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L'Atelier d'écriture de Villejean
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10 septembre 2024

Un carnet bleu / Marie-Thé

 

Tu ouvriras ce carnet bleu
lorsque je serai loin de toi.

 

Tu comprendras pourquoi
je ne peux rester dans cette ville
où tu te sens si bien.

 

En lisant ce carnet bleu,
Tu verras que je ne t’oublie pas.

 

 

Je retournerai dans ces forêts,
près de cet étang, sur ces routes,
sur ces terres que nos pas,
en les mesurant, portaient à l’infini.

 

Là-bas je t’appellerai.

 

Viendras-tu, Maria ?
 

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10 septembre 2024

Un Prince / Marie-Thé

 

 

Un prince à la chemise bouffante perlée d’or, m’attendait dans la chambre.


Quand ils voient un miracle, la plupart des gens ferment les yeux.
Moi, j’ai sorti mon appareil photo, le prince m’a souri, j’ai pris le cliché.

 

Est-ce un rêve ou la réalité ? Un souvenir lointain ?
Je ne sais plus.

 

J’ai enlevé ma robe blanche,
Le prince a ôté sa chemise bouffante perlée d’or.
Il m’a rejointe dans le lit à baldaquin.


C’est à ce moment-là que je me suis réveillée.
J’en suis encore toute chamboulée.

 

17 septembre 2024

L'Aventurier (version belge) / Jean-Paul

 

 

Se chante sur l'air de "L'Aventurier", chanson du groupe Indochine

 

1
À l'assaut de tous les poncifs
Le manuscrit est explosif
 Car Bob Morane va affronter
 La mafia du clone d'Ash-Keh-Neh.

 

 Par un beau dimanche à Bruxelles,
 En suivant le circuit Jacques Brel,
 Le voilà soudain qui dégomme
Les contrebandiers de l'atomium.
Godverdom !

 

2
 Posté sur le sentier de la guerre.
 Le Maneken pis est Vénère.
 Il y a un étrange trio.
 Qui s'abrite derrière son dos.

 

 C'est la bande du monstre du métro
 Qui balance des tas de pruneaux.
 Mais Bob Morane réplique aussitôt
 D'une balle mal placée, pile dans le robico. 
D'la statue

 

Pont musical :
Ouille, Ouille, Ouille, Ouille, Ouille, Ouille, Ouille, Ouille.
Bougre d'andouille ! Purée ! Que je douille !


 
3
Le clone d'Ash Scanné s'est échappé.
 Bill Ballantine, à sa poursuite.
 Voilà que ce salaud s'est réfugié.
 Derrière un tableau du musée Magritte.

 

 Ceci n'est pas un yatagan.
 C'est bien l'épée de d'Artagnan.
 Le bandit s'enfuit dare-dare.
 Par la porte du cauchemar.
Vers Bozar

 

 

4
 On entend alors le cri de la Louve.
 Et ça nous rappelle l'affaire du Louvre.
 Devant le portrait de la Walkyrie.
 Ça avait été une tuerie.

 

 La bête hors des âges veut sauver sa peau.
 Elle se cache dans l'entre du crapaud.
 Aux origines de l'imaginaire.
 Là où sont les chouettes filles du bord de mer. 
D'Adamo.


5
 Mais voilà que Bob traverse le miroir.
 Pour l'Opération Chevalier noir.
 C'est la guérilla à Tumbaga
 Et fin des trafics à Paloma.

 

 Faut vous dire, Monsieur que chez ces gens-là.
 Les fourmis d' l'Ombre jaune ne rigolent pas.
 Et lorsque la marabunta gronde 
 D'Ixelles aux Bermudes, c'est la fin du monde.

 


6
 Entre les tours de Bruges et Gand.
 Apparaît la tête du serpent.
 Avec les cathédrales pour uniques montagnes.
 C'est alors la fin de la castagne.

 

 Celui qui a lu les deux-cents romans.
 Peut bien s'allonger sur les berges du temps.
 Pour se reposer d' ces poseurs de bombes
 Il lui reste à lire... Amélie Nothomb
Qui est plus drôle !

 

 

16 avril 2024

Les Jeux zoolympiques / Maryvonne

 

                                             

Certains blâment la flamme olympique qui pique leur fric. Les jeux font des nœuds de jalousie. Bien des liens se nouent et se dénouent. La principale princesse, en croupe avec la coupe, dresse avec adresse le trophée comme une fée. Avec elle, elle prend le chemin du stade et de la parade. Combien de chiens cheminent en promenade vers la promesse de la gloire du sautoir ? Vous pourrez voir : la course de l'ours, la nage du sage. Les épreuves pleuvent dans l'arène de la reine mais ce ne sera pas à Rennes. 

 

Les matchs de catch, la natation pour la nation, la lutte près du but. Le saut en hauteur pour auteurs d’exploits, le cyclisme sans tourisme, l'escrime sans le crime, l'aviron qui tourne en rond.

 

La gymnastique sympathique, le hockey sans hoquet, le patinage sans badinage, la luge sans le déluge. La tentation de l'équitation sur l'hydre de l'hydrographe.

 

Vous verrez tout un peuple qui meuble les gradins avec les gamins qui attendent les gadins. Un spectacle qui tacle les nuls et glorifie le rififi. Un monde qui gronde, qui pète le feu, les jeux quoi !

 

 

19 mars 2024

Here Ouigo ! Here Ouigo nulle part ! / Jean-Paul

 

 

Jules Verne, l'homme du « Voyage en ballon » mettrait aujourd'hui auprès de SNCF-Connect (Robot le Conquérant !) beaucoup plus de temps à acheter son billet Nantes-Amiens que ne dure ce trajet !

 

Je ne suis pas ici pour raconter ma vie mais pour ma part j'ai passé presque deux heures à passer commande d'un billet Rennes-Paris pour le lundi 26 février avec retour le vendredi 1er mars. J'ai aussi commandé un Paris-Lyon avec retour aux mêmes dates.

 

J'ai commencé par tiquer. Il est plus économique d'aller de Paris à Lyon que de Rennes à Paris ou que de Paris à Rennes !

 

Après j'ai tiqué - de quai ! - sur le billet lui-même. J’ai imprimé sans problème mes e-billets Paris-Lyon aller et retour. J'ai pu imprimer également le Rennes-Paris mais pas le Paris-Rennes. En réponse à mon clic sur « imprimer vos billets » on me disait qu’il serait envoyé dans ma boîte mail quatre jours avant le départ. OK ! C’est nouveau, ça vient de sortir, on va attendre !

 

Le jeudi, exactement comme la pas sereine sœur Anne, je ne vois rien venir. C'est pourquoi le vendredi matin je file à la gare demander quoi et qu'est-ce que ce micmac moche.

 

C'est là que je suis tombé sur les deux cerbères qui vous empêchent maintenant d'entrer dans la salle des guichets et vous interdisent surtoput d'aller embêter celui de leurs collègues qui a la chance d'être assis derrière l’hygiaphone.

 

 

C'est pour ça à mon avis qu'ils sont désagréables, ces deux-là, les vigiles. Eux sont obligés de travailler debout alors que les autres, les assis, ne fichent plus rien.

 

- Kèsksékvouvoul ? me demande le barbu antipathique tandis que Miss Wagon réfrigéré 2024 me regarde comme si j'étais aussi mal vêtu que Gérard Manvussa ou aussi malotru que Gérard Depardieu.

 

- Je n'arrive pas à imprimer mon billet aller-retour Rennes-Paris ! dis-je en lui donnant la référence du dossier.

 

- Donnez-moi ça ! dit-il en m'amenant vers une tablette numérique. Il rentre les données, il me réimprime les aller Rennes-Paris.

 

- Ah ben oui, admet-il, un peu perplexe, il n'y a pas les retours !

 

- Oui. Chez moi ça me met que je les aurai quatre jours avant le départ mais on est vendredi et je pars lundi !

 

- Ah mais je comprends, ricane-t-il comme soulagé. C'est un Ouigo !

 

- Et alors ?

 

- Et alors Ouigo... c'est pas nous !

 

- Comment ça, c'est pas vous ? C’est bien la SNCF qui me vend ce voyage, non ?

 

- Non, c’est Ouigo. Ouigo, c'est tout par internet ! C'est comme le low-cost avec les avions. C'est moins cher mais c'est tout par téléphone !

 

- Mais alors comment je fais pour voyager sans billet ? Il y a une agence Ouigo quelque part ?

 

- Puisque que je vous dis que c'est tout par internet !

 

- Mais c'est complètement con ! Je vous achète un titre de transport et je repars sans rien ?

 

Je sens que je l'énerve plus, ce faux-cul, que je ne m'énerve moi-même et je vois le coup que Miss Wagon réfrigéré 2024 va me sortir de son agence à coup de pompes... dans le vrai-train !

 

Je sors donc dépité de ce lieu de non-assistance à voyageur en détresse et, pour me consoler, je vais photographier les graffs du boulevard du Colombier.

 

« Il y a plus d'humanité dans l’oeil d’un chien peint sur un graff que dans celui d'un vigile de gare quand il remue la queue » comme n'a pas dit Pierre Desproges.

 

 

***

 

Le samedi je me reconnecte et j'apprends que mes billets me seront envoyés le lundi 26. Oui mais à quelle heure ? Chez Ouigo ils ne connaissent pas l'aller-retour si l’aller est fait avec SNCF ? C’est inouï, ce truc, comme on dit chez TGV !

 

Le lundi 26, jour du départ, à 7 h les billets sont là ! Je les imprime ! On peut partir rassurés !

 

***

 

 

Le mardi soir à Lyon Marina Bourgeoizovna reçoit un SMS bizarre : « Votre train de retour est annulé ».

 

Ah bon ? On va voir dans ma messagerie pour comprendre : rien, pas de message de Ouigo.

 

- Ça doit être un message piraté ! me dit-elle.

 

Le jeudi, par sécurité, on reconsulte ma messagerie. Aucun message n’est là pour confirmer une quelconque annulation.

 

***

 

 

Vendredi 1er mars, 12 h, gare Montparnasse. Le train Ouigo de 12 h 57 à destination de Quimper vient de s’afficher voie 4. On s'y rend, on présente nos billets pour embarquer. Gros bip sonore ! Grande croix rouge sur le scanner de Monsieur et Madame Ouigo les Kings of the control.

 

- Qu'est-ce qui se passe ?
- Votre train est annulé
- Comment annulé ? Mais il est là, à quai !
- Oui mais il ne dessert pas les gares de Le Mans, Laval et Rennes
- Alors qu'est-ce qu'on doit faire ?
- Vous allez être remboursé mais il faut que vous alliez acheter un autre billet pour prendre un autre train pour Rennes !

 

On est un bon paquet de Lébézékontévous qui allons faire la queue avec l’espoir qu’il y ait une personne derrière l’hygiaphone.

 

A l’entrée de la salle des guichets, les vigiles parisiens semblent plus cools qu’à Rennes. Ça doit cacher quelque chose. Bingo : ici il n’y a pas d’hygiaphone ! On nous positionne devant une tablette et on nous dit "démerdez-vous tout seul" ! Mais avant qu'on ait commencé il y a Monsieur Hakim Ouigo, le chef du train de 12 h 57 qui vient nous chercher !

 

- Venez ! On va vous prendre quand même ! Vous allez voyager gratuitement mais on vous embarque !

 

- Bon ! Retour à la voie 4 ! On monte dans le premier wagon venu et on s'installe sur deux sièges « strapontin » dans le couloir à côté des bagages.

 

Monte un couple avec deux enfants et une poussette et à ce moment-là on entend Madame Ouigo Krachdan-Lemicro qui dit d’un ton sec : « Le train s'arrêtera au Mans, à Laval et à Rennes mais on ne laissera descendre personne. Merci de descendre immédiatement de ce train si vous ne voulez pas vous retrouver à Quimper où vous n'avez que faire ! ».

 

Tout le monde descend. Le père des deux mômes lui est remonté, dans le sens où il est prêt à aller démonter les gens de la Ouigo Railroad Company !

 

On repasse devant la poignée de contrôleurs à l’entrée du quai. Ils en sont presque venus aux mains entre eux tant ils ne comprennent rien, eux non plus, à ce qu'ils doivent ou auraient dû faire.

 

Je vous épargne la suite nos mésaventures – j’ai de quoi faire un autre billet pas gentil ! -. Sachez qu'on n'a pu trouver un train qu'à 17 h et qu'on est rentrés chez nous sur le coup de 20 heures.

 

Ouigo ? Vous, vous faites comme vous voulez mais nous c'est « Plus jamais ! ».

 

***

 

Pour en revenir à Jules Verne je peux juste lui dire une chose : ce n'est pas moi qui entamerai un tour du monde en 80 jours ! Déjà que, au 21e siècle, avec un e-billet et des TGV en veux-tu en voilà on met six heures pour aller de Paris à Rennes !

 

On irait peut-être bien plus vite en montgolfière mais là c'est l'idée de monter dans la nacelle qui m'arrête !

 

Finalement moi ce que je préfère de plus en plus c’est la marche à pied dans Rennes !

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7 mai 2024

22, v'là des p'tites villes ! / Maryvonne

                               

Au cours de mes pérégrinations dans notre belle contrée j'aime tomber sur l'entrée d'une petite ville qui s'annonce « Petite cité de caractère ». Vous pourriez penser à « Ni Dieu ni maître » mais c'est plus subtil  que ça. C'est : « Vous allez voir de l'originalité, de l'humour, de l'authentique aussi, loin des classiques noms d'hommes politiques ou de poètes oubliés ».

 

Dès notre arrivée il y avait une odeur de crêpe qui flottait dans l'air, c'est que la fée des crêpes y avait élu domicile. Nous étions bien en Bretagne.

 

Pour l'odorat j'allais vite déchanter car, le nez en l'air, je mis malencontreusement le pied dans le crottin. Étant fille de maréchal-ferrant, l'identification de l'odeur ne pouvait m'échapper . « Ça pue d'épier » dit mon mari qui avait remarqué mon œil fureteur. Car qui dit crottin dit cheval. En trouvant plus loin « Le chemin des palefreniers », « Le petit écuyer » et l'impasse des Haha, je tirai la conclusion qu'il devait y avoir ici-même un haras ou alors c'était bien imité. 

 

 

Dans le jardin secret de madame Prunier la cuisine s'appelait « Le pain des rêves » et son secret était peut-être en rapport avec Louis Guilloux, l'écrivain costarmoricain. Une rencontre ? Une idylle ? Un moment unique hors du temps ? 

 

Il est vrai que Louis Guilloux aimait sortir dans la rue pour parler. Il se rendait souvent autour du lycée de garçons « Anatole Le Braz » pour discuter avec les élèves. 

 

Chacun d'eux serait peut-être le gendre idéal. C'est alors que me revint le souvenir d'avoir photographié une enseigne de magasin de prêt-à-porter pour homme du même nom. Photo que j'avais d'ailleurs envoyée à mon gendre du moment.

 

 

Étrange non, les coïncidences quand on furète le nez en l'air ? Au cœur de cette ville je vois un panneau «  Le cri de l'ormeau ». Mais c'est bien sûr ! C'est le nom du petit fascicule  qui relate les bonnes idées de sorties dans les Côtes d'Armor. 

 

L'air du temps est doux et dans le passage Georges Brassens on se surprend à fredonner « Auprès de mon arbre ». C'est comme dans la promenade du même nom à Rennes. Info ou intox ? Les deux villes auraient-elles eu la même idée d'organiser un festival Brassens en ces lieux ?

 

De toute façon, au soleil couchant, les villes bretonnes ont toutes  cette lumière qui redessine les monuments en les entourant finement d'un liseré doré, créant un moment unique hors du temps. 
 

17 septembre 2024

Bob Morane / Marie-Thé

 

 

1
Perdu au milieu du désert
Au sud de l’Amazonie
Avec Bob Morane mon ami
Nous allons chercher un trésor
Dans un souterrain rempli d’or
Gardé par un conquistador 
Et  une équipe de légionnaires
Haut perchés sur leurs dromadaires

 

Refrain
Notre héros de tous les temps
Bob Morane surgit face au vent
Pour libérer les opprimés
Et aux populaces distribuer 
Le trésor du conquistador.
C’est bien Bob Morane le plus fort.

 

2
En cavalant dans ce désert
Bob Morane entend résonner 
Des cris provenant d’Ananké
Une femme « au secours » a hurlé.
Oubliant sa chasse au trésor
Vociférant comme un ténor
Comme un sauveur libérateur
Il va à l’assaut du château
Libérer celle qui a crié.

3
Bob Morane roi de la terre 
D’un coup d’épée il fait tomber
Conquistador et légionnaires.
Il rentre dans le château fort
Et  supplie le Maharajah
De libérer la prisonnière.
Il promet qu’il l’épousera
Et loin d’ici l’emmènera.

 

4 juin 2024

Surveillance du bolcho / Jean-Paul

 

 

 

C’est quoi sa came à l’animateur d’atelier d’écriture ? Il carbure au calva ou au blanc cass’, ce naze ? Il bouffe des amphés, l’intello ?

 

Sa meuf ose prétendre qu’il a un agenda de ministre alors que le bonhomme passe tout son temps dans son burlingue, accro à son ordi. Elle dit que le couple ne consomme ni crack ni hasch ni héro à part peut-être ceux des bédés ! On va leur coller une perquise à ces drôles de toxicos, retourner leur appart’ de fond en comble et on trouvera bien de quoi les mettre en gardave, ce mec à tête de socialo et cette mamie anar !

 

Il y a forcément une combine. Ce groupe de nanas qui se réunit tous les mardis à la cafète de la Maison de quartier de Villejean, c’est vraiment trop chelou.

 

Preum, ils ne sont même pas déclarés en asso. C’est juste un club. Ça veut dire que tu n’as même pas besoin d’être un bourge plein de fric pour entrer dans leur bande. C’est gratos si t’es adhérent à rencontre et Culture et ça ne coûte que dix balles pour l’année : tu peux aussi faire de la rando, voir des expos, des projos de diapos, travailler tes abdos au dojo et danser le tango. Valabe, non ?

 

On a envoyé l’agent Contrex taper l’incruste un jour dans leur salle Mandoline. C’était peut-être pas le bon choix parce que l’agent Contrex , si on lui a donné ce blase, c’est parce qu’il ne boit pas que de l’eau. Il est bien plus souvent dans les vapes d’avoir abusé du pastaga qu’à faire la queue à la fontaine pour y puiser l’info en même temps que l’eau claire.

 

- C’est comme une réunion d’instits, qu’il a écrit dans son rapport, sauf que celle qui bosse encore dans l’Éduc Nat arrive toujours la dernière. Le prof qui anime la séance, il a du faire langues o parce que j’ai entravé queude à ce qu’ils appellent la consigne d’écriture. Il a posé le problème genre sujet de rédac comme à l’époque où on passait le certif sauf qu’il fallait inclure dans la disserte toute une liste de mots complètement branques !

 

Les dames ont demandé un rab d’expliques au rédac’chef et puis elles ont écrit en silence comme pendant un exam. Enfin, j’imagine, parce que moi j’en ai passé aucun d’exam, même pas le bac, à part celui pour entrer chez les keufs.

 

Après, sur le coup de vingt heures, chacune a lu sa copie et l’autre zig aussi. J’ai entendu des histoires assez barges : « Comment je me suis trouvée enfermée dans le métro » par une ancienne libraire de Bécherel ; « Laure Manaudou qui fait ses courses au Monop et rencontre le prince charmant au rayon impers et pardeuss » par l’instite retardataire. La secrétaire médicale élégante a sorti un air de caf’conc’ pour chanter, complètement exhibi et décomplex’ les louanges du Kamasûtra au Club Med. La gynéco a parlé de sa scolarité chez les sœurs en centre Bretagne où elle était demi-pens’. On m’a tout expliqué sur Isaure Chassériau que le suspect replace dans ses textes à la moindre occase. Je crois qu’on dit « leitmotiv » ou « running gag ». Il en a fait, paraît-il, un rom’pol’ formid mais ça m’étonnerait que le Fig Mag ou le Nouvel Obs en parlent parce que le gugusse publie uniquement sur un blog sur le web ! Un blog, à l’heure de Tiktok ! Trop ringue, l’autre, eh !

 

Bon, j’ai fait semblant de rire et de trouver ça sensass et quand est venu mon tour de lire j’ai joué les modestes, disant que côté inspire, ça avait été la dèche.

 

 

Bref je suis remonté bredouille dans ma deuche. Côté activité illégale, là-dedans, c’est zéro, nib de nib. Pas la peine de leur chercher des Papous dans la tête à ces bobos ! Si vous croyez qu’ils planquent du macchab’ dans la cheminée en mode Landru, qu’ils cachent un clandé à l’étage ou traficotent dans le ballet rose, vous vous mettez le doigt dans l’anus jusqu’au coude de l’intestin grêle !

 

Là-dessus Contrex a ajusté son nœud pap’, remis son galure et s’est barré au rade pour boire un perniflard parce que c’était l’heure de la sortie de midi.

 

- A c’t’aprème ! qu’il a dit en sortant.

 

***

 

N’empêche. On les a à l’oeil. Vingt-deux ans de rigolade en salle Mandoline avec de la fidélité hebdomadaire, des dames qui viennent à vélo de La Bellangerais par tous les temps, d’autres depuis Cesson ou La Chapelle des Fous en prenant le périph’ saturé, sans compter celles qui, à distance, écrivent en ligne pour publier leurs élucubres, c’est un casse quelque part. Un hold-up commis aux dépense de la tristitude ambiante. On ne comprend pas comment ça peut marcher. 

 

Il y a forcément une soluce, quelque part, à ce prob’ ! On la trouvera !

 

 

10 septembre 2024

Un Trousseau de clés / Anne J.

 

Je lisais un philosophe quand la grande vague de rire m’a envahie : cette fois j’avais oublié mes clefs sur la porte d’entrée à l’extérieur !

 

Cette fois car la semaine dernière, quand j’ai pris le train pour aller voir ma tante, je suis partie sans mon portefeuille ! Je n’avais donc pas un centime en poche et pas ma carte de réduction de train non plus : j’ai prié fort pour que le contrôleur ne me la réclame pas car il m’aurait mis une amende salée que je n’aurais pas pu payer sur le champ. J’aurais donc fini à la gare de Rennes entre deux agents de sécurité pour m’expliquer avec la police des chemins de fer.

 

 

Rien de tout ça n’est arrivé mais comme les ennuis volent toujours en escadrille, le train avait 2 h 30 de retard et je n’avais rien pour m’acheter un sandwich ou, plus grave, un autre billet si je devais attendre le lendemain pour rentrer. Bon j’aurais pu mendier ou chanter mais là on aurait payé pour que je me taise.

 

Revenons au jour dit.


Mes amis vous le diront tous, j’ai un problème avec les clefs. Beaucoup de personnes ont un problème avec les clefs mais souvent ce n’est pas le même que le mien : j’ai plusieurs copines qui, lorsqu’elles quittent leur maison pour une réunion ou un spectacle ou une toute autre activité dehors, vérifient trois fois de suite qu’elles ont bien fermé leur maison, que leurs clefs sont bien dans leur poche ou leur sac et d’autres qui cherchent les clefs dans la cuisine, dans le salon, dans le couloir  parce qu’elles ne savent jamais où elles les ont mises (on peut toujours mettre une alarme).

 

Mais moi, je n’ai jamais d’angoisse de ce type parce que je ne prends pas souvent la peine de fermer. L’idée, donc, d’avoir laissé mes clefs sur la porte fermée m’a fait rire aux éclats sous l’œil éberlué des autres voyageurs.

 

J’ai repris ma lecture savante et au bout d’un petit quart d’heure, le ronron du train aidant, je me suis endormie et me suis retrouvée devant la porte du paradis. Saint Pierre agitait un énorme trousseau de clefs d’un air las. Il m’a saluée d’un petit geste de la main.

 

- J’ai un service a vous demander.

 

- En contrepartie de quoi ?

 

- Voila, j’ai besoin de vacances, tous ces gens qui arrivent stressés à ma porte m’épuisent, j’ai pas mal de RTT à force de travailler le dimanche, je vais partir dans le sud chez des amis et je cherche un remplaçant ou une remplaçante. Il faut juste tenir la porte fermée et accueillir les personnes. Si vous acceptez, je vous confie mon trousseau, il ouvre toutes les portes nécessaires.

 

Je pouffai de rire.

 

- Vous ne savez pas à qui vous avez à faire ! Avec moi, c’est open bar !  

 

- Vous allez très bien faire l’affaire et puis je n’ai pas d’autre candidat !

 

Saint Pierre quitta sa longue robe blanche qui tomba en bouchon à ses pieds et apparut en petit jean moulant et chemise hawaïenne : il avait déjà la tenue ! Puis il posa son trousseau à mes pieds et disparut.

 

Les premiers clients ne tardèrent pas à arriver et bientôt je ne savais plus où donner de la tête . Et c’est alors que je l’ai aperçu, avec son habit rouge, ses petites cornes et sa queue fourchue : le diable. Il m'a fait un clin d'oeil :

 

- Salut, beauté !

 

Alors là, je savais qu'il me tendait un piège, qu'il me savonnait la planche vers quelque chose de moche : personne ne m'appelle jamais "beauté" !

 

- J'ai tout un autobus venu de l'enfer, ce sont des participants à la fête de l’Huma, la plupart ne croient pas en ton Dieu, mais ils en ont assez de l'enfer, il y fait trop chaud et trop sombre , ils ne peuvent même pas lire de philosophie, tu peux leur faire une place ?


J'ai pris la main du diable. Sous ses ongles noirs, j'ai vu de la lumière car personne n'est tout à fait mauvais ou tout à fait bon.

 

- On passe un marché, OK ?

 

- OK !

 

- J’en laisse entrer dix et c'est moi qui les choisis. En plus tu vas chercher les clefs qui sont restées sur ma porte et tu me les ramènes, et puis va dans mon frigo, il y a une grosse part de bleu des Causses, bien crémeuse et bien moisie, reviens avec ! Ici on ne mange que du Babybel ou de la vache qui rit jaune.

 

Le diable a haussé les épaules.


- Fastoche ! 

 

J’ai laissé rentrer les dix qui me semblaient avoir l’air d'être les plus insignifiants, je les ai mis en salle d’attente et j’ai attendu le retour du diable.


Il est revenu quelques heures plus tard avec un gros morceau de fromage dans un papier.  Déjà l’eau me venait à la bouche, je me suis fait sur le champ une belle tartine que j’ai envoyée gratiner au feu de l’enfer.

 

Le reste de ce bleu, je le glisse dans ce livre pour vous    

 

 

10 septembre 2024

Soulages / Jean-Paul

 

"S'il y a un sale passage après la mort, ce doit être l'entrée du musée de Montpellier", nous prévient Christian Bobin. De ce fait, je suis bien content d'habiter à Rennes.

 

De toute façon, j'y suis interdite de séjour dans les entrées de musée. Celui de Rennes se trouve au bord de la Vilaine, sur le quai Émile Zola. C'est un musée des beaux-arts. On y trouve des peintures et des sculptures.

 

Quelquefois je vais boire place de Coëtquen dans la Fontaine de Parmiggiani. Ma copine, Mimi Pinson, qui est très souvent tête en l'air mais sait néanmoins pas mal de choses sur notre ville m'a montré un jour,sur le pignon d'un mur proche, des oiseaux peints et m'a appris qu'ils sont représentés également sur une toile du musée.

 

 

- Comment tu sais ça, toi, Mimi ? Tu es morte et tu as résurrecté ? Tu y es entrée dans le musée ?

 

 - Certainement pas, Madame Picassiette ! Mais un jour que j'étais perchée...

 

 - T'es toujours perchée, comme fille, Mimi !

 

 - ...Que j'étais perchée sur la branche d'un arbre au parc du Thabor, j'ai regardé par-dessus l'épaule d'un touriste qui lisait le guide du musée et j'ai reconnu le tableau. Quelques pages plus loin, il y avait le portrait d'Isaure Chassériau que j'avais vue au même endroit un été.

 

 

Ma copine Mimi, je ne sais pas pourquoi elle s'intéresse autant aux affaires des hommes. En même temps, elle n'a rien dans le crâne, c'te piaf, toujours à chanter des ritournelles, des roucoulades, des trilles, à prendre des airs de Rossignol milanais.

 

Si on était des insectes, elle serait la cigale et moi, la fourmi ! C'est que je bosse moi ! Je prolifère, je dézingue ! Quand j'entends du Wagner, j'envahis la Pologne ! Tout en chantant "Le Dénicheur" sur deux notes, je déniche les endroits où les autres ont fait leur nid et je remplace leurs œufs par les miens.

 

Voilà une autre raison pour laquelle il vaut mieux habiter Rennes que Montpelllier : ici j'ai l'alibi en béton. Chaque fois qu'un volatile se rend compte de la substitution, il met ça sur le compte de la poule Coucou de Rennes ! Ca me soulage qu' on me croie innocente et qu'il y ait plus noir que moi en matière d'âme aux yeux des gens !

 

Alors à la fin de la journée, je vais retrouver mon Julot la conscience tranquille. Je rentre dans mon horloge suisse et m'endors en pensant comme chaque soir que le plus beau est à venir.

11 juin 2024

Eden blues / Jean-Paul

 

I

 

Bon, il n’y a pas de doute que le Paradis sur Terre, il aime bien ça, Adam.

Mais il est quand même embêté comme un qui aurait un froc à courir après le tram au milieu d’un champ d’orties que ça lui démange quelque chose quelque part.

Alors il est allé chez le docteur Dieu lui dire qu’une bonne copine pour tirer une bordée il aimerait bien avoir.

Et le docteur Dieu a prévenu : «Pour avoir un mât de cocagne ou une toulcamembré, le même risque et le même tarif vous aurez : une côte que je vous enlèverai ! ».

 

 

II

 

Bon Adam a le coeur embrumé de devoir repasser sur le billard.

Mais il réfléchit à toute berzingue que le docteur Dieu est un bon chir’ et qu’il ne risque rien vu qu’il est encore jeune, que sa coque ne commence pas à fatiguer, qu’il n’a pas été sur le dos et que les côtes il se les fendra sans doute plus avec sa compagne, quelle qu’elle soit, que tout seul.

Alors le docteur Dieu opère, fier comme un caban d’arborer son badge « CHU Pontchaillou » et de faire naître, d’un bout de côtelette, une poupée mignonne avec tout ce qu’il faut là où il faut pour qu’on puisse dire d’elle « C’est une belle goélette ! ».

Et lorsqu’il aperçoit Eve Adam a encore envie de faire le marin malheureux auprès du Ferblantier suprême parce qu’à côté de la divine maouesse qu’il vient de lui créer, voui dam, lui a l’air d’un clodo, d’un bon qu’à tenir les halles !

 

 

III

 

Bon, qu’il esplique Dieu aux deux premiers amoureux de la Terre, ici c’est plus mieux que partout ailleurs.

Mais hopala : je vous interdis de fêter Pâques avant les Rameaux et d’empiffer les pommes sur l’arbre de la Connaissance.

Alors du temps passe, Adam et Eve s’apprivoisent et s’amusent comme des fils d’archevêques, font des balades sur leur treuil, ils sont bien à l’aise vu qu’ils vivent au Paradis.

Et celle qui n’a pas sa lank dans sa poche et le grand mât pignou se poilent, se donnent des poks et remplissent leur bourette avec leur bonheur.

 

 

IV

 

Bon, on le sait, la femme, souvent, une morfale qu’elle est et une tronche à sucer la glace, l’homme il a pas.

Mais un interdit est un interdit et comme Eve a pas l’habilitude de mett’ son sac dans les salons elle dit à Adam : « Sûre que j’irai au friko si je veux : croquons la pomme et faisons un enfant de Marie ! ».

Alors Adam, choqué par tant d’audace, va trouver Dieu et lui dit : «  Regarde pour voir, donc ! Celle-là est sotte avec moi mais je ne voudrais pas être baisé comme un tacaud en désobéissant à tes ordres. ».

Et Dieu lui donne un coup de boule bresto façon Zidane à Materazzi en disant : « Allez appareiller pour la grande traversée ! Je dissous cet univers-là et j’en fabrique un autre où il n’y aura que des homosexuels polonais qui détestent la France ! ».

 

 

P.S. Ce texte a l'air de finir en queue de poisson mais il a été écrit deux jours après la dissolution de l'Assemblée nationale et après le retour de notre amie Maryvonne d'un voyage en Pologne au cours duquel le guide, un sosie de Michel Serrault dans "La Cage aux folles", n'a pas cessé de vitupérer la France et les Français !

 

10 janvier 2013

Chats et chiens / Dominique

 

« La personne qui convertit les chats en chiens dans notre quartier est instamment priée de cesser son manège ».

 

Il venait de lire cette annonce sur le panneau en liège de la boulangerie, à côté des offres de baby-sitters pleines d'expérienceou des jeunes diplômées de langues étrangères qui proposaient des cours de soutien en italien, estonien ou tchétchène.

 

Dans la queue devant la caisse, plusieurs dames à chevelure violette et cannes à pommeau dorées en parlaient à mots couverts.

 

- Vous vous rendez compte ? « Convertir un chat en chien » mais ce devrait être interdit par la loi ! Je me demande où « ils » font ça. "


« Ils », bien entendu, car ce ne pouvait être l'oeuvre que de plusieurs.

 

 

Imaginez un peu : un chat de gouttière, saisi en pleine maraude, au bord d'un toit ou dans un jardin, le pauvre animal, bâillonné, ligoté, emmené de force dans une chapelle. Oui, il s'agit de la chapelle des « chiens innocents », et là, obligé de pratiquer un culte impie, revêtu d'une voilette violette, muselé, la queue coupée, car les chiens se différencient des chats par la petite taille de leurs queues, obligés de faire des ablutions, or les chats n'aiment pas l'eau, baptisé par un chanoine à l'eau de « chien-Yorre », ce qui lui fera perdre la tête.

 

Et, on ne sait pas tout. Personne n'a pu vraiment épier jusqu'au bout leurs cérémonies initiatiques. Qui sait si les chats les plus rétifs, les chats laids ou les chats lents, ne sont pas tout simplement transformés en chapelure ou en brosse à chiendent ?



- Je connais un chasseur dans le quartier.


- Moi, aussi.


- On devrait leur demander de faire une expédition punitive, un soir de temps de chien. Revêtus d'une chasuble, et cachés sous leur chagoule, armés de leurs vieux chassepots, et de quelques pots de peinture noire, ils pourraient recouvrir la chapelle d'inscriptions chagrines : « Non aux conversions forcées !», « Stop à l'invasion canine !», « On n'est plus chez nous !», « Vive les félins nationaux !», « Supprimons l'espace de chienne-gen !».


- Ma chère, vos menaces sont bien trop charmantes. Moi, je serais moins charitable. Il nous faut un vrai charivari avant les élections. Faisons sauter la chapelle des chiens-innocents !".

 

 Il se trouvait maintenant devant la caissière. C'était une jeune femme, très douce et très jolie, qui se prénommait « Shalom ». Il était très inquiet de toutes ces conversations entendues. Il craignait que l'ambiance en ville ne se dégrade encore à l'approche des élections. Il savait qu'il allait se faire chapitrer par son secrétaire général. Que se passera-t-il quand descendront dans la rue des escadrons de chats bleu marine, tatoués, vaccinés ? La jeune femme était résolue à l'aider. Tout d'abord, il fallait retirer cette petite annonce du tableau. Mais une inscription identique, ils le savaient, se trouvait dans la supérette et à la poissonnerie. Il fallait agir discrètement. Ne pas alerter ce fou qui activait de telles rumeurs, laisser toute cette agitation retomber. Mais maîtrise-t-on une rumeur ? Maîtrise-t-on une rumeur en période de crise ? Elle avait quelques amis courageux, certains étaient d'émérites graffeurs, plus agiles que des chats de gouttière, plus artistes que des Chagall. Il fallait lancer une campagne de tags sur les murs et les toits. Cent chats bien portants allaient fleurir et s'épanouir, crier au monde leur authentique bien-être et leur bonheur d'être des chats tigrés, des chats noirs, des chats rouges ou des chats verts.

 

Rasséréné, il paya ses croquettes, et s'en revint à pas lents chez lui. La caissière était fort jolie, il lui aurait bien parlé d'autre chose que de chats et de chiens. Mais il était timide et ne savait pas aborder les gens, sauf sous l'angle professionnel. Il en avait presque du chagrin. Arrivé chez lui, il s'aperçut qu'il n'avait pas besoin de croquettes puisqu'il n'avait ni chien, ni chat. En revanche, il avait oublié ses châtaignes. Il était encore temps de retourner à la boulangerie.

16 avril 2013

W comme Wagon de train ou Une Anglaise et l'incontinent ! / Jean-Paul

 

Gare de Rennes, le 14 avril 2013. C’est dimanche matin. La journée s’annonce belle. Le train pour Nantes est déjà à quai à 9 h 40 pour un départ à 10 heures. Je me suis assis sur un siège isolé à gauche dans le sens de la marche. J’ai sorti de mon sac à dos « Trop humains » de Donald Westlake. Bien qu’il soit publié dans la collection « Rivages poche » ce n’est pas un polar. Mais déjà, trouver le temps de ne rien faire d’autre, pendant une heure, qu’ouvrir un livre et s’adonner à ce vice impuni, la lecture… Ah ! Quel délice !

 

Arrivent quatre jeunes demoiselles. Elles posent dans le compartiment de quatre places à ma droite deux énormes sacs valises roses à roulettes. « Oh la la ! » me dis-je ! Ca va jacasser tout le temps du trajet ! » La perspective de lire en paix était bien trop délicieuse ! Elles échangent quelques mots en anglais puis ressortent sur le quai. La cigarette des condamnées ? O What a delicious moment, ladies ! Ah ! Quel délice !

 

Finalement il n’en remonte qu’une seule. Elle a une robe noire d’été, très courte, qui laisse voir ses jolies jambes et ses bras nus. De longs cheveux noirs et soyeux encadrent son visage doucereux de madone. Un peintre ou un photographe qui seraient là penseraient sans doute devant un tel sujet de sa Majesté en majesté : Ah ! Quel délice !

 

Le train s’ébroue. Non. Le train s’ébranle. Encore moins. Le train se met en marche. Je plonge dans mon roman, jette un œil à la dérobée à ma compagne de voyage. Elle regarde devant elle et contemple de temps en temps par la fenêtre le paysage ensoleillé, vert et humide de la Haute-Bretagne qui défile joyeusement au-dehors en ce premier jour de vrai printemps. Je sens déjà, à regarder le paysage symétrique de mon côté que je me souviendrai longtemps de ce voyage à Nantes. En y songeant plus tard, je me dirai : Ah ! Quel délice !

 

Elle a parfois des sourires pour elle-même. Elle doit songer aux instants passés à rennes avec ses amies. Ses correspondantes ? Fait-elle un tour de France en vue de visiter les gens qui lui écrivent ? Elle n’a rien sorti du grand sac bleu pâle qui est venu s’affaler au pied des valises roses. Ni livre, ni grille de mots fléchés ou revues de sudoku et encore moins de téléphone portable ! Ah ! Quel délice !

 

Nous voici déjà sous le viaduc de Redon avec de l’eau à perte de vue entre Vilaine débordée hors de sa cage et marécages en bordée pas si vilaine qu’on le dit (à vrai dire, on dit « méchante » pour une bordée !). Le soleil éclaire le visage de la petite Anglaise. Elle a posé son visage sur sa main et regarde le paysage. De mon côté j’observe les herbes qui défilent et je m’aperçois soudain que son image se reflète dans ma vitre. Qu’ai-je écrit, plus haut ? « Un peintre ou un photographe qui serait là… » Mais ne suis-je pas photographe moi-même ? Discrètement je sors mon appareil photo de mon sac à dos… et je vole son image de jeune fille romantique à la « travelling lady ». Ah ! Quel délice !

 

 

11 juin 2024

Consigne d'écriture 2324-32 du 11 juin 2024 : Bon, mais, alors, et brestois

 

Bon, Mais, Alors, Et brestois

 

Attention ! Vous laisserez une ligne vide en-dessous de chacune des phrases que vous écrirez ! Vous essaierez aussi de placer le complément d’objet direct avant le verbe en tête des phrases. Exemple : Des brenniques en pagaïe que y’avait de contr’ les rochers !

 

Ecrivez des histoires, évoquez des personnages ou des événements ou dressez des portraits en quatre phrases. La première commence par Bon, la deuxième par Mais, la troisième par Alors et la dernière par Et.

 

Insérez dans vos histoires un maximum des termes ou expressions suivantes avec le n° qui les précède.

 

Lorsque nous aurons fini, les expressions placées seront remplacées par leur équivalent brestois.

 

Compliqué, hein ? ;-)

 

1

mourir

1

appareiller pour la grande traversée

2

à toute vitesse

2

a toute berzingue

3

être chagriné

3

avoir le coeur embrumé

4

avoir un pantalon trop court

4

avoir un froc à courir après l’tram 

5

pris sur le fait

5

baisé comme un tacaud

6

être à l’aise

6

bien dans son linge

7

clochard

7

bon qu’à tenir les halles

8

cette fille m’aime bien

8

Celle-là est sotte avec moi

9

C’est une belle fille

9

C’est une belle goélette

10

Je suis allé chez le docteur

10

Chez le docteur que je suis allé

11

donner un coup de tête

11

donner un coup de boule bresto

12

se plaindre

12

faire le marin malheureux

13

concevoir un enfant avant le mariage

13

fêter Pâques avant les rameaux

14

Partons vite

14

feusons d’la voile !

15

Fier comme Artaban

15

Fier comme un caban

16

arrogant

16

fier comme un goéland sur la pomme du grand mât

17

personne pistonnée

17

fils d’archevêque

18

méfions-nous !

18

gentil n’a qu’un œil

19

Attention !

19

hopala

20

Bavard

20

il a pas sa lank dans sa poche

21

Pas habitué au grand monde

21

il a pas l’habilitude de met’ son sac dans les salons

22

il apprécie la dive bouteille

22

il a pas une tronche à sucer de la glace

23

je suis tombé

23

je suis été sur mon dos

24

le corps vieillit

24

La coque commence à fatiguer

25

où va-t-on ?

25

où qu’on va ?

26

partir

26

lever l’ancre

27

une fille sèche et maigre

27

un mât de cocagne

28

meilleur

28

plus mieux

29

j’irai au repas de fête

29

sûr que j’irai au friko !

30

il n’y a pas de doute

30

sûr et certain que c’est

31

faire la fête

31

tirer une bordée

32

marcher

32

prendre le train 11

33

oui, bien sûr

33

voui dam’

34

il ne fait que mentir

34

y fait rien qu’à raconter des crac !

35

vous aurez du café

35

du café vous aurez

36

tu m’en as trop fait voir

36

trop que tu m’as fait

37

une faiseuse de manières

37

Une toulcamembré

38

vélo

38

Un treuil

39

une fessée

39

Une taraudée

40

gourmand

40

morfal

 

28 mai 2024

Consigne d'écriture 2324-30 du 28 mai 2024 : Titres de Barbara et cartes de La Bonne pioche

 

Titres de Barbara et cartes de La Bonne pioche

 

 

 

Saurez-vous associer les mots de la chanteuse Barbara et les cartes postales presque monochromes éditées en sérigraphie par le collectif artistique "La Bonne pioche" ?

 

Envoyez de la correspondance, écrivez une chanson, un poème, voyagez, rêvez : vous serez bientôt en vacances !

 

À chaque fois - À force de - A mourir pour mourir - À peine - À Saint-Lazare – L’Aigle noir - L’Amoureuse - Attendez que ma joie revienne - Au bois de Saint-Amand - Au coeur de la nuit – Les Boutons dorés - C'est trop tard - Ce matin-là - Chapeau bas – La Dame brune - Dis, quand reviendras-tu ? - Drouot - Du bout des lèvres - Églantine - Elle vendait des p'tits gâteaux - L’Enfant laboureur - Göttingen - L’Homme en habit rouge - Il automne - L’Île aux mimosas – Les Insomnies - J'ai tué l'amour – La Joconde - Joyeux Noël - Là-bas – La Louve - Ma plus belle histoire d'amour - Madame – Le Mal de vivre - Marienbad – Les Mignons – Le Minotaure - Moi je me balance - Mon enfance – La Mort – La Musique - Nantes - Parce que je t'aime - Perlimpinpin - Pierre - Rémusat - Sans bagages - Septembre (quel joli temps) - Si la photo est bonne - Le Soleil noir – La Solitude - Tais-toi Marseille – Le Temps du lilas - Toi l'homme - Toi - Une petite cantate - Vienne - Vivant poème - Vol de nuit - Les Voyages - Y aura du monde

 

Cliquez sur les images pour les agrandir

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

29 janvier 2013

Bref ! (1) / par Maryvonne (séance du 29 janvier 2013)

Bref j’étais à côté de cette fille en atelier d’écriture.

 

Le crayon courait sur sa feuille à toute allure. Ben dis donc, elle en a de l’inspiration ! Elle en est à la page 42 de son cahier et ça avance, ça avance ! Elle tient sa tête avec sa main c’est qu’elle doit être lourde de toutes ses idées qui coulent le long de son crayon orange assorti à son pull orange. Et voilà qu’elle vole de ligne en ligne, pas une rature, pas une erreur, je sais, je lui ai piqué sa gomme ! 

 

Ah ! Si, tiens, une hésitation ! Elle a une autre gomme au bout de son crayon. Et….Et….Elle fait une croix sur trois lignes. Ah ! Ah ! Elle doute.

 

Maintenant elle rétrograde, s’arrête, tourne la page précédente. Voilà qu’en plus elle cherche à être cohérente : elle relit !

 

Pendant ce temps-là je n’ai toujours aucune idée pour mon texte.

 

Elle regarde sa montre elle cherche à rester dans la minute qui nous est impartie. Sérieuse, la fille, elle veut respecter la consigne. Oh La La ! Grosse bêtise, elle reprend sa gomme. Ça merde ! Ça merde !!! Je reprends la gomme… BUT ! Non, raté, la passe était trop courte. Nouvel engagement : toujours pas d’idée, je dribble, je feinte, et… panier !!! Texte au panier !

 

Bref j’étais à côté de cette fille.

12 février 2013

Là où j'irai / Josiane

Là où j’irai,
Je tiendrai le monde dans la main.
La chanson des enfants perdus
Résonnera jusqu’à la cité maudite.

 

Là où j’irai,
Les mystères de la forêt me seront révélés.
L’ombre de la mort glacera le béton qui coule dans nos veines.


 

femme-en-rouge-dans-la-foret

 

Là où j’irai,
Le poète trempera sa plume dans l’encrier maudit
Et Léna, prunelle de mes yeux,
Retournera à l’état sauvage.
Nous ferons silence, tout seuls,
Dans la forêt des égarés.


 

ROUSSEAU_Henri_La_Charmeuse_de_serpents_1907

 

Là où j’irai,
«Quelques crimes toujours précédent les grands crimes.».
La voix des rois ne pourra rien
Où la révolte gronde.
Il y aura 6000 nuits de feu et de sang.


 

cheval-hd

 

Là où j’irai,
Je rejoindrai le vieillard fourbu,
Aux rives du passage en outre monde.
Et, sans me retourner,
J’entreprendrai ma dernière cavale.

11 juin 2014

Consigne d'écriture 1314-31 du 10 juin 2014 : Tics de langage

Tics de langage

 

Dans le langage journalistique actuel on peut relever des tics de langages. Ils ont été listés ici :

 

Jeunes loups  - voilà  - enfin un vrai  - j’adore  - on vient de l’apprendre  - ça vient de tomber  - merci infiniment  - très attendu  - en effet  - tout à fait  - j’ai envie de vous demander  - surréaliste  - et en même temps - j’ai le sentiment que  - revisiter  - le difficile quotidien  - vous êtes en train de me dire que  - plutôt d’accord  - ne bougez pas !  - ou pas   - pianissimo  - donner le la  - chef d’orchestre  - énorme - Le dernier des grands  - reprendre la main  - à la maison  - rebondir  - une jeune femme - incontournable  - improbable  - que du bonheur  - j’hallucine  - la grogne  - du grand n’importe quoi  - c’est dans son ADN  - pleine de fraîcheur .  - Faut-il avoir peur de   - le fameux  - dans l’entourage de  - un coup de (chaud, …)  - au chevet de  - décalé  - couac  - revoir sa copie  - comme vous le savez  - c’est clair  - monter au créneau 

 

 

Insérez les dans un texte qui utilisera la structure ou des morceaux de phrases des textes littéraires suivant :

 

Marcel Proust : Incipit de Du côté de chez de Swann

Louis Ferdinand Céline : Incipit de Voyage au bout de la nuit

Gustave Flaubert : Incipit de Madame Bovary

21 mai 2013

Confessions fictives/ Marie-France

 

Je suis quelqu’un d’organisé.

 

Dès ma naissance je ne supportais pas l’incertitude du lendemain. C’est pourquoi je suis née un vendredi, une fin de semaine, pour mes parents, c’était plus confortable. Pas besoin de trouver une garde pour mon frère d’un an mon aîné : papa ne travaillant pas, il pourrait le garder. Et puis Maman était censée avoir fini toutes les tâches de la semaine : lessive et repassage, le WE on se repose. Pour une fois elle serait dispensée de la messe du dimanche. Papa ira accompagné de mon frère. Ce sera aussi l’occasion d’annoncer ma naissance au plus grand nombre, point besoin de faire part. Si ce n’est pas de l’organisation … !

 

 

Ensuite j’ai rencontré un vilain microbe qui m’a empêché de courir et grimper aux arbres comme mes copains et copines, qu’à cela ne tienne, j’ai inventé des jeux plus calmes où sur la place du village on retraçait à la craie des plans de maisons, on sortait nos poupées de chiffons, on les faisait dormir dans des chambres fictives, on jouait à la marchande, j’étais bien souvent le « metteur en scène », on reconnaissait mon sens de l’organisation et chacun se laissait guider.

 

Plus tard, je suis devenue secrétaire, la principale qualité d’une secrétaire n’est-ce pas l’organisation ? : d’un bureau, d’un classeur, d’un agenda de chirurgien et que sais-je ?

 

Puis je me suis mariée, c’était dans l’ordre des choses, nous avions organisé l’avenir : une maison, des enfants ; chacun aurait sa chambre, son lit, son bureau son armoire pour ranger ses affaires. J’aimais leur répéter : chaque chose à sa place et vous aurez l’esprit plus libre.

 

L’esprit libre, je ne l’avais guère, il fallait tout gérer, tout organiser, tout penser, les autres trouvaient ça bien confortable : « Dis Maman t’as pas vu mon cahier de texte, dis chérie t’as pas trouvé mes clés, où sont mes lunettes » ? C’était fatigant à la longue, je n’avais plus beaucoup de temps pour organiser Ma vie, je passais mon temps à planifier les activités de tous.

 

Et puis un jour je me suis dit que tout cela ne pouvait pas continuer : j’ai voulu balayer ce passé, oublier, je me foutais du passé. Avec mes souvenirs j’ai allumé le feu, mes chagrins, mes plaisirs je n’avais plus besoin d’eux.

 

Un matin je me suis donc réveillée, sans réveil, sans programme pour la journée, un instant j’ai cru que le cafard allait m’envahir, mais non :

J’ai pris le temps d’un petit déjeuner en terrasse, d’une douche en musique, d’une balade à vélo, d’une halte dans une salle obscure.

La journée s’est écoulée au rythme de mes envies, j’étais devenue complètement inorganisée et heureuse de l’être.

Non je ne regrettais rien, rien de rien.

Ni le mal qu’on m’avait fait, ni le bien, ni mes plaisirs, ni mes chagrins. Tout cela m’était bien égal. Du passé je venais de faire table rase et je repartais à zéro…

 

Et malgré ma désorganisation, je me sentais libre à présent.

29 janvier 2013

Bref ! (3) / par Maryvonne

Bref je suis comme tout le monde.

 

J’ai bien essayé d’être originale mais ça ne me va pas. Je porte des vêtements qui pendent de tous les côtés pour faire bohème alors que je n’ai pas le physique.

 

Je fais semblant d’être décontractée et « je m’en-foutiste » alors que vous me verrez toujours pile à l’heure et à l’heure pile. Je suis organisée, j’ai presque toujours un repas prévu d’avance pour me libérer. Je suis en général gentille même quand j’ai envie de mordre.
Je n’aime pas me regarder dans la glace et je me regarde quand même. J’aime les voyages et j’aime rester chez moi. Je suis pleine de contradictions.
Quand je regarde les autres je les trouve équilibrés, sauf les fadas bien entendu.

 

J’ai essayé d’écrire : mes textes ne durent pas plus d’une minute donc je remballe mon ambition d’écrivaine. Dans ma vie j’ai essayé tous les arts et n’ai réussi que les artichauts.

 

Je passe de la fierté d’une réussite au désespoir d’un ratage quelconque. J’ai des hauts, des bas, des printemps, des étés. Je suis à l’automne de ma vie et me demande quand va commencer l’hiver. J’ai déjà la neige dans les cheveux. Je crains la grosse chute, les glissades, m’interroge sur la fin :

 

Bref je suis comme tout le monde.

19 novembre 2013

Yushi / Dominique

On était au mois d'avril, c'était le début du printemps : un printemps un peu froid, où les cerisiers et les pruniers avaient fleuri malgré le gel.

 

Il y avait encore de la glace, le matin, dans le bassin du jardin, pourtant la source coulait toujours. Les carpes dorées restaient cachées au plus profond de l'eau.

 

Chaque matin, Yushi sortait sur la terrasse en bois, frottait soigneusement le plancher. Puis, elle s'arrêtait et attendait un moment, appuyée légèrement sur son balai. Elle observait son souffle devenir un léger brouillard dans l'air froid du matin. On n'entendait que la rivière, en bas de la colline, et parfois les craquements de la glace. Hormis le cri des corbeaux, il n'y avait pas encore de chants d'oiseaux.

 

Ce matin là, elle portait son kimono jaune. L'an dernier, à la même époque, elle portait un kimono bleu avec des papillons brodés, et l'année précédente, le kimono vert avec des fleurs de pivoine rouge.

 

Le voisin qui l'observait, aurait pu décrire chaque détail du kimono, et les petites perles de ses épingles à cheveux, la couleur de ses sabots en bois, et même les fils d'argent, qui, chaque année davantage, irisaient son chignon.

 

Il ne l'observait pas directement. Il avait mis au point un stratagème. Chaque matin, en se rasant devant son petit miroir, il observait sa joue couverte de mousse blanche, et, en même temps volait quelques reflets de la belle Yushi.

 

Ils ne se parlaient pas. Ils ne s'étaient jamais parlé. Lui ne connaissait pas le son de sa voix. Autrefois, quand il était venu habiter dans cette maison, loin de la ville, il avait entendu le rire de la petite Yushi, comme un grelot, il avait entendu les appels de sa mère, et le bégaiement d'une petite chèvre noire et blanche. La mère avait dû mourir, la petite chèvre s'était enfuie, ne restait plus que Yushi dans ses beaux kimonos. Yushi qui attendait.

 

Une nuit, il y eut de la tempête et du vent. La rivière charriait des glaçons qui s'entrechoquaient. Le voisin fit un rêve, il y avait un orchestre qui jouait, des flûtes et des tambours. Quelques crapauds sonneurs et même des grillons étaient de la partie. Lui-même avait rajeuni. Il dansait. Il n'était pas seul. Il y avait une femme près de lui.

 

Le lendemain matin, il alla dans sa réserve, une cabane en bois derrière les forsythias, et remplit un petit panier en osier. Puis, il traversa le jardin, et se présenta à la porte de la véranda de Yushi. D'où lui venait soudain cette nécessité de lui rendre visite ? Il n'en savait rien.

 

 

Elle ouvrit la porte et s'effaça pour le laissez entrer.

 

- Asseyez vous, dit-elle. Je vais faire du thé.

 

Elle disparut, dans le bruissement de son vêtement. Même, en rêve, il n'avait jamais entendu une telle voix : c'était le bruit de la cascade, le bruit du vent dans les branches de pin, le chant des alouettes et celui des grives tout à la fois. Elle revint bientôt, et s'assit en face de lui. Personne n'entendit ce qu'ils se sont dit. Mais il revint, le lendemain, le surlendemain et tous les jours suivants.

11 mars 2025

Consigne d'écriture AEV 2425-21 du 11 mars 2025 : Georges

 

Georges

 

 

Voici une liste non exhaustive de personnalités prénommées Georges ou dont le prénom est un dérivé de Georges.

 

Georges Beller, acteur - Georges Benson, musicien - Georges Bernanos, écrivain - Georges Bizet, musicien - Georges Braque , peintre - Georges Brassens , chanteur - Georges Carpentier, boxeur - Georges Chelon, chanteur - Georges Clémenceau, homme politique - Georges Clooney, acteur - Georges Courteline, écrivain - Georges Cuvier, savant - Georges Danton, homme politique - Georges Dargaud, éditeur - Georges de Caunes, présentateur TV - Georges De la Tour, peintre - Georges Delerue, musicien - Georges Descrières, acteur - Georges Feydeau, écrivain - Georges Garvarentz, compositeur - George V, souverain - Georges Géret, acteur - Georges Guétary, chanteur - Georges Guynemer, aviateur - George Harrison, musicien - Georges Haussmann, homme politique - Georges Jouvin, musicien - Georges Kiejman, avocat - Georges Lautner, cinéaste - Georges Marchais, homme politique - Georges Mendel, homme politique - Jiři Mendel, cinéaste - Georges Méliès, cinéaste - Georges Michael, chanteur - Georges Moustaki, chanteur - Georges Orwell, écrivain - Georges Patton, militaire - Georges Perec, écrivain - Georges Pernoud, présentateur TV - Georges Perros, écrivain - Georges Pompidou, homme politique - Georges Poujouly, acteur - Georges Prêtre, chef d’orchestre - Georges Rémi, Auteur de BD - Georges Rodenbach, écrivain - George Sand, écrivaine - Georges Seurat, peintre - Georges Simenon, écrivain - Georges Ullmer, chanteur - Georges Verlaine, fils de poète - Georges Washington, homme politique - Georges Wilson, comédien - Georgina Dufoix, femme politique - George W. Bush, homme politique - George Lucas, cinéaste - George R.R. Martin, écrivain - George Bernard Shaw, écrivain - Giorgio De Chirico, peintre - Giorgio Armani, couturier - Georgette Plana, chanteuse

 

Au choix :

 

- Racontez les souvenirs, les impressions que les uns et les autres ont laissés chez vous ou en vous s’ils ont été importants à un moment donné pour vous.

 

- Écrivez une histoire dont le héros se prénomme Georges.

 

- Écrivez une histoire dont tous les personnages se prénomment Georges.

 

- Écrivez un chapitre du « Dictionnaire amoureux des gens qui se prénomment Georges ».

 

Cliquez sur l'image pour l'agrandir et lire le menu

de la crêperie Saint-Georges de Rennes !

2 décembre 2025

Paris, tour Eiffel, Moulin rouge, Mademoiselle ! / Maryvonne

 

 

- Hello ! Jolie mademoiselle, vous prendrez bien un verre pour sceller l'amitié franco-allemande ou même celle entre l'aristo et l'ouvrier ? En deux mots, entre deux mondes ?

 

Nous ne sommes pas au bar du Ritz avec les hauts gradés et les artistes parisiens. Nous sommes plus près de l’Internationale communiste.

 

- N'ayez pas peur, « meine Gretchen » ! Ici c'est la France des petits bistrots, des gens de peu. Buvons ensemble du vin du Rhin et on effacera la frontière ! »

 

La pauvre enfant ne sait plus à quel saint se vouer, elle qui avait été élevée par une mère austère mais aussi un peu artiste. Par exemple elle vénérait les sculpteurs et en particulier la statue du dessinateur Beuville qui posait en homme de Cro-Magnon. C'était pour elle le début de son histoire de France. Après s’enchaînaient les différentes dynasties : les rois, les reines, les marquis et marquises, les généraux, les inventeurs, les explorateurs, les écrivains, les Lettres de mon moulin, les révolutionnaires, les grands pianistes. Tout le monde sur les rails du temps historique, alors pourquoi pas les Allemands ?

 

 

Ils vont remettre de l'ordre dans tout ça car, on le voit bien d'après les dessins de Beuville, c'est la chienlit, tout fout le camp dans ce pays. Les Allemands, eux ont bouffé du lion. Il vont nous réorganiser tout ça en cinq sec. Allez « Raoust !» ! La vieille France, nous allons la mettre au pas… « Au pas camarade, au pas camarade, au pas, au pas, au pas ! ».

 

J'ai perdu le sens de la raison ! « Ah ! Si maman elle savait ça, tralala » elle dirait : « Au pas, au pas, rentre chez toi petite effrontée ! » et « Achtung ! Cesse de fréquenter ces voyous : un jour ils vont perdre la guerre ! ».

24 septembre 2024

Bleu, blanc, rouge / Maryvonne

 

Claude Monet - La Rue Montorgueil

 

Holà, ça me dit bien cette débauche de couleurs. Bleu, blanc, rouge dans la rue, foule en liesse, joie, folie, drapeaux. Mais quand ? Comment ? Pourquoi ? C'est beau, c'est fort, c'est la fête, ça vibre dans l'air. Des coups de pinceaux comme des millions de flammes... Des flammes, des flammes ? A quoi puis-je donc penser ? Mais oui, c'était hier ou avant-hier. Les jeux, les anneaux, les médailles, le sport, Tony machin, Anne truc, Léon, Léon, Léon et Laure qui ne nage plus. Les chants, les hymnes, la télé partout, tout le temps mais toujours pas de sous-chefs d’État nouveaux.

 

Le vélo, la gym, le saut en hauteur et en longueur, le tir, la nage, la danse, le judo, le basket, la boxe (beurk), le foot, le hand et toujours pas de sous-chefs d’État nouveaux.

 

Le lancer de ceci, de cela. Il est heureux que plusieurs sports aient trois syllabes, comme-ça on n'en parle pas. Parfois c'est le ras-le-bol. C'est bien, les gens qui chantent, qui dansent mais chez toi tout seul, tu ne brandis pas de drapeaux. Tu essaies de te faire ton petit podium médaille d'or perso, du petit four, de la crêpe Suzette, du ghoriba ou la médaille d'argent du gâteau aux noix. Mais pour fêter quoi ?

Puisque toujours pas de sous- chefs d’État.

 

 

A droite du tableau sur la partie blanche du drapeau on peut lire : Vive la Répu… Les gens savaient déjà la consigne : pas de mots de plus de deux syllabes.

 

De toute façon nous sommes tous les champions du mot court, du mot qui court dans la rue.

 

Et à l'instant où, enfin, nous avons des sous-chefs d’État on n’est même pas contents.

 

Il se peut que l'on agite bientôt d'autres drapeaux moins festifs et que l'on clame « Monet, Monet ».

 

17 septembre 2024

Exotique / Maryvonne

 

 

1

Un jour le roi des archipels

M'a offert la rivière de perles

Avec sa fausse voix de mainate

Croyait me mettre fil à la patte

 

Je préfère le collier de Civa

Parce que c'est celui qui me va

Ses perles font sur ma peau

Comme l'empreinte du crapaud

 

 

2

Le sultan de Jarawak

En avait dans l'anorak

Il ma filé l’orchidée noire

Cette perle fallait la voir

 

Elle brillait comme un solitaire

J'aurais mieux fait de me taire

J'suis tombée c'est trop stupide

pour un trafic aux caraïbes

 

 

3

J'aurais dû prendre leçon je pense

Auprès des maîtres du silence

Me contenter sur mes roberts

Des perles de l'oncle Robert

 

Avec ce foutu piège infernal

Je me retrouve au tribunal

Coup de théâtre les voleurs de mémoire

Ont oublié toute cette histoire

 

 

4

De la prison à l'ombre jaune

J'ai pu sortir la tête haute

C'est devenu l'île du passé

Je viens de vous la raconter

 

Vous êtes les voleurs de mémoire

Personne ne voudra vous croire

A Villejean les contrebandiers

Ne font que du trafic de papier.

 

 

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L'Atelier d'écriture de Villejean
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