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L'Atelier d'écriture de Villejean
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25 novembre 2025

Une Soirée crépusculaire / Marie-Thé

 

 


        Sous les arbres du château de Gillenormand, trois jeunes gens sur la pelouse devisent, dans la douceur d’un soir d’été.

 

Aurore et Aurélie sont arrivées dans l’après-midi chez Arthur, un cousin éloigné, fils du châtelain qu’elles ne connaissent pas beaucoup.

 

Il vient juste de terminer ses études et s’apprête à succéder à son père pour gérer le domaine. Assis sur l’herbe au pied d’Aurore et Aurélie, il attend qu’elles trouvent une partition plaisante pour les accompagner avec sa guitare.

 

Chacun sait que dans les familles nobles, on ne choisit pas son conjoint mais que les mariages sont arrangés en fonction des alliances les plus avantageuses.

 

La mère des deux filles avait dit qu’Arthur, l’héritier du château, était musicien et que l’une d’entre elles, Aurore, l’aînée, pourrait, pourquoi pas, trouver à se caser. Habillées de robes roses aux manches bouffantes, coiffées d’un chignon, elles se sont apprêtées pour séduire ce beau garçon.

 

Arthur, décontracté, habillé d’une redingote moulante qui fait ressortir sa sveltesse, essaie en vain d’harmoniser ses notes de guitare avec le chant d’Aurore et d’Aurélie. Mais c’est difficile. En plaisantant, il change de registre et interprète une sérénade qui laisse les filles sans voix.

 

Troublées, elles se sentent incapables de chanter la partition qu’elles ont devant les yeux, tant ce jeune homme joue à la perfection.

 

Elles l’écoutent, le regardent et l’admirent. Mais au bout d’une heure de sérénade redondante, elles en ont assez et voudraient bien pique-niquer, se promener ou discuter un peu. Il semble absorbé et continue à jouer sans s’occuper ni d’Aurore ni d’Aurélie !

 

Déçues, elles sortent le panier de pique-nique, mangent un sandwich, puis retournent au château. Arthur reste seul avec sa guitare. Il les trouve bien sympathiques, il lève la main et les salue.

 

« Bien joué ! » se dit-il quand elles s’éloignent. Il cache sa guitare sous les branches et, sans attendre, s’en va retrouver Manon, la fille du jardinier qu’il aime à la folie. Il sait bien qu’elle n’est pas pour lui de toute façon mais il se sent trop jeune pour se caser et a envie de profiter de sa jeunesse avant de se mettre la corde au cou.

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25 novembre 2025

Comment l'appellerons-nous ? / Marie Sylvie

 

 

Il faudra un prénom long.

Un prénom qui s'étire comme l' aurore sur les collines

Qui fait danser l'alphabet dans les mains d'un enfant

Comme l' Alouette qui s'élève sans peur dans le ciel du matin.

 

Il faudra un prénom qui contient des silences,

Des syllabes lentes comme les lueurs qui passent

Sur les murs de la chambre d'en-bas

Où l'on s'adore sans bruit

Où une mère en rencontre une autre

Et leurs regards se reconnaissent sans se nommer.

 

Ce prénom, il devra porter ce que l'herbe cache

Et la pluie efface

Car l'intelligence naît aussi dans l'oubli

Dans ce qui se dérobe

Dans ce qui ne se dit pas.

 

Il faudra qu'il traverse la nuit blanche

Qu'il sache veiller sans épuiser

Qu'il apprenne à lire les ombres

Comme on lit les étoiles tombées dans les flaques.

 

Ce prénom il devra être un Juste.

Pas un héros pas un roi

Mais un être qui marche droit dans les détours du monde,

Qui sait que suprême ombre et suprême aurore ne sont pas ennemies

Mais deux souffles d'un même mystère.

 

Il faudra qu'il ait la mémoire des mères

De celles qui ont attendu

De celles qui ont nommé sans bruit

De celles qui ont vu dans le regard d'un autre enfant

Le reflet du leur.

 

Ce prénom il devra être un poème.

Un poème que l'enfant écrira lettre par lettre

Jour après jour

Jusqu'à ce que chaque courbe devienne pensée

Chaque boucle devienne question

Chaque trait devienne réponse.

 

Et lorsqu'il saura l'écrire sans hésiter

Lorsqu'il le dessinera dans l'air avec ses doigts

Alors il saura aussi écrire le monde

Le lire

Le comprendre

Et peut-être même le réparer.

 

Alors comment l'appellerons-nous ?

Peut-être Éléonore

Ou Théophania

Ou Isalys

Ou Aurélien

Ou Séraphin

 

Ou un prénom que personne n'a encore inventé

Mais que l'enfant portera comme une promesse

Comme une aurore qui ne finit jamais.

Soléandrine

Ou Lunéviane

Ou Théoliane

Ou Aurélysandre

Ou Éphéliane.

 

25 novembre 2025

La Confidence / Adrienne

 

 

Mademoiselle Gillenormand finit par ne plus trouver mauvais que M. Fauchelevent soit entré avec quelque chose sous le bras et le pan de l’habit déchiré.

 

Le chien par qui il faisait garder sa maison – et qui était en réalité une chienne – n’avait pas été du même avis que lui concernant le sevrage de son unique chiot et alors qu’elle était pourtant dans la chambre d’en bas, elle avait compris ce que signifiait le couinement du petit et avait monté les marches quatre à quatre pour mettre à M. Fauchelevent tous les bâtons dans les roues dont elle disposait, et principalement ses crocs acérés dans son bel habit de sortie.

 

– Mais ne vous inquiétez pas pour moi, assura-t-il à Mademoiselle Gillenormand, dès ce soir l’autorité reprend ses droits. Il ne sera pas dit que je devienne l’otage ou le prisonnier de ma chienne ni qu’on se fasse la guerre entre quatre murs, elle et moi. Et si la situation s’aggrave, il me reste le coup de fusil qui ne manque rien et qui ne tue personne.

 

En voyant cette belle tranquillité, cette forte détermination, Mademoiselle Gillenormand perdit toute la prudence conseillée à la sagesse et entra dans le septième cercle et le huitième ciel des filles perdues.

 

Là où l’on s’adore.

 

Mais l’attraction et l’extinction se suivent inexorablement et une fois l’homme filé, on voit le dedans du désespoir.

 

***

 

Puis, quelques mois plus tard, que faire dans l’abîme à moins que l’on ne cause ?

 

On se confie à son amie Aurore – confier, c’est quelquefois livrer et c’est parfois le commencement du repos de l’âme, malgré les obscurités que peut contenir une révélation – et on commence à voir de vagues éclairs à l’horizon, d’une nuit derrière laquelle il y a le jour.

 

Suprême ombre, suprême aurore, et l’amie qui vous dit dans un souffle :

 

– On dirait bien que je le sens bouger !

18 novembre 2025

Les Jeux des enfants / Maryvonne

 

 

Il y a très longtemps j'ai été un Indien !

Au square je ficelais le gardien !

Pas de kalachnikov, mais juste un lance-pierre

Pour faire peur à tous les « Jean-Pierre » !

A mon copain soldat et sa sarbacane

Je disais : « Tu vois bien que je ricane !

Le drapeau blanc c'était du flan

Puisque l'attaque n'est pas un vrai plan.

Ne crains pas les flèches de mon pistolet,

Ce n'est pas comme ma mère et son martinet !

Les monte-en-l'air pour faire Tarzan

Faut juste ne pas se casser les dents !

Le vieux soldat assis sur son pétard

Ne doit pas se lever trop tard.

Le cow-boy ce pauvre petit chou

N'a que des flèches en caoutchouc.

La belle sur sa trottinette file à toute vitesse :

« Le temps est fini, il faut que je vous laisse ! »

Maintenant je reviens, camarade,

J'avais oublié ma dernière grenade,

Mon arc, mes flèches et mon carquois

Pour déloger dans l'arbre un Iroquois

Planqué derrière un citoyen de la paix

Qui fume le calumet qui sent mauvais.

Je vais rentrer dans mon chez-moi

Me planquer jusqu'à la prochaine fois ! ».

18 novembre 2025

U comme Une Ménagerie / Adrienne

 

 

Ce matin on est arrivés à l’école tout excités parce qu’un cirque s’était installé sur la place.

 

– Si vous êtes bien sages et si vous promettez de bien rester en rang derrière moi, nous irons cet après-midi visiter la ménagerie, a dit la maîtresse.

 

Nous on a promis tout ce qu’elle voulait, on l’aime bien la maîtresse et la ménagerie, c’est une idée géniale, surtout que justement cet après-midi on a arithmétique.

 

– Moi je préfère l’arithmétique ! s’est plaint Agnan mais heureusement la maîtresse ne l’a pas écouté.

 

Elle avait prévu pour chacun de nous une casquette assortie à son chapeau et bien sûr Geoffroy a protesté parce qu’il aurait préféré un casque colonial et Eudes un képi de gendarme.

 

– C’est ça ou l’arithmétique, a dit la maîtresse, alors ils se sont calmés parce qu’ils ont bien vu qu’elle commençait un peu à s’énerver.

 

On est sortis tous en rang avec notre casquette sur la tête et c’était très pratique, finalement, parce que Clotaire a donné la sienne à un chimpanzé, qui avait envie de se joindre au groupe, après qu’il s’était fait piquer sa banane par Alceste. Clotaire, on ne l’a plus revu, on suppose qu’il s’est trompé de cage.

 

La maîtresse non plus on ne l’a plus revue, elle était en train de regarder Geoffroy, qui racontait à la girafe son safari au Kenya, alors elle n’a pas vu la queue du tigre et a marché dessus.

 

***

 

Les fans de Sempé et Goscinny auront reconnu d’où vient l’inspiration !

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25 novembre 2025

Consigne d'écriture AEV 2526-09 du mardi 25 novembre 2025

 

Hugo-Devéria

 

 

Inspirez-vous de l’image d’Achille Devéria qui vous a été remise – ou que vous avez choisie – pour écrire une histoire. Vous choisirez son titre dans la liste ci-dessous ou vous piocherez du vocabulaire dans ces titres de chapitres extraits de deux tomes des « Misérables » de Victor Hugo.

 

Aurore - Autre pas en arrière - Bâtons dans les roues - Bouteille d'encre qui ne réussit

qu'à blanchir - Christus nos liberavit - Cinq de moins, un de plus - Commencement du

repos - Confier, c'est quelquefois livrer – Déposez plutôt votre argent dans telle forêt que

chez tel notaire - Dernières palpitations de la lampe sans huile – Double quatuor

- Ébranlement dans l'absolu - Fin joyeuse de la joie - Formes que prend la souffrance

pendant le sommeil - Héroïsme de l'obéissance passive - L'Alouette - L'attraction et

l'extinction - L'autorité reprend ses droits - L'herbe cache et la pluie efface - L'homme filé

- L'homme réveillé - L'onde et l'ombre - La chambre d'en bas - La décroissance

crépusculaire - La descente - La guerre entre quatre murs - La nuit blanche – La

prudence conseillée à la sagesse - La situation s'aggrave - La terre appauvrie par la mer

- Le cloaque et ses surprises - Le coup de fusil qui ne manque rien et qui ne tue personne

- Le dedans du désespoir - Le désordre partisan de l'ordre - Le frère raconté par la sœur

- Le pan de l'habit déchiré - Le septième cercle et le huitième ciel - Le soir d'un jour de

marche - Le système de dénégations - Le vautour devenu proie - Le voyageur arrivé

prend ses précautions pour repartir - Les artilleurs se font prendre au sérieux - Les effets

de rêve mêlés au bonheur - Les morts ont raison et les vivants n'ont pas tort – Les

obscurités que peut contenir une révélation - Les œuvres semblables aux paroles

- Lueurs qui passent - Lui aussi porte sa croix – Mademoiselle Gillenormand finit par ne

plus trouver mauvais que M. Fauchelevent soit entré avec quelque chose sous le bras

- Nouveaux griefs - Nuit derrière laquelle il y a le jour - Où l'on s'adore - Par qui il faisait

garder sa maison - Philosophie après boire - Pied à pied - Pour le sable comme pour la

femme il y a une finesse qui est perfidie - Prisonnier - Progrès actuel - Quatre à quatre

- Que faire dans l'abîme à moins que l'on ne cause? – Quel horizon on voit du haut de la

barricade - Quelque fois on échoue où l'on croit débarquer - Solution de quelques

questions de police municipale - Suprême ombre, suprême aurore - Tholomyès est si

joyeux qu'il chante une chanson espagnole - Tombeau convenable - Tranquillité - Un

juste - Un lieu où des convictions sont en train de se former - Une mère qui en rencontre

une autre - Une tempête sous un crâne - Vagues éclairs à l'horizon

 

Cliquez sur les images pour les agrandir

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

5 novembre 2024

Bienvenue au klub ! / Jean-Paul

 

Bienvenue au klub !

 

Komme si le monde n'était pas assez piké komme ça, voilà ke les pubs de France-Inter nous konseillent de nous faire vakciner kontre le kovid, la grippe, la kokeluche, etc. Ils ont vite fait de pousser grand-mère dans le konkasseur à la radio ! Il faudrait même k'on s'inkiète, paraît-il, du zona ki est tout sauf une maladie kelkonke.

 

Alors j'ai le choix. Soit je fais le kasanier et je me klakemure dans ma kuisine en éteignant le poste après le jeu des 1000 € - ki a lieu en direct de Konkarneau ou Kankale - pour ne pas me farcir les konfrères de Didier Raoult, soit je sors voir dehors si j'y suis, en bonne santé ! C'est ce ke je fais le mardi où les koups komptent double voir triple si j'inklus les kourses au Leklerk.

 

Bienvenue au klub !

 

Ce matin dans les konciliabules de l'avant-korale, kand on kankanait avant de monter installer notre kakophonie dans la salle dite du « Refuge », le sujet de konversation principal de mes kontemporaines était... la katarakte ! Ça kasse un poil ma barake et mes konsidérations kokorikoeskes sur la bonne santé des kinkagénaires + 20 karats ! Je me suis mis le doigt dans l'œil jusk' au koude ou komme dans un loukoum, Khalsoum !

 

Bienvenue au klub !

 

C'est écrit sur la porte de la salle Mandoline : « Klub ékriture ». Pourtant tout le monde ici, du klown ki anime la séance et pond des konsignes jamais kommodes jusk’ aux kokines ki lui cherchent konstamment des krosses, tout le monde appelle cette réunion « Atelier d'ékriture ».

 

C'est koi la différence entre un klub et un atelier ? J'ai une réponse kokasse à cette kestion. Depuis ke je kollectionne les kaskettes de chef de khœur et d'oulipo-sadike de la veille du merkredi, un atelier c'est un endroit dans lekel je me farcis tout le boulot préparatoire !

 

Un klub j'arrive les mains dans les poches et je n'ai rien d'autre à faire ke ça : jouer ! Jouer aux écheks !

 

Bienvenue au klub !

 

Koike... komme dirait Raymond Devos ! c'est kand même Bibi ki sort les trois jeux Kasparov du plakard, ki installe les kavaliers, les fous, les pions et les têtes kouronnées sur les kases adékwates de l’échikier !

 

C'est kand même ma pomme ki s'enkikine ou s'enkonkombre l'esprit avec des essais de jouer la Karo-Kann, la skandinave, la Kalachnikov et ki visionne les vidéos de Mark Kénéhen pour tenter de komprendre kelke chose au jeu des kouleurs, aux kolonnes ouvertes, au roke différé.

 

Mais bon je suis d'akord ce n'est pas un travail ! D'ailleurs je ne me souviens preske plus d'avoir subi, des années durant, la kontrainte d'aller au turbin pour gagner ma kroûte !

 

De faire du katalogage en kontinu ne m’a jamais paru vraiment kasse-kouilles et de fait je me suis toujours bien entendu avec mes kollègues, ça aidait !

 

 

Je poursuis d'ailleurs mes travaux de moine bénédiktin en kavalkadant dans la généalogie de ma belle-famille grâce au logiciel Généatike, en numérisant des photothèkes ou... en frékentant des ateliers !

 

Bienvenue donc au klub des gens plus ou moins imbéciles ou plus ou moins heureux !

 

Je ne suis pas ici pour rakonter ma vie ni pour en faire le bilan même si d'aukunes en sont rendues à m'écrire des chansons ki pourraient bien me servir d’éloge funèbre ! Jusk'à présent, sans avoir jamais eu ni jambes ni bras kassés, sans kancer, sans maladie kontagieuse, sans krach boursier, sans akcident de la route ou de la déroute, tout s'est toujours bien goupillé pour ma pomme, surtout depuis ke je me suis marié : par exemple je gagne toujours au Skrabble ou aux jeux de société auxkels on joue avec Anne J. à Lannion.

 

Peut-être finalement ke j'ai juste une chance de koku ?

 

Je demanderai à ma konkubine kand elle rentrera demain matin !

15 octobre 2024

Les Maths / Anne J.

 

- Annie n’a pas compris ? 

 

Avant le collège, je n’aimais pas les maths mais je m’en sortais à peu près. Le calvaire a commencé en 6ème et en 5ème la prof n’a pas compris de toute l’année que je m’appelais Anne et non pas Annie et elle finissait ses démonstrations brillantes par cette funeste question :

 

- Annie n’a pas compris ?

 

 

Non je n’avais pas compris car il me fallait bien plus de temps pour comprendre quelque chose aux obscurs gribouillis du tableau que je peinais à lire

 

La 5ème était l’heure de la découverte de la géométrie et ce fut un désastre. Je ne pouvais déjà pas dessiner en relief, les lignes de fuite et autres perspectives me laissant de glace, alors démontrer que l’angle est droit ou que la droite AB passe forcément par le milieu de CD , vous m’en direz des nouvelles ! Ne parlons pas des sinus et autres cosinus, pour moi ça n’évoquait rien d’autre qu’un rhume de cerveau tenace qui fait que vous dormez la bouche ouverte avec la bouteille d’eau et une boite de mouchoirs (en papier, on ne connaissait pas encore le zéro déchet).

 

- Annie n’a pas compris ?

 

Je résistais à la fureur de lui hurler : « Je m’appelle Anne, pas Annie » ; je plongeais le nez dans mon pupitre avec une lueur de rage et de découragement et je décidais de l’ignorer, je restais dans mon domaine.

 

Au conseil de classe, il fut décidé que mon cyber-horizon futur serait les lettres classiques et c’est comme ça que j’ai démarré une année de grec.

 

Pied de nez aux maths qui devenaient une matière minoritaire, dont tout le monde se fichait puisque nous étions dans cette classe de seconde « des littéraires », un peu méprisées.

 

Et là, miracle , la prof de maths qui enseigne à des esprits attardés des rudiments d’algèbre, est une vieille dame à cheveux blancs, à quelques années de la retraite, toute douce, et qui m’appelle Anne !

 

« Anne aura compris pour la semaine prochaine ? » était le nouveau mantra.

 

Elle le pensait, elle ne le clamait pas à toute la classe pour me faire rougir de honte, elle le disait avec ses yeux et j’absorbais sa confiance qui faisait que oui, Anne a compris pour le devoir de la semaine suivante.

 

Pas la géométrie, là c’était peine perdue. Il a fallu attendre que je sois une vieille adulte faisant du patchwork pour que je comprenne le principe de la translation mais les équations, oui un peu, les exponentielles simples aussi.

 

Hélas les probabilités sont restées pour moi, du chinois, voire pire que du chinois car je pense que j’aurais aimé apprendre la logique du chinois qui est très différente de nos langues sans idéogrammes.

 

 

J’ai donc rejoint le club select des scientifiques en 1ère. Après des cours d’été donnés par la vieille dame douce qui habitait l’immeuble à coté de la maison de mes parents et l’examen de passage, j’ai sauvé l’honneur au baccalauréat avec une note à peine au dessus de la moyenne et je suis entrée à la Fac de pharmacie.

 

Il y avait une épreuve de maths en 1ère année, je n’ai rien fait des problèmes posés, je n’ai même pas compris les questions, j’ai eu une note éliminatoire et j’ai été repêchée par le président du jury, qui était aussi le prof de maths, car j’avais des super notes dans les autres matières.

 

Et voila comment s’écrit le destin sur la toile de nos vies.  Mais le destin des mots finit toujours par rattraper sa victime. Aujourd’hui, je rends dans ce texte d’un atelier d’écriture hommage à ceux de mes profs de maths qui m’ont donné ma chance.

 

Je me régale dans deux ateliers d’écriture et j’enseigne avec délices les arcanes de la langue française et le plaisir de la lecture à des personnes qui en sont encore aux balbutiements. Et j’ai enfin compris que je n’ai pas besoin d’aimer les maths ni que les maths m’aiment !

 

 

5 novembre 2024

Consigne d'écriture 2425-07 du 5 novembre 2024 : Bienvenue au Klub !

 

Bienvenue au Klub !

 

 

 

 

Nous collectons du vocabulaire : des mots qui commencent par ca, cl, co, con, cou, cr, cu, que, qui, etc.

 

Si la sonorité « k » apparaît deux fois dans le mot (ex. cucurbitacée, concupiscence, quiconque) c’est encore mieux.

 

Quand vous en avez relevé une vingtaine, vous pouvez commencer à écrire en insérant un maximum de ces mots dans votre texte.

 

Le thème d’écriture est le club, l’association, le groupe d’humains qui se réunissent dans un local, un café, un stade, une salle de concert, un repas de famille... Racontez ce qui s’y passe, ce qu’on y échange, qui on y rencontre.

 

Rakontez cela en remplaçant par un "k" toutes les sonorités des mots komportant ce son ke vous y placerez.

 

Nous franchirons ainsi un pas de plus en direktion de la nécessaire réforme de l'ortograf ! ;-)

 

15 octobre 2024

Question mathématique / Adrienne

 


 

Mais qu’est-ce que c’est que ce charabia mathématique ? se demande l’Adrienne en voyant la dernière consigne de l’Atelier de Villejean.

 

Par bonheur, il se trouvait parmi les photos celle d’une constellation en forme d’arbre.

 

Enfin quelque chose de joli et de vraiment utile ! s’est-elle exclamée.

 

Ce n’est pas de sa faute : à quinze ans, elle voulait étudier les maths et les sciences mais son père a eu le malheur d’en toucher un mot à l’entretien parents-professeurs.

 

Quoi ! a dit la prof, véhémente. Je le lui déconseille vivement ! Elle va le regretter toute sa vie !

 

Et pour cause : c’était la prof de grec.

 

Alors l’Adrienne a continué à étudier le grec.


 

***


 

Mercredi elle a participé à une enquête en ligne et la dernière question était : si c’était à refaire, que feriez-vous différemment ?

 

J’essaierais de faire mes propres choix, a répondu l’Adrienne.

 

7 janvier 2025

C'est beau une ville la nuit ? / La Licorne

 

 

7 1 soir 2 janvier, partiQli'Rment froid. IR, la temPrature 7 ABC jusqu'à -10 2grés et franchement, j'Orais bi1 MRST ch'M'oi avec LN ...à VGT  2vant la TV, en buvant 1 T, 1 DK...ou 1 KKO.

 

Mais il se trouve que l'HF  2 l'asso m'a appelé pour me 2manD 2 remplaC  DD qui a la grippe. LC me prendre par les 100timents, la miss. 

 

Quand LA 10 : "SVP, M1000, ne me l'H pas, je n'é personne d'Otre..." GCD AC facilement, GOBI...et me voilà donc 2hors, sous la neige, à me AT  v'R le refuge  D SDF. 

 

C tout moi ça : toujours à vouloir èD la t'R enti'R. M'M quand j'N en ai pas 13 envie, JV... C comme ça 2puis que je suis gam1, la mis'R D z'Otres m'ME et GC 2 la soul'AG. Les BB, les personnes AG, les SDF...GèD tout le monde...2puis que je suis né...GVQ pour les z'Otres...GAJ comme dans les films 2 KPDP, en RO, en sauveur...

 

SK la f'1 du film le mon2 sera meilleur ? J'N en suis pas sûr...mais je me 10 qu'1 soulagement FMR, C  Djà  miE que  ri1.

 

Ti1, il y a justement une silhouette 2 l'Otre côT 2 la rue...L p'NA MRG 2 son carton...Je la L... LO ! LO ! Pas 2 réponse. 

 

Je travRse. 

 

Le mec est allonG  sous 1 abri 2 fortune. Je fais 1 n'F'or pour me BC  jusK lui...Je croise alors 1 regard éBT...et dans l'obsQriT, je 2vine 1 visage riD, sale et boursouflé. Pour tout 10re Kr'M'ent I2. Mais sous le s'AK20 100 z'IGN en tr1 2 QV sa d'RniR bouteille, il s'AJ 2 retrouV  l'être hum1... Je me con100tre donc 1tenCment sur  16 IE. Ils sont d'1 blE cl'R, DlaV, d'1 blE  1D100. GID qu'Otrefois, ce fut 1 b'L homme.

 

Bon, je ne pE pas le l'SC ici, l'ex-Hidalgo. Il fait trO froid. GC 2 le IC sur mes épaules...1possible, il est vr'M'ent trO lourd. F'O 10re qu'OPI des RO, je suis l'1 D mou1 musclés...ErEsement, G mon "gadget maJque"...mon t'LF'one. 

 

2 coups 2 fil "SOS" plus tard, C réglé. L'ivrogne SOV : la Kmionnette l'a emmené K1KA jusqu'O refuge...M1tenant il a 1 toit, il HO et l'AB lui s'R une soupe. SH que quand il Ora fini 2 viD son éQL à la QIR...il Ora droit à 1 steak Hé...et à une cr'M de K6. 2 quoi se ref'R une 100T. Et puis ensuite, JB va se Dmener pour qu'il è droit OZ sociales.

 

Je V enf1 pouvoir rentrer ch'M'oi et raconT mes aventures à ma belle LN. Ma ch'RI, ma DSRN. Je suppose qu'L sera 13MU, MRVIé et AC fi'R...comme chaque fois que je lui conte comment G  éviT  1 nouvO DC.

 

14 janvier 2025

Consigne d'écriture AEV 2425-15 du 14 janvier 2025 : La Braderie de Lille

 

La Braderie de Lille

 

Vous pouvez cliquer sur l'image pour l'agrandir

 

Pour qui connaît bien le Nord il y a quelques bizarreries dans cette représentation par François Ruyer de la célèbre braderie de Lille qui a lieu chaque année le 1er week-end de septembre. Mais l'image qui a servi de modèle à un puzzle de 1000 pièces foisonne de suffisamment de détails pour que vous puissiez parler du Nord, du Pas-de-Calais ou de la Belgique si le coeur (des frites ! ) vous en dit et ce de la façon que vous voudrez !

7 janvier 2025

Le Rêve de l'ânesse : fable / Marie Sylvie

 

 

Un jour une ânesse, AG et abasourdie, décida d'HT une EQL d'R1.Ah ! Quelle AQIT d'esprit pour son âge !L'AB du village, chef spirituel, MI un avis :

 

- DO Gratias ! s'exclama-t-il, DΠT.

 

L' ânesse, MU, AJ avec délicatesse.

 

- AC ! cria le KD du village, LHOOQ !

 

Rires étouffés. LA (Ella) L20 TD.

Le bronze brilla comme les MO d'un ÉQ.

 

- HF !  murmura-t-elle, CT mon rêve !

 

Un BB à l'R9 écouta l'histoire.

 

- K1 KA, l'ânesse chemina vers K10 HV son HA.

 

OPI des contes, les ânes, ABC mais heureux, rêvaient d'un monde décalé.

L'AB, entre deux prières, dégustait des RL fraîches.

Un jour, il trouva une K7 remplie DQ et d'MO précieux.

 

- Ah, les trésors de l' ÉG ! Pensa-t-il. Mais il cessa ses rêves pour ÉD l'ânesse.

 

Perdue dans les collines de K6 , elle se souvenait des histoires de son ancêtre DD, ÉQIÉ de DS. Parfois, il racontait des contes 2KPDP pour la faire rire.

Elle rencontra un AT qui vivait dans un D3 à la lisière du village.

 

- Chef ! lui dit-il, Avez-vous besoin d'aide ?

 

Elle sentit un air aéré et répondit :

 

- Oui OZ !

 

Ils partagèrent un DK et discutèrent de la tour FL et DH de bataille. 

Un jour DT, É1000I, QIT, trébucha sur un objet KC : une QIR en R1.

 

- Ah ! S'exclama-t-elle, un trésor ancien !

 

Elle aida l' ânesse à MRG de son rêve FAC et à atteindre K10, son destin gravé.

Un murmure discret résonna :

 

- LM, LC, L100 ! DO Gratias !

 

Un roi, LU par le peuple, O100 son sceptre, ME la foule avec son discours sincère.

 

- S un nouveau départ ?" pensa l' ânesse, MU et pleine d'espoir.

 

L'âne, RO NMI juré des IN, la rejoignit. Ensemble, ils RÉ dans les champs d' IPK où les SÉ de cueillette étaient fréquents.

 

- GID dit l'âne… SH que je suis là pour toi !

 

Ennemi du JB et héros 1D100, l'âne fut AP par le N1 de R100.

Ensemble, ils traversèrent le D3 É3, ATR leurs pas vers J1où les HI d’LN étaient légendaires.

Leur amitié RST forte, incessante SN.

 

- S1 ! SOV !" murmura l'âne, levant la tête vers le ciel étoilé.

 

Tandis qu'ils VGT près du village, les paysans passaient en chuchotant des O2 :

 

- PP, dit l'un 2, GVQ des temps merveilleux ici !"

 

L'âne, OQP à des pensées profondes, observait les EKC des oiseaux et entendit les murmures de l'abbé :

 

- IT missa est.

 

Un jour, un OKΠ 120 les rejoindre et tous VIR ensemble, vêtus de simplicité.

 

- Je l'aime, pensa l' âne, je te protégerai.

 

Un pa100, déguisé en s’AK20 OBI aux murmures de l'esprit.

 

- GPT de joie ! dit-il en riant MXR nos destins 100KC2.

 

L'âne, très ému, regarda la TIR sur le feu :

 

- TD et CCCN, chuchota-t-il, est notre mission.

 

La fable se termine ainsi, avec un rêve enfin réalisé et des cœurs MRG dans l'harmonie.

 

- IS ! , s'exclama l'âne. Nous avons réussi ! "

7 janvier 2025

Attention, ce texte est truffé de pièges ! / Maryvonne

 

Il me vI1 à l'ID de faire une 10vagation sur le 20 de m’S, 10vagation qui coule de source juste après l'IT missa est. J'imagine que l'AB AG file faire sa Π7 en sortant de la sacristie tant il a TT du sang du christ.

 

DO gracias je crois que le 20 est bon, j'ai ID que c'est du vin blanc, un Coteaux-du-Layon ou quelque chose du même tonneau. Pourtant le sang est rouge, cela pourrait plutôt être un vin QI du genre porto ou plus ADquat pour l'occasion, une vendange tardive, le Lacryma Christi, ce qui est s’1. L'AB que je connais devrait se contenter d'un Don José ou de La Grappe royale pour juste aller QV au fond de son confessionnal. En passant par là je l'ai entendu dire : « GPT » et, très MU par ce spectacle 1D100 et DKdent je me suis entendue dire : « Sors de là, PP que j'AR ! Je veux de l'R 9 !".

 

Voilà en plus qu’É1000, - Eh oui, les AB ont aussi un prénom !- donc É1000 MÉ quelques éructations d'une qualité sonore digne d'un Alléluia.

 

Énervée par tant de vulgarité, NMI de ces grossièretés je décidai de CC ma pratique religieuse. Ma pseudo sainteté a été FMR et me voilà AT. Ma croyance HU. Depuis j'ai VQ sans Dieu.

 

Comme disait Rabelais dans sa célèbre contrepèterie :

 

- Je ne suis plus folle de la messe mais molle de la fesse mais parce que j'ai VQ et c'est l'FÉ de l'âge !

7 janvier 2025

Allographes / Anne J.

 

- Je ne suis pas allée a K10, BB, mais à Séville pendant les vacances.
 

- Et CT chouette, LN ?

 

Très chouette, GT ravie, ce PI est une merveille en hiver, il y a des oranges partout, j'ai VQ comme les Espagnols, bu du KKO au petit déjeuner et HT des tapas pour le dîner.

 

- J'IV M1000 et il y avait du soleil ?

 

- 1D100 ! 15 jours presque sans nuages, ça AR ! Nous qui vivons dans le froid et la pluie tout l’hiver ! Le plus drôle c'est que OPI de Don Quichotte, ils boivent de la bière et ils mangent dehors même quand il fait 5 degrés !

 

- IT Missa est ! Ce sera ma prochaine destination , DO gratias !

17 décembre 2024

Comment dire ? Sex-appeal ou sexe à piles ? / Maryvonne

 

 

Jean-Louis Fournier vient de publier un livre, enfin un mini-livre qui dit « J'en ai encore sous le chapeau ». Son leitmotiv c'est : « Plus c'est vieux, plus c'est mieux ».

 

En voyant les cartes publicitaires d'appareils ménagers distribuées par notre vieil ami J.-P., j'en doute. Les appareils d'aujourd'hui se sont améliorés. Les écrans de télévision sont plus performants, les appareils ménagers plus légers. Tant de nouveautés sont venues améliorer notre quotidien : ordinateur, appareil de photo numérique, téléphone portable, tout cela en sachant trouver dans notre ancien matériel quelques vertus.

 

Quand j'écoute l'émission « Le Masque et la plume » le dimanche soir en repassant mon linge, j'ai un rite : ça me plaît de ressortir mon vieux transistor à piles, ça marche encore bien, ce n'est pas comme mon sex-appeal qui ne marche plus.

 

Pourtant je pourrais écouter cette émission à partir de mon téléphone portable, directement dans mes oreilles grâce à mes super prothèses auditives. Une révolution, une technologie de pointe qui me rend bien service.

 

Ce n'est pas certain non plus que cet appareillage pour sourd soit bien utile pour mon sex-appeal.

 

Dans ce jeu des 7 familles qui ne me semble pas très sexy, je suis happée par la publicité sur l'éclairage et l'expression « étincelles de joie ». Il me revient cette comptine :

 

"Beau papillon de soie, mon avion de joie,

Léger, pimpant, qui voles sur quatre ailes,

Lorsque j'écris ton nom tu n'as plus que deux ailes.

Merveilleux mutilé, pourras-tu t'envoler ?"

 

Dans une soirée branchée, on pensera que je ne suis pas une lumière même si j'essaie d'allumer l’attention avec ma petite comptine.

 

Je n'ai pas de nostalgie quand je vois ces vieux bastringues sur les cartes.

 

Quand l'envie de faire non pas vieux mais de faire bon me saisit, je sors ma tuile à galette en fonte, héritage familial et certaines de mes recettes d'autrefois qui tiennent encore la route. Mes langues de chat, gâteaux à la crème de lait plaisent encore.

 

Je suis d'un autre temps c'est certain mais je suis aussi d'aujourd'hui et de demain, peut-être ? J'aurais tort de ne pas profiter de la modernité.

 

Non, Jean-Louis Fournier, ton mantra « Plus c'est vieux plus c'est mieux » n'est pas vrai.

 

Et je pense surtout à quoi, devinez ? A mon sex-appeal évidemment et à son obsolescence non pas programmée mais avérée.

 

image empruntée à Louise Grenadine

18 novembre 2025

Les Rennes du Père Noël / Anne J.

 


 

- Rodolphe, tu sais où on est ? Je n'y comprends rien à cette fichue carte ! Le Nord est où ?


 

- Je n'en sais rien, mais parti comme ça, on n'arrivera jamais à temps !


 

- J'aurais du prendre le GPS comme recommandé mais je déteste ce machin, il dit n'importe quoi !


 

- Probable qu’à ce stade du voyage il dirait : «  Faites demi-tour dans les plus brefs délais !». On a l'air d'être dans un désert de sable si j'en crois ce que j'ai sous les pieds.


 

Le père Noël retourne sa carte dans tous les sens, soupire , lève les yeux vers l'imperturbable ciel bleu et se gratte la barbe. Il a bien trop chaud avec ce costume. Rodolphe, le renne de tête, découragé, somnole en attendant les instructions.


 

Derrière Rodolphe, il y a Apollon, le renne qui se prend pour un tombeur de filles et qui a vu tous les films de Schwarzenegger. Il fait gonfler ses biceps et agite ses bois dans tous les sens à défaut de secouer des cheveux teints : quel frimeur, cet Apollon ! Mais c'est pas un mauvais bougre, motivé, il fait le boulot.


 

Mais les autres ! Rodolphe se désole en contemplant son équipe : le père Noël était le dernier à choisir son équipage au pays des lutins et il a fallu faire avec ce qui restait … et ce n'est pas brillant.


 

Gonzague tout prés de lui n'a qu'une passion, il est entomologiste , il a dû trouver une petite fourmi à contempler et ça peut durer des heures.


 

- Regarde, Rodolphe, ce drôle d'insecte ! On n'a jamais vu ça dans le grand Nord , on ne connaît que les moustiques et les maringouins. Quel animal étrange avec sa carapace et ses 2 pinces à l'avant !


 

- Recule, Gonzague, c'est un scorpion ! C'est venimeux, ces machins-là !


 

Gonzague recule d'un bond et se tape contre Auguste, le philosophe de la bande. Assis, la tête dans les mains, il pense, immobile comme une statue de Rodin


 

Rodolphe jette un œil sur les deux derniers rennes de son équipage : Pablo, comme à son habitude , dessine sur le sol ; il rêve, la tête dans les nuages et les yeux flous, on ne sait pas à quoi. Pablo est un rêveur et depuis peu il est amoureux.


 

Lucien, lui regarde ses pieds d'un air dubitatif : il a de magnifiques ampoules et essaie de les percer avec une aiguille trouvée sur le sol.


 

- Arrête, malheureux, ça va s'infecter ! On va te trouver des pansements spéciaux dans la trousse d'urgence, le truc du fil dans l'ampoule c'est « has been » on a inventé mieux.


 

- De toute façon je n'ai pas de fil mais ça me fait vachement mal, je ne peux pas repartir.


 

Le père Noël plie sa carte et la met dans sa poche


 

- On va essayer de trouver un village, on demandera notre chemin, c'est ringard car tout le monde a maintenant le nez sur son téléphone et Google maps , donc plus personne ne fait ça mais on n'a pas le choix, grommelle le père Noël. Allez on s'y remet sinon les cadeaux arriveront à Pâques !

 

- Chocolats de Noël fondus livrés à Pâques… Une chance qu'on ne travaille pas pour Amazon , c'est la mise à pied assurée et sans indemnités !


 

- Oh regardez, voilà du monde ! C'est quoi ces drôles de rennes avec une bosse et pas de bois ? Des locaux , des rennes des sables ?


 

- Mais non imbécile inculte , ce sont des dromadaires, on est vraiment perdus !


 

- Oh oh les amis, attendez nous ! On est perdus ! s’écrient ils tous en chœur.


 

Mais la caravane passe…


 

7 janvier 2025

Consigne d'écriture AEV 2425-14 du 7 janvier 2025 : Allographes

 

Allographes

 

1) Vous voulez du logorallye ? En voilà ! Plus de 175 mots ou groupes de mots à placer tels quels, sans rien changer, à raison de deux minimum par phrase de votre texte. Vous pouvez piocher n'importe où dans la liste : vous n'êtes évidemment pas obligé·e de respecter l'ordre alphabétique !

 

Vous pouvez imaginer avec cela un échange de SMS entre deux ou plusieurs personnes, une visite d’exposition surréaliste, le portrait d’une ville espagnole, le récit d’une grippe, bref ce que vous voulez mais attention : à chaque fois que vous insérez un mot ou un groupe de mots, vous devez laisser, juste derrière, un espace vierge de la même largeur qui sera utile en phase 2 d’écriture.

 

a chu - abaissé - Abbé - achat - acheter - achever - acuité - aère - âgé - agi - Ah ! Chef ! - aider - aînesse - air neuf - airain - airelles - assez - athée - au cas - au pays - aux aides - ave - baisser - bébé - c’était - caca - cacao - cadet - Cadix - cahin caha - cassé - cassette - cassis - céder - ces haines - cesser - cuiller - cuit - cuité - cuver - d’aider - d’étêter - de cape et d’épée - déca - décaper - décavé - décéder - décès - Dédé - déesse - Deo gratias ! -dépité - des haches - détroit - écu - écuelle - écuyer - effacé - effet – effigie - Egée - Eiffel - élit - Ella - Elle a chaud au cul - elle aime - elle sait - elle sent - elle tait - elle vint - élu - émaux - émerger - émeut - Emile - émit - et n'a - énervé - ennemi - épais - épaississant - éphémère - erra - essai - essai - essaime - est resté - est sain - est saine - est sauvé - est su - est-ce - et cesse - et fesse - et fit - et gît - et l’eau - et lâche - et mâcha - et mêle - et mixèrent - et reine - et rit - et sache - été - étroit - gibet - Gien – haché - hachèrent - Hachis - haï - Hainaut - haineux - happé - hâter - haussant - hausser - hébété - héla - Hélène - Hellène - Hello - hennin - hennit - héros - Hersant - herser - hideux - hier - hissant - hisser - hyène - hygiène - idée - incessant - indécent - ipéca - Ite missa est - J’ai cuvé - J’ai idée - J’ai mis le - J’ai pété - J’ai vécu - j’aidai - j’essaie - J’étais - j’y paie - j’y vais - nous aidèrent - obéi - obéi - occupé - ode - œufs cassés - okapi - ôté - ovin - paissait - paissant - pays - pays grec – pépé - pété - pissette - s’en vint - sac à vin - sans casser d’oeufs - t’aider - t’es eu ! - t’essaies - téter - théière - très ému - vécu - végéter - veillèrent - Vêtaient - yes - yeux

 

2) Lorsque votre texte est rédigé, vous remplacez les termes de la liste que vous avez utilisés par les allographes correspondants, composés de lettres ou de lettres et chiffres ou lettres et nombres.

 

 

 

18 novembre 2025

Youpi dans la neige ! / Marie Sylvie

 

 

1

Ce matin, tout est blanc, 

Le jardin est un géant !

Des flocons tombent en riant,

Youpi, c'est l'Hiver maintenant !

 

Youpi dans la neige, je glisse, je vole,

Je fais des pirouettes, je rigole, je frôle !

Bonhomme rigolo, luge qui zigzague,

C'est la fête des flocons, sans une seule blague !

 

2

Un lapin fait du ski,

Un renard joue au frisbee,

Un hibou dans son manteau gris 

Me dit :" Viens, c'est parti !"

 

Youpi dans la neige, je glisse, je vole,

Je fais des pirouettes, je rigole, je frôle !

Bonhomme rigolo, luge qui zigzague,

C'est la fête des flocons, sans une seule blague !

 

3

La cabane est un château,

Le toit devient un radeau

Et le vent chante tout là-haut :

" Bienvenue dans le grand show !"

 

Youpi dans la neige, je glisse, je vole,

Je fais des pirouettes, je rigole, je frôle !

Avec mes amis, c'est magique et sage,

La neige est un rêve, une douce image...

 

18 novembre 2025

Une Nuit agitée / Jean-Paul

 

 

Loup, y es-tu ? M’entends-tu ? Que fais-tu ?

 

Cela fait des années que le loup est dans la bergerie et que les moutons s’enfuient jusque dans nos rêves. On les compte pour s’endormir, pour trouver un sommeil calme, pour reposer en paix mais on sait que ce n’est pas possible.

 

Il y a des snipers partout. Ils soulèvent la plaque d’égout et tirent au ras des jambes. Thierry la Fronde est à la cave et envoie ses projectiles depuis le soupirail.

 

Même le petit renard s’est réfugié en ville, poursuivi par une chasse à courre, une vénerie de gens de plus en plus vénères qui ne vénèrent plus rien.

 

Le commissaire Navarone a carrément installé un canon dans son salon.

 

Les Indiens, même les Indiens, en sont arrivés à pourchasser avec arc et flèches le plus paisible des animaux, la girafe, dont tout le monde sait qu’elle n’a pu avoir de mots injurieux ou déplacés puisqu’elle est muette !

 

L’homme est devenu fou avec son « En joue ! Feu ! ». Voilà qu’il exécute, en peloton d’exécution , un pauvre petit lapin dont on a bandé les yeux. Un autre excité menace d’un « haut les mains ! » et d’une double cartouche un élan même pas vital, qui s’exécute.

 

Le monde animal est catastrophé par toute cette folie. L’éléphant du 1er étage en est tombé sur le vélum du café d’en dessous. Le cerf, le taureau et le singe ont interrompu leur partie de bridge post-prandiale pour venir voir à la fenêtre du restaurant à quoi est dû le ramdam qui a envahi la rue.

 

Dans la chambre 13, le rhinocéros regagne son lit. Le roi Lion, à côté, fait part de son mécontentement au tenancier de la boutique. On ne sait pas qui a abattu l’avion dans le ciel. Par contre quelqu’un a bel et bien posé le pied dans un piège à loup !

 

Heureusement que l’image est muette. En haut à gauche, Madame Loup, l’épouse de Jean-Jacques, est sortie toute nue de leur lit et elle est allée voir, à la fenêtre à quoi correspondait toute cette agitation qu’elle percevait dehors. Quand elle a vu le dessin de cette ménagerie plaqué par-dessus la rue déserte et silencieuse, elle a tiré les rideaux et est allée se recoucher dans la chambre d’amis de l’autre côté du couloir.

 

Ce n’est pas facile de dormir près des cauchemars de son mari !

18 novembre 2025

La Photo de mariage / Jean-Paul

 

 

On aurait dû la faire tout de suite la photo de la famille au mariage de Cédric et Lucie. C’est trop tard, maintenant. Il y a trois bouteilles renversées, Roger à roulé sous la table, Claude est en train de se casser la gueule du banc où il était monté.

 

On a tous le nez rouge, la belle-mère a ses vapeurs, le chien en rut s’en prend à la jambe d’Amandine tandis que le photographe hurle « Ne bougeons plus !».

 

A part les deux chapeaux melon, la casquette et le haut-de-forme, le chauve qui peut est général. Le fils de la cousine de Savoie, monté sur la table, vient de mettre le pied dans l’assiette du reblochon. Il n’est pas sûr que le pâtissier amenant la pièce montée qui commence à s’écrouler à la manière des charlottes d’Anne-Françoise parviendra à trouver un endroit pour la poser sur la table du repas.

 

Et maintenant, il y a une taupe géante qui sort de terre devant le groupe ! Le bagnard en costume rayé porte le matricule 32710. Il nous explique comment il a creusé un tunnel avec une petite cuillère pour se faire la belle.

 

On lui a servi un coup à boire, on lui a promis qu’on ne dirait rien à personne, on lui a tous serré la main et il est parti.

 

C’est maintenant seulement qu’on vient de s’en rendre compte : il a fauché la bague de la mariée !

 

Ce gentleman-cambrioleur, c’est le gars qui a volé la Joconde au Louvre en 1911 ! Il y en a comme ça pour qui les affaires reprennent vite et bien !

18 novembre 2025

C’est la fête au jardin public / Marie-Thé

 


 


Tous les parents sont partis prendre un pot à la buvette laissant leurs enfants sous la garde d’un vieux militaire assis sur un banc ainsi que du garde-champêtre.

 

Dès que pères et mères ont tourné les talons, les enfants, petits et grands, se déchaînent.

 

Se prenant pour des indiens, ils capturent le garde-champêtre, le ficellent comme un saucisson à un gros charme centenaire et le mettent sous la coupe d’un gamin qui tire des fléchettes tout autour de lui. Le pauvre est terrorisé.

 

Le vieux militaire crie, menace avec ses bâtons tous les enfants qui maintenant jouent avec des lance-pierres. Personne ne l’écoute, trop occupés qu’ils sont à se faire peur et à se cacher pour ne pas être touchés !

 

Deux garçons déguisés en indiens, assis sur une branche, fument la pipe comme si c’était le calumet de la paix, en observant d'en haut le spectacle !

 

Un autre gamin, perché sur la plus haute branche, attrape le nid d’un corbeau qui, affolé, s’envole en croassant à tue-tête.

 

De l’autre côté du mur, les voisins atterrés regardent ce spectacle avec inquiétude. Une femme brandit un martinet mais la pagaille continue. "Les parents sont absents, profitons-en !" se disent les tireurs planqués dans le bac à sable.

 

Lorsqu’une petite fille, éjectée de sa balançoire, fait un vol plané, tout le monde s’arrête pour la regarder. Ouf ! Elle retombe dans l’herbe, sonnée mais pas blessée.

 

C’est à ce moment-là que les parents, un peu éméchés, arrivent et découvrent la cacophonie. Instantanément ils se dégrisent !

 

- Oh là là ! disent-ils sans tituber, finie la rigolade !

 

Tous les enfants sont invités ranger leurs armes, à libérer le garde champêtre et à s’excuser. Toute la petite troupe des enfants se rassemble en silence pour rentrer au bercail. Ils sont pris par moments de fous-rires difficiles à contenir. En arrivant chez eux, ils iront tous directement au lit sans manger.

18 novembre 2025

Consigne d'écriture AEV 2526-08 du mardi 18 novembre 2025

 

LOUP, Y ES-TU ?

 

 

Aujourd'hui on vous propose de choisir un (ou deux ?) de ces dessins très détaillés de Jean-Jacques Loup.

 

Vous allez bien l'examiner, noter tout ce qu'on y voit et qui vous intéresse. Prenez votre temps. Lorsque cela sera fait, vous retournerez le dessin et vous écrirez à partir de vos seules notes un texte ou un poème sur le ou les thèmes suivants :

 

- La cérémonie de noces ;

- La photo de famille :

- Le traîneau du père Noël ;

- La ménagerie du cirque ;

- La chasse ;

- Les jeux des enfants ;

- Le jardin public ;

- Les sports d'hiver ;

- Ou toute autre chose !

 

Après 17 minutes d'écriture, vous aurez le droit de retourner l'image pour continuer.

 

Cliquez sur les images pour les agrandir

 

 

 

 

 

 

4 novembre 2025

Peut-être bien qu' oui, peut-être bien qu' non / Maryvonne

 

Sur mon journal préféré, Ouest-France…

 

- Tu lis Ouest-France, toi ?

 

- Oui !

 

- Parce que moi, c'est trop catho à mon goût.

 

- je ne suis pas béni-oui-oui non plus mais ... certaines annonces m'intéressent.

 

La semaine dernière, il y avait un grand article sur un écrivain normand, Alain Corbin, qui parlait de son village d'enfance et ça c'est inouï, crénom de nom, il s'agit d'un village que j'ai bien connu. Ça réveillait d'un coup mes souvenirs évanouis mais toujours innombrables.

 

Quand j'étais enfant nous ne partions pas en vacances. Mes parents étaient commerçants, de ceux qui ne ferment pas la boutique. Un oncle et une tante qui habitaient dans l'Orne nous invitaient à Lonlay-l'Abbaye. C'était pour nous un éblouissement. Mon oncle était vétérinaire, il nous emmenait avec lui en visite dans les fermes et nous écoutions, notre ouïe aux aguets, son diagnostic pour soigner les vaches, les cochons et les ânons.

 

Peut-être est-ce enfoui dans sa mémoire mais ce monsieur Corbin pouvait connaître mon tonton François, nom de nom. Je veux en avoir le cœur net. J'achète le livre, je vois qu'il est édité chez Fayard.

 

J'envoie un mail à l'éditeur pour savoir si je peux, par leur intermédiaire, questionner ce monsieur Corbin.

 

Un monsieur me répond que non cet auteur n'a pas de mail mais, oui, qu'il peut transmettre. Ce que j'ai fait aujourd'hui avec un texte canon.

 

Maintenant pour parler de son ouvrage il s'agit du récit de ses années lycée à Flers-de-l'Orne dans une institution religieuse dans les années 1950. Je n'ai pas eu un éblouissement : ça reste du genre « cancanons sur les curés, baragouinons sur les rigueurs de la pension. » Tous ces Raymond, Samson, Gaston pas très épanouis avaient tous un surnom, comme sur le titre de son livre :

 

« Bidouille et Chimène ».

 

 

Je pensais que dans cette pension de curés il y aurait des histoires de zigouigoui et bien non, rien de cela. Juste des toilettes à l'eau glacée, des repas sans méchoui ni vin de Chinon.

 

Je suis un peu chafouine : j'ai écrit à Fayard qui fait partie du groupe Bolloré, nom d'une pipe, oui, oui ! Quel renoncement !

4 novembre 2025

La Décision / Marie-Thé

 

 

Devant une foule de gens endimanchés le Maire d’Épernon prend la parole :

 

- Monsieur Louis Vernon, désirez-vous prendre pour épouse Melle Manon Jaoui ici présente ?

 

Un OUI sonore répond à la question.

 

- Mademoiselle Manon Jaoui, désirez-vous prendre pour époux Mr Louis Vernon ici présent ?

 

- Euh… attendez, je réfléchis encore.

 

Elle jette alors un regard vers Louis Vernon, sûr de lui, patient, presque indifférent !

 

- Alors, c’est oui c’est non s’énerve le maire ?

 

- NON ! dit-elle après un coup d’œil sur Louis.

 

Elle quitte la salle sans se retourner et s’évanouit dans la nature en se répétant « Non, je n’aime plus Louis et encore moins sa mère qui me considère indigne de son rejeton ».

 

Les oncles, les tantes, les parents les amis sont complètement désemparés et espèrent qu’ils pourront quand même déguster ensemble le méchoui prévu à Château-Chinon !

 

Lorsque l’ex-futur marié prend la parole, c’est le silence, excepté le « bzzz bzzz » de quelques mouches qui tournent autour des candélabres. D’une voix à peine émue, il prend la parole pour dire :

 

« Non, nous n’annulons pas le méchoui prévu à Château-Chinon. Manon Jaoui est une Normande. Vous connaissez les Normands ? Un jour c’est OUI, un jour c’est NON…

 

Et, contrarié, il ajoute  :

 

- Avec moi, elle ne sait pas ce qu’elle perd ! « Les absents ont toujours tort ! » disait mon grand-père. Alors, que la fête commence !

 

 

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