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L'Atelier d'écriture de Villejean
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12 janvier 2021

Trois anagrammes / Anne J.

AEV 2021-14 Anne J - PlageSi le cœur vous en dit
Allez jusqu'à la plage

Écrivez sur le sable mouillé
Mille fois
Le prénom de votre Amour

A la marée montante
Tout s'efface
Demain il vous faudra
Recommencer
Et encore après demain
Encore, encore

En écrivant à la face du monde
Son nom
Vous lui dites encore
Que vous l'aimez

***


AEV 2021-14 Anne J - I-Grande-8294-galettes-de-pont-aven-boite-a-biscuits-200-grAu bord de l'eau
Dans le jardin des senteurs
Je dégustais avec bonheur
Les galettes de Pont Aven
Achetées plus tôt.

Un homme est arrivé.

Il s'est assis sur le muret
A regardé autour de lui
A sorti sa guitare
Et chanté du Brassens
Pour les oiseaux
Et pour moi
Puis il a salué
Le Vent galant des poètes

***

AEV 2021-14 Anne J - serpent-chat-fb-5d1dccccbbf74Un chat
Pas prudents
Patte levée
Dans l'herbe
Le bonheur est dans le pré

Un autre pas
Patte avancée
Pour tâter
Ondulations
Proie pour jouer
Un serpent dans l'herbe

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25 décembre 2020

Quatre heures du matin ! / Dominique H.

AEV 2021-12bis Dominique H - Lune

Quatre heures du matin !

C'est l'heure précise
où l'oeil de la lune me vise.
En noctambule incorrigible
elle me prend pour cible,
elle vient me dévergonder
et m'agiter les idées.

Son rayon stéréotaxique
me déclenche un orage synaptique,
elle me foudroie le cortex
et mes neurones dansent en vortex.
Dans un crépitement de flash
mes idées jouent au squash.

Des zigzags bleus éclairent
des pensées éphémères
qui à peine jaillies
se sont déjà évanouies,
fugaces étoiles filantes,
rapides lueurs traçantes.

Quelles empreintes minuscules
garderont mes cellules
de ce feu d'artifices mental
qui m'apparut génial ?
Au réveil, je ne me souviendrai pas
de ces idées et de leurs ébats.

15 décembre 2020

La Deuxième arche / Anne J.

AEV 2021-12 Anne J - B6618DBCBA7846518AF8B1F88264AD23L'âne penche la tête et regarde le bœuf.

– Tu es venu, finalement ?

– Oui mais c’est la dernière année, j'en ai assez d’être là, immobile dans ce décor tous les ans du 15 décembre au 15 janvier. J'ai eu une place dans la deuxième arche, je pars.

– Moi aussi, la sélection était sévère mais mes années de service dans la préparation de Noël m'ont bien aidé.

– Oui, ils n’ont accepté que quelques couples de chaque sorte d'animal et on en sera.

– Je crois que c'est à peu près complet, tout le monde a sa place, il reste juste à choisir le couple d'humains qui va embarquer.

– Et contrairement à la première arche c'est seulement un couple.

– Normal, cette fois ce sont les animaux qui ont l’initiative, d'ailleurs il parait que les humains sont plutôt mal en point de ce temps-ci, une sorte de virus m’a-t-on dit.

– Tu es au courant ? C'est nous qui devons les sélectionner, leur faire passer l'entretien d’embauche, quoi, tu parles d'une mission, quelle misère !

AEV 2021-12 Anne J - Santons-de-creche-ane-et-boeufLe bœuf hoche la tête, regarde autour de lui. L’église est sombre, il y a juste une petite bougie qui brûle sur un présentoir vide, aucun enfant n'est venu depuis ce matin, pour admirer la crèche, Aucune vieille femme n'est venue s'agenouiller devant pour marmonner des prières, pas de femme éplorée ou d'adolescent rougissant non plus. Les animaux retombent dans leurs pensées et somnolent.

La porte grince et deux silhouettes masquées s'approchent en chuchotant : deux jeunes filles maquillées comme des voitures volées, leurs habits scintillent autant que l'arbre de Noël sur la place. Elles se tiennent droites debout devant la crèche.

La plus petite des deux commence :

– Cher Père Noël, je voudrais un mec, s'il te plait, un beau prince charmant pour Noël.

L’autre fille se penche et sur le ton de la confidence renchérit :

– Je déteste Noël mais toi je t’aime bien. J’aurais bien voulu me marier pour Noël mais mon copain est parti avec une autre plus jeune et plus canon, du coup, j’aime pas Noël ni les enfoirés sexy.

Le bœuf regarde l'âne d'un air désespéré et grommelle :

– Avec ceci ? Un prince et un coup de foudre ! Elles se trompent de personnage, ici on prie plutôt le petit Jésus. Pas les candidates idéales, du vent !

Les deux filles trouvent une pièce dans leurs petits sacs minuscules et allument une bougie votive chacune avant de repartir en gloussant sur leurs talons hauts.

La porte grince à nouveau et une jeune femme extrêmement mince et pâle entre, enroulée dans une grande écharpe. Ses vêtements trop grands lui donnent l'air d'un épouvantail habillé. Elle arrive devant l'âne et le bœuf et contemple le décor avant de s'agenouiller sur le sol glacé.

– Mon Dieu, Comment survivre à Noël quand on est introvertie et hypersensible ? murmure-t-elle d'une voix lasse et blanche.

Elle essuie une larme sur ses joues glacées et ajoute La Vie n’est pas un téléfilm de Noël ; elle s'assoit en tailleur sur une chaise en paille et commence une longue méditation, les yeux fermés , respirant très lentement avec une longue plainte mélodieuse

– Ah non, pas elle, si on l'embarque, on va tous déprimer pendant la quarantaine, fait l'âne.

– L'avantage c'est qu'elle est sûrement végane ! réplique le bœuf.

Une nouvelle bougie brûle et fume quand entrent trois petites vieilles toute ratatinées, vêtues de noir de pied en cap et masquées de blanc sous leurs lunettes, mais avec l'œil vif et assuré.

Elles approchent de la crèche.

– Tiens, fait l'âne Les Ours mal léchés s’apprivoisent à Noël !

– Noël, flingues et chocolats ! » ajoute le bœuf.

On entend des petites voix haut perchées qui chuchotent :

– En attendant ce foutu Noël, on va aller se faire un black jack au bar de la place !

– Ce sera Un Milliardaire pour Noël sinon rien !

– Petit Jésus, mon fils vient me voir et j'hésite à m'enfuir mais Noël avec lui ?

Bientôt trois nouvelles bougies réchauffent un peu l'atmosphère glacée tandis que la porte claque derrière le trio infernal

L’âne et le bœuf se regardent et haussent les épaules.

- Elles auraient été drôles, les mamies, mais elles nous auraient donné du fil à retordre.
- Pour sûr !

La nuit commence à tomber, l’âne et le bœuf ont encore vu quelques visiteurs mais aucun n’a semblé être le bon candidat pour la deuxième arche. Découragés et frigorifiés - dans les églises bretonnes on se gèle atrocement les pieds - nos deux amis se lèvent, s’étirent et d’un pas lourd se dirigent vers la grande porte.

AEV 2021-12 Anne J - Pangolin

- Tant pis, fait le bœuf, je crois qu’on va s’en passer.

- Le mieux, c’est de reprendre l’histoire de zéro.

- Tu veux dire, repartir du singe ?

- Ben oui, ça ne pourra pas être pire.

- On pourrait changer d’animal de départ, non ? Partir d’un dauphin ou d’un chat ou d’un serpent, ca serait drôle ? Ou bien, tiens, du pangolin ! Celui-là a eu du succès en 2020 !

- Le pangolin comme Avenir de l’homme, en sorte ?

- C’est ca !

8 décembre 2020

Le chat qui voulait griffer la lune / Maïck conteuse

Mademoiselle Chouchou avait un chat. Un chat qui la faisait tourner en bourrique ! Capricieux, dédaigneux, qui n’ouvrait la bouche que pour faire entendre une plainte minuscule. Bref, un chat caractériel qui avait pour nom Chouchen.

Chouchen dormait beaucoup. Chouchen rêvait beaucoup. Il faisait un rêve récurrent où la lune lui jouait mille et un tours. Ça l’agaçait, ça l’énervait prodigieusement. Souvent le soir il s’installait sur le composteur et il l’observait cette Lune. Il aurait bien voulu vérifier si c’était seulement un rêve.

Plus il l’observait, plus il avait le sentiment qu’elle se payait sa tête. Ça le mettait en rage. Mais oui, elle avait un petit sourire en coin, elle le narguait. Ah s’il pouvait grimper jusque là-haut et lui donner un de ces coups de griffe !

Ronald Searle 1 Oiseau de lune

Un jour, ou plutôt une nuit, elle était là, bien ronde, bien blanche, brillante, étincelante avec son petit sourire, qui se moquait de lui ! Si bien qu’en trois secondes sa décision était prise, il allait grimper et elle allait voir ce qu’elle allait voir, cette pimbêche !

Le voilà à réfléchir comment monter là-haut. Et… voilà, il avait trouvé !
Il a alors ameuté tous les chats du quartier, de la ville, de la Bretagne et même du pays, c’est vous dire qu’il en a déboulé dans la rue Crec’h Ugien !

Il y en avait de toutes les races, de toutes les tailles, de toutes les couleurs, des chats de gouttière, des Aristochats et d’autres encore.

Bref de sa voix la plus autoritaire (c’était bien la première fois qu’on entendait autre chose qu’une plainte sortir de sa bouche !), il a mis tout le monde en ligne et ordonné que chacun grimpe, l’un sur l’autre jusqu’à la lune. Et au bout d’un long moment, il a grimpé lui aussi, en dernier.

Et grimpe, grimpe, grimpe… Ça a duré.

Aux premières lueurs de l’aube, il est arrivé face à la lune, il a jeté sa patte pour lui griffer la joue mais… il manquait un tout petit rien pour l’atteindre ! Juste la hauteur d’un seul chat !

Il a crié vers le bas qu’il en manquait un, on lui a répondu qu’il n’y en avait plus ! Eh bien, que l’un d’entre eux, tout en bas, grimpe jusqu’à lui !

Silence dans les rangs… Les chats se sont tous regardés… Oh et puis Zut ! L’un d’entre eux s’est détaché du rang et… PATATRAS !

Mademoiselle Chouchou n’a jamais compris pourquoi, brusquement, son Chouchen était devenu doux comme un agneau !

15 décembre 2020

Soudain dans sa vie il fit moche. 4 / Jean-Paul

AEV 2021-12 JK 4 A 51jPIpjOkWL

Soudain dans sa vie il fit moche

Bien qu’elle fût devenue adulte, elle avait conservé l’habitude d’écrire au Père Noël afin de lui indiquer ce qu’elle aurait souhaité recevoir comme cadeau.

Existait-il ou pas ? La surveillait-on par l’œilleton de sa webcam ou autre chose ? Toujours est-il que tous les ans les voeux qu’elle avait émis dans sa lettre étaient exaucés.

C’est pourquoi cette année-là qui avait été peu fertile en rencontres sérieuses et même en amants de passage – c’était en 2020, l’année des premiers confinements - elle avait écrit : «Un milliardaire pour Noël sinon rien».

Une sorte de quitte ou double, une espèce de banco, tout sur le 25, rouge et blanc, impair… Noël, passe ou casse !

Et si ça ratait, rien c’était juste rien, ça ne l’engageait pas non plus à jouer à la roulette… russe.

***

Il était arrivé sur le coup de minuit. Il avait sonné à la porte, elle lui avait ouvert avec fébrilité.

Il se tenait sur le palier, immobile et digne, élégant, empli de prestance sous son chapeau haut-de-forme plus luisant qu’une pièce de dix euros. Il avait une canne à pommeau d’or comme celle de Georges Descrières quand il incarnait Arsène Lupin de Maurice Leblanc

Il était vêtu d’une longue redingote rouge à col de velours noir. Il avait de grands yeux qui lui mangeaient la moitié du visage. Quand il s’inclina pour lui baiser la main, les pièces qui bourraient ses poches tintèrent avec un bruit de jackpot de bandit manchot.

Le Père Noël avait encore une fois exaucé ses vœux.

Sauf que. Sauf que le milliardaire était venu pieds nus et qu’elle avait vu tout de suite que ça ne le ferait pas.

Il avait les pattes palmées et un large bec de canard. D’ailleurs elle l’avait reconnu d’entrée, ce vieux beau. C’était le fameux Oncle Picsou.

AEV 2021-12 Jean-Paul - Oncle PicsouDu coup elle l’avait fait pénétrer dans l’appartement, l’avait emmené dans la cuisine. Un coup de hachoir bien placé avait fait le reste. Elle l’avait découpé et mis dans le congélateur.

Le repas du réveillon de la Saint-Sylvestre était hachuré… euh, assuré.

P.S. Quand, autour du magret, elle raconta l’histoire à ses hôtes du 31, son amie Sophie eut cette répartie :

- Tu as eu de la chance ! Le père Noël aurait pu t’envoyer Donald !
- Le neveu ?
- Non ! Trump !

AEV 2021-12 JK 4 - Trump

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8 décembre 2020

Chacun cherche son chat / Maryvonne

Ronald Searle 8 Pour vous

Mais à qui donc est destiné ce gros bouquet de fleurs que le gros chat tient entre ses pattes?

Probablement en premier à tous ces écrivains qui ont tant aimé ce pacha et l’ont mis en scène.

A Chateaubriand qui le voyait descendre l'escalier du château, accompagné d'une jambe de bois. Colette qui leur apprenait à vocaliser. Léautaud qui les promenait dans un landau et tant d'autres, Simenon qui les enfumait, Céline, Prévert, Anny Duperey, Verlaine, Tomi Ungerer et peut-être pour moi aussi qui me dis : « Tiens pourquoi pas une histoire de chat ? C'est tentant d'essayer d'écrire un texte au poil avec des noms qui ronronnent, ça me chatouille le crayon ! ».

Chatouille, justement, c'est le nom de notre dernier chat. Un puits de science compte tenu du fait qu'il écoutait Léna psalmodier ses leçons à voix haute. Il était très réceptif à l'histoire du Moyen Âge. Ces histoires de chapitre de chanoine ça lui faisait friser les moustaches. Il aimait moins les guerres sauf celles avec les tranchées qui pullulaient de rats. Miam! Miam !

Tout le monde a une histoire de chat à raconter.

Je plonge alors ma patte dans mon sac à vérité pour vous narrer cette histoire incroyable. Il ne s'appelait ni Channel, ni Chagall, ni Shalimar, ni Chat botté, même pas Charivari mais tout simplement Bouba. Un chat avec une adresse bien ronflante :

"Rue Pierre François Varin de La Brunelière (Député du tiers état)".

Bouba fut blessé, probablement au cours d'une rixe avec un congénère qui n'avait pas les mêmes idées politiques que lui. De son propre chef il se dirigea au radar chez le vétérinaire avenue Patton. La vue un peu trouble il avait lu sur la plaque "Avenue Papatton" à tâtons.

L'homme médecin connaissait l'animal (peut-être pour l'avoir vacciné) ; il lui prodigua les soins nécessaires et le ramena chez ses maîtres. Rue Pierre François de la Brunelière Député du tiers état Rennais.

Le vétérinaire fort courtois vit bien que ce chat était venu seul à la consultation et qu'il n'était pas solvable. Il ne prit donc pas ses honoraires.

Et puis il y a l'histoire de cette photo qui n'est pas un montage et qui se suffit à elle même. Ah ! Ah ! Merci Chatouille !

AEV 2021-11 Maryvonne - le Chat( a encore frappé

Bien que très fourni ce bouquet ne sera jamais assez gros pour tous ceux qui adorent les chats comme Ronald Searle qui les croque dans des situations originales. L'intention était chaleureuse et nous en sommes charmés, Monsieur le minou, merci pour les fleurs !

1 décembre 2020

Flocon, papillon / Josiane

AEV 2021-10 Josiane - LoupFlocon, papillon
L’oiseau chante sur le toit. 
Flocon, papillon,
Le loup est sorti du bois.

Si le renard tousse
C’est qu’il a pris froid.
Là-bas sur la mousse,
Il se soignera.

Flocon, papillon
L’oiseau chante sur le toit.
Flocon, papillon,
Le loup est sorti du bois.

L’agneau a la frousse
Il y a de quoi.
Le loup à ses trousses,
Le rattrapera.

AEV 2021-10 Josiane - RenardLà-bas sur la mousse
Le renard guéri
Brosse sa queue rousse
Et sort du taillis.

Flocon, papillon
L’oiseau chante sur le toit
Flocon, papillon
Le loup est sorti du bois.



L’agneau est indemne

Dans sa bergerie,
Le loup est couché
Renard l’a blessé.

AEV 2021-10 Josiane - AgneauFlocon, papillon
L’oiseau chante sur le toit.
Flocon, papillon,
Le loup n’ira plus au bois.

22 septembre 2020

Jacques, Marcel, Madeleine et les autres / Maryvonne

AEV 2021-02 Maryvonne Madeleine

Comme disait le grand Jacques à la recherche du temps perdu : « Chauffe Marcel ! ». Tire bien sur l'accordéon des phrases ou sur les phrases en accordéon, comme tu veux, donne leur du souffle, tu sais par contre que tes longueurs, quand elle les lira, vont mettre à mal l’asthme de tante Léonie qui te privera de goûter si elle a une crise qui la laisse pantelante, pourtant tu l'aimes ce goûter où tu attends madeleine, tu lui disais même des « Je t'aime » à madeleine mais victime de la phrase trop longue qui terrasse Léonie madeleine ne viendra pas. Donc tu ne vas pas aller au cinéma, il en découle le drame du coucher, tu dois y aller de bonne heure sans le baiser d'Albertine qui cherche la médecine adéquate pour tantine Léonie.

De ta chambre tu as une vue sur les bains de mer du plat pays et, juste comme un mât de cocagne, l'église des bourgeois se dresse vers les nuages. A travers la jalousie tu suis le soleil qui lui se couche selon un ordre bien établi comme dans les tableaux des peintres italiens, surtout au moyen-âge et tu te laisses aller aux rêves d'un jeune homme de ton âge, du côté de Rosa et des jeunes filles en fleurs. Tu n'es pas insensible non plus aux demoiselles du téléphone de la poste de Combray, tu ressens les signes obscurs de ta sexualité, tes sensations qui suivent, ne t'en fais pas, relèvent des lois humaines.

Au bout de cette nuit de plaisir que tu crois interdit tu rejoins les paumés du petit matin, le corps lourd et la culpabilité en impression sur les draps froissés. Homme-femme de qui as-tu rêvé vraiment ?

Tes longues phrases comme celles des vieux amants qui se sont parlé longtemps se sont enroulées dans ton cerveau prolixe, tu n'as plus qu'à y tremper ta plume alerte et faire vivre tes personnages. Vas-y bon train et surtout dis à ton imagination : « Ne me quitte pas !». 

16 janvier 2024

Consigne d'écriture 2324-15 du 16 janvier 2024 : Logorallye informatico-médical

Logorallye informatico-médical

 

La vie est compliquée : dès qu’on a besoin de faire appel à la médecine ou à l’administration, il faut de plus en plus maîtriser l'usage du téléphone et de l’outil informatique. Racontez-nous vos derniers démêlés – ou ceux d’un personnage de fiction - avec ces deux corporations (médecins et bureaucrates) et avec ces deux instruments modernes.

Attention ! Toutes les dix minutes un mot parasite vous sera imposé par un·e des participant·e·s. En l'occurrence il vous faut insérer dans votre texte, obligatoirement dans cet ordre-là, tous les mots suivants :

âge - lundi - impro - tard - faon - tronche

AEV 2324-15 Consigne Doctolib

6 février 2024

H comme hurluberlu / Adrienne

 

23 janvier 2024

Y comme Yapluka / Adrienne

19 décembre 2023

Six poèmes laissés au bestiaire / jean-Paul

LA GIRAFE

AEV 2324-13 Girafeastronomes
                    Et vous œnologues !
                    Ne laissez jamais la girafe
                    En carafe
                    Ni le girafon dans le carafon
                    Qui sert pour aérer le vin !

                    Le pinard se monterait le cou,
                    Prétendrait avoir de la cuisse
                    Et les naïfs à tous les coups
                    En viendraient à prendre ce Jocrisse
                    Pour un grand cru !

***

LE WAPITI

AEV 2324-13 W comme Wapit 2iaouh ! Le saligaud !
Comme il manque de classe,
Cet outre-mangeur salace !

Derrière lui, comme une traîne,
Plumes de poule Coucou de Rennes
Reliefs de grignotage
Balancés par ce négligent :

Le wapiti vient en mangeant !

***

LE RATON-LAVEUR

AEV 2324-13 Raton-laveurions, mes frères !

                    Rions, mes sœurs !
                    Quand le raton laveur
                    Fait son grand inventaire,

                    Dans son tableau Excel,
                    Sur toutes les lignes qui se terminent
                    Par le chiffre zéro
                    Il inscrit « et un homme ».

                    Puis il part rechercher
                    Le bonheur qui vient de filer
                    Dans le pré vert.

 ***

LA TORTUE

AEV 2324-13 Tortue 4 ortue !

Traîne-savates !
Tortillard tartignole !
Train-train de sénateur !
Trois secondes ont suffi pour que je te distance
Et mette trente mètres dans ta vue ! dit le lièvre.

Trois secondes ont suffi
Pour que le Tartarin
Épaule, tire sans frémir et tue
Le péroreur aux longues oreilles.

La tortue gagne la revanche.
Il n'y aura pas de belle
Parce que la carapace
Et que les chiens à Vannes aboient.

***

LE RENARD 

AEV 2324-13 Renard 2egarde ce rouquin
Que le raisin rebute
- Trop vert ! Pour les goujats ! -
Et qui déploie tout son bagou
Pour chiper au corbeau
Son calendos puant !

Si c'est à ce prix-là
La Rollex à 50 ans
J'aime mieux encore, ma mère,
Me fier au cadran solaire !

 ***

LE DROMADAIRE

AEV 2324-13 D comme Dromadaire 2 romadaire, toi qui bosses
                    Depuis tôt
                    A l'usine de Porto,
                   Sais-tu que le chameau,
                   Lui, part tard
                                      Pour ne rien faire à Madère ?


                   Il y a des jours où tout est vain,

                   Il y a des jours où tout est cuit
                   Surtout depuis que les caravelles
                   Survolent dans le ciel le désert.

21 novembre 2023

T comme Thuin / Adrienne

14 novembre 2023

Six poèmes de Lautréaval extraits de "Effleure le mal" / Jean-Paul

Quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle

Quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle
Je bous dans la marmite
Je prépare dynamite

Quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle
La vapeur s'échappe
Et moi sous la chape
Je répète un plomb

Quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle
La tristesse m'accable
Et je suis bien capable
De vous péter un câble

Je pars vers l'azimut
Dans ma cocotte-minute

Que tourne le sifflet la grande explosion !

Quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle
Je balance mon contre-ut
Un arc-en-ciel paraît
Qui vient porter au monde
Et mon ébullition
Et ma bénédiction

Je suis une horreur sympathique,
au fond.

2023-11-04 Nikon 8

***

Le Roi d'un pays pluvieux

Le roi d'un pays pluvieux
Nous n'avons rien à lui envier

Nous aussi nous sommes plus vieux
D'un jour chaque jour
D’un mois chaque mois
D'un an chaque année

Le roi d'un pays pluvieux
Tout aussi arrosé que nous
Et même plus

Rien ne nous oblige, nous,
A discourir sous la pluie,
Comme fit François de Hollande

AEV 2324-08 JK - francois hollande

***

Chanson d'après-midi

Tout ce qu'on a pu
S'enfiler
Comme faux-filet
Et vraie bidoche !

Tout ce qu'on a pu
Biberonner
Comme Côtes-du-Rhône
Et vins de Loches !

Tout ce qu'on a pu
Fréquenter
Comme bons pâtés
A la cantoche !

Tout ce qu'on a pu
On y est rompu
On s'y est rompu
La sous-ventrière
Qui traîne par terre

On a pu On a pu On a pu
On est repu !

AEV 2324-08 JK Gargantua

***

Je t'adore à l'égal de la voûte nocturne

Je t'adore à l'égal de la voûte nocturne
Mais qui donc a percé tous ces trous dans ta robe ?

Pourquoi tes jeans sont-ils déchirés à ce point ?
Et pourquoi tant d'étoiles tatouées sur tes épaules ?

Je t'adore à l'égal de la voûte nocturne
Mais pourquoi cet hommage à Io la vache
Sous forme d'anneau dans le nez
Comment c’est que voilà qu’ t’es ?

Peut-être n’es-tu, tout simplement, qu’un ciel brouillé ?
Je vais demander à la lune de m'éclairer.

AEV 2324-08 JK jai-demande-a-la-lune

***

J'ai plus de souvenirs que si j'avais mille ans

J'ai plus de souvenirs que si j'avais mille ans
Et pourtant je n'en ai que neuf-cent-trente-deux

methuselah_vitrail

***

Que diras-tu ce soir, pauvre âme solitaire

Que diras-tu ce soir, pauvre âme solitaire
De Don Juan aux enfers, à celle qui est trop gaie ?

Que tu regrettes l’irréparable ?

Le serpent qui danse dans ta sépulture
Est le châtiment de l'orgueil.

Comme tu retournerais à la vie antérieure !
Tu mettrais l'univers entier dans ta ruelle !
Tu renierais ton obsession,
Apprendrais l'harmonie du soir.

Mais crève, Tenorio ! Apprends donc le goût du néant
Et l'alchimie de la douleur !

Cloître ! Cloître ! Cloîtré !
Tombe ! Tombe ! Tombé !

Fais ton festin de pierres et de terre à jamais !

AEV 2324-08 JK Molière_frontispice_de_Dom_Juan

14 novembre 2023

Trois poèmes de Lautréaval extraits de « Les Chants crurent » / Jean-Paul

1

Redon
Redon
Redon

Je le redis :

Redon
Redon
Redon

Rumba
Rumba
Rumba

Je le redis

Rumba
Rumba
Rumba

Moralité
Redon-danse
Redondance

2022-10-22 - Nikon 23

2

Quatre moines à la queue leu leu
Traversent la chaussée
Sur le passage piéton
En bas de la mairie

Il y a une Volkswagen garée sur le trottoir
Un moine a les pieds nus
Et le premier d'entre eux porte une barbe rousse

Tous les jours à la même heure
Ce même rituel

L'abbaye rôde

AEV 2324-08 JK L'Abbaye rôde

3

On donne
On redonne
On abandonne
On saucissonne
On rançonne

On perd haleine
On file la laine
On poire Belle-Hélène
On acétylène
On Ille-et-Vilaine

On demande pardon
On cosaque du Don
On empèse à l'amidon
On plume d'édredon
On est de Redon

Et pourquoi toujours cinq "On" ?

Mais parce que Saint-Con,
Voyons !

Ou plutôt Saint Conwoïon :
C'est lui le patron de Redon !

AEV 2324-08 JK Saint Conwoion

6 février 2024

Les Trois frères / La Licorne

 

Trois frères, 

Jean, Jacques et Jules,

Les bras croisés 

Et l'air fermé

Style "têtes de mules"

Arrêtez de nous embêter

Avec vos photos débiles

Et vos bonnes manières

Laissez nous jouer

Avec Emile...

 

 

 Dix ans plus tard, 

ils sont debout

Plus de chapeaux

Ni de blouses à carreaux

Ils posent en costume mou...

Devant un décor imposé

Seuls leurs regards

N'ont pas changé

Dépêchez-vous

Nous, on s'en fout !

 

 

 
 Trente ans plus tard 
Les trois moutards 
Ont réussi 
Costumes d'affaires 
Fleurs à la boutonnière 
Ils se pavanent 
D'un air blasé 
Et leur havane 
Crache une fumée 
D'hommes nantis.
 
 
Trio inséparable 
Parcours implacable...  
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6 février 2024

I comme irascible / Adrienne

 

6 février 2024

Consigne d'écriture 2324-18 du 6 Février 2024 : La Famille M.

La Famille M. 

 

On vous distribue trois photographies de gens ou de lieux qui vous sont inconnus. Faites comme si elles avaient un lien avec vous. Faites parler ces photos. Qui sont ces gens ? Qu’est-ce qu’une famille ? Comment ces personnes peuvent-elles interagir avec votre propre destin ? Pourquoi n’a-t-on rien écrit - ou très peu - au dos de ces photos ? Qu’aurait-il fallu raconter pour que ces vies ne disparaissent pas dans l’oubli total ? Qu’est-ce qui est réjouissant sur ce que vous voyez ? Qu’est-ce qui ne l’est pas ?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Cliquez sur les photos pour les agrandir !

Et si toutes ces questions ne vous suffisent pas pour démarrer une écriture, racontez ce que vous voulez en intégrant cinq des mots suivants dans votre texte :

balbutiement – addiction – zigoto – vœux – ultimatum – troglodyte – siphon - radiesthésie – quant-à-soi – parenthèse – obsolescence – mollusque – irascible – hêtraie – gabier – fox-trot – excentrique – druide – bourrique – aphrodisiaque – trophée – sacripant – raffut – quadrille – méandre – irrationnel – hurluberlu.

30 janvier 2024

C comme Coup de fil / Adrienne

***

30 janvier 2024

La Dernière affaire / Jean-Paul

AEV 2324-17 JK 1 Adieu ma jolie

Je n’allais pas lui dire « Adieu ma jolie ! » à Brigitte, mon aimable collaboratrice. Pas encore. On avait toutes les archives de l’agence de détectives Fiat Panda à sortir des armoires et à mettre dans des cartons. Après des années de bons et loyaux services, de défense de la veuve pulpeuse et de l’orphelin pervers, après toutes ces plombes de filature jusque dans Roubaix même, de planque au clair de lune à Maubeuge ou Paimpont, de photos de flagrant délit d’adultère, de mensonges féministes éhontés au mari trompé, il était temps que moi, Florent Fouillemerde, directeur de l’agence, je prenne ma retraite.

A cause des polars de la Série noire et des films américains des années cinquante on imagine plein de choses fausses à propos des privés et de leur boulot. C’est sûr que ce bureau a vu défiler du beau linge, des gens qui ont l’argent facile et qui croient que, pour des haricots, on va les détromper sur le comportement étrange de leur légitime.

AEV 2324-17 JK 2 valseur énigmatiqueIl n’y a rien d’étrange dans la vie des femmes, si je puis m’exprimer encore de façon très genrée. Il y a toujours un gentil gourou pour leur expliquer le monde façon gros bateau : « Pour bien se porter, il faut faire l’amour onze fois par mois ». Et toi, monsieur Crésus qui viens me trouver avec tes doutes, tu peux déposer combien aux pieds de la sirène pour calmer son coup de chaleur ?

Mais non, mon vieux ! Les manteaux de vison et les diams comptent pour beurre ! Fais pas le clown ! S’il y a du tirage dans le ménage c’est parce que tu n’assures pas ! Pendant que tu gagnes du pognon à la direction de ta boîte d’assurances, tu en manques tellement que c’est la panique à bord du côté libido. Surveille tes arrières, bon Dieu ! Tout le monde sont là pour mater le valseur énigmatique de ta douairière et l’adultère n’est pas fait pour les chiens : eux ne se marient pas, d’abord.

C’est sûr aussi, pour en revenir à la mythologie des privés, qu’on se balade entre les tombes, que le pavé brûle parfois. Mais n’exagérons rien, ne nous fâchons pas ! Nous, les privés, on décime peu. Quand j’ai été trop mort de trouille, j’ai toujours décroché le bigophone et appelé les flics à la rescousse. De toute façon je n’ai pas de port d’arme, je ne sais pas tirer et je n’ai même jamais été obligé à faire usage de mes poings.

AEV 2324-17 Série noire 1

La preuve que le métier s’est civilisé et qu’il a tout pour plaire aux Bac+5 au chômage c’est Brigitte qui est devenue bien meilleure que moi dans le maniement d’internet, la recherches de données en ligne et les outils de craquage. Une hackeuse n’est jamais prise la main dans le sac.

Brigitte, ça pourrait être la fille de mes rêves si je n’avais déjà rencontré et épousé Isabelle, ma blonde et très futée bibliothécaire. Son seul défaut à ma collaboratrice c’est qu’elle envoie du bois en matière de réplique et qu’elle pitanche un max. Ce jour d’hui elle a amené une bouteille de planteur comme là-bas, dis ! Les Martiniquais n’en sont pas revenus de son tour de main dans la confection du breuvage ! Les Martiniquais ne reviennent jamais, du reste !

Mais bon, je cause, je cause. Le boulot ne va pas se faire tout seul. J’ai reposé mon verre dans l’évier du burlingue et on était juste en train de scotcher le premier carton de déménagement quand, malgré le panonceau « Fermé pour cause de fermeture définitive », une fille a sonné à la porte. Oui, une fille. La porte vitrée est en verre dépoli et on distinguait bien sa silhouette au travers. Elle portait un imper turbable et des cheveux mi-longs.

- Qu’est-ce qu’on fait, Florent ? On ouvre ?

- Au pire, qu’est-ce qu’on risque ? Qu’elle essaie de nous vendre le calendrier des pompières ? Si c’est Firelli qui l’édite je veux bien me fendre de dix ou quinze euros. Mon dernier coup de folie avant la retraite !

Brigitte a ouvert la porte. La fille à l’imper était un mix entre Lauren Bacall et Rachida Dati. Une très jolie beurette à qui on aurait tout confié sauf les saintes huiles.

J’ai à peine eu le temps d’ouvrir la bouche pour lui annoncer que je ne prenais plus d’enquête mais, carrément, ma retraite, qu’elle nous déclarait de façon péremptoire, plus Dati que Bacall, quoique :

- Monsieur Fouillemerde, j’aimerais que vous m’aidiez à retrouver la trace de Claude-Julien Trochu !

- C’est qui ce gazier ?a demandé Brigitte qui connaît tous les synonymes de « zigoto » qu’on peut trouver dans « La Méthode à Mimile ». C’est un gars qui a usé trois culottes à te faire l’amour ?

Brigitte connaît aussi tout un tas de chansons olé olé du pays gallo, une région autour de Rennes où l’on n’est pas mauvais cheval mais ou on se montre un peu bourrin quand même parfois.

Rachida-Lauren lui a lancé l’oeil noir du taureau qui regarde Carmen, Escamillo ou Don José, on ne sait plus trop qui Georges visait ou bisait.

- Il a été boulanger vingt-cinq ans à la manutention de Blida.

- Blidat ? C’est un village de la Creuse ? De l’Ariège ? De la Lozère ?

- C’est en Algérie, Monsieur Fouillemerde. Je suis prête à payer très très cher si vous retrouvez les membres de la famille qu’il a fondée quand il est revenu en France.

Blida - Rue d'Alger (grand format)

- Encore un "cold case" ? Une histoire de revenant ? Il était pied-noir ? Il est rentré en 62 ?

- S’il est de la famille de Madame il vaudrait peut-être mieux employer, surtout après notre abus de planteur, « harki tout double » ? a rigolé Brigitte.

- Il est revenu en France en 72, a précisé la visiteuse.

- C’est tard, non ?

- En 1872 !

Les bras m’en sont tombés et le dévideur de scotch également, en faisant « splotch » ou « klong » dans le carton – je suis un gars dans le genre de Jeanne Moreau, j’me souviens plus très bien. J’ai la mémoire qui flanche et il paraît que je deviens sourd en vieillissant -.

Mais pourquoi ça n’arrive qu’à moi ces demandes d’enquête sans queue ni tête ? *

* Pour mémoire, c’est Florent F. qui a été chargé de partir à la recherche d’Isaure Chassériau le jour où elle est sortie de son tableau au Musée des Beaux arts de Rennes. D’ici à ce qu’on la retrouve dans l’arbre généalogique de la famille Trochu ! Avec le planteur de dame Brigitte, tout est possible, tout est réalisable !

30 janvier 2024

Consigne d'écriture 2324-17 du 30 janvier 2024 : Série noire

Série noire

 

D’Arthur Conan Doyle à Agatha Christie, de Raymond Chandler à Fred Vargas, le roman policier a envahi la littérature, le cinéma et les séries télévisées et a pris le nom de polar.

Fondée en 1945 la collection Série noire a publié les plus importants auteurs américains et français oeuvrant dans ce genre.

Il vous est demandé, à partir de l’une de ces trois photos, d’écrire un début de chapitre d’un roman de ce type dans lequel il y aura, à ce moment-là ou plus tard, "de l'action, de l'angoisse, de la violence".

Vous insérerez entre cinq et dix titres de polars de la liste ci-dessous dans votre texte.

Adieu ma jolie - Argent facile - Au pire qu’est-ce qu’on risque - Au rendez-vous des tordus - Aux pieds de la sirène - Balade entre les tombes - C’est le bouquet - Ça n’arrive qu’à moi - Cause toujours ma poupée - Coup de chaleur - Dites-le avec des pruneaux - Du beau linge - En petites coupures - En pièces détachées - Envoyez la fumée - Fais pas le clown ! - Faites-moi confiance - La Fille de mes rêves - La main dans le sac - La minute du mensonge - La Reine des pommes - Le Pavé brûle - Le Singe est au parfum - Le Valseur énigmatique - Les Sentiers du désastre - Mort de trouille - N’exagérons rien - Ne nous énervons pas - On décime - On suicide - Panique à bord - Pour des haricots - Pourquoi moi ? - Prière d’incinérer - Refroidissements - Surveille tes arrières - Tout le monde sont là - Tout pour plaire - Tu viens shérif ? - Une arrière-saison en enfer - Y’a du tirage. 

AEV 2324-17 Série noire 1 - Copie

 

AEV 2324-17 Série noire 2 - Copie

AEV 2324-17 Série noire 3 - Copie

 

12 septembre 2023

L comme Liste / Adrienne

9 janvier 2024

La Famille Duballon / Adrienne

16 janvier 2024

Un Tournesol moderne / Jean-Paul

AEV 2324-15 JK Asklépios

Est-ce une question d'âge ? D'usure de la bécane ? De dépassement par une société et un environnement qui vont trop vite pour vous ?

Toujours est-il que moi qui suis en parfaite santé j'ai quand même hérité d'un médecin traitant. J’ai vraiment beaucoup de chance parce que toutes mes copines autour de moi ont perdu le leur !

J'ai même énormément de chance parce que ce monsieur Asklêpios et ses assistantes me bichonnent comme ce n'est pas permis ! Déjà on me soigne pour une hypertension artérielle alors que je ne souffre que d’iatrophobie. En plus je n’ai même pas besoin de chanter pour qu’on m’attribue un cachet. Sympas, les Grec·que·s !

***

Une fois par an mon généraliste m'envoie faire une saignée chez Monsieur Dracula qui tient le laboratoire médical de la rue Nosferatu. Une fois tous les trois ans il me demande d'aller faire un électrocardiogramme et une échographie chez Monsieur Lecoroner, le cardiologue de la rue Hortense Iomètre.

Que des braves gens eux aussi qui se décarcassent tous pour me démontrer que je ne suis pas venu les voir pour rien ! Le biologiste par exemple m’a décelé un pic protéinique anormal à surveiller et Le Coroner m'a diagnostiqué une aorte dilatée. C’est drôle, moi j’aurais plutôt pensée à la rate pour la dilatation !

***

AEV 2324-15 JK tensiomètreJe rends visite au généraliste tous les six mois, en juin et en décembre. Malgré sa gentillesse congénitale je stresse comme un malade quand j'ai trop bu et trop mangé et que je monte sur sa balance.

J'y suis allé le lundi avant Noël chez la cardiologue. Oui LA cardiologue parce que Monsieur Lecoroner a pris sa retraite et c'est Madame Vampirella qui le remplace. Elle s'appelle comme ça parce qu'elle avait envisagé d’abord de faire pharmacie mais finalement, n'écoutant que son bon cœur, elle a fait médecine et est devenue cardiologue. Très gentille elle aussi et très honnête : elle a trouvé l'électrocardiogramme normal, le cœur normal et l’aorte revenue à une dimension normale. Elle m'a quand même demandé de revenir dans 3 ans. C’est fou comme ces gens s’attachent à moi. Je dois avoir quelque chose de rassurant, quelque part !

AEV 2324-15 JK tensiomètre

Sur la lancée je m’en vais voir le généraliste pour renouveler mon ordonnance de comprimé. Cela faisait deux ans que je ne l'avais pas vu parce que les trois fois précédentes c'étaient ses remplaçant·e·s qui offici(n)aient. Il y en a même eu un qui ne m'a trouvé que 13-8 de tension : j'avais oublié de ressentir mon effet blouse blanche avec celui-là !

Heureusement avec le généraliste le tensiomètre à de nouveau explosé et quand il a repris mon dossier médical il a vu que sur la dernière analyse sanguine on n'avait pas surveillé mon pic d'Aneto où mon pic de la Mirandole alors il m'a fait une ordonnance pour que j'y retourne. J’y vais demain.

***

J'ai un ami Corse qui fait du théâtre d'impro. Il faudra que je lui suggère ce thème : « prendre un rendez-vous chez un médecin ». Je l'imagine très bien dans la scène, tombant sur le message enregistré du répondeur :

« Vous êtes bien au laboratoire Leminou - c'est là le vrai nom de M. Dracula -. Nous vous rappelons que vous pouvez prendre rendez-vous sur le site internet Doctolib.fr. Patientez, nous allons prendre votre appel ! ».

S’ensuit une musique instrumentale assez pourrie avec des claviers, une batterie, une mélodie entre musique d'ascenseur et improvisation de jazz comme j’en écoute le dimanche soir sur France Musique. L’émission s'appelle « Repassez-moi le standard ! ». C'est un peu ce qu'on a envie de dire à la musiquette au bout de 3 minutes 30 mais comme à la maison je suis tout sauf hypertendu et que, en revanche, je suis d'un naturel hyper-patient, j'ai tenu jusqu'à 5 minutes 30 avant de raccrocher. Je veux bien qu'on fasse poireauter Hercule mais il y a des limites quand même.

Peut-être que ça marchera mieux sur Internet ? Le téléphone reposé sur son socle je me connecte à Doctolib. Ça va : je n'ai pas à créer un compte car j'en ai déjà un. J'ai dû le mettre en place pendant le confinement de 2020 pour prendre mon rendez-vous afin de me faire vacciner. En plus j’ai de la chance : mon identifiant et mon mot de passe sont restés mémorisés. Sauf que Doctolib me demande de confirmer mon adresse et mon numéro de téléphone, qu'il m'envoie un code dans ma messagerie, que je dois le récupérer et le puis taper pour pouvoir utiliser son service de prise de rendez-vous.

Je m'exécute. « Je m’exécute », c’est la formule qui convient face au médecin et à la médecine : une fois qu'on a mis le doigt dans l'engrenage on ne peut plus le retirer, on ne peut plus que « s'exécuter ».

Et donc me voilà en train de taper « Laboratoire Leminou » et c'est là qu'arrive le gag final du sketch : la machine me dit « aucun résultat ».

- Attends ! Aaaattends, Machine ! Je suis allé sur le site du labo avant de téléphoner et c'était bien marqué « compatible Doctolib », non ?

Je reconsidère ma requête et là je n'en crois pas mes yeux ! Je me sens obligé de taper la touche impr(ime) écran syst(ème) pour garder trace du truc : ma demande « Laboratoire Leminou » est devenue « Psychothérapie assistée par un cheval » !

2024 01 16 Doctolib psychothérapie avec un cheval

Je n'aurais jamais dû regarder le documentaire sur Salvador Dali hier soir ! Depuis le surréalisme a envahi ma vie !

***

Je ne sais plus ce que je cherchais l'autre jour comme image de Walt Disney. Ah si, je me souviens : c'était une image de Bambi pour illustrer le poème sur le faon que j'ai écrit ici il y a quinze jours. J’ai constaté alors qu’ils avaient réalisé un Bambi 2. Moi aussi mon histoire a une deuxième jambe. Sans quoi elle ne tiendrait pas debout, vus avez raison !

J'ai fait la bêtise d’avouer ceci à mon généraliste qui m'interrogeait là dessus : « Mon épouse m'accuse parfois de devenir sourd .».

AEV 2324-15 JK 20190702_tournesol2sourd

Ce n'est pas parce que je me prénomme Tryphon et qu'elle-même parle souvent dans sa barbe qu'il faut m'accuser d'absurdité ou de surdité tout court ! Toujours est-il que j'ai hérité d’un deuxième rendez-vous à prendre chez un oto-rhino-laryngologiste.

Je m'y attelle sur la lancée. Vous imaginez la tronche du gars Tryphon en écoutant le répondeur ?

« Vous êtes bien au cabinet de Maryvonne Low-Erhel. Vous pouvez prendre rendez-vous sur la plate-forme Doctolib. Sinon le secrétariat est ouvert les semaines paires le mardi de 10h à 11h30 et de 16h30 à 18h et les semaines impaires le mercredi de 10h à 11h30 et de 16h30 à 18h. » C’est, à peu de choses près, ce que j'ai entendu. Il était 15h.

Je suis allé sur Doctolib. Tout s'est encore bien passé sauf que, malgré la promesse du répondeur il était écrit sur le site que le cabinet n'accordait plus de rendez-vous via Doctolib » !

J'ai repris le téléphone. J’ai réécouté le message, compris que j'avais appelé en dehors des heures de permanence. A 16h45 j'ai rappelé. Le message disait cette fois :

« Nous allons prendre votre appel. Nous vous rappelons que vous pouvez prendre rendez-vous sur Doctolib. Nous allons prendre votre appel. Nous vous rappelons que vous pouvez prendre rendez-vous sur Doctolib... »

Puis ils ont fait poireauter Hercule sept minutes et trente secondes avant de décrocher et là j'ai obtenu un rendez-vous pour un audiogramme... le 17 juillet à 10h30 ! Dans six mois !

Encore heureux que je ne suis pas malade et que j'entends bien des deux oreilles !

12 septembre 2023

Adel (Les Serrures) / Jean-Paul

AEV 2324-01 JK - Adel liste de courses

Quelle aventure, cette voisine ! Une grande bringue sympathique, rigolarde mais suffisamment tête en l'air pour sortir sur le palier en laissant la porte se reclaquer derrière elle avec les clés à l'intérieur ! Enfermée dehors !

Et moi qui remonte l’escalier juste à ce moment-là, de retour des courses. C'est qui le Zorro du deuxième étage ? C'est bibi, Adel, le brave Tunisien modèle du XIXe arrondissement !

- Est-ce que vous avez laissé une fenêtre ouverte chez vous ?

- Oui, celle du séjour.

- Ne restons pas là, entrez chez moi. Je vais essayer de passer par l'extérieur.

- Comme dans les films de Belmondo ? Mais vous êtes fou, c'est trop dangereux ! Appelez-moi plutôt un serrurier !

- Taratata ! Faîtes comme je vous dis !

J'ai posé mes sacs dans la cuisine et j'ai dit à Hadidja, mon épouse :

- Sers un jus d'orange ou fais un thé à la menthe pour notre charmante voisine le temps que je la dépanne !

J'ai ouvert la fenêtre. J’ai évalué la distance entre les deux balcons. C’était tout à fait faisable. Aucune appréhension malgré le vide. J'ai pénétré dans son appartement, j'ai pris les clés, ouvert la porte, refermé derrière moi et je suis rentré chez moi pour les lui rendre. On a fait plus ample connaissance.

Épatée par mon numéro, elle a été, la fille ! Et séduite par la chaleur de notre accueil, par mon numéro de gringue sous-jacent. Elle nous a invités à prendre un apéritif chez elle le lendemain soir.

***

On y est allés. Elle avait invité un de ses copains du Pas-de-Calais qui habitait aussi Paris, un genre d’intello à lunettes rondes comme John Lennon. J’ai senti que c'était juste UN copain, pas SON copain.

Rigolote mais pas folle, la fille ! J’étais sans doute allé trop vite. J’avais peut-être eu tort de lui glisser à l'oreille en la raccompagnant la veille au soir :

- Vous savez, Marie-Paule, quand on a fait l'amour avec un acrobate * même Ryan Gosling ne vous fait plus aucun effet ! 

Extrait de "Un éléphant ça trompe énormément, d'Yves Robert)

 * Formule empruntée à Bernard Dimey et détournée. Le texte original, chanté par Joe Krapov, est ici.

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