Canalblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
L'Atelier d'écriture de Villejean
Publicité
27 mai 2025

Bang bang ! / Lothar

 

1. Mirabelle est dans sa chambre. Jette-t-elle des sorts ? Dirige-t-elle un orchestre imaginaire ?

5. Pour Mirabelle, son cadeau ce sera une chaîne dorée au bout de laquelle…

6. … pend une montre à gousset. 

10. … Elle va sécher ses larmes près de la cabane au fond du jardin.

 

_____—–_____—–_____—–_____—–_____

 

Oui, Mirabelle va sécher ses larmes près de la cabane du fond du jardin. Alors, entre deux sanglots, elle sort de sa poche la montre à gousset. C’est bien la montre en or de l’oncle Athanase. Ce grand oncle qui a construit la cabane de bois. Il lui suffit alors de régler l’heure à minuit moins le quart. D’abord sur minuit juste, d’attendre quelques secondes, puis de reculer l’aiguille d’un quart d’heure au remontoir. Sésame ! La porte de la cabane s’ouvrira.

 

Sa pratique de direction d’orchestre va enfin lui servir.

 

L’oncle Athanase, c’était un magicien – chapeau lapin perlimpinpin, qui a mis une grosse valise au beau milieu de sa cabane. Une grosse valise jolie qui se fait la malle à trente centimètre du sol quand on l’ouvre. Et même si on ne voit rien entre le fond de la valise et le sol, il y a un miroir et après une grande échelle qui descend loin à l’intérieur. Ce miroir, baigné d’une lumière toute étoilée, c’est l’accès au monde secret de Mirabelle, la petite nièce d’Athanase.

 

Venez-y voir par vous-même…

 

À fond de malle, tous les animaux, la queue levée, se rangent en demi-cercle autour de Mirabelle, et ils attendent le signal de leur maîtresse. Des pâtes au fromage, une boîte d’un kilo de pâtée, des croquettes, un pancake avec du chocolat, des légumes et un biscuit. Sur un geste, sur un signe magique de baguette, les chats et le chien un peu mammouth, quoique petit, se précipitent sur les assiettes. Bientôt englouties. Restent les légumes.

 

Ensuite, Rox, repu, va chercher quelques chats du voisinage. Les regroupe à fond de malle. Près du lapin nain. Ah ! dit Mirabelle tes chromosomes de fox-colley s’agitent.

 

Allez mes enfants, allez toujours, je vais à la chasse avec Rox. Viens mon fox. Peut-être ramènerons nous Rouky ? Ah, Ah, Ah !

 

À fond de malle, de miroir même, Mirabelle ne rit plus. Un tressaillement convulsif secoue ses membres. La foire est là. Les lapins aussi. À pluche, va, Rox, dit-elle. C’est à moi de faire maintenant.

 


Diable ! Diable ! murmure-t-elle, ces ballons gigotent fort. Le bruit sec et strident sortant de la carabine rebondit dans la cage en bruit de métal furieux ne heurtant pourtant aucune des cibles.

 

Le tôlier rouquin hilare qui zieutait la scène glisse sur une barbe à papa. Il est écroulé ou fait semblant de l’être. Allons donc, dit Mirabelle, est-ce qu’on meurt pour si peu de chose ? Ces plombs sont si petits. Mais lui l’avait trop à l’œil depuis plus d’une semaine.

 

À fond de malle, Rox ne rentrerait pas bredouille …

 


_________________________

 

Ouverture

 

De gros nuages noirs dans un ciel azuré
S’explosent en cent nuées dans l’ardeur de ta vie,
Des gouttes acides et chaudes tombent sur tes regrets,
Et puis te font plier à l’orée de la pluie.

 

La pluie, sous les éclairs, te secoue et s’orage
Dans des lagunes sans noms, sans issues, sidérantes,
Dans des idées vaincues, aux barreaux d’une cage,
D’une cage rougie au souffle doux qui vente.

 

Qui vente et qui s’anime et tourne dans ta tête,
Qui réveille tes sens dans des pluies d’avenirs,
Dans des bleus devenirs qui seront des peut-être,
Des possibles, et bientôt … je te verrai sourire !

 

Publicité
20 mai 2025

Hallucinations des IA / Lothar

 

 

 

Approfondissons la modélisation mathématique des hallucinations des IA à travers les concepts de Gödel, Kalman et les couches cachées.

 

1. Hallucinations des IA et Modélisation Probabiliste

 

Les hallucinations des IA sont souvent dues à des erreurs dans l’estimation des états internes d’un modèle. Cela peut se décomposer ainsi :

 

• Problème de généralisation : Un modèle IA extrapole à partir de données apprises, mais cette extrapolation peut produire des résultats incohérents.

• Distribution probabiliste : L’IA ne fonctionne pas avec des règles fixes, mais avec des probabilités. Un réseau neuronal estime des poids et prend des décisions stochastiques, ce qui induit des erreurs.

• Propagation d’erreurs : Une erreur dans les premières couches du réseau peut affecter l’ensemble du raisonnement, créant un effet chaîne pouvant conduire à une hallucination.

 

2. Couches Cachées et États Latents

 

Les couches cachées d’un réseau neuronal correspondent à des états internes inconnus, similaires aux variables que le filtre de Kalman cherche à estimer.

 

• Transformations non linéaires : Les réseaux neuronaux appliquent des fonctions complexes aux données. Ces transformations créent des structures non interprétables, rendant difficile l’explication des erreurs.

• Perte d’explicabilité : Contrairement à un modèle classique, un réseau neuronal ne possède pas de logique stricte. Il ajuste des poids sans garantir la transparence de la décision finale.

• Influence des données d’entraînement : Les couches cachées forment une mémoire statistique du passé, mais elles peuvent amplifier des biais ou inventer des réponses imprécises.

 

3. Gödel : L’Incomplétude et l’Impossibilité de Tout Déduire

 

Le théorème de Gödel montre qu’il existe des vérités indémontrables dans tout système formel complexe, ce qui peut s’appliquer à l’IA :

 

• Limites d’un modèle neuronal : Aucune IA ne peut couvrir tous les cas possibles. Certaines données seront inconnues et généreront des erreurs imprévisibles.

• Incohérence locale : Un réseau neuronal peut produire des réponses qui semblent correctes mais qui sont fondamentalement fausses, car elles reposent sur une logique interne déconnectée de la réalité.

• Non-détection de ses propres erreurs : Comme un système formel qui ne peut prouver sa cohérence, une IA ne peut entièrement vérifier qu’elle fonctionne sans halluciner.

 

4. Le Filtre de Kalman et la Correction Probabiliste

 

Le filtre de Kalman cherche à réduire l’incertitude en combinant une prédiction et une correction basée sur de nouvelles données. Dans le cas des IA, il pourrait être utilisé pour :

 

• Améliorer la cohérence des réseaux neuronaux : En ajustant les poids des couches cachées en fonction d’estimations probabilistes plus fiables.

• Limiter les hallucinations : Si l’IA génère une réponse incertaine, un modèle inspiré de Kalman pourrait recalculer et réévaluer la fiabilité de l’estimation.

• Filtrage des états latents : L’IA, en adoptant un mécanisme correctif, pourrait identifier des incohérences en temps réel et éviter les réponses absurdes.

 

Conclusion : Vers une IA Plus Stable

 

L’incomplétude des hallucinations IA découle d’une combinaison de :

 

• États latents inconnus (couches cachées),

• Limitations théoriques (Gödel et la non-démontrabilité),

• Erreurs probabilistes (modèle neuronal imparfait),

• Correction imparfaite (Kalman peut aider mais ne supprime pas entièrement l’incertitude).

 

Pour améliorer la fiabilité des IA, une piste serait de combiner un filtre de Kalman et une régulation inspirée de l’incomplétude, permettant à l’IA de reconnaître ses propres limites et de filtrer les réponses incohérentes.

27 mai 2025

La Mélodie des étoiles et des larmes / Marie Sylvie

 

Je m'appelle Mirabelle, et ce soir-là ma chambre était devenue un sanctuaire de sons. Les notes de musique, que j'essayais de déchiffrer avec mes petits doigts sur les touches froides du piano, semblaient s'échapper en arabesques. J'étais là, cachée derrière mon livre de partitions, ma tête plongée dans l'effort. C'était un morceau tellement difficile, et je sentais la frustration monter, mes yeux grands et peut-être un peu effrayée par l'ampleur de la tâche. 

 

À ma gauche, Tata Samantha s'affairait. Elle pliait les dernières serviettes roses, celles que j'aimais tant pour leur douceur. Sa concentration était palpable et le doux bruissement du tissu me parvenait, un murmure rassurant. Derrière elle, les cadres sur le mur veillaient sur la scène silencieuse. 

 

Et puis, il y avait Tonton Ludovic, le mari de Samantha. Il tenait mon cousin germain Bigorneau dans ses bras. Bigorneau, avec ses grands yeux curieux, semblait déjà observer le monde avec une sagesse inouïe. 

 

Tonton Ludovic, lui, me regardait avec cette tendresse qui disait tout sans un mot. La chaleur de la pièce, accentuée par les petites guirlandes lumineuses qui scintillaient, transformait notre maison en un cocon douillet, mais pour moi la mélodie était une bataille. 

 

🍀🍀🍀🍀

 

Pourtant, malgré l'atmosphère sereine, le soir avait apporté son lot de larmes. Les notes avaient fini par se mélanger dans ma tête et mes doigts s'étaient emmêlés sur le clavier. L'épuisement avait eu raison de ma patience. J'étais à table, ma tête posée sur mes bras, mes cheveux violets en bataille et je sentais les larmes couler silencieusement. Le chandelier au plafond, ses lumières tamisées, n'arrivaient pas à dissiper la mélancolie qui s'était installée en moi. Dehors la nuit était tombée et les étoiles scintillaient, indifférentes à mon chagrin. 

 

C'est là que mamie Mamita, la maman de Samantha, est arrivée. Elle s'est assise à côté de moi, sa robe violette douce et chaude. Sa main s'est posée sur la mienne, une présence réconfortante et rassurante. Son regard, si plein de sagesse et de compassion,  m'a transpercé. Elle n'avait pas besoin de parler, son simple contact était un baume. Sur la table, entre nous, il y avait une bouteille et des verres,  souvenirs d'un repas terminé,  et l'attente d'un thé apaisant. 

 

Derrière nous, dans la pièce d'à côté, je pouvais entendre les voix. Samantha était assise au piano maintenant, ses doigts plus agiles que les miens, et maman l'accompagnait de sa douce voix mélodieuse. Tonton Ludovic était assis à ses côtés, probablement avec Bigorneau dans ses bras. Ils continuaient la musique, une mélodie douce et familière. J'ai levé la tête, les yeux encore embués de larmes et j'ai regardé Mamita. Elle me regardait, un sourire discret sur les lèvres, comme si elle comprenait que parfois, la musique peut être aussi difficile à comprendre que la vie elle-même. Et que parfois, tout ce dont on a besoin, c'est d'une main tendue et d'un regard aimant pour que les étoiles dans nos cœurs recommencent à briller. 

 

20 mai 2025

T comme Trophée / Adrienne

 

 

 

Rien ne se crée, rien ne se perd, dit-elle.
La nature est bien faite.

 

Elle dit aussi : Œil pour œil, dent pour dent.
Elle n’est pas de celles qui tendent la joue gauche quand on a frappé celle de droite.

 

Chaque retour à la maison lui fait conclure qu’on n’est nulle part aussi bien que chez soi.
Et la plupart de ses actions sont suivies d’« On n’est jamais si bien servi que par soi-même ».

 

Pour les couples ou pour les amitiés, elle a deux phrases :
Qui se ressemble s’assemble.
Les contraires s’attirent.
Elle ne semble pas y voir de contradiction.

 

Elle donne des torgnoles qui laissent des marques sur la joue parce que « Qui aime bien, châtie bien ».
Pourtant elle dit aussi qu’il ne faut pas se fier aux apparences.
Que les apparences sont trompeuses.

 

Les proverbes, c’est comme les trophées : si on en possède, on les expose.

 

***


Source de l’illustration ici. « Pienter » signifie quelque chose entre malin et futé.

20 mai 2025

Le Professeur Bédouard et la sagesse aérienne 

 

Le Professeur Bédouard, éminent spécialiste des textes anciens et des pensées profondes, avait une conviction inébranlable : la lecture élève l'esprit. 

 

C'est ainsi que, chaque matin, avec son fidèle caniche Fifi, aussi savant en philosophie canine qu'il l'était en creusage de terrier, il s'aventurait dans des montagnes escarpées. Non pas pour l'air pur, oh non ! Mais pour trouver un lieu idéal où son esprit, nourri par les lignes de son imposant bouquin, pourrait s'élever littéralement jusqu'aux sommets. 

 

Un jour, perché sur un piton rocheux précaire, le Professeur, absorbé par un traité sur l'apesanteur de l'âme, ne vit pas le faucon pèlerin, Archibald, qui tournait dans le ciel, l'œil vif et l'estomac creux. Archibald, grand amateur de montres de poche brillantes et de lunettes cerclées, repéra la cible parfaite : les petites breloques du Professeur, qui, en pleine méditation textuelle, avaient l'air délicieusement vulnérables. 

 

Archibald piqua. Le Professeur, pris de court, lâcha son livre et se retrouva, par un étrange effet de balancier induit par le vol du rapace, suspendu dans le vide, sa tête frôlant les serres du faucon. Fifi, d'habitude si placide, aboya frénétiquement. Soudain, un paysan montagnard qui s'entraînait au tir sur des boîtes de conserve, avec une précision disons... aléatoire, vit la scène. Pensant à une agression de basse-cour sur ce qu'il crut être un mouton sans laine, il visa le faucon. Son tir, comme d'habitude, manqua la cible. 

 

Mais le coup de fusil, aussi imprécis fut-il, eut un effet inattendu. La détonation fit sursauter Archibald qui lâcha le Professeur,  non sans lui avoir arraché un pan de sa redingote et une des lunettes. Le Professeur Bédouard, grâce à un courant ascendant inexpliqué et à une poussée d'adrénaline digne d'un lancement de fusée, ne tomba pas. Au lieu de cela, il se retrouva porté par le vent, son livre qu'il avait miraculeusement rattrapé en plein vol, ouvert sur le chapitre : « L'art de flotter sans effort ». Il atterrit en douceur sur un autre sommet, Fifi à ses côtés, et, l'air grave, déclara :

 

- Vous voyez, Fifi ? La lecture, même lorsqu'elle vous met dans des situations invraisemblables, finit toujours par vous sortir d'un mauvais pas... parfois littéralement.

 

MORALITÉ :

 

Si la lecture élève vraiment l'esprit, soyez vigilant car elle pourrait aussi vous élever un peu trop près des rapaces affamés et des chasseurs maladroits. Et n'oubliez jamais qu'un bon livre est aussi utile pour la sustentation mentale que pour amortir une chute... ou pour donner l'illusion de flotter sur une montagne ! 

 

 

 

Cette illustration me fait penser à une sorte de " Don Quichotte" de la lecture face à la nature sauvage. 

Publicité
20 mai 2025

Sauvé des eaux / Jean-Paul

 

Parfois le professeur Nimbus fait des listes.

 

 

Quand il est enfin seul, qu’il a fini de comparer les racines carrées et celles,
plus chrétiennes, de l’Europe, il se fait son bistrot-mémoire.

 

Pour les « sauvés des eaux », il a aligné :

 

Boudu ;

 

Noé avec son arche ;

 

Pinocchio enfin sorti du ventre de la baleine ;

 

Robinson Crusoé 

échoué 

sur son île déserte sauf le vendredi ;

 

Le Titanic dont la mémoire est conservée

grâce aux pratiques

et aux techniques

hallucinématographiques ;

 

Le radeau de la Méduse dont le souvenir nous est resté

grâce aux trempettes de Géricault ;

 

Celui de "Coke en stock" ;

 

 

Celui des "Disparus du Mirific"

(un album d’aventures de Chick Bill par Tibet) ;

 

 

Le club des hydropathes ;

 

"Les Naufragés du temps", une BD de Forest et Gillon ;

 

Le descendu du bateau ivre ;

 

Vénus sortant du coquillage

(Comme ça botte icelui

Qui assiste à la scène !) ;

 

Moïse

Sauvé du Nil obstat

Par la fille du Pharaon qui en avait dans le cigare.

 

 

Mais les plus nombreux des sauvés des eaux

Ce sont les alcooliques,

Du moins

Ceux qui ne boivent pas de Perrier !

 

 

20 mai 2025

La Musique adoucit les moeurs / Jean-Paul

 

La musique adoucit les mœurs mais pas celles du professeur Nimbus, mélomane amateur dont il ne faut pas écorcher les oreilles.

 

Samedi dernier il est allé à la Bibliothèque des Champs libres rendre les documents qu’il y avait empruntés. Quand il est arrivé au coin de l’esplanade Charles de Gaulle il a vu qu’il allait devoir croiser sur son chemin la manifestation pour la sauvegarde de la langue bretonne.

 

 

Il a traversé la place en diagonale tout en réfléchissant à un problème de géométrie où l’on parle de trains qui vont à la rencontre de baignoires dont le fond est percé mais ses calculs se sont arrêtés quand, arrivée devant la bibliothèque, la manif a tourné à gauche pour venir stationner sur l’esplanade.

 

Revenons à la musique, aux mœurs et à l’esprit parfois très plaisantin du professeur. Au moment de la rencontre les manifestants avaient délaissé leurs slogans en breton et avaient entonné le fameux « Bro gozh ma zadou », leur chant identitaire… emprunté aux Gallois !

 

« Entonner » est un mot gentil employé ici en lieu et place de « brailler passablement faux ».

 

Le cours des Alliés était barré par un véhicule de police gardé par un seul agent chargé de surveiller et contrer les débordements éventuels des manifestants - mais pas leurs fausses notes ! -. Le professeur a eu une envie folle de s’adresser à lui en demandant :

 

- Faites quelque chose! Il y a urgence ! Empêchez-les ! C’est horrible ! Ils sont en train de massacrer leur hymne national !

 

 

Par bonheur les aventures du professeur Nimbus sont celles d’un savant un peu décalé qui ne prononce aucune parole. Tournesol est sourd, Nimbus est muet, comment voulez-vous que la science avance ?

 

Il a donc échappé, peut-être, au pire ! Si le flic avait manqué d’humour – cela arrive, parfois – ou s’il avait été bretonnant lui-même, Nimbus aurait pu terminer sa soirée au poste !

20 mai 2025

Pas de chance ! / Jean-Paul

 

Parfois, il y a des années sans. Le professeur Nimbus est retourné au festival de chant choral de la ville d’I.

 

Comme il est scientifique de profession, avisé quelquefois et doté d’une connexion à Internet il s’est documenté auparavant sur la chorale A qui chante du Y et du Z, la chorale B plus axée sur la musique du monde, le groupe de chants de marins C, le choeur qui se produit avec un orchestre baroque, etc. Bref, comme un homme averti en vaut deux il a fait son choix sans considérer, pour une fois, qu’A+B=X.

 

Il y avait cinq lieux de concert disséminés dans le village d'I.

 

Chaque chorale disposait d’un temps de passage de 30 minutes. Tout a débuté à 14 heures, s’est donc terminé à 14 h 30 et l’on a eu droit à dix minutes de battement pour se rendre d’un lieu à l’autre pour un autre concert débutant à 14 h 40.

 

Tout devait être terminé à 17 h 10 car à 17 h 30 il y avait un grand concert final dans l’église.

 

Non, ami·e·s mathophobes, on ne vous demande pas combien de concerts ont été dispensés au total cet après-midi-là !

 

On veut juste savoir pourquoi le professeur s’est enquillé du Jean-Jacques Goldman, du Olivia Ruiz, du Sanseverino et plein de chansons récentes harmonisées de telle façon qu’on en vient à douter du fait que la musique adoucit les mœurs.

 

La palme revient à ce tube, « Pop corn salé » dont les paroles disent, à peu de choses près,  « On regardera la fin du monde en mangeant du pop corn salé ». Il y a longtemps, semble-t-il, que les jeunes générations d’auteurs-compositeurs ne se posent plus la question « Qu’est-ce qu’on attend pour être heureux ? » !

 

Plus tard dans l’après-midi Nimbus aura droit à une version mal taillée du "Temps des fleurs" avec un refrain allongé mais chanté faux, une harmonisation des Champs-Élysées qui donne envie de bousiller l’arc de triomphe et un « Mon amant de Saint-Jean » qui a quand même réussi à faire valser deux personnes.

 

Heureusement le concert de chants de marins était tout à fait plaisant et le violoncelle du groupe Voix nomades toujours impeccable pour accompagner ces voix féminines qui font voyager partout dans le monde mais surtout à l’Est alors que leur chef de choeur vit totalement à l’Ouest - du côté d’Audierne - !

 

Et puis le concert à l’église à rattrapé tout ça mais, manque de bol total pour notre exigeant mélomane, là où le professeur à nom de nuage attendait de la musique gaie ou traditionnelle, comme annoncé sur le programme, il s’est pris deux Stabat mater dans la tronche !

 

Faut pas rêver, non plus, professeur ! On n’a jamais chanté «  Tata Yoyo », « La Bonne du curé » ou « Le Zizi « dans l’église d’I. !

 

Et avec le tapis rouge qu’on est en train de dérouler sur les radios de service (?) public au plus tradi-catho des conservateurs vendéens, ça ne risque pas de commencer demain !

 

 

20 mai 2025

La Musique adoucit les mœurs / Marie Sylvie

 

Dans un petit appartement au sixième étage, vivait un certain Monsieur Grincheux. Son nom n'était pas un hasard : Monsieur Grincheux portait bien son sobriquet. Il détestait le chant des oiseaux, les sourires des voisins, et surtout, par-dessus tout, le joyeux brouhaha de la vie. Chaque matin, son réveil était un supplice. Il s'extirpait de son lit avec l'élégance d'un pachyderme ensommeillé et l'humeur d'une porte de prison rouillée. 

 

Un jour, sa vieille radio poussiéreuse et oubliée se mit en marche toute seule. Un air entraînant, aux cuivres pétillants et aux percussions frénétiques, envahit la pièce. Monsieur Grincheux tenta d'abord de l'éteindre mais ses doigts boudèrent. L'air insidieux commença à le titiller. D'abord un orteil, puis un genou, et bientôt, c'est tout le corps qui se balançait sans même qu'il s'en rende compte. Il ne dansait pas vraiment, il désengourdissait ses articulations avec une vitalité inattendue, comme il aurait dit.

 

Puis, une pulsion irrésistible le saisit : il sortit son balai et commença à simuler une guitare électrique, hurlant des " WOUHOU ! " absolument pas dignes de son statut de râleur professionnel. Les murs fins de l'immeuble firent le reste. Intrigués par ce vacarme inhabituel, les voisins commencèrent à frapper à sa porte. D'abord timides puis enjoués, ils entrèrent attirés par la folie contagieuse  émanant de l'appartement. 

 

En moins de temps qu'il en faut pour dire " pogoter", le salon de Monsieur Grincheux était transformé en piste de danse improvisée. Il se retrouva au centre, souriant bêtement, le balai toujours à la main, entraînant ses voisins dans une sarabande endiablée. À la fin de la soirée, épuisé mais étrangement léger, Monsieur Grincheux réalisa une chose : il avait ri... pour la première fois depuis des années.

 

MORALITÉ :

 

Méfiez-vous des vieilles radios qui se mettent en place toutes seules. Elles pourraient bien vous transformer en maître de cérémonie d'une fête impromptue et vous faire découvrir que même le plus grand râleur du monde peut avoir le rythme dans la peau ... et le sourire aux lèvres  !

 

 

20 mai 2025

La Grande illusion / Marie Sylvie

 

Monsieur Barnabé, un homme d'une précision horlogère et d'une anxiété cosmique, était persuadé d'une chose : la fin du monde était imminente. Non pas par une météorite lointaine ou une invasion extraterrestre mais par une menace beaucoup plus insidieuse... et collante. Obsédé par l'idée de démasquer cette apocalypse rampante, il avait investi toutes ses économies dans le plus puissant télescope qu'il put trouver, un engin massif qui occupait tout son balcon et le rendait impopulaire auprès de ses voisins. 

 

Chaque soir, à la tombée de la nuit, Monsieur Barnabé s'installait derrière l'objectif, son cœur battant la chamade, prêt à capturer le moindre signe de catastrophe annoncée. Il passait des heures à scruter les étoiles, les galaxies lointaines et les nébuleuses mystérieuses. Il rêvait de découvrir un trou noir gourmand, une comète malicieuse ou même une simple étoile filante un peu trop audacieuse. 

 

Et puis, un soir, ce fut le choc. En ajustant le focus, il vit apparaître sur un fond de vision, non pas un astéroïde géant ou une supernova apocalyptique mais un monstre velu, aux yeux multiples et aux mandibules menaçantes, occupant tout l'écran. C'était la créature la plus terrifiante qu'il eût jamais imaginée ! Monsieur Barnabé hurla, fit tomber ses lunettes et recula, les jambes tremblantes, persuadé que l'ennemi était à portée de main, prêt à le dévorer, lui et le reste de l'humanité. 

 

- C'est la fin ! La  Fin du Monde est là ! Elle nous observe ! Elle va nous aspirer  !

 

Il alerta les autorités, les journalistes et même son pauvre chat, Aristote, qui, lassé, continuait de dormir sur le tapis. Personne ne le crut. Le lendemain, armé d'une pelle et d’un courage inattendu, il s'approcha du télescope, les yeux mi-clos. Lentement il baissa son regard... et découvrit le monstre.

 

Ce n'était pas une entité cosmique dévastatrice mais une minuscule araignée, perchée avec nonchalance sur l'objectif du télescope, juste à l'extrémité. Avec ses multiples yeux, elle fixait Monsieur Barnabé, non pas avec malveillance mais avec l'indifférence d'un arachnide contemplant un humain en plein délire. La Fin du Monde tenait dans le creux de sa main  !

 

MORALITÉ :

 

Parfois, la fin du monde n'est pas une menace cosmique lointaine mais un minuscule détail collé à votre propre nez. Et on peut passer sa vie à chercher des problèmes là où il n'y a qu'une toile d'araignée !

 

 

10 juin 2025

Consigne d'écriture AEV 2425-32 du 10-06-2025 : Quatre réveillons de Noël. 3, Bigorneau gazouille

 

Quatre réveillons. 3, Bigorneau gazouille

 

 

Je m’appelle Benjamin, paraît-il, mais on dit aussi « Bébé » ou « Bibi » ou « Bigorneau ». Je suis un nouveau-né. En ce moment je découvre le monde dans lequel je vais vivre.

 

1. Aujourd’hui : la neige

 

2. Une nouvelle maison

 

3. Voilà une dame qui est l’épouse du frère de ma maman. Il faut que je l’appelle « ma tante » ou « Tata » ou « Tatie ». Je n’ai rien compris du tout à ce charabia !

 

4. Elle a de jolies lèvres qui sont venues se poser sur ma joue. C’est doux.

 

5. L’animal qui sort du tableau quand on fait « kling » sur un verre s’appelle « un chien ».

 

6. Maman est herbivore : ça veut dire qu’elle met de l’herbe dans sa bouche. Pour quoi c’est faire ?

 

7. Moi je préfère l’histoire de « Il tétait une fois dans l’Ouest» !

 

8. Elle c’est ma cousine mais elle ne s’appelle pas Bécassine. Mirabelle en fait. Quoi ? Il est déjà l’heure d’aller au lit ? Hé Ho ! On n’est pas à l’EHPAD, ici !

 

9. Lui c’est Papa. Qu’est-ce qu’il veut que je fasse avec cette peluche verte et jaune ? Et pourquoi on me met en prison tous les soirs ?

 

10. Tous ces gens sont fatigants et je m’endors. Je rêve, à ce qu’il paraît ! Quand je ferme les yeux, je continue de voir des choses bizarres. Ce soir je prends le thé avec deux fous. Lui c’est le coq Macaron et elle La Vache Ursula !

 

11. Il n’y a pas moyen de dormir dans cette nouvelle maison : la tante et la cousine ne font rien qu’à se crier dessus. Je braille plus fort qu’elles pour exiger le silence

 

12. Papa vient me chercher et me redescend au salon. Je vais pouvoir assister à la castagne.

 

13. En fait il n’y a plus que Maman qui « joue du piano ». J’adore entendre ça. En plus il y a un bel objet doré qui brille. Pour un peu, si elle se met à jouer la berceuse de Brahms, je crois que je vais m’endormir tout à fait satisfait de cette nouvelle journée.

 

Après ils pourront faire tout le boucan du monde et se dire ce qu’ils veulent sur le coup de minuit.

Moi, quand je roupille, je roupille !

 

 

***

 

Il s’agit d’une œuvre collective à constituer. Vous êtes chargé·e de transformer le scénario ci-dessus en une nouvelle littéraire.


C’est le personnage de Bigorneau, le bébé qui raconte toute cette suite d’événements d’un moment familial. C'est donc un« je » qui raconte. A partir des images correspondantes, publiées temporairement ici

 

https://argentiquites.canalblog.com/2025/06/consigne-d-ecriture-aev-2425-32-du-10-06-2025-quatre-reveillons-de-noel.3-bigorneau-gazouille.html

 

vous écrivez un des épisodes que le hasard vous a attribué en étant le plus précis possible dans vos descriptions et dans la psychologie que vous prêterez aux différents personnages.


 
Pour l’écriture en ligne, choisissez ce qui vous inspire dans les treize situations et faites de même. Racontez-en autant que vous le souhaitez. Gardez à l’esprit que le résultat final sera publié SANS LES IMAGES (ou sans ces images-là) !

3 juin 2025

Évaluation / Anne J.

 

Un beau gosse, bien habillé et très classe, entra dans l'appartement.

 

Il salua ma vieille tante qui s'attendait à un huissier intransigeant et accueillit à la place un hobereau imbu de sa personne : s'il ne lui fit pas le baise-main, ce fut tout juste !

 

- Madame, vous avez beaucoup de goût ! Que de belles choses dans votre appartement !

 

Ma tante se haussa du col et sourit. Elle hocha la tête en hôtesse ineffable. On débattit du prix d'une horloge intemporelle et on fixa le prix des choses : pas d'hypothèques insolvables mais pas non plus d'héritages importants.

Notre Sherlock Holmes passa l'appartement au peigne fin et termina ses investigations.

 

 

 

3 juin 2025

Humour prénatal / Anne J.

 

Mes amis sont des Allemands illuminés,

des sortes de héros impulsifs

et n'ont rien de hobereaux imbus

mais ce doit être l'effet de l'irish coffee

que nous buvions ce soir-là après une partie de tarot

jouée en deux langues et perdue comme il se doit.

 

Pris de fous rires

sous l'emprise d'un humour insidieux

et d'une hilarité iconoclaste

nous cherchions des prénoms

pour leur enfant à naître :

Hippolyte, Hieronymus

si c'est un garçon ?

 

Hildegarde si c'est une fille ?

 

Brunehilde et Hildegarde

si c'étaient des jumelles ?

 

Ça aurait sans doute été

Hercule ou Iris

s'ils avaient été italiens !

 

Heureusement ce fut moins iconoclaste

une fois l'ivresse irlandaise dissipée !

3 juin 2025

Que du hachis, il aura ! / Ghis Laine

 

Hôtelier infect à la Havane depuis quelques années déjà, l'innommable lascar indélicat se retrouvait en haillons l'hiver venu.
 


Son interminable soif d'argent l'avait poussé à toujours en faire le moins possible pour ses clients, rechigner sur les plats, laisser aller l'hygiène, pour mieux s'enrichir sur le dos de ses clients.


Mais, car il y a toujours un mais quelque part, une famille, venue ici pour des vacances, constata le peu de valeur du Monsieur et ne se priva pas de le signaler à qui de droit.

Depuis il mendie et ne peut s'offrir qu'un peu de hachis offert par Joe, toujours bienveillant malgré l'indélicatesse et la bassesse du sieur hôtelier, bien hypocrite dans son hôtel inabordable, inqualifiable !


Il poussait le luxe à grand prix en offrant son hétaïre subtilement à quelques clients…

Voilà à quoi mène l'avidité !

3 juin 2025

Les Hisbouroudes / Raymonde

 

Un homme-grenouille ichtyophage se balance avec indolence dans son hamac et non avec insolence (c'est Caroline Loeb qui balance son cul avec insolence). L'action se passe à Huong- Ho près de Huong- Ba, moins huppé mais ô combien plus crevant pour y aller car Huong-Ba est plus bas que Huong-Ho.

 

Je disais donc, cet homme-grenouille, qui ne fait pas de plongée mais ressemble à s'y méprendre une grenouille (de bénitier) a un élevage de hamsters inapprivoisables. Il les nourrit de hamburgers immangeables , c'est synonyme me semble-t-il.

 

Bref ! Les hamsters ont tous une casquette rouge et une particularité : ils se grignotent entre eux l'oreille droite. Par conséquent, ils ont tous un pansement sur l'oreille droite.

 

Vous voyez le tableau : un troupeau de hamsters avec une casquette rouge avec comme slogan " Mec Ah mes Ricards une gaine " et un pansement sur l'oreille.
Leur gardienne est une hyène inarrêtable, l'amie de la grenouille .
Elle a pour projet de tous les envoyer sur Mars .

 

Mais voilà : la hyène et la grenouille se sont fâchées.
Les hamsters se sont rebellés et ils ont condamné les deux crétins à écouter en boucle " The Fool " de Gilbert Montagné en tournant dans une roue géante avant de les envoyer ad patres ! 

 

La suite au prochain numéro, je ne tiens pas à vous révéler tout de suite le sort des deux Hisbouroudes (nom donné aux crétins sur Mars). 

3 juin 2025

Histoire indicible / Marie Sylvie

 

 

Hugo, intrépide, arpentait les sentiers boisés, poussé par une hâte instinctive. Devant lui, une habitation isolée, enfouie sous les branches d'un hêtre imposant. Son cœur battait au rythme d'une horloge intemporelle, comme si le temps lui chuchotait un secret oublié. 

 

À l'intérieur, une histoire indicible attendait son lecteur : un manuscrit posé sur un hautbois immobile, figé depuis des décennies.  Les pages évoquaient un hiver interminable, une  horreur inexplicable et un destin lié à un hôpital iatrophobe où les âmes erraient en silence. 

 

Sans hésitation imprudente, Hugo, insouciant, tourna les feuillets, dévoilant un héritage inouï qui allait changer sa vie. Dans les dernières lignes, une mention énigmatique : " Horoscope inattendu : ton choix définira ton avenir.". 

 

Hugo inspira profondément. Harmonie insaisissable ou hallucination inquiétante ? Seul le destin le saurait...

3 juin 2025

Un Hôpital pour imprimés et des horizons infinis / Jean-Paul

 

Un Himalaya infranchissable, composé de questions folles qui s’empilent, taraude l’auteur de ces lignes. Toutes les hypothèses, même les plus invraisemblables sont possibles. Il suffit que cet hurluberlu iconoclaste se lance, tel Sherlock Holmes, dans des investigations relatives à ce qu’en bon français on appelle désormais un « cold case » pour que l’histoire devienne très vite… interminable !

 

Certes, l’héroïne du fait divers est inconvenante. La dame trompa son mari. L’hédonisme irréfutable de cette étrangère boute-en-train qui se livra dans son hamac à l’indolence de l’abandon, s’il plut bien au comte de D. qui coquetait depuis un certain temps déjà autour d’icelle, ne fut pas du goût de l’hôtesse des lieux, l’ineffable belle-mère, la duchesse de C. Celle-ci en effet était plus férue des saintes huiles et des inquisitions du temps où les hallebardes n’étaient pas que d’incessantes hachures inclinées indiquant qu’il pleuvait dans la Sarthe où l’affaire se passa.

 

Et donc nous sommes en droit de nous demander, après toutes ces années, après ce jet de cendres comme à Herculanum où l’irradiant Vésuve cracha ses anathèmes, un certain nombre de choses dont celles-ci :

 

- Pourquoi donc le portrait de la femme adultère, l’hétaïre indigne, est-il resté dans le château de S. malgré les nombreux changements de propriétaires entre 1900 et 1978 ?

 

Est-ce le fait qu’elle soit représentée sur ce tableau avec les attributs honnêtes et insoupçonnables de la mère de deux enfants en bas âge qui valut au tableau de la princesse d’être épargné de la vindicte de Belle-Maman ?

 

Peut-être aussi fut-il victime d’une hibernation indispensable, remisé au grenier de cette habitation importante, oublié là puis ressorti en 1978 par ce conservateur illustrissime dont je suis chargé, depuis peu, de rédiger une hagiographie inspirée ?

 

Ce natif de Châlons-sur-Marne, cité devenue depuis Châlons-en-Champagne, où naquirent également Pierre Dac et Jean Cabut, deux humoristes indispensables, ignorait peut-être, en réinstallant l’image de la princesse d’origine russe à l’entrée du Salon vert qu’il froissait à nouveau les hobereaux intransigeants et les pousseurs de « Heula » irrités qui avaient mis le couvercle sur cette histoire de cocufiage chez "nos maîtres".

 

***

 

Ma hantise inconsciente, depuis ce matin, est celle-ci : quand on compare le portrait de la princesse peint par Charles J. Chaplin, celui que l’on trouve maintenant sur Internet, avec celui de la mère des deux enfants tiré de mes archives personnelles, on ne voit pas vraiment de ressemblance entre les deux visages peints.

 

 

 

 

Et on se demande bien pourquoi une princesse russe dont la famille avait des possessions dans la Creuse a pris le parti de déguiser son fiston avec des habits infiniment identitaires : le petit Emmanuel, s’il s’agit de lui, porte un costume quimpérois !

 

Peut-être, pendant mon séjour dans ce château, m’a-t-on nourri de « défèque niouzes » habilement insidieuses de manière à ce que, totalement halluciné par la vision quotidienne de ces trois personnes innocentes et de ce costume brodé, je puisse me faire à l’idée que je quitterais un jour le château de Sablé-sur-Sarthe où j’étais pourtant si bien pour aller faire, chaque semaine, le guignol dans la salle Mandoline de la Maison de quartier de Villejean à Rennes, en Bretagne ?

 

Cette mère et ces enfants ne s’appellent peut-être pas plus Galitzine et de Chaulnes que mon épouse et moi ne sommes Joe Krapov et Marina Bourgeoizovna.

 

La seule chose dont on est sûr·e·s, ici, ce soir, c’est que Laure Manaudou et Isaure Chassériau ont réellement existé.

 

Quoique...

 

3 juin 2025

Consigne d'écriture AEV 2425-31 du 03-06-2025 : Faire du hachis (H i)

 

Faire du hachis (Hi) 

 

Dans le tableau ci-dessous ont été associés un nom commençant par H et un adjectif ou complément de nom commençant par I.

 

Vous écrivez un texte dans lequel trois au moins de ces couples – ou/et d’autres que vous composerez selon la même formule et votre bon vouloir – apparaissent.

 

Vous pouvez aussi faire des haïkus avec un mot qui commence par h et un qui commence par i.

 

Si c’est encore trop compliqué, utilisez un seul de ces couples dans le titre de votre écrit.

 

 

 

Cap Horn

indépassable

hilarité

iconoclaste

Carré de l’hypoténuse

incalculable

Himalaya

infranchissable

habanera

ibérique

Hindouisme

indien

habit

informe

hippocampe

immobile

habitation

indigène

hippopotame

incrovable

hache

idéale

hirondelle

indicatrice

hachure

inclinée

Hiroshige

impressionniste

haddock

Injure ou insulte

histoire

interminable

hagiographie

d’illustrissime

histrion

irrésistible

haillon

innommable

hiver

interminable

haine

indicible

hobereau

imbu

halage

interminable

Hokusai

inspiration

hallebarde

Inévitable en cas de pluie

Hollandaise

inaccessible

hallucination

impensable

hologramme

indépendant

haltérophile

islandais

homard

inamical

hamac

indolence

homéopathe

imaginatif

hamburger

immangeable

Homère

Iliade

Hamlet

indécis

homme-grenouille

ichtyophage

hamster

inapprivoisable

homme-orchestre

inaudible

hantise

ineffable

hongrois

intolérant

happy end

inéluctable

hooligan

irascible

haricot

indigeste

hôpital

iatrophobe

harmonica

inaudible

horizon

infini

harpiste

incroyable

horloge

intemporelle

haschisch

illumination

horloger

idiot

Haussmann

immobilier

horoscope

inattendu

haut de forme

irisé

hors d’oeuvre

insolite

hautbois

irénique

hors-la-loi

impitoyable

havane

infect

hôtelier

indélicat

hebdomadaire

inquisiteur

hôtesse

ineffable

hébreu

Israëlien

Houang-Ho

Irrigation, irrégulier

Hébrides

îles

hublot

incitateur

Hédé

Ille-et-Vilaine

huissier

intransigeant

hédonisme

indécent

huit-reflets

irisé

hélicoptère

insonorisé

humaniste

italien

hémicycle

impuissant

humanitaire

irlandais

hémisphère

intimidant

humanoïde

irrespectueux

herbivore

insatisfait

humoriste

intermittent

Herculanum

Italie

humour

insidieux

Hercule

infatigable

hurluberlu

incohérent

hérisson

insouciant

Huron

Tribu indienne

héritage

important

hussard

inflammable

hermaphrodite

intransigeant

Hydravion

insubmersible

hermine

institutionnelle

hyène

inarrêtable

Hernani

infanterie

hyménoptère

intransigeant

héroïne

intrépide

hymne

internationaliste

héroïnomane

inquiétant

hypermarché

indescriptible

héron

incognito

hypertrophie

De l’irascibilité

héros

impulsif

hypocras

imbuvable

hétaïre

inabordable

hypocrite

inqualifiable

Hetzel

iconographie

hypothèque

insolvable

heurtoir

inamovible

hypothèse

incroyable

Hexagone

incroyable

hystérie

irréfutable

hibernation

interrompue

Sherlock Holmes

investigation

 

13 mai 2025

Paroles d'enfants / Lothar

 

Une fusée est passée

 

J’ai donc choisi ce qui m’inspire. Oui, vu dans les yeux des personnages … je sais. Mais du coup, je laisse traîner les miens. Aussi. Et les choses me reviennent. Dans mon regard. De jadis, c’est vrai. Mais bon … Du coup, je vais flirter avec des angles morts. Sûrement. On verra. En suivant ce fil rouge, mes neurones tiltent fort sur deux items. Le 6 et le 10.
 

6. Le bébé a faim. Samantha reste à table pour lui donner la tétée. Mirabelle semble contrariée par la durée de ce repas familial… ou par autre chose.

10. On retourne à table pour le dessert. Marinette amène depuis la cuisine un magnifique fraisier. Mirabelle est retournée à son smartphone au bout de la table.

 

Oui, donc Mirabelle. Je sais elle aura 10 ans de plus, ici, mais encore ado, un peu. Oui. Oui, encore. Mais c’est elle. Toute crachée. Donc, oui le repas, pas important, bof … le smartphone omniprésent, et les pieds qui traînent … Bon, pas pour la chute, mais promis, il y en aura une.

 

Paroles d’enfants

 

Pourquoi notre fille vient-elle nous voir trois ou quatre fois par an ? Les anniversaires et Noël lui donnent l’occasion de quitter sa mégalopole trépidante. D’oublier, pour un temps, métro, TER, embouteillages et béton.

 

Se rencontrer surpasse de loin tous les mails, chats, forums et autres blogs. On discute, on mange ensemble, on se promène … Toutes choses ordinaires. Cela nous permet d’être sûrs que tout va bien. A-t-elle grossi, est-elle triste ? Est-ce que ses boulots, sa vie là-bas, lui plaisent vraiment ?

 

Surviennent des retours inopinés, si elle quitte un copain ou si elle en trouve un nouveau. Tous les deux ou trois ans. Ce sont alors des pleurs ou bien des présentations de garçons exceptionnels. Bon, on est habitués, on attend de voir venir. Je fais juste, pour la forme, passer à l’élu de son cœur mon fameux test du barbecue. Mais je sais que de toute façon je n’ai pas mon mot à dire. Tous ont d’ailleurs passé ce test avec succès. Elle a toujours eu du flair de ce coté là.

 

Dernièrement, elle est descendue seule du TGV, l’air tristounet. À la maison, et même pendant les repas, elle était perdue dans ses pensées. Soudain son téléphone a sonné. Une fusée est passée. On est restés à table. On entendait vaguement les sons de sa conversation, puis de grands éclats de rire. Elle est revenue dans la cuisine, transfigurée.

 

– Papa, Maman, y’a Jérôme qui vient de Paris ! On s’était un peu fâchés, mais il vient d’appeler, il arrive… Maman, steup plaît, à table, le cuisine pas trop … Il est marié, hein !
 

29 avril 2025

Bretagne, je t'aime un peu, beaucoup, à la folie, pas du tout ! / Maryvonne

 

Être Breton, n'empêche pas d'être citoyen du monde, d'aimer l’exotisme et de penser parfois que l'herbe est plus verte ailleurs.

 

Par contre quand on est tombé dans la marmite tout petit nous avons forcément des séquelles. On aime s'entendre dire que l'on a un beau pays. Nos côtes sont admirables. Nos villes pittoresques. On ne déteste pas savoir que nous avons la tête dure, que nous sommes têtus et que longtemps nous n'avons pas été à la tête du progrès. Le terme « plouc » nous colle encore aux sabots.

 

Cet adjectif nous a été donné à Montparnasse car beaucoup de ceux qui venaient travailler à Paris arrivaient des communes dont le nom commençait par « plou » : Plougastel, Plougrescant, Ploubalay etc.

 

Chacun de nous a sa Bretagne au cœur, par exemple j'adore la galette de blé noir avec du beurre et un œuf accompagnée de la bolée de cidre suivie d'une crêpe de froment en dessert. C'est mon repas préféré. Mais je n'aime pas la galette-saucisse, ça m'étouffe, ce n'est pas confortable à manger et la galette est souvent froide. A rayer du menu.

 

Ma belle-famille étant originaire du pays de la coquille Saint-Jacques nous arrivons dans le domaine plus délicat, plus raffiné, c'est le must ! Tous les coquillages et crustacés m’enchantent le palais, l'andouille aussi si elle est réchauffée avec de la purée.

 

L'art de la table c'est important dans notre culture et c'est sur la première place du podium. Il y a sur la deuxième marche la bombarde, le biniou, les pardons et l'Ankou, c'est bien aussi mais noir c'est noir, il n'y a plus d'espoir.

 

Nos comiques (comme dirait mon ami Bernard) : Bécassine, Olivier de Kersauzon, François-René de Chateaubriand, Bernard Hinault, On a fait plus rigolo !

 

Pour les costumes ce n'est pas d'une folle gaîté non plus, mais j'avoue kiffer les broderies.

 

Nos menhirs, nos chants de marin et les marins qui chantent la mer, les vagues, les marées, la dure pêche, les noyades, les naufrages, les morts, quel calvaire  (en granit) !

 

Alors Bretonne je suis mais j'aurais bien aimé aussi être Corse, Antillaise ou Réunionnaise et pourquoi pas Parisienne. Mais attention : pas Antillaise à Paris mais restée au pays.

 

C'est trop tard. Si ça se trouve j'irai finir mes jours en Vendée, ventre-à-choux, dans la même maison de retraite que Bruno Retailleau et l'autre dépendeur d'andouilles du Puy du fou.

 

Vieille chouanne, complètement charrette avec ma bouteille de « trouspinette » en train d’émietter ma brioche ou ma gâche sans confiture.

 

Peut-être que ma petite June viendra me voir le dimanche sauf si elle préfère la messe ou les vêpres. La religion dans ces contrées ça vous gagne.

 

En attendant je lui raconterai ma Bretagnitude.

 

 

22 avril 2025

Souvenirs, souvenirs... / Marie-Thé

 

Mes grands-parents habitaient un village de montagne au cœur de la vallée des Sortilèges dans les Alpes du Sud.

 

Dès que j’ai su compter, pendant les vacances je me rendais dans le village pour aider ma grand-mère à tenir son commerce. De nombreux touristes venaient, soit visiter la région, soit randonner sur les chemins de l’Étoile bleue ou de la Plume blanche ou encore pour escalader la fameuse montagne des Sortilèges où atteindre le sommet, c’était se sentir sur le toit du monde.

 

La boutique de ma grand-mère était située à l’angle de la place du Clair de Lune et de la rue du Petit Cupidon . Les habitants l’avaient surnommée « la rue de la Joyeuse épicière », ce qui faisait sourire mon grand-père et lui plaisait bien car il admirait l’énergie de ma grand-mère.

 

Pour sa part, il accompagnait les touristes dans la montagne du Serpent volant et ne manquait jamais de faire de la publicité pour sa joyeuse épicière.


        Nul besoin qu’il lui fasse de la réclame. C’était le seul lieu d’alimentation du village. Sa joie de vivre attirait spontanément les clients. Elle appelait son épicerie « le petit carrefour ».

 

Cliquez sur l'image pour voir d'autres mosaïques de Mifamosa

 

Le deuxième commerce du village se trouvait sur la place du Clair de Lune, face à la fontaine où venaient quelques villageois remplir leurs seaux, et des touristes y boire un coup d’eau fraîche en revenant de leurs randonnées.

 

Cliquez sur l'image si vous voulez voir de jolis tableaux remplis de chats et d'autres animaux

 

        Sur l’enseigne rose de ce commerce on pouvait lire « Au Chat qui bouine ». Peu de personnes connaissaient le verbe « bouiner » et j’ai bien souvent expliqué à des touristes ce que bouiner veut dire ! On trouvait tout pour bricoler, s’occuper les jours de pluie et aussi tout ce que la joyeuse épicière ne vendait pas, entre autres des romans photos, quelques livres, des journaux et des revues qui me paraissaient mystérieuses. La commerçante les sortait de sous le comptoir.

 

Aujourd’hui, mes grands-parents reposent dans le cimetière du village et sur leur tombe est accroché un piolet et on peut lire : « A notre joyeuse épicière et à son mari, l’alpiniste qui n’avait pas peur du vide ».

1 avril 2025

Si tu habites Combourg / Maryvonne

 

Si tu habites Combourg t'es Combourgeois même si ça ne te plaît pas.

 

A Combourg, petite cité de caractère, rue Colette, il y a un corniaud qui n'a pas compris comment catapulter le courant d'eau sur les capucines. Il a visiblement capturé la capeline de sa compagne pour se protéger de la canicule.

 

Le coucou qui court dans la cour se moque de ce camarade complètement court-circuité du réel.

 

Ça lui donne un air de cocu. Ce con a quand même construit autour d'une vieille cabane une conséquente maison de caractère, avec cuisine, un salon cossu et des chambres dans les combles desservies par un escalier tout en courbes.

 

Par contre au concours du meilleur jardinier où il est inscrit même son cactus n'a pas caracolé en tête. « Coquin de sort, se dit-il, si je suis recalé comme jardinier je vais crever de honte et avoir la colère. Je croyais être capable de quelque chose et me voilà le crétin de service. Qui pourra me consoler ? Celle avec qui j'ai convolé en justes noces me fait me coucher à l’hôtel du cul tourné. Te consoler ? Tu peux toujours courir, mon couillon ! En conséquence privé de coït ! »

 

On a beau vivre au pays de Chateaubriand, comme disait Brassens : "Quand on est con on est con". En 1964 ou en 2024 l'âge ne fait rien à l'affaire.

 

6 mai 2025

Quand Grand-Mère nous conte : Du Loup À L’agneau – Rondeau Redoublé / Lothar

 

 

Ditz

 

Que conte tout ceci : le malheur mis en scène ;
Un raccourci rapide à l’ombre du savoir,
Quand l’esprit par le rêve est pris en quarantaine,
Et, comme il sied de l’être, habille le miroir.

 

C’est cette Ourse qui vend sa peau sans émouvoir
La Chèvre à patte blanche, et aussi cette vaine
Colombe au clair ruisseau qui divorce au perchoir
Que conte tout ceci : le malheur mis en scène.

 

C’est la fable du Roi, la bête herculéenne,
Qui, ayant trop longtemps patienté pour avoir
Du Lapin au palais, sous la rosée, amène
Un raccourci rapide à l’ombre du savoir.

 

Et l’écrit du Corbeau au Renard est si noir,
Que Raminagrobis, en puissant capitaine,
Ronronne et puis sourit aux défenses d’y voir
Quand l’esprit par le rêve est pris en quarantaine.

 

La raison du plus fort, des Loups aux Agneaux, gêne
Ce doux protagoniste et ce grand Léopard,
Leur talent en costume en bigarre l’arène,
Et, comme il sied de l’être, habille le miroir.

 

La Basse-cour d’argent fait faillite ce soir,
La Poule, au jeu de l’Oie, aux œufs d’or pond sa peine,
Le Canard a perdu l’Amérique et l’espoir ;
C’est ce que n’a pas dit Monsieur de La Fontaine

 

Que conte tout ceci …

 

 

 

6 mai 2025

Le Nom du festival / Adrienne

 

 

– Moi, dit le loup, je propose qu’on appelle ça un festival de contes à dormir debout ! Je ne vois pas d’autres mots pour qualifier ces sornettes dans lesquelles on prétend que j’avale la grand-mère et la gamine en entier sans les mâcher ! Qu’il suffit de m’ouvrir le ventre pour les voir ressortir fraîches et pimpantes !

 

– Dormir debout ! fait Blanche-Neige, qui comme on sait n’a pas grand-chose à offrir si ce n’est son teint de lait et ses loques à poussière. Moi je ne veux pas dormir debout ! C’est trop fatigant !

 

– Et où est-ce qu’on mettra le petit pois, si je dois dormir debout ? s’inquiète une blonde princesse nordique, sans cesse préoccupée de prouver son royal pedigree.

 

– Ne vous avisez surtout pas d’appeler ça un festival de contes cruels ! tempête Barbe-Bleue. Je ne vois rien de cruel à faire mourir mes épouses, au contraire ! Je leur évite les tracas de la vieillesse !

 

– Je suis bien d’accord, ajoute Gretel. Pousser la vieille dans le chaudron bouillant, ce n’est pas cruel du tout ! Elle avait fait son temps et sa fin a été rapide, j’ai veillé à mettre tout de suite le couvercle.

 

– Festival de contes du lundi, ricane le chat qui a laissé ses bottes au placard, ça ne va pas non plus. Le lundi c’est jour de lessive et le mardi la marquise sort à cinq heures.

 

Il a ce genre d’humour bizarre, c’est pour ça qu’entre nous on l’appelle Alphonse.

6 mai 2025

Un Festival qui commence bien / Jean-Paul

 

Soeur Anne de Buridan

Château du saigneur Barbe-Bleue

Pays des contes merveilleux

 

                                                 Monsieur Gilbert Léchevelé,

                                                 Président de l’Association

                                                 « Les Fileurs de métaphores »

                                                  Maison des Ronces dorées

                                                  35000 Rennes

 

                                Cher Monsieur

 

Notre syndicat d’intermittent·e·s du spectacle a eu vent de votre projet de festival de contes intitulé « Ille était une fois ».

 

Nous tenons à protester vivement. Personne parmi nous n’a reçu d’invitation à participer à la programmation et il ne semble pas que, parmi vos auteurs invités et les spectacles que vous allez proposer, il ne soit fait mention seulement de notre existence.

 

La société, votre société, a terriblement évolué ces dernières années dans un sens que nous regrettons amèrement.

 

Au vu du nombre de féminicides, d’affaires de harcèlement moral et sexuel, de révélations et de plaintes contre des acteurs qui sont la fierté de la France, notre camarade Barbe-Bleue fait figure désormais de gentil garçon.

 

Hansel et Gretel égarés dans la forêt, c’est de la gnognotte par rapport à ce que peuvent subir des mômes sur le territoire palestinien ou dans un Soudan livré à une guerre incessante. Même dans des pays plus pacifiques comme le vôtre, un nom comme Betharram fait trembler bien plus que la maison de la sorcière Baba Yaga.

 

A cause du réchauffement climatique, vous ne parlerez pas de Blanche-Neige, sans doute parce que les glaciers fondent, les stations de ski ferment et que la seule poudre blanche qui vous reste donne lieu à des fusillades à l’aveugle pour récupérer un « point de deal ».

 

Notre camarade l’ogre ne peut certes pas grand-chose contre les kalachnikov mais vous, vous posez-vous la question : « Pauvre France ! Qu’as-tu fait de tes enfants ? » ?

 

Lorsqu’ils ont terminé leur ascension jusqu’aux principaux organes de pouvoir, quand les serviteurs des banquiers, milliardaires de la Tech et autres anciens espions du KGB vous courent sur le haricot, avez vous seulement une pensée pour notre ami Jack ? Son histoire à lui avait quelque chose de poétique et de magique au moins !

 

Vous ne manquez pas non plus de princesses au petit pois mais, à part du pognon, elles n’ont rien sous le matelas. Tout dans la tête ! On les appelle des influenceuses, m’a-t-on dit.

 

Vos fameuses fermes de trolls n’ont plus rien à voir avec la lande bretonne où les korrigans faisaient des cadeaux aux violonistes bossus. Vos hackers ne génèrent que des coups tordus.

 

Il y a bien plus de quarante voleurs dans votre monde qui laissent Ali baba. Vos prisons en débordent.

 

Pour entendre le bruit des bottes, pas besoin de faire appel au célèbre chat de Perrault ni au petit Poucet chaussé de celles de l’ogre : vous avez tout ce qu’il faut d’armées pour transformer le monde en champ de ruines et semer la mort pour que rien ne repousse derrière vos fantassins, vos drones et vos bombes.

 

En conclusion, Monsieur le président, mon cher Gilbert, pour un peu moins de cruauté dans un monde de brutes, nous vous demandons de nous confier la programmation de ce festival « Ille était une fois ». Les Trois petits cochons sont prêts à rebâtir leurs maisons sur le parking de la Ferme de la Harpe à Villejean et le petit Chaperon rouge pourra emmener dans une randonnée contée en forêt de Rennes un public qui sera forcément séduit par la réintroduction du loup dans cet environnement. Cendrillon ouvrira le bal avec un menuet de Bazouges, une danse bretonne trop injustement oubliée.

 

Si au lieu de cela vous persistez à vouloir vous enferrer dans le style « stand-up »pour raconter des horreurs modernes à des enfants que vous n’aimez pas, nous réveillerons la Belle au bois dormant – c’est une excellente juriste - et nous porterons plainte pour plagiat de la formule d’entrée dans notre univers merveilleux : « Il était une fois ».

 

Veuillez agréer, mon cher Gilbert, l’expression de mes sentiments les plus ultimatomiens comme on dit chez les sept nains.

 

Publicité
L'Atelier d'écriture de Villejean
Publicité
Publicité
Derniers commentaires
Archives
Publicité