Voici deux listes de mots qui contiennent les syllabes « oui » et « non ».
Insérez au moins cinq couples de ces mots dans une chanson, un poème, un texte avec cette contrainte à respecter absolument : chaque mot avec une syllabe « oui » sera suivi un peu plus loin dans la phrase – ou dans la phrase suivante - d’un mot avec la syllabe « non ». Alternance, donc.
Votre texte aura pour sujet ou pour titre, au choix :
La Normandie – Georges et Denyse – Le Référendum – Le Cancre – Le Nombril
(ou ce dont vous avez envie de parler aujourd’hui !)
Insérer un maximum des mots suivants ou d’autres mots qui contiennent les syllabes do ré mi fa sol la ou si dans un texte assez court qui parle de musique ou de musiciens (ou d’autre chose) :
amidonné - aussi fat - bandeau - ceci – cela - ciré - cirer - credo - d’homicide - d’o sole mio - d’omission - d’or et d’argent - d’oraison - Debussy - docile à la femme il... - dodo - d’odorat - domicile - Dominique - Domrémy - dorer - doterait - effaré - fac simile - face au lavoir - facile - facile à cirer - facile à dorer - fade eau - fado - fado - falbalas - fallacieux - familial - familier - fardeau - faucille - Fauré - fourmi dans le dos - idolâtrer - imminent - infamie - l’admirer - l’adoré - l’affabulation - l’affalé - l’ami - l’amie outrée - l’amirauté - L’Arétin - l’arrêt - l’arrêter - l’hallali - la femme y - la rémission - La Sido - la sole - Lassie - lassitude - le Lido - le sol ciré - m’idolâtrer - m’immiscer - mikado - mille amis - mimi - miré - mirer - mirettes - mis là - missile - missive - phare effaré - phare étonnant - préfabriqué - prélat - raide au bout du mois - raie - récif - récit - réfaction - Rémi - réminiscence - résolu - si la - si raide - si raide aussi – Sibelius - Sidonie - Sissi - Six mineurs - six scies - sol - solaire - sole - solécisme - solide - solitude - solliciterait – solstice - Torpedo
- Tu devrais faire un référendum pour lui trouver un prénom à ton ouistiti ?
- C'est un chat, nom de nom, pas un Ouistiti ! Je voudrais l'appeler Agamemnon, lui dis je avec un air réjoui.
- Pas facile à prononcer, me rétorque mon ami Jean-Louis. Et comme surnom ?
- Aga ? Ag ? Qu'en penses tu ?
- Pas terrible , ça fait un peu onomatopée de film animé.
- C'est inouï, dans ma dernière visite au château de Chenonceaux pendant les vacances j'ai croisé un touriste d’Essaouira qui promenait une guenon en laisse, elle répondait quand on l'appelait Wi.
- Non ? Le diminutif de Wifi ?
- Ricanons un peu : peut être de Whisky ? Sinon quoi ?
- Moi je dirai « We are the champions » , c'est plus classe !
- Condamnons l'impérialisme américain ! A Port-Louis comme au Caire, nommons nos chats avec des noms de pharaons ! Le mien s'appellera Ramsès à défaut de Toutankhamon... ou de Nefertiti. Qu'est ce que t'en dis ?
- Ben oui , y a du choix ! Et dans les prénoms Breizh, le mien pourrait s'appeler Gwen Ha Du : il est noir et blanc !
Cette semaine, je suis étonnée de découvrir cette photo inconnue dans les affaires de ma tante récemment disparue : tout me paraît aux antipodes de ce qu'étaient sa vie et ses habitudes.
Il y a sur ce cliché un décor végétal qui me laisse désarçonnée : ma tante Mado détestait les fleurs et encore plus les fleurs en pot. Ses voisines lui avaient offert pour un anniversaire une magnifique orchidée blanche qu'elle a contemplée, exaspérée, pendant des semaines sur sa table de cuisine en attendant qu'elle se fane enfin et en me demandant à chaque visite : « Tu sais combien de temps ça dure ces plantes-là ?».
On peut donc en déduire que ce n'est pas chez elle mais chez quelqu’un d'autre.
Sur cette photo, la personne assise a à peu près la corpulence de ma tante mais elle porte un pantalon beige foncé qui ne me semble ne pas pouvoir appartenir à la garde-robe presque exclusivement bleu marine et blanche que je lui connais. Les chaussettes noires, par contre sont tout à fait dans ses habitudes. La question est donc pourquoi ne porte-t-elle pas de pantalon marine ? J'en suis troublée.
Mais le plus étonnant est de la voir lire « Le Monde », un journal complexe, pas vraiment facile à lire. Je n’ai jamais vu que « Le Figaro » sur sa table ou dans son salon et le samedi-dimanche « Le Figaro Madame » où il n'y a rien à lire et seulement des publicités glamour sur du papier glacé,
Ce n'est pas tout à fait vrai car elle lisait aussi depuis quelques années « La Croix hebdo » et depuis toujours elle feuilletait le Ouest-France au petit déjeuner pour y découvrir, fascinée, qu'elle résistait mieux que ses copines plus jeunes quand passait la charrette de l’Ankou.
Curieuse et intriguée, je me saisis d'une pièce de 20 centimes et je commence à gratter doucement la surface du journal, comme dans les tickets de loto à gratter ou les petits bons que l'on vous donne à la caisse du supermarché et où il faut faire apparaître trois paquets de farine pour en gagner dix kilos. Je gratte délicatement en soufflant sur les flocons de papier pour dégager la surface sous le journal et, je vous le confirme, ce n'est pas du tout ma tante Mado qui apparaît.
J'en suis encore ébahie ! Mais qui est donc ce bel homme ?
Soit, d’un côté, une série de 12 photos argentiques en couleurs. Certaines n’ont pas été facturées par le photographe. On vous en attribue une ou vous en choisissez une.
Soit, d’un autre côté, un sommaire du magazine Télérama qui se présente sous la formule « Cette semaine nous sommes… captivés, touchés, charmés, saisis, transcendés, mystifiés... ». La liste complète des émotions éprouvées par les rédacteurs·trices figure ci-dessous.
Il vous est demandé d’associer l’ensemble comme suit :
1) Votre texte commencera obligatoirement par « Cette semaine nous sommes... » ou par « Cette semaine je suis... » ou par « Cette semaine X est... », X étant le nom (à remplacer) d’un personnage de fiction que vous inventerez ;
2) Le texte contiendra au moins trois des adjectifs de la liste suivante :
La calebasse contenait toute la détresse de l'impératrice qui avait noyé toute sa tristesse franco-russe dans une gigantesque vodka Martini mais aussi d'étranges traces de liquide jaunasses.
Pendant ce temps les grimaces du cacatoès étaient propices à une fausse interprétation au cirque Gruss.
La marée était basse quand l'assistante de l'impératrice avait ramassé cette vieille calebasse sur la plage au bord de la mer Baltique. Elle l'avait secouée et retournée et puis, lasse de se poser des questions, l'avait mise dans son grand cabas en pensant que cela distrairait l'impératrice de son immense chagrin.
Marco le bassiste l'avait quittée pour une pouffiasse de trapéziste et elle noyait son chagrin dans deux douzaines de vodka Martini chaque soir.
- Le spectacle continue ! clamait le trompettiste qui espérait bien tenter sa chance auprès de l'impératrice, et la vie aussi ! Attendons que les larmes se tarissent et que reviennent les sourires !
Tout le monde l'appelait l’impératrice et elle-même forçait sur les roulements de "rrr" et l'accent russe alors qu'elle était née dans un trou paumé du Nord de la France et ignorait tout des tsars et des komsomols.
De ses errances dans des petits cirques et de ses divers amants, l'impératrice n'avait gardé que peu de choses et voyageait léger . Son bien le plus précieux était un cacatoès au plumage flamboyant dénommé Jojo, jaloux et râleur, qui, du haut de son perchoir, accueillait chaque visiteur d'un « C'est la lutte finale ! » qu'il avait appris avec un révolutionnaire bolchevique convaincu.
Aussi quand le cacatoès apparut, perché sur l 'épaule du contrebassiste qui entamait les premières mesures de « La Marseillaise » et qu'il se mit à faire de terribles grimaces, chacun pensa qu'il avait des goûts musicaux éclectiques.
Pas du tout ! Ce pauvre oiseau avait la chiasse après avoir avalé une pleine calebasse de bouillabaisse dégueulasse arrosée d'anis et de mélasse sur le campus ou stationnait le cirque Gruss. C'est pas classe mais c'est cocasse !
Complice, l'impératrice lui fila un réglisse et conduisit l’olibrius dans l’omnibus qui lui servait de logis.
Souhaitons que l'angoisse et la chiasse trépassent avant Christmas !
Normalement l’amie n’y va pas avec le dos de la cuiller – elle le dit assez souvent à l’Adrienne, « Toi, tu n’oses pas répondre quand on te dit une méchanceté mais moi j’ose ! » – mais là elle est restée en carafe.
– Je n’ai pas osé leur demander si leur famille ne leur manquait pas, dit-elle.
Surtout, pense l’Adrienne, que c’est probablement pour faire bouillir la marmite de la famille qu’elles sont venues ici. Mais bien sûr, ça dit quelque chose sur l’amie : à elle, il est sûr et certain que sa famille lui manquerait énormément.
Bref, son cœur d’artichaut a eu pitié de ces jeunes femmes qui ont tout laissé derrière elles pour soigner des gens dont il a d’abord fallu apprendre la langue puis subir les remarques et les questions, toujours les mêmes, qui doivent à la longue bien leur courir sur le haricot :
– D’où êtes-vous?
Elles viennent d’Inde, probablement du Kerala qui fournit le monde entier en infirmiers et infirmières de qualité depuis quelques années.
A chaque soin, l’amie en profite pour tailler une bavette et apprendre ainsi peu à peu depuis quand elles sont là, comment s’est passé l’apprentissage du néerlandais, où elles logent…
– Elles sont gentilles, conclut-elle. Je suis bien soignée, ici.
Pourtant, même si elle est comme un coq en pâte, même si elle n’est pas encore tout à fait dans son assiette, elle est bien heureuse de rentrer chez elle la semaine prochaine.
***
L’illustration vient d’une des consignes plus anciennes de l'Atelier d'écriture de Villejean : l’Adrienne et l’amie ont beaucoup sauté à la corde, pendant les récrés de leurs 6 à 11 ans 🙂.
Cette semaine nous avons été sidérés par un dessin du Canard enchaîné sous-titré :
« Un élu vendéen, proche de Retailleau, meurt lors d'une soirée de chemsex ».
Comme nous ne sommes pas instruits mais quand même curieux nous prenons la direction de Google pour découvrir le sens de la formule. Je vous le livre, un peu troublée.
Le « chemsex » signifie la consommation de substances psychoactives dans le cadre de pratiques sexuelles. En ces termes choisis, que l'action me semble belle !
Fascinée, je demande à ma fille qui est médiatrice culturelle au Conseil départemental de la Vendée si elle sait qui est l'homme de la situation. Elle ne le connaît pas personnellement mais elle avoue que ça a bien secoué l'assemblée du département. Il s'appelle Laurent Caillaud, mort d'un arrêt cardiaque. Quand on s'appelle Caillaud, on devrait se méfier aussi !
Un peu désappointée, j'envoie, d'un clic : « Je croyais qu'en Vendée on allait à la messe mais pas à la fesse ? ». Et c'est là que mon histoire rejoint la photo proposée ci-contre.
Sous un short tout à fait anodin aux couleurs joyeuses on voit une belle paire de fesses suivies de mollets gais. Sur une pierre à côté, un pull, bien plié sur une grosse pierre, affiche ostensiblement sa couleur « caca d'oie » ou sa couleur caca tout court, genre Chaussée aux moines.
Visiblement il a été posé là pour ne pas être sali par la poussière ambiante.
Mystifiée par mes relents de catéchisme, j’entends le gros caillou qui me parle de sa voix dure ; il murmure : « Je suis pierre et sur cette pierre je bâtirai mon église, avec à l'intérieur des gens bien, des fidèles, des sincères, des assoiffés. Et, frappée par l'évidence, je me doute qu’il y aura aussi des déviants, des faux-culs et tout ce que vous voulez y mettre de couleur caca boudin. ».
Cette semaine, nous avons été époustouflés par l’homme le plus important du gouvernement qui a décidé d’appliquer la politique de la chaise vide.
Toutes les radios se sont saisies de l’événement, ravies de faire de multiples commentaires, enchantées d’avoir une audience exceptionnelle.
Ébahis, les partis politiques désorientés ont commenté, critiqué, conseillé à qui mieux mieux. Quant aux ministres, touchés, sidérés, exaspérés, déçus, ils se sont demandé si les 24 heures de travail qu’ils avaient effectuées depuis leur nomination seraient bien rémunérées et s’ils auraient droit à des indemnités de chômage.
Tout ce beau monde voudrait savoir en quoi allait consister la fameuse politique de la chaise vide. Est-ce qu’on n’aurait plus le droit de s’asseoir ? Dans ce cas, il faudrait fabriquer des tables plus hautes pour s’y appuyer et diminuer les heures des séances à l’assemblée. Certains arrogants disaient « Nous ne sommes quand même pas des femmes de ménage pour rester debout toute la journée ! ». Une compensation cependant : en restant debout, ils n’auraient plus d’hémorroïdes !
Quant au Chef suprême, comme dit ma voisine, « Il n’a pas la tâche facile ». Choisir un premier ministre parmi les 70 millions de Français, autant chercher une pépite d’or dans un champ de foin. Et pourtant, il suffirait qu’il vienne à la salle Mandoline de Villejean. Il aurait déjà un leader qui donne des sujets surprenants et neuf exécutantes qui font des rapports exceptionnels. Elle serait pas belle la vie politique ?
Pour respirer l'air de l'Irlande sans être obligé de prendre l'avion ou de faire une longue traversée en bateau au risque d'attraper le mal de mer, je vous propose simplement de vous rendre au comptoir irlandais, situé dans une belle petite rue piétonne de Lannion.
Le magasin est petit, un peu sombre et situé dans un demi sous-sol, mimant assez bien une atmosphère d'automne frisquet, aux couleurs de l'or comme en ce moment.
Je suis allée plusieurs fois en Irlande, dans diverses parties et dans des temps plus ou moins anciens, mais j'en suis souvent revenue déçue. Ça ne ressemble pas à l'image que je m'en fais. J'imagine que c’est la même chose pour les Parisiens ou les gens du Sud qui viennent en Bretagne : ils sont déçus de voir que les Bretons ne portent pas tous des cirés jaunes, des bonnets de laine type commandant Cousteau, des marinières rayées et des bottes caoutchouc.
Moi c'est pareil, je regrette que les irlandais ne portent pas en permanence leurs magnifiques pulls blanc cassé en laine naturelle avec des torsades, n'ont pas tous un teint pâle et des superbes cheveux roux, des pantalons verts en velours ou des jupes à motif tartan. De même ils ne boivent pas de la Guinness, du thé ou du whisky à toute heure et ne mangent pas des shortbreads ou des scones tout au long des semaines.
Alors suivez moi et entrons dans le « jardin de la sorcière » jusqu’au fond du magasin : des étagères où trônent des magnifiques pulls a torsades bleus, vert bouteille, noirs ou blancs, des vestes, des chaussettes assorties, des bérets tricotés... du plus mauvais goût. En face, au rayon hommes, des gilets de pépé, des casquettes à carreaux, des pulls en laine vierge boutonnés devant avec des boutons en cuir, des chaussettes chaudes en laine pour mettre dans les bottes, bref la panoplie complète pour se déguiser, hommes ou femmes, en Irlandais de légende.
En revenant vers la caisse, on croise un plein rayon de bières irlandaises dont la fameuse Guinness couleur de café et si épaisse que la cuillère tiendrait dedans, - si vous la mettez dans une tasse, vous pourrez aisément prétendre que vous buvez un petit café ! - un autre rayon de whiskies et même la fameuse Irish cream Baileys que personnellement je ne dédaigne pas quand il fait froid devant la télé ( un petit verre bien sûr).
En route vers de nouvelles aventures gastronomiques, direction la vitrine : des tasses et des mugs de porcelaine anglaise à grands motifs floraux, des confitures d'orange, de la gelée chemin creux ou arlequin, de la lemon curd ! (Ah ! La lemon curd dans une tarte au citron ou sur un cracker, c'est bon ! ).
Et des boites de fer avec des dessins de paysages irlandais remplies de gâteaux secs, spécialités plutôt anglaises d'ailleurs ou écossaises, shortbreads, brambracks, gâteaux divers pour le thé
C’est l’heure du five o clock tea ! Le thé est à gauche en entrant, des grosses boites en fer ou des petits sachets, à votre guise, en vrac ou pas, choisissez-le à votre goût !
Près de la caisse enfin, des pantoufles en imitation mouton énormes et qui ont l'air super chaudes mais que faire avec des pantoufles aussi encombrantes sinon tricoter dans son canapé ?
Si la chance vous amène dans ce jardin de délices un jeudi ou un samedi assez tôt en matinée, n hésitez pas à demander à la dame si elle a des scones : ils sont divins, un peu grillés avec du beurre salé et une confiture de framboises mais elle les cache sous une cloche au comptoir pour les habitués.
Le voyage se termine là et vous sortez du lieu avec le goût de la pluie et du vent venu de la mer, avec un air de cornemuse, bien réchauffé par ce que vous avez bu et mangé. S’il vous manque des images pour vous souvenir de votre voyage, achetez donc un calendrier pour l’an prochain ou de belles cartes postales à envoyer à vos amis, un paysage de landes et de lacs noyé dans la brume ou la photo d’un pub éclairé dans la nuit d’où s’échappent une fumée de tourbe et un air de musique irlandaise. Internet, à coté de ce voyage sensoriel, fait pâle figure.
A Dublin, le 17 mars, jour de la Saint-Patrick, Connor Mc Beth revêt son plus beau pantalon, son pardessus noir et sa chemise blanche. Il complète sa tenue avec son chapeau puis s’en va sur le pont du Liffey avec son violon sur lequel il accroche un petit sac pour récolter quelques shillings.
C’est un virtuose, Connor, et il espère bien que sa musique séduira les passants et que ceux-ci seront généreux.
Sa femme Jane, qui fait des confitures, en profite pour vendre quelques pots sur le marché. Elle a illustré les étiquettes de jolis dessins en couleur et a inventé des noms originaux : « Five O’Clock tea » pour la marmelade d’oranges, « Y’a d’la joie » pour les framboises, « En bordure des chemins » pour les mûres et bien d’autres noms encore. Elle a beaucoup d’imagination Jane.
Tous les deux aimeraient voyager. Ils n’ont jamais quitté l’Irlande. Ils espèrent bien réaliser leur rêve de visiter Paris pendant qu’ils sont encore en forme.
Toute la journée Connor a joué du violon. C’était si beau que les promeneurs s’arrêtaient pour l’écouter. Ils applaudissaient à la fin de chaque morceau mais les shillings n’étaient pas au rendez-vous.
Quelques pièces tombaient dans son escarcelle, tout juste de quoi offrir à sa femme un repas au restaurant.
De son côté, Jane a vendu quelques pots de confiture. Le cœur sur la main elle en a donné beaucoup à des enfants ou à des gens plus miséreux qu’elle.
Lorsqu’elle a retrouvé Connor à la fin de la journée, ils sont allés se promener le long du fleuve jusqu’au jardin de la sorcière et là, Jane a dit à son homme :
- Je t’ai gardé mon meilleur pot de confiture, celui que j’ai appelé « la vie en rose ». Rêvons encore et encore de faire un jour notre voyage. En attendant, « carpe diem », profitons du temps présent, allons boire une bière au pub et après nous irons danser.
1) Nous collectons des rimes à « asse », « esse », « isse », « osse », et « usse » ("ace", "èce" etc. sont admis aussi)
2) Écrivez une phrase dans laquelle les mots contenant les voyelles a e i o u dans leur syllabe finale se suivent dans cet ordre.
Exemple : « Ca m’agace que l’abbesse mange du réglisse tranquillos pendant l’angelus ».
Essayez d’enchaîner sur une deuxième phrase bâtie de la même façon. Continuez ensuite votre texte tout à fait librement.
Si vous voulez n’écrire que des phrases courtes sur le modèle indiqué, ou faire tout un poème rimé respectant le principe, les mots de la collecte et ceux de la liste ci-dessous sont à votre disposition :
Comme je suis sensible à l'harmonie des couleurs, mon œil de photographe a flashé sur deux photos ravissantes : un camaïeu de mauve, violet très doux et de divers gris juste interrompus par un aplat de vert pour rappeler que nous sommes bien en Irlande.
Pas de mélange tape à l’œil genre gelée d'Arlequin mais une sobriété élégante pour ces couleurs juste éclairées de quelques taches blanches.
Devant la porte de J. Fitzgerald une beauté avec un pelage aux couleurs de l'or est là qui m'attend. Elle guette mon retour des îles où je suis allée voir la vie en rose crevette.
La pêche là bas est symbole d'abondance. Elle sait bien que chaque fois que je reviens en Irlande c'est en route pour de nouvelles aventures halieutiques et pas que pour ça.
Cette chienne que j'appelle Éclipse parce que je ne la vois que lors de mes voyages n'est pas que belle à voir, elle est aussi futée. Elle sait, je ne sais comment, que je ne viens pas chez Fitzgerald pour le « five o'clock tea » mais pour l'inscription au dessus de la porte, « Licensed to sell wine, spirit & beer », autrement dit « habilité à vendre vin, spiritueux et bière ».
Bien entendu j'aime la Guinness mais pas trop le whiskey ; cependant avec l'Irish coffee y'a d'la joie ! Les fameux Sherry numérotés sont un bonheur. Pour trouver celui qui nous plaît il faut goûter directement au fût plusieurs numéros et après c'est... Paf ! Un, deux, trois, soleil !
Ah ! Les beaux jours en Irlande, les haies de fuchsias en bordure de chemin, l'odeur de la tourbe dans la cheminée, les plages avec un goût de moyen-âge avec une couverture à la place d'une serviette, des chambres à air à la place des bouées pour les enfants !
La musique présente dans les pubs et, sur le devant, les jeunes qui dansent, non pas avec une volupté volcanique mais avec une raideur très technique, acrobatique, avec une énergie fantastique.
Non, l'Irlande on ne dirait pas le sud. C'est justement son charme, c'est unique, les soirées joyeuses entre le gris et le mauve. Entre le rire et la nostalgie et les regards amicaux.
Que vous y soyez déjà allé·e ou pas, nous allons nous intéresser aujourd’hui à l’Irlande à travers les photos de Liam Blake récupérées dans un agenda de 1984. Chaque participant·e en choisit une ou plusieurs et s'en inspire pour rédiger quelque chose ayant trait à l'Irlande..
Il lui est demandé d’inclure en outre dans son texte deux expressions de cette liste : ce sont des noms attribués à des confitures.
Ah ! les beaux jours - Anges - Automne - Aux couleurs de l’or - Beauté - Belle à voir - Contre les sortilèges - Dans le jardin de la sorcière - Eclipse - En bordure des chemins - En route vers de nouvelles aventures - Energie - Five o’clock tea - Gâterie d’écureuil - Gelée arlequin - Gelée chemin creux - Il était une fois… - La Joyeuse - La vie en rose - On dirait le sud - Pour la fête du Fénétra - Promenons-nous dans les bois - Retour des îles - Saveurs du Moyen Age - Symbole d’abondance - Un goût du moyen Age - Un, deux, trois, Soleil… - Vive le printemps - Volupté volcanique - Y’a d’la joie -
J’ai aimé Myrtille à la crèche. En maternelle, ma petite copine, c’était Madeleine ; en primaire Charlotte. Au collège, j’ai craqué pour Cerise. Au lycée, j’ai fréquenté Vanille. Étudiant, je suis tombé amoureux fou de Prune. Adulte, j’ai rencontré Clémentine.
Elle était alors en couple avec Marcellin, un gars aux cheveux poivre et sel avec de la brioche. Il travaillait dans la même boîte que Clémentine et moi. Quelle tête de lard que ce Marcellin ! Il cassait du sucre sur le dos de tous et il n’y allait pas avec le dos de la cuillère, tout ça dans le dos ! Il n’avait pas la franchise de dire ce qu’il pensait devant les gens concernés, il était alors tout sucre et tout miel. Personne n’était dupe. Je ne comprenais pas que Clémentine, cette fille qui avait du goût, ait pu se mettre en couple avec un cornichon pareil.
Quand je la voyais le midi au resto d’entreprise, je la dévorais des yeux. Elle m’ignorait superbement, assise en face de son Marcellin. J’en étais tout chocolat. Je regrettais de ne pas l’avoir connue avant qu’elle se mette en couple avec cette andouille. Je me disais « les carottes sont cuites ! ». Je me sentais de plus en plus mal, j’étais désespéré. Le soir je rentrais chez moi et je chialais comme une madeleine. Je comptais pour des prunes dans le cœur de Clémentine, elle brisait mon petit cœur d’artichaut.
Et puis un jour, entre la poire et le fromage (un camembert au cœur coulant, je me rappelle), nos regards se sont croisés et, cerise sur le gâteau, elle n’a pas détourné les yeux. Ça s’est répété les jours suivants avant que Marcellin repère ce qui se passait. La moutarde lui est rapidement montée au nez. Il s’est approché de ma table et m’a frappé. Je suis tombé dans les pommes. Le lendemain, je me suis retrouvé avec un œil au beurre noir. Un coup de Marcellin qu’est brut de pomme, c’est pas de la tarte ! Je ne suis pas le chevalier Bayard sans beurre et sans reproches, j’ai démissionné dès le lendemain.
J’ai retrouvé un nouveau travail pour faire bouillir la marmite. Je vends des gamelles et des ustensiles de cuisine pour les restaurants. Ma chef, elle s’appelle Cannelle. C’est une grosse légume de la boîte. Elle me plaît vraiment. Je ne fais pas le fayot avec elle mais je mets les bouchées double pour la satisfaire. Elle est si douce, elle sent si bon… et vit seule dans un appartement à Chantilly où je l’ai suivie discrètement un soir. Je ne sais pas si je réussirai à la séduire. J’espère ne pas faire chou blanc mais pouvoir croquer la pomme avec elle...
Dans l'intimité voilée la première lumière, un bouquet de tendresse s'élève, flou comme un souvenir caressé.
Ses pétales, chuchotis de soie et de clarté, s'abandonnent à la grâce éphémère d'un vase secret.
L'eau, invisible donatrice, murmure la survie, une lente danse pour prolonger le souffle d'une beauté offerte.
Chaque goutte est une promesse, un battement de cœur suspendu, et le titre se fait écho d'une dévotion où l'existence d'un être devient la plus précieuse des mélodies.
C'est l'âme d'une vie qui s'accroche, portée par le cristal et le temps.
Puis, le regard s'évade, plongeant dans l'immensité argentée du monde.
Là, sous le ciel de Bretagne, l'eau s'étire, miroir fidèle des cimes et des profondeurs.
Un arbre majestueux, silhouette d'encre et de vie, se reflète dans les cercles concentriques de l'ondulation.
Chaque frisson de surface est une pulsion, un souffle qui traverse les époques.
Ce n'est pas la survie d'un instant mais la vie resplendissante elle-même ancrée et épanouie.
Les racines plongent, invisibles et puissants, et l'eau est la sève qui monte, la sève qui danse, la sève qui sculpte la grandeur.
Le paysage chante l'éternité des choses, la force tranquille qui jaillit des profondeurs.
***
Entre le flou intime du bouquet et la clarté du reflet boisé, l'eau tisse son fil d'argent.
Elle est la survie discrète dans l'obscurité d'un vase puis la vie débordante qui fait résonner le monde.
Deux rives d'une même essence, deux chants d'un élément vital, prouvant que, de la plus petite goutte à l'étendue infinie, l'eau reste le berceau et le souffle de l'existence, un écho poétique entre le cœur qui aime et la nature qui respire.