Canalblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
L'Atelier d'écriture de Villejean
Publicité
7 mai 2024

K comme kouign amann / Adrienne

 

Aucun lien ne se tisse avec la crainte de faire des nœuds, dit le proverbe, et si je reste auprès de mon arbre à attendre les premières figues, ou devant mon piano bleu de froid, je ne ferai ni rencontres, ni découvertes.

 

Alors je suis allée au jardin des délices de Stockholm, c’était légèrement sucré, avec un peu de piment, un moment unique, hors du temps.

 

Derrière une façade de la Belle Époque se cachait un minuscule restaurant de maximum 20 places, et dans ce jardin secret, Tadam ! après les harengs de la Baltique, le sandre polaire, les produits de la ferme d’Onsberga et les légumes de Skilleby, on t’apporte en dessert…

 

… une spécialité bretonne !

 

Ne manquait plus que la fée des crêpes !☺

 

***

 

Photo du kouign amann reçu en dessert à Stockholm. Comme on peut le voir, il avait la taille d’une bouchée ☺

Publicité
24 septembre 2024

Moi-même : portrait paysage / Jean-Paul

 

 

 

Le naïf

Dans son esquif

Est au bout

De son voyage :

 

Les deux mâts

Ne passent pas

Sous le pont trop bas

Du zouave de l'Alma !

 

Sous les tortues de nuages

Le ballon volage excelle

A poursuivre le carnage :

Il a perdu sa nacelle.

 

Tant de tuyaux sur les toits,

De fumeurs de pipe en bois,

De fumées crachées au ciel

Pour noircir la Tour Eiffel !

 

Au revers de son veston

Le peintre arbore un pin's vert.

Ira-t-elle jusqu'au Salon,

Sa peinture de plein air ?

 

Que penser des 5 pygmées ?

De la Seine aux reflets rouges ?

Des hublots de la péniche

Noyés dans le tas de sable ?

 

Le siècle qui a suivi

Nous appelle à la « clémemce » :

Le naïf dans son esquif

Fera partie, d'évidence,

 

Des trésors de Douce France

Et du pays de l'enfance.

 

16 avril 2024

99 dragons : exercices de style. 79, Paronomase / Jean-Paul

 

 

Lydie Capablanca est bien capable de ça : être née dans un rire à gorge déployée de sa maman Crystelle parce que la sage-femme prétendait qu’« Y a pas d’os, pour une famille de Cappadoce qu’ a pas d’as, de tierce ni de sesterces, pourvu qu’elle ne soit pas brétilienne, christique ou crétine, si le père de l’enfant est facteur et s’appelle Crésus. L’accouchement se présente bien et l’enfant par le siège ! ». Dans le sillage parfait du rire et sans péridurale dans le procédural le bébé ébaubi fut expulsé, propulsé, baptisé en un rien de temps.

 

Lidye que l’on ôta du tas de placenta, ça lui plut plus qu’on ne croit d’être née chez des niais qui ne déniaient pas le portement de croix et daignaient pratiquer, sans crise, sauf quand on boit et ce plus qu’une fois, cette nouvelle foi.

 

Quand elle fut plus grande elle se fit appeler Georges, brûla son soutien-gorge et devint militante verte chez Quechua, c’était là son choix. 

 

- D’autres jouent les mirliflores, les miliciens terre de sienne, d’autres malicieux tergiversent et font des vers de mirliton, grand bien leur fasse aux fesses ! leur dis-je en face ou à confesse !

 

Qu’elle assumât son credo sans chichi comme le rikishi son sumo et les crottes de son chow-chow c’était à mettre à son crédit.

 

Bientôt elle rejoignit l’empire Biocoop, participa aux algarades de Crimée, fit la grève à Saint-Michel rapport aux algues vertes. Elle battit la campagne vêtue de son seul pagne, brandissant haut dans le ciel rouge la flamme olympique d’Olympe de Gouges – à moins que ce ne fût de la bière dans un fût ou des œufs de lump dans un pot-aux-roses.

 

Elle fut vite élevée car étant bonne élève - et pas écervelée comme ces cervidés qui vivent en troupeau et descendent cervoise anversoise ou bretonne - au grade d’officier au fessier à couper le sifflet. Ce par courrier officiel, ce qui fit persifler, persiller les soldats serpillières qui traînaient dans les rangs leurs bras blancs ballants et leurs chants barbants de barbeaux du Brabant (parfois la légion héberge du Belge).

 

 

Selon une première version de ses faits d’armes de fedayine pour laquelle les invertis investis et avertis n’ont qu’aversion, il advint qu’en provenance de la province de Provins, sur le dos de Sextet, son cheval à sept têtes de Septime sévère sans centimes en septembre, Lydie-Georges parvint en Libye sans avoir d’alibi pour avoir déserté autre que de désirer errer en déshérence dans le désert avec aisance (car iel avait un GPS). Elle y affronta à coups de paquets de Bonux Mylène Farmer la lascive qui rejetait là sa lessive, ses eaux sales, son Mir laine et polluait au détergent la fontaine de Castor et Pollux. Témoignerait de cet exploit, à l’entrée du port de Ra’s Lanuf une statue de la Libertine que l’on n’a jamais retrouvée (et pourtant elle tourne encore). 

 

Tout comme la Vénus est hottentote, la vérité toute nue est autre et sort de la douche des enfants : un jour que il ou elle ou iel traversait en silence la ville de Silène mais avec vigilance car à Larmor-Baden et sur les rives de rêve de la Vilaine à Rennes on enseigne la prudence, sa bête d’apocalypse nommée « Époque-à-slips » fleura l’eucalyptus et l’embrouille pas mini. L’animal se cabra devant une de ses congénères, une énorme drag-queen qui mangeait des bottines, un énorme dragon qui mangeait des boutons.

 

L’immonde immense monstre en était même rendu à rançonner le monde exigu, indigent, indigné de ces petites gens qui venaient présenter sous son nez au lieu d’armes rebelles du saucisson à tronçonner, au lieu de brebis belles leurs moutards, sans moutarde et sans moufter. Le sort de hareng saur, de victime expiatoire pour peine exécutoire d’allure shakespearienne était tombé ce jour sur la fille du roi. Belle proie pour bête pouah !

Comment Lydie aida le souverain riverain, comment la femme-soldat vint à bout sans tabou de l’infâme laide bête je vous le conterais bien car le Gascon trait bien l’histoire qui l’allaite et le lecteur de Tarbes halète quand la pomme est posée sur la tête d’enfant mais de fête vous n’aurez pas car de fait, soudain, il fut vingt heures. Vingt heures ! L’heure de Vinteuil chez Verdurin ! Le vent vainqueur s’en vint moqueur voler tous les espoirs que j’avais en mon coeur de vanter zélateur la conversion divertissante, la transformation sexuelle et verdissante de l’eschatologiste en écologiste.

 

Déplorons, ô mon zèle que j’ai hébété, que y’a plus qu’à attendre un autre jour de délire libyen de Lydie pour aboutir près d’Aboukir à une version transgenre (LGBTQIA+?) de « Saint-Georges et la drag queen » !

16 avril 2024

R comme rose / Adrienne

 

Pour la première fois depuis fort longtemps, elle savait quoi faire de ses deux bras, au lieu de garder bêtement les mains jointes contre son ventre.

 

La main gauche crânement appuyée sur la hanche, la main droite tenant à bout de bras le bilboquet qu’elle apportait en cadeau à son cousin Henri, elle caracolait, assise fièrement en amazone sur le dos de son chien à sept têtes.

 

Fière, oui ! elle l’était. De sa robe rose, de son toutou rose, dont les sept têtes étaient de véritables lance-flammes, ce qui était bien utile pour allumer le barbecue.

 

Elle devait juste apprendre à doser le jet, l’arrêt pique-nique avait été plutôt dévastateur pour la ville où ils avaient fait halte : le parc ombragé et les chaumières tout autour n’avaient pas résisté.

 

– C’est tout de même incroyable, dit-elle de son air le plus courroucé aux deux barbus contrits, implorant sa mansuétude.

 

Depuis qu’elle avait quitté son cadre, elle ne cessait de s’exclamer « C’est tout de même incroyable ! », ce qui n’est pas tellement étonnant, vu le nombre d’années passées accrochée au mur du musée de Rennes, un tas de choses avaient bien changé entre-temps.

 

– C’est tout de même incroyable ! Qu’est-ce qui n’était pas clair dans mon message ? Tout le monde porte quelque chose de rose, sauf vous deux!

 

– C’est que nous sommes daltoniens ! imploraient les deux barbus.

 

Alors derrière eux le petit Henri cessa de geindre : il l’aurait, son bilboquet !
 

***

 

Merci à Joe Krapov pour ce tableau et celui d’Isaure Chassériau, qu’il aime mettre à toutes les sauces.

9 avril 2024

Consigne d'écriture 2324-25 du 9 avril 2024 : Dictionnaire des idées reçues

Dictionnaire des idées reçues. 2

 

On décide de réécrire les définitions du "Dictionnaire des idées reçues" de Gustave Flaubert.


Chacun reçoit pour ce faire les définitions de la lettre A de l'original pour en comprendre l'esprit et les entrées seules d'une ou deux lettres du dictionnaire.

 A

Académie française. La dénigrer, mais tâcher d’en faire partie si on peut.

 

Agriculture. Manque de bras.

 

Affaires. Passent avant tout ; Une femme doit éviter de parler des siennes ; Sont dans la vie ce qu’il y a de plus important ; Tout est là.

 

Airain. Métal de l’antiquité.

 

Albâtre. Sert à décrire les plus belles parties du corps de la femme.

 

Allemands. Peuple de rêveurs (vieux).

 

Ange. Fait bien en amour et en littérature.

 

Argent. Cause de tout le mal ; Dire : Auri sacra fames.

 

Architectes. Tous imbéciles ; Oublient toujours l’escalier des maisons.

 

Architecture. Il n’y a que quatre ordres d’architecture ; Bien entendu qu’on ne compte pas l’égyptien, le cyclopéen, l’assyrien, l’indien, le chinois, gothique, roman, etc.

 

Aspic. Animal connu par le panier de figues de Cléopâtre.

 

Astronomie. Belle science ; Très utile pour (n’est utile que pour) la marine ; Et, à ce propos, rire de l’astrologie. 

 

Athée. Un peuple d’athées ne saurait subsister.

 

Auteur. On doit « connaître des auteurs » ; inutile de savoir leur nom.

 

Autruche. Digère les pierres.

 

Avocats. Trop d’avocats à la Chambre ; Ont le jugement faussé ; Dire d’un avocat qui parle mal : oui, mais il est fort en droit.

 

Abricots. Nous n’en aurons pas encore cette année.

 

Alcoolisme. Cause de toutes les maladies modernes.

 

Archimède. Dire à son nom : « Eurèka » ; « Donnez-moi un point d’appui et je soulèverai le monde. » — Il y a encore la vis d’Archimède ; mais on n’est pas tenu de savoir en quoi elle consiste.

 

Abélard. Inutile d’avoir la moindre idée de sa philosophie, ni même de connaître le titre de ses ouvrages ; Faire une allusion discrète à la mutilation opérée sur lui par Fulbert ; Tombeau d’Héloïse et d’Abélard ; si l’on vous prouve qu’il est faux, s’écrier : « Vous m’ôtez mes illusions. »

 

Absinthe. Poison extra-violent ; A tué plus de soldats que les Bédouins.

 

Actrices. La perte des fils de famille ; Sont d’une lubricité effrayante, se livrent à des orgies, avalent des millions (finissent à l’hôpital) ; Pardon ! il y en a qui sont bonnes mères de famille !

 

Air. Toujours se méfier des courants d’air ; Invariablement le fond de l’air est en contradiction avec la température : si elle est chaude, il est froid, et l’inverse.

 

Antiquité. Et tout ce qui se (sic) rapporte, poncif, embêtant.

 

Antiquités (Les). Sont toujours de fabrication moderne.

 

Amérique. Bel exemple d’injustice : c’est Colomb qui la découvrit et elle tient son nom d’Améric Vespucci ; Faire une tirade sur le self-government.

 

Appartement de garçon. Toujours en désordre ; Avec des colifichets de femme traînant çà et là ; Odeur de cigarette ; On doit y trouver des choses extraordinaires.

 

Anglais. Tous riches.

 

Anglaises. S’étonner de ce qu’elles ont de jolis enfants.

 

Artistes. Tous farceurs ; Vanter leur désintéressement (vieux) ; S’étonner de ce qu’ils sont habillés comme tout le monde (vieux) ; Gagnent des sommes folles, mais les jettent par les fenêtres ; Souvent invités à dîner en ville ; Femme artiste ne peut être qu’une catin. 

 

Arsenic. Se trouve partout. Rappeler Mme Lafarge (?) ; Cependant, il y a des peuples qui en mangent.

 

Arts. Sont bien inutiles, puisqu’on les remplace par des machines qui fabriquent même plus promptement.

 

 

B -  - Baccalauréat - Bâillement - Barbe - Basques - Basilique - Bâton - Baudruche - Bayadères - Billard -Bibliothèque - Boudin - Bourse (La) - Boursiers - Bouddhisme - Bretelles - Budget - Bureau - Bois - Bonnet grec - Bouchers - Blondes - Banquet - Ballons - Bagnolet - Bible - Braconniers - Boulet - Boutons - Bossus - Bas-bleu - Bases - Bras - Buffon - Banquiers - Baragouin - Bretons - Brunes –

 

 C -  - Café - Calvitie - Château fort - Chambre à coucher - Carême - Cauchemar - Cavalerie - Censure - Cidre - Chapeau - Cocu - Cheminée - Christianisme - Choléra - Cirage - Classiques (Les) - Clair-obscur - Coffres-forts - Commerce - Canards - Campagne - Canonnade - Chien - Charcutier (sic) - Chartreux - Chat - Chasse - Catholicisme - Cavernes - Cèdre - Célébrité - Champignons - Chaleur - Champagne - Chameau - Certificat - Célibataires - Chemins de fer - Carabins - Crapaud - Crocodile - Créole - Croisades - Critique - Cygne - Comédie - Cognac - Copahu - Constipation - Cosaques - Cor (aux pieds) - Cor de chasse - Corset - Confiseurs - Corps - Corde - Cujas - Cuisine - Crucifix - Cyprès - Châtaigne - Cheval - Cochon - Clown - Cigares - Chirurgiens - Cataplasme - Clocher - Club - Cercle - Collège - Colonies (Nos) - Conversation - Conservatoire - Comètes - Communion - Coton - Confortable - Courtisanne (sic) -  

 

 D -  - Daguerréotype - Damas - Dauphin - Débauche - Décoration - Décor de théâtre - Dent - Dent œillère - Descartes - Décorum - Déicide - Déjeuner de garçons - Démêloir - Dépuratif - Député - Désert - Dessert - Dessin (L’art du) - Dévouement - Diamant - Dictionnaire - Dictionnaire de rimes - Dieu - Dilettante - Diligences - Diplôme - Directoire (Le) - Dîner - Démosthène - Défaite - Diderot - Diogène - Divorce - Djin - Diplomatie - Dissection - Dix (Le Conseil des) - Doctrinaires - Docteur - Doge - Dolmen - Dôme - Dominos - Dompteurs de bêtes féroces - Donjon - Douane - Douleur - Doute - Drapeau (national) - Droit (Le) - Dupe - Duel - Dortoirs - Dos - Devoirs - Dormir (Trop) -  

 

 E -  - Économie - Économie politique - Échafaud - Écharpe - Écho - Eau - Éclectisme - Échecs (Jeu des) - Écoles - Écrit, bien écrit - Écriture - Éléphants - Élections - Émail - Embonpoint - Émigrés - Émir - Encrier - Encyclopédie - Engelure - Énigme - Enfants - Enthousiasme - Entr’acte - Envergure - Épacte, nombre d’or, lettre dominicale - Épargne (Caisse d’) - Épée - Éperons - Épiciers - Épicure - Épuisement - Époque (la nôtre) - Équitation - Érection - Escrime - Escroc - Esplanade - Estomac - Étagère - Éternuement - Étoile - Étrennes - Étalon - Étymologie - Enterrement - Enceinte - Eunuque - Été - Étranger - Étrusque - Exposition - Extirper - Exécutions capitales - Enterrement - Égoïsme - Exercice - Érudition - 

 

 F -  - Foulard - Foule - Fourrure - Français - Fresque - Fromage - Franc-Maçonnerie - Frontispice - Fornarina - Fortune - Fœtus - Fonds secrets - Fonctionnaire - Forçats - Fossiles - Fourmis - Fugue - Fabrique - Facture - Faisceaux - Fard - Faisan - Faux râteliers - Faux monnayeurs - Faute - Femme - Féodalité - Feuilletons - Flamant - Feu - Fièvre - Figaro (Le mariage de) - Filles - Femmes de chambre - Fermier - Fondement - Front - Fricassée - Fruste - Friser, frisure - Fulminer - Foudres du Vatican - Fusil - Fusiller - Fusion des branches royales - Francs-tireurs - Froid -  

 

 G -  - Gagne-petit - Galets - Galbe - Gamin - Gares de chemin de fer - Garnison de jeune homme - Gauchers - Gendarmes - Génération spontanée - Genovéfain - Gentilhomme - Génie (Le) - Genre épistolaire - Giaour - Giberne - Gibelotte - Gibier - Girondins - Glaces - Glèbe (La)) - Gloire - Gobelins (Tapisseries des) - Gomme élastique - Gothique - Gras - Grammaire - Grêlé - Grenier - Grog - Guérilla - Grenouille - Grottes à stalactites - Gulf-Stream - Gymnastique - Gymnase (Le) - God Save the King - Groupe -  

 

 H -  - Habit noir - Haleine - Hamac - Hameau - Hannetons - Haquenée - Haras (La question des) - Harengs - Harpe - Heiduque - Hélice - Hébreu - Hémorroïdes - Henri III et Henri IV - Hippocrate - Hémicycle - Hermaphrodite - Hiatus - Hiéroglyphes - Hiver - Hobereaux de campagne - Horizons - Hôtels - Huile d’olive - Hydre (de l’anarchie) - Hydrothérapie - Hypothèque - Hystérie - Hugo (Victor) - Humeur - Humidité - Huîtres - Hernie - Hospodar - Homère -  

 

 I -  - Idéologue - Idéal - Idolâtres - Illusions - Immoralité - Ilotes - Images - Imbécilles (sic) - Imbroglio - Impératrices - Imperméable (Un) - Impérialistes - Impie - Importation - Imprimerie - Inauguration - Imagination - Incendie - Incognito - Indolence - Industrie - Infanticide - Infinitésimal - Ingénieur - Innées (idées) - Innocence - Innovation - Inscription - Inquisition - Institut (L’) - Institutrices - Inhumation - Intégrité - Intrigue - Introduction - Italie - Inspiration (poétique) - Illisible - Instruction - Inventeurs - Ivoire - Italiens - Inondés -  

 

 J -  - Jalousie - Jambage (Droit de) - Jansénisme - Jardin anglais - Javelot - Jockey - Jouets - Jouissance - Journaux - Jambon - Jeune homme - Jésuites - Jeu - Jarnac (Coup de) - Jujube - Justice - Jockey-Club –

 

 K -  - Keepsake - Kiosque - Knout - Kroan –

 

 L -  - Laboratoire - Laboureurs - Lac - Laconisme - Lacustre (Les villes) - Lagune - Lancelle - Lait - Langouste - Langues vivantes - Latin - Lion - Léthargies - Libelle - Liberté - Libertinage - Libre échange - Lièvre - Littré - Ligueurs - Lilas - Littérature - Linge - Lord - Lorgnon - Lune - Luxe - Lynx - Livre -  -

 

 M -  - Macadam - Machiavélisme - Machiavel - Malthus - Magie - Maire de village - Magnétisme - Magistrature - Major - Malade - Mal de mer - Maladie de nerfs - Malédiction - Mamelucks - Mandoline - Martyrs - Masque - Matelas - Matinal - Mazarinades - Mécanique - Médaille - Médecine - Mélancolie - Mélodrames - Mémoire - Ménage - Mendicité - Melon - Mer - Message - Métamorphose - Métallurgie - Métaphores - Métaphysique - Méthode - Mercure - Ministre - Missionnaires - Mobilier - Mosaïques - Monstres - Mouchards - Moutarde - Moulin - Montre - Moustique - Mythe - Musique - Musicien - Musée - Minuit - Marseillais - Mathématiques - Méridionaux (Les) - Midi (Cuisine du) -  -

 

 N -  - Navire - Nectar - Nègres - Négresses - Néologisme - Noblesse - Nœud gordien - Nerveux - Numismatique - Normands - Notaires - Nation –

 

 O -  - Oasis - Obus - Octroi - Odalisque - Odéon - Odeur (des pieds) - Oméga - Opéra (Coulisses de l’) - Optimiste - Oraison - Orchestre - Ordre (L’) - Oreiller - Orgue - Orientaliste - Original - Orthographe - Ouvrier - Omnibus - Offenbach - Orchite - Ours - Œuf - Oiseau –

 

 P -  - Pain - Palladium - Palmyre - Palmier - Parents - Pauvres - Paysages (de peintres) - Pédérastie - Pédantisme - Pérou - Peur - Phaéton - Phénix - Philosophie - Penser - Piano - Pipe - Pitié - Place - Poésie (La) - Poète - Police - Ponsard - Popilius - Pourpre - Pradon - Pratique - Prise de tabac - Portefeuille - Paraphe - Paradoxe - Paganini - Priapisme - Principes - Progrès - Prose - Pudeur - Pucelle - Pyramide - Philippe d’Orléans-Égalité - Peinture sur verre - Portrait - Peigne (?) polonaise - Prêtres - Punch -  -

 

 Q -  - Quadrature du cercle -  -

 

 R -  - Reconnaissance - Rince-bouche - Rime - Robe - Richesse - Racine - Romans - Romances - Ronsard - Rousseau - Ruines - Républicains - Religion (La) - Radicalisme - Rousse - Rate -  -

 

 S -  - Stuart (Marie) - Salon (Faire le) - Saphique et Adonique (Vers) - Sabots - Santé - Société - Satrape - Soupers de la Régence - Saturnales - Scudéry - Serpent - Site - Séville - Service - Saigner - Sainte-Beuve - Sainte-Hélène - Sabre - Savants - Sénèque - Somnambule - Saint-Barthélemy - Soupir - Spiritualisme - Stoïcisme - Suffrage universel - Suicide - Sybarites - Syphilis -  -

 

 T -  - Tabac - Toilette des dames - Transpiration des pieds - Talleyrand (Le prince de) - Tolérance (Une maison de) - Temps - Thème - Tour - Touriste –

 

 U -  - Ukase - Université –

 

 V -  - Vins - Vaccine - Valse - Vizir - Vente - Voltaire - Vieillard - Veillée - Voisins - Velours - Voyage - Voitures –

 

 W -  - Wagner –

 

 Y -  - Yvetot - 

Publicité
9 avril 2024

Dictionnaire des idées reçues. Lettre D (1) / Jean-Paul

 

 


Daguerréotype : Le Daguerréotype n’a rien à voir avec le type qui a connu Agnès Varda à l’époque où elle habitait naguère la rue Daguerre. C’est bien plus vieux que cela. Ça date d’avant la guerre. C’est le nom des premières photographies, celle que l’on prenait en demandant aux gens de garder la pose un assez long temps sans bouger, comme pour Cléo de 5 à 7.
 

Damas : De nos jours plus personne n’emprunte le chemin de Damas. Faut dire que ça fait bien dix ans qu’il y a la guerre là-bas.
 

Dauphin (1) : Comme nous n’avons plus de roi, nous n’avons plus de dauphin. C’est vrai que, à la place, nous avons Jupiter mais lui qui nous donne des leçons de réarmement démographique a bien pris soin de ne pas faire de mômes !
 

Dauphine : Comme nous n’avons plus de reine, nous n’avons plus de dauphine. Même chez Renault ils n’en font plus. Pourtant elle avait de jolies rondeurs, cette voiture. Un peu comme Laure Manaudou qui est maintenant, dans sa cuisine, la championne des pommes Dauphine !
 

 

Dauphin (2) : A ce poisson intelligent on a toujours préféré pour la décorations des flippers la pin-up un peu bête dont les seins proéminent et le fessier poudroie.
 

Débauche (1) : Autrefois sur la toile elle était toujours de couleurs, la débauche. Maintenant, sur la toile, elle est bien souvent de fake-news (défèque-niouzes en bon français), la débauche.
 

Débauche (2) : Encore une histoire de pluriel irrégulier : un Allemand, débauche.
 

Décoration : Depuis que la décoration de la Légion d’honneur est un fac-simile de la pierre de Rosette en résine synthétique et en grandeur nature, plus personne ne veut être fait chevalier de cet ordre ! Ah non. Je confonds. C’est depuis qu’on s’est rendu compte qu’on l’avait donnée à Gérard Depardieu, Roman Polanski et Harvey Weinstein !
 

Décor de théâtre : Plus besoin ! On joue maintenant toutes les pièces sur un plateau vide. Plus besoin de costumes non plus :Tartuffe est transposé au XXIe siècle et tous les acteurs sont à poil.
 

Dent : Si les tiennes ne rayent pas le parquet, tu ne posséderas pas une Rolex à cinquante ans et donc tu auras raté ta vie.
 

Descartes : Ce philosophe adore nous emmener dans la cuisine pour qu’on y fasse semblant de connaître le latin : tout le monde connaît son « cogito ergo sum » qu’il faut traduire par « L’Empereur Hiro-Hito monte sur ses ergots quand il sort de son somme ».
 

Décorum (1) : Rime riche à « péplum », surtout dans le Cléopâtre de Joseph L. Mankiewicz (1963)
 

Décorum (2) : Faux ami car c’est généralement sans décorum qu’on périt en prononçant les mots « Dulce et decorum est pro patria mori ».
 

Déicide : Mot qui ne sert plus à rien pour deux raisons :

1) Friedrich Nietzsche a décrété que Dieu est mort et Georges Brassens a chanté que les morts sont tous des braves types. On ne va pas aller en rajouter derrière, non ?

2) Aujourd’hui encore nous sommes plongés dans de multiples guerres de religions et personne n’écoute plus Renaud Séchan quand il chante « Tuez vos dieux à tout jamais Sous aucune croix l’amour ne se plaît ».

9 avril 2024

Dictionnaire des idées reçues. Lettre D (2) / Jean-Paul

 


Démêloir : En matière de système pileux il est recommandé de lire le dictionnaire en commençant par la fin. On débute par tignasse, tif , Sanson, raie, peigne, Luchini, chevelure et on termine par chauve qui peut, calvitie et boule à zéro.
 

Député : On est très souvent dépité par ce que peuvent inventer les députés. Et souvent on se dit que ces braves gens sont tellement malades dans leur tête qu’ils devraient garder la chambre.
 

Désert : La planète est tellement outrée et scandalisée par le traitement que les homme font subir à la nature que parfois, en Mongolie, le désert dégobille.
 

Dessert (1) : Il est le dernier traditionaliste qui accepte de danser la farandole.
 

Dessert (2) : Il n’existe pas de carmagnole des desserts.
 

Dessert (3) : Si tu en as repris trois fois, du dessert, desserre… ta ceinture !
 

Diamant : C’est le meilleur ami de la femme mais moi je me méfie beaucoup des amis de ma femme (surtout de celles qui sont homosexuelles !).


Diligence : Finalement elles seraient peut-être bien plus rapides qu’un train Ouigo annulé !

Dévouement : Animer un atelier d’écriture pendant vingt ans, est-ce du dévouement ? Du masochisme ? De la perversité ? Je vais en parler à mon cheval, c’est un animal très dévoué qui a le téléphone sous la queue.


Dictionnaire : A cheval donné, on ne compte pas les dents. A dictionnaire des idées reçues non plus bien qu’il ne manque jamais de mordant si c’est Flaubert qui l’a conçu.


Dictionnaire de rimes : Ne sert plus qu’aux pondeurs de rap.


Dieu : Paraîtrait qu’il est mort d’après Madame Nietzsche, la concierge du n° 2 qui épluche tous les jours la page obsèques du journal « Ouest-France ».


Dilettante : Quelquefois, comme dans l’histoire du cigare de Freud qui est juste un cigare, la dilettante n’est que l’épouse du diletoncle.

 

9 avril 2024

Dictionnaire / Anne J.

 

WAGNER : Musicien tonitruant adoré par certains Allemands peu fréquentables. Il a donné des idées de décoration extravagantes à son ami Louis. Un dictateur fou et sanguinaire l’affectionnait.

 

JALOUSIE : Petit entrebâillement au travers duquel on découvre qu’on n’est plus le-la préféré (e ). On peut y glisser un fusil pour tuer son-sa rival(e).

 

JANSÉNISTES : Corbeaux accusateurs décidant du sort des hommes et des femmes de leur époque en accordant ou pas une grâce divine dont ils se croient propriétaires. 

 

JÉSUITES : Ennemis des précédents. Ils passent leur vie à choisir de ne pas choisir le meilleur choix à moins que ça ne soit l’inverse en se posant 5000 questions par jour. Ce sont les aficionados d’un certain Ignace. 

 

 

JABADAO : Danse bretonne faite de rondes et de figures, honnies par les jésuites et les jansénistes pour une fois d’accord en raison du caractère dépravé de cette activité. Danser la jabadao est un équivalent de « courir la gueuse ou la galipotte » comme on dit au Québec. 

 

 

JARDIN ANGLAIS : Par opposition au jardin français, nature à l’état brut ou presque. Se dit d’un jardin où le propriétaire n’en fait pas lourd. 

 

JOURNAUX : Au singulier Journal. Terme ancien désignant un moyen d’information, désormais obsolète, remplacé par réseaux sociaux, Tik tok, Instagram etc … Ramassis de nouvelles plus ou moins vraies et toujours mauvaises. Sert désormais à allumer le poêle ou à bourrer les chaussures mouillées. 

 

JARNAC : Village du Sud-Ouest de la France où l’on fait des coups tordus. 

 

JOCKEY : Petit jeune homme changeant souvent de casquette, gagnant sa vie en martyrisant un animal qui ne lui a rien fait et se nourrissant exclusivement de fromage blanc à 0 %. Un disque jockey est un homme jeune qui mange des disques en boite (de conserve).

 

JUSTICE : Principe selon lequel le puissant essaie de berner le faible avec l’aide de règlements qu’il a faits lui-même et qu il prétend justes. Écraser sous sa botte la tête ou autre chose d’un plus faible que soi est une façon de rendre justice. La preuve que c’est un pouvoir est contenue dans les mots que l’on utilise : palais de justice, officiers de justice, huissiers de justice, décrets de justices, ça ne fait pas rêver et parle plutôt d’injustice. 

 

JEUX : Activité à laquelle on s’adonne à tous les âges de la vie mais de préférence au début et à la fin ; activité qui peut être répréhensible : jeux d’argent, jeux de hasard, jeux de mains, jeux de vilains voire jeu de dames ou jeu d’échecs ou jeux interdits. « Jeux interdits » est un air de guitare que le mauvais guitariste amoureux utilise pour séduire sa belle.

 

 

 

JUBÉ : Grillage parfois très décoré , emprisonnant les miasmes de la religion et les rites pour que l’on ne comprenne pas. Le jubé de la chapelle de Kerfons à Ploubezre est remarquable.

 

 

2 avril 2024

Mes maisons / Anne J.

 

 

La vieille dame habitait là, au 3ème étage, la fenêtre la plus proche du cinéma, presque sous les combles. Elle entendait la musique du petit mineur qui rythme les publicités et les ritournelles des publicités locales et, elle pouvait vous le dire, ça ne changeait pas souvent ! Elle savait, au brouhaha, si le film avait ou pas du succès. Si c'était un triomphe, elle entendait les applaudissements des spectateurs ravis et s'en réjouissait. Ses vieilles jambes ne lui permettaient plus de descendre l'escalier pour rejoindre la salle obscure et à défaut des images qui lui manquaient tant, il ne lui restait plus qu'à imaginer, à partir des bruits des musiques et de l'affiche qu'elle apercevait de sa chambre, le scénario. Comme elle avait beaucoup lu et vu de nombreux films, elle avait toute la matière nécessaire et cela meublait ses longues soirées solitaires.

 

C’était, comme elle le disait volontiers avec humour, son avant-dernière demeure !

 

Elle en avait connu, des maisons, des appartements, des chaumières, des châteaux et des cabanes au gré des aléas de la vie !

 

***

 

La vieille dame s’approcha du grand buffet qu’elle avait hérité de ses parents et ouvrit un des grands tiroirs. On y trouvait un grand nombre de clés de toutes les tailles et de tous les genres. Elle les avait gardées en souvenir alors qu’elle ne fermait à peu près jamais sa porte à clé. Mais c’étaient les clés de toutes les maisons qu’elle avait connues et elle avait fait mine d’oublier de les rendre. Chacune portait une petite étiquette de plastique qui indiquait leur provenance et leur usage. Il  y avait celle de la maison de ses parents, un vieil appartement rennais trop bruyant donnant sur un carrefour ; il y avait celle de son premier logement indépendant en colocation où elle dormait sur un matelas posé a terre et où la voisine martelait le sol avec ses talons à 4 h du matin. Et celle-ci qui ouvrait la porte du 2ème appartement où elle avait vécu seule avec pour voisin un type qui jouait du clairon. Cette petite clé de sécurité était celle de l’appartement qui donnait sur la cour du lycée et cette autre-là celle de l’appartement en rez-de-jardin. 

 

Et il y en avait encore tant d’autres que les souvenirs se brouillaient un peu. Mais cette grande là avec sa ficelle rouge enchantait encore son âme rien qu’à la regarder : celle de ce logis qui ressemblait à un château que lui avait prêté, pour un bel été, une amie partie en voyage. 

 

 

Dans cette demeure datant de l’époque des premiers bains de mer, elle habitait la chambre au premier plan, celle qui a le balcon qui donne sur la plage et d’où elle voyait la mer de jour comme de nuit, une magnifique pièce baignée de soleil le soir avec la petite brise et le bruit de la mer.

 

Un soir elle avait joué à être la reine d’Angleterre ou le pape, agitant la main pour saluer les passants en bas sur la jetée. Et sur ce balcon, elle avait échangé un long baiser langoureux avec un Roméo de passage. Rassurez-vous, il n’avait pas chanté d’aubade et n’avait pas escaladé le balcon, il avait simplement pris l’escalier en franchissant la porte à droite.

 


Tout au fond du tiroir, la vieille dame dénicha trois petites clés oubliées : la plus petite était celle de sa tirelire cochon rose qu’elle avait eu pour ses 5 ans. La tirelire était cassée depuis longtemps. La deuxième était celle du cadenas de son vélo, lui aussi disparu, il y a des lustres. La dernière était une clef pour ouvrir les anciennes boites de sardines, vous savez avant l’époque de la satané tirette qui casse tout le temps, obligeant a finir à l’ouvre boites. Une clef avec une fente où on coinçait une languette qui s’enroulait au fur et à mesure de l’ouverture.


- Je crois bien qu’elle provient de ce château de la Belle au bois dormant au bord de la mer. Mais qui s’en souvient encore ? se dit la vieille dame en fermant le tiroir.

16 avril 2024

Consigne d'écriture 2324-26 du 16 avril 2024 : Paronomase

 

 

Paronomase
 

 

C’est le rapprochement de deux mots dont le son est à peu près semblable mais dont le sens est différent.

Exemples : 
Tu parles, Charles – Lingère légère – Un halo de haletante haleine – Il pleure dans mon coeur comme il pleut sur la ville – Bizarre, beaux-arts, baiser – Mouton moutarde – Paveur, pavé, pavot.

 

1) A partir du texte ci-dessous cherchez des mots qui ont une sonorité proche et qui pourraient les remplacer.

Par exemple :

Dragon : dragonne, droguiste, dragueur, drag-queen, drogué, gardon.

Mouton : mouflon, moutard, mouture, moustique, mousqueton, bouton, croûton.

 

2) Avec tout ce vocabulaire écrivez un texte qui raconte l’histoire de Saint-Georges de manière complètement surréaliste ; ou sinon, toujours avec ces mots, écrivez un texte qui illustre une des deux images ci-dessous.


"Georges de Lydda naît en Cappadoce, dans une famille chrétienne. Militaire, il devient officier dans l'armée romaine ; il est élevé par l'empereur Dioclétien
aux premiers grades de l'armée.

Un jour il traverse la ville de Silène dans la province romaine de Libye, sur son cheval blanc. La cité est terrorisée par un redoutable dragon qui dévore tous les animaux de la contrée et exige des habitants un tribut quotidien de deux jeunes gens tirés au sort. Georges arrive le jour où le sort tombe sur la fille du roi, au moment où celle-ci va être victime du monstre. Georges engage avec le dragon un combat acharné ; avec l'aide du Christ, et après un signe de croix, il le transperce de sa lance. La princesse est délivrée et le dragon la suit comme un chien fidèle jusqu'à la cité. Les habitants de la ville ayant accepté de se convertir au christianisme et de recevoir le baptême, Georges tue le dragon d'un coup de cimeterre, car il les effrayait toujours, puis le cadavre de la bête est traîné hors des murs de la ville, tiré par quatre bœufs."

 

 

 

 

Il s'agit de deux représentations de Sainte Marie-Madeleine chevauchant la bête de l'Apocalypse. La première nous a été aimablement fournie par Dame Adrienne qui a photographié ce haut-relief en l'église Saint-Gervais-Saint-Protais de Gisors (Eure). Le tableau, lui, serait dû à un peintre du Cercle d'Anthuenis Claeissins (16e siècle).

24 septembre 2024

Chant du cygne de la pantoufle rose / Anne J.

 

Détail du tableau "La Chute des anges rebelles" / de Hieronymus Bosch

 

Je mets les voiles !

Je n'en peux plus !

J'ai vu assez de pieds dans toute ma vie,

des grands, des petits,

des plats, des creux,

des soignés, des puants

des beaux et des moins beaux.

 

Née d'une main d'artiste

avec ma semelle blanche et ma forme rose

j’aurais pu chausser une princesse,

être le soulier de vair de la belle au bois dormant,

couvrir les griffes de la panthère rose

ou fouler le palais du grand mufti

mais hélas

j’étais captive au Moulin rouge

où je chaussais la dame qui tient la caisse

et souffre de terribles cors aux pieds.

 

 

Dans mon grand âge je fus donnée

chez Emmaüs

et tins au chaud les pieds d'une pauvre vieille.

 

 

Jetée à la rue, par la fenêtre , un soir de cuite,

j'ai servi de logis à une famille de souris.

Le peintre m'a trouvée dans un tas de rebuts

et posée sur un pupitre où je servis de modèle

pour ce tableau devant lequel vous vous pâmez,

enfin promue pour

L'ÉTERNITÉ

 

 

16 décembre 2025

Le Crash test de pédalos à Ostende / Adrienne

 

Quand vous êtes sur place, vous comprenez tout de suite pourquoi Louis et Maria, qui avaient déjà un commerce florissant dans les années 1930, ont véritablement fait fortune dès l’après-guerre.

 

Ce n’est pas Louis qui vous aurait répondu « Je pense que ça va pas être possible ».

 

Dans son atelier, qui était du genre « ça peut toujours servir », il vous faisait un cuistax neuf avec un vieux ou vous fabriquait un vélo qui survivait aux pires traitements que certains touristes essayaient de lui infliger.

 

Alors quand son fils lui a parlé de pédalos, il n’a pas dit non tout de suite.

Il a fait quelques essais.

Testé la stabilité en mer.

La résistance au contact avec le sable, même brutal.

 

 

 

Mais c’est son cœur d’Ostendais qui a eu le dernier mot : Non, le pédalo, c’est bon pour les eaux lisses d’un lac.

 

– Si tu veux louer des pédalos aux touristes, dit-il à son fils, demande l’autorisation d’installer une baraquette avec un ponton sur les étangs et les lacs du Bosje.

 

Quand vous voyez la réaction du fils, vous comprenez tout de suite pourquoi Louis et Maria, qui avaient déjà un commerce florissant dans les années 1930 et ont véritablement fait fortune dès l’après-guerre, ont vu très rapidement péricliter leur affaire après avoir pris leur retraite et laissé les rênes entre les mains du fils.

2 avril 2024

Balance ton port ! / Jean-Paul

 

 

 

Ce que la Vilaine charrie, elle l’embarque en douceur vers Redon et, de là, vers l’océan Atlantique. Son débit est si lent qu’elle prend ici et là des allures de fleuve serein mais dans sa traversée de Rennes celui-ci n’a jamais rien de majestueux.

 

C’est sans doute à cause de tous ces cochons qui s’en viennent à la nuit tombée tracer des lettres, des tags, des graffs et même dessiner des cochons sur les murs qui bordent le halage ou les petits chemins de la rive droite.

 

Ici me voilà pris d’un doute, comme l’est le boxeur avant de monter sur le ring. Cela ressemble au paysage que l’on peut voir derrière chez moi, entre le stade de la route de Lorient et le viaduc qui permet aux trains de rejoindre Saint-Malo.

 

Mais cela peut être aussi un paysage des bords de l’Ille, un morceau du canal vers le cimetière du Nord. Ce sont les garages qui me désarçonnent mais c’est bien que tu m’emmènes dans ce coin-là, petit cochonou, parce que c’est par là qu’on trouve, à Rennes, la Maison de la Poésie.

 

 

J’avais justement très envie d’y revenir à celle-là, de chausser les gants à boxer la langue pour donner dans le percussif, dans le monosyllabe. Vous allez d’autant moins y couper que je le connais bien le boxeur de la rue de Paris et je sais que l’artisan peintre dont on voit l’enseigne s’appelle… Guillotin !

 

 

Alors du coup, Deus ex machina, j’envoie mon droit :

 

Il peut

Faire un feu

De joie

Celui à qui Dieu

A donné la foi

dans son jeu.

 

Il peut

Dire nous,

Se croire le roi,

Celui qui est fou

Et n’a pas les foies

Sur sa frêle nef

Même par grand zeph’ !

 

Un morceau de bois

Jamais ne se noie,

Encore moins

S’il provient

De la vraie croix.

 

A toujours jouer

Ne risque jamais

Les vilains stigmates

De l’échec et mat

Celui qui canote

Au fil de la flotte,

Au long des noyers,

Des saules pleureurs

Et pois de senteur.

 

A dérive-esquive,

A bourrre-pif-esquif,

A entrave-étrave,

A dépave-épave,

A sautille-godille,

A gamberge-berge,

A saute-asticote,

A tourne-bourriche,

A pousse-bouchon,

A marche-sur-l’eau,

Quel amusement

C’est, pour le joueur,

De tournebouler

Le vocabulaire !

 

De laisser coi

Celui qui oit

Son jeu de iambes

Et s’étonne

Que ce poids léger

Fasse rimer

« Heinrich Heine »

Avec « punchline » !

 

 

Quand le combat s’engage

Contre les vieux adages

Faut-il mettre des gants

Pour lui rentrer dedans,

Au langage ?

 

Convient-il que le barde

Se tiennent sur ses gardes

Dans sa barge

S’il l’est,

Barje ?

 

Peut-il répondre aux coups

Du sort

A coups de haïkus

Ou, pire encore,

Se dire ou faire sonnet

Quand quelque chose cloche

Sous le chapeau de même forme

De la flapper

Et qu’il voit dans le ciel

Des étoiles qui approchent

Du cimetière Saint-Michel

De Venise

Ville exquise

Ou termina knock-out

Au dernier round

Ezra Pound ?

 

Par ma foi moi je crois

Que le poète peut tout

Tant qu’il n’a pas, salle Wagram,

Les bras en croix,

Tant qu’il surfe sur le vague à l’âme

Et qu’il s’abrite en disant « Nous »

De tous les tours de cochonou

Qui nous attendent pourtant

Sur le grand ring du Temps

 

Ou, quand finit la rixe,

Sur le grand fleuve Styx.

2 avril 2024

Consigne d'écriture 2324-24 du 2 avril 2024 : Sub/objectif n° 3

 

Sub/Objectif n° 3

 

Sub/objectif est une revue de photographie de l'Université de Rennes dans laquelle on publie des photos argentiques, essentiellement en noir et blanc. Nous avons ôté les agrafes centrales de ce portfolio. Pour les besoins de l'édition les photos se sont trouvées associées deux par deux sur une feuille 21 x 29,7 cm au format paysage. Le hasard fait donc voisiner "Instant de victoire" et "Ogres", Lisamé H. et Tristan B.

 

Le hasard ? Un simple voisinage ? Peut-être, mais vous qui êtes le "Deus ex machina" ou une écrivante imaginative ce jour, vous allez nous raconter le lien qui existe entre ces deux photos, ce qui se passe entre les deux. Rédigez un récit qui sera inspiré et illustré par ces deux photos. 

 

Cliquez sur l'image pour l'agrandir

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

9 décembre 2025

Écrire comme Delerm / La Licorne

 

Au nord de soi

 

Parfois, la vie est belle...on est au soleil, dans la chaleur de la vie, dans la chaleur des autres. On rit, on chante, on se donne des rendez-vous. Avec un chat, un arbre, un voisin. Avec soi aussi. Avec un livre au coin du feu. Avec un bout de ciel et deux nuages qui passent. Parfois, tout est fluide, tout coule naturellement et joyeusement. On ne se pose pas de question.

 

Et puis, parfois, on bute. On s'accroche. Dans les ronces de la vie. Dans un contre-temps, un incident, une broutille. Ou dans un malentendu, une dispute, une trahison qu'on n'attendait pas. Le ciel se couvre, la neige tombe sur nos espoirs fanés et l'hiver s'étend. 

 

Glacial. Inhospitalier. 

 

Parfois, on est au nord de soi.

 

 

Vivant par défaut

 

Pourquoi se lever ? On est tellement bien dans la tiédeur des draps. Quand on devine la lueur du jour à travers les fentes des volets, que tout est calme et que le réveil n'a pas encore sonné.  Quand on profite des dernières minutes d'une nuit insouciante. Quand on a encore de la brume dans le cerveau et des rêves effilochés au bord des cils.

 

Pourquoi se lever ? On sait ce qui nous attend : la douche, le métro, les collègues, le stress...et ce combat sans fin pour survivre dans la jungle moderne.

 

Pourquoi se lever ? Alors que c'est quand on dort qu'on vit le plus intensément. On vit dans la merveille. Dans le champ de tous les possibles. On admire, on frémit, on court, on vole...

 

Au réveil, on se sent "vivant par défaut".  

 

 

Je veux redoubler

 

Dans l'enfance, on tremble tous à l'idée de redoubler. Refaire une année encore...la même chose : retraverser les mêmes leçons, les mêmes exercices...La perspective du redoublement est un cauchemar.

 

Et puis, on grandit, on devient adulte, on devient vieux...et là, tout à coup, à l'orée du grand départ...on est pris d'une idée folle : 

 

"Grand Dieu, c'est passé si vite... S'il vous plaît, je ne pourrais pas redoubler ?".

 

  

Deuxième vie 

 

Imaginez. On ferait une deuxième vie...comme on fait une deuxième année scolaire : on se souviendrait de la précédente et on s'appliquerait. On se dirait : "Tiens, ça, ce n'est pas si difficile, la vie, finalement." .

 

On se sentirait plus grand, plus sûr de soi... On roulerait les mécaniques devant ceux qui ne connaissent pas les codes, qui expérimentent les choses pour la première fois. On râlerait un peu, aussi, juste ce qu'il faut...

 

Ce serait plus facile, plus prévisible en tout cas...Alors on savourerait un peu plus les récrés, les bons moments, les amis et on referait des erreurs, bien sûr, mais pas les mêmes. Oui, ce serait bien, une deuxième vie. 

 

16 décembre 2025

Tenue de camouflage / Anne J.

 

 

- Qu'est ce que tu veux comme cadeau à Noël ?

 

- Une tenue de camouflage d'intérieur, quelque chose pour disparaître, pour me rendre invisible pendant trois semaines ou un mois ! Je ne suis plus là pour personne, vous ne m'avez pas vue, je reste dans mon trou et n'en ressortirai que quand tout ce bazar sera terminé ! Au printemps par exemple quand les jours auront rallongé d'une heure et que toutes les décorations auront rejoint leurs boites au placard ! Une tenue de camouflage d'intérieur ou mieux encore une cape d'invisibilité, ça peut toujours servir !

 

- Et tu penses qu'on n'achète ça au supermarché du coin ?

 

- Je ne sais pas, j'y vais le moins possible, surtout en cette saison. Ça joue « Petit papa Noël » en boucle, il y a des bûches et du foie gras à tous les bouts de rayons ; les caissières ont des bois de rennes qui clignotent sur la tête et les gens errent hébétés entre les gondoles. Tu es sur place, demande leur, quelqu’un aura bien une idée, moi j 'ai du travail à la maison avec mes invités du réveillon.

  •  

- Mais tu fais quand même un réveillon ?

 

- Difficile de faire autrement, sauf à passer pour une misanthrope incurable ! Je sacrifie à la tradition mais franchement ! Trop manger avant de dormir, c'est la nuit blanche assurée !

 

***

 

De retour du supermarché, mon correspondant me montre trois photos prises sur son téléphone.

 

- Qu'est ce que t'en dis ?

 

- Où est ce que tu as déniché ça ? La tenue verte avec des fougères est classe ! Mais pas sûr que je vais passer inaperçue avec ça, on dirait un costume de l'Armée Rouge revisité ! Au moins c'est assez confortable parce que les deux autres !

 

- Ben quoi ?

 

- La beige on dirait la secrétaire de mon cabinet d'assurances, bon chic bon genre, sexy , vieille classe et rombière a souhait ! Ça fait film des années 50 avec Gabin ou Hitchcock ou dame patronnesse, on en voit encore des vraies, parfois, comme ça

 

- Et l'autre ?

 

- Pareil, années 60, bien sous tous rapports ! Mais essaie de courir après le gars qui t'a piqué ton sac avec une jupe comme ça, t'es sûre de te tordre le pied avec tes escarpins car pas de Docs ni de Nike avec ce genre de tenue !

 

- Donc tu choisi la verte ?

 

- S'il faut choisir, oui, avec le chapeau trop mignon mais non j'ai une autre idée.

 

- Quoi ?

 

- Je me déguise en père Noël bien sûr ! Y en a partout ! Avec la barbe, le bonnet, les bottes blanches et la hotte je passerai inaperçue, y en a partout !

 

- Mmm...

 

- Sinon t'as pas une tenue de taupe ou de ver de terre ou d'ours polaire ? Sous terre ou en hibernation, c'est parfait.

 

- Et ?

 

- "Ciao", avec une pancarte sur la porte : «  De retour au printemps !».

 

 

16 décembre 2025

Les Bains lacrymaux / Lili

 

 

À Kerboulic, il était bien connu que les villageois pleuraient sans cesse. La moindre nouvelle, qu’elle fût bonne ou mauvaise, entraînait des pleurs qu’on ne savait arrêter. C’est ainsi que se posa la question de l’évacuation de cette immense quantité de larmes qui se déversait dans les canalisations et pouvait entraîner des inondations dans les bas-quartiers.

 

L’idée vint au maire qu’il fallait construire au plus vite des bains lacrymaux publics afin de mettre cette source liquide au service de tous. L’eau filtrée, dessalée et parfumée à l’eau de rose, devrait ainsi améliorer la qualité de l’hygiène collective. Le conseil municipal se réunit.

 

Un opposant prit la parole :

 

- Monsieur le maire, vous n’êtes pas raisonnable ! Nous n’avons pas le budget nécessaire pour nous lancer dans de tels travaux !

 

À cette déclaration, tout le monde se mit à pleurer, la salle du conseil se chargea en humidité, certains furent pris d’une quinte de toux. Prudemment, tout en reniflant, un autre administré posa une question sur l’origine de ces effusions permanentes :

 

- Mais pourquoi toutes ces larmes ? Ici, est-ce bien normal ? Quel désespoir permanent nous affecte ? Comment arrêter cette malédiction ?

 

Dans la salle, les pleurs devinrent sanglots, les sanglots des spasmes, les spasmes des crises aiguës de lacrimopathie.

 

La question était d’un grand intérêt mais il aurait fallu du temps pour la traiter et le temps était compté. Le maire annonça donc que ça n’allait pas être possible vu l’urgence de la situation. Les pleurs et lamentations allaient redoubler quand le facteur prit la parole :

 

- Il y aurait peut-être une solution, dit-il. En passant devant la propriété des Récamier, j’ai aperçu la comtesse installée dans une baignoire au milieu de la pelouse. Elle lisait la tête penchée sur le côté, son visage était serein, elle semblait laisser tomber une larme de temps en temps et semblait heureuse. J’ai pensé qu’on pourrait s’inspirer de cette pratique pour doter Kerboulic de bains lacrymaux privés dans un espace public. Chacun à coup sûr y gagnerait en sérénité.

 

À l’idée de cette merveilleuse proposition, quelques-uns pleurèrent deux fois plus mais l’espoir d’une solution rapide l’emporta. On rangea les mouchoirs et l’on cogita. Des calculs s’en suivirent : combien pouvait-on mettre de baignoires de 1,80 m. de long sur 70 cm de large sur la place de la Mairie ? Comment les rendre mobiles en fonction de la position du soleil ? Comment s’assurer que chacun pourrait avoir la lecture de son choix ? On pensa à des boîtes à livres remplies par les citoyens eux-mêmes…

 

Toute proposition fut étudiée et mise en œuvre avec grand soin si bien que Kerboulic fut connu à la ronde pour la modernité de ses installations sanitaires. Un brevet local fut déposé. D’autres villages s’équipèrent de ces bains révolutionnaires. L’argent coula à flot. De brevet local, l’invention fut reconnue au niveau régional puis obtint le prix de « La larme d’Or » au niveau national.

 

Kerboulic avait gagné en sérénité, les larmes se tarirent, les baignoires publiques devinrent privées, les boites à livres furent désertées. Seules traces encore visibles de ce passé, on peut voir dans les champs des baignoires abandonnées où vaches et moutons viennent paisiblement se désaltérer à la belle saison.

16 décembre 2025

La Salle de contrôle du temps perdu / Jean-Paul

 

 

Dans la salle de contrôle du temps perdu on ne s’intéresse pas aux grands écrivains moustachus.

 

S’agissant du petit Marcel (Proust), par exemple, le Grand inquisiteur du gâchis temporel aurait pu lui tomber sur le râble bien des fois.

 

- Monsieur, vous n’êtes pas raisonnable ! Malgré votre faible constitution vous courez les salons où vous jouez la fouine aux aguets, grappillez des saillies, des mots, des attitudes dont vous pensez intimement que « ça peut toujours servir » pour vos écritures et puis, plus tard dans la nuit, vous ramenez du travail à la maison.

 

- Enfin, Monsieur, eût rétorqué Marcel, cela ne regarde que moi ! Je suis libre !

 

- Vous, oui mais elle, la pauvre Céleste Albaret qui doit se tenir éveillée jusqu’à des heures indues pour vous ouvrir la porte, accomplir vos dernières – ou plutôt premières – volontés du jour et surtout écouter votre bavardage pusillanime… Est-ce que ce n’est pas un peu de l’esclavage ?

 

- Mais enfin ? Je la paie ! C’est une domestique ! Qui plus est son dévouement m’est totalement acquis. C’est même en vérité la seule amie que j’ai !

 

- Et les nuits solitaires que passe votre chauffeur, son mari Odilon qui trouve le temps long sans chemise et sans pantalon, y songez-vous seulement ?

 

Il pourrait également lui reprocher de perdre son temps avec ses paperolles soporifiques et de n’avoir jamais eu ne serait-ce qu’un début de geste déplacé envers cette jeune et jolie femme. Quelle décadence ! Le réarmement démographique est bien mal barré avec toute cette prolifération d’homosexuels !

 

Mais ici, tout est normal dans la salle de contrôle des pas perdus. Le grand inquisiteur a d’autres chats à fouetter que tous ces minets à baronnes qui salonnent, plastronnent et fanfaronnent.

 

***

 

D’autres moustachus vont et viennent sur l’écran de contrôle. Mallarmé, Pierre Loti mais ce sont eux aussi de grands oubliés. Aucun pêcheur d’Islande ne se souvient plus aujourd’hui qu’un coup de dés jamais n’abolira le hasard.

 

De toute façon, depuis la mort de Jean Dutourd, il n’y a plus d’écrivain moustachu en France. Ils sont tous imberbes ou avec une barbe de trois jours. Les trois quarts du temps, d’ailleurs, ce sont des autrices et pas une seule femme à barbe dans le tas, même si certaines, avouons-le, nous hérissent le poil.

 

Non, ce qui intéresse vraiment l’inquisiteur aujourd’hui, c’est de faire ce pour quoi il n’est pas payé. Ceux qu’il suit avec passion, ce sont ceux qui ne perdent pas leur temps !

 

- Gilbert Larriaga, vous êtes sur place, à Neuilly-sur-Seine… Pouvez-vous nous dire un mot sur le retour à son domicile de Nicolas Sarkozy après son séjour en prison ?

 

- Tout à fait Thierry ! Carla lui a ouvert la porte et lui à dit « Déjà de retour, chéri ? Tu veux entendre ma nouvelle chanson ? ». Il a répondu « Je ne pense pas que ça va être possible ! Faut que j’appelle mon éditeur pour qu’il publie au plus vite mon journal de prison ! »

 

Et puis, alors que mes caméras s’approchaient plus près, plus près, ils nous ont mis dehors et ont refermé la porte.

 

- Merci Gilbert !

 

Là-dessus le grand inquisiteur a confié la surveillance de l’écran à Chat-Siamois, son assistant chargé du service de nuit et il est allé s’allonger. Dans la salle de contrôle du temps perdu, on ne gaspille pas son énergie dans les trajets domicile-travail. On habite au bureau.

 

Quand le Grand Inquisiteur du Gâchis Ostensible du Temps - son adjoint facétieux l'appelle Legigot ! - a commencé à ronfler, Chat-Siamois a zappé sur sa série préférée. Elle s’appelle « Contaminations » et l’épisode du jour s’intitule « Interpoule est sur les dents » !

 

 

 

9 décembre 2025

Avec son petit matos / Lili

 

 

 

On devine sa haute silhouette de marcheur immobile. Il installe méticuleusement son petit matos rutilant de bimbeloteries. Il a relevé les manches de son boubou comme on hisse la voile d’un bâtiment avant une grande partance.

 

Il plonge ses mains dans une valise aux étiquettes illisibles. En jaillissent des bracelets colorés, des montres en acier, des bagues aux reflets argentés, des chaînes aux lourds maillons, des porte-monnaie au ventre de carton. Il me salue de loin. Je lui fais un signe de la main, toujours le même.

 

Il est 14 heures. Je suis installé à la terrasse du café Le Tourangeois. J’ai ouvert le journal et je laisse couler la première gorgée de bière entre mes lèvres impatientes. Je guette le moment où il vérifiera si son présentoir posé sur des tréteaux métalliques ne boîte pas. Le voilà qui se penche, ouvre les bras, embrasse son étal, tangue légèrement vers la droite.

 

Un pavé, toujours le même, lisse, rond, glissant peut tout faire basculer. Tous les jours, à la même heure, avec une extrême précision, il rééquilibre le centre du monde.

9 décembre 2025

Deuxième vie / Adrienne

P comme parfum

 

Dans le supplément au journal du week-end dernier, on lit attentivement un test comparatif de bougies parfumées, alors qu’on n’a jamais acheté ce genre d’article et moins que jamais l’intention d’en acheter.


On a juste du mal à s’empêcher de lire tout ce qui est chose écrite et ce depuis qu’on a cinq ans et qu’on « lisait » les étiquettes des pots de confiture.


Des bougies, on en a deux pleins tiroirs, des rouges, des blanches, des vertes, des dorées, so christmassy 🙂  mais la carissima nipotina a décidé qu’en faire brûler même une seule était nuisible à son bien-être.


Alors qu’autrefois on fêtait Noël à la seule lueur de leurs petites flammes et qu’on aimait beaucoup ça. 😉


On aime aussi la bonne odeur du café, mais ça rend malade la carissima nipotina, comme à peu près tous les parfums.

 

On est donc à la fois bien contente qu’elle vienne pour Noël, comme chaque année depuis 2006, et bien préoccupée à ce que tout soit selon ses goûts. 🙂


Car avec elle il y a un avant et un après, avec une charnière qui se situe en 2019 et qui est à l’origine d’une véritable deuxième vie.


Sans bougies et sans café. 🙂


***


L’illustration date de Noël 2013, le premier passé dans la maison en ville.
 

 

9 décembre 2025

Secouer sa serviette sur la plage / Adrienne

 

 

O comme Obituaire


Le père, les deux grands-pères, l’arrière-grand-père, ils se sont tous ligués contre le mois de décembre pour en faire un calendrier obituaire.

 

Quatre chers disparus qu’on a connus et aimés, toujours trop tôt disparus, quel que soit leur âge ou le nôtre.

 

On aura donc aujourd’hui une pensée spéciale pour Edmond, celui qui n’a jamais dû secouer sa serviette sur la plage pour la bonne raison que la première fois qu’il l’a vue, il était déjà grand-père depuis longtemps et qu’il y est allé en costume trois pièces, sans même enlever ses belles chaussures pour fouler le sable.

 

***

 

La consigne a permis à l’Adrienne d’exprimer encore une fois toute sa reconnaissance à son arrière-grand-père.

 

Sur la photo d’illustration, le père entre son grand frère et sa petite sœur, celle dont on porte le nom, dans les dunes à Knokke, années 1930.

 

9 décembre 2025

Dimanche matin / Adrienne

 

N comme Noël

 

Peut-être était-ce parce qu’on était dimanche matin – et sans doute aussi Noël approchant – qu’on s’est souvenue tout à coup d’un objet qu’on avait autrefois, il y a bien longtemps, quand on était une petite fille.


C’était un de ces souvenirs que les gens rapportaient de Lourdes, comme cette vierge Marie en plastique dont la couronne bleue se dévissait pour qu’on ait accès à l’eau bénite qui se trouvait à l’intérieur, ces images pieuses aux bords dentelés et ces scapulaires en diverses matières, on se rend compte avec le recul qu’on avait vraiment toute la collection.


Puis un jour, en plus de tout ça, quelqu’un en a rapporté une vierge-Marie-boîte-à-musique : quelques tours de clé sous le socle de la statuette métallique et on entendait la mélodie de « Sur cette colline, Marie apparut. Au front qu’elle incline, rendons le salut ».


Par bonheur on connaissait les paroles 😉


Mais ce qui intriguait vraiment la petite fille de huit ans, c’était la phrase inscrite en lettres capitales qu’on pouvait déchiffrer sur l’auréole : « Je suis l’immaculée conception ».


On a bien sûr interrogé la mère pour savoir ce que signifiait cette phrase sibylline… mais devinez quoi ?


On n’a jamais eu d’autre réponse que ce navrant « Tu comprendras quand tu seras plus grande ».

 

16 décembre 2025

Le Musée national du Badaud / Marie-Thé

 


 

- Déjà de retour chéri ? Je suis bien contente, c’est le dernier jour du salon temporaire du bricolage, c’est à côté du Musée national du Badaud, tu viens avec moi ?

 

- Ah non, je pense que ça ne va pas être possible. Je n’ai pas fini de réparer le râpe-carottes électrique et j’ai envie de carottes râpées pour mon pique-nique demain midi.

 

- Justement, tu vas peut-être découvrir plein d’inventions créées par des gens qui ne cherchent qu’à simplifier le travail à la maison. Si ça se trouve quelqu’un a inventé une machine à râper les carottes sans électricité ?

 

- Mais enfin Juliette j’ai le journal sous les yeux, regarde-le. L’expo du bricolage ce n’est pas en ce moment, c’est le mois prochain. Si tu veux, on peut aller dimanche au Musée national du Badaud. C’est une promenade dans un immense bâtiment bleu où l’on croise des personnages célèbres en cire. Tu pourrais peut-être voir tes idoles en vrai, André Dussollier et bien d’autres qui te font fantasmer. Dans la partie concernant les statues des femmes, moi j’espère rencontrer Marilyn Monroe et Brigitte Bardot.

 

- Oh là là, j’ai un aveu à te faire. Je savais qu’il y avait André Dussollier et j’avais tellement envie de le voir que j’y suis allée toute seule la semaine dernière.

 

- Quelle audace ! Eh bien moi j’irai tout seul dimanche. Je m’assoirai dans un fauteuil devant Brigitte Bardot et les autres stars, jusqu’à me laisser envahir par des émotions.

 

- Monsieur, vous n’êtes pas raisonnable. Vous êtes mesquin et aveugle. Avec moi vous avez encore mieux que toutes ces vedettes sophistiquées.

 

- Puisque c’est ainsi nous resterons ici !

 

Et ils se mirent à rire !

16 décembre 2025

Consigne d'écriture AEV 2526-12 du mardi 16 décembre 2025

 
Pochette-surprise PR *





Voici seize titres de texte ou sujets d’écriture pour rédiger une contribution totalement délirante :

 
Très important : Merci de ne pas cliquer 
sur les liens avant d'écrire !


Buffle vietnamien mélomane en vacances en Suisse

La 5 G dans nos campagnes

Le crash test de pédalos à Ostende

Le Musée national du badaud

5 L’homme invisible

La nouvelle bombe littéraire

Les bains lacrymaux

Le 12e bataillon de ramasseurs de crottin d’officier

La tenue de camouflage d’intérieur

10 La vie au temps des pandémies

11 Interpoule sur les dents

12 La Salle de contrôle du temps perdu

13 Les Alpes enfin achevées

14 Les grands écrivains moustachus

15 Le butineur-pollinisateur

16 En avant touuute



Choisissez celui qui vous inspire et tâchez d’insérer dans votre récit au moins trois des formules ci-dessous :


 
Vous êtes sur place

Encore trois secondes de perdues

Ça peut toujours servir

Ici tout est normal

Monsieur, vous n’êtes pas raisonnable !

Déjà de retour, chéri ?

Du travail à la maison

Je pense que ça va pas être possible



Au bout de dix ou 15 minutes d'écriture vous gagnez le droit, en cliquant sur le lien, de voir l’illustration qui va avec ce titre ou ce sujet. A vous ensuite d’écrire la suite du texte en fonction de celle-ci.
 
Vous pouvez réitérer l'exercice autant de fois que vous le souhaitez.
 
 
P.R., on peut le dire maintenant, c'est Plonk et Replonk !
9 décembre 2025

Avec son petit matos / Maryvonne

 

Il arrive avec son petit matos dans une enveloppe kraft. Le maître va s'absenter et il souhaite confier la consigne de l'atelier d'écriture du mardi suivant à l'une d'entre nous. L'une d'entre nous puisque nous ne sommes que des femmes qui, chaque mardi, venons nous ébaudir, crayon à la main, sous la houlette de Jean-Paul.

 

Ah ! Jean-Paul ! Un « sexa » avec quelques restes d'adolescence, le sac à dos, l’œil qui frise, la bâche sur la tête et son immense culture en bandoulière.

 

C'est Véronique qui se voit promue chef de file. Il n'a pas l'air d'avoir de doute sur le sérieux de celle-ci, moi si et je m'attends à entendre rouler son rire comme une poignée de petits cailloux colorés.

 

Dans ce contexte chacune va reprendre son sarrau d'écolière et, toutes appliquées, on va aligner nos bêtises hebdomadaires. Tant pis pour Jean-Paul et tant mieux pour Véronique.

Publicité
L'Atelier d'écriture de Villejean
Publicité
Publicité
Derniers commentaires
Archives
Publicité