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L'Atelier d'écriture de Villejean
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9 décembre 2015

Consigne d'écriture 1516-12 du 8 décembre 2015 : Encres d'automne 10

Encres d'automne 10

 

"Encres d'automne" est un concours d'écriture organisé par la bibliothèque de L'Ermitage.

Il s'agit d'écrire un texte dans lequel on doit insérer entre dix et quinze titre de romans récemment acquis par la bibliothèque :

2084 : la fin du monde
Boussole
Ce cœur changeant
Ce pays qui te ressemble
Ce qui ne me tue pas
Check-point
D’après une histoire vraie
Délivrances
Et je danse, aussi
La brigade du rire
La dernière nuit du Raïs
La faille
La fille du train
La maladroite
La neige noire
La petite femelle
La prétendue innocence des fleurs
La septième fonction du langage
La théorie de la tartine
Le cœur du pélican
Le livre des Baltimore
Le renversement des pôles
Les nuits de laitue
Les prépondérants
Les promesses
L’homme qui ment
L’oiseau du bon Dieu
Lontano
Mirage
N’appartenir
Nos si beaux rêves de jeunesse
Petit piment
Petits plats de résistance
Seul, invaincu
Soudain, seuls
Temps glaciaires
Tout ce qui est solide
se dissout dans l’air
Toute la lumière
que nous ne pouvons voir
Un homme dangereux
Un mauvais garçon
Une fille de rien
Vernon Subutex
Viscères

 

AEV 1516-12 Boussole 119179

 

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6 janvier 2016

Consigne d'écriture 1516-14 du 5 janvier 2016 : Le Voyage d'Egypte

 

 

L'animateur distribue une liste de mot qui se terminent par le son is (orthographiés isse ou ice, peu importe). Il est demandé d'inventer des noms de personnages égyptiens à partir de cette liste comme on en porte dans "Astérix et Cléopâtre".

AEV 1516-14 Numérobis 119179

 

Il fournit également la liste descriptive des hiéroglyphes égyptiens.

avant-bras - bande d'étoffe frangée - bouche - boule de corde - Butte de terre - chouette - cobra - corbeille - cruche - eau - enfant portant la main à sa bouche. - entrave pour animaux - étendard de temple - femme assise - flamant rose - jonc - linge - Lion - main - maison - montagne - oiseau à tête humaine -  pain - pente - pièce d’eau - pied - plan ou cour de maison - poussin de caille - queue de taureau - roseau fleuri - roseaux fleuris - siège - soleil - support de jarre - tresse de lin - vautour - verrou - vipère à cornes 

On collecte également du vocabulaire ayant rapport vaec l'Egypte :

Le Nil - le sphinx - Néfertiti - le sable - le nez de Cléopâtre - pharaon - Tout An Khamon - pyramide - obélisque - le phare d'Alexandrie - scarabée - profil - scribe - Cléopâtre - Râ (le soleil - la croisière - la felouque - le buisson ardent - la momie - Alexandrie - Ramsès II

On écrit un texte dans lequel on mêle tous ces éléments.

 

10 avril 2018

A plus d'un titre, tombé du crayon / Maryvonne

A moi les monstres  qui me bouffent les mots dans ma cervelle ! Au moment où je veux vous servir sur le plat de la langue un propos complet, une phrase pleine de sens, Crac ! Voilà un mot qui éclate comme une bulle. J'ai beau le remplacer par une périphrase l'effet est fichu. La phrase avec une prothèse n'a plus sa beauté naturelle. Ce n'est pas vraiment la fuite des idées ni la tête en l'air. C'est le syndrome du mot-savonnette.

Maman ! J'ai peur d’attraper ta maladie. Je sais il paraît que ça arrive à tout le monde, je ne sais  si je suis pire ou mieux que les autres vieux mais moi qui aime les mots ça me file un coup de blues à chaque fois avec la rage en d'dans.

Avez-vous vu une tablée de sexa- ou octogénaires à la recherche du nom de l'acteur qui jouait Machin dans le film Truc ? C'est pathétique. Les rappelle-moi !Pourtant je ne connais que lui ! Puis le silence, puis rien, puis soudain il y en a un qui chope la soupape et trouve la  solution. Il lève les bras au ciel comme si il avait marqué un but à la finale de la coupe du monde. Tout juste si on ne sert pas le champagne pour la pêche miraculeuse de ce nom frétillant qui refusait de se faire prendre dans l'épuisette de nos mémoires.

Bien entendu c'est en rentrant chez soi que le mot délinquant , ce voyou, arrive en retard. Bâtard ! C'est maintenant que tu rentres ?

Si au moins nous pouvions nous dire : « Demain, ça s'ra vachement mieux. Que dalle! Je peux toujours manifester en agitant le drapeau de la colère. Adios les mots qui s'envolent à tire d'aile !

Remember ma verve quand j'avais encore les pommettes saillantes qui me donnaient l'âme slave , quand mes yeux avaient le reflet bleu tombé du ciel , que mes jambes dansaient le rock et mes fesses la java des chaussettes à clous. Excès de zèle me direz-vous ! Vous n'étiez pas là pour voir, mais juste croyez-moi.

 J'aurais bien voulu que ça continue mais ne vous en faites-pas je vais trouver le courage de vivre même si un jour me poussent les ailes du silence. Quand le vague à l'âme me prendra, je penserai à vous, à vos rires, à votre attention bienveillante du temps où les mots glissaient tout seul au bout de mon crayon.

 Après quand je serai morte, qu'il y aura une mouche sur ma bouche, vous ne pourrez même pas dire : « Ci-git une star du verbe » car le verbe, les dernières années, aura été imparfait, décomposé et sans futur.

1718-25 Higelin

17 février 2016

Consigne d'écriture 1516-18 du 16 février 2016 : Le Jeu du post it

Le Jeu du post-it

DDS 543 jeu-du-post-it

On devrait plutôt l'appeler le jeu du chevalet.  Il en distribue un à chaque participant.e sans que celui-ci ou celle-ci ne voie ce qui est écrit dessus, qui sera son identité  tout au long de la séance. Tout le monde par contre voit qui est qui.

A tour de rôle chacun pose des questions - dix en tout - pour essayer de deviner qui il ou elle est. Tous les autres répondent. Questions et réponses sont notées sur sa feuille par celui (celle) qui cherche son identité.

On écrit ensuite un petit texte pour expliquer comment il se fait qu'on ait réussi à  s'identifier ou pas.

30 mars 2016

Consigne d'écriture 1516-24 du 29 mars 2016 : Proverbes bantous

Proverbes bantous

 

On collecte du vocablulaire :

- des mots qui contiennent plusieurs fois la lettre a (ananas, ratafia, alpaga, etc.)
- des mots relatifs à l'Afrique (noms de pays, d'animaux, etc.)
- des mots de quatre syllabes (plaisanterie, humanité, Mauritanie, etc.)
- des mots dans lesquels on entend la même voyelle répétée deux ou trois fois (bonobo, biribi, etc.)

 

L'animateur distribue des listes de proverbes, écossais, français, polonais, africains et russes.

Il est demandé de garder la structure des proverbes et d'utiliser le vocabulaire collecté pour créer des proverbes bantous.

AEV 1516-24 proverbes bantous

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20 avril 2016

Consigne d'écriture 1516-25 du 19 avril 2016 : Bon, mais, alors, et

Bon, Mais, Alors, Et

 

Vous devez résumer de manière drôle, en quatre phrases, un roman, un film, un conte, une fable, une pièce de théâtre, une chanson, une bande dessinée, une série télé, un poème, une œuvre, votre vie ou ce que vous voulez.

Simplement la première phrase commence obligatoirement par « Bon », la deuxième par « Mais », la troisième par « Alors » et la quatrième par « Et ».

Essayez de garder un côté mystérieux pour que le texte ressemble à une devinette

 

AEV 1516-25 Pénélope

Suggestions :

Romans

Le petit prince / St-Exupéry - Madame Bovary / Flaubert - Les Rougon-Macquart / Zola - Candide / Voltaire - Robinson Crusoe / Daniel Defoe - Don Quichotte / Cervantes - L’Odyssée / Homère - Les voyages de Gulliver / Swift - La métamorphose / Kafka - Les Misérables / Victor Hugo - Moby Dick / Hermann Melville - Alice au pays des merveilles / Lewis Carroll

Contes

- Aladin, ou la Lampe merveilleuse - Ali Baba et les Quarante Voleurs - Le Chat botté - Peau d'âne - La Barbe bleue - Cendrillon, ou La Petite Pantoufle de verre - Riquet à la houppe - Le Petit Poucet - La Belle au bois dormant - Le Petit Chaperon rouge - La Princesse au petit pois - La Petite Sirène - La Petite Fille aux allumettes - La Bergère et le Ramoneur - Blanche-Neige - Hansel et Gretel - Le Vaillant Petit Tailleur - Le Joueur de flûte de Hamelin - La Belle et la Bête - Boucle d'or et les Trois Ours - Jack et le Haricot magique - Les Trois Petits Cochons - Le lièvre et la tortue - La cigale et la fourmi - Le corbeau et le renard - Le chêne et le roseau - Perrette et le pot au lait

Chansons

A la claire fontaine - Alouette, gentille alouette - Au clair de la lune - Auprès de ma blonde (Chanson de marche) - Aux marches du Palais - Cadet Rousselle - Compère Guilleri - Dame Tartine - Do, do, l'enfant do - En passant par la Lorraine - Fais dodo, Colas mon p'tit frère - Frère Jacques - Le furet - Gentil Coquelicot - Il était une bergère - Il pleut, il pleut, bergère (Fabre d'Eglantine) - J'ai du bon tabac - Malbrough s'en va t'en guerre - La mère Michel - Meunier, tu dors - Mon père m'a donné un mari - Monsieur de la Palisse - Nous n'irons plus au bois - Prom'nons nous dans les bois 

1 juin 2016

Consigne d'écriture 1516-31 du 31 mai 2016 : Les Citations de Michel Audiard

Les citations de Michel Audiard

 

Insérez au moins trois citations de Michel Audiard dans votre texte.

“Quand on parle pognon, à partir d’un certain chiffre, tout le monde écoute.”

“A partir de novembre, pour les clochards, il n'y a plus que deux solutions : la Côte d'Azur ou la prison.”

“Un financier, ça n'a jamais de remords. Même pas de regrets. Tout simplement la pétoche.”

“Dans la flatterie, aucune précaution à prendre, aucune limite à respecter. On ne va jamais trop loin.”

“Les mauvaises pensées ne sont permises qu'aux gens importants.”

“Aux courses, les petits tuyaux font les grandes misères.”

“Les traditions ? C'est comme ça qu'on appelle les manies dès qu'il s'agit de fêtes militaires ou religieuses.”

“C'est pas parce qu'on a rien à dire qu'il faut fermer sa gueule.”

“Pourquoi certains n'auraient pas tout ? Il y en a qui n'ont rien. Ca fait l'équilibre.”

“Une fille qui fait 95 de tour de poitrine et 32 de tour de tête ne peut pas vraiment être mauvaise. Elle peut seulement être légèrement sotte.”

“Un gentleman, c’est celui qui est capable de décrire Sophia Loren sans faire de geste.”

AEV 1516-31 Audiard

AEV 1516-31

 

“Quand on parle pognon, à partir d’un certain chiffre, tout le monde écoute.”

 

“A partir de novembre, pour les clochards, il n'y a plus que deux solutions : la Côte d'Azur ou la prison.”

 

“Un financier, ça n'a jamais de remords. Même pas de regrets. Tout simplement la pétoche.”

 

“Dans la flatterie, aucune précaution à prendre, aucune limite à respecter. On ne va jamais trop loin.”

 

“Les mauvaises pensées ne sont permises qu'aux gens importants.”

 

“Aux courses, les petits tuyaux font les grandes misères.”

 

“Les traditions ? C'est comme ça qu'on appelle les manies dès qu'il s'agit de fêtes militaires ou religieuses.”

 

“C'est pas parce qu'on a rien à dire qu'il faut fermer sa gueule.”

 

“Pourquoi certains n'auraient pas tout ? Il y en a qui n'ont rien. Ca fait l'équilibre.”

 

“Une fille qui fait 95 de tour de poitrine et 32 de tour de tête ne peut pas vraiment être mauvaise. Elle peut seulement être légèrement sotte.”

 

“Un gentleman, c’est celui qui est capable de décrire Sophia Loren sans faire de geste.”

 

14 juin 2016

Consigne d'écriture 1516-33 du 14 juin 2016 : Petits bonheurs alphabétiques

Petits bonheurs alphabétiques 

consigne empruntée à Filigranes (Jeu de la Licorne n° 18)

 

Raconter un petit bonheur (ou plusieurs)

 Contrainte supplémentaire :

Les phrases (ou vers) du texte commenceront par des lettres de l'alphabet successives (en commençant par celle que vous voulez)

 Exemple  :

Faire un câlin à mon chat
Grignoter un carré de chocolat
Humer le parfum du lilas

Je vous permets, néanmoins, de "passer par-dessus" les WXYZ...et d'ôter le K ce qui réduit l'alphabet à 21 lettres :

ABCDEFGHIJLMNOPQRSTUV

Si votre texte est plus long que 21 phrases, vous revenez au début :

STUVABCDEFGHIJLM...

Ou vous en écrivez un deuxième.

AEV 1516-33 Petit bonheur

25 janvier 2017

Consigne d'écriture 1617-16 du 24 janvier 2017 : Je me souviens de sports et de sportif.ve.s

Je me souviens de sports et de sportif.ve.s

 

Déclinons les « Je me souviens » chers à Georges Pérec.
Aujourd’hui je me souviens d’événements sportifs, d’athlètes célèbres, de règles de jeux que les autres participants peuvent connaître ou avoir connus.
Vous en faites la liste et, si vous commentez ce que chacun évoque pour vous, c’est en deux ou trois phrases maximum.

AEV 1617-16 georges-perec_4221

1 février 2017

Consigne d'écriture 1617-17 du 31 janvier 2017 : Six consignes de Pascal Perrat

 6 consignes de Pascal Perrat

 

Choisissez une ou plusieurs de ces consignes et écrivez.

PP 318 - En souvenir du soldat de Marathon, rédigez une phrase de 42 mots synthétisant les pensées d’un escargot au cours de l’ascension d’une feuille de chou. 

PP 317 - Chaque année, à la veille de Noël, elle se rendait dans une bibliothèque pour glisser un petit mot entre les pages d’un ouvrage qu’elle choisissait soigneusement. Son intention était claire. 

PP 316 - Un craquement inhabituel éveilla son attention. Cela fait des années que je n’ai pas écouté la maison, songea-t-il. Le soir même, assis dans le noir, il l’écouta attentivement. Il fut servi ! 

PP 322 - Chaque jour, au même endroit, il s’asseyait sur un banc et observait les passants. Quand la démarche d’une personne révélait sa claudication, il lui emboîtait le pas et ne la lâchait plus. C’était sa façon de partir à l’aventure, de se fier au hasard. Ce jour-là, il n’aurait peut-être pas dû… 

PP 320 - La chèvre de Monsieur Seguin vient d’ouvrir un journal sur Facebook. Elle imagine qu’il s’agit d’un site de rencontre. Rédigez son premier billet. 

PP 319 - Tueur de temps ne s’apprend pas en un jour. C’est un métier exigeant, qui demande beaucoup de patience. Il faut commencer en bas de l’échelle, comme simple tueur d’heures. Ne devient pas tueur de temps, qui veut…  Imaginez la suite.

AEV 1617-17 Pascal Perrat 7009746_640x640

12 septembre 2017

Repas du soir / Eliane

Il était là, attablé, le coin de la serviette à carreaux enfoncé dans son col. Son gros ventre l'empêchait de suffisamment s'approcher de son assiette et il était obligé, en avant, de se plier en deux.

Il était concentré sur ce qu'il faisait, rien d'autre n'existait autour.

Se goinfrer, la tâche était essentielle pour lui. On ne peut pas dire qu'il mangeait, il bâfrait plutôt. La cuiller arrivait jusqu'à sa bouche et il avalait la soupe avec de grands bruits, avec de grands « Schulps ». Il nourrissait aussi sa moustache.

AEV 1718-01 Outremangeur

Sa femme prit place en face de lui avec grâce et élégance. Elle pinçait le nez, il y avait de quoi être au bord de la nausée.

Le potage terminé il se redressa, s'affaissa sur son dossier et rota bruyamment avant d'essuyer bouche et moustache d'un grand coup de serviette.

Elle n'en pouvait plus de ce spectacle, elle se leva.

- Mais quand apprendras-tu à manger correctement ?

Il la regarda goguenard.

- J'ai une réunion, dit-elle rapidement. Je te saurais gré de débarrasser et de remplir le lave-vaisselle avant mon retour.

Il se tapa sur le ventre.

- Je sais que tu as des envies de meurtre, mais si je t'aide je serais tranquille pour ce soir. On n'a jamais vu une femme tuer son mari pendant qu'il faisait la vaisselle. Pas vrai ?

Elle ne daigna pas répondre et sortit.

20 mai 2015

Consigne d'écriture 1415-28 du 19 mai 2015 : La Perspective Nevsky

La Perspective Nevsky

 

Les mots des premières phrases du livre Nikolaï Gogol, La Perspective Nevsky, ont été reclassés dans l'ordre alphabétique.

En n'utilisant que les mots de cette liste, vous devez reconstituer deux phrases cohérentes qui seront le début de votre texte. Ensuite vous poursuivrez de manière tout à fait libre l'histoire ainsi commencée.

à - à - à - admirable - admirerez - admirerez - agréable, - airs - airs, - aussi - autant - autour - auxquels - avec - avec - avez - baisser - ballons, - bouche - bouteille, - briser - brusquement - brutal, - capable - capables - caractères - cavalier - ce - ce - champagne. - chapeaux, - cœur - col - comme - complètement - concerts - coude - coupe - courberont - crainte - croiserez - d’art, - d’autres, - d’éblouir - d’élégance - d’un - d’un - d’une - d’une - d’une - dame – dame - pourrait - dames - dans - dans - dans - de - de - de - de - de - de - de - de - de - de - de - de - de - de - de - déliées, - demeurent - des - des - des - des - des - des - des - des - des - des - des - des - des - des - des - deux - Dieu, - dignité. - dont - dresser - du - du - écarterez - effet, - elle - Elles - en - en - est - est - et - et - et - Et - et - et - et - et - et - et - et - étonnants - étranges. - étroites - exquise, - extraordinaire - facile - fait, - feront - feront - fichus, - fidèles - finesse - flèche - fort - fort. - foule - frôler - front - gens - grand - haut - ici - Ici, - Ici, - Ici, - il - jamais - jours - jusqu’à - l’Amirauté. - l’art. - l’on - La - la - la - la - la - la - la - la - la - le - le - les - les - les - les - leur - lorsqu’on - maintenue - manches - manches - même - minces, - multitude - n’en - n’était - nature - ne - Nevsky - Nevsky. - Nevsky. - noblesse - noblesse - noirs - nuée - Nulle - œuvres - on - on - originaux - papillons - par - parfois - parfois - parfois, - parlent - part, - pas - pensée - personnages - perspective - perspective - perspective - plus - plus - porter - pour - produit - propre - qu’à - qu’il - qu’il - que - que - que - que - que - que - que - quelles - quelles - qui - qui - qui - qui - ravir - rencontre - rencontre, - rencontrerez - respectueusement - ressemblent - rêvé, - robes - s’élève - s’élever - s’imagine - sa - salue - scarabées - se - se - se - Seigneur - semble - sentiment - serrant - sexe - si - soit - son - souffle - soulever - sourires - sourires – sourires - exquis, - suffirait - suite - sur - tailles - tailles - tailles - temps - terre - terre - terreur - tête - ton - toute - très - types - un - un - une - une - une - uniques, - véritables - verrez - verrez - volette - votre - Vous - vous - vous - vous - vous - vous - vous - vous - vous - vous - vous - vous - vous 

La multitude des chapeaux, des fichus, des robes – auxquels les dames demeurent fidèles parfois même deux jours de suite – est capable d’éblouir qui que ce soit : il semble que toute une nuée de papillons s’élève de terre et volette autour de la foule des noirs scarabées du sexe fort. Vous admirerez ici des tailles d’une finesse exquise, comme vous n’en avez jamais rêvé, des tailles minces, déliées, des tailles plus étroites que le col d’une bouteille, et dont vous vous écarterez respectueusement dans la crainte de les frôler d’un coude brutal, votre cœur se serrant de terreur à la pensée qu’il suffirait d’un souffle pour briser ce produit admirable de la nature et de l’art.

Et quelles manches vous verrez perspective Nevsky ! Dieu, quelles manches ! Elles ressemblent fort à des ballons, et l’on s’imagine parfois que la dame
pourrait brusquement s’élever dans les airs, si elle n’était pas maintenue par son cavalier ; soulever une dame dans les airs est aussi facile et agréable, en effet, que de porter à sa bouche une coupe de champagne.

Nulle part, lorsqu’on se rencontre, on ne se salue avec autant d’élégance et de noblesse qu’à la perspective Nevsky. Ici, vous admirerez des sourires
exquis, des sourires uniques, véritables œuvres d’art, des sourires capables de vous ravir complètement ; vous en verrez qui vous courberont et vous feront baisser la tête jusqu’à terre ; d’autres, parfois, qui vous feront dresser le front plus haut que la flèche de l’Amirauté. Ici, vous croiserez des gens qui parlent des concerts et du temps qu’il fait, sur un ton d’une noblesse extraordinaire et avec un grand sentiment de leur propre dignité. Ici, vous  rencontrerez des types étonnants et des caractères très étranges. Seigneur ! que de personnages originaux on rencontre perspective Nevsky.

 

AEV 1415-28 Nevsky

17 octobre 2018

Consigne d'écriture 1819-06 du 16 octobre 2018 : Encres d'automne 12

Encres d’automne 12

 

Inclure dix à quinze de ces titres de roman dans un texte qui, tapé, ne dépassera pas une page.

A son image - Balles perdues - Capitaine - Ca raconte Sarah - Carnaval noir - Chien-Loup - Cirque mort - Dans les angles morts - Dix-sept ans - Einstein, le sexe et moi - En nous beaucoup d’hommes respirent - Entre deux mondes - Evasion - Fais de moi la colère - Helena - Isidore et les autres - La chance de leur vie - La disparition de Stéphanie Mailer - La femme à la fenêtre - L’Ame des horloges - La papeterie Tsubaki - La reine du bal - La révolte - La rose de Saragosse - La somme de nos folies - La tresse - La vraie vie - Le cœur perdu des automates - Le guetteur - Le prince à la petite tasse - Les dix vœux d’Alfred - Les frères Lehman - Les prénoms épicènes - L’été des quatre rois - L’étoile russe - Leurs enfants après eux - L’hiver du mécontentement - L’or du diable - Loup et les hommes - Ma dévotion - Maîtres et esclaves - Millésime 54 - Miss Sarajevo - Modèle vivant - Mourir n’est pas de mise - My absolute darling - Nulle autre voix - Oublier mon père - Quand Dieu boxait en amateur - Rien d’autre sur Terre - Sales gosses - Station : la Chute - Tenir jusqu’à l’aube - Tous les hommes désirent naturellement savoir - Trancher - Une ombre au tableau - Un funambule - Un manoir en Cornouailles - Un monde à portée de main-

(Ce sujet nous est proposé par la Bibliothèque de L'Hermitage)

AEV 1819-06 Encres d'automnet

 

11 décembre 2018

Elvire Jouvet 40, Oscar Detour 15

Hélène Builly - 23 Incertain Monsieur Tokbar

Le rideau se lève sur un coin de verdure où coule une rivière mais en fait c’est plutôt un fleuve puisqu’il s’agit du Rhône. On est en plein Lyon, pas loin de l’entrée du parc de la Tête d’or. Oscar a planté sa tente Quetchua dans un petit bosquet entre le Rhône et les deux pistes parallèles réservées, l’une aux cyclistes, l’autre aux piétons, les trottinettes, électriques ou pas, ayant le droit d’hésitation-transgression pour l’instant. Il est venu là sur une motocyclette antique dotée d’un habitacle latéral (side-car) dans lequel il a mis ses maigres bagages. Il a sorti sa valise mais ne l’a pas ouverte. Il a sorti d’un coffret rouge son vieux violon et le racle. La nuit est tombée car on est en décembre et on aperçoit, dans un ciel forcément sans nuages, des étoiles et un beau croissant de lune. Il arrête de jouer, se tourne vers le public et entame son monologue en regardant le sol devant lui.

- Et alors, mes sauterelles ? Vous êtes contentes de retrouver votre ami Oscar le musicien? Je n’avais pas prévu de venir vous voir mes belles mais tous les hôtels étaient pleins ! Il parait que c’est la Fête des lumières ces jours-ci à Lyon ! Et moi je voulais voir cet événement-là au moins une fois dans ma vie. C’est que voyez-vous, il y a trop de tranquillité dans les établissements hospitaliers pour personnes âgées dépendantes. Pour tout dire et pour parler franc sans pour autant donner dans la lamentation, on s’y emmerde ferme. Très vite on n’a plus qu’une seule idée, faire le mur !

Et pour jouer la grande évasion, rien de mieux que ma vieille motocyclette ! Steve McQueen n’a qu’a bien se tenir !

Elvire ne sait pas que j’ai conservé une clé de ma maison. Elvire, c’est ma fille. Elvire Jouvet, née Detour. Epouse de Kevin Jouvet. Rien à voir avec Louis, le théâtreux qui trouvait bizarre que l’on dise bizarre !

Et justement, c’est très bizarre, les EHPADs ! Ils sont comme nos gouvernants, ils nous prennent un peu pour des cons là-dedans. Oui, c’est vrai, on est dépendants. On nous a mis là parce qu’on n’est plus en état d’aller faire les courses, de s’occuper de notre cuisine. Mais quel intérêt de cuisiner quand il suffit d’appeler Hubert Yeats ? Mais si vous connaissez, Hubert Yeats, le poète de la tambouille ! Le Yehudi Menuhin de la livraison de plats chauds à vélo. Mais il paraît que c’est payant tout ça et que ma petite retraite ne suffisait plus à couvrir mes caprices de consommateur. Moi vous savez, j’ai toujours été comme le Belge qui met sa carte bleue dans le distributeur et qui tire de l’argent liquide. Chaque fois que je gagne, je rejoue !

Mais je m’éloigne de mon sujet. On est dépendants mais on n’est pas cons. On sait encore lire et observer. J’ai bien vu comment faire pour se barrer tranquillement de leur hospice à la noix. D’autant que c’est comme le port-salut : c’est écrit dessus : « Tapez les quatre chiffres de l’année en cours suivis de la lettre A ». Une fois qu’on a fait ça la porte du sas s’ouvre. Yapuka entrer dedans et attendre qu’elle se referme. Et là on a la suite du mode d’emploi : «Tapez ABCD suivi de *étoile ».

Là c’est la porte extérieure qui s’ouvre sur le cosmos, sur la liberté retrouvée et hop, en route pour un road-movie dont on espère qu’il ne virera pas au mauvais trip. De toute façon ce ne sera jamais pire que la soupe à la courgette ou les cours de tricot !

Il reprend son violon.

Tiens je vais vous jouer un concerto de Vivaldi, les filles !

Il joue en fait quelques mesure d’une tarentelle puis il range son violon et son archet dans le coffret rouge.

Dépendant ! Dépendant ! Moi, vous avez vu, je ne suis même pas dépendant d’une partition ! Je le connais par cœur ce morceau. Et s’ils croient que j’ai du yoghourt dans les neurones, ils se gourent. Je l’ai retrouvé tout seul le chemin de la maison. Coup de chance, Elvire n’a pas encore réussi à la vendre. J’ai mis tout ce qu’il fallait pour un long voyage dans la valise, j’ai pris la tente au cas où et j’ai retrouvé Pétrolette dans le garage. La pauvre se morfondait dans l’étrangeté grise de cet abri désert. J’ai tout refermé derrière moi et on est allés faire le plein avant de filer sur la route. En route pour une promenade onirique ! Mais si vous saviez ce que c’est devenu cher l’essence ! Et en plus, tout le long du trajet, des travaux partout ! Je ne sais pas si c’est à cause du passage à 80 km/ h qu’ils modifient les carrefours mais sur tous les ronds-points y avait des travailleurs de chantier en gilet jaune !

(Rideau) ou (à suivre ?)

18 décembre 2018

Je me souviens de théâtre / Jean-Paul

Hélène Builly - 00 Couverture Théâtre des Célestins

Je me souviens qu’ «Au théâtre ce soir» les décors étaient de Roger Harth et les costumes de Donald Cardwell.

Je me souviens que «La dame de chez Maxim» avait un fil à la patte, que "Léonie était en avance" et qu’on lui disait «Mais n’te promène donc pas toute nue !» alors qu’au «Dindon» de la farce on ordonnait «Occupe-toi d’Amélie !». Tout ça c’était chez Georges Feydeau.

Je me souviens que Georges Feydeau est devenu fou à la fin de sa vie.

Je me souviens que le père Ubu d’Alfred Jarry avait un crochet à phynance, une spirale sur le ventre et qu’il disait toujours «Cornegidouille» et «Merdre».

Je me souviens du « Chapeau de paille d’Italie » et du « Voyage de Monsieur Perrichon » d’Eugène Labiche.

Je me souviens d’une émission de télé consacrée au théâtre et présentée par Paul-Louis Mignon et Max Favalelli. Elle passait le dimanche juste avant la première diffusion de « Thierry la Fronde» sur la télé en noir et blanc. C’est dire si ça ne nous rajeunit pas. (Vérification faite, elle s’appelait «Les trois coups»)

Je me souviens que la cantatrice chauve se coiffait toujours du même côté. Cette pièce d’Eugène Ionesco a été jouée des années durant au théâtre de la Huchette à Paris.

Je me souviens de la photo de Gérard Philipe en Cid campeador sur la couverture du petit classique Larousse.

Hélène Builly - 01 verso de Couverture Théâtre des Célestins à LyonJe me souviens de :
- Ôte-moi d’un doute. Connais-tu bien don Diègue ?
- Oui.
- Parlons bas, écoute.
Sais-tu que ce vieillard fut la même vertu,
La vaillance et l’honneur de son temps, le sais-tu ?
- Que m’importe !
- À quatre pas d’ici je te le fais savoir.
Je suis jeune, il est vrai, mais aux âmes bien nées
La valeur n’attend pas le nombre des années.
- Te mesurer à moi ? Qui t’a rendu si vain,
Toi qu’on a jamais vu les armes à la main ?

Je me souviens de Barillet et Grédy et de Smith et Wesson mais je ne suis pas certain qu’il y ait un rapport entre eux. Oui, je suis un drôle de pistolet.

Je me souviens qu’il existe une cérémonie au cours de laquelle on distribue des récompenses appelées «Molière» aux acteurs, actrices, metteurs en scène et professionnels de la profession. Et aux écrivains, on distribue des Proust ?

Je me souviens de Sarah Bernhardt. Elle avait, de son vivant, acheté un cercueil dans lequel elle dormait.

Je me souviens des pièces de Jérôme Deschamps et Macha Makéieff avant qu’ils ne créent la série "les Deschiens" sur Canal +. Elles avaient pour titres «Les pieds dans l’eau», «C’est magnifique», «les Frères Zénith», et surtout «Lapin chasseur» qui racontait la vie d’un restaurant en deux spectacles donnés à la suite l’un de l’autre. Le premier était vu côté cuisine, l’autre côté salle.

Je me souviens que le film «Huit femmes» de François Ozon est tiré d’une pièce homonyme de Robert Thomas.

Je me souviens de «Du vent dans les branches de sassafras» de René de Obaldia.

Je me souviens qu’à la bataille d’Hernani il n’y a eu ni gilets jaunes ni jets de grenades lacrymogènes mais que ça a fait du bruit quand même.

Je me souviens que Samuel Beckett a écrit «En attendant Godot». Godot n’arrivait jamais. Godard, si, hélas !

Je me souviens de n’avoir jamais vu de pièce d’Henrik Ibsen.

Hélène Builly - 57 Opening nightJe me souviens de «Je tâte votre habit, l’étoffe en est moelleuse», de «Couvrez ce sein que je ne saurais voir», de «J’ai beau être dévot je n’en suis pas moins homme» et de «Laurent serrez ma haire avec ma discipline !».

Je me souviens de « Nous partîmes cinq cents mais par un prompt renfort nous nous vîmes trois mille en arrivant au port ».

Je me souviens qu’il y avait un côté cour et un côté jardin pour que les acteurs s’y retrouvent entre les indications "à gauche" et "à droite" du metteur en scène mais je ne sais plus si le côté cour est à gauche ou à droite ni si le côté jardin est à droite ou à gauche.

Je me souviens du trou du souffleur, de la rampe lumineuse, du rideau de scène, du pompier de service.

Je me souviens que Samy Frey a interprété, en pédalant sur un vélo installé sur la scène, les «Je me souviens» de Georges Perec.

Je me souviens de «Plus le désir s’accroît, plus l’effet se recule».

Je me souviens que «Cosi van tutte» est un opéra de Mozart mais que ça n’a rien à voir avec Cosy corner, Cosima Wagner, le savant Cosinus ni avec Ludwig Van Beethoven. D’ailleurs Cosi, ce n’est même pas un prénom !

8 janvier 2019

J'ai des dons de guérisseur / Jean-Paul

 

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J’ai des dons de guérisseur. C’est normal : dans une vie antérieure j’ai été herbe médicinale. Je me souviens très bien, c’était dans un monastère médiéval. Je menais alors une vie bien plus simple qu’aujourd’hui. Tout était bien plus carré que maintenant autour de moi et nous étions bien plus solidaires que dans nos sociétés de plus en plus inégalitaires.

Un beau jour, j’ai été utilisée pour fabriquer une potion magique. On m’a découpée en morceaux, j’ai subi des tirs de mortier, j’ai même été proprement pilonné et puis on m’a jeté dans le grand bain de la thérapeutique. En l’occurrence, on l’appelle la marmite, on ne sait où elle habite mais quand on te plonge dans sa réalité, ça chauffe pour ton matricule. C’est un peu normal quelque part qu’on jette les verts dans le chaudron de Saint-Etienne ! Et d’ailleurs, une fois rendue à mon heure dernière, et, croyez-moi, c’était l’heure dernière et pas l’heur dernier je me suis demandé si c’était vraiment Saint-Etienne puisqu’on dit « les Stéphanois ». Plutôt Saint-Stéphane, alors, non ? Ou Sainte Epiphanie aime les sucettes et les dragées laxatives ? Sait-on où vont toutes nos questions quand nos organes se liquéfient, qu’ils déliquescent de savon noir et que nous quittons cette vallée de larmes pour renaître dans un autre corps, une autre substance, un nouveau véhicule inconnu ?

J’ai des dons de guérisseur mais pour que vous en soyez assuré(e), pour que vous puissiez en bénéficier, il vous faut croire en la métempsychose, c’est-à-dire au passage d’une âme unique dans des enveloppes aussi successives que diverses. Ces corps ont leur durée de vie aléatoire mais l’âme est immortelle. Et là, couic, ça coince ! Je les entends déjà les sceptiques parmi vous qui vont me balancer leur question fatidique :

- Tu peux le prouver ? ». 

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Au diable, vils suppôts de la rationalité, du matérialisme, de la panurgitude scientifique ! Pas de bol pour vous, je ne suis pas du genre à fréquenter Aplusbégalix, à vous cogner sur le casque pour vous faire entendre déraison, à monter en chaire et en noces pour marier les arguties de poids et les légères suspicions de chemin de vérité. Si vous mettez en doute l’origine de mes talents de guérisseur, c’est certainement parce que vous-même avez été astrologue pour avions au début du XXe siècle ! D’ailleurs des recherches poussées dans la bibliothèque de Plonk et Replonk, nos deux coucous suisses préférés, m’ont permis de retrouver, comme par hasard, vos élucubrations de cette période-là :

Verseau : les biplans de ce signe auront le vent en poupe, surtout ceux du troisième décan. Pensez cependant à voyager léger quand le ciel est chargé de nuages.

Bélier : aujourd’hui vous avez un grain de folie en lieu et place d’hélice. Tout va tourner de traviole et votre jovialité naturelle s’envolera quand vous rencontrerez ce gros zeppelin de soupe en travers de votre chemin.

Gémeaux : les Sopwith Camel natifs de ce signe sont invités à ne pas s’énerver les nerfs en sortant de chez eux. Le célèbre baron rouge, M. Von Richthofen, est encore de sortie. Vous risquez d’en faire les frais.

Moralité : tout est logique, tout est dans tout et réciproquement. La preuve de mes talents de guérisseur vous a été assénée sans que vous ayez eu à souffrir de ma médication magique. La simple lecture de ce texte a suffi : je vous ai vu sourire et entendu rire plusieurs fois. Pour moi, vous êtes guéri.e !

Evitez simplement, dans votre vie future, de vous réincarner en épinard : il paraît que Popeye, très énervé, très affamé, rodera dans la contrée avec un gilet jaune sur le dos !

Il me fallait traiter le sujet "J'ai des dons de guérisseur" et introduire, toutes les cinq minutes une formule tirée avec les dés :

Un beau jour - Et croyez-moi - Et là, couic ! - Tu peux le prouver ? - Pas de bol - Comme par hasard - Moralité

15 janvier 2019

Gilles et John, acte IV, scène 1 / Jean-Paul

AEV 1819-15 Cabane

La scène se passe dans une cabane au bord d’un rond-point en décembre 2018. Gilles et John, en gilet jaune par-dessus leur tenue d’hiver, se réchauffent près du brasero en attendant que le kyrie et midi sonnent.

GILLES – Ca vous dirait de vivre dans le luxe, Monsieur John ?

JOHN – C’est à moi que vous demandez ça, Monsieur Gilles ? J’en suis touché jusques au fond du cœur ! Vous êtes mon premier émoi de la journée. D’habitude personne ne fait attention à moi sur ce rond-point. Pourtant je suis sur la scène depuis le premier acte. Remarquez, j’ai l’habitude.

GILLES – Ce doit être à cause de votre physique d’acteur shakespearien. Vous devez faire peur aux gens. Avez-vous déjà songé à tuer quelqu’un ?

JOHN – Vous trouvez que j’ai une tête à jouer Brutus dans « Jules César » ? Ou Ravaillac dans « Heni IV » ?

GILLES – Ce personnage-là n’existe pas dans cette pièce-là, Monsieur John. C’est pas notre Henri IV à nous. Ça vous dirait de vivre dans le luxe, Monsieur John ?

JOHN – Peut-être que ma définition du luxe ce serait déjà d’avoir de quoi me payer le train pour aller voir une poule à Pau le dimanche !

GILLES – Une Paloise ? Vous avez des vues sur quelqu’un là-bas ? Palsambleu ! Vous rêvez de mettre la paluche sur une Paloise ? Et si on se tutoyait Monsieur John ?

JOHN – Si tu veux, Monsieur Gilles. Tu avais autre chose à proposer ? Le calme et la volupté en supplément du luxe ?

GILLES – J’aurai peut-être ça un jour. Je l’amènerai sur le rond-point. Enfin, sur le théâtre du rond-point.

JOHN – J’ai l’impression que pour toi le futur est le vide-grenier de tes rêves. Enfin si t’es riche, que t’as RIT ou quoi, je te donne un RIB ou sinon tu peux me faire un chèque. J’accepte aussi le liquide.


Entre Frankie, le pompier de service, qui lance à la cantonade :

FRANKIE – Eh, les gars ! Ça vous dirait un dîner de con ?

GILLES - Vas-y Frankie, c’est bon, c’est bon !

FRANKIE – Alors voilà j’ai concombre en hors d’œuvre, conserve de cassoulet en plat principal et biscuit concassé sur le crumble en dessert.

JOHN – C’est consistant, ça va nous remonter le moral, cher compatriote compatissant !

FRANKIE – De quoi est-ce que vous causiez, citoyens ?

GILLES – Je questionnais Monsieur John sur son désir de luxe.

JOHN – Je suis content qu’on s’intéresse à moi. En même temps, je ne vais pas vous raconter ma vie. Ce n’est pas mon genre et elle est un peu tristounette. Je suis chanteur remplaçant dans des chœurs d’opéra. Autant dire figurant intérimaire sur des tournages de téléfilms de France 3.

FRANKIE – Je me demande comment vous avez survécu jusqu’à aujourd’hui !

JOHN – C’est grâce à l’astrologie. Je suis de type saturnien et mon astrologue m’a prédit que je me réaliserais très tard. Alors j’attends. J’attends mon heure. Tout le monde dit que j’ai la lenteur dans le sang. Ce n’est pas de la lenteur, c’est de la patience.

FRANKIE – Moi ce n’est pas pareil. J’ai des idées mais elles ont du mal à sortir. Sauf la nuit, dans mes rêves. Hier, par exemple, j’ai rêvé que j’accrochais un hareng saur en haut de ma grande échelle !

GILLES – Un hareng saur ? Mais ça pue, le poisson !

FRANKIE – Pas dans les rêves.

JOHN – Vous voyez ? C’est toujours pareil. C’est toujours les victimes qu’on blâme ! Il n’y peut rien le poisson s’il est né fin février et qu’on est en décembre !

FRANKIE – Puisque je vous dis qu’il ne sentait rien !

GILLES – Un poisson sent toujours le poisson !

FRANKIE – Que celui qui n’a jamais pêché jette la première pierre !

JOHN – Ah non ! On est sur un rond-point non violent !

FRANKIE – Moi je dis ça, je dis rien.

JOHN – Alors ferme-là ! Il n’y a qu’un bélier pour dire ça ! 

GILLES – A part ça, ça vous dirait de vivre dans le luxe, Monsieur John ?

JOHN – Je ne peux pas l’envisager. Déjà que je gagne pas lourd, en plus j’ai eu un redressement fiscal. Ca fait mal. Très mal !

GILLES – Votre voix doit être bonne pour le gémissement ! Alors ce luxe, c’est non ?

JOHN – Mais pourquoi vous me demandez ça à la fin ?

GILLES – En fait c’est parce que j’ai amené des entrées. Je peux reformuler ça autrement si vous préférez : avec ou sans mayo ?

JOHN – Sans ! Parce qu’en plus j’ai du cholestérol !

GILLES – Ça tombe bien ! Mon entrée c’est des œufs durs et j’ai oublié le pot de mayonnaise à la maison !

RIDEAU

N.B. La photographie est empruntée à  France Bleu

29 janvier 2019

6 anagrammes pour lire dans les pensées / Jean-Paul

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Polisseur de lentilles,
Gendarmeur de haricots,
Dresseur de carottes,
Tuteur de salades,
Bourreau des cœurs de céleri-rave,
Echec et mateur de betteraves,
Correcteur d’artichauts,
Tortionnaire de bonzaïs,

Tu n’obtiendras jamais
Les aveux des iris,
La force de l’épinard
(Spinach en Angleterre)
Que Spinoza cultive
Dans son jardin secret
Avec les fleurs du rêve,
Les bijoux du secret,
Les colliers d’hypothèse,
Les bagues de silence
Et les perles d’illusion.

 

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« RÉPUBLIQUE FRANÇAISE »

On avait apposé ces deux mots incongrus
A l’entrée d’une case qui servait de mairie,
A l’entrée d’un enclos construit artistiquement
Autour d’un baobab.

Nul n’y palabrait plus
Et l’instituteur blanc
Apprenait aux enfants à peau noire
Qu’ils avaient des ancêtres
Gaulois et réfractaires.

Il avait grandi là,
Mamadou Banania
Et rêvé de la France
Et voulu voir la neige

2019 01 31 banania-y-a-bon

Il y était allé,
Sortant du Sénégal
Pour voir en tirailleur
Les obus de Verdun
Et la boue des tranchées.

Il aurait bien voulu
Mourir et devenir
Le soldat inconnu
Sous son arc de triomphe

Il avait survécu
Et trouvé du boulot
Dans la publicité

Buvant leur chocolat
Quelques années plus tard
Les petites filles de France
Admiraient sa bobine
Et rêvaient, malicieuses
Et frondeuses
- Ou vicieuses
Comme on disait alors
Chez les vieux Pétainistes – :

« Quel Africain superbe ! »

 

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190129 265 018 D (Saint-Malo)

Une brève de comptoir
Comporte de l’outrance, mais pas trop :

- Vous êtes deux à vouloir jouer au bridge ? Passez une annonce pour trouver un troisième ! Pour le mort je me fais fort de vous en dégoter un : y’en a plein au cimetière de l’Est !

Une brève de comptoir
Doit être graveleuse, mais pas trop :

- Ne passez pas une petite annonce pour monter un club de strip-poker ! Il n’y aura que des mecs pour répondre présent et ça c’est décevant !

Une brève de comptoir
Doit frôler la bêtise, mais pas trop :

- Vous allez chanter avec nous le refrain qui dit « Oh la la la ! C’est magnifique ! ». Et nous avons décidé ce matin de chanter cette chanson de Luis Mariano en roulant les « r » ! On va faire un essai : chantez donc « Oh la la la ! C’est magnifique ! » en roulant les « r » pour voir ?

Le Saint-Chinian aidant les langues se dénouent et des projets se montent : « Aller chanter à la maison du Ronceray » ; « Aller passer une journée à l’île Bailleron dans le golfe du Morbihan » « Participer à la Ballade avec Brassens de Saint-Quai Portrieux en septembre ».

Une brève de comptoir
Comporte bien du rêve !

 

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2019 01 31 Madeleine-Lemaire---Five-o-clock-dans-le-salon-des-dame

Salon de Madame Verdurin, salon de Madame Guyet-Desfontaines, maman d’Isaure Chassériau, ou salon du duc de Chaulnes à Paris.

Il est tout à fait possible qu’en ces lieux très feutrés, un jeune comte un peu fou, fringant, plein d’avenir, soit tombé amoureux d’une jolie princesse russe qu’on a épousée pauvre à seize ans et demie et qu’on a enfermée dans un rôle de mère en un château sarthois où elle subit la coupe d’une duchesse austère, la mère de son mari, proche de religieux de l’abbaye voisine et papesse en puissance.

Il se peut que la jeune femme, native du signe du scorpion, ne soit pas restée insensible à l’entregent de ce jeune homme. J’entends d’ici monsieur Aurélien Scholl, journaliste railleur jouer avec les mots et parler d’entrejambe plutôt que d’entregent.

Il se peut que plus tard le jeune comte de D. lui casse un peu la gueule pour s’être ainsi moqué et, quatre années plus tard, pour cause de récidive, le reblesse en duel.

Nous n’en sommes pas là dans ce joli salon. Et pas rendus non plus dans la ville de Florence où l’officier italien offrira à la jeune princesse un poème recopié qui servira de preuve à ce que n’imaginent pas les parvenus de province : aucune loi d’interdit de draguer au salon, de proposer la botte, de soûl sôul soupirer sous le balcon con con comme Roméo ou comme Christian dans Cyrano, bref de marivauder dans le monde !

 


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La vraie vie est ailleurs.

« La ville où je suis né est idiote entre toutes les villes » dit Rimbaud. Il s’en va vers Paris. C’est encore la guerre et bientôt la Commune.

La vieillesse est un naufrage : la main à plume du jeune homme qui vaut bien la main à charrue a déjà écrit les plus beaux poèmes de la langue française et elle trouve la vigne austère sans la feuille. « Devenons vite le roi des poètes ou faisons autre chose ! »

La vraie vie est ailleurs mais la terre est une charogne cosmique et la religion qui ne console de rien n’est que cet os sacré que ronge l’être humain.

La vraie vie est ailleurs. Rimbaud marche. Sa vieillesse sera un naufrage. Sa jambe deviendra « La charogne cosmique » et très comiquement sera mise en musique un bon siècle plus tard ! Merci Hubert-Félix !

Pour l’heure voici Rimbaud devant un corps gisant. C’est celui d’un soldat dans un trou de verdure. Rimbaud, médecin-légiste d’un quart d’heure, note qu’il a deux trous rouges au côté droit.

On ne se baigne jamais deux fois dans le même fleuve.
Ô saisons ! Ô Châteaux !
Quelle âme est sans défauts ?
Désolés, les enfants ! La vague sans fin modifiée emmène nos jeux de sable !

Rimbaud reprend sa marche. La voix de l’Inconnu et celles des Inconnus lui disent : « C’est ton des-tin ! ». Une voix chante : « Chacun sa route, chacun son chemin ». La rivière suit la vallée.

 

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L’allégorie de la caverne, Platon, on nous en a fait tout un plat mais ça n’est jamais que la description d’une salle de cinéma ! On le sait bien que la salle est obscure, que c’est le projecteur qui est dans notre dos. Mais pourquoi est-ce qu’on irait chatouiller le mammouth quand on a payé sa place pour une heure trente de bonheur, sans compter la demi-heure de publicités et les pop-corns ?

Taquiner le brontosaure, faire des rentes aux actionnaires, les prolétaires sont là pour ça non ? Ils ont accepté contre un maigre salaire, certes, les risques du métier de chasseur-coupeur de biftecks. Pendant ce temps nous nous emplissons de rêve et contemplons King-Kong qui s’élève dans les hauteurs. Ce que nous voyons là, c’est l’art dans sa plénitude et le réel vacant le long de la paroi.

 

5 février 2019

Acrostiches constellationistes / Jean-Paul

AEV 1819-18 bélier Attack-on-the-walls-of-a-besieged-town-q75-500x412

  

B   ang ! A la porte du château
É   nervé, suant comme un bœuf
L’   ennemi s’élance avec fougue et poutre !
I   l a longue paille dans l’œil
E   t s’étale de tout son long !
R   igolos ! La porte est ouverte !

 

 

AEV 1819-18 crabe-rigoloC   rabes de plage abandonnée,
A   ux coquillages et crustacés
N   os chansons apportent sourire.
C   ette atmosphère de vacances
E   t ces récréations enjouées
R   ejouent le charme de l’enfance
S   ous couvert de quelques rochers

 

AEV 1819-18 girafe de3b52746a7314d4b322778bbaf2c604

   G   are à toi, la lune d’Afrique !
   
   I   l s’en faut de peu que, tendant le cou,

   
   R   ognant tes quartiers de noblesse ancienne

   
   A   manda la girafe ne te croque pour de bon !

   
   F   euillage de rêve que la voie lactée

   
   E   t toutes les étoiles… petits vers luisants !

 

 

 

 

 

AEV 1819-18 paon myragineP   avane de macho, turgescence de plumes
A   ux enfants ébahis le paon montre sa queue
O   n applaudit sa gymnastique et ses marbrures.
N   ul ne songe à lui reprocher le fameux « coup de la
      paonne »
 qu’il pratique trop souvent !

 

AEV 1819-18 voiles 086144bf

 

V   ers d’autres horizons, vers des pays lointains
O   utremer, Emeraude… Flottez, bijoux de toile !

I   l n’y a plus beaucoup d’îles à découvrir

L   e plaisir vient alors de la navigation

E   t vous tirez le bateau blanc dehors du monde…

S   i les vents le permettent, si le temps le veut bien.
 

 

H   eures, minutes et secondes, au gai cadran,
O   béissant logiquement, marquent le temps.
R   ien n’arrête plus les aiguilles sinon le poids
L   orsqu’il se rend au bas de sa chaîne dorée.
O   n entend le tic-tac et le balancier d’or
G   arde peut-être, à son verso, le plan d’un vieux trésor
E   t celui du jardin où Hercule est venu taquiner l’Hespéride. 

 

180707 265 112

L   a Flèche ! Imprimerie de Brodard et Taupin !
A   ffranchis du récit, les comédiens s’ébrouent !

F   ête, début juillet d’une jeunesse folle !
L   e Prytanée peut bien rappeler les armées
E   t la place Henri IV hagiographer l’histoire
C’   est au cirque, au théâtre, au chant que l’on revient !
H   âtez-vous, les beaux jours de revenir en masse
E t nous irons camper sur les rives du loir ! 

 

AEV 1819-18 CaméléonC   hangeante
A   pparence !
M  imétisme
É   légantissime !
L   ui s’
É   vapore
O   stensiblement
N   ébuleux !

 

AEV 1819-18 citation-chiure-de-mouche-signe-primitif-de-ponctuation-ambrose-bierce-146219M  on
O   bsession :
U   ne
C   hiure
H  orriblement
E   mbarrassante !

 

AEV 1819-18 Centaure galerieC’   est un cheval à torse d’homme
E   t, s’il a un arc, sagittaire.
N   ous le trouvons
C   hez les dieux grecs,
T   antôt terrifiant, tantôt drôle :
A   quatre pattes sous la table
U   n jour qu’il y avait galette à partager !
R   enâclant à passer l’obstacle
E   t à dormir dans l’écurie !

AEV 1819-18 lyre bardeL   e barde la taquine et bientôt c’est la rixe !
Y   a-t-il plus déprimant qu’Assurancetourix 
R   âclant le violon ou lui pinçant les cordes ?
E   t bientôt tout le monde en la brisant s’accorde. 

 

 

 

5 mars 2019

Rechercher Marilyn M. / Jean-Paul

Ils ont détruit l’hôtel de Verdun. Quelle idée aussi, au pays du Saint-Nectaire et des volcans éteints, d’évoquer ainsi les taxis de la Marne, l’ossuaire de Douaumont, les tranchées dans le lard d’une génération et la guerre préférée de Georges Brassens, celle de 14-18 ? J’y avais habité quelques temps à mon arrivée au Mont-Dore, au pied du Puy-de Sancy. Puis j’avais trouvé une pension de famille, moins chère, baptisée « Les Tilleuls ».

Que faisais-je à dix-huit ans dans cette station thermale réputée ? Eh bien, comme tout le monde, je m’y embêtais à cent sous de l’heure, sans idée de ce que serait mon avenir, de ce que je ferais plus tard, sans envisager le moins du monde qu’un jour je reviendrais, dans ce cœur de l’Auvergne, chercher le souvenir de Marilyn M.

150718 B 049

***

Elle était assise dans le hall de l’Hermitage, sur l’un des grands canapés du fond, et ne quittait pas des yeux la porte-tambour, comme si elle attendait quelqu’un. Quand je suis entré elle s’est levée, s’est approchée de moi. Elle faisait star de cinéma, gravure de mode comme le sont toutes les jeunes filles aujourd’hui mais cela ne m’impressionna pas.

- C’est vous qui êtes envoyé par l’agence Westminster ? Je suis Mademoiselle Modiano.

- Enchanté, Madame. Comme vous le voyez, nous ne sommes pas difficiles à identifier grâce à notre uniforme de groom jaune pétant et notre chapeau à la Spirou sur lequel le nom de l’agence est inscrit en lettres dorées. « C’est étudié pour » comme dit un comique local.


- Suivez-moi, nous allons monter dans ma chambre. Je vais vous présenter Trésor et Trésor.

AEV 1819-20 Domergue 1 76Nous prîmes l’ascenseur dans lequel le garçon, lui aussi sanglé dans l’uniforme de l’hôtel, me jeta un sale œil. Je n’étais pourtant pas venu lui piquer sa place à ce gros naze. Moi mon boulot consistait à promener dans la ville les clébards improbables de ces cocottes de la haute. Tant pis pour lui s’il devait se contenter de voir monter les poules de luxe sans les approcher plus.

Nous nous engouffrâmes dans le couloir. Une moquette à motifs orientaux étouffait le bruit de nos pas. Elle sortit sa clé et ouvrit la porte de la chambre 13.

A l’Hermitage elle disposait non seulement d’une chambre mais aussi d’un salon meublé de trois fauteuils à tissus imprimés, d’une table ronde en acajou et d’un divan. Un vieux type au crâne dégarni était assis à cette table. Il faisait du tri dans une montagne de correspondance et de dossiers divers. Un petit bichon tout blanc avec un nœud rose entre les oreilles était venu frétiller de la queue et respirer mes pompes quand nous étions entrés.

- Comment vous appelle-t-on, Monsieur de Westminster ?

- Vous pouvez m’appeler Patrick, Madame Modiano.

- Eh bien Patrick je vous présente Trésor et Trésor. Le Trésor plein de poils s’appelle Trésor et le trésor sans poils sur le caillou s’appelle Jean-Philippe Meinthe. C’est mon secrétaire.

- Enchanté ai-je répondu.

- Vous viendrez chercher Trésor et le promènerez le matin de 11 heures à 12 heures. Puis, c’est convenu ainsi avec votre agence, de 18 h à 19 h.

- C’est aussi ce que j’avais noté.

- Si vous n’y voyez pas d’inconvénient je vais vous accompagner pour la première promenade. C’est aussi inscrit dans le contrat.

La cliente est reine. Je n’ai pas tiqué. J’étais prêt à tout accepter de ces foldingues en villégiature. Je n’étais pas en mesure de réclamer quoi que ce soit dans ce boulot de larbin. C’était mon premier contrat de travail à temps partiel. De 9 h à 10 h je sortais le lévrier de madame Simenon qui résidait au Grand hôtel des Thermes. De 14 h à 15 h c’était le caniche noir de la princesse Troubetzkoï. Le reste du temps je bouquinais dans le parc s’il faisait beau ou dans ma chambre aux Tilleuls les jours d’intempérie.

***

Il suffirait que je retrouve l’un des programmes édités par le syndicat d’initiative, couverture blanche sur laquelle se détachaient en vert le casino et la silhouette d’une femme dessinée à la manière de Jean-Gabriel Domergue pour que, immédiatement, parce que c’était elle sur le croquis, je retrouve son parfum, son charme et sa désinvolture.

Etait-ce le prestige du ridicule uniforme jaune ? Etait-ce ma juvénilité empreinte d’une totale naïveté ? Fut-ce un caprice de star, une lubie du mannequinat, un besoin irrépressible dû à une nymphomanie chronique ? Toujours est-il que quelques jours plus tard j’ai quitté les Tilleuls pour habiter avec elle à l’Hermitage.

Le soir nous prenions sa Facel Vega, la Facellia, cette voiture qu’on a appelée ensuite « le piège de cristal »et nous nous rendions dans un café de La Bourboule qui s’appelait « L’Âne rouge ». C’est elle qui conduisait à l’aller avec Meinthe à la place du mort et moi à l’arrière. Au retour le secrétaire prenait le volant tandis qu’à l’arrière de la berline nos lèvres se touchaient et nos mains se baladaient.

Quand nous sommes entrés la première fois dans ce bistrot typiquement auvergnat Meinthe a regardé attentivement l’homme en imperméable qui rangeait les verres derrière le comptoir. Puis il lui a serré la main et il a plaisanté.

- Je suis désolé, Colombeau, mais j’ai embouti votre 403. Je vais vous envoyer la facture du garage. C’est à vous de la payer. Vous étiez stationné en zone bleue et votre disque était absent du apre-brise.

- Qu’est-ce que je vous sers, madame Modiano ?


- Tu peux l’appeler Marilyn, toi aussi, si tu veux. Et on dit mademoiselle aux actrice. Quelque chsoe de léger.


- Une Suze ?


- Un porto.


- Un Saint-Pourçain blanc ?


- Un porto, le plus clair possible, mon petit, répète Meinthe.

Je trouvais bizarre que ces gens de la haute, enfin, des superstructures de la haute société, viennent s’acoquiner tous les soirs avec des prolétaires du coin dans cette gargote typique du début des années soixante. Il y avait derrière le comptoir, outre les cartes postales des clients, des photos de Louison Bobet, Jean Stablinski, des trophées de courses cyclistes, une coupe hideuse que le patron ou quelqu’un de sa famille avait dû gagner dans les boucles des gorges d’Avèze ou lors d’une ascension du Puy-de-Dôme.

Cette coupe, où se trouve-t-elle maintenant ? Si l’hôtel de Verdun n’existe plus, le bistrot « L’Âne rouge » n’a pas dû survivre bien longtemps lui non plus. J’irai le vérifier demain à La Bourboule.

Le temps a enveloppé toutes ces choses d’une buée aux couleurs changeantes, tantôt vert pâle, tantôt bleu légèrement rosé.

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***

C’est arrivé un soir simplement. C’est son troisième porto clair. Meinthe et Colombeau jouent au 421.

Elle m’embrasse goulûment et je n’en peux plus d’être ici avec une érection incandescente qui ne s’éteindra… jamais.

De son sac elle sort une enveloppe volumineuse et me la remet sans un mot. Puis elle sort, seule, et on entend la Facel Vega qui démarre.

***

Ce fut à peu près à cette époque-là que Marilyn Monroe nous a quittés.

Et Marilyn Modiano aussi. Je ne l’ai jamais revue, je n’ai plus entendu parler d’elle. On aurait dit une sentinelle qui rapetissait, rapetissait. Un soldat de plomb.

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12 mars 2019

Encyclopédie farfelue des personnages de notre enfance / Jean-Paul

Anne (Sœur)

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- Anne, ma sœur Anne, ne vois-tu rien venir ?

- Je ne vois rien que le soleil qui poudroie, et l'herbe qui verdoie !
Ce personnage du conte « La barbe bleue » de Charles Perrault passe son existence au sommet d’une tour et scrute l’horizon en chantant la même rengaine à intervalles réguliers. Dans la mesure où le héros est un barbu sanguinaire et polygame, on peut se demander s’il n’y a pas là une satire prématurée de la société islamique au sein de laquelle la sœur Anne représenterait le muezzin sur son minaret !

 

 


Bottes de sept lieues

JK 02 Bottes 3162809216_1_2_OyqrBGDgAccessoire magique tiré du conte « Le Petit poucet ». Ces bottes permettent de franchir 28 kms d’un seul coup en posant juste un pied devant l’autre, ce qui est, convenons-en, la meilleure façon de marcher et un moyen très simple de ne pas polluer la planète Gritteugayne. Une fois qu’il a eu dérobé les bottes au pied du lit de l’ogre, le Petit Poucet est à même de quitter vite la forêt de Brocéliande et de se rendre au commissariat central de Rennes pour signaler au 17e régiment de cavalerie basé là qu’un dangereux anthropophage est en train, en forêt de Paimpont, de faire passer les prêtres pédophiles de l’époque pour des enfants de chœur. Dans certaines versions de ce conte il se fait dérober les bottes en chemin par un chat-pardeur (Cf l’entrée « Chat botté).

Cigale

Un animal qui chante tout l’été dans une fable de La Fontaine ne peut-être que sympathique. Sauf si c’est la nuit qu’il chante et que c’est sous votre fenêtre que ça se passe. C’est ce qui a dû arriver à madame Lafourmi-Papréteuz pour que, à la longue, elle finisse par s’énerver un peu contre sa voisine musicienne.

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Club des cinq

JK 04 Club des 5 60eb45c9a901c2592d3a03e295fd6909Série de romans parus dans la collection « Bibliothèque rose » de M. Hachette, parallèlement au « Clan des sept » et à « Oui-Oui » pour les plus petits. Ces livres pour enfants ont été écrits par une graphomane du Royaume-Uni qui s’appelait Enid Blyton et dont on n’apercevait jamais la bobine en quatrième de couverture ni ailleurs. Dans la traduction française, l’action se déroulait souvent dans des paysages de Bretagne. Les personnages du Club des cinq, deux garçons, deux filles et un chien se prénommaient François, Mick, Claude, Annie et Dagobert. Si vous voulez tout savoir sur moi, je vous avouerai que j’étais très amoureux d’Annie mais que, devenu adulte, j’ai plutôt épousé Claude, le garçon manqué. Si vous voulez tout savoir sur Dagobert, sachez que c’est là son prénom et que son nom est : MacHulott-Alenver.

 

Dragon

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Elément généralement intrusif et souvent constitutif de romans de chevaleries, space-operas et récits d’heroic-fantasy, genres un peu extérieurs à notre domaine d’étude mais pas tant que ça au finale.
La consigne « Réécrivez dans un style différent l’histoire de Saint-Georges et le dragon » a inspîré un des membres de notre atelier d’écriture qui a désormais à son palmarès 50 exercices de style sur ce thème.
Encore 49 et le record de Raymond Queneau sera battu !

Escargot

Ils vont toujours par deux à l’enterrement de la feuille morte mais quand ils arrivent c’est le printemps alors plutôt que de se désoler, Youpi tra la la, ils s’empapaoutent sur une musique d’opéra et cela s’appelle « Microcosmos » au cinéma.
Sinon, les escargots sont hermaphrodites et Jacques Prévert est un monsieur qu’il faut tenir en haute estime à cause de son « Notre Père qui êtes aux cieux, restez-y » et de son « Quelle connerie la guerre ! ». 

 

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 Jack

Ce jeune garçon qui faisait pousser des haricots géants jusqu’au sommet du ciel utilisait-il ou non des pesticides fabriqués par le Monsanto de l’époque ?

 

 

Morane (Bob)

JK 11 couverture-12637-vernes-henri-bob-morane-072-les-guerriers-de-l-ombre-jaunePersonnage d’aventurier inventé par Henri Vernes. Même après avoir lu – en classe de cinquième ! - en une quinzaine de jours une quinzaine de ces récits parus aux éditions Marabout et signalés par un beau rectangle jaune et un phylactère étoilé où le nom du personnage apparaît en blanc sur fond rouge, je ne me souviens plus que du riff de la chanson du groupe Indochine et du nom de deux autres personnages : Bill Ballantine et L’Ombre jaune. Et aussi d’un titre particulier : « Un parfum d’Ylang-ylang ». Evoquer ce personnage me ramène au « lycée » Franklin de Lille et de fait, ça ne me rajeunit pas. Bob Morane a été adapté en bandes dessinées par William Vance, le créateur de Bruno Brazil et de la série XIII.

 

Pim Pam Poum

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Bande dessinée américaine dont les gags tenaient sur une seule page. Deux garnements, Pam et Poum, leur tante, la tante Pim, un capitaine sujet à des crises de goutte, un astronome à longue barbe blanche, un cousin prénommé Adolphe, une petite Léna… [et une tante Ross]. Tout cela a l’air de tenir dans une pension de famille sur une île du Pacifique [nommée Bongo]. Avec surtout des tartes fourrées (apple pies ?) qui disparaissent de l’appui de fenêtre sur lequel on les a déposées pour qu’elles refroidissent. Une imitation française de cette série, due à un nommé Eugène Gire, a paru dans l’hebdomadaire Vaillant pendant de longues années. Cela s’appelait « La Pension Radicelle » mais il semble que je sois le seul désormais à en garder le souvenir.

 

Poppins (Mary)

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Pamela L. Travers traverse le Channel en 1964 pour venir enchanter avec son ami Walt notre enfance continentale avec ce personnage de nurse modèle qui range votre chambre en un claquement de doigt, vous emmène galoper dans la campagne sur des chevaux de bois échappés d’un manège ou faire le mariole sur les toits en compagnie de petits ramoneurs savoyards joyeux d’oublier un temps leur bergère en compagnie de Julie Andrews. Sa guimauve musicale et son morceau de sucre aident la médecine à couler mais elle prétend qu’il vaut mieux acheter des graines à la vieille dame de la cathédrale Saint-Paul pour nourrir les pigeons que de placer son argent à la banque. Encore une qui n’a rien compris au néo-libéralisme !

 

Sésame

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« Sésame, ouvre-toi ! » est une formule magique employée dans un Conte des mille et une nuits. Le personnage principal, un nommé Ali Baba, prononce cette formule et pénètre ainsi dans une grotte secrète. Là est entreposé tout le butin amassé par les quarante voleurs qui détroussent tous les voyageurs de la région. Au lieu de se servir dans ce trésor et d’aller mener une existence dorée à Saint-Barthélémy le personnage rentre chez lui, écrit un roman intitulé « Le mythe de la caverne » qu’il publie sous le pseudonyme de Platon. Trois exemplaires vendus, le bide intégral ! Circonstances atténuantes : ni Télérama, ni France-Culture, ni François Busnel n’existaient à l’époque.

 

Thierry la Fronde

JK 05 cover-r4x3w1000-584fe2ce49886-thierrylafronde« Je m’appelle Thierry la Fronde,
J’ai une fronde en matière plastique
Que j’ai achetée trois cent francs à Prisunic ».

Ainsi parodiait-on dans les cours de récréation le générique de ce feuilleton télévisé.

Avant que n’apparaisse sur les écrans en noir et blanc de la télévision gaullienne ce personnage de résistant altermondialiste et pro-Brexit ou de zadiste au sourire Gibbs - magnifique Jean-Claude Drouot ! – les frondes étaient fabriquées avec une branche de bois en forme de Y à laquelle on attachait des lanières élastiques découpées dans des chambres à air de bicyclettes. Aujourd’hui les frondes sont réprimées à coups de fusil LDB. Celui qui se prend une de ces balles dans l’œil a bien du mal ensuite à se souvenir que les compagnons de Thierry-la-Fronde se prénommaient Bertrand, Jehan, Martin, Pierre, Judas, Boucicault et Isabelle. J’ai retenu par contre que l’actrice nommée Céline Léger qui tenait ce rôle féminin est la maman de la comédienne et réalisatrice Zabou Breitman.
 

Zébulon

JK 15 pollux10Tournicoti, Tournicoton ! Le manège enchanté, Margote, le Père Pivoine, Pollux dont j’aimais prendre l’intonation. Jacques Bodoin qui prêtait sa voix à ce chien anglophile est décédé cette semaine à l’âge de 97 ans. Adieu Philibert, sa table de multiplication, son « I go to the blackebo-ar-de » et sa panse de brebis farcie ! Merci, M’sieu Jacques, de nous avoir fait rire !

Zorro

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Un cavalier qui surgit hors de la nuit court vers l’aventure au galop. Cataclop Cataclop Cataclop !

Don Diego de La Vega, Bernardo, Tornado, le sergent Garcia…

Comme ils sont loin aussi les jeudis après-midis d’entre 1960 et 1970 !

 

 

26 mars 2019

Les Mémoires du bibendum / Jean-Paul

Page 1

1819-23 JP6 PinakothekCe roman-ci va vous emmener loin, très loin, bien plus loin que tous les lieux ou situations que vous avez pu voir ou imaginer jusqu’à présent. Et pour cause : vous êtes le personnage principal de cette épopée, vous êtes le héros de l'histoire et désormais tout est possible pour vous.

Nous allons tout vous révéler de votre avenir, de vos questions, de vos désirs et réaliser toutes vos potentialités.

Ce sera à vous de choisir, au fil des chapitres, votre destination, votre parcours. A partir d’aujourd’hui le voyage perpétuel commence. Vous allez vous retrouver désespérément ailleurs.

Comment ça, « Même pas peur ! » ?

Alors si c’est comme ça, c’est parti !

  

 Page 15 

1819-23 JP 1 corsageAujourd’hui vous êtes ce barbu au visage longiligne qui marche, un bâton de pèlerin à la main, sur le chemin de Saint-Jacques de Compostelle. Nous sommes à la fin du XVIIIe siècle. Le chemin est à peine balisé, le voyage est long, le ciel menaçant. Vous butez sur les cailloux pointus et vos sandales usées soulèvent la poussière du Périgord noir à la veille de l’orage.

Vous accomplissez ce pénible périple pour obtenir votre rédemption. Vous avez une vie à recommencer. Dans la dernière hostellerie où vous avez passé la nuit, lorsque vous avez délacé le joli corsage bleu de la servante, quand le corps charnu de la jeune fille trop facile est sorti de son jupon blanc, elle ne s’est pas posé de questions sur votre identité, sur votre passé d’homme dangereux.

1819-23 JP 5 pagodeElle a juste compté les écus dont vous l’aviez gratifiée avant de s’allonger sur l’humble paillasse et de s’offrir à vous sans y mettre d’ardeur. La chair est triste hélas et vous avez lu tous les livres.

Ailleurs pourtant la princesse Theodora von Klenze vous promet des nuits de Chine dans le pavillon bleu du château de Nymphenburg mais vous la fuyez. Vous savez que Munich serait votre perte. Tout redeviendra citrouille un jour ou l’autre, aussi bien les carrosses des rois de Bavière que la royauté française endormie dont vous traversez les territoires fiévreux.

1819-23 JP 4 carrosse
Vous avez entendu le peuple qui grondait dans les campagnes, vous avez vu les injustices terribles dont tous demandent qu’on y mette fin. Mais vous avez toujours eu maille à ne pas partir jusqu’au jour où 

 

 

 

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1819-23 JP 2 Blaue Reiter (Franz Marc)Vous préférez peut-être être peintre en 1911 ? On vous appelle alors Franz Marc et vous peignez des chevaux bleus. Votre ami Kandinsky souhaite que vous publiiez ensemble le livre de tous les livres de la peinture. Mais son idée d’exposer vos toiles dans l’Englischer Garten de Munich ne vous emballe pas. Vous n’êtes jamais entré dans un monoptéros et ce temple en rotonde avec ses colonnades ouvertes aux quatre vents… Pour un peu vous l’enverriez se faire voir chez les Grecs, le Vassily.



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1819-23 JP 3 Château de Ludwig II

On vous a doté de tout l’armement nécessaire : cutter, couteaux de boucher, capsule de cyanure, revolver de poche. On vous a fourni les faux papiers et le contrat d’engagement qui vous permettront d’entrer à la Kansas City Film Ad Company. Vous allez approcher ce débutant qui, tel une montagne de celluloïd à venir, va finir par accoucher d’une souris dérangeante.
Et justement, en ce jour de l’an de grâce 3202 la Bibendum SA, un consortium d’exploration des univers possibles qui ne manque absolument pas d’air, vient de vous payer pour que ce rat quitte le navire. C’est à vous qu’il appartient de changer l’histoire du monde.

A bord de la capsule spatio-temporelle vous prenez la direction des Etats-Unis au XXe siècle. Quel bond dans la préhistoire du monde !

Vous vous sentez indestructible dans ce costume de citoyen américain de 1923. Vous ressemblez à Clark Kent, l’acteur qui jouera Superman dix ans plus tard : lunettes à monture d’écaille, costume cravate, pantalon trop court, chapeau mou.

Vous êtes sûr et certain que vous allez réussir la mission que le Bibendum vous a confiée de sa voix métallique :

- Ramenez-moi la tête de Walt Disney !

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Reposez en paix. Vous avez désormais toute l’éternité devant vous. Une éternité pour écrire la suite.

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20 mars 2019

Consigne d'écriture 1819-22 du 19 mars 2019 : Généalogie fictive

Généalogie fictive et Tintinesque

 

L'animateur a lu dans le "Nouveau nouveau magasin d'écriture" d'Hubert Haddad l'entresort n° 8 dans lequel il est dit :" S'inventer une généalogie extravagante à partir de la lecture d'une vieille liste de mariage d'un de vos ascendants."

Il suggère que chacun.e s'invente une généalogie fictive à partir des pages de garde des albums de Tintin d'Hergé. Autrement dit : tous ces personnages sont des membres de votre famille d'un jour. Racontez-nous qui ils sont.

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27 mars 2019

Consigne d'écriture 1819-23 du 26 mars 2019 : Auto-centon

Auto-centon

 

On écrit la première phrase du roman qu’on aimerait lire enfin.
Dans un guide de voyage on choisit sept images. Pour chacune d’entre elle on écrit un début de phrase.
On liste sept titres possibles à ce roman.
On repart de la première phrase et on poursuit le texte en y intégrant tous les titres et tous les débuts de phrases qu’on a écrits.

(D'après l'entresort n° 40 du "Nouveau nouveau magasin d'écriture" d'Hubert Haddad.)

Münich week-end

28 novembre 2018

Consigne d'écriture 1819-10 du 27 novembre 2018 : Cours, Kennedy, le vieux monde aura ta peau !

Cours, Kennedy, le vieux monde aura ta peau ! 

 

Le hula-hoop, le chewing-gum, Elvis Presley… Les Etats-Unis nous ont apporté des tas de choses, bonnes ou mauvaises. Il vous est demandé d’en dresser la liste sous forme de trois colonnes d’un tableau. A gauche (+) ce qui vous semble un apport positif. Au centre (-) ce qui vous semble une invention déplorable. A droite (=) ce qui vous indiffère un tant soit peu.

Vous développerez ensuite plus longuement votre rapport avec un ou plusieurs de ces personnages, objets ou événements de votre liste (ou de celle des voisin.e.s).

Vous imaginerez les éléments d’une « fête des Etats Unis » qui aurait lieu sur le cours Kennedy à Rennes et au Tambour (la salle de spectacle de l’Université de Rennes 2).

190324 265 083

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L'Atelier d'écriture de Villejean
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