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L'Atelier d'écriture de Villejean
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25 février 2025

Consigne d'écriture AEV 2425-19 du 25 février 2025 : Entre Arthur et Walter

 

Entre Arthur et Walter 

 

 

 

 

 

Dans un certain nombre de mots de la langue française, on entend les sons tar, ter, tir, tor, tur, tour, toir.

 

A partir de la liste donnée ci-dessous, écrivez-nous un texte où ils figureront à profusion. Vous pouvez, si vous le désirez, construire votre texte à base d’anaphores.

 

Toutes vos phrases ou paragraphes commenceront alors par une des formules ci-dessous :

 

Si d’aventure…

Ô littérature !...

Il faut se taire…

Il y a pléthore de...

Ce n’est pas parce que… que…

 

 

 

aire

alimentaire - bestiaire - célibataire - commentaire - diamantaire - élémentaire - éventaire - Fred Astaire - grabataire - héréditaire - inventaire - libertaire - locataire - militaire - mousquetaire - notaire - parlementaire - planétaire - portuaire - réfractaire - retardataire - rudimentaire - sagittaire - saint-Nectaire - salutaire - sectaire - serpentaire - solitaire - Taire - utilitaire - vacataire - vestiaire - Voltaire - sédentaire - secrétaire - volontaire

 

èr(e)

adultère - Armentières - austère - baptistère - canotèrent - caractère - cimeterre - cimetière - clystère - coléoptère - Custer - cutter - Cythère - délétère - enterre - entière - éther - Finistère - hélicoptère – jarretière – Jupiter - laitière - litière - Luther - magistère - master - matière - ministère - monastère - montèrent - Mystère - Nanterre - panthère - parterre - pater noster - patère - poster - presbytère - quadrilatère - quater - sphincter - stère - supputèrent - ter - terre - Walter Scott - water

 

ar(e)

avatar - bâtard - coaltar - costard - fêtard - Gibraltar - guitare - mastard - mitard - motard - moutard - nectar - pétard - potar - Qatar - racontar - retard - soixante-huitard - tard - Tare - têtard - tiare - vantard -

 

eur

a cette heure - à toute heure - acteur - adducteur - apiculteur - auteur - batteur - capteur - carotteur - Conteur - dateur - détonateur - détracteur - docteur - donateur - facteur - fouteur - gratteur - guetteur - imposteur - inspecteur - jacteur - lecteur - libérateur - licteur - menteur - minuteur - moiteur - moteur - rapporteur - sécateur - secteur - sénateur - senteur - tracteur - tueur - tuteur - vecteur - vivisecteur - zélateur

 

or(e)

bucentaure - castor - centaure - constrictor - escalator - Hector - Minotaure - Nestor - pléthore - retors - rotor - Stentor - Terminator - Thor - tord - tort - Tortore - Totor - Victor

 

ir(e)

attire - bâtir - étire - martyre - mentir - partir - pâtir - pressentir - ressentir - retire - satire - satyre - sentir - sortir - soutire - Tire - Tyr


 

ure

agriculture - aventure - biture - caricature - clôture - confiture - conjecture - conjoncture - courbature - déconfiture - denture - facture - fermeture - forfaiture - fracture - friture - future - imposture - lecture - ligature - littérature - Mac Arthur – mâture - mésaventure - miniature - mixture - nature - nonciature - ouverture - parc Oberthür - pâture - peinture - posture - puériculture - quadrature - rature - roi Arthur - roture - rupture - sculpture - sépulture - signature - suture - Torture - villégiature - voiture

 

our

alentour - atours - contours - Détour - détoure - entoure - Mercantour - retour - tour - Tours

 

oir(e)

abattoir - aléatoire - attentatoire - battoir - consistoire - dinatoire - écritoire - giratoire - Histoire - libératoire – péremptoire - préparatoire - réfectoire - suppositoire - vésicatoire - victoire

 

En initiale ou centrale

Buster Keaton - étourdi - étourneau - Mister Jekyll - otarie - pastorale - taré - tari - Tarot - Tarpéienne - Tarzan - Terminus - terrain - terreau - terreux - terrible - terril - Torah - tord-boyaux – tortue - tourdion – tuerie – tyran

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26 mars 2024

B comme bon air / Adrienne

 

Cher Peter

Avec Clara, quand on veut nous faire prendre « le bon air », on nous envoie au parc.

Tu serais étonné de voir à quel point les enfants s’ennuient, ici en ville : ils inventeraient n’importe quoi, surtout les choses les plus bêtes, pour passer le temps.

Et je ne crois pas que ça les amuse vraiment. Je crois que comme nous, ils préféreraient grimper dans la montagne avec nos chèvres et se rouler dans l’herbe.

Imaginer les amies de Clara se rouler dans l’herbe, ça me fait rire toute seule, tiens !
 


Les dames aussi s’ennuient beaucoup en ville, je pense. Elles se promènent deux à deux dans le parc, refont lentement le même chemin, les mêmes allées, plusieurs fois, et ralentissent encore leurs pas quand elles croisent un militaire.

Clara dit que c’est « le prestige de l’uniforme » et moi je ne comprends vraiment pas ce que ça signifie.

Tu imagines les femmes de chez nous qui ralentiraient au passage du facteur ou du garde champêtre, juste pour le regarder sans rien dire ?

Elles le saluent, font une causette, et puis c’est tout !
 


Tant de choses ici m’étonnent et j’ai toujours peur de dire ou de faire une bêtise ! Comme j’ai hâte de revoir grand-père, nos chèvres et nos montagnes et de reprendre avec toi la bonne vie d’avant !
 

Heidi
 

***
 

Merci pour la consigne et les images ! Celles utilisées pour ce texte m’ont rappelé mes lectures de Johanna Spyri  🙂

26 mars 2024

Consigne d'écriture 2324-23 du 26 mars 2024 : Les Atouts du tarot

 

Les Atouts du tarot

 

Les images qui figurent sur les cartes d’atout du jeu de tarot moderne représentent ceci, dans l’ordre de 1 à 21 :

 

La performance individuelle - L'enfance - L'adolescence - L'âge mûr - La vieillesse - Le matin - Le midi - Le soir - La nuit - La terre et l'air - L'eau et le feu - La danse - Les courses - La chasse et la pêche - Les arts - Le printemps - L'été - L'automne - L'hiver - Le jeu - La performance

 

Sachant cela, écrivez quelque chose à partir de quatre cartes (huit images) que vous avez piochées (ou choisies), sachant que votre texte sera illustré par au moins trois de ces images.

 

Cliquez ici pour voir le détail des 42 images :

 

https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Tarot_nouveau

 

 

26 mars 2024

D comme danser / Adrienne

 

6 février 2024

Les Trois petits cochons / Anne J.

 

Je vous présente mon cousin et mes deux cousines. Leurs parents les avaient nommés Henri, Françoise et Louise mais entre nous on les appelait Nif, Naf et Nouf comme les trois petits cochons et le plus souvent on utilisait leurs surnoms, Riri, Fifi et Loulou qui, vous les avez reconnus, sont les neveux de l'oncle Picsou.

 

L’aîné, mon cousin Henri, avait deux ans de moins que moi, ce qui était bien dommage car j'avais toujours rêvé d'avoir un cousin plus âgé qui me ferait découvrir la vie, m’emmènerait dans des endroits interdits, me ferait découvrir les boissons fortes et les bars louches, me prendrait avec lui en virée avec ses copains et dirait à tous fièrement en posant un bras sur mes épaules : « C’est ma cousine !».

 

Je me serais alors sentie importante et reconnue comme la cousine de Henri, protégée par son air de matador. Mais hélas il avait deux ans de moins et ne s’intéressait pas du tout à la grande bringue un peu commandeuse que j’étais. Il avait un air important et méprisant quand il rejetait ainsi sa casquette en arrière en se donnant des air de loubard et participait de mauvaise grâce à nos jeux d’enfants. Le problème avec lui c’est qu’il se croyait le meilleur partout, ce qu’ il était loin d’être mais il faisait merveille dans les rôles de bandit ou de malfrat avec son air canaille. 

 

Je me souviens de cet été-là, en vacances à la mer, dans une petite maison en bordure de la plage où nous avons fait les quatre-cents coups avec mes cousins. Le temps était plutôt à la pluie qu’à la baignade mais pour notre bonheur la maison avait un immense grenier où nous pouvions nous ébattre en toute liberté. Cette année-là j’avais rapporté de mon camp de scouts une série de saynètes - on disait des sketches pour faire plus chic - que j’entendais faire jouer à ma troupe composée de mes trois sœurs, de mon frère, de mon cousin et de mes cousines. Drapés dans des vieux tissus, des plaids, des étoles, coiffés de chapeaux et casquettes et munis de superbes accessoires, des cannes, des écumoires, des passoires, une cuillère en bois pour faire le micro et des vieilles chaussures à talons pour jouer à la star, nous répétions notre spectacle avant de nous produire devant les parents qui payaient leurs places vingt centimes et subissaient sans piper mot d’interminables monologues entrecoupés de fous rires et d’incidents divers.

 

Ma cousine Françoise, dite Fifi, que vous voyez à droite de la photo arbore un sourire boudeur car elle vient de subir une attaque de poux rapportés d’un camp de scouts et a dû couper ses nattes blondes qui faisaient tout son charme ; je l’ai toujours vue avec ses nattes enroulées sur le haut de sa tête façon Gretchen, même âgée, et ce qui à dix ans lui donnait des dispositions pour jouer les princesses lui donnait plus tard un air de vieille fille anglaise, ce qu’elle était d’ailleurs. A l’époque du théâtre amateur elle excellait avec ses grands yeux de biche effarouchée et ses longs cheveux blonds dans les rôles de princesse enlevée par le dragon ou de pauvre Cendrillon réveillée par le prince charmant. Bien évidemment elle quittait cette blouse d’écolière des années 60 et ses bottes de caoutchouc noir pour des oripeaux brillants et excentriques qu’elle drapait sur ses épaules osseuses ou autour de sa taille. Fifi avait un caractère facile, elle était docile et pouvait à l’occasion jouer un air de piano pour commencer la séance ou tâter du pipeau pour jouer la bergère.

 

La petite Louise que tout le monde appelait Loulou avait 4 ans de moins qu’Henri et était une pleurnicharde. Elle voulait toujours suivre les grands qui voulaient rarement d’elle et allait se plaindre aux parents avec son doudou sous le bras. On lui donnait des petits rôles, elle faisait le bébé quand il en fallait un, voire la bonniche si nécessaire ou le petit chat dans « pauvre petit chat », un jeu stupide que vous connaissez sans doute.

 

Mais un jour de tempête, on avait failli revenir sans la petite Louise et je frémis encore à notre bêtise et à notre imprudence d’enfants inconscients. C’était le jour du départ et de la rentrée en ville. Pour pouvoir finir le ménage et charger la voiture en paix, les parents nous avaient envoyés faire un tour en ce jour de tempête. Il ne pleuvait pas et la mer était haute alors on est allés sur la jetée dans le port pour voir les pécheurs à la ligne qui tentaient d’attraper des maquereaux et autres petits poissons sur la digue. On a marché jusque au bout de la digue là où les vagues tapaient sur le bord et on a joué à risquer de mouiller nos sandales et nos bas de pantalons. On riait de voir la vague arriver, se jeter sur la digue, nous éclabousser tandis qu’on reculait au plus vite et juste à la dernière minute pour éviter la mer furieuse. Une vague plus audacieuse est arrivée et Louise ne s’est pas reculée à temps, elle est tombée dans la mer et heureusement dans un réflexe instinctif je l’ai attrapée par sa blouse qui heureusement a tenu bon. Louise était trempée et moi aussi mais sauvée d’un bain dans la mer en furie et peut être d’une noyade.

 

Nos mères respectives nous ont copieusement grondées sans savoir à quoi nous avions échappé, les autres n’avaient pas vu grand-chose et n’ont rien dit ; il a fallu rouvrir les valises pour nous mettre des vêtements secs mais ce n’était pas si grave. Je crois bien que cette fois la punition a été acceptée de bonne grâce ! 

 

Et puis chacun a suivi sa route et il y a bien longtemps que je n’ai revu les trois petits cochons de mon passé de metteur en scène. Quel plaisir de retrouver dans une vieille boite à chaussures cette photo désuète. Bientôt personne ne saura plus qui étaient ces trois enfants et ne racontera plus les aventures supposées de ce trio ni même comment s’appellent les neveux de l’oncle Picsou.

 

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19 mars 2024

Princesses / Anne J.

 

Des histoires de princesses ? Mais il n'y a rien de plus terrifiant au monde qu’une princesse ! 

 

Si : deux princesses ! 

 

Et six alors ? 

 

C'est ce que s'est dit le roi quand est née la première princesse. Il avait toujours rêvé d'avoir une nombreuse famille et surtout de nombreux garçons, peut être même de quoi faire une équipe de foot. Quand on lui a annoncé : «  C'est une fille, Majesté !» il a pensé « On fera mieux la prochaine fois ! Une fille pour commencer, c'est pas si mal.

 

Il l'a appelée Liberté. C'était joli mais en grandissant on a découvert que Liberté était muette. Dommage ! 

 

La princesse numéro 2 est arrivée un an après. Le roi était déçu mais elle était quand même très mignonne. Il l'a appelée Égalité pour que ça sonne bien avec Liberté. Hélas quand elle a fait ses premiers pas, Égalité boitait ; ses deux jambes ne faisaient pas la même longueur et, malgré les multiples consultations et opérations, Égalité est restée bancale. 

 

Le roi a failli se mettre en colère quand la sage-femme lui a annoncé d'un ton victorieux : «  Majesté , tout s'est bien passé et vous avez deux nouvelles petites filles : des jumelles ! Comme c'est charmant !".

 

 

Pour continuer dans le même esprit il les a nommées Fraternité et Solidarité ce qui n'était pas une bonne idée. Les deux se sont avérées être des gamines pleurnicheuses qui ne partageaient jamais leurs jouets ou leurs goûters avec les autres, pas même avec leur deux sœurs aînées . Fraternité avait les bras courts sans être franchement difforme et Solidarité avait des longs doigts crochus qui s’agrippaient partout , des vraies serres d'oiseaux de proie.

 

Le roi décida de faire une pause et attendit 3 ans avant de remettre la reine enceinte , espérant de tout son cœur le garçon tant attendu. 

 

La sage-femme ne fit aucune annonce et laissa le roi entrer dans la chambre et contempler avec angoisse le berceau double que l'on avait ressorti du grenier : deux bébés identiques y dormaient sous les couvertures avec leurs petits bonnets. L'air consterné et abattu de la puéricultrice et celui de la reine qui sanglotait dans ses draps ne laissèrent aucune illusion au père qui hurla au ciel sa double déconfiture : « Deux filles encore ! » Dans des pareilles circonstances, peut on s'en remettre au jugement de Dieu quand on n'est pas sûr qu il ait tout son jugement ? 

 

Déception et Consternation devinrent de magnifiques petites filles, potelées, délicieuses, d’humeur égale et auraient fait la joie de tous les parents du monde. On les a vite surnommées Dédée et Constance pour oublier leurs terribles prénoms.

 

Les six filles du roi grandirent, avec leurs particularités et le roi continuait de se désoler. 

 

Il consulta toutes sortes de mages et de devins, fit des pèlerinages, des offrandes, des régimes drastiques et toutes sortes d'exercices. Il rencontra des prophètes, des saints, des exorcistes et même le diable à qui il promit son royaume s'il lui donnait enfin un garçon et il tenta une dernière chance. 

 

Ce furent deux garçons qui mirent le roi au septième ciel. 

 

- Enfin deux garçons ! L'Éternel soit loué et le diable remercié ! 

 

On les nomma Emmanuel et Vladimir. 

 

Emmanuel, l'envoyé de Dieu fut affligé d'une indécision constante et ne parvint jamais à prendre une décision claire. Dès son premier hochet, il pratiqua la politique du «  en même temps » , ce qui rendit le royaume ingouvernable quand il remplaça son père sur le trône en sa qualité de fils aîné. 

 

Vladimir qui était né cinq minutes plus tard garda toute sa vie le complexe du fils cadet, ce qui le rendit ombrageux et irascible. Lui était le fils du diable et il jura de détruire le royaume et même la planète entière à coups de bombes et de guerres fratricides. Il commença  par les 6 princesses et enferma ses parents dans une haute tour jusqu'à leur mort. Il envoya son frère croupir dans une prison glaciale au bout du monde et régna pendant 40 ans en despote. 

 

Le roi regretta amèrement de ne pas s'être contenté de lire à la reine « La Belle au bois dormant » et autres histoires de princesses. 

19 mars 2024

En général et en particulier / Maryvonne

 

Quand on a un ancêtre militaire et qu'on cherche à savoir si lui aussi avait des ancêtres militaires on dit qu'on fait de la généralogie.

 

Le fils de Gaulle a été toute sa vie d'abord un fils. Chaque jour il récitait cette prière : Notre père, vous qui êtes sous les étoiles, faites-moi une place au soleil !

 

Si au moins il avait été différent ! Mais il était né avec une tête à képi. Même que la sage-femme  avait dit que le plus dur, pour passer le col, avait été la visière.

 

Dans un sens, visière devant ou visière derrière style racaille, ça prouve que tante Yvonne n'avait pas fauté. On ne s'est jamais demandé si Philippe de Gaulle était le fils du facteur. De toute façon ça n'aurait été qu'une histoire de képis différents.

 

Celui qui n’est entré dans la généralogie que par le mariage, autrement dit le gendre, n'a eu comme titre que « chef d'état major. » En général c'est un grade inférieur. 

 

Ma copine de Guer, pas celle de 14/18 ni de 39/45, mais native de Guer dans le Morbihan, là où se trouve le camp de Coëtquidan, a entendu raconter que ce monsieur Alain-Henri-Paul-Marie-Joseph de Boissieu Déan de Luigné venu faire un brin de carrière dans ce corps d'armée avait été chahuté et s'était entendu dire :

 

- Alain de Boissieu Déan de Luigné de corvée de chiottes demain !


 Mais ce ne sont là que des propos de chambrée sans aucun fondement car en général elle aime blaguer.

 

Ce qui est certain c'est que Elisabeth, fille du général, venait chercher son pain à la boulangerie de ses parents.


Maintenant de Gaulle père et fils sont à égalité, « raides-morts » comme en généralité tous les morts, mais eux avaient pris de l'avance car ils étaient déjà raides dans leurs  uniformes. L'Ankou m'a dit à l'oreille que l'un et l'autre avaient fait de la résistance : 80 et 102 ans avant de lâcher prise. Enfin cette fois le fils a dépassé le père (en longévité.)


La généralogie a le droit de raconter des bêtises. Tout comme notre animateur qui ose même s'en prendre à Dieu en disant : « Peut-on s'en remettre au jugement de Dieu si on n'est pas sûr que Dieu ait bien tout son jugement. ».

 

Remplace Dieu par Poutine et ce n'est pas la simple corvée de chiottes qui t'attend, petit canaillou ! 

 

Notre jugement à nous qui n'a rien de divin relèvera qu'en général on peut accorder de belles actions à ces hommes. J'ai bien dit en général !

 

 
   

19 mars 2024

Consigne d'écriture 2324-22 du 19 mars 2024 : Incipits krapoviens

 

Incipits krapoviens

 

Les aphorismes ou commentaires ci-dessous sont dus à la plume de Joe Krapov. Ils pourraient très bien constituer des incipits pour un roman, une nouvelle, un texte philosophique…  A vous de jouer et de pondre quelque chose de pas triste à partir de l’une de ces premières phrases :

 

 

Cassandre avait-elle prévu qu'on ne verrait jamais une tapisserie signée Pénélope dans nos musées ?
Sans doute que oui et que personne ne l'a crue - sauf les méandres de la Seine aux Andelys après celle de 1910 ! - et surtout pas Ulysse !

 

***
 

- Ce qui est pas relaxant au-delà de tout c'est, à mon humble avis, de visiter un cimetière et de s'apercevoir qu'on est encore en pyjama ! dit Loreille.
- Moi, répondit Lardu, ça ne m'arrivera pas : la nuit je ne porte que du Chanel n° 5.
- Dans tes cauchemars, je voulais dire, idiot !

 

***
 

Dieu est un concept qui sert à mesurer la peine des Rolling Stones de n'être pas aussi célèbres que les Beatles ou que Jésus ! ;-)

 

***
 

Ne mettons pas toutes les conneries humaines dans le même sac, il y a toujours un maboul chez Homère qui ouvre l'outre d'Éole juste au moment où il faux pas (si je puis écrire les choses ainsi !) ;-)

 

***
 

Peut-on s'en remettre au jugement de Dieu si l'on n'est pas sûr que Dieu ait bien tout son jugement ?

 

***
 

Ici on en apprend de bien bonnes tous les jours ! Ah les belles "fake-news" ! Voilà maintenant que le concerto d'Ajanruez n'est pas d'Aranjuez ! Bientôt on va vouloir nous faire croire que le Boléro de Ravel n'est pas une oeuvre de Mozart !

 

***
 


Jean-Paul Marat / par David : C'est triste de mourir uniquement parce qu'on a refusé d'accorday une danse à Charlotte ! 

 

***
 

Quand on a un ancêtre militaire et qu'on cherche pour savoir si lui aussi avait des ancêtres militaires on dit qu'on fait de la généralogie.

 

***
 

C’est une belle définition de la vie : jouer à des jeux qu’on ne connaît pas avec des gens qu’on ne connaît pas ! A vous de faire en sorte que ça devienne « une bonne partie de plaisir » !

 

***
 

Jules Verne, l'homme du "Voyage en ballon", mettrait aujourd'hui, auprès de SNCF-Connect (Robot le Conquérant !), beaucoup plus de temps à acheter son billet Nantes-Amiens que ne dure le trajet ! 

 

***
 

To feed the birds ! Mary Poppins ! Toute l'économie du monde serait donc orientée vers cette symbiose inconsciente ? Donner des graines aux oiseaux, du pain aux canards et même, involontairement, son sandwich aux goélands ? 

 

***
 

- Des histoires de princesses ? Mais il n'y a rien de plus terrifiant au monde qu'une princesse !
- Si : deux princesses !

 

***
 

Un roi c'est un gars comme un autre. Peut-être que lui va s'asseoir plus souvent que nous sur le trône mais nous, quand on y est, on peut y faire salon de lecture.

 

***
 

Johnny avait compté sur Vanessa pour qu’elle l’emmenât au paradis. Elle ne fit que lui donner une fille, Lily-Rose, qui devint bien plus célèbre qu’eux.

- Cette impudence de la jeunesse, c’est à vous dégoûter de faire de la figuration à Hollywood !

Joe le taxi ne répondit rien. Ce client, il l’avait déjà vu quelque part, mais où ? »

 

***
 

Qui veut noyer son œuf l’accuse d’être arrivé par le cul de la poule. Pareil pour le chagrin d’amour. Qui veut noyer son chagrin d’amour accuse son ex d’avoir choisi un nouveau coq. 

 

***
 

La première fois qu’Aurélien entendit Bérénice chanter en soliste dans l’oratorio, il la trouva réellement, franchement faible. Il s’abstint de le lui avouer car elle était aussi championne olympique du lancer de vitriol pour un oui ou pour un non.

 

***
 

On aura beau faire et beau dire, « azur » ne sera jamais un synonyme de « trépied ». Et pourtant ce jour-là le ciel de Normandie ressemblait à un strapontin : tout gris, manquant de ressort, n’ayant rien à voir avec ceux de Boudin Eugène.

 

***
 

Longtemps je me suis abreuvé, de bonne heure, de la chicorée de l’aube. Dès le petit matin, je broyais du noir. 
 

 

12 mars 2024

La Famille Jaunet / Anne J.

 

 

Dans la famille Jaunet, je demande la religieuse !

 

Dans la famille Jaunet, je demande Marguerite !

 

Dans la famille Jaunet, il y avait trois filles : Madeleine, Jeanne et Marguerite et je ne sais pas vraiment dans quel ordre c'était mais qu'importe.

 

On va donc décider que Jeanne était l'aînée. Jeanne était célibataire. Dans ma famille il y a toujours eu, à chaque génération, une tante célibataire. Je n'ai pas dérogé à la tradition. Jeanne était couturière, option tapissière et travaillait à Nantes au Magasin Decré. Elle était très fière de son titre de « meilleure ouvrière de France » et je me souviens, petite, d'avoir été chez elle à Nantes. 

 

Quand elle a été à la retraite, elle est venue habiter Rennes où vivaient sa sœur Madeleine et ses nièces et petites nièces. Mais ce n'est certes pas pour passer du temps avec sa sœur Madeleine car elles ne se supportaient pas. J'ignore le motif de la querelle mais les querelles de famille ont souvent leur origine dans la jalousie et je peux supposer que ma tante Jeanne était jalouse de sa sœur qui avait mis la main sur un beau parti, mon grand père Georges. Aux repas et réunions de famille on évitait de les mettre côte à côte ou face à face car elles se balançaient des coups de pieds sous la table et des phrases assassines par-dessus la table. 

 

Gamine, ça me faisait mourir de rire, on les appelait les O’Hara et les O’Timmins comme dans l'album de Lucky Luke.

 

La tante Jeanne a, je pense, mal vécu ce déracinement tardif et a peu à peu perdu la tête : elle est morte un peu délaissée par la famille qui à l'époque avait d'autres soucis en tête. 

 

Dans l'ordre supposé, disons que Marguerite était la deuxième fille de la famille Jaunet. J'ai vu cette tante là une ou deux fois dans ma vie car elle était religieuse chez les sœurs de la Sagesse à Poitiers, dans un lieu où on enseignait la vie et la parole à des pauvres jeunes filles sourdes-muettes, exactement comme dans le superbe film avec Isabelle Carré qui je pense a été tourné à cet endroit.

 

Dans mon souvenir la tante Marguerite était une grande femme sévère et imposante, contrairement à ses deux sœurs qui mesuraient au mieux 1 m 50 ! C'est elle que vous voyez sur cette photo, au centre, et vous conviendrez avec moi qu'elle n'a pas l'air très commode. La tante Marguerite se manifestait une ou deux fois par an par des lettres qu'elle écrivait à ma mère, sa nièce donc et dont le style très religieux était étrange : «  Je prie, le Seigneur, chère petite, pour qu il te donne le courage d’élever en bons chrétiens ces cinq charmants bambins que dans Sa Grande Bonté, patati patata…


Sans doute a-t-elle vieilli dans sa congrégation et fini ses jours dans la paix.

 

Et la petite dernière était ma grand mère maternelle, mariée donc a mon grand père Georges qui travaillait aux Papeteries de Bretagne. C'était un homme grand et gros qui mangeait avec gourmandise et ronflait fort. Il me faisait un peu peur et était un saisissant contraste avec ma petite grand mère de 1m50 qui montait sur un petit banc pour allumer son chauffe-eau. Madeleine figure sur toutes les photos avec un petit chapeau canotier crème juché sur ses cheveux bleus permanentés.

 

J'en ai plutôt des bons souvenirs car elle nous laissait libres de jouer dans son petit jardin, ce qui était un bonheur, mais en fait je ne saurais pas dire grand chose de plus d'elle. Sans doute vivait elle dans l'ombre de son imposant mari avec qui elle avait eu deux filles, ma mère et ma tante, la célèbre Tatie Mado à qui vous pouvez chanter en cœur cette semaine «  Joyeux anniversaire » car elle aura 100 ans le 25 mars ! 

Vous voyez, on a tous une tante religieuse dans sa famille et des souvenirs qu’il nous faut exhumer avant de ne plus savoir qui est sur la photo et que personne ne sache plus raconter l’histoire.

20 février 2024

Consigne d'écriture 2324-20 du 20 février 2024 : Mots mélangés

 

Mots mélangés

 

 

Voici deux listes de mots qui étaient à retrouver dans un jeu de mots mélangés :

 

Arborer – arnica – arrogance – aube – bonsaï – bourré – bowling – boycott – briller – coalisé – contrée – dureté – engeance – erratum -esturgeon – faible – féerique – follower – ganga – gérondif – holding – marinier – mitoyen – none – noyer – œuf – one-step – oratorio – pelletée – phrygien – réellement – samouraï – sellette – tape – tardif – teinture – trépied

 

Arène – azur – burelé – canton – capricorne – caraïbe – chicorée – eau-forte – écrivain – enregistré – entretien – éolienne – épeire – étang – évincer – flammèche – grandiose – hyménée – ignifugé – lancée – lycéen – notaire – occurrence - pacha – piécette – pipette – prévenu – rebelle – sertir – surplomb – synonyme – tequila – uraète – vitriol - zodiac

 

Associez les deux par deux ou trois par trois de manière à constituer le titre d’un roman, d’une fable ou d’un article.

 

Pour chaque couple ou triplette ainsi constitué·e écrivez  le résumé du roman ou la fable entière ou l’article entier ou inventez des proverbes surréalistes.

 

Ou faites un texte d’un seul tenant dans lequel vous mettrez un maximum de mots de ces deux listes.

12 mars 2024

O comme oncle Oscar / Adrienne

 

 

Dans la famille on était marins de père en fils, sauf l’oncle Oscar, qui avait réussi à ouvrir un hôtel-bar tabac et casse-croûte à toute heure.

 

L’année où on a été inondés, on a fièrement fait face.

 

Mais attention, être des gens de la mer, ça ne veut pas dire qu’on aime l’eau.
Faut pas exagérer !

 

Heureusement, avoir le pied marin fait qu’on tenait fort bien sur ces deux malheureuses planches le long de la façade, quand l’oncle Oscar a décidé qu’il voulait une photo de l’événement.

 

Il avait non seulement le pied marin, il avait aussi le sens du commerce, l’oncle Oscar, il voyait la belle publicité que ça ferait pour son établissement, quand ça paraîtrait dans le journal.

 

Alors il nous a tous fait mettre en rang, sur ces deux planches, avec l’hôtel-bar tabac et casse-croûte à toute heure bien visible, lui au milieu, l’air décidé, avec la lance de sa pompe à eau, à jouer avec le plus grand sérieux un Manneken-Pis portant des cuissardes.

 

A sa droite se tenaient deux clients, deux messieurs fort contents de vivre l’événement puisqu’il prolongerait leur séjour loin de bobonne.

 

Ils étaient comme des coqs en pâte, logés au premier étage et pleinement satisfaits de la bonne cuisine de tante Octavie, en tablier à fleurs, et de son aide ménagère, l’infatigable Mariette.

 

Voyez comme Mariette se tient solidement sur ses jambes, entre Alfred, qui a bien sali sa blouse blanche, et Robert, toujours la pipe au bec et toujours à prendre la pose avantageuse.

 

Il dit que son succès auprès des femmes lui vient de là.

 

Moi je suis le type à gauche de la photo, au bord du bord de la planche: « Toi tu sais nager », a dit oncle Oscar.

 

J’aurais pu lui répondre qu’il n’y avait pas trente centimètres de flotte autour de l’hôtel.

 

Mais avec l’oncle Oscar, on ne discute pas.

20 février 2024

Voyager en mots / Anne J.

 

Il y a des mots qui sonnent japonais :
« le samouraï mouilla son tatami en arrosant son bonsaï »
et nous voilà partis au pays du soleil levant 
sans même prendre l'avion.

 


Si je vous dis 
« le pacha s'assit sur sa véranda pour siroter sa tequila »
vous voyez déjà les cactus et le désert, 
l'hombre assis  au bord de la maison, son sombrero sur le nez 
en guise, en guise  de parasol 
et les bandits de la ganga qui déboulent à cheval,
pistolets à la ceinture.

 

 

De l'autre coté de l'atlantique 
les financiers de la holding
boycotteront les followers de Tik Tok
et s'en iront au saloon s'envoyer un whisky 
avant de se lancer dans le quadrille one step 
ou de se lancer un challenge au bowling.

 


Mais si nous restons en territoire français 
c'est le ti-punch des Caraïbes 
sous le tropique du capricorne 
à moins que dans les régions froides de la nouvelle France 
on n'aille pelleter la neige 
ou jouer les rebelles 
dans les grandioses paysages 
où bruissent les éoliennes.

 


Un grand virage à l'Est 
ou un tour du monde plus loin 
n'oubliez pas l'arnica 
dans les prisons de Poutine
Les écrivains rebelles y pourrissent 
sans jamais voir le caviar et autres esturgeons 
On vous aura prévenu ! 

 


Si vous craignez les voyages en avion 
je vous conseille le Nord 
la dureté des terrils
les mariniers glissant sur les grands fleuves
le parfum de la chicorée 
et quelques bières d'abbaye 
avant de vous écrouler dans le fossé 
un peu bourrés.

 

 

ou les rivages de la Loire 
et la douce France de Ronsard
pour célébrer votre hyménée
en chantant des oratorios. 
Coiffez le bonnet phrygien 
sinon votre arrogance vous fera passer 
pour un royaliste  
dans l'arène des prochaines élections 

 

Voyages, voyages...

20 février 2024

Masculin ou féminin / Anne J.

 

Enseigner le français à des allophones vous met devant vos incohérences et les contradictions d’une langue énigmatique et peu rationnelle : pourquoi dit-on « le soleil » et « la lune » ? Pourquoi dit-on « l’aube » au féminin et le « crépuscule » au masculin ? 

 

Le soleil se lève à l’aube et la lune se lève au crépuscule ?

 

Au féminin :

La princesse venait de finir sa teinture
Elle se préférait en blonde 
Dans cette contrée ou dominaient les brunes


Une aube pointait à l’orée
La dureté de la nuit s’effaçait


Afin d’adoucir son assise
Elle mit une tape à sa sellette
Elle avait les fesses fragiles 
Comme une none 


Au loin elle vit la gouvernante 
Jeter une pelletée de neige 


Quelle engeance que cette saison ! 

 

 

Au masculin  :

 

Dans le froid de l’hiver
Un marinier usa de son trépied 
Pour grimper sur le noyer


Quand arriva le samouraï
Encombré d’un bonsaï 
Il saisit son panier 
Rempli d’œufs d’esturgeon 


C’était un bien meilleur cadeau
Pensa-t-il 
J’ai hésité à me présenter avec un nouvel oratorio 
Lancé dans l’azur
Qui ferait valoir mon bel organe vocal 
Célèbre dans tout le canton 

 

 

L’inviterai-je sur mon zodiac 
A voguer sur l’étang ? 


Lui écrirai-je des poèmes 
Grace à mon talent d’écrivain ?


C’est l’hyménée que je vise 
Pas d’erratum, c’est un mot masculin !   
 

4 juin 2024

Retraités en errance / Marie-Thé

 

Ils étaient bien une trentaine de marcheurs partant en rando sur la côte bretonne. Une véritable société qui vit ensemble du matin au soir pendant une semaine.


Le programme des journées est établi par un animateur, aussitôt contesté par les anars qui essayent d’entraîner les autres pour aller dans un autre endroit que celui proposé.

 

Dans le groupe, il y a des beaufs, des meufs dragueuses en tee-shirt serré et pantalon pat d’èph, deux timorés qui ne se quittent pas d’une semelle, un trouduc qui arrive toujours en retard et fait attendre tout le monde… et les autres, intellos ou pas, venus pour marcher, parce que c’est bon pour la santé de s’aérer et bon pour le moral de vivre en groupe.

 

Sac sur le dos, bouteille de contrex dans une poche extérieure pour ceux qui veulent garder la ligne, chaussures bouclées, k-ways zippés, bâtons dans les mains, le groupe s’élance sur la côte.


Il pleut. Arrêt pour enfiler les capes.
Un petit malin a pris son parapluie, le zef le retourne. Arrêt !
Un autre met sa gapette qui s’envole aussitôt dans la mer. Arrêt.
Et c’est reparti sous le ciel nuageux. La mer se déchaîne. Les vagues viennent s’écraser avec fracas sur les rochers. Le vent n’arrête pas les marcheurs qui, affublés de  capes aux différentes couleurs ressemblent à groupe de pèlerins échappés d’un monastère.

A midi, rayon de soleil. C’est l’heure de la bouffe. 

 

 

Assis sur l’herbe humide on déballe le sauciflard ou le pâté Hénaff ou bien des sandwiches plein de mayo. Les plus raffinés sortent une boîte de salade.
Au retour, en fin d’après-midi, les plus courageux se retrouvent sur la plage. Et là, plus de gros ni de maigrichons ni de classes sociales.
Qu’on ait passé l’agreg, qu’on ait fait l’agro, qu’on soit ingé, beauf, dermato, gynéco, bourge ou instit’, tous en calcif pour bronzer ou se baigner alors que cet endroit est un véritable frigo… mais c’est bon pour la peau !

 

Les soirées ne sont pas tristes. Les décibels atteignent les degrés d’une cour de récré.
Certains se demandent pourquoi ils sont venus alors qu’ils sont si bien chez eux.

28 mai 2024

Un beau jour ou peut-être une nuit / La Licorne


 
Un beau jour, ou peut-être une nuit,
Près d'un lac, nous étions endormis
Quand soudain venu de nulle part
Surgit un soleil noir...
Et depuis, sévit le Mal de vivre
La solitude, les insomnies
En plein coeur de la nuit
L'enfant labouré crie
Il crie afin qu'on le délivre
Dis, quand reviendras-tu ?
Dis, me sauveras-tu ?

 

Ce matin-là,
Là-bas
On a tué l'amour...
On a tué la vie
On a tué l'enfance
On peut dire : 
Moi, j'm'en balance...
Et continuer sa route
Mais la mort rôde :
De vol de nuit
En vol de nuit,
Le Minotaure dévore 
Et la folie se répand
Au Bois de Saint-Amand
A Nantes et puis à Vienne


En attendant que la joie revienne
Plus d'île aux Mimosas
Plus de temps des lilas
Plus de joyeux noël
Plus d'oeil qui étincelle
C'est trop tard :
L'Amoureuse de Saint-Lazare
Est partie sans bagages
Pour de très longs voyages
En pays d'amnésie 

 

 

A force de terreur
A force de noirceur
Nous survivons 
A peine
Tais-toi Marseille !
Tais-toi soleil !


A chaque fois c'est pareil
Ils vous parlent d'amour
Mais ils mentent toujours
Devant la triste Joconde 
Y'aura du monde
Et il y aura toi, l'homme,
L'homme en habit rouge
L'homme aux habits de sang
Et les Mignons Enfants
Hurleront leur chagrin
Cracheront leur venin
Sur le Perlimpinpin


A mourir pour mourir
Autant mourir de rire
Une longue Dame brune
De sa faucille de lune
Fauche tous les salauds

 

Elle vend ses mots gâteaux,
ses vérités couteaux
Elle chante du bout des lèvres
Elle répète avec fièvre
Une petite cantate
Et ce vivant poème
Cette musique blasphème
Est pour les psychopathes
Pour tous les sociopathes
Pour tous les Ponce Pilate
La Musique de leur fin

 

Chapeau bas Madame !
Pour les mots en balade
Pour les folles aubades
La Louve de l'enfance
Vit-elle à Göttingen,
En Allemagne ou en France ?


Ça n'a pas d'importance :  
Sous le masque qui tremble
Les histoires se ressemblent 
Mais un jour en septembre 
Ou peut-être en décembre, 
Un matin ou peut-être une nuit,
Se lèveront les enfants endormis
Et venu de nulle part
Surgira l'aigle Espoir...

 

 

26 mars 2024

C comme canotage / Adrienne

21 mai 2024

Le Loir qui écrivait comme un cochon / Anne J.


Vous le voyez, ce petit loir qui fait des lignes, le dernier pupitre du premier rang à gauche ? Eh bien c'est moi !
 

Comment je suis devenue une Madame Loir ? C'est une longue histoire que je m'en vais vous conter et que je tente d'écrire pour la postérité.  


J'étais une petite fille très ordinaire dans une classe très ordinaire avec une maîtresse très ordinaire et je passais de longues journées à l'école de mon quartier ; sur le chemin de l 'école, j'achetais des roudoudous et des rouleaux de réglisse et j'inventais des histoires, des merveilleuses histoires dont j'étais l’héroïne. Je me fabriquais des vies extraordinaires comme dans les romans que je dévorais dans la bibliothèque de la rue de la Borderie et personne n'en savait rien.
 

J'adorais écrire des histoires et faire des rédactions mais j'avais des notes déplorables : la maîtresse écrivait invariablement dans la marge :  « Écriture illisible, écrivez plus grand, mettez des barres aux "t" et des points sur les "i" et formez vos lettres !»   et concluait par un 10/20 ou parfois, un jour de mauvaise humeur, par un zéro ! Hélas on n'avait pas encore inventé l'ordinateur et on n'avait pas de machine à écrire à l'école élémentaire. 


Ce jour-là je pensais à mon prochain personnage. Je marchais sans regarder où j'allais ; j'ai trébuché, raté le trottoir et je suis tombée dans le grand trou que je n'avais pas vu au bord de la pelouse du carré Duguesclin dans le jardin du Thabor : je faisais la route presque les yeux fermés tant je la connaissais et traversais ce jardin tous les jours pour arriver à mon école.
 

Et là, j'ai glissé dans un tunnel, dévalé dans un trou noir, traversé comme sur un toboggan la grotte de l'enfer et atterri la tête la première dans un terrier. Éberluée j'ai découvert un lapin blanc, un chapelier fou, un quadrille de homards et un chat roux avec un sinistre sourire dévoilant ses dents.
Au fond, assise sur un champignon, il y avait une grosse chenille verte et poilue qui fumait un narguilé odorant sans rien dire . Elle m'a souri entre deux bouffées, alors je lui ai demandé :


- Quel est cet endroit ?  
 

Elle ne m'a rien répondu mais m'a tendu l’extrémité de son long tuyau à fumer. Je l'ai regardée, elle a hoché la tête et j'ai aspiré une bouffée. En un clin d’œil tout s'est mis a tournoyer autour de moi et quand je me suis relevée de mon étourdissement, j'avais des petites oreilles, une longue queue touffue et un magnifique pelage gris : j'étais devenue une madame loir. Tout au fond du terrier, il y avait une école en tout point semblable pour le décor à la mienne. Mais les élèves  n'avaient rien à voir avec les ternes écoliers habituels : il n'y avait que des êtres extraordinaires dont j'ai compris qu'ils avaient tous tenté l'aventure du toboggan et du terrier. La dernière arrivée était une adorable lapine aux douces oreilles et à l'air timide dénommée Betty.
 

Madame Lelièvre, la maîtresse m'a installée au pupitre à gauche au premier rang mais j'étais bien trop petite, alors on m'a donné une théière pour me mettre à la hauteur. J'ai reçu un cahier avec un double interligne et la mission de réapprendre à faire des lettres de la bonne taille et de la bonne forme et ceci pour couvrir tout le cahier, puis j'ai eu un cahier neuf et la consigne d'écrire les histoires les plus farfelues et spéciales de toute ma vie. C’était bien mieux que les rédactions de l'école, je pouvais les lire à haute voix à tous mes camarades le samedi à l'heure de la lecture , un calvaire pour la timide d'alors qui s'est ensuite transformé en bonheur. Je venais de découvrir mon premier atelier d'écriture ! 


Depuis les années ont passé, mon pelage de petit loir gris a viré au blanc, je porte des lunettes pour voir les lignes de mon cahier et j'ai du mal a m'extirper de ma théière. J'ai ré-appris à faire des lettres lisibles mais ça ne me sert plus à grand chose puisque le clavier le fait très bien pour moi. J'écris toujours des histoires, les plus invraisemblables possibles, pour un atelier d'écriture, et avec d'étranges personnages, un lapin crétin, une chenille verte et poilue, un chat noir caractériel  et autre quadrille de crabes...       
 
Elle n'est pas belle, la vie ?! 

28 mai 2024

La Complainte d’Igor Wagner / Jean-Paul

 

 

Si la photo est bonne,
S’il symphonie de rouge et jaune,
S’il orange dans les feuillages,
Nous sommes en septembre
- Quel joli temps ! - 
Et il automne.

 

On serait mieux dedans sa chambre
Qu’à rouler au coeur de la nuit
Mais parce que je t’aime, 
Ô argent qui fais le bonheur,
J’accompagne la cantatrice,
Je conduis la voiture,
Je porte les valises
Et je rêve des voyages
Où l’on part sans bagages
Vers l’île aux mimosas,
Le bois de Saint-Amand
Ou l’éléphant de Nantes.

 

 

Moi je me balance bien
De savoir, à chaque fois,
S’il y aura du monde ou pas
Au récital de La Bianca,
S’il faut serrer la main 
De l’homme en habit rouge
Qui baise les doigts de Castafiore
Ou s’il faut lui clamer
« Joyeux Noël, mon père ! »

 

Je m’en moque des boutons dorés
Du capitaine Craddock
Et des jolis manchons
Dont à la charge Irma.

 

 

Dans ces salons d’après-concert
Il verdurine,
Il pince-fesse,
Il monstre sacré,
Il minotaure ;
C’est chapeau bas pour la Bianca
Et l’enfant laboureur,
Le pianiste
Reste sur la touche.

 

 

Le faiseur de musique ?
A peine une attention !
Renvoyé à son mal de vivre, 
Au remballage des partitions :
Il amertume,
Il solitude,
Il soleilnoire à Périgueux
Pour le père Igor !

 

C’est de ma faute aussi sans doute
Et maintenant
Il c’estroptarde :
J’ai tué l’amour de ma vie
Jadis dans le temps du lilas.
C’était dans le printemps de Vienne
Où elle vendait des p’tits gâteaux.
Elle m’y serinait une petite cantate,
Un très vivant poème,
Une promesse d’amoureuse ;
Il y Sachertortait, 
Concertdenouvellannait,
Soundofmusiquait
Et je n’ai pas entendu
Que derrière sa routine
La petite Eglantine
Me promettait l’air enchanteur
Et tiendrait toujours haut la note
De la mélodie du bonheur !

 

***

 

Il pleut,
Il vente et il automne,
Il peste et il fatalerreure
Puis il panneauindicateure :
Cheverny, trois kilomètres.

A force de conduire dans le noir
A force de fatigue et de ruminations
Et de ronfle-à-l’arrière
Voilà qu’il saint-exupérise,
Genre « vol de nuit la panne est porche »
Et toi l’homme du seul solfège
Il n’est pas à ta portée
De dessiner un mouton !

 

 

Mais bon, déjà on n’entend plus
Comme il airdesbijoute,
Comme il sibêle en ce miroir,
Comme rime si bien miroir avec mouroir.

 

Mourir ?
A mourir pour mourir
N’est-ce pas le moment
De terminer l’année dernière à Marienbad
Autrement que dans ses tatanes,
De mettre un terme à ces promenades
Si maussades
En se payant un bon platane ?

 

- MAIS QU’EST-CE QUE VOUS FOUTEZ, IGOR !
Roulez droit, mon garçon !
Réveillez-vous, vous nous emmenez dans le décor !

C’est Madame la camérière 
Qui gueule depuis la plage arrière.

 

Zut ! L’aller pour le paradis
N’est pas encore pour aujourd’hui !

 

J’ai oublié les insomnies 
D’Irma la douce à la dent dure !

28 mai 2024

D comme dialogues / Adrienne

 

Les boutons dorés de l’homme en habit rouge luisent doucement au cœur de la nuit.

 

A chaque fois qu’il accompagne un client jusqu’à l’ascenseur, chapeau bas, il essaie de deviner quelle bribe de chanson il y entendrait : à force de les entendre tourner en boucle, il sait qu’après Göttingen ce sera Le temps du lilas, même si on est déjà fin septembre.

 

– Quel joli temps pour la saison ! s’exclame la dame brune qui se tient agrippée au bras de Pierre Rémusat comme s’il allait chercher à s’enfuir.

 

– Madame a bien raison, répond-il en se pliant un peu plus en deux.

 

A peine est-il revenu à sa place que voilà les mignons jeunes mariés en voyage de noces, refaisant l’amoureuse conversation des ‘ô toi’ et ‘parce que je t’aime’, vivant poème d’amour qui se chuchote du bout des lèvres.

 

Pour eux seuls il ébauche un petit sourire, qu’ils ne voient pas : qu’on soit à Vienne ou à Saint-Lazare, à Nantes ou à Marienbad, la musique de l’amour est partout la même, une petite cantate à la vie, à la mort.

4 juin 2024

E comme ellipse / Adrienne

 

 

– Bin t’es où, Steph ? Tu fais ta grasse mat’ ? T’es encore au petit dèj ? T’as oublié le rancard, comme d’hab ? Le bus va partir, là ! Comment ça, tu viens pas ? Ah bin c’est sympa ! Tous les potes sont là et tu rates une belle occase de voir le prof de gym des garçons… Ouais, celui qui se promène en calcif de foot et fait admirer ses abdos… Bon là il est en pull et pattes d’èph, LOL, non, pas en survête.
Sinon ? Bin sinon il y a aussi ce beauf de prof de maths et la grande bourge qui donne des dissertes pourries… Ouais grave barge… Enfin, y a pas ce trouduc facho qu’on a eu en Première !


– …

 

– Comment ça, le métro ? Prends le vélo, tant que tu y es ! Là on est déjà sur le périph’, pour nous rejoindre à l’expo il te faudrait au moins un taxi ! Ou un hélico LOL, y a pas encore d’appli pour ça, non.

 

– …

 

– Non, moi chsais pas trop quoi après le bac, quelle fac, tout ça… tout ce que je sais c’est que j’aurai un appart et que je serai la reine des amphis et de la cafète LOL. Plus d’emmerdes avec le dirlo, plus besoin de demander la perm aux darons, me la jouer intello et aller aux manifs…

 

– …

 

– Quoi ! Moi passer l’agreg et faire l’instit à perpète ? Ça va pas, la tête ! C’est pas trop mon trip les cas soc’, les p’tites frappes surex des cours de récré et les nains dégueu, non c’est pas ma came ! Sauf à Saint-Barth ou à Saint-Trop, peut-être LOL…
Pff j’hallu ! Y a même pas la clim dans ce bus pourri ! Météo pour Club Med mais bus de ploucs !

 

– …

 

– Ouais ! LOL ! On n’est pas faites pour la dèche et la vie de prolo, à nous les diams et le champ! Meuf de dermato, ouais, ça gagne bien ! Gynéco ? Non ! Mauvaise combine ! Du fric, oui, mais trop de compète ! Y a pas photo !…
Ah ! Formid ! On arrive enfin !

 

– …

 

– Ouais, d’ac, à c’taprèm, cette fois c’est toi qui offres le Macdo !

4 juin 2024

Boomer-rang / La Licorne

- Dis, tu t'sens "boomer", toi ?

 

 - Boum...quoi ?

 

- "Boomer" ! Tu sais, les jeunes, ils n'ont que ce mot à la bouche. Maintenant, si t'as plus de soixante piges, si t'es né entre 1945 et 1965, ils te traitent de "boomer", et dans leur bouche, c'est pas un compliment...crois-moi ! En gros, ça veut dire que t'es un beauf, un mec ringue, réac, tradi...qui a connu les pattes d'eph, les deudeuches, les yéyés et puis qui a viré bourge...Un mec au gros bide qui a vécu les trente glorieuses, qui a eu toutes les facilités, qui fait la grasse mat' et qui nage dans le fric pendant que les jeunes générations galèrent...

 

- Ah oui ? Et c'est moi, ça ? Franchement, je ne me reconnais pas. Ado, j'étais habillé en vieux survêt, je mangeais du sauciflard et j'écoutais de la musique sur un minuscule poste de radio acheté en promo ! J'ai travaillé dur pour réussir mes exams (le bac n'était pas "donné" à l'époque), j'étais dans la dèche totale, je travaillais dans un resto dégueu pour payer mes tickets de métro et avec mon vieil imper troué, je faisais peur aux meufs. Tu parles d'une jeunesse dorée !

 

- Pareil pour moi ! Comme mes parents n'avaient pas les moyens, je cherchais toutes les combines pour manger gratos, je demandais du rab au resto U et j'avais l'air d'un plouc avec mes frusques d'occase. Pas d'appart', bien sûr, juste une chambre de CROUS de 9 mètres carrés... Un miracle que j'aie pu finir la fac  ! Tout ça pour finir avec un petit salaire de prof, à corriger des dissertes tout le week-end et à partir en vacances en bus pendant que les autres prennent l'avion...Non, ce n'est pas moi que tu verras à Saint-Trop ou à Saint-Barth...ça c'est bon pour les vedettes du show-biz, du foot...bref, les potes à Sarko...

 

- De quoi te plains-tu, mon vieux ? :-)) T'as des réducs dans les musées et les expos...un abonnement au ciné-club du quartier...des loisirs d'intello...gaucho-socialo-anarcho...sans compter ta place réservée dans toutes les manifs ! 

Aïe ! ne me gifle pas, c'était juste de la provoc... J'aime bien te taquiner, vieux frère... Allez, tu me rejoins tout à l'heure à la salle de gym ? Ça fera du bien à nos abdos... de vieux boomers !

 

- Ouais, et après, je te file un rancard au self de la cafète... comme d'hab. On n'ira pas chez moi : mon frigo est vide ! :-)

 

- D'acc !  A tout' !

4 juin 2024

Consigne d'écriture 2324-31 du 4 juin 2024 : Apocopes

 

Apocopes

 

 

 

Parlez-vous tronqué ? nous demande Bernard Cerquiglini.

 

Depuis le début du XIXe siècle on a pris l’habitude d’abréger les mots du français. Ce procédé nommé "troncation" a donné les mots cinéma, kilo, météo, métro, photo, radio, taxi, vélo. Mais pas que !

 

A partir de la liste ci-dessous, en utilisant un maximum des mots qui s’y trouvent, dressez le portrait d’un groupe de gens réunis dans un même endroit (atelier d’écriture, chorale, réunion politique, classe d’école, stade de foot, voyage en bus, train ou métro, manif...)

 

à c’taprèm - à_tout’ - abdo - accro - ado - agreg - agro - amphé - amphi - anar - appart’ - appli – artiche - blaire - aspi - asso - auto ciné - bac - barbeuc - barge – bat’ d’Af - beauf - bédé - bénèf - beur - bide - blanc-cass - blase - blenno - bolcho - Boul’ Mich - bourge - branque - broc - burlingue - caf’_conc’ - cafète - calecif - calva - came - cap - cas_soc’ - casse - Casto - certif - champ - charre - clandé - clim - Club_Med - coeff - colon - combine - comme d’hab - compète - compil - config - congélo - Contrex - convalo -craspec - d’ac - déca - dèche - dégueu - demi-pens’ - dermato - der - deuche - diams – dirlo - facho – gaucho - socialo - disserte - doc - emmerdes - ex - exam - exhibi - expat - expo - fac - faf – Fig Mag - flingue - foot – formid - lerch - fortif - frappe - fric - frigo - frusque - gardave - gogue – grasse mat’ - gratos - gym - gynéco - hallu - hasch - héro - imper - incruste - indic - info - instit - intello - intox - Jèze - keuf - kilo - langues o - lège - mac - macchab – mag - manif - maths - matos - maxi - McDo - météo - métro - meuf - micro - Monop - morfal - Mouffe - nib – nœud pap - Nouvel_Obs - occase – paf - pardeuss - pattes d’èph - pédé - périph - perm - perpète - petit dèj - photo - plouc - pneu - pop - postère - pote - prem - Prisu - prof - prolo - promo - provoc - pull - queude - rab - racho - rade - radio - réac - rédac’chef - redif - rencard - répète - restau_bio - ringue - rital - rom’pol’ - Saint-Barth - Saint-Trop - Samar - Sarko - sauciflard - sax - Sébasto - sécu - Ségo - self - sensass - showbiz - snack - soluce - sous-off - Steph - suppo - surex - surgé - survête - sympa - taxi - télécom - toxico - tradi - travelo - trouduc - vape - variète - Vél_d’hiv - vélo - zèfe

4 février 2025

K comme krapoverie / Adrienne

 

 

Cecy est ung livre de haulte digestion, plein de déduicts de grant goust, espicez pour ces goutteux trez-illustres et beuveurs trez-prétieux. Non que l’Autheur ayt l’oultre-cuydance de vouloir estre aultre chouse que bon Tourangeau, et entretenir en ioye les amples lippées des gens fameux de ce mignon et plantureux pays, aussy fertile en cocqus, cocquards et raillards que pas ung. Doncques, ceste œuvre est le produict des heures rieuses de bons vieulx moynes, chanoines anticques et preudes femmes ayant cogneu le bon temps où l’on iocquetoyt encores sans resguarder s’il vous sortoyt ung cheval ou de ioyeux poulains des costes à chaque risée, comme font auiourd’huy les ieunes femmes qui vouldroyent soy esbattre gravement : chouse qui sied à nostre gaye France comme une huillière sur la teste d’une royne. Aussy, ai-ie cru chouse patrioticque en diable de publier un drachme de ioyeulsetez, par ce temps où l’ennuy tombe comme une pluie fine qui mouille, nous perce à la longue, et va dissolvant nos anciennes coustumes qui faisoyent de la raye publique ung amusement pour le plus grant nombre. Ains, de ces vieulx pantagruelistes qui laissoyent faire à Dieu et au Roy leur mestier, sans mestre la main à la paste plus que ne debvoyent, se contentant de rire, il y en ha peu, il en chet tous les iours, en sorte que i’ay grant paour de veoir ces notables fragmens d’anciens breviaires conspuez, conchiez, gallefretez, honnis, blasmez, ce dont ie ne me mocqueroys point, de nos anticquitez gauloises.

 

Soubvenez-vous aussi, critiques enraigez, hallebotteurs de mots, harpyes qui guastez les intentions et inventions de ung chascun, que nous ne rions que enfans, et, à mesure que nous voyageons, le rire s’estainct et despérit comme l’huile de la lampe. Cecy signyfie que, pour rire, besoing est d’estre innocent et pur de cueur ; faulte de quoy, vous tortillez vos lèvres, iouez des badigoinces et fronssez les sourcils en gens qui cachent des vices et impuretez. Néantmoins, i’ay eu cure, à mon grand despit, de sarcler, ez manuscripts, les vieulx mots, ung peu trop ieunes, qui eussent déchiré les aureilles, esblouy les yeulx, rougy les ioues, deschicqueté les lèvres des vierges à braguettes et des vertus à trois amans : car il faut aussy faire aulcunes chouses pour les vices de son temps, et la périphrase est bien plus guallante que le mot ! Doncques, lisez cecy plus tost à la nuict que pendant le iour ; et point ne le donnez aux pucelles, s’il en est encores, pour ce que ce lyvre prendroyt feu.

 

***

 

Extraits du prologue des Contes drolatiques de Balzac : au lieu de fabriquer de nouvelles insultes à la mode de tonton Archibald, l’Adrienne est allée puiser à la source balzacienne qui lui-même est allé se servir chez Rabelais. 🙂

 

La première idée était de mettre en gras les mots pouvant servir de « bougre d’ectoplasme » mais vous les repérerez sûrement vous-mêmes. 🙂

2 décembre 2025

Chansonnettes... pas nettes / La Licorne

 

 

Un noble héritier de gentilhommière
Recueille, tout seul, un fief blasonné.
Il dit à son frère puîné
Sois abbé, je suis ton aîné.*

Refrain :

J'ai du bon tabac dans ma tabatière,
J'ai du bon tabac, tu n'en auras pas.

(version - satirique- originale)

 

***


Les autres sont un peu modifiées pour s'adapter à l'image proposée :

 

 

Meunier, tu dors,
Ton gamin, ton gamin en profite.
Meunier, tu dors,
Ton gamin, le malin, flirte encore

Refrain :
Ton gamin, ton gamin en profite
Ton gamin, chaud lapin, flirte encore

 

 

Il court, il court, le futé
Le futé Dubois, gendarme,
Il court, il court, le futé
Le futé Dubois s'enfuit.

Il est passé par ici,
Il repassera par là.

Le futé va se cacher
Le futé Dubois, gendarme,
Pourras-tu donc le "pincer" ?
Le futé Dubois s'enfuit...

 

 

Vive les vacances,
à bas les pénitences,
les cahiers au feu,
le traître au milieu.

 

 

C'est la mère Michel qui a perdu son chat
Qui crie par la fenêtre à qui le lui rendra
C'est le Père Lustucru qui lui a répondu :
"Allez la Mère Michel, vot'chat n'est pas perdu !"
Sur l'air du tra la la la
Sur l'air du tra la la la
Sur l'air du tra déridéra et tra la la


C'est la mère Michel qui lui a demandé :
Mon chat n'est pas perdu, vous l'avez donc trouvé ?
C'est le père Lustucru,
Qui lui a répondu :
Donnez une récompense, il vous sera rendu.

 

(Refrain)


Et la mère Michel lui dit : c'est décidé,
Si vous m'rendez mon chat vous aurez un baiser !
Et le père Lustucru,
Qui n'en a pas voulu,
Dit à la mère Michel : vot' chat il est fendu.

 

(Refrain)

2 décembre 2025

Consigne d'écriture AEV 2526-10 du mardi 2 décembre 2025

 

Paris en 1941. 1, Georges Beuville

 

 

Ces illustrations de Georges Beuville (1902-1982) sont tirées d’un livre en allemand, « Paris Frankreich Nord und West » publié en 1941. Il s’agit d’un guide « touristique » permettant de visiter Paris et la zone occupée par l'armée allemande.

 

Que vous soyez soucieux ou soucieuse de ce contexte historique ou pas, vous aurez bien quelque chose à dire à partir de ce livre et/ou de ces images ?

 

Cliquez sur l'image pour l'agrandir

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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