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L'Atelier d'écriture de Villejean
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27 septembre 2022

Rêve de voyage / Adrienne

« Le premier hôtel de l’espace ouvrira en 2025 », lit l’Adrienne éberluée, vendredi dernier.

Pour elle, ces choses-là en sont restées au stade « On a marché sur la lune » avec Tintin (en couleurs) puis avec Armstrong (en noir et blanc) et à part ça elle aimerait bien qu’on laisse la lune tranquille.

Elle ne veut pas savoir ce que ça va coûter – en dollars et en énergie – ni quelle sorte de gens se sont mis sur la liste pour ce tourisme spatial.

Elle ne veut pas savoir à quoi ils s’y occuperont pour passer le temps – lire des Tintin ? regarder A space odyssey ? – s’il y aura une piscine, un jacuzzi, un restaurant gastronomique…

Elle veut continuer à rêver aux étoiles et se dire que le petit Prince est là, quelque part.  

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7 juin 2022

I comme intempéries / Adrienne

Comment s’étaient-ils rencontrés alors qu’ils vivent selon des calendriers si différents ?
Par hasard, comme tout le monde.
Une nuit d’averses en rafales et de ruisseaux le long des rues.

Comment s’appelaient-ils ?
Que vous importe ?
L’essentiel n’est-il pas qu’en s’apercevant ils n’ont pas hésité ?
Qu’ils n’ont pas passé leur chemin sous prétexte de pluie ?

D’où venaient-ils ?
Du lieu le plus prochain, de ces maisons sombres aux fenêtre à peine éclairées et aux toits pentus sous le ciel bas. De ces maisons aux greniers emplis de malles, de petits et de grands cartons que personne n’ouvre jamais.

Où allaient-ils ?
Est-ce qu’on sait où l’on va ?
Ne s’interroge-t-on pas sans cesse, où, quand, comment, pourquoi ?
Ne devrait-on pas plutôt craindre d’oublier de rêver ?
D’oublier de cueillir l’instant présent ?

Et après ? vous demandez-vous, parce que vous attendez une histoire.
Sont-ils allés boire quelque chose de chaud ?
A-t-elle sorti un crayon de son sac pour noter les adresses, les numéros de téléphone ?
Se sont-ils empli les yeux de la vue l’un de l’autre au point d’oublier que les heures sonnent au clocher ?
Ou le ciel s’est-il éclairci et une promenade dans le parc leur a-t-elle semblé préférable, avec son odeur de terre humide et de feuilles ?

Après ?

Après, rien.
Elle est rentrée dans son couvent.

7 juin 2022

Le Royaume de l'ogre / Jean-Paul

2122-32 JK Mies-cover-02-992x560
Illustration tirée de Mies, bande dessinée de Agustin Ferrer Casas

C’est pas difficile, ils l’ont ratée, leur ville moderne. Et toute leur grande ceinture parisienne idem. On est bien placé pour en parler. On y habite.

Place de l’Averse, dans le vieux garage abandonné pour la bonne et simple raison qu’il n’y a plus de voitures ni de bus à circuler. Cette place pourrait être pratique s’il y avait des bancs pour que les amoureux puissent s’asseoir, s’embrasser et rêver d’aller cueillir des fleurs à la campagne. Mais il n’y a plus de campagne et il n’y a plus rien sur cette place, que deux petits cafés, des succursales de banque – ça il y en a encore !- et l’agence d’intérim.

Il y a quatre rues qui partent de la place. La rue des Rafales de pluie s’en va vers le Nord de la ville. De l’autre côté la rue de la Course en sac à l’échalote mène au quartier des écoles. Vers l’Est c’est l’avenue du Couvent sans oiseaux, rapport qu’effectivement, il n’y en a plus des volatiles. C’est vrai que ça fait peur, toutes ces histoires de déforestation croissante, de biodiversité qui s’en va vers la nuit du point zéro. Ça interroge, cet avenir de la Terre qui ne semble plus exister que dans une migration vers Mars.

Déjà qu’on ne prend plus jamais l’avion, tu nous vois dans une fusée ? On la trouverait violente qu’il faille monter dans une soucoupe et mettre un costume vert pour habiter la planète rouge. Ça craindrait un max, mon colon !

Mais il faut qu’on cesse de s’emplir la tête de ces angoisses. Pour oublier tout ça, pour s’éclaircir le moral et passer un bon moment mieux vaut aller vers l’Ouest, chez Riton et Rita qui ont leur troquet dans la rue des Petits ruisseaux.

Quand on en a marre du ciel bas et lourd qui plombe la cité et l’ambiance, je n’hésite pas ; j’y vais, je m’installe près de la fenêtre qui donne sur la rue, je commande à boire. Rita m’apporte un demi et le pose sur un petit carton qu’on appelle un sous-bock je crois. Puis je sors de mon vieux sac mon cahier et un crayon. Sans m’en apercevoir vraiment, je proustifie, je raconte le passé, je décolle, je m’envole par-dessus les toits. Tout devient plus léger, je me fais la malle et je remonte le calendrier avec mes questions maison.

Par exemple, Rita et Riton, depuis quand est-ce qu’ils cohabitent dans ce rade ? Quand est-ce que notre Henri a engagé Marguerite ? Comment s’étaient-ils rencontrés ? Par hasard, comme tout le monde ? D’où venaient-ils ? Où allaient-ils ? Comment s’appelaient-ils ? On ne demande pas leur nom aux patrons de bistrots sauf s’ils se prénomme tous Michel et portent un blase qui se ressemble : Delezenne, Delebarre, Delépine…

Les serveuses non plus, c’est juste un prénom ou un diminutif, et on ne s’enquiert pas de leur 06. Certaines, très susceptibles, ont vite fait de rabrouer vos ardeurs en vous renversant votre commande de boisson houblonnée sur le colback.

- Excusez ma maladresse, je suis très émotive !

Emotive et refroidissante ! Riton, complice en tout de sa protégée, tire un autre demi, vous l’amène et vous le sert en vous glissant à l’oreille :

- Je ne vous le fais pas payer mais vous savez que bien que c’est interdit par la loi de draguer comme un lourd, non ?

La tête du DSK de passage ! Nous à côté on rit sous cape et moi je fais le récit du double dérapage dans mon carnet à petits carreaux.

On y est bien, au Balto, chez Riton et Rita mais avec les poteaux on sait très bien qu’on va partir un jour. Ça demande de s’équiper super-sérieux, de s’armer de courage pour faire la route le long de ces rues labyrinthiques bordées d’immeubles de trente étages mais on le fera. Aller jusqu’au bout de la rue des Petits ruisseaux, enchaîner avec celle des Grandes rivières dans une autre ville, puis une autre. Il paraît qu’elles mènent en Bretagne et que là-bas il y aurait encore des maisons basses au bord de la mer. Et des plages sans goudron ni plastique. Il paraît. On ne peut pas savoir.

Personne n’en est jamais revenu. Parce qu’il y aurait aussi des petits Poucet qui chassent les ogres. Chaque jour ils reviennent chez eux avec un ogre dans leur gibecière pour nourrir leur papa, leur maman et leurs six frères.

On ne peut pas leur en vouloir, c’est la vie, c’est dans leur nature. Mais bientôt pour nous ce sera ça ou monter dans la fusée. Tant qu’à faire, « Qu’on se pende ici, qu’on se pende ailleurs, s’il faut se pendre ! », comme dit une très vieille chanson. « L’aventure commence à l'aurore » répond une autre.

25 janvier 2022

La fin de l'humanité / La Licorne

La fin de l'humanité vient de débuter. 

Non, pas la fin du genre humain, pas la catastrophe apocalyptique,  
pas celle qu'Hollywood nous présente régulièrement 
à grand renfort d'effets spéciaux.

Je ne vous parle pas de celle-là. 

Je vous parle de l'humanité telle que la définissent 
le Grand Robert et le Petit Larousse :

HUMANITE :  

Bonté, bienveillance de l'homme pour ses semblables.
Faire oeuvre d'humanité, manquer d'humanité...

C'est cette humanité-là qui, me semble-t-il, 
est en voie de disparition...

C'est à cette fin-là que nous sommes en train d'assister, 
abasourdis et impuissants,
la fin de ce qui faisait de nous des "humains", 
c'est-à-dire cette faculté à montrer des qualités humaines
de compassion, d'empathie...et de mansuétude.

Cela avait déjà commencé il y a quelques dizaines d'années, 
insidieusement, avec la fin des "humanités"...

HUMANITÉS : 
 Formation scolaire où l'étude des langues et littératures latines et grecques, 
considérées comme particulièrement formatrices, est prépondérante

Exit  le grec et le latin, exit les nuances langagières, 
les grands textes de Cicéron, de Virgile ou d'Homère...

Tous ces auteurs, autrefois incontournables,
 qui nous parlaient des tourments 
et des passions "humaines"
sentent aujourd'hui la poussière ...

Et que leur a-t-on substitué ?
Des cours de maths !
Voilà le "sésame" contemporain !
Les chiffres, les courbes et les calculs... 

Voilà ce qui fait maintenant "l'essence" de l'enseignement, 
voilà  la clé qui ouvre les portes des grandes écoles...
et la voie du succès social !

 En moins d'un siècle, 
on a remplacé les Lettres par les Chiffres.
Et qu'y a-t-on perdu au passage ?
Eh bien, probablement ce que Pascal appelait 
"l'esprit de finesse". 
"L'esprit de géométrie" a  gagné. 

Les nombres et les statistiques en tout genre 
ont envahi nos vies.

On ne se réclame plus que de la "Science", 
nouvelle déesse de nos existences.
Une déesse certes moins affriolante que la Vénus de Milo,
mais une déesse au bras beaucoup plus long...
surtout quand elle se mêle à la politique.

 
 Une déesse au coeur sec...dont les mots durs et précis
ne se prêtent guère à la rêverie ou à l'imagination.
 
Chacun lui rend hommage, chaque jour, 
sans même s'en apercevoir... 
et quand elle préside aux grandes décisions du monde, 
elle fait  s'incliner d'un coup des millions d'individus.
 
Les foules adorent cela, se courber, se soumettre, obéir... 
Et elles font cela plutôt bien, non ?
Mais tout n'est pas dit.
 
  Les chiffres ont aussi, au passage,  
phagocyté nos âmes.
Nos âmes ?
"C'est quoi, une âme ?" 
Question que m'a posée un jour, innocemment,  
un enfant de dix ans...
Le mot a en effet pratiquement disparu  du vocabulaire courant... 
Or, quand un mot disparaît ,  
c'est que ce qu'il désigne n'a plus d'importance... 
ou qu'on n'en a plus l'usage.
 
L'âme, de nos jours, n'a plus de raison d'être. 
Elle est tombée dans les mêmes "oubliettes"  
que le grec ou le latin...
L'âme ne calcule pas, l'âme ne travaille pas, 
l'âme ne consomme pas, l'âme n'est pas "rentable"... 
L'âme n'est pas "mesurable",
L'âme n'est ni "trouvable", ni "prouvable"... 
donc l'âme n'existe pas.
CQFD 
 
 
 
La bonté, l'amour, la poésie ? 
Mais de quoi me parlez-vous, ma bonne dame ? 
Pragmatisme économique, speed dating et langage technique... 
Voilà des choses sérieuses... 
Le reste, ce sont des fariboles... 
des contes pour enfants, des fumisteries...
 
 
C'est un peu comme la Liberté... 
C'est un joli mot....qui fait rêver... 
mais  quand on peut avoir  
la Liberté...
 
pfffff 
on s'en "torche" !
 
2122-17 consigne Bartholdi
7 juin 2022

Parole recueillie / Jean-Paul

Celui qui craint l’orage, qu’il ferme son ordi !
Qu’il n’aille pas mettre le nez à la fenêtre !

C’est une belle averse à rafales de pluie
Droit sortie du couvent des Pisseuses d’Enfer !

Elle a criblé de trous, à force de grêlons,
Tous les petits cartons de sa fête foraine :

« Voyez comme je caracole, dégringole
Et m’épanche en ruisseaux et rigoles 

- Plus un chat sur les toits quand j’emplis les gouttières ! -
Et fais s’écouler, au bas, des rivières !

Vous n’oublierez pas ce ciel bas résille
Qui m’avait annoncée ! Je gicle dans vos rues,

Je claque, je grésille et vous semblez K.O.
Par cette mise à sac de la terre à vos pieds !

Je sonne l’hallali de vos calendriers
Et vous allez passer d’épouvantables nuits

Sans cesser de trembler, craignant que vos maisons
Ne se fassent la malle et ne soient englouties

Comme la honte bue et les hésitations
Que vous pouvez avoir sur es rêves d’éclaircies

Et le sentir coupable d’avoir autant construit
Alors que vous ne faites, frères humains,… que passer ! ».

2122-32 JK - Parole recueillie

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20 septembre 2022

Dictionnaire de la bonne humeur : Banane / Jean-Paul

2223-02 JK vive-les-bananes

J'aime les bananes parce qu' y a pas d'os dedans. Ceci est le refrain d'une chanson de Ray Ventura dont je connais le début par cœur et qui s'intitule « Vivent les bananes ! ».

La banane est un fruit à peau jaune et cette peau est génératrice de bonne humeur quand elle est posée sur le sol, sauf pour celui qui glisse dessus et se retrouve les fesses par terre à l'issue de cette pantalonnade.

2223-02 JK donald peau de bananeÀ la lettre B j'aurais pu choisir aussi « bande dessinée » à cause de ce gag récurrent qu'on retrouve dans toutes les images comiques d'autrefois et d'aujourd'hui.

2223-02 JK colin-paul-le-tumulte-noir-josephine-bakerQuand on est de bonne humeur et très en forme, on dit qu’on a la pêche ou qu’on a la banane. Quand on a photographié la ceinture de bananes de Joséphine Baker au château des Milandes alors que c’est interdit et que personne ne vous a surpris ni demandé de faire ceinture sur votre nouveau trésor photographique, on ressort avec la banane.

Quand on a la banane et qu'on se prend un râteau la bonne humeur s'en va. Le gag du râteau est lui aussi très connu des bédéphiles : on marche sur les dents de l’outil, ça fait levier et on se prend le manche dans le nez.

Quelquefois on utilise une banane en se la mettant autour du ventre. C'est alors un sac, greffé sur un élastique qui entouré la taille, et cela vous donne l'air ridicule, surtout si, dans le même temps, vous portez un melon sur la tête. Comme quoi « cinq fruits et légumes par jour » ça se discute.

Une banane scotchée sur un tableau blanc n'est plus une banane : c'est une œuvre d'art. Si un visiteur du musée la prend et la mange ça crée un scandale chez les conservateurs et les amateurs d'art mais moi ça me met de bonne humeur.

2223-02 JK Kevin Ayers 2Pour terminer en musique cette entrée de notre dictionnaire, comme elle a commencé, il faut citer ce drôle de chanteur anglais, Kevin Ayers, qui a publié un album intitulé « Bananamour » et qui parsème la fin de ses chansonnettes de « Vive la banane » en français dans le texte. Sur la pochette intérieure de Bananamour on le voit qui joue aux échecs dans un salon anglais select mais les pièces sur l'échiquier sont des morceaux de banane découpés. 

2223-02 JK Kevin Ayers 3

20 septembre 2022

Dictionnaire de la bonne humeur : Apéro / Jean-Paul

2223-02 JK Porto

C'est la rareté qui donne son prix aux choses. Bien qu'on se nourrisse trois fois par jour (« Bien qu'on s’ nourriss’ trois fois par jour, bien qu'on s’nourriss’ trois fois par jour » comme chanterait Brassens sur l'air de la « Complainte des filles de joie ») et que la semaine comporte sept jours, chez nous on ne boit l'apéritif que le samedi et le dimanche à midi.

C'est essentiellement par sagesse que nous fréquentons Madame Modération mais aussi pour tenir compte de l'avis des médecins, ces empêcheurs de se saouler en rond ou au point de devenir rond, qui nous mettent en garde contre la cirrhose du foie qui arrive des fois, surtout aux gogos qui descendent du whisky à gogo.

Chez nous le samedi c'est plutôt Porto rosé. J'ai oublié la date à partir de laquelle on s'est abonnés à ce breuvage mais c'est normal : il paraît qu'on boit pour oublier et pourtant on n'oublie jamais d'écouter le grand face-à-face entre Natacha Polony et Gilles Finkelstein sur France-Inter à l'apéro du samedi.

Le dimanche, pour varier les plaisirs, je bois quelquefois de la vodka mais uniquement de la polonaise : je ne veux rien devoir à Poutine ! Et je la bois parfois à la polonaise avec un cornichon et un verre d'eau gazeuse à côté.

Pour accompagner l'apéritif maintenant les amuse-gueules sont fournis, moyennant finances évidemment, par Madame Biocoop. Je me demande si cela embête vraiment le gouvernement chinois qu'on ait pris un abonnement aux noix de goji du mélange tibétain. On a des scrupules aussi de filer du fric aux Américains et aux Iraniens mais ce n'est pas de notre faute s'ils sont les seuls à fabriquer des pistaches.

2223-02 JK Kevin Ayers 1Au resto si on prend l'apéro c'est bien souvent kir à la mûre, jamais à la pêche ou à la banane ni même au cassis même si on n'a rien contre les habitants de cette ville, Cassis ni contre ceux de Menton. Comment s'appelle-t-ils d'ailleurs les habitants de Menton ? Et pourquoi n'existe t il pas de kir au menton ?

Si nous recevons des ami·e·s, l'apéritif que nous servons s'appelle « champagne ». C'est une boisson gazeuse à base de vin blanc dont la réputation commence à grandir, peut-être parce que Kevin Ayers lui a consacré une ou deux chansons et qu'on entend au début de « Oh my ! » un bouchon de champagne qui saute de sa bouteille avec un petit pop sympathique.

J’adore le pop sympathique du bouchon et la pop sympathique de Kevin Ayers.

 


20 septembre 2022

Dictionnaire de la bonne humeur : Incipit / Jean-Paul

2223-02 JK AragonA la fin de l'été j'ai raconté sur mon blog des épisodes de nos vacances en commençant tous mes textes par « Je suis snob » ou par « Mon épouse, sa bonté d'âme la perdra ».

Cet automne j'ai l'impression que je pourrais utiliser « Je ne suis pas là pour raconter ma vie mais... »

Exemple : Je ne suis pas là pour raconter ma vie mais de prendre l'apéro ça me donne la banane et l'envie de créer le jeu des incipit : je donne le début d'un verre (Oh le dictaphone d’Office, t’as bu trop d’apéro ou quoi ?) d’un vers et vous devez trouver le mot de la fin :

Oh combien de marins combien de...

Comme un vol de gerfauts hors du charnier...

Ô rage ! Ô désespoir ! Ô vieillesse...

La digue la digue en revenant de...

La Cigale ayant chanté...

Maître Renard sur un arbre…

(Si vous avez répondu « perché » au dernier sans avoir percuté que c’est le corbeau qui est sur l’arbre dans la fable, vous ne marquez qu’un demi-point.)


Les réponses : capitaines - natal - ennemie - Nantes - tout l'été - perché

14 juin 2022

Mariage princier / La Licorne

Quand Alice épousa Stanislas
Toute la populace 
Se massa sur la place
La foule était en liesse
Devant la jolie princesse
Et le beau prince russe
Qui célébraient Vénus
 
On loua la sveltesse
Et la folle jeunesse
De ce couple dont l'alliance
Allait soutenir la France
Quelle chance qu'elle lui plusse
Quelle chance qu'elle le susse
Que sonne l'angélus !
  
Prise dans l'allégresse
La mignonne princesse
Son Stanislas embrasse
Mais aussitôt grimace...
Mon dieu, pas d'ivresse !
Y'a pas délice hélas,
C'est là que le bât blesse...
 
La belle n'est pas bécasse
Elle refuse qu'il l'enlace
Et lui dit : "Mon altesse,
Avant la fin de la messe
Je dois vous faire une confidence
D'une grande importance  :
Je souffre, hélas, d'herpès..
 
Le prince d'un coup s'affaisse
Puis dégrisé, s'empresse,
Avec délicatesse 
De jeter la blondasse :
"Votre cas m'embarrasse,
Chère princesse Alice...
Nous étions si complices...
 
Même si c'est un supplice
Pour moi et une grande tristesse
Je ne puis risquer, pour une caresse,
Ou pour une fleur de lys
De contracter la syphilis
Laissons là le rêve et tous les us
Pour nous, c'est le terminus...
 
Et c'est ainsi qu'Alice
Avec un brin de malice
Délaissa Stanislas
Les strass et les palaces...
Et qu'elle épousa en grandes noces 
Son vieil ami Carlos...
Qui lui fit trois beaux gosses ! 
 
 
P-S : Tout cela se passait, bien entendu, 
en des temps lointains...
bien avant tout conflit...
franco-russe
14 juin 2022

Quatre variations sur l'absence d'hélice / Jean-Paul

PÉNÉLOPEGATE

Si le jour tu plisses
Et la nuit déplisses
Tu ne laisses pas de traces :

Y’a pas d’Ulysse, hélas !
C’est là qu’est l’os

2122-33 JK - Pénélope

***

Mais que fait la police
Pour que, place des Lices,
Cesse
La Malveillance
De ce bandit véloce
Qui toujours se déplace
Parmi la populace,
Y sévit sans mollesse
Et s’efface
Malgré sa corpulence ?

Au pos-
Te de police,
Y aurait-il des complices
Veillant sur son négoce
A Rastapopoulos ?

2122-33 JK - Rastapopoulos

***

L’agent d’assurance
Se peut-il qu’on puisse
Lui faire confiance
S’il s’appelle « Persépolis » ?

2122-33 JK - Persépolis

***
2022-04-14 - Nikon 336

Place
Stanislas
J’attendais Alice.

J’attendis longtemps.

Q’eût-il fallu que je fasse (ou fisse) ?
Que je résolusse de rentrer chez moi ?
Que je pestasse contre son indolence ?
Sa défaillance ?
Sa propension à la somnolence ?
Sa tendance à confondre un rouleau de réglisse avec un agenda ?
Que je me ramollisse comme fond la banquise devant le brise-glace ?

Mettant fin au supplice
Je traversai la place,
Entrai à l’opéra
Ecouter la Callas.

J’y fis la connaissance
Du gardien des coulisses,
Un nommé Wenceslas,
Garçon empli de grâce
Brillant d’intelligence
Et dont la bienveillance
Me fit vite oublier
L’indicible drôlesse
Qui m’avait plus tôt
Posé un lapin,
Lui même toujours en retard !

31 mai 2022

Trois miniatures / Jean-Paul

2022-06-03 - 285 1

Jamais la même heure
A la pendule d’échecs :
A chacun son temps

***

HOMMAGE A FERNAND RAYNAUD

Quand on a un coup dans l’aile on a parfois du mal à trouver son centre de gravité. Surtout si c’est un éléphant qui a démoli votre deux-chevaux. Il arrive même qu’on rie si jamais il est rose.

Quand on a un coup dans le nez on a parfois du mal à trouver son centre de gravité. Surtout si en s’appuyant sur l’aile d’une deux-chevaux on s’aperçoit qu’il s’agit d’un éléphant rose. Pour peu qu’on ait mis la main sur la trompe, il se cabre et on tombe. 

*** 

2122-31 JK - Miniature

Sur cette miniature médiévale est représenté un tournoi. Au pied des deux tours d’un château deux cavaliers s’affrontent pour le plus grand plaisir du roi et de sa dame. Il y a un monde fou Même les pions du lycée Saint-Louis assistent à ce combat. On ne sait pas qui l’a emporté. Le journal « L’Equipe » n’existait pas à l’époque et on ne pariait pas sur les courses hippiques.

Ce qui est surprenant quand même c’est que l’oeuvre est signée Léon Zitrone et que le Louvre d’Abu Dhabi, au vu des certificats de provenance et d’authenticité, en a fait l’acquisition au prix fort. 


Pondu à l'Atelier d'écriture de Villejean le 31 mai 2022

à partir de la consigne 2122-31 ci-dessous

24 mai 2022

X c'est l'inconnu(e) / Adrienne

Il paraît que dans la Creuse, il n’y a rien à voir.

Ne tirez pas sur l’Adrienne, c’est un Français qui le lui a dit.
D’ailleurs ça a suffi pour lui donner envie d’aller vérifier à quoi pouvait ressembler Guéret (23), une préfecture qui compte moins de la moitié du nombre d’habitants de sa propre ville, que chacun ici s’accorde à considérer comme « petite ».
Très petite même.

Il faut dire que plus elle scrute cette carte, plus la conclusion s’impose : c’est vraiment le seul département par où elle ne soit jamais passée.

Elle a du mal à le croire elle-même, pourtant il faut se rendre à l’évidence : elle a eu dans sa vie deux encyclopédies vivantes des vins et vignobles de France, d’abord son père, puis son mari, qui l’ont emmenée dans tous les recoins de ce pays.

Donc que ce soit le but du voyage ou le chemin à suivre pour y arriver, elle a vraiment tout traversé au moins une ou deux fois.

Tout.

Sauf la Creuse. 

15 mars 2022

Renaissance / La Licorne

  

Cela fait longtemps que j'ai quitté le pays des évidences. 
Le pays où j'étais née et qui avait bercé mon enfance.
Je l'ai quitté d'un coup, presque sur un coup de chance.
Avec pour tout bagage mes désirs et mes doléances
J'ai traversé les grands champs de l'indifférence
Enjambé les ruisseaux  du doute et de la méfiance
Contourné les collines de la bienséance
Délaissé  les rivages de la prudence...

J'ai marché, marché avec endurance
J'ai gravi la montagne de l'exigence
Et osé la désobéissance...

J'ai vu les coups fourrés, les manigances
L'orgueil et l'arrogance,
Les mille excès de la régence
Et toutes leurs conséquences...
J'ai vu les actes de démence
De la Haute Finance
J'ai vu la vanité et la grandiloquence
La jalousie et la vengeance

La soif d'une illusoire puissance
Et les déchaînements de violence...
J'ai vu les manques de nuance, 
Les  insolences, les médisances
Et de la haine la résurgence

Mais j'ai vu aussi dans le silence
Des petits villages de France
Le début de la renaissance
Le déploiement de l'intelligence
Et les trésors du bon sens.

J'ai vu la foi et le courage immense
Qui chaque jour contre-balancent
La peine et la souffrance 

J'ai vu l'irrévérence
Teintée de bienveillance

J'ai vu les graines de l'espérance
Germer dans les consciences
J'ai vu la tolérance
Qui transcende les différences

J'ai vu sous les défaillances
Les incohérences et les errances...
Sous le chaos de la décadence
La beauté d'un monde qui commence...

29 mars 2022

Mot inconnu / La Licorne

Voilà dix jours qu'ils dérivaient. Dix jours qu'ils s'accrochaient, par désespoir, à quelques planches mal clouées. Dix jours qu'ils subissaient le soleil brûlant, le vent désséchant et les vagues salées... Les trois quarts d'entre eux avaient sombré... Ceux qui restaient étaient au bord de la démence. Louis tentait de rassembler ses dernières forces, mais à vrai dire, il n'avait plus qu'une obsession : rester en vie.

Il regardait les corps autour de lui...

Vêtements en lambeaux qui laissaient apparaître une peau pâle comme la mort... cheveux collés par le sel... côtes apparentes... ses camarades n'étaient plus que des morts-vivants, plus que l'ombre d'eux-mêmes... Régulièrement, un rescapé basculait... et le bruit de son corps plongeant dans l'eau, le plus souvent au milieu de la nuit... au milieu de son sommeil... ne faisait presque plus réagir personne.

Seuls ceux qui avaient pu trouver un morceau de ficelle suffisamment solide pour s'attacher réussissaient à "tenir" sur cet esquif ballotté dans tous les sens. Louis  faisait partie du lot et il veillait à tout moment sur la corde salvatrice. 

Il avait maintenant du mal à éprouver quoi que ce soit. Les émotions exacerbées du début avaient laissé la place à une apathie résignée, à une économie de gestes et de sentiments qui frisait l'indifférence. Les sensations corporelles primaient sur tout le reste : le froid, la douleur, la faim. Plus rien d'autre n'existait. Les frissons. Le vide au creux du ventre, le vide insupportable.

Il observa de près son voisin le plus proche... Cela faisait deux jours que le malheureux n'avait plus prononcé un mot. Il était inerte. Cramponné au mât. Ses joues, sous l'effet du soleil, étaient devenues écarlates... Son nez, agressé par le sel, avait doublé de volume... La peau de son front commençait à se rider comme une vieille pomme...

Le soleil tapa encore plus fort ce jour-là. La tête lui tournait. Il avait des visions dérangeantes... Au début de la soirée, son voisin perdit conscience. Au matin, il ne donnait plus aucun signe de vie. Louis n'aurait su dire ce qui se passa ensuite. Il ne se souvenait de rien. Juste du fait que le vide, le vide insupportable s'était calmé.

Ce n'est que deux jours plus tard qu'ils croisèrent l'Argus. Plus personne n'y croyait. On les débarqua à  Saint-Louis. Et pendant qu'ils reprenaient des forces, les journaux s'emparèrent aussitôt de l'affaire. Des mots terribles circulèrent : naufrage-scandale-incompétence-désastre-hécatombe...

Le dernier, le plus terrible de tous ne le toucha qu'à retardement, mais définitivement. C'était un mot qu'il n'avait jamais entendu auparavant, un mot étrange, à consonance scientifique, un mot qui ne semblait pas fait pour lui, un mot qu'il aurait aimé ne jamais connaître...Pourtant il s'étalait un peu partout à la une des journaux du monde entier et il était désormais impossible d'y échapper : "anthropophagie".

15 mars 2022

Voyage vénitien à cases multiples / Jean-Paul

1024 Aquarelles de Venise 01 paline bleue devant san Giorgio

J’ai quitté

 J’ai quitté la Pensione Wildner, sur la Riva degli Schiavoni, sa chambre 28, sa petite salle de restaurant idyllique et vitrée dans laquelle, dès le petit-déjeuner, on a la vue magique sur San Giorgio maggiore.

 J’ai quitté l’hôtel Gardenia, pas très loin de la gare, dans lequel la décoration des chambres a... quelque chose d’érotique.

 J’ai quitté l’hôtel Eden, sis sur la Strada nuova, « grande » avenue qui mène de la gare au Rialto puis à la place Saint-Marc d’où l’on ressort lessivé de voir tant de foule agglutinée. Venise est une ville pour les pigeons. Ici, même les soutiens-gorges pigeonnent ! Purée de ma mort, le pluriel du mot « soutien-gorge », je ne me rappelle jamais s’il y a un « s » ou pas et où ! Maudits pèse-lettres qui m’enduisent avec de l’erreur !

Avec

 La première année je suis venu avec mon appareil photo reflex Olympus OM-10, seize pellicules diapos couleurs, neuf pelloches noir et blanc et un appareil jetable panoramique Kodak. Comme chaussures j’avais mes petits souliers de ville. J’ai souffert le martyre parce qu’on a marché des tas de kilomètres, surtout le jour où je suis allé tout seul au bout des jardins de la Biennale et que, rendu-là, je me suis aperçu que j’avais laissé mon billet de vaporetto à l’hôtel. C’est seulement au retour en France, et peut-être même des années plus tard, que mon épouse m’a fait découvrir l’existence des chaussures de randonnée qui ont changé ma vie. Maintenant c’est elle qui se traîne derrière moi quand on arpente les rues ou la campagne.

 La deuxième année, je suis venu avec mon petit blouson d’été beige parce qu’en avril 1997 il avait fait très beau en France. A Venise il pleuvait, il soufflait un vent glacial, on était frigorifiés.

 La troisième année, on est venus avec notre fille. Elle ne nous a pas beaucoup embêtés. Elle est restée souvent à l’hôtel à regarder des bêtises en italien à la télévision qui là-bas retransmet beaucoup de berlusconneries.

1024 Aquarelles de Venise 24 Cimetière San Michele (sans bords)

J’ai traversé

 J’ai traversé Venise du Sud au Nord pour arriver aux Fondamente nuove. C’est ici qu’on embarque sur le bateau qui mène aux îles de la lagune. On a là une vue d’enfer sur le cimetière de San Michele. On s’est arrêtés à Murano où sont installés les ateliers-boutiques des célèbres souffleurs de verre et puis ensuite on a découvert, un peu plus loin, le paradis sur Terre, Burano, une île de pêcheurs et de dentellières aux modestes maisons de toutes les couleurs du manteau d’Arlequin, aux fenêtres bordées d’un encadrement blanc et sur les trois canaux, une profusion de barques et de bateaux qui s’éparpillent en reflets mirobolants.

2122-22 Jean-Paul - 01 Magritte-rene-l-empire-des-lumieres-musee-peggy-guggenheim Nous avons traversé aussi vers le Lido et là nous avons pris le bus. Arrivé au bout de la bande de terre qui fait barrage à l’Adriatique, le véhicule a embarqué sur un bac et de l’autre côté il a repris sa route pour nous déposer au bout du monde, sur un tas de cailloux battu par la mer d’un côté et caressé par l’eau de la lagune de l’autre. Au bout d’une demi-heure un bateau est venu nous prendre et nous a menés à Chioggia où j’ai photographié des barques de pêcheurs très joliment et très chrétiennement décorées. Ici nous étions revenus sur la terre ferme mais aujourd’hui, à l’heure du dérèglement climatique, c’est un peu dérisoire d’employer ce terme pour un lieu situé en bordure de mer.

 Quand on est retournés à Venise la troisième fois on a visité la Fondation Guggenheim et ce que j’en ai retenu c’est qu’on y a vu un tableau de René Magritte. Je crois bien qu’il était interdit de prendre des photos dans le musée de Dame Peggy. A l’Accademia on n’avait pas envie. Lieu trop sombre, avec trop de tableaux accrochés-entassés aux murs les uns au-dessus des autres sur au moins trois niveaux. Trop de peinture tue la peinture parfois.

J’ai vu

 La Première année, à Burano, j’ai fait la connaissance de Langelue Maetro.C’est ce vieil homme extrava-diva-g(u)ant qu’on voit sur l’aquarelle de la maison rouge. Il est assis sur une chaise au coin d’une rue, il a un chapeau de paille sur la tête et il parle tout seul, comme tous les fous jugés non-dangereux. Je ne sais pas comment j’ai pu négocier avec lui, le soudoyer mais c’est lui qui est retourné rentrer des notices dans le Catalogue BN-Opale de la BNF à Sablé-sur-Sarthe ! J’espère qu’il a pu faire carrière là-bas. C’était une maison de fous comme une autre, à ceci près qu’elle occupait un château du XVIIIe siècle.

1024 Aquarelles de Venise 23 Maison d'angle à Burano (sans bords)

Moi je l’ai remplacé. J’occupe son petit logement dans l’île, je touche sa maigre pension de malade libéré de l’asile de San Clemente. J’arrondis mes fins de mois en peignant des aquarelles que je vends aux touristes. Je n’ai que vingt-cinq modèles en stock. Dès qu’on m’en achète une, je la refais. On peut voir mon chevalet installé au même endroit depuis 1993. Chaque jour j’emmène ma boîte d’aquarelles, mes diapos et je regarde les couleurs d’icelles par transparence sur un fond de ciel toujours bleu ici. Le bonheur, c’est ça : une super-soirée diapos, la pasta et la pizza à volonté. En plus c’est moi qui fabrique la meilleure de toute l’île.

 La deuxième année à Venise, j’ai beaucoup discuté avec Françoise Dorin. Elle est une dramaturge un peu oubliée maintenant mais surtout l’auteure des paroles de l’immortel et nanaresque chef-d’oeuvre de Charles Aznavour « Que c’est triste Venise ».

2122-22 Jean-Paul - 02 Bistro!

- Enfin, Françoise, lui disais-je souvent, ne sais-tu pas que « bistrot » vient du mot russe « bystro » qui signifie « vite ! » ? C’est ce que disaient les soldats russes qui venaient, en cachette de l’adjudant Karerdenkov, boire des petits coups de gnôle dans le bistroquet de la maman de Maryvonne. Ils ont eu tellement l’habitude d’abréger leur pause que le « bistroquet » est même devenu « troquet » à la longue.

Je n’ai jamais réussi à la dérider, la Françoise. Elle gardait l’oeil rivé sur les gondoles noires, « couleur de corbillard », disait-elle et elle me prophétisait des inepties du genre :

- Tu rigoleras moins, Joe Krapov, quand Vladimir Poutine envahira l’Ukraine et que tu devras non seulement changer de pseudonyme mais encore corriger toutes les pages de tes blogs sur lesquelles tu parles de toi à la troisième personne.

- Comment ça, Françoise ? Tu incinères que je serais du genre « Alain Delon vient nous servir à boire » ?

 La troisième fois qu’elle a séjourné à Venise mon épouse m’a pardonné mon idylle d’ailleurs restée platonique avec Françoise Dorin. Elle m’a pardonné aussi cette absence-remplacement de cinq ans et m’a avoué qu’elle venait seulement de se rendre compte de la différence : ce Langelue Maetro était un vrai fou, mais, tout compte fait, pas autant que moi. Alors elle m’a passé les menottes et on est retournés à la gare de Santa Lucia. On a retraversé la lagune en train : c’est beaucoup moins magique au retour qu’à l’arrivée. Et puis j’ai atterri à Rennes. Finies les aquarelles ! Bonjour l’Université de Rennes 3. J’ai d’abord fait un stage à la BU santé ou la direction ne la respirait pas vraiment et puis j’ai été affecté au gardiennage de l’animalerie de Beaulieu. Après on est passés au XXIe siècle et à l’euro.

*** 

Maintenant je dis toujours qu’avec ses paquebots géants et son côté Disneyland Venise n’est plus ce qu’elle était et que ça ne vaut plus le coup d’y aller. Mais parfois je fouille dans mes archives, je monte au grenier, je regarde mes photos et mes aquarelles et j’entends une petite voix contrariée qui me chuchote d’un air lancinant : « Je veux retourner à Venise !».

8 mars 2022

Le Huit mars de M. Chochotte / Jean-Paul

2122-21 Jean-Paul - Affiche huit mars en 1024

Les nénettes, c’est fête ! Les sveltes, les replètes, les sèches, les déesses, les 2/3 Merkel et 1/3 Thetcher, les bébêtes, les « sélect », les pépètes, les mémères, les tendres, les tempêtes, les vedettes, les secrètes, les teint de pêche, les Belles Hé(l)lènes, les « défense d’entrer » et les pécheresses, les éthérées, les entêtées, les perles de verre et les rebelles, venez, venez, ce week-end c’est kermesse !

Je lève le verre ! Je trempe mes lèvres dans le Xérès ! Je bois à votre santé, votre beauté, votre excellence ! Je célèbre la messe de votre entregent après avoir fermé l’évêché de l’intérieur. J’ai posé les scellés sur le désert où prêchent les prêtres, les évêques et les enténébrés singuliers du clergé. Je monte au belvédère clamer ma préférence pour Bérengère, Hortense, Estelle, Zézette ou Marie-France plutôt que pour Ernest et ses drôles de sentences. Je me délecte à voir à la salle Pleyel vos doigts qui s’empressent sur le pianoforte où vous jouez expertes le « Rêve d’amour » de Liszt.

Je vénère vos textes aux mots enchevêtrés d’où jaillissent toujours des gemmes insensées. Votre légèreté est une effervescence. Vous êtes le remède au cervelet dément, empesé dans ses termes et balourd dans sa fièvre qui s’interdit ce jour l’usage du mot « fesse » ou l’interrogation sur ce qui s’enclencha autrefois en Adam lorsqu’Eve ôta pour lui son premier vêtement.

Ô détresse de l’élève perplexe, sur la brèche, tourné chèvre, qui voudrait pénétrer la science de la grâce et se faire emmener par de vertes venelles vers un Eden où Dieu et le serpent, de mèche, n’auraient rien perpétré qu’une forêt de hêtres, un cercle de verdure, un avenir sans guerres et sans va-de-la-gueule, sans pègre, sans fusils, sans western.

Femmes, à tous les sens du mot, je vous encense parce que vous nous élevez !

En même temps…

Tout bien pesé, bien tempéré… Ne me dites jamais, mesdames, s’il vous plaît :

- Est-ce que tu veux monter dans ma Mercedes Benz ?

Parce que le coup de la panne de la classe A, on me l’a déjà fait ! Et assister neuf mois plus tard à l’accouchement, j’aimions point trop ça ! 


1 mars 2022

On abdique ! / Jean-Paul

Finie la chasse à Moby Dick !
Finies les nouvelles véridiques !
Finis les décrets tyranniques !
On abdique ! On abdique !

Plus qu’assez de tourner bourrique !
A bas le monde cathodique !
Fi de l’audimat fatidique !
On abdique ! On abdique !

Dans l’entrepôt frigorifique,
Aux pieds de Sainte-Véronique,
En prenant le téléphérique
On abdique ! On abdique !

Finies les promesses mirifiques,
Les grands discours des politiques,
Des tragiques de la République
Ou des régimes monarchiques,
Oligarchiques, autocratiques !
On abdique ! On abdique !

Seul l’érotique est magique !
Seul le magique est érotique !

Seul le comique est élastique
Et seul l’élastique est comique !

2122-20 Jean-Paul - Elastique

18 janvier 2022

Colis : bris... / tiniak

Version brute, au débotté : 

Les nuages avaient bu / à la Claire Fontaine 
sur un corps étranger / au musée des soucis 
moins carmins que fraisiers / dans cet itinéraire 
l'orée de la forêt / éclarcie à l'étrave 
un oiseau nu à l'œil, / plus vivant, maintenant ! 
vers l'épave solaire, / amoureux du moment 

krapoverie

(visuel du manuscrit oulipresque)

Remaniée, pour la rime :

Les nuages avaient bu à la Claire Fontaine 
sur un corps étranger au musée des épaves 
L'orée de la forêt éclarcie à l'étrave
un oiseau amoureux à l'œil, je m'y promène
plus vivant, maintenant ! dans cet itinéraire
Moins carmin que fraisier, sombre l'astre solaire

***

Les mots de là-qu'on-signe :

fontaine éclaircie étranger amoureux
oiseau musée épave itinéraire
nuages fraisiers forêt vivant

 

25 janvier 2022

La Colère comme bonne conseillère / Laura

2122-17 Laura - Matisse-Luxe-calme-et-volupte-1904-Oil-on-canvas

Quand on vous dit tout et son contraire,
Qu'on parle comme le dernier qui a parlé,
Alors la colère est bonne conseillère
Mais tout n'est pas dit
Car il y a aussi l'hypocrisie, les mensonges...

Alors cette colère, je la savoure avec luxe, calme et volupté
En pensant à Baudelaire [1] et Matisse [2] .
Mince alors !
On ne leur demande pas de m'aimer,
On leur demande juste de reconnaître
Qu'ils aiment moins ou pas
Au lieu d'invoquer des excuses... bidon.

 

[1] https://fr.wikisource.org/wiki/Les_Fleurs_du_mal/1857/L%E2%80%99Invitation_au_voyage

[2] https://fr.wikipedia.org/wiki/Luxe,_Calme_et_Volupt%C3%A9

16 février 2021

Haïkus châpeautés / Eliane

 

 

Arôme de bois brûlé
Les bûches crépitent sur les chenets
Aîeule dans un châle

AEV 2021-19 Eliane - Grand mère cheminée

 AEV 2021-19 Eliane -radeau de la méduse

 

 

Dégât en pleine mer
Le vent a fait démâter
Vite se dépêtrer

 

 

 

L'enquêteur se fâche
Le prévenu entêté
Plaide l'envoûtement

 AEV 2021-19 Eliane Eliane guêpe 4

 AEV 2021-19 Eliane -forêt noire

 

 

 

Le fantôme flâne
Fraîcheur de la forêt noire
Où les ombres rôdent.

 

 

 

Lucky Lucke est gâteux
Les Dalton goûtent la liberté
La gâchette s'enraye.

AEV 2021-19 Eliane carte-postale-de-lucky-luke-les-anges-dalton-15x 

 AEV 2021-19 Eliane Eliane guêpe 3

 

 

 

La drôlesse déchaînée
Se dépêche de se dévêtir
C'est la débâcle.

 

 

 

Eurêka ! Einstein
Analyse l'enchaînement
Goûte la victoire

AEV 2021-19 Eliane -albert_einstein 

 AEV 2021-19 Eliane Eliane guêpe 5




La guêpe à la hâte
Cherchant un nectar goûteux
Butine le genêt.

 

Idôlatrer une icône
Voici une bien fâcheuse manie
Un jour de jeûne

AEV 2021-19 Eliane -jeûne 

 AEV 2021-19 Eliane -pâmoison

 

La mâchoire serrée
Le maître opiniâtre
De son élève mulâtresse
Combat la pâmoison

 

 

La petite guêpe rieuse
Méconnaît le droit d'usus
Et gêne le garde-côte

AEV 2021-19 Eliane guêpe 2jpg 

 AEV 2021-19 Eliane guêpe 1

 

 

Jour de la Fête-Dieu
Dans la forêt pleine d'embûches
Gracieuse guêpe flâne.

9 mars 2021

Les Petits chevaux / Anne J.

AEV 2021-21 Anne J

Rachel ôta d'un geste rapide ses escarpins dorés qui lui massacraient les pieds et s'assit sur le lit. Quelle soirée !! La glace lui renvoyait son image, robe noire fourreau moulant son corps et gants noirs du poignet jusqu'au coude. Ainsi vampée elle n'avait pas eu bien chaud à l'hippodrome, mais elle n'y allait pas pour s'installer dans les tribunes et regarder courir les canassons : Lancelot, son jockey préféré s'était cassé la fiole en récitant du Ronsard pendant un galop au stage la semaine dernière et ce bad boy qui était son ami était hors d'usage pour le moment.

Non elle avait rendez-vous avec Hector pour une partie de petits chevaux à la cafétéria et s’était réjouie de le retrouver. Heureusement cette dinde de Judith ne l'accompagnait pas.

Ils étaient quatre autour de la table car Hector avait pu rameuter ses amis César et Charles avec sa fiancée Pallas, une belle bande de nazes ! La partie avait bien commencé puisque Rachel avait sorti 3 chevaux en 4 tours mais ça n'avait pas duré : César était sorti juste derrière elle et pan sur le bec, au bercail les chevaux !

On jouait pour une mise de 10 euros par partie et celui qui perdait payait la tournée de bières suivante. C'est le jeunet de la bande qui avait gagné : César était nul à skis et paresseux comme un aï mais il avait la hargne pour jouer aux petits chevaux. Rachel avait perdu toutes les parties, bloquée à chacune de ses sorties par les chevaux assassins de ces beaux gosses insensibles à son charme et à sa beauté . Mais pour leur prouver qu'elle n'était pas gâteuse, elle leur avait proposé en finale une partie de « 6 qui prend » et là ce fut un festival : zéro vaches pour elle et tout un troupeau pour les 3 autres .Elle avait eu sa revanche.

AEV 2021-21 Anne JMais une grave question allait hanter ses nuits désormais : si elle allait à l'hippodrome pour jouer aux petits chevaux, devait-elle leur donner rendez-vous au Salon de l'agriculture pour jouer aux vaches ? Une cour de ferme suffirait peut être ? Et allait-elle devoir échanger sa tenue de vamp pour des bottes, un fichu noué sous le cou et une blouse à carreaux bleus ?

 

9 mars 2021

Lancelot du Lac / Liliane B.

AEV 2021-21 Liliane B

Nous étions trois, des triplés, mon frère, ma sœur et moi. Trois, unis comme les cinq doigts de la main surtout pour faire des bêtises ainsi qu’aimait à le dire notre père qui, ayant le sens du comique de répétition, ne se privait pas de le dire et le redire à chaque personne à qui il nous présentait. À vrai dire, je pense qu’il était assez fier de nous et qu’il nous aimait tendrement. Le couple qu’il formait avec notre mère était longtemps resté stérile et ce n’est qu’à l’aube de leurs quarante ans que notre trio s’était manifesté après qu’ils eussent visité Saint-Émilion dont ils rapportèrent au moins une fiole et que notre mère se fut assise sur le siège de la fertilité dans l’église monolithe de ce charmant village.

Il faut dire que nos parents étaient très joueurs et ce coup de dés les réjouit. Nul ne saura jamais s’il faut attribuer le miracle au siège du saint local ou au délicieux breuvage qui aurait également, dit-on, quelques vertus magiques.

L’échographie n’existant pas encore, ils croyaient attendre un seul enfant et se disputaient pour le prénom. Les voisins avec qui ils jouaient le soir à la belote durant les longues soirées d’hiver, quand ils n’écalaient pas les noix récoltées en octobre afin d’en faire une huile parfumée, étaient témoins de ces discussions passionnées. De nos jours l’hiver est la saison de chausser ses skis mais dans les années cinquante ce n’était pas encore à la mode et les seules vacances que nous pouvions nous offrir étaient les parties de pêche au bord de la Sioule, l’été, dans le petit village auvergnat dont notre père était originaire. Et l’hiver nous brisions des noix.

Ce n’est donc qu’au moment de notre naissance qu’ils découvrirent que nous étions trois. Ils en furent fort surpris, puis ravis. Mais il leur fallait trouver trois prénoms. À court d’inspiration, ils eurent l’idée de puiser dans le jeu de trente-deux cartes avec lequel ils aimaient tant jouer et se mirent à réciter les noms des rois, dames et valets que l’on peut lire sur le côté de chaque carte afin de pouvoir nous déclarer à l'état civil. C’est ainsi que mon frère fut nommé César, ma sœur Rachel et moi-même Hector. Nous aurions pu tomber plus mal et nous développâmes une vraie vénération pour ce jeu qui nous parlait de nos origines. Avec ces trente-deux cartes nous inventions des tas de jeux dont étions les seuls à connaître les règles, ce qui est bien pratique pour tricher un peu.

AEV 2021-21 Liliane B

C’est vers l’âge de treize ans que nous avons inventé celui qui nous a fait le plus rire. Il était simple. Nous disions à un ami, on pourrait dire une victime, de prendre les cartes une à une et de lire à voix haute le nom des personnages inscrits sur le côté. Nous lui assurions qu’il allait gagner à un moment ou à un autre et que ce serait très amusant. L’un de nous trois dissimulait un verre plein d’eau à portée de sa main. Notre pauvre partenaire s’exécutait et immanquablement arrivait au valet de trèfle disant alors : Lancelot. Celui qui avait le verre d’eau s’en saisissait promptement et jetait son contenu au visage du malheureux alors qu’en chœur nous disions :
- Tu as dit « Lance l’eau ! » Bravo tu as gagné !

Il arrivait que cela se terminât en fâcherie, il y a de mauvais joueurs et tous les trois nous nous faisions appeler Arthur !

23 février 2021

A.D. / Marie-Thé

Qui suis-je ?

On dit de moi que je suis un Artiste Débonnaire, un Acteur Dramatique au charme archaïque, un vieux beau, comme disait ma grand-mère.

J’avoue que j’ai encore un certain succès auprès d’un nombre incalculable de femmes qui m’écrivent que je suis dans le secret de leur cœur leur Amoureux Discret. Elles se sentent envoûtées par ma voix profonde et par mon sourire enjôleur. Sans que j’en ressente un orgueil démesuré, à mon âge, j’accepte toute flatterie dite avec sincérité.

Très tôt je suscite les rires en faisant le pitre sur la scène de l’école. Je deviendrai acteur, j’ai trouvé ma voie.

Tout au long de ma carrière, j’ai joué les diplomates à l’Air Doctoral, les Amoureux transis, Discrets, rougissants, dans les théâtres. C’est au cinéma, je le dis sans vanité, que j’ai eu des rôles prestigieux qui ont fait ma renommée.

Des Molières pour mes prestations théâtrales, des Césars pour de bonnes interprétations au cinéma, j’en ai eu beaucoup. Je ne les compte plus.

Aujourd’hui, je joue de moins en moins la comédie. De temps en temps, un réalisateur m’appelle pour interpréter un rôle de vieil homme sympathique. De jeunes premiers talentueux occupent la place qui leur revient.

Si je reste dans la mémoire de personnes de mon âge, la génération actuelle ne me connaît pas. Et pourtant certains films dont je suis la vedette passent à la télé, par exemple ce soir, un de mes préférés «Un Cœur en hiver». C’est alors que je repense avec bonheur à ce temps si vite passé où j’étais adulé des femmes de ma vie et de mon public.

Je suis un Acteur Démodé. Je suis André Dussollier.

AEV 2021-20 Marie-Thé - André Dussollier

13 janvier 2015

Temps antédiluviens / Jean-Paul

M. Archibald McMahon
Ministre de toutes les eaux et de toutes les forêts
78 rue de Varennes
75007 Paris

Madame Aude Cuisson
26, rue des Fontaines
35133 Fougères

Paris, le 13 janvier 2015

          Chère Madame

Il est des jours où l’on regrette bien de ne pas avoir jeté le bébé avec l’eau du bain. Nos déambulations quelque peu avinées dans la si bien nommée rue de la Pinterie ne sont plus pour moi qu’un souvenir très… vague.

190724 Nikon 029

Tant d’eau est passée sous les ponts depuis ces temps immémoriaux que je vous avais presque complètement oubliée dans les limbes du passé sous quelques trombes d’eau.

En visionnant le plan de Fougères sur Google Maps je vois que l’époque, ironique, a fait cadeau à la ville d’une rue Pompidou. C’est dire si tout cela ne nous rajeunit par. Fougères m’est autant une ville de rûs chers aux cruciverbistes qu’une ville de rues et de ruelles. Le passé de nos amourettes résonne bizarrement dans la ruelle Dreulin, ne trouvez-vous pas ? Y a-t-il dans votre invitation à boire et à manger comme dans la rue de la Fourchette ? Y a-t-il dans la rue des Quatre-vents des promesses que je vous aurais faites et en lesquelles vous auriez cru ? Vous savez aussi bien que moi qu’elles n’engagent que ceux qui y croient !

190724 Nikon 039Mais si j’ai embrassé la carrière politique plutôt que vos lèvres juvéniles, je ne tiens pas à ce que vous me localisiez à jamais dans la ruelle des Flambards ou la ruelle des Vaux : je n’en suis pas moins homme et je vous jure que le temps a filé autre chose que la métaphore. Dans la rue des Vallées les rivières de diamants du bijoutier ne sont jamais loin de la rue Mélouin. Les petits ruisseaux font les grandes rivières, les petits cuissots font les grandes croupières et si je me suis taillé des Marches de Bretagne c’était encore une fois pour aller dans la flotte : j’ai fait mon service militaire dans la marine ! Je ne vous ai pas fuie, chère Aude, c’est juste la vie qui nous embarque sur son flot tumultueux. Mais si vous estimez qu’il y a eu fuite, je vous souhaite d’avoir trouvé un plombier, polonais ou pas, qui aura pris soin de vos larmes, de votre nez qui coule et vous aura ramené sa paye en liquide à la fin du mois.

Comme je suis assez peu Copains d’avant et encore moins Copines du déluge, je terminerai en maudissant un peu la rue de la Providence qui vous remet sur mon chemin. Mon ministère de Toutes les eaux englobe également le Secrétariat d’Etat à la Désolation. A ce titre j’ai demandé à mes services de vous faire parvenir la circulaire H2O-1l5 sur le droit à l’oubli et une copie de mon agenda surchargé.
Je ne ferai donc pas acte de présence à votre pot de départ en retraite.

Recevez, chère Madame, l’expression de mes sentiments les plus eaux…bséquieux !

31 mars 2015

Discours de remerciement. 1, Le Nouveau maire / Jean-Paul

Mes chers administrés !

Nous venons de remporter les élections municipales de Piriac-sur Mer ! Pour nos adversaires, quelle énorme claque ! Sans le moindre coup de Jarnac, sans aucune arnaque, nous sommes venus à bout de leurs micmacs, de leurs craques, de leurs fricfracs et des tours de cochon sur le manège du port qu'ils avaient dans leur sac. Tous les réactionnaires, ce soir, sont bien patraques. Ils en ont certainement très lourd sur l'estomac et s’ils restent prostrés en vrac sur le tarmac, offrons leur une boîte de Tic-Tac et un coup d'armagnac afin qu'ils se réveillent demain avec une gueule de bois, une veste en alpaga, et l'envie, quelque part, de repasser leur bac.

Pour autant, nous ne sommes pas plus qu’eux des cracks et nous ferons bon accueil aux efforts de chacun si c’est pour le bien de Piriac. Rien ne s'oppose à qui ne nuit et pour aménager des ZAC, mettre en place un jardin de hamacs, une réserve de macaques en provenance du Larzac pour attirer les touristes bourrés de plaques, s’opposer aux bétonneurs foutraques, toutes les volontés seront les bienvenues. Mais avant de nous mettre au travail, faisons la fête ! Que les accords de guitare et les notes de l'accordéon résonnent ! MM. Giscard et Chirac, Jean-Jacques et Gérard, doyens de notre commune vont nous jouer La Marseillaise, ensuite de quoi nous proclamerons les résultats du concours de chant !

AEV 1415-23 Piriac

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