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L'Atelier d'écriture de Villejean
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12 septembre 2017

Journée d'été pluvieuse / Eliane

Il pleut, je suis dans la maison de ma fille, désertée pour cause de vacances dans le Sud. Je suis la gardienne du logis et je m'ennuie.

Pourtant je ne suis pas loin de la mer mais la météo n'est guère favorable. Impossible d'aller se dorer sur la plage, il faut mettre des bottes et un ciré pour la moindre promenade. Trop de vent, trop de pluie.

Impossible même de s'allonger dans un transat sur la terrasse avec un bon livre, il faut s'enrouler dans trois plaids.

Je ne bénéficie même pas de la présence chaleureuse, bruyante et joyeuse de mes petites filles. L'une est occupée à dorloter un nouveau compagnon qui s'est blessé, l'autre est partie à l'autre bout de la France avec le sien de compagnon. Je n'entendrai même pas cette dernière se plaindre de ce boulot qu'elle occupe de façon temporaire et qu'elle n'aime pas.

A ce propos je lui ai déjà répondu : « Je sais, une femme doit en faire deux fois plus qu'un homme pour qu'on la considère deux fois moins. Heureusement ce n'est pas trop difficile. » Elle opinait avec vigueur mais cela ne changeait rien à sa colère.

Je regarde autour de moi, que faire ? Je ne sais pas faire marcher la chaîne, j'allume la télé, je l'éteins, c'est nul.

Je procrastine, remets au lendemain le ménage, les quelques poêles et casseroles qui traînent dans l'évier et s’obstinent à me culpabiliser. Pas envie non plus d'aller ramasser les courgettes dans le jardin et de revenir les pieds pleins de boue.

Je prends mon livre, m'enroule dans un plaid sur le canapé et aussitôt le chat vient fourrer sa grosse masse de poils contre mes jambes. Je lui en sais gré il est chaud, vivant. Je le caresse, il me réconforte.

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29 septembre 2015

Jeune amour / Eliane

Il l'avait vue à la fête. Il accompagnait ses parents à cette manifestation organisée par les comités de plusieurs villages des alentours.

Bien qu'il fasse dans la région de longues balades à vélo, il ne l'avait jamais rencontrée, mais il ne pouvait pas la manquer, elle était lumineuse.
Il la dévorait des yeux mais n'osait faire plus. Elle lui sourit.

C'était fou comme ce sourire le rendit heureux, alors il s'enhardit et alla lui acheter une glace. Ils échangèrent leurs prénoms :
- Hatsue, dit la jeune fille.
- Yam, répondit le garçon. Ils indiquèrent aussi le nom du village dans lequel ils habitaient.

AEV 1516-04 Eliane 2

Yam se promit d'aller très vite traîner sa bicyclette par là-bas et il la croisa un jour qu'elle revenait d'aller chercher des œufs à la ferme. Il descendit de vélo et ils firent quelques pas ensemble. Alors ils se promirent de se revoir le surlendemain pour aller se promener le long de la rivière.


Le garçon était comme habité, il ne pensait plus qu'à elle, sans cesse son visage était présent à son esprit, il la trouvait si belle. Ses parents s'étonnaient de le voir si souvent rêveur, les yeux dans le vague, dans la lune.

Hatsue, quant à elle, se sentait flattée, le garçon était séduisant, elle ne savait pas encore si elle était amoureuse, il y avait si peu de temps qu'ils se connaissaient.

Mais le temps passait et ils se voyaient beaucoup. A pied ou en vélo ils explorèrent les environs, s'intéressant à mille choses qu'ils se montraient l'un à l'autre, s'extasiant aux mêmes moments, aux mêmes endroits. Ils se mirent à rire ensemble de plus en plus souvent, se prirent timidement la main.

C'était délicieux, ils ne voulaient pas que cela s'arrête.

Yam lui écrivit des poèmes candides et innocents comme il l'était, un peu mièvres, comme :

Souhait d'amour
Pour toujours
Visage aimé
D'une nuit étoilée
Je te veux mienne
Ma main dans la tienne.
Souhait d'amour
Pour toujours

 

La lecture de ces quelques vers la laissait toujours attendrie et elle conservait précieusement ces poésies dans un tiroir de la commode de sa chambre. Il lui arrivait souvent de les relire.

Un après-midi, après une course poursuite en vélo, ils s'arrêtèrent essouflés et en sueur, posèrent leurs bicyclettes contre le tronc d'un arbre et s'assirent sous son ombre bienfaisante.

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Ils s'allongèrent, trop fatigués pour parler, elle ferma les yeux. Le jeune homme en profita pour la contempler tout à sa guise, légèrement penché vers elle, et vint délicatement poser ses lèvres sur les siennes. Elle ne le repoussa pas mais ils en restèrent là. Quand ils se relevèrent pour rentrer ils étaient sur un petit nuage.

Plus tard il l'invita à goûter chez lui et la maman comprit enfin pourquoi son garçon avait l'air si épanoui ces derniers temps. Elle trouva la jeune fille charmante, jolie, bien élevée.

Un autre jour, au cours de l'une de leurs balades, ils virent qu'un paysan avait allumé un feu dans son champ pour brûler quelques mauvaises herbes et branches mortes. Cela donna une idée à Hatsue, elle allait mettre son soupirant à l'épreuve, lui lancer un défi. Elle courut dans le champ et vint se placer derrière le feu.

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- Hatsue ! » cria le garçon.
- Saute par dessus le feu ! Si tu sautes par dessus..., dit la jeune fille d'une voix claire et forte. Le garçon n'hésita pas. Le corps nu que la flamme illuminait, il priit son élan sur la pointe des pieds et bondit à travers le feu. En un clin d'oeil il se trouva en face de la fille. Sa poitrine toucha légèrement les seins de Hatsue.

Ils furent tous deux comme électrisés. Elle n'avait même pas eu le temps de formuler quel était l'enjeu du défi. Elle le regarda avec des yeux neufs, il était courageux, il était son héros, elle en était sûre, elle était amoureuse.

L'année scolaire s'était terminé, Hatsue qui était très bonne élève, devait partir pour l'Université, dans la grande ville voisine.

Le jour du départ il l'accompagna à la gare. Tous deux étaient en pleurs et se firent des adieux déchirants : ils allaient tellement se manquer. Ils se promirent de s'écrire chaque jour en attendant les prochaines vacances.

Au début les missives furent très régulières, pleines de mots d'amour, pleines de manque.

AEV 1516-04 Eliane 1

Mais Hatsue se fit beaucoup d'amis à l'Université. Yam quant à lui débuta un apprentissage dans lequel il s'investit beaucoup. Les lettres se firent de plus en plus rares, ils avaient moins de temps pour écrire et même pour penser l'un à l'autre.

Hatsue se lia avec un étudiant. Yam, à un bal de village, rencontra une jeune fille toute simple qui titilla ses sens.

Quand plus tard ils se retrouvèrent, ils furent stupéfaits de ne plus éprouver l'un pour l'autre qu'une chaude tendresse amicale. Le temps des balades à vélo ou le long de la rivière était le très beau souvenir d'un premier amour.

15 mars 2016

A la fortune du pot / Josiane

Il avait draché tout l'automne et maintenant, l'hiver venu, la poudrerie cinglait les visages.

Trop peu pour arrêter ces deux là. Ils avaient décidé de convoler en justes noces au beau milieu de cet hiver chafouin.

Lui, conduisait un tap-tap, elle, servait au bar du village. Il était tombé raide dingue de cette jolie fille à la chevelure de lionne au premier regard. Il n'avait rien d'un champagné mais il était vigousse, la belle s'etait laissé prendre dans ses filets.

Les noces devaient se dérouler dans la plus grande simplicité, autrement dit à la fortune du pot.   
On avait acheté les victuailles au dépanneur , tenu par un gars un peu fada mais plein de ressources. Il avait dans son commerce tout ce qui pouvait régaler la petite troupe qui assisterait aux épousailles. Il ne restait plus qu'à installer quelques lumerottes dans la salle, louée à monsieur le curé et la fête pourrait commencer.

C'était sans compter avec cette satanée poudrerie... Le tap-tap réquisitionné pour conduire la future à l'église n'en faisait qu'à sa tête et, devant l'église monsieur le curé et les invités commençaient à se transformer en statues de glace. On distribua la ristrette, les mines rosirent un peu.

Alors, on entendit une longue plainte, le tap-tap grimpait la côte dans un déferlement de couleurs, la cérémonie allait pouvoir commencer.

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18 octobre 2017

Consigne d'écriture 1718-06 du 17 octobre 2017 : Comment j'ai adopté un dragon

Comment j'ai adopté un dragon

 

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1718-06 adopte un dragon IMG_0408Il s'agit d'un jeu de cartes et de dés d'Yves Hirschfeld et Fabien Bleuze édité par "Le Droit de perdre".

Chaque écrivant lance les deux dés verts. Prenons un exemple : s'il obtient un et quatre, on convient qu'il peut avec ces chiffres écrire les nombres quatorze et quarante-et-un.

L'animateur regarde sur une des quatre cartes du jeu ce qui correspond à ces nombres :

14 Moi aussi, j'ai marché sur la Lune

41 Je crois qu'on m'a jeté un sort

L'écrivant choisit entre ces deux incipits/thèmes de l'histoire et enreprend de la relater.

1718-06 adopte un dragon IMG_0408 3Toutes les sept minutes l'animateur lance un dé. On doit alors inclure dans son histoire les petits mots qui sont apparus.

Pour cette séance les mots à inclure ont été : 

Quand j'étais petit
Et croyez-moi
Quand soudain
Mais ce n'est pas si grave
Et comme par magie

 

17 octobre 2017

Une invention royale / Jean-Paul

C’est moi qui ai eu la fève ! Alors, du coup, je suis devenu le roi de la fête. Et j’ai inventé le pays où personne ne sait comment faire.

1718-06 problèmes de robinet

C’est un pays très rigolo. Les gens qui l’habitent regardent des séries américaines. Ils voudraient bien arrêter de les regarder mais ils ne savent pas comment faire. Chaque saison comprend dix épisodes de vingt-six minutes. Pour calculer la durée d’une saison, et donc le temps qu’on a perdu à regarder des idioties, personne ne sait comment faire.

Bien sûr, vous qui n’habitez pas ce pays-là vous savez qu’il faut multiplier 26 par 10 et que ça fait 260 minutes. Mais pour savoir combien d’heures ça représente, au pays où personne ne sait comment faire, personne ne sait comment faire.

Dans ce pays-là, personne ne sait qu’une heure contient soixante minutes et qu’on obtient le nombre d’heures en divisant 260 par 60. Quand j’étais petit, à l’école, on nous donnait des problèmes de calcul de ce type et d’autres où deux trains partaient à la rencontre l’un de l’autre en traversant la nuit dans une salle de bain où la baignoire fuyait en traversant le plancher. Il fallait calculer l’heure à laquelle le voisin du dessous appellerait les pompiers pour signaler une flaque inattendue sur son tapis persan.

A l’époque les instituteurs et institutrices devaient avoir eux aussi hérité de la fève et inventé le même pays que moi parce que dans la classe personne ne savait jamais comment faire pour trouver la solution.

Mais revenons à notre loi des séries. Ce feuilleton-là a duré six saisons. Et, croyez-moi, on a eu bien du mérite à regarder tous les épisodes. Parce que, tout du long, c’est rien que des histoires de filles. Des filles qui vivent dans le pays où personne ne sait comment faire. Comment faire pour devenir écrivain alors qu’on ne fait que regarder des vidéos sur Youtube, appeler sur son smartphone les copines pour aller de fête en fête, danser, boire, baiser, vomir, danser, boire, baiser, vomir, danser, boire, baiser, vomir ? Comment faire pour maigrir en s’empiffrant de bonbecs, de hamburgers et de glaces ? Comment faire pour perdre sa virginité au Japon quand soudain, au moment de passer à l’acte, le téléphone du partenaire fait retentir un « Cocorico » bien sonore annonçant que c’est l’heure de la cérémonie du thé ?

Girls saisons 6

C’est vraiment très frustrant, « Girls » - car ces histoires de filles s’appellent « Girls » - parce que moi, j’ai beau avoir eu la fève, je n’ai pas inventé le pays ou j’ai vingt-sept ans et du coup je n’ai pas les réponses à ces questions que je ne me pose pas ou plus. Même dans la réalité, dans le pays où tout le monde sait comment faire, je ne sais pas comment on fait quand votre père quitte votre mère pour vivre avec un homme. Je ne sais pas comment on fait pour vivre en colocation avec un ou une homosexuel-le. Est-ce qu’il faut manger vegan ? Est-ce qu’on peut parler de médecine à table ?

« Mais ce n’est pas si grave » va-t-on me rétorquer. Il y a sept milliards d’individus sur cette planète, dans ce monde où tout le monde sait quoi faire. Il y en a qui meurent de faim, qui fuient leur pays en guerre et tout ça c’est de la fiction imaginée par des gosses de riches américains qui s’ennuient et s’enrichissent grâce à leur autofiction et donc tu es bien idiot d’avoir consacré…

Alors, nous disions donc : six saisons à quatre heures et vingt minutes ça fait six fois quatre vingt- quatre, six fois vingt cent vingt, divisé par soixante, égale deux, vingt-quatre plus deux… Vingt-six heures, dites donc !

Et comme par magie, au cours des six derniers mois, j’ai passé vingt-six heures dans un pays que je viens juste d’inventer ce soir, à l’instant !

La prochaine fois que j’ai la fève, promis, je l’avale ! Ca évitera à Lena Dunham / Hannah Horvath de restée plantée sur Facebook ou Twitter avec sa couronne de reine des pommes ! Notez que je ne lui en veux pas d’être le pendant féminin de Woody Allen et donc, très logiquement, la nouvelle coqueluche de Télérama. Vous savez, la coqueluche de Télérama, celle qui donne toujours des boutons à qui ne prend pas ses distances. Je ne lui reproche même pas son usage immodéré des mots « fuck » ou « fucking » dans chacun des dialogues de ses personnages. Je ne m’étonne même pas qu’elle enfonce, à l’épilogue, les portes ouvertes du crédo féminin-féministe à la mode : « Fuck les mecs ! Je fais un enfant pour moi-toute seule ! Et tant pis si c’est un accident de contraception et que je vis avec lui au pays où personne ne sait comment faire ! ».

Je m’en veux juste, à moi, d’être resté collé aussi longtemps dans une toile d’araignée. Vous vous rendez compte du nombre de bouquins sur Rimbaud que j’aurais pu lire pendant ces vingt-six heures ?

N.B. Les incipit que le sort m'avait attribués : "C'est moi qui ai eu la fève" et "Je suis resté collé dans une toile d'araignée"

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12 septembre 2017

Brin de conduite / Jean-Paul

« Le petit bout de chair sans intérêt qui se trouve à la base du pénis s’appelle un homme » a écrit Jo Brand.

Hé oui, Mesdames, c’est ainsi ! Depuis la nuit des temps l’homme est appelé à se déplacer. Il va faire les courses au Mammouth ou la course au mammouth même si cet hypermarché et cet animal n’existent plus de nos jours.

Il part aux croisades, à la guerre, aux matchs de foot, aux 24 heures du Mans ou chez Ikéa.

Qu’est-ce qu’ils sont courageux, les hommes, derrière leur pénis et leur fragilité ! C’est vrai, "les hommes sont comme les femmes, il leur arrive aussi de pleurer, mais seulement lorsqu’ils essaient de monter un meuble en kit" comme a écrit Rita Rudner.

De nos jours les pérégrinations professionnelles ou autres de ces messieurs – et aussi de ces dames – peuvent s’effectuer en voiture. L’homme s’assied dans un fauteuil à roulettes entouré de tôle et de verre, il appuie sur des pédales, le véhicule avance, tourne grâce à un truc appelé volant et s’en va partout où on veut, parfois même dans le décor, surtout si c’est Jayne Mansfield qui est assise sur le siège à côté du conducteur. « Dans ce cas-là, les hommes sont des créatures à deux jambes et huit mains ». Quelquefois, en effet, le jobastre utilise aussi celles qui doivent rester sur le volant et - Boum ! - il s’emplafonne dans un platane ou dans un champ de doryphores ! « Va donc, eh, patate ! » entend-on beaucoup sur les routes.

Quand je dis l’homme, je devrais mettre une H majuscule car de nos jours la femme conduit aussi. Certains médisants comme Bill Vaugn considèrent que « Aujourd’hui, les femmes occupent des postes aussi importants que chefs d’entreprises ou chercheurs spécialisées sur l’atome. Il serait temps qu’elles sachent enfin faire un créneau ». Ce n’est pas très gentil ni très vrai.

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Je ne vais pas vous raconter ma vie – quoique ! – mais dans notre couple, c’est plutôt mon épouse qui conduit. Moi je reste assis sagement à côté d’elle. J’ai tellement confiance dans ses qualités de chauffeuse que je ne regarde plus la route et même que j’écris des poèmes dans mon petit cahier jaune. Celui-ci est rempli d’ailleurs et je vais en entamer un neuf : il sera bleu désormais. Comme moi quand je lève le nez et vois que les distances de sécurité sont tout sauf respectées par le Fangio qui est à ma gauche.

Et donc, l’été dernier, après le délicieux concert auquel Marina B. et Gisèle C., émérites chanteuses, ont participé en Arques-la-Bataille, on se met en route tous les trois en direction de Varengeville-sur-Mer où il y a un beau cimetière marin devant lequel on tomberait volontiers en extase. On peut y voir la tombe de Georges Braque, peintre, et celle d’Albert Roussel, musicien.

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AEV 1718-01 grosdegueulasse

Après le virage en épingle à cheveux de Pourville-sur-Mer la route monte à la va comme je te pousse sur la falaise. Vers le milieu de la pente voici l’Homme qui déboule ! Pardon, voici l’homme qui déboule d’une petite rue sur la droite et qui nous coupe la route, carrément.

- Crois-tu qu’il se serait arrêté, ce saltimbanque ? » commentons-nous intérieurement dans nos Ford intérieures.

Eh bien justement, cent mètres plus loin, il arrête sa voiture au milieu de la chaussée, forçant mon chauffeur préféré à stopper son propre véhicule. Le type descend, très calme, sort de sa bagnole et vient vers la nôtre.

Les zygomatiques de ces dames, à l’avant, se mettent à fonctionner à plein Youtube ! Un vrai film ou un sketch des Inconnus ! Le gars à une tête de hobereau local mais sans grâce et surtout sans le costume idoine : il est en short, torse nu, et arbore une bedaine de buveur de bière aguerri. Autant dire qu’il ressemble trait pour trait à un personnage en slip kangourou du regretté Reiser. Ah oui, ça me revient ! « Gros dégueulasse » qu’il s’appelait et ici la citation de Dave Barry ne s’applique pas vraiment :

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« A en juger par les couvertures des magazines féminins, les deux sujets qui intéressent le plus les femmes sont :
- Pourquoi les hommes sont tous des gros dégueulasses ?
- Comment faire pour les séduire ? »

Voyant venir le coup et le macho dans ses œuvres, mes deux voitureuses cessent de s’esbaudir devant l’autochtone normand. Sentant qu’est venue l’heure à laquelle on se télescope chez les Hubbel, elles prennent l’attitude digne de deux bonnes bourgeoises qui sortent d’un stage de chant à quatre de l’Académie Bach avec Bruno Boterf comme chef, ce n’est pas rien quand même, non ? 

Marina B. baisse son carreau pour entendre le revendicatif énoncer d’un ton posé mais péremptoire :

- Je suis désolé, Madame, mais cinquante mètres plus bas il y avait un panneau avec une croix de Saint-André. Ca veut dire que, venant sur votre droite, j’avais la priorité et il était normal que vous me laissiez passer.

- Je suis désolée, Monsieur, répond diplomatiquement ma chère et tendre. Je ne l’avais pas vu. Je vous présente mes excuses.

- C’est bon, répond-il avant de retourner à sa caisse qui a beaucoup vécu. Mais ce n’était pas la peine…

Et là je n’en crois pas mes oreilles :

- … de faire des appels de phare !

Des appels de phare ?
Des appels de phare ! C’est pas vrai ? Mon iconoclaste préférée lui a fait des appels de phare ?

Il y a des jours comme ça où je me traiterais volontiers de nouille : on croit avoir épousé un ange de douceur et en fait on passe toutes ses nuits au lit avec un cow-boy en jupons !

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P.S. Mais bon, relativisons ! Eussé-je été plus heureux dans la situation de Gary Shandling : « Quand je n’ai pas de petite copine, je me rase une jambe comme ça j’ai l’impression d’être avec une femme » ? Je ne le crois pas.

21 septembre 2015

Alexandre / Josiane

Alexandre était un doux rêveur. Prendre le train onze comme le lui avait conseillé son médecin ne lui disait guère. Quand un soleil de plomb tombait comme une chape sur le village, il préférait siester sous un tilleul du jardin, allongé dans un hamac aux couleurs de l’arc en ciel. Il se balançait nonchalamment et une douce torpeur bientôt le faisait sombrer. Il n’entendait plus alors les cris perçants des enfants que le soleil ne dérangeait guère.

Cela faisait maintenant six mois qu’il avait accroché ses patins. Il en était bénaise .

Il voyait ses copains babouner en partant chaque matin au boulot, tandis que lui travaillait d’arrache-poil à ne rien faire. Il n’était pas comme ces péteux qui avaient raccroché pour faire tinter la dringuelle. La vie était bien trop courte pour amasser des biens qu’il faudrait bien laisser un jour ou l’autre. Un peu d’amour et d’eau fraiche suffisaient à son bonheur et la jolie Violetta emplissait ses rêves de papillons d’argent.

Il avait été autrefois un jaguar déjeunant souvent dans un maquis avec son deuxième bureau , mais tout cela était du passé depuis que Violetta était entrée dans sa vie. Adieu alors l’épouse acariâtre et le deuxième bureau envahissant, Violetta était douce et attentionnée et ils coulaient des jours heureux dans leur modeste demeure. Leur cachemaille n’était guère remplie mais ils n’en avaient que faire. Le trésor le plus précieux de sa belle était une vadrouille et une pelle à chenit. Modeste mais toujours proprette, leur demeure ; sur ce point Violetta ne transigeait pas.

- Alexandre, il serait temps d’aller magasiner , t’es encore rond comme une poule carrée , c’est pas permis de s’encabaner de la sorte ! ».

Ainsi parla la douce Violetta.

Le rêve prit fin et Alexandre s’exécuta aussitôt. Inutile de siffler dans la nuit .

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4 octobre 2017

Le Mystère des dix-huit chaises / Jean-Paul

AEV 1718-04 mystère

La vie est la farce à mener par tous
Alors déguisez vous
En clown,
En Superman,
En drag-queen ou en Jupiter
Puisque je est un autre !


Le monde a soif d’amour. Tu viendras l’apaiser.
Garde-toi cependant une poire pour la soif,
Une poire à lavement pour noyer ses laideurs.


Le chant des cieux, la marche des peuples !
Esclaves ne maudissons pas la vie !
La mort aura vite fait de ployer à genoux
Le poète qui maudit !


Mais que salubre est le vent
Qui sème tout à la fois
Les graines d’avenir
Et l’engrais de l’oubli !


Je me crois en enfer, donc j’y suis.
Pour combien de saisons ?
Pour quel crime commis ?
C’est de ne pas savoir qui fait que l’on y est
Sans même pouvoir y croire.

 

AEV 1718-04 saison

 

C’est un trou de verdure où chante une rivière
Et la Nature, idiote, y berce un militaire !


Les inventions d’inconnu réclament des formes nouvelles :
Soufflons le verre de la cornue inusitée
D’où sortiront les germes de la vie éternelle !


J’écrivais des silences, des nuits. Je notais l’inexprimable, je fixais des vertiges.
Sous ce que j’ai écrit ils ont posé leurs mots
Et c’était détestable ;
Sur ce que j’ai écrit ils ont posé leurs culs
Et c’était lamentable !


Oh la la ! Que d’amours splendides j’ai rêvées
Mais chaque fois ma mère entrait et me disait :
« Boug’ toi donc, fainéant ! Il est l’heure de t’lever !


Et j’ai vu quelquefois ce que l’homme a cru voir :
Un homme qui aurait vu l’ours qui aurait vu le loir.


C’est faux de dire : je pense. On devrait dire : on me pense.
Couteau planté dans le ventre,
Balle perdue dans le poignet,
Pour que tout ce raisiné
S’arrête enfin de couler
On me panse, on me panse !

170712 265 021


Il faut être absolument moderne !
Il y a tant de vieilles badernes,
Il y a tant de vieilles casernes
Et si peu qui me concerne
Dans vos étendards en berne.


Ô justes, nous chierons dans vos ventres de grès,
Dans la colle du progrès,
Dans la quille et dans les agrès
Et dans les pantalons des paléontogogues


J’ai avalé une fameuse gorgée de poison
Et j’aurais préféré qu’on ait
Sur ma table posé
Bière crémeuse ou, à foison,
Lumineux cruchons de gorgeon.
Où se trouve l’eau de la Meuse
Que j’y recrache mes misères
D’auteur « malgré lui » qu’il en ait
De best-sellers pour les liseuses !

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Elle est retrouvée. Quoi ? L’éternité : c’est la mer allée avec le soleil
Jouer à saute-nuages et à change-couleurs dans le ciel de Barfleur


Je m’entête affreusement à adorer la liberté libre
A en perdre la raison
Mais une chambre d’hôpital
Sera ma dernière prison.
Dis-moi, à quoi tout cela rime ?
Et, ma sœur, quel était mon crime ?


Ô saisons ! Ô châteaux ! Quelle âme est sans défaut ?
O cuisine ! Ô restau ! Quel cuistot sans couteaux ?


Oisive jeunesse à tout asservie !
Par délicatesse j’ai perdu ma vie

Si vous la retrouvez
Envoyez-moi un mot :

Cimetière de Charleville
Boîte aux lettres Rimbaud.

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4 octobre 2017

Consigne d'écriture 1718-04 du 3 octobre 2017 : Ah poser son fessier sur les mots de Rimbaud !

 Ah ! Poser son fessier sur les mots de Rimbaud !

A Charleville-Mézières, à l’entrée du musée Rimbaud, sur le quai de la Meuse, sont posées dix-huit chaises métalliques. Il s'agit d'une oeuvre d'art intitulée "Alchimie des ailleurs". Sur le siège de ces chaises des vers du poète ont été inscrits... et complétés d'une phrase par des poètes contemporains. A vous de les remplacer ce jour. Soit vous écrivez une seule phrase, commençant ou pas par les mots de ces poètes., soit vous écrivez un ou plusieurs poèmes, en vers ou en prose, dont la phrase de Rimbaud sera l’incipit.

La vie est la farce à mener par tous. Alors…
Le monde a soif d’amour. Tu viendras l’apaiser. Tes yeux…
Le chant des cieux, la marche des peuples ! Esclaves ne maudissons pas la vie ! J’établis…
Mais que salubre est le vent ! Au…
Je me crois en enfer, donc j’y suis. J’ai…
C’est un trou de verdure où chante une rivière. Ceux…
Les inventions d’inconnu réclament des formes nouvelles. Une …
J’écrivais des silences, des nuits. Je notais l’inexprimable, je fixais des vertiges. Je ne sais…
Oh la la ! Que d’amours splendides j’ai rêvées. Mon…
Et j’ai vu quelquefois ce que l’homme a cru voir. Ne…
C’est faux de dire : je pense. On devrait dire : on me pense. Personne…
Il faut être absolument moderne. L’homme...
Ô justes, nous chierons dans vos ventres de grès. Oui…
J’ai avalé une fameuse gorgée de poison. Je suis…
Elle est retrouvée. Quoi ? L’éternité : c’est la mer allée avec le soleil. Patiemment…
Je m’entête affreusement à adorer la liberté libre. La parole…
Ô saisons ! Ô châteaux ! Quelle âme est sans défaut ? Bien…
Oisive jeunesse à tout asservie ! Par délicatesse j’ai perdu ma vie. Jeunesse

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13 septembre 2017

Consigne d'écriture 1718-01 du 12 septembre 2017 : Humour anglais et dico belge

Humour anglais et dico belge

 

L'animateur distribue des mots d'un dictionnaire belge (pondu par le sieur Walrus pour animer les séances du "Défi du samedi" en 2017) :

acrostiche – bidouillage – clepsydre – doryphore – extase - goinfre – hobereau – iconoclaste- jobastre – kangourou – lambada – nouilles – ostracisme – procrastination – saltimbanque – télescope – à la va comme je te pousse – yaka, yakapa – zygomatique.

Chacun(e) reçoit aussi deux pages photocopiées à partir du livre "So incredible ! Toujours plus d'humour anglo-saxon" de Jean-Loup Chiflet.

Il est demandé de raconter quelque chose qui est arrivé cet été en incluant dans le texte au moins une citation et au moins un mot de la liste.

 Cliquez sur les vignettes ci-dessous pour lire les citations 

 Chifflet amour 01  Chifflet amour 02  Chifflet amour 03

 Chifflet amour 04
 
Chifflet amour 05
 
Chifflet amour 06
 
Chifflet amour 07
 
Chifflet amour 08

 Chifflet amour 09
 


 Chifflet amour 10

 

 

26 avril 2017

Consigne d'écriture 1617-25 du 25 avril 2017 : Quatre consignes au choix de Pascal Perrat

Pascal Perrat 3 : Quatre consignes au choix

 

Voici quatre incipits proposés par Pascal Perrat sur son site Entre2lettres.

Choisissez en un et écrivez le texte qui vient en complément de cette introduction.

Vous pouvez aussi écrire court et composer deux ou trois textes au cours de cette séance.


Consigne 334 : Chaque fois qu’il se rendait aux toilettes une mouche l’accompagnait. Il avait beau la chasser, rien n’y faisait. Il dut se contraindre à sa présence. Mal lui en prit…

Consigne 332 : À la chasse aux mots, Momot s’en est allé. Dans quantité de dicos, il a fureté, mais aucun terme n’a détalé. Alors…

Consigne 315 :  Quand je n’étais encore qu’un petit coup de vent, j’adorais jouer avec les sacs plastiques. Je les bringuebalais, les cahotais et les pendais par les poignées aux grillages rouillés. À cette époque, je vivais encore chez ma mère, une bourrasque Bretonne, mon père, ce vieil ouragan, nous avait quittés depuis…

Consigne 294 : Elle plongea sa plume dans l’encrier puis elle écrivit le mot plage, des coquillages enluminèrent la page. Amusée, elle trempa de nouveau sa plume dans l’encrier et écrivit le mot…

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19 septembre 2016

Consigne d'écriture 1617-01 du 13 septembre 2016 : Peanuts

Peanuts

L'animateur distribue à chacun(e) 4 pages de l'album de bandes dessinées "Snopy se fait mousser",

Il est proposé

- soit de raconter un strip - une bande horizontale - rien qu'avec des mots, sous forme d'histoire sans images, comme si on s'adressait à un non-voyant (ou à un aveugle) ;
- soit de parler de ces gamins et de ce chien comme s'ils étaient de réels habitants de votre quartier ;
- soit d'utiliser le texte de cinq bulles de la BD pour raconter ce que l'on veut.

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17 janvier 2017

Inventaire de mes fées, magiciens, sorciers et sorcières / jean-Paul

Les Fées

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La reine d’Angleterre

90 ans d’inélégance chapelière et pourtant elle est toujours en poste ! Soit la DRH de la maison Albion est nulle, soit cela tient réellement de la magie !

 

Laure Manaudou

Elle a refilé son bonnet de piscine à son frère Florent et elle pousse des cris orgasm-atyp-iques à chaque fois qu’il gagne de l’or frais. On l’aime surtout parce qu’à l’Atelier d’écriture de Villejean elle a été longtemps l’inspiratrice d’Anne-Françoise et que nous lui devons, de ce fait, des fous-rires féeriques.


Audrey Hepburn


Qu’elle fasse du scooter dans Rome, qu’elle tienne une librairie, qu’elle déambule dans une New-York kitsch ou dans un Paris glamour des années 50 elle fait montre d’une élégance et d’une classe inégalables. A l’écran comme dans la vie elle est toujours la plus émouvante et la plus naturelle des vedettes du cinéma américain.

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Julie Andrews


La nounou idéale (Mary Poppins) devient la maman idéale à la fin de « La Mélodie du bonheur ». De quoi redonner vie à votre complexe d’Œdipe si vous êtes un mec. Si vous ne savez pas exactement ce que vous êtes, regardez-la dans « Victor Victoria ». Vous ne saurez pas plus mais, parce que tous les films de son mari, Blake Edwards, sont des chefs-d’œuvre de finesse et d’humour, vous aurez forcément ri et n’aurez donc pas perdu votre temps.


Annie

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C’est un des personnages, avec François, Mick, Claude et Dagobert, du Club des cinq d’Enid Blyton. C’est sans doute la première héroïne de roman dont je suis tombé amoureux. Mais si je regarde ma situation maritale du moment, j’ai quand même plutôt l’impression d’avoir épousé l’autre fille du quintette. Plutôt que l’ange de douceur, le garçon manqué. Merci de n’en rien déduire quant à l’image que vous vous faites de ma masculinité. De toute façon, comme je me trouve très bien de cette situation maritale et qu’il n’y a pas de marche arrière sur mon existence – c’est un modèle vintage qu’on ne trouve plus dans le commerce –relisez « Oui-Oui » du même auteur si vous voulez et n’en parlons plus !

 

Les Sorcières


Christine Angot

L’insistance avec laquelle Madame Angot se vautre dans l’autofiction masochiste, dans l’étalage plaintif et dramatisé de son histoire personnelle à longueur de rentrées littéraires et de sorties de Doc Gynéco nous pousse à la ranger dans la catégorie des sorcières.

J’y mets aussi Annie Ernaux qui est cependant beaucoup plus lisible et toutes ces autof(r)ictionneuses dont je repose instantanément le livre si la quatrième de couverture me promet des merveilles de psychologie autour du viol, de l’inceste ou des mauvais traitements qu’elles ou leurs héroïnes ont subis au sein de leur famille toujours plus ou moins bourgeoise mais jamais très honorable dans un monde à se flinguer mais elles sont courageuses et étalent leur souffrance et monnaient tout ce qu’elles ont déjà raconté à leur psy sans que ça ne les aide vraiment alors "pourquoi pas la littérature ?".

A ce tarif-là, on va finir par voir débouler dans les librairies les aventures d’une dame-pipi bruxelloise au Japon !

« Et puis après tout, pourquoi pas ? » comme disait le Commandant Charcot !

Bref je me méfie un peu des écrivaines, à l’exception d’Agatha Christie et de Fred Vargas.

Oui, et d’Enid Blyton aussi. ;-)


Les Sorciers


Michel Houellebecq

Pareil ! Ce monsieur manifeste autant de joie de vivre qu’un cocker épagneul atteint d’un cancer généralisé en phase terminale et pourtant, si on regarde bien, tout va bien pour lui ! Il a rempli son compte en banque en déclinant de manière continue un blues aussi monocorde que misanthrope mais cependant bien insoucieux des déforestations liés à l’édition de best-sellers occidentaux, obtenu le Goncourt. Il pourrait avoir la décence de crier « Youpi tra lala » de temps en temps, pendant l’orgasme peut-être pas parce que ça ne serait pas très joli à voir ou à entendre mais au moins quand les bleus marquent un but ? Non ?


Francis Bacon

En même temps, on ne peut pas lui en vouloir à ce peintre : avec un nom pareil, pouvait-il peindre autre chose que de la bidoche et de la charcuterie ?

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Les Magiciens :

Averell Dalton

Averell Dalton

Après deux millénaires de philosophie occidentale, orientale, arabisante, inuite ou inintelligible, il convient de remercier Averell Dalton. Ce sage en maillot rayé a établi la synthèse définitive de toutes nos interrogations métaphysiques. Son questionnement-réponse simplissime et récurrentissime clôt pour moi tous les débats philosophiques passés et à venir et nous rappelle que seul le matérialisme, dialectique ou pas, permet de toucher au divin : « Quand est-ce qu’on mange ? »

Marcel Gotlib

Il a fait sortir de son chapeau, de sa plume ou de son pinceau, le professeur Burp, Gai-Luron et sa souris, Isaac Newton et son enclume, la coccinelle, Hamster Jovial, tout le petit peuple de la Rubrique-à-brac, Bougret et Charolles, il était l’esprit de Pilote, du premier Echo des savanes et de Fluide Glacial… J’arrête là sinon je vais finir par pleurer devant le grand vide de la BD humoristique d’aujourd’hui, Fabcaro mis à part.

Charles M. Schulz

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Si je pouvais, je m’achèterais son intégrale des « Peanuts » en format à l’Italienne mais ma bibliothèque est déjà pleine à craquer de ses albums précédents. Je les relis périodiquement et à chaque fois je me tords de rire. Tout l’immeuble se demande alors à quoi est dû cet esclaffement gigantesque. Et moi j’ai bien du mal à expliquer, même à mon épouse qui n’y est pas sensible, pourquoi j’adore ces dialogues d’un autre continent où je n’ai jamais mis et ne mettrai jamais les pieds.



Georges Brassens

S’il pleut fort sur la grand’route, je sors dehors proposer mon parapluie Georges Brassens aux passantes.
Si septembre est ensoleillé, je vais à la promenade Georges Brassens et je chante « Les Trompettes de la renommée » ou « Les Dames du temps jadis » à la « Ballade avec Brassens »
Si je pense à Fernande…

18 janvier 2017

Consigne d'écriture 1617-15 du 17 janvier 2017 : Pour inventaire : fées et sorcières

Pour inventaire : fées et sorcières

 

AEV 1617-15 fee-avec-baguette-magique

AEV 1617-15 sorciere12

Nos fées et nos sorcières dans la vie, héroïnes réelles ou de fiction que nous aimons, craignons ou haïssons.

Nos magiciens et nos sorciers dans la vie, héros réels ou de fiction que nous aimons, craignons ou haïssons.

Faites la liste de qui vous aimez ou haïssez et expliquez en deux ou trois phrases pourquoi.

17 janvier 2017

Fées, sorcières et autres / Eliane

AEV 1617-15 marraine cendrillon

La marraine de Cendrillon : Bonne fée qui réusssit à procurer à Cendrillon, souffre-douleur de ses sorcières de belle-mère et belles-soeurs, un moyen de locomotion et une jolie robe pour lui permettre de briller de toute sa beauté au bal donné par le Prince (charmant).

Samantha, la sourcière bien-aimée, obligée de réprimer ses pouvoirs qu'un simple froncement de nez pouvait concrétiser, pour que son mari bien-aimé ne se sente pas diminué. Cette sorcière a tout d'une fée et combien de femmes, même à l'heure actuelle, se sentent obligées de faire de même ?

Cruella la méchante, la cruelle qui voulait se faire un manteau de la peau des 101 dalmatiens. La SPA en est toute retournée de même que Brigitte Bardot.

AEV 1617-15 sorcière bien aimée

Je voudrais mettre dans le même panier Donald Trump, Poutine et Bachar el Assad. Comment se fait-il que ces sorciers monstrueux se retrouvent au pouvoir ? Donald Trump, en plus, me semble un peu limité question intellect, mais ce n'est peut-être qu'une impression.

Dans les sorcières je classe également ma voisine du dessus que j'entends piétiner sur ses talons qu'il soit minuit ou 7 heures du matin et qui, de ce fait, trouble mon sommeil et ma quiétude.

Une autre qui a tout d'une sorcière, la belle-mère de ma fille qui fait partie de ces femmes détestables qui critiquent tout le monde tout le temps.

Toujours dans mes sorcières de proximité, je ne sais pas pourquoi moi, je suis celle d'une certaine Marie-France du cours de gym qui me déteste cordialement et me le fait sentir. Je n'ai pas élucidé le mystère. Moi qui ne suis que politesse et gentillesse à défaut, peut-être, d'être chaleureuse !

AEV 1617-15 vigo mortensen

L'acteur Vigo Mortensen est l'un de mes magiciens. Talentueux, beau, c'est une belle personne. Découvert dans « Le Seigneur des Anneaux », il est à voir dans « Appaloosa », dans un film sur Freud et Lacan dont j'ai oublié le titre et surtout dans « A History of Violence ».

Autre magicien l'acteur George Chakiri dont la grâce de danseur est éblouissante dans «West Side Story ».

Je ne peux bien sûr oublier l'Abbé Pierre et Coluche dans mes merveilleux magiciens, ces hommes au si grand cœur !

Dans les magiciens il faut aussi classer une foule d'auteurs qui m'ont fait passer de délicieux moments à m'émouvoir, rire ou pleurer, m'instruire aussi. Mais il serait trop long et fastidieux de les citer tous.

Dans ce registre il y a aussi des fées, notamment Colette, premier amour de la lectrice débutante que j'étais. Cette femme terrienne, sensuelle, libre.

AEV 1617-15 Colette

12 janvier 2016

Bâcler ou ne pas bâcler / Eliane

- Ne pas bâcler les réparations de ma voiture. J'ai beau en faire faire, elle n'est jamais contente et récidive avec une nouvelle panne, à moins que ce soit la même car la dernière n'avait pas été bien diagnostiquée.

- Bâcler les textes envoyés à Jean-Paul, ce que je n'ai pas fait depuis des temps immémoriaux.

- Bâcler les quelques nettoyages profonds que requiert mon appartement.

- Ne pas bâcler les coups de fil à mes enfants, ainsi que les visites régulières que je leur rends.

- Bâcler le tri de mes photos ainsi que leur gravure sur CD.

- Ne pas bâcler la définition d'une date pour un court séjour chez mon amie nantaise. Une date qui convienne à l'une comme à l'autre, les derniers essais effectués dans ce sens n'ayant pas été concluants.

- Ne pas bâcler les sorties culturelles ou autres. Ces derniers temps j'ai un peu trop tendance à ronronner dans ma bulle.

- Ne pas bâcler une visite chez l'ophtalmo histoire d'y voir un peu plus clair, dès que les finances englouties par ma voiture me le permettront.

- Ne pas bâcler la recherche de choses drôles qui me font rire ainsi que de choses émouvantes qui me font pleurer. Les émotions, c'est la vie.

- Ne pas bâcler de passer du temps au bord de l'étang cet été, pour le moral et la vitamine D, ainsi, peut-être de nager dans le dit étang pour le plaisir, le souffle et la musculation.

- Bâcler les inévitables conversations entre voisins dans les allées des jardins ou devant les boites aux lettres.

 

AEV 1516-15 Eliane coiffeur

- Bâcler les séances chez le coiffeur dont je ressors toujours mécontente.

- Bâcler le branchement de la télévision sur le net. Mes essais ne sont jamais concluants et je ne comprends rien à la notice. Me reste à acheter un nouvel adaptateur si je veux continuer à recevoir les chaînes après avril. C'est tout de même affligeant d'être aussi nulle avec les nouvelles technologies.

- Bâcler les inévitables séances de lavage/dépoussiérage de la voiture, cela peut toujours attendre.

- Bâcler les visites chez le médecin pour des renouvellements d'ordonnances. Enfin, là, je n'ai pas le choix !

-Ne pas bâcler de chercher à savoir ce qui ne va pas dans mes équipements audio. Impossible d'écouter un CD ou un disque vinyle dans de bonnes conditions. Heureusement il y a la radio, sans elle plus de musique !

13 octobre 2016

Brexit avant l'heure / Jean-Paul

Si les Anglais avaient voté pour le Brexit en 2000 avant Jésus-Christ, ils seraient restés sagement chez eux à boire du thé sur le coup de cinq heures, à tondre leur gazon pour qu’il soit plus vert et plus impeccable que le chapeau melon de mon oncle qui est tailleur et qui est riche.

Il y a des tas de choses auxquelles nous n’aurions pas eu droit et nous nous en serions peut-être portés mieux – ou pas.

Sans la guerre de cent ans, déjà, on aurait échappé à Jeanne d’Arc. Les riverains de la place du Vieux marché à Rouen n’auraient donc pas été incommodés par une vieille odeur de cramé le 30 mai 1431. Accessoirement le 1er mai serait peut-être resté la fête des travailleurs syndiqués plutôt que celle des adorateurs de la famille et de la patrie qui se gourent de date pour commémorer la disparition de leur sainte pucelle.

Henry-VIII

Henry VIII ne serait pas venu faire le malin dans la jungle de Calais pour y poser son camp du drap d’or et jouer au bras de fer gréco-romain avec Anchois Pommier. Anchois Pommier ! Que celui qui n’a jamais péché ou pêché me jette la première pierre, l’hameçon et le trognon !

Pas de coup de Trafalgar pour Napoléon the first, l’homme à la main dans le gilet pas en tweed. Le facteur « amiral Nelson toujours deux fois » n’aurait gêné en rien les conquêtes du Corse le plus célèbre au monde après Tino Rossi.

 Mais il y a aussi des choses dont on n’aurait pas été gratifiés et ça, c’eût été bien dommage. Dans le fish and chips littéraire de l’héritage Grand-Breton, par exemple, même s’ il faut trier un peu.

Le rendez-vous au tas de sable du « Oh les beaux jours » de Samuel Beckett est sans doute moins drôle que les réparties de la « Cantatrice chauve » d’Eugène Ionesco. Je n’ai jamais eu l’occasion de lire ou de voir cette pièce, même pas en attendant mon tour chez le docteur Godot.

ivanhoe

J’ai toujours confondu « Les Hauts de Hurlevent » avec les hurlements de Léo (Ferré) et je ne sais jamais laquelle des sœurs Brontë a écrit « Raison et sentiments de Beatrix Potter » et « Orgueil et préjugés de Jane Austen ».

Sans Ivanhoé et Robin des Bois transposés au cinéma en cinémascope on aurait dû se contenter de Thierry la Fronde en noir et blanc sur un écran de télé même pas plat. C’eût été un peu « cheap », non ?

Qui aurait écrit « Etre ou ne pas être, c’est là la question », « Mon royaume pour un cheval ! » « Il y a quelque chose de pourri au royaume de Danemark ». D’ailleurs, on ne sait même pas si c’est Shakespeare lui-même qui a écrit cela. Il parait qu’il utilisait beaucoup le playback. Ces paroles sont peut-être de Bernard Lavilliers, finalement ?

On aurait dû se passer du Frankenstein de Mary Shelley. Moi, ça ne me gêne pas trop : la chirurgie inesthétique n’est pas ma « cup of tea » et je n’aime pas qu’on me parle, à table, de biopsie, de pansement et de nez qui tombe avec quand on le retire. C’est ce qui est arrivé au sphinx de Gizeh, paraît-il. Mais alors, pas de « Frankenstein Junior », de Mel Brooks. Zut alors !

Monty_Python_Sacre_Graal

Pour « Alice au pays des merveilles » de Lewis Carroll je suis plus mitigé. Autant cette histoire de voyage souterrain m’avait flanqué la trouille lors de la première lecture lorsque j’étais gamin, autant ce vieux garçon photographe semble flirter à la limite de la pédophilie, autant le coup du lapin à montre à gousset, le trempage de marmotte lors de la cérémonie du thé, Humpty Dumpty, le chapelier fou et le chat de Chester sont devenus avec le temps des copains loufoques que j’ai fait passer allègrement dans la famille Monty Python, celle où l’on voyage à pied en frappant des noix de coco pour imiter le trot du cheval dans un univers où le monstre le plus sanguinaire qui soit est justement un petit lapin blanc ! Sacré Graal, va !

Et puisqu’on va parler de cinéma bientôt, en cas de Brexit avant l’heure pas de « Merlin l’enchanteur », pas de roi Arthur parodié dans « Kaamelott », pas de patrouille des éléphants dans « Le livre de la Jungle » ! Ca commence à se faire rude-Yard Kipling !

Sherlock_Holmes

J’aurais eu beaucoup de mal aussi à me passer d’Hercule Poirot – C’est un Belge, pourtant, il aurait résisté à l’engloutissement ! – de Miss Marple, de Lestrade, le stéréoscopique Dupond-Dupont de Scotland Yard, et des adaptations d’Agatha Christie au cinéma et à la télévision.

Pareil pour les élémentaires Holmes et Watson, premiers représentants du surmoi sociétal qui met un flic en chacun de nous, comme on fait avec les cookies sur les ordinateurs. Espionner, maintenant, c’est du gâteau ! C’est vrai qu’il faut bien démêler les mystères du smog, faire taire le chien des Baskerville et arrêter Jack l’éventreur mais je l’aimais bien aussi, Arsène Lupin, à la même époque : c’étaient là mes boulimiques lectures d’élève de 5e A au Lycée-Collège Benjamin Franklin à Lille (Nord) au siècle dernier (Twentieth century, folks ?).

Je ne peux me prononcer sur J.K. Rowling et son personnage de jeune magicien à lunettes. J’espère juste qu’Harry Potter l’emportera sur Harry Potfer. C’est comme pour Terry Pratchett que mon épouse dévore depuis un an avec voracité. Ce sont là des lectures « à venir » que j’entamerai quand je serai en retraite. 

Mary Poppins

Mais surtout… Qu’aurait été notre vie sans Mary Poppins, sans ce morceau de sucre qui aide la médecine à couler, sans Supercalifragilisticexpialidocious, sans les pingouins qui dansent, sans la guimauve qui coule des notes de « Tuppence a bag », sans ce discours écolo naïf qui nous va si bien au teint : « Mieux vaut nourrir les oiseaux qu’engraisser les banquiers ». Si nous avons tous en nous quelque chose de Ken Loach, c’est à John « Give peace a Chance » Lennon et à Mary « Magic »Poppins que nous le devons !

Et alors là, côté musique, sans les Beatles, sans Kevin Ayers, sans Mike Oldfield, sans Hawkwind, sans Uriah Heep, sans Pink Floyd, sans Dire Straits, sans Genesis, sans Supertramp, que fussé-je devenu ?
Avec juste Mireille Mathieu, Desireless, Line Renaud ou Sheila pour remplacer Maggie Reilly, Maddie Prior et les toutes chanteuses irlandaises ? Avec Michel Sardou privé de lacs du Connemara pour nous faire oublier Paul McCartney ou les Pogues ?

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Qu’ai-je oublié encore dans les bonnes choses que nous devons aux habitants de l’UK ? Vendredi n’aurait jamais rencontré Robinson, Roger Couderc n’aurait pas commenté le tournoi des cinq nations. Il n’y aurait pas eu « Allez France » de Robert Dhéry, James Bond pour qui aime ça, « Astérix et les Bretons » et surtout le génial « Prisonnier » du village de Portmeirion !

C’est pourquoi, finalement, et c’est tant pis pour l’idée que vous vous faisiez de mon affection pour la démocratie, je suis bien content qu’ils n’aient pas eu le droit de vote, les rosbifs, en 2000 avant Jésus-Christ !

13 octobre 2016

Consigne d'écriture 1617-05 du 11 octobre 2016 : Le Brexit avant l'heure

Le Brexit avant l'heure

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On collecte du vocabulaire concernant le Royaume-Uni.

Chacun fournit

- Entre cinq et dix noms de personnes ou personnages emblématiques (écrivains, musiciens, acteurs, hommes ou femmes politiques, personnages de romans, etc.) ;

- Entre cinq et dix noms de lieux ou d’objets significatifs.

Avec les mots de la collecte on évoque ce que serait devenu le monde si les Britanniques avaient voté pour le Brexit en 2000 avant Jésus-Christ ou si l’Angleterre n’avait jamais existé.

La collecte donne :

Agatha Christie - Alfred Hitchcock - Charles d’Angleterre - Charles Dickens - Elizabeth 1ère - Henry VIII - Ivanhoé - Jack l’éventreur - James Bond - Jane Birkin - Jerome K . Jerome - Julie Andrews - Ken Loach - La reine Elizabeth - La reine Victoria - Le chapelier fou - Le docteur Watson - Les Beatles - Les soeurs Brontë - Mary Poppins - Mary Shelley - Petula Clark - Robin des Bois - Sherlock Holmes - Un horse guard - William Shakespeare - Winston Churchill 

Big Ben - Cambridge - Chapeau melon et bottes de cuir - Edinburgh - En attendant Godot - L’Ecosse - L’île de Skye - L’Irlande - La conduit à gauche - La Cornouaille anglaise - La moquette épaisse - La Tamise - La tour de Londres - Le Christmas pudding - Le Connemara - Le fish and ships - Le five o’clock - Le kilt - Le Loch ness - Le pays de Galles - Le thé - Les bus à impériale - Les cabines téléphoniques rouges - Les cottages - Les gelées anglaises (jellies) - Les joyaux de la couronne - Les pelouses - Les taxios noirs - Picadilly circus - Portmeirion - Scotland Yard - Stonehenge - Trafalgar square - Un bobby 

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13 octobre 2016

Sans l'Angleterre / Eliane

Si l'Angleterre n'avait pas existé, ou si nous ne l'avions pas connue parce que rien n'aurait filtré de cette île, qu'aurions-nous manqué ?

Nous n'avons pas été envahis par la manière de vivre des Anglais comme nous l'avons été par celle des américains. Globalement il nous aurait manqué de la littérature et de la musique, ainsi que quelques films cultes et quelques cinéastes.

Pour moi, précisément, m'aurait manqué Ivanhoé, enfin pas manqué puisque je ne l'aurais pas connu, mais enfin : quel dommage !

Ivanhoé, j'ai vu le film étant enfant et je suis immédiatement tombée amoureuse du héros. L'acteur qui l'incarnait n'avait rien d'anglais, puisque américain, je crois me souvenir que c'était Robert Taylor, mais le héros, lui, était bien anglais.

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M'auraient manqué aussi les romans des sœurs Brontë que ma maman m'a fait connaître à l'adolescence et que j'ai dévorés.

Plus tard j'aurais été bien triste de ne pas suivre les enquêtes de Sherlock Holmes et de son fidèle Dr Watson, paire hors pair pour résoudre les affaires les plus compliquées.

Je n'aurais pas connu non plus Oscar Wilde qui s'était arrangé pour ne pas vieillir en faisant vieillir son portrait.

Je n'aurais jamais vu « Les oiseaux » d'Hitchcock, tiré d'une nouvelle de Daphné du Maurier, romancière anglaise que j'avais lue et aimée.

Je n'aurais jamais vu les « James Bond ». Bon, ça à la rigueur j'aurais pu m'en passer malgré le charme de Sean Connery.

Je n'aurais jamais vu la série « Chapeau melon et bottes de cuir ».

Je n'aurais jamais entendu Pétula Clark et ses bottes dans la gadoue.

Jamais entendu non plus les quatre garçons dans le vent appelés les Beatles.

Jamais entendu Henry Purcell ni Duran-Duran, jamais non plus les Shadows ni le phénomène Hendrix. Bon je vais m'arrêter là, je ne suis pas si fan que ça de la musique anglo-saxonne, moi qui suis amoureuses des belles chansons à textes françaises.

Je n'aurais jamais admiré Julie Andrews dans « Mary Poppins » que j'ai fait découvrir à mes petites filles, qui me l'ont réclamé moult fois, si bien que je le connais par cœur.

Je n'aurais pas, très jeune, dévoré les livres de Julien Green plutôt que ceux de Graham Greene.

Nous avons partagé avec l'Angleterre de longues périodes d'histoire. Qu'aurions-nous fait si elle n'avait pas été là ? Pas de mariages arrangés pour nos rois et reines, pas de Guerre de Cent Ans, Jeanne d'Arc serait restée bien sagement à Domrémy y garder ses moutons.

AEV 1617-05 Prince CharlesNous ne saurions rien du terrible Henry VIII qui a réussi à supprimer six épouses et, pour l'une d'elles, à se fâcher avec l'Eglise Catholique, créant du même coup l'Eglise Anglicane.

Et nous ne saurions toujours rien de la famille royale britannique dont les faits et gestes remplissent des pages de nos journaux people et ça, par contre, ne serait pas un mal.

J'ai eu l'occasion de traverser la Manche deux fois. La première fois pour un très court week-end à Londres avec des copines. J'ai donc circulé dans l'un de leurs taxis noirs, emprunté leurs bus à impériale, entendu Big Ben sonner, passé devant Tower Bridge et le Horse Guard de Buckingham Palace, trainé dans les rayons du grand magasin Harod's

AEV 1617-05 Portmeirion - vue generale from GazeboLa deuxième fois j'ai passé une semaine à sillonner le Pays de Galles. Dépaysement garanti. Conduite à gauche, Bed and Breakfast, five o'clock… Simples sandwiches sans saveur le midi. Mais quand même de belles visites. Beaucoup de châteaux forts, villages aux noms interminables, troupeaux de moutons barrant la route, collines vertes, de jolis cottages ici ou là, fish and chips dans les petites villes. Mais surtout visite de ce village, entièrement fabriqué, où furent tournés les épisodes de la série « Le prisonnier ».

Etrange sensation : je n'avais pas lu de quoi il retournait avant de venir sur les lieux et j'avais simplement, en marchant dans les pas du « Numéro 6 » une impression de déjà vu, de déjà vécu. Je me posais des questions sur une éventuelle vie antérieure jusqu'à ce qu’un tilt dans mon cerveau me fasse réaliser où j'étais.

Voilà, je n'aurais pas connu tout ça si l'Angleterre n'avait jamais existé ou si, de tous temps elle était restée repliée sur elle-même.

19 novembre 2016

Consigne d'écriture 1617-08 du 15 novembre 2016 : Rat le bol en 7 mots

Rat le bol en 7 mots

C'est une variante du jeu n° 76 du livre de Pierre Frenkiel déjà évoqué par ici (90 jeux d'écriture). Sur la grille ci-dessous, chacun inscrit son prénom puis sept lettres de l'alphabet dans la 1ère colonne à gauche et 7 autres dans la dernière colonne à droite.

AEV 1617-08 Consigne des sept mots

 

Les feuilles tournent sept fois et chacun inscrit un mot qui commence par la première lettre et finit par la dernière. Le nombre de lettres du mot importe peu. Si rien ne marche, on invente un nom propre, par exemple "Itchcoq" pour relier I et Q.

La feuille est rendue à son propriétaire. Il lui est demandé alors d'inclure cinq des sept mots récoltés dans un texte sur le thème du "rat le bol". (Cette consigne-là est celle du Défi du samedi n° 429)

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4 octobre 2016

Ernest et Bernadette vont à Lourdes. 9, Road movie / Eliane

Le neuvième jour ils firent étape à Mont-de-Marsan. Ils avaient pris la route qui, à partir de leur étape de Bordeaux, traverse la forêt de pins des Landes Sur cette route il avait plu sans arrêt. La pluie rendait la forêt sombre, Ernest n'arrêtait pas de râler qu'il n'y voyait rien à travers ses lunettes et qu'il commençait à ressembler à une éponge sous son trop léger vêtement de pluie. Bernadette riait et lui demandait pourquoi il n'avait pas pris l'option « essuie-glace » au moment de l'achat de ses lunettes.

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Ernest continuait de bougonner. Comment allaient-ils s'y prendre pour sécher leurs vêtements ? Auraient-ils donc oublié d'ajouter le sèche-linge dans la petite remorque qu'il tractait et qui contenait leur matériel de camping ?

Bernadette riait de plus belle et l'eau de pluie qui ruisselait de son visage lui entrait dans la bouche.

- Nous trouverons bien une laverie automatique qui, moyennant quelques euros, nous rendra nos vêtements tout secs et tout chauds ! Allons, tout ira bien, le rassurait-elle, Mont de Marsan est une petite ville mais tout de même assez grande pour offrir tous les avantages de la civilisation moderne. Allez souris, Ernesto !

Le « Ernesto » avait le don de mettre notre Breton en fureur. S'il avait entrepris ce long voyage dont la finalité lui paraissait douteuse vers cette ville de Lourdes où, affirmait-on, se produisaient des miracles, c'était bien pour oublier le Che, cette légende, ce mythe dont l'image fleurissait encore partout, que tous les jeunes et les moins jeunes encensaient.

L'eau miraculeuse ferait-elle des merveilles ? La bonne vierge comprenant son calvaire, ferait-elle disparaître de toutes les mémoires, de tous les livres, de tous les films ou documentaires l'image et le récit de la vie d'Ernesto Che Guevara ? Le portait, toujours le même, disparaîtrait-il de tous les tee-shirts, sacs à dos ou autres supports ? La chanson « Commeadante Che Guevara »serait-elle tout à fait introuvable, même chez les meilleurs disquaires vendant du vintage ?

AEV 1617-04 les arènes du Plumaçon BisErnest ruminait ces sombres pensées tout en pédalant énergiquement. Bernadette, elle, avait potassé les guides touristiques. Elle savait que dans leur prochaine ville étape, il y avait un musée dans une ancienne tour restaurée qui montrait beaucoup d'oeuvres d'un sculpteur local dont elle avait oublié le nom. Elle savait qu'il y avait des arènes et qu'il y avait toujours des corridas à l'occasion des grandes fêtes. Elle ne se souvenait pas s'il y avait des mises à mort. Elle espérait que non, et si c'était le cas elle aimerait bien voir le spectacle au moins une fois.

Elle savait qu'il y faisait bon vivre, qu'il y avait des terrasses de café, le plus souvent inondées de soleil, que chaque maison avait son jardin et dans chaque jardin une piscine. Bien sûr la couleur actuelle du ciel ne présageait pas de tels moments de bronzette. Mais elle savait aussi que la gastronomie du Sud-Ouest était réputée, au moins pourraient-ils peut-être se régaler de magrets de canard. Enfin on verrait bien. La situation géographique de Mont de Marsan est assez enviable, pas très loin de la mer pour quelques escapades d'une journée, et pas non plus très loin des Pyrénées pour de courts séjours de ski.

Elle tentait, par bribes, de vanter tous ces avantages auprès de son compagnon qui demeurait sourd à cela. Il en avait plein le dos, de ce voyage, fin de commentaires !.

Ils furent très vite rendus à destination. C'etait peut-être leur plus courte étape et ils bénéficiaient du retour du soleil. Cela rendrait-il son sourire à notre ami bougon, pas sûr, d'autant qu'ils eurent bien du mal à s'orienter dans cette ville pleine de rues assez étroites et de sens interdits, chiche en panneaux indicateurs. Ils eurent du mal à circuler. Cette petite ville n'avait rien à envier aux grandes question circulation et embouteillages. Peut-être était-ce la mauvaise heure ?

Ernest pestait de plus belle, qu'étaient-ils venus faire dans cette galère ? Ils finirent par aboutir au centre-ville, mais au Sydicat d'Initiative on les informa que les deux campings municipaux étaient complets. Ernest se demandait ce que les gens pouvaient bien venir faire dans cette ville où il n'y avait rien à faire.

AEV 1617-04 Nahuques-1Pleins de ressources, les deux amis plantèrent leur canadienne dans le Parc de Nahuques, joli parc aménagé sur les bords d'une des trois rivières qui confluaient à Mont de Marsan.

Ils mirent des vêtements secs et se mirent en quête d'une laverie automatique possédant un sèche-linge. Ils ne trouvèrent rien au centre-ville. Ils reprirent donc leurs vélos et, après quelques errements, n'étant pas équipés de GPS, arrivèrent quand même dans un centre commercial de bonne taille, où ils purent sécher leur linge et se restaurer rapidement. Oubliés, hélas, les magrets de canard.

Puis il se fit tard, ils rentrèrent bien vite, pressés de retrouver leurs duvets.

18 octobre 2016

Bretelle et Garance / Marie-France

AEV 1617-06 fete-machicote-folie-douce-avec-bretelle-et-garance-melrandQuand je te vois,
Toi l'Amie,
Ma Manolita,
Sur ton lit de bois
Trop petit
Et sans matelas
J'entends ta voix.

Ébahi
Je reste pantois.

Tu chantes la joie
Et ta douce folie
Me met en émoi.

AEV 1617-06 bretelle-et-garance-e1351437646229Mais quand tu ronfles
La baudruche se dégonfle
Et la mélodie s'estompe ;
Je suis ton amant Bretelle,
Je joue sur mon piano à bretelle
Une longue ritournelle
Et je t'emmène au 7ème ciel.

Je voudrais te dire merci,
Toi, ma belle amie,
Pour cette chouette nuit.

Je rejouerai de l'accordéon
Et tu m'accompagneras au violon
Pour une dernière chanson.

AEV 1617-06 clownMais Gaspard, ce lascar,
Est arrivé là par hasard,
Muni de son nez de clown.

Il en était à son dernier round.

Il a trouvé très chouette
De nous trouver là en nuisette
Puis discrètement il s'en est allé
Sur la pointe des pieds.

A l'unisson nous lui avons envoyé
Un joli pied de nez
Et nous avons de nouveau sombré
Dans cette nuit d'été
Et de félicité.

18 octobre 2016

Porême / Jean-Paul

AEV 1617-06 boa 2

Pour écrire un porême drôle
Il faut sortir de sa gerôle
Le bora bora constrictor
Du zoro de La Flèche (Sarthe)

Et un chanteur belge

Il faut dire du bora bora
Qu’il s’appelle Gargantura,
Que dans son estomac marousse
Il avale tous les hiratus

Et un chanteur belge

AEV 1617-06 boa 3

Il mange tout ce qui se présente
Les vahrinés de Tahriti,
Le tout dernier des Mohricans
Assis sous un grand barobab

Et un chanteur belge

Il dévore toute la Bohrême
L’Oklahroma et l’Irowa
Les canorës et les kayaks
Qui flottent sur le fleuve Ohriro

Et un chanteur belge

AEV 1617-06 boa 4

Il bouffe Rahran fils de Craro,
Ivanhoré, Anarïs Nin,
Yannick Norah, Etienne Dahro
Laro tseu, Yehrudi Menuhrin

Et un chanteur belge

Quand le vent souffle et vous fourette
Il avale des tas d’oiseaux,
Mourettes, chourettes, alourettes,
Et même parfois l’érolienne

Et un chanteur belge

Il croque des bahruts Henri II,
Des hommes du nérolithique,
Des murs pleins de dazibaros
Et de graffitis hérorïques

AEV 1617-06 Stromaé

Et un chanteur belge

Le chanteur belge c’est Stromaré !
Il est stromarrant, ce porême,
Non ?

Moi-même j’en suis tout ébahri
Comme fait mon éléphant rose

Mais le bora bora
Du zoro de La Flèche
Je n’irai pas le voir

Car je m’appelle Joe
- On dit parfois Joré –
Joré Paduvnirla !

Je suis un gars prudent
Je m’méfie des serpents
A sornettes
Et de ces chanteurs belges
Qui réclament « Au suivant » !

N.B. Les trois premières illustrations sont extraites du "Petit prince" d'Antoine de Saint-Exupéry.

5 octobre 2016

Consigne d'écriture 1617-04 du 4 octobre 2016 : Ernest et Bernadette vont à Lourdes

Ernest et Bernadette vont à Lourdes

160925 265 087

L'animateur montre cette photo aux participants.

Il leur demande de choisir une ville ou un village situé entre Carhaix et Lourdes.

Il résume brièvement la biographie d'Ernesto Guevara et celle de Bernadette Soubirous extraites de Wikipedia.

Puis vient la consigne : 

"Ernest Guinvarc’h en a marre de voir son image, enfin celle de son sosie, Che Guevara, affichée partout sur les sacs, les tee-shirts, les posters de tous les bobos de partout en ce début de XXIe siècle.

Sa jeune voisine, Bernadette Soubeyrou, le persuade de faire un pèlerinage à Lourdes afin de demander assistance à la Vierge Marie dont elle dit à Ernest qu’elle la connaît personnellement.

C’est l’été. Ernest et Bernadette se mettent en route. Ils voyagent à vélo avec une remorque attachée à la bicyclette d’Ernest dans laquelle il y une tente canadienne, un camping-gaz, de la bouffe et quelques affaires de rechange.

Vous racontez leur étape du soir dans une ville ou un village de votre connaissance situé entre Carhaix et Lourdes. Le caractère de Bernadette est enjoué et optimiste, celui d’Ernest est bougon et brouillon.

Votre texte commence obligatoirement par « Le énième jour, il firent étape à …. »

Cette consigne est née d'un commentaire d'Adrienne sous la photo sur le blog de Joe Krapov. 

27 septembre 2016

Les croix / Marie-France

Avec une infinie tendresse, la foule les yeux levés,
Regardait avec inquiétude et admiration,
L'enfant se balancer sur son fil, si fragile.
Les spectateurs béats et attentifs
Poussaient des Oh et des Ah
Il ne leur en fallait pas plus pour être heureux.

AEV 1617-03 20229739-B-b-seamless-de-mignonne-petite-girafe-illustration-color-e-Banque-d'images

Au sol, la girafe s'était invitée,
Perchée sur une boule,
Elle se dandinait tout autour de la piste,
Et saluait majestueusement au passage,
Les petits et les grands.
C'était assurément une girafe acrobate.
Elle donnait l'illusion de se mélanger les pattes
Mais à chaque fois se rétablissait,
Et la boule roulait, roulait…

Les papys et les mamies,
Les grands et les petits
Se reculaient au passage
De cet animal un peu sauvage.
Mais chaque fois qu'elle semblait s'en aller,
Ils en redemandaient
De ces numéros d'équilibre.
Ils se sentaient transportés
Au 7ème ciel de la félicité.

AEV 1617-03 stickers-cirque-elephant-sur-un-monocycle-R0-204289

L'espace d'une soirée
On se sentait pousser des ailes,
On aurait aimé rejoindre
L'enfant sur son fil.
Maintenant il se balançait
Sur un trapèze volant,
Et soudain retombait
Sur le dos d'un éléphant.

Un tonnerre d'applaudissements,
Et tous les animaux présents,
Sont venus nous saluer
Avant de s'en aller,
La queue en balancier.

Ils avaient été bien obéissants,
Dociles et appliqués.
J'en arrive à penser,
Comme l'a si bien écrit Henry :
« Tout animal vaut mieux que l'homme ».
N'est-ce pas petit bonhomme ?

Ecrit à partir du schéma-dessin ci-dessous.

AEV 1617-03 Marie-France - Les 7 croix

 

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