idéal pour ce genre de rendez-vous. Mais pas seulement ! Cela permet aussi de couper en parts égales un gâteau d’anniversaire qu’on leur souhaite bon !
Compte-tenu du confinement généralisé, l’atelier ouvre temporairement les colonnes de son blog à qui veut bien tenter l’expérience par Internet. Une consigne paraît le mardi soir et vous avez une semaine pour pondre un texte, le taper et l’envoyer à jeanpaul.legrand [arobase] free.fr
Elle plongea sa plume dans l'encrier et inscrivit le mot « plage ». Des coquillages enluminèrent la page. Amusée, elle trempa de nouveau sa plume dans l'encrier et écrivit le mot « soleil ». Une multitude de parasols multicolores parsemèrent la plage.
C'était amusant. Elle allait tenter, avec un simple mot de mettre le décor en mouvement, elle écrivit le mot « vent ». Aussitôt les parasols se couchèrent ou prirent la poudre d'escampette. Des petits bonhommes en maillots de bain s'agitèrent en tous sens pour les rattraper, ils enfilèrent des tee-shirts, emplirent leurs sacs de plage de toutes les affaires éparses autour d'eux et rappelèrent leurs enfants. Le vent qu'elle avait écrit soufflait fort.
Elle ne voyait plus le temps passer, sa caméra intérieure bifurquait jusqu'à la promenade qui surplombait la grève, des Bigoudènes d'un âge respectable retenaient leurs coiffes à grand peine.
Pourquoi ne pas continuer sur cette voie ? Elle inscrivit le mot « tempête », de la houle se forma dans le port faisant dangereusement danser les bateaux qui tiraient sur leurs amarres.
Elle s'amusait beaucoup. Poussant plus loin dans le scénario catastrophe, elle inscrivit « chalutier ». Elle se trouva immédiatement au milieu des marins. Ils étaient vêtus de cirés jaunes et de bottes. Ils l'aidèrent à enfiler le même uniforme. Elle recevait des paquets de mer et tentait tant bien que mal de conserver son équilibre sur le pont de ce bateau qui roulait d'un bord sur l'autre, tandis que le capitaine maniait la barre au mieux pour négocier les vagues. C'était pénible, elle avait froid, alors sur le cahier elle écrivit « calme ».
Aussitôt la mer se calma, le soleil réapparut et elle fut miraculeusement transportée sur un chemin de campagne. Le décor était bucolique, les oiseaux pépiaient, se répondant à l'envie, des vaches placides la regardaient passer en ruminant consciencieusement, un petit ruisseau chantait. Elle longea un moment le cours d'eau, elle était envahie d'une grande paix. Mais le sujet s'épuisait, elle écrivit « ville ».
Une place se dessina, au milieu une fontaine, autour des maisons à colombages, des rues pavées, des boutiques. Des passants pressés et d'autres musardant. Sur le dessin le soleil brillait toujours, alors elle inscrivit « été ».
Les gens sur la place changèrent d'allure, se parèrent de robes légères, de bermudas, de sandales et de lunettes de soleil. Des enfants s'éclaboussaient avec l'eau de la fontaine pendant que leurs grand- parents se reposaient sur des bancs à l'ombre des tilleuls.
Cette place lui rappelait celle où elle avait passé son enfance. Mais ensuite elle avait grandi. Sa plume traça « boite de nuit », elle se retrouva dans un lieu plutôt sombre et bruyant : musique disco, lumières psychédéliques, boissons colorées dans lesquelles des glaçons tintaient contre le verre. Lumière noire intermittente. Des garçons la serraient de près qu'elle repoussait autant qu'elle le pouvait. Soudain elle se sentit épuisée, alors elle écrivit « maison » et se retrouva dans sa réalité, dans son salon douillet. Sur le bureau, un cahier avec des mots sans suite. Elle sourit.
Je veux écriper ce poème A toutes les femmes qu'on berçoit Pendant quelques instants secrets, A celles qu'on gourdit à peine, Qu'un destin différent vitchaille Et qu'on ne scrafougne jamais.
A celles qu'on voit flagir Une seconde à sa fenêtre Et qui, preste, se pirpure Mais dont la svelte silhouette Est si gracieuse et fluette Qu'on en huspende épanoui.
A la compagne de voyage Dont les yeux, charmant paysage, Font lologer court le chemin, Qu'on est seul peut-être à épurler Et qu'on laisse pourtant huspendre Sans avoir crascatué la main.
A celles qui sont déjà prises Et qui, verniflant des heures grises, Près d'un être trop différent Vous ont, inutile folie Laissé hurlir la mélancolie D'un avenir désespérant.
Chères images aperçues, Espérance d'un jour déçues, Vous serez dans l'oubli demain ; Pour peu que le bonheur trochoie, Il est rare qu'on se crafouille Des épisodes du chemin.
Mais si on a sisseli sa vie On violonne avec un peu d'envie A tous ces bonheurs entrevus, Aux cœurs qui doivent vous perspendre, Aux baisers qu'on osa pas haraspendre, Aux yeux qu'on n'a jamais verniflé.
Alors aux soirs de lassitude, Tout en trochant sa solitude Des fantômes du souvenir, On cagnasse les lèvres absentes De toutes les belles passantes Que l'on n'a pas su crascurlir.
Monsieur et Madame Valentin, selon les informations en notre possession, votre forfait "je t'aime" est dépassé.
Nous vous proposons de le renouveler par le biais d'un voyage à Venise mais nous hésitons car vous ne faites rien comme tout le monde, M. et Mme Valentin.
Vous avez attendu 10 ans pour effectuer dans cette cité symbolique un voyage de noces au cours duquel vous n'avez même pas sacrifié au rite de la ritournelle en gondole.
Vous avez préféré parcourir un nombre de kilomètres insensé dans la ville sans même avoir pris soin de vous équiper de chaussures de randonnée !
Vous n'avez pas attendu les 10 ans réglementaires pour y retourner : quatre ans après vous remettiez le couvert et l'année suivante, refais-le me le, encore, encore oh oui c'est bon et puis plus rien !
Nous voulions également vous suggérer l'option triplette de Belleville qui consiste en un stage de trekking au Népal. Bien que nous vous sachions assez adeptes de l'humour noir, nous avons récemment remplacé dans notre catalogue "J' voudrais finir ma vie à Katmandou" par "J' voudrais finir ma vie au Lavandou". Mais l'azur peut-il avoir la cote auprès de gens qui ne rechignent pas à aller marcher sous la pluie pendant quatre jours dans des coins perdus de la Manche dont même le bathyscaphe, plongé dans les profondeurs sous-marines d'océans abyssaux, n'a pas idée : Heugueville-sur-Sienne, Hauteville-sur-Mer plage, la Vendelée ou il n'y a même pas de Glolobe challenlenge !
Nous avons qui plus est découvert que votre forfait "je t'aime" n'était pas valable et ce depuis l'origine ! Il manque au document original émanant de la mairie de Redon la signature réglementaire des deux témoins !
C'est pourquoi l'alternative est désormais la suivante :
- ou bien nous vous dénonçons aux autorités en tant que couple déviant sans feu ni lieu ni foi ni loi - ou bien vous déchirez la présente lettre de rappel et continuez de cohabiter comme bon vous semble mais c'est à vos risques et périls surtout depuis le vote de la loi sécurité et le catalogage des citoyens en fonction de leur prénom.
Si vous trouvez le moyen d'inventer ou d'ajouter un troisième terme à cette alternative, nous déclarerons forfait nous aussi.
***
C'est bien simple, quand j'ai vu la médaille "Aujourd'hui plus qu'hier et bien moins que demain" j'ai mis l'enveloppe et le prospectus de la NSA qu'elle contenait à la poubelle !
Elle était née avec une toute petite clé dans la main. Personne ne savait à quoi elle pouvait servir. Papa n'était pas serrurier, maman n'était pas musicienne. Alors on s'interrogeait. Qu'est-ce que ça voulait dire ?
Il était né avec une cartouche de fusil dans la main. Personne ne savait à quoi elle pouvait servir. Papa n'était pas chasseur, maman ne sniffait pas de poudre. Alors on s'interrogeait. Qu'est-ce que ça voulait dire ?
Un jour quand elle a été grande elle a pris la clé des champs.
Un jour quand il a été grand il a pris la poudre d'escampette.
Alors papa et maman ont cessé de s'interroger.
Peut-être que tout cela ne voulait rien dire.
Alors ils n'ont plus rien dit.
Et j'ai mis un point final Sur cette histoire banale.
JE, TU, IL, ELLE et MOI, on en a marre de se taper tout le boulot tandis que d'autres mots bien planqués dans le dico bossent une fois tous les 36 du mois. Bathyscaphe, par exemple, ça fait combien de temps qu'il est plongé dans un profond sommeil ?
Et coelacanthe, ça l'emmerderait de refaire surface un peu au lieu de lire à la lueur du lanterneau du bathyscaphe les oeuvres des philosophes jumeaux, Emmanuel et Friedrich ? Car l'un ne va pas sans l'autre : coelacanthe et coelaNietzsche.
Mais ce n'est pas la peine de s'énerver. Il y en a qui sont tellement enfouis dans la malle au grenier de l'Académie qu'ils ne sortiront plus des siècles passés dans lesquels ils sont nés. Seuls les férus d'histoire ancienne et les auteurs de polars moyenâgeux vous reparleront encore du hennin qui a roulé à trois pas du cadavre de la victime, du hanap encore chaud qui fleure le poison italien, de Soeur Anne ensanglantée qui n'a pu monter jusqu'à la tour et se cramponne d'une main au mâchicoulis tandis que le soudard monte dans l'escalier en brandissant sa colichemarde ! Vieux fainéants, va !
Plus personne ne dit à Riquet le houppé, au foutraque foutriquet ou au pâle paltoquet de fermer leur clapet mais on aimerait bien le matin que le conducteur du bus numéro 11 éteigne sa radio pourrie, nous épargnant ainsi les calembredaines vulgaires et les coquecigrues de caniveau de l'animateur de Virgin radio. Sa chronique stupide s'appelle "vos blagues de ouf" et ça les fait tous hurler de rire, ces adulescents post-boutonneux, de commencer le jour par des plaisanteries grasses dans leur studio si parigot. Même moi qui apprécie toutes les formes d'humour j'ai du mal à trouver là matière à rire.
Allons ! Balayons nos aigreurs, contemplons le flacon encore à moitié plein, réveillons cette feignasse de sous-ventrière qu'on a failli se faire péter à la Taverne de Coutances, réjouissons nous de trouver refuge sur cette île flottante et cessons de raconter des salades normandes : réchauffement climatique, réchauffement climatique... A voir ce qui tombe de pluie et de tranquillité dans le Cotentin avant qu'on ne jazze sous les pommiers ne ferions-nous pas mieux de penser que la vie est toujours bien épastrouillante ?
Quelle foule ici ! Vous y admirerez des dames aux chapeaux étranges, aux tailles si minces, si étroites, aux airs si originaux, si étonnants de dignité que vous verrez en elles les grands papillons de la noblesse. La perspective de leurs sourires est un souffle extraordinaire qui s'élève dans les nuées jusqu'à l'amirauté et qui dresse sur le toit de l'opéra les personnages d'une mythologie unique, propre à briser le coeur du plus brutal des cavaliers.
Toutes les muses assemblées autour d'Apollon écoutent respectueusement des airs d'une musique-Champagne. Le seul Can Can de l'"Orphée aux Enfers" d'Offenbach serait capable à lui seul de faire danser la multitude, manches retroussées, robes tournantes, à la volette, jambes déliées, déjetées bien haut en vue d'éblouir d'élégance les représentants du sexe opposé.
Mais non, je rêve, les gens de Rennes demeurent comme toujours un peu "manches". Et pourtant, Seigneur Dieu, j’ai pour ma part le sentiment que les deux orchestres de Hollande, descendus des polders, et l'Orchestre de vents d'Orgères produisent deux heures durant un hommage de taille à des morceaux classiques de France. Quelle belle rencontre ! Les variations sur "Au clair de la lune" sont à ravir et font naître des sourires, l'interprétation de "La vie en rose" est exquise. Avec "C'est si bon" l'orchestre d'harmonie prend les caractères d'un jazz-band américain. Même la chanson "Les feuilles mortes"- c'était ta perforée je crois quand tu poinçonnais aux Lilas qu’elle est de Prévert et Cosma - chasse tous les scarabées et cafards nés du début de mai sous la pluie.
Je salue pour ma part les choix originaux opérés parmi les oeuvres de ce siècle où j'ai grandi. "Une belle histoire" nous porte de là-haut dans le brouillard jusque dans le Midi mais aujourd'hui il est ici le Midi, sur la place de la Mairie de Rennes. Le Mistral fait flotter les trois raies rouge-blanc-bleu du drapeau néerlandais aux côtés de celles du drapeau français. Les cigales se sont tues pour écouter les vents. Extrait des lettres du MOULIN l'INOUI nous emmène LOIN. Clarinette devient le nom de la chèvre de M. Bassonguin. Il y a de hauts bois au coeur de la ville et s'il semble - ô terreur - que le sexe est aphone c'est que le sax était faune et que le sous-préfet fait la sieste dans la niche où l'on expose plus de statues de peur qu'elles n'explosent. Car elles ne sont pas minces non plus, les Pagnolades par ici.
Brusquement, sur la fin, ma discrétion jusque-là maintenue serrée au plus près part en flèche et je m'en vais photographier sans honte, dans le pavillon du tuba, cet opéra brisé qui ne touche plus terre, cette grue en col de bouteille, ce lampadaire torsadé qui illumine d'une perspective d'été précoce ce coin si agréable de la place de la Mairie où trois orchestres d'harmonie ont fait résonner ce soir les trompettes de mon enthousiasme.
Quelle foule ici ! Vous y admirerez des dames aux chapeaux étranges, aux tailles si minces, si étroites, aux airs si originaux, si étonnants de dignité que vous verrez en elles les grands papillons de la noblesse. La perspective de leurs sourires est un souffle extraordinaire qui s'élève dans les nuées jusqu'à l'amirauté et qui dresse sur le toit de l'opéra les personnages d'une mythologie unique, propre à briser le coeur du plus brutal des cavaliers.
Toutes les muses assemblées autour d'Apollon écoutent respectueusement des airs d'une musique-Champagne. Le seul Can Can de l'"Orphée aux Enfers" d'Offenbach serait capable à lui seul de faire danser la multitude, manches retroussées, robes tournantes, à la volette, jambes déliées, déjetées bien haut en vue d'éblouir d'élégance les représentants du sexe opposé.
Mais non, je rêve, les gens de Rennes demeurent comme toujours un peu "manches". Et pourtant, Seigneur Dieu, j’ai pour ma part le sentiment que les deux orchestres de Hollande, descendus des polders, et l'Orchestre de vents d'Orgères produisent deux heures durant un hommage de taille à des morceaux classiques de France. Quelle belle rencontre ! Les variations sur "Au clair de la lune" sont à ravir et font naître des sourires, l'interprétation de "La vie en rose" est exquise. Avec "C'est si bon" l'orchestre d'harmonie prend les caractères d'un jazz-band américain. Même la chanson "Les feuilles mortes"- c'était ta perforée je crois quand tu poinçonnais aux Lilas qu’elle est de Prévert et Cosma - chasse tous les scarabées et cafards nés du début de mai sous la pluie.
Je salue pour ma part les choix originaux opérés parmi les oeuvres de ce siècle où j'ai grandi. "Une belle histoire" nous porte de là-haut dans le brouillard jusque dans le Midi mais aujourd'hui il est ici le Midi, sur la place de la Mairie de Rennes. Le Mistral fait flotter les trois raies rouge-blanc-bleu du drapeau néerlandais aux côtés de celles du drapeau français. Les cigales se sont tues pour écouter les vents. Extrait des lettres du MOULIN l'INOUI nous emmène LOIN. Clarinette devient le nom de la chèvre de M. Bassonguin. Il y a de hauts bois au coeur de la ville et s'il semble - ô terreur - que le sexe est aphone c'est que le sax était faune et que le sous-préfet fait la sieste dans la niche où l'on expose plus de statues de peur qu'elles n'explosent. Car elles ne sont pas minces non plus, les Pagnolades par ici.
Brusquement, sur la fin, ma discrétion jusque-là maintenue serrée au plus près part en flèche et je m'en vais photographier sans honte, dans le pavillon du tuba, cet opéra brisé qui ne touche plus terre, cette grue en col de bouteille, ce lampadaire torsadé qui illumine d'une perspective d'été précoce ce coin si agréable de la place de la Mairie où trois orchestres d'harmonie ont fait résonner ce soir les trompettes de mon enthousiasme.
A partir de l’aquarelle de Roger Morel qui vous a été distribuée, dressez la liste de ce que vous considérez comme les valeurs sacrées de la Bretagne. Il peut s’agir de lieux, d’objets, de symboles, de traditions, de gastronomie.
Dans un deuxième temps, vous déclinerez vos choix sous forme d’une entrée dans un dictionnaire des saints bretons modernes. Epuisette deviendra Sainte Epuisette, Gilles Servat deviendra Saint-Gilles Servat, etc.
Dans un troisième temps, vous développerez avec des souvenirs ou des ressentis personnels, de manière plutôt humoristique, ce que ces valeurs sacrées vous inspirent. Remplir au minimum trois entrées de ce dictionnaire collectif.
Exemples : Saint Café du port, Saint Fest-Noz, Sainte Galette-saucisse, Sainte Gigouillette, Saint Putiphar d’Eckmühl, Sainte ville-close de Concarneau, Sainte Bécassine, Saint Menhir de Carnac, Saint Alan Stivell, etc.
A VENDRE : Paire de jambières élastiques permettant de réellement prendre les jambes à son cou en cas de danger. Recommandé aux personnes un poil trouillardes. Référence : Pétoche 0
A VENDRE : Paire d’oreilles décollées permettant de dormir dessus. Recommandé pour personnes insomniaques. Référence : Zzzzzzz 666
CEDE : Journée pourrie. Le lot est constitué : - D’un écoeurement devant l’impudeur avec laquelle M. Emmanuel Carrère raconte la vie d’Edouard Limonov - et la sienne ! - dans "Limonov" et, de ce fait, d’une chute des mains dudit ouvrage. - D’une insomnie à 3 heures du matin que la lecture de l‘anthologie « Les belles étrangères : douze écrivains russes" n’égaiera pas. - D’une réunion de « brainstorming » à laquelle assistent dix personnes. Les animateurs en sont deux technophiles un peu sourds qui n’écoutent qu’eux-mêmes. Mais c’est normal : il parait que le niveau de masturbation intellectuelle auquel on est rendu dans certaines entreprises françaises aurait des effets néfastes sur l’audition de certaines personnes. - D’un bus C4 du réseau du STAR rennais. Prévu pour passer toutes les 8 minutes à votre arrêt, le véhicule stationne 16 minutes place de la République dès qu’un rigolo tire le signal d’alarme du métro et dès que vous devez arriver à 18 h 30 à votre rendez-vous en salle Mandoline. - D’une poubelle coulissante nouvellement rangée dans le placard de votre cuisine. Ce dernier élément vous est offert gratuitement par Mme Bricoflex qui avait déjà par trois fois, ces derniers quinze jours, changé la place de la boîte à ordures dans votre logement. Référence : TOC 35 0411
(Photographié place de la République à Rennes le 8 novembre 2014)
A VENDRE : important lot de ferraille constitué de poutrelles métalliques assemblées par des vis et des boulons. Un système ingénieux d’escaliers, d’ascenseurs, de restaurants, d’émetteurs de télévision et de billetterie permet aux visiteurs éventuels de s’élever de beaucoup au-dessus du niveau intellectuel d’une émission matutinale de la radio Chérie FM et de 315 m. au-dessus du Champ de Mars. Mise à prix de départ : 315 000 € soit 1000 € le mètre. Faire les offres à M. Gustave qui transmettra. Référence : F.L. 75
ECHANGERAIS : royaume contre cheval, idées contre chemise, fusil contre épaule, correspondance avec gens plus ou moins timbrés. Référence : Sévigné 35 MSE
A VENDRES : Port Référence : Pyrénées Orientales 66660
A VENDRE : magnifique portrait ovale représentant une jeune fille en robe rose, coiffée de macarons, qui a l’air de se demander pourquoi le Couesnon en sa folie mit le Mont en Normandie, pourquoi on lui a fait cadeau d’une journée pourrie, comment on peut aimer Paris sans être jamais monté sur la Tour Eiffel et ce qu’elle va bien pouvoir vivre comme existence passionnante au château de Linières à Saint-André Goule d’Oie, en Vendée, coincée dans cette famille ultra-bourgeoise, entre une mère intello, écolo et bricolo, un beau-père politicien, un mari un poil goujat et un oncle plus incarné encore que le petit Marcel, son fiston, qui se couche de bonne heure et qui, tremblez, mortels, écrit de la poésie !
Photographié Place de la République à Rennes le 8 novembre 2014
L'animatrice propose sept débuts de roman. On en choisira un et on l'utilisera comme début de son propre texte.
KoboAbé – Rendez-vous secret
Sexe Masculin Nom Néant Numéro de code M-73F Age 32 ans Taille 1,76 m Poids 59 kg En apparence, maigre constitution, mais musclé. En raison d'une myopie moyenne des deux yeux, port de lentilles de contact. Cheveux légèrement bouclés. À la commissure gauche des lèvres, cicatrice à peine visible (séquelle d'une rixe d’étudiants, semble-t-il, quoique le sujet possède un caractère particulièrement doux). Fume moins de dix cigarettes par jour. Doué pour le patin à roulettes. A eu l'occasion de poser nu comme modèle. Actuellement employé par la société d’articles de sport Comète. Chef du service promotion des « chaussures de saut» (chaussures de sport dont la semelle est rembourrée avec une matière élastique spéciale : ressort en bulles d'air). Goût particulier : travaux manuels. En dernière année d'école primaire, a reçu la médaille de bronze à un concours d'inventions interscolaire organisé par le journal.
René Barjavel - La faim du tigre
Jamais je ne m'habituerai au printemps. Année après année, il me surprend et m'émerveille. L'âge n'y peut rien, ni l'accumulation des doutes et des amertumes. Dès que le marronnier allume ses cierges et met ses oiseaux à chanter, mon coeur gonfle à l'image des bourgeons. Et me voilà de nouveau sûr que tout est juste et bien, que seule notre maladresse a provoqué l'hiver et que cette fois-ci nous ne laisserons pas fuir l'avril et le mai.
Emil Ajar - Gros Câlin
Je vais entrer ici dans le vif du sujet, sans autre forme de procès. L'Assistant, au Jardin d'Acclimatation, qui s'intéresse aux pythons, m'avait dit : - Je vous encourage fermement à continuer, Cousin. Mettez tout cela par écrit, sans rien cacher, car rien n'est plus émouvant que l'expérience vécue et l'observation directe. Evitez surtout toute littérature, car le sujet en vaut la peine.
Nicolas Bouvier - Le poisson-scorpion
Le soleil et moi étions levés depuis longtemps quand je me souvins que c'était le jour de mon anniversaire, et du melon acheté dans le dernier bazar traversé la veille au soir. Je m'en fis cadeau, le curai jusqu'à l'écorce et débarbouillai mon visage poisseux avec le fond de thé qui restait dans ma gourde.
Marie Darieussecq - Truismes
Je sais à quel point cette histoire pourra semer de trouble et d'angoisse, à quel point elle perturbera de gens. Je me doute que l'éditeur qui acceptera de prendre en charge ce manuscrit s'exposera à d'infinis ennuis. La prison ne lui sera sans doute pas épargnée, et je tiens à lui demander tout de suite pardon pour le dérangement. Mais il faut que j'écrive ce livre sans plus tarder, parce que si on me retrouve dans l'état où je suis maintenant, personne ne voudra ni m'écouter ni me croire.
Eugène Ionesco - Le solitaire
À trente-cinq ans il est temps de se retirer de la course. Si course il y a. J'en avais par-dessus la tête de mon emploi. Il était déjà tard, je n'avais pas loin de quarante ans. Je serais mort d'ennui et de tristesse si je n'avais pas fait cet héritage inattendu. C'est bien rare, mais il y a encore des oncles d'Amérique, à moins que le mien ne fût le dernier. En tout cas, aucun des collègues de la petite entreprise n'avait un père, un cousin ou un oncle américain. Ils s'en montrèrent jaloux : imaginez-vous, ne plus avoir besoin de travailler !
Philip K. Dick - En attendant l'année dernière
De l'édifice familier en forme d'aptéryx, s'irradiait comme à l'accoutumée une luminescence grise et vaporeuse. Eric Sweetscent replia son mobilo et réussit à le ranger dans le box minuscule qui lui était affecté. Huit heures du matin, songeait-il avec accablement- Déjà, son patron Virgil L. Ackerman avait ouvert les bureaux de la F.C.T. Penser que c'était à huit heures du matin que le cerveau de cet homme fonctionnait avec le plus de lucidité ! Voilà qui est en contradiction formelle avec les commandements clairement exprimés par Dieu, songeait le docteur Sweetscent. Le joli monde qu'ils nous fabriquent là ! La guerre excuse tous les égarements humains, y compris ceux du vieux.
L'animateur distribue à chaque participant un numéro d'une revue de cinéma, Ciné live.
1) A la rubrique "Dans les salles" plusieurs films sont analysés et critiqués sur une même page. Il est demandé d'écrire , pour chaque page, une phrase dans laquelle deux ou trois titres sont insérés.
Par exemple :
Passion - La coccinelle revient - La cloche a sonné
Quand la cloche a sonné la cocinelle revient goûter aux fruits de la passion
On constitue ainsi une réserve de six ou sept phrases
2) Sous les photos qui illustrent ces critiques de films, il y a une légende qui ressemble fort aux calembours du "Canard enchaîné".
Par exemple : Haut les mains, peau de catin - Batman biguine - Jamie sans bouillir
On note celles qui nous semblent amusantes
3) A partir de ces éléments, écrivez ce que vous voulez en essayant d'insérer vos phrases et les légendes que vous avez notées.
Je bois la tasse Dans la mer des Sargasses. Sur la plage le molosse La charogne désosse. Je suis lasse, Rêve que je me prélasse Comme une princesse Tout en délicatesse.
Sur le trottoir le gosse Craint la fée Carabosse Il a une frousse Apparente sur sa frimousse Mais Carabosse est partie en Ecosse
Sur les arbres, du printemps les prémices ; Normal que le poète s'en réjouisse La sève éveille son désir pour Luce Sans que vain son espoir ne fusse Car c'est la plus belle des gonzesses.
Sur le navire craquant se démène le mousse Il bande ses muscles, tire, pousse C'est un petit bonhomme tenace Capitaine lui tend sa besace Protégée des paquets de mer par une housse.
Des mousquetaires, le plus beau est Aramis Il en pince pour Euridyce Pour elle, mille largesses Bien que l'intérêt ce soit ses fesses Et peut-être la finesse de ses cuisses.
Il attend l'instant propice Pour que des preuves il fournisse Le sourire sur sa frimousse Les doigts sur sa peau douce Et qu'enfin il se réjouisse
Mais la belle le délaisse Lui préfère une gonzesse Lui offre des réglisses Ne sait que faire pour que le philtre agisse Baisse les bras devant cette diablesse.
Le molosse tenu en laisse Par Diane Chasseresse Contre le réverbère pisse Ses poils se hérissent Devant le passage de la petite chienne Nénesse
Diane constate dans l'installation un vice Menace d'appeler la police Mais rien ne trouble Saragosse Le beau gosse Il continue de griller sa saucisse.
Tout lasse Tout passe Plus de prémices Tout agace Plus de promesses Rien qui naisse Rien qui réjouisse Tout qui hérisse Les bras je baisse
Je dis « pouce » Demande une peau douce De thé, une tasse, Ces idées chasse : « Pouce ! » De la délicatesse, Des largesses, Un peu de mousse, De vanille une gousse Et me sentir princesse.
- Choisir deux photos parmi celles qui illustrent un calendrier collaboratif de 2011 et un autre de 2012 ; - Chercher cinq mots dans lesquels on trouve cinq voyelles différentes (ou quatre) ; - Les mots trouvés par chacun sont mis en commun ; - On écrit ensuite un texte pour illustrer une des deux ou les deux photos choisies. On doit y insérer au moins dix des mots de la liste complète.
Réveillé de bonne heure par le chant des oiseaux, Marcel regarde par la fenêtre de sa mansarde. Des nuages rouges annoncent une belle journée de printemps.
Peignoir sur le dos, il s’installe à son bureau où stylo, cahier et buvard sont prêts pour recueillir ses cogitations de la nuit souvent fructueuses.
Rien, aucune idée. Il n’est pas dans son assiette ! Qu’importe, il va commencer sa matinée par une promenade, ensuite il prendra son petit déjeuner en écoutant le Barbier de Séville, cet air d’opéra qui le met en joie.
Manteau, brodequins et c’est parti pour un petit tour dans Paris.
Devant l’école, il entend les enfants chanter en chœur la table de multiplication. 3 fois 2, 6 - 3 fois 3, 9. Répétez dit le maître.
Quelques mots à Joseph en passant devant la forge. Un véritable artiste ce Joseph ! Ils se retrouvent de temps en temps au bistrot et refont le monde devant une pression.
Place de la poste, le facteur a déjà trié son courrier. Sa tournée est commencée. Il l’apostrophe en passant près de lui : « Alors, l’écrivain, à la recherche des mots perdus ? ». Il ne croit pas si bien dire.
A ce moment il doit prendre une option : revenir chez lui par le quai de Conti ou continuer dans les rues qui s’animent.
Il va longer le quai, tranquille à cette heure matinale. Cela lui permettra de repenser à sa soirée d’hier chez Mme Verdurin, troublante et séduisante, comme tous les jeudis.
Longue robe décolletée de satin bleu laissant deviner ses formes avantageuses, cheveux relevés en chignon, écharpe nouée négligemment autour du cou.
Comme des abeilles autour des fleurs, les invités la frôlaient pour renifler son parfum et briller en échangeant quelques bons mots.
En marchant, sa réflexion est fructueuse. Il va raconter ses souvenirs de soirées mémorables chez Mme Verdurin. Les idées se bousculent dans sa tête.
Il rentre chez lui en accélérant le pas et se met au travail. Pas de temps à perdre. « Je n’suis pas prétentieux, mais je présume qu’on parlera encore de moi dans 100 ans », se dit-il.
Il paraît que la rue de La Grange aux loups n'existait pas avant la chanson de Barbara. Alors je n'irai pas dans ce non-lieu, je préfère me promener dans ses chansons. Taxi ne m'emmenez pas à la gare de Lyon ça ne m’intéresse ni d'aller baragouiner trois mots d'allemand à Göttingen ni de prendre une saucée à Brest, ni de me perdre au petit bois de Saint-Amand. Je préfère fermer les yeux et me laisser porter par des images virtuelles. Imaginer les jardins alanguis, voir déferler la vague qui se cogne, me piquer à la beauté d'une rose, sentir l'aigle noir tournoyer et laisser planer sur moi une douce mélancolie.
Oui Barbara, ma plus belle histoire d'amour en chanson c'est vous. Dis, quand reviendras-tu à mon oreille me susurrer tes ritournelles ?
Si la photo est bonne je me dis que je ne suis pas encore trop fanée sous mes dentelles et toi rappelle-toi Barbara, ta longue robe de velours noir aux manches évasées, ton bras qui dansait et ta main qui volait comme un oiseau espiègle, ta cambrure à ton piano, ta chevelure de geai et ton œil de biche. Tu étais et resteras la longue dame noire.
J'aimais savoir que lorsque tu n'étais pas ce personnage de scène tu tricotais dans la voiture entre les étapes d'une tournée.
Ils peuvent bien essayer de prendre tes chansons, les hommes, Bruel ou Depardieu. C'est ta voie unique qui manque. Entre le mal de vivre et la joie de vivre tu nous as dessiné un chemin musical et floral. Toi la douce douce.
Dans un bouquet où Mouloudji était le coquelicot, Brassens une fleur dans une peau de vache et Brel les non-fleurs au profit des bonbons, toi tu étais la reine, la rose rouge, l'amour toujours pour ton public. Ma plus belle histoire d'amour c'est vous nous disais-tu.
A mourir pour mourir tu aurais pu attendre mais puisque la mort t'a emmenée sur son grand bateau à la voile noire, merci de nous avoir laissé un héritage immatériel car nous pouvons l'emporter partout.
En cet après-midi de mai 1974 Rosalie et Marius de Villejean goûtaient les premiers rayons de soleil.
Assis sur un banc, dos à l’Église Saint-Luc, ils regardaient s'animer le quartier et riaient de voir s'agiter tous les habitants autour du bâtiment flambant neuf qu'on allait inaugurer très bientôt.
Leur chien Gaston jappait à leurs pieds et s'invitait au jeu de ballon avec les garçons.
- « Et dire qu'on est déjà mercredi, dit Marius, les préparatifs n'avancent guère, si seulement je n'avais pas fait cette mauvaise chute en dévalant les escaliers 4 à 4, je ne me serais pas abîmé le talon d'Achille. Je pourrais participer, il y a tant à faire !».
Rosalie, plus patiente, attendait son heure. Elle avait encore deux jours devant elle pour préparer les crêpes et les gâteaux qu'elle servirait lors de la réception du samedi. Elle essayait d'imaginer cette journée tant attendue. Depuis plusieurs mois tous les Villejeannais s'étaient organisés pour préparer de nombreuses animations pour les grands et les petits et la venue des personnalités.
- Mais dis-moi Marius, comment il s'appelle le Maire ? Henri, je crois ? Il est bien capable d'arriver avec ses acolytes en fiacre tiré par un beau cheval blanc. Il aime tellement les effets clinquants. Enfin ! Du moment qu'il prévoit le nettoyage du crottin par les agents de la ville, on veut bien. Je crois qu'on a prévu un air de mandoline joué par la petite Aline de l'école de musique, juste avant le discours du Maire. Car il prendra très certainement la parole ! J'espère qu'elle sera belle et pleine de subventions pour notre équipement ! Sinon, qu'il garde le silence !».
- On pourrait peut-être aussi demander à Auguste de Bretagne, répondit Marius. «On ne peut pas accrocher tous ses habits au même porte-manteau . Il faut voir venir.
Le soleil déclinait déjà sur Villejean et la future maison de quartier. Rosalie et Marius décidèrent de rentrer dans leur petit 2 pièces de la rue de Lorraine.
Sur la pelouse les narcisses leur offraient un tapis jaune et blanc. Rosalie se sentait le cœur en fête et elle rentra en fredonnant ce refrain : « Mon cœur est un bouquet de violettes ».
Quant à Marius, il espérait beaucoup de cette journée où il s'était tant investi avant sa chute. Il ne souhaitait qu'une chose : que cette fête ait « comme un goût de revenez-y ».
Vous avez gagné le concours de chanson ou de reine (ou roi) de beauté de votre village ou bien vous avez gagné ou perdu à des élections locales.
Vous écrivez un discours ou une lettre pour remercier celles et ceux qui ont voté pour vous.
Vous rédigez trois versions de votre discours :
- La première doit contenir le maximum de mots contenant le son « ette » ; - La deuxième doit contenir le maximum de mots contenant le son « ac » ; - La troisième doit contenir le maximum de mots contenant le son « car »
M. Ferdinand FLURE Agence Dupondet et Dupontet 120, rue de la Gare 65125 LES HAUTS DU TOURMALET
M. Florent Fouillemerde Agence Fiat Panda 4, rue des Petits champs 35000 RENNES
Les Hauts du Tourmalet, le 10 mars 2020
Mon cher Florent
Avant de mettre définitivement la clé sous la porte de cette agence de détectives privés où nous nous sommes connus, j’ai entrepris de vider tout le pavillon.
Je ne te raconte pas le nombre de voyages que j’ai dû faire vers la déchetterie-déchèterie ! Il y a tellement de vieilleries à virer en pareil cas qu’on ne sait même plus comment s’écrit ce mot !
J’ai également fait l’acquisition d’une broyeuse à documents papier. Inutile en effet de garder trace des filatures que nous avons effectuées à Roubaix ou ailleurs, des photos compromettantes remises à une épouse jalouse ou un mari soupçonneux. Toutes ces pratiques n’ont plus grand intérêt pour personne depuis que les déclarations d’amour ont pris forme d’envois de sextapes par messagerie effaçable (ou pas) sur Internet. Ce qui explique, par ailleurs, la faillite de mon agence. Trop "ancien monde".
Cela me fait penser à l’une des cartes dont je veux t’entretenir ce jour : elle commence par ces mots : «Salut, branleur !». Bonjour la familiarité !
Et donc, dans ma folie ménagère d’avant vidage des lieux, j’ai mis la main sur une boîte à chaussures emplie de cartes postales. Les unes sont signées Jean Dupondet et les autres Joseph Dupontet. Ce sont, tu t’en souviens, les deux bonshommes moustachus auxquels on avait racheté la maison. Elles sont toutes adressées à Ernestine Dupontet, à la même adresse que notre agence, 120 rue de la Gare, Les Hauts du Tourmalet.
Est-ce que tout cela sera suffisant pour reconstituer l’histoire des détectives qui nous ont précédés ici ? Maintenant que je suis à la retraite j’ai bien l’intention de me lancer dans l’histoire du 120 rue de la Gare à travers les âges !
J’ai commencé à dépouiller ce courrier très particulier. Nos deux larrons à chapeau melon ont été de sacrés voyageurs, surtout Joseph qui a beaucoup sillonné la Bretagne, l’Espagne et l’Italie.
Chacune de ses cartes postales est une petite énigme et je soupçonne fort qu’il faut décoder certains des éléments qu’il envoyait à sa chère maman. Ainsi de ce séjour sur la route côtière de Lorient ou il commente avec humour ses « drôles de vacances ».
« On visite surtout le fond des gamelles qu’on gratte à la paille de fer une fois qu’on a fait cramer l’omelette pour vingt-cinq personnes ; on dort dans le froid et l’humidité et on ne trouve même pas cinq minutes pour finir son Maigret. »
J’ai du mal à l’imaginer en train de faire la vaisselle d’un camp scout mais le métier exige parfois de tels travestissements ! J’ai vérifié : il n’y a pas eu de meurtre au golf de Ploemeur ni de cambriolage à Larmor-plage en juillet 2002. C’étaient peut-être de vraies vacances au bord de la Laïta. Pourtant le cachet de la poste fait foi qu’il y a bien eu un « Festival des sept chapelles » à Guidel. Si ce n’est pas là un titre de polar régional, je veux bien être changé en Land rover du capitaine Marleau !
A côté de ça Joseph Dupondet a mené plusieurs investigations au-delà des Pyrénées. Voilà ce qu’il dit du parc Güell de Barcelone dans lequel l’architecte Gaudi a beaucoup utilisé la mosaïque : « L’Espagne est un pays où l’on tue beaucoup de taureaux dans les corridas, sans doute parce que l’œil noir de Carmen a trop regardé le toréador ».
Le reste de la carte est anodin à première vue : « Hôtel bien situé, très calme, avec petits déjeuners royaux » mais le timbre apposé ne laisse aucun doute : il devait être sur une affaire Miro-bolante. Peut-être enquêtait-il sur les velléités d’indépendance de la Catalogne ? Peut-être s’est-il infiltré dans les réunions secrètes où l’on préparait cela dans les arrière-salles du musée de l’érotisme ou dans un des attelages du musée des corbillards ?
Mais venons-en à Jean Dupontet. Lui envoie à sa tante Ernestine des cartes postales de Lyon où « malgré le soleil du printemps, il est obligé de suivre six heures de cours par jour ». Il dit n’avoir pas emmené son appareil photo mais je pense que c’est pour tromper la censure. Le cachet de la poste indique « Villeurbanne P. Principal 18 mars 1999 ». A cette date il restait certainement encore à la mairie de Villeurbanne des traces compromettantes du passage de Charles Hernu en ces lieux.
Certaines cartes sont parfois signées des deux cousins. Celle de Jersey, par exemple. Je suis sûr qu’ils enquêtaient sur la fameuse affaire du gang des trois trèfles qui a tant défrayé la chronique à l’époque. La carte elle-même est un mystère : les deux timbres ne sont pas tamponnés et pourtant Ernestine a bien reçu le message codé : le montant du transfert du joueur de foot Portelet a été placé dans un coffre du Montorgueil castle. Joseph écrit même « L’île n’est pas attrape-touristes pour deux ronds : ils ont assez à gagner avec leur paradis fiscal et nous sommes bien les seuls à nous y balader à pied.
J’ai gardé le meilleur de cette première exploration cartophilique pour la fin. J’ai enquêté sur cette Ernestine Dupondet. J’ai découvert que son nom de jeune fille était Loges. Aujourd’hui Joseph pourrait s’appeler Dupondet-Loges. Je crois me souvenir qu’une rue porte ce nom à Rennes. Peux-tu me le confirmer et mener des investigations là-dessus de ton côté ? Elle avait une sœur jumelle, Eléonore Loges, et c’est justement celle-ci qui a épousé Emile Dupontet, le père de Jean. Les Dupondet-Dupontet sont donc cousins par les femmes, ce qui explique leur extraordinaire ressemblance.
Joseph Dupondet par Henri Cartier-Bresson
Jean Dupontet par Henri Cartier-Bresson
Je t’enverrai dès que possible la suite de mes investigations.
Bises à Isabelle et bonne fin de carrière à toi !
P.S. Prends note de ma nouvelle adresse à compter du 1er avril : M. Ferdinand Flure, 3, rue du Nombril en forme de cinq à Sète, 34000.
Il se trouve que je connais Gargantua pour l'avoir fréquenté dans les Côtes d'Armor avant qu'il ne franchisse la Manche d'une seule enjambée. Nous savons qu'il a laissé un doigt à Fort La Latte et le gravier qui le gênait dans sa chaussure à Sable-d'Or-les-Pins. Mais voilà que des archéologues chevronnés viennent de faire une découverte square du Berry à Villejean, rebaptisé dans le cadre de la féminisation des noms de rues de Rennes, square Georges Sand.
Il s'agirait, après moult vérifications, de ses chaussures de basket, mal rangées comme toujours, aurait dit sa mère.
Dans une grande précipitation il les aurait abandonnées après avoir eu les pieds gonflés, suite à une cuite monumentale, pour avoir bu trop de rosé (peut-être 1200 litres) square de Provence auquel on vient de donner le nom chantant de Mireille Mathieu.
Cette découverte remet en cause d'autres affirmations. Winston Churchill, qui toute honte bue, avait affirmé que le géant était arrivé botté en Angleterre, alors qu'il devait être pieds nus, a vu la destitution du nom de sa rue au profit de la Reine Élisabeth II. Juste à côté se trouve l'impasse Marine Le Pen fâchée de cette proximité car elle trouve la Reine trop communiste.
Mais revenons à nos baskets gargantuesques. Il se peut que les lacets géants qui circulent d'un clin d’œil à l'autre soient le symbole des routes alpines (Nous sommes sur un terrain de sport). Donc hommage à une grande femme cycliste. La rue Jean Moulin toute proche est rebaptisée rue Jeanny Longo, elle aussi symbole d'une certaine résistance.
Si Gargantua a enjambé d'un coup le Nord de la France pourquoi garder le nom de Picardie dédaigné par le grand homme ? Choisissons à la place une femme forte : Martine Aubry serait de bon aloi.
Pour la Maison de quartier, où Gargantua a vécu sous mon crayon, je proposerais bien une ribambelle de prénoms féminins, de celles qui, issues de la mine de crayon, suent tous les mardis. Mais comme il n'en faut qu'une j'opterais pour « Maison Edorée Duval », sorte de troubadoure des temps modernes.
Autre indice : Gargantua est forcément passé à Villejean puisqu'on y trouve la Faculté de lettres située rue Jeanne d'Arc qui a remplacé Gaston Berger. Mais revenons à nos moutons : si les archéologues sont sérieux et si ce sont bien les chaussures de sport de Gargantua sur le terrain de basket et si ses mains étaient en proportion de ses pieds je n'aurais pas aimé qu'il me mette la main au panier!
NB : Les recherches continuent pour féminiser les noms de rue. Il avait été proposé pour le square de Champagne le nom de Dominique Halbout. Mais bien qu'il s'agisse d'une femme-médecin méritante de Villejean ce choix a été rejeté : à cause de son prénom épicène on n'aurait pas forcément su, à l'avenir, que c'était une sacrée nana.
L’animateur demande de trouver deux éléments, a et b, qui peuvent vous faire penser à un troisième élément nommé x. On pose ainsi une devinette : avec les éléments a et b, la personnage interrogée doit trouver x.
L’équation peut aussi être de type 2a + 2b = x ou 4 a + b = x.
Exemple :
Un ancien garçon-livreur d’Erquy à pantalon bleu et blanc + un menhir breton ?
Chaque jour, au même endroit, il s’asseyait sur un banc et observait les passants. Quand la démarche d’une personne révélait sa claudication, il lui emboîtait le pas et ne la lâchait plus. C’était sa façon de partir à l’aventure, de se fier au hasard.
Ce jour-là, il n’aurait peut-être pas dû.
Son Ariane du jour n’était pas forcément de sexe féminin mais cela semblait relever quand même de la mythologie. Ce n’était pas non plus le Minotaure mais ce guide hasardeux avait quelque chose de monstrueux. Oh non, ce n’était pas Isaure Chassériau, toujours de rose vêtue, jamais claudicante, toujours prête à arpenter les rues de la ville de Rennes en quête de trésors du passé, d’élégance éphémère, d’insolite minimaliste.
Même s’il se sentait captivé par la petite musique du déplacement, il n’était pas à la traîne du joueur de flûte de Hamlin. Il n’y avait pas un chat ni un rat dans la rue pour l’accompagner. Ce n’était pas le roi boiteux de Gustave Nadaud que Georges Brassens avait jadis mis en musique. Ce n’était pas le capitaine Achab non plus ni Sarah Bernhardt et encore moins Rimbaud sur la fin de ses jours. Ce n’était de toute façon pas un bipède. Et c’est sans doute pour cela que, machinale, la filature durait, que le bestiau traçait avec son bruit de pas si caractéristique.
Tic tic tic tic tic…
La première fois qu’il avait sorti son podomètre il avait lu avec étonnement que déjà ils avaient parcouru 21 kilomètres
Où l’emmenait-il ? Et lui, pourquoi s’acharnait-il à aller jusqu’au bout de ce jeu si stupide, moitié Oulipo, moitié Latourex et moitié Sophie Calle ?
Tic tic tic tic tic…
Pour un peu, par fidélité à à sa consigne panurgienne il aurait-lui-même emboité le pas à un régiment d’alexandrins boiteux !
Tic tic tic tic tic…
Il s’était mis à compter ses propres pas pour éviter d’avoir à répondre. 1, 2, 3… 10, 11, 12… 42, 43, 44… comme il le faisait quand il faisait du jogging entre deux filatures.
Mais, immanquablement, il y avait quelque chose qui le perturbait, une espèce d’extrasystole, d’arythmie dans la démarche de son prédécesseur, un tic ou un trouble obsessionnel compulsif qui chaloupait son mouvement bestial et, à lui, faisait perdre le fil – d’Ariane ! - de son énumération.
Et c’est en atteignant le kilomètre 42 qu’il percuta : ce bruit si caractéristique,
C’était celui du mille pattes géant avec une jambe de bois !
Mais quand il s’en rendit compte, il était trop tard. Il était tombé dans une faille spatio-temporelle et se retrouvait prisonnier à jamais d’un univers en forme de cours de récréation où l’on ne remontait plus en classe mais où l’espace clos de grilles était empli de cris d’enfants, de courses folles, de chats perchés, de balle au camp, de marelles et de blagues Carambar.
Et, horreur, malheur, salsa du démon ! L’école n’était même pas mixte !