Daniel, Cannelle et les autres / Laura
L'Atelier de Rennes, lors de la biennale d'art contemporain en 2008, définit le problème comme « ce qui surgit lorsqu'on prend conscience d'une différence significative entre une situation réelle et une situation souhaitée ».
Lors de leur voyage au Maroc, Daniel et Cannelle s’étaient disputés à cause de leurs familles respectives comme souvent car leur couple était une île qui générait elle-même peu de conflits. A leur retour, Daniel est parti voir sa famille alors que Cannelle le trouvait trop fatigué pour le faire. De son côté, Cannelle reçut des messages de sa sœur, s’inquiétait pour celle-ci, se sentait coupable comme toujours vis-à-vis de sa famille et s’en ouvrit à son mari le soir au téléphone alors qu’il lui disait ne pas se sentir bien. Elle la rappela donc et elles parlèrent du passé de la famille et de son influence sur Cannelle.
Le lendemain matin, elle lui envoya un message lui disant qu’elle avait perdu vingt kilos. C’était son combat dans son île avec lui.
Peu de temps après, elle reçut un appel lui annonçant sa mort. Elle se sentit coupable d’avoir fait passer sa famille à elle avant lui et en colère parce que sa famille à lui, vivante, l’avait trouvé, lui mort, hors de leur île, loin d’elle.
Bien que Daniel lui ait interdit d’appeler sa famille à elle s’il lui arrivait quelque chose, elle se sentit soudain si seule, comme une biche devant les phares d’une voiture, qu’elle les appela d’abord pour partager sa douleur et quelque chose, leur demander leur aide.
Elle prit très vite conscience de son erreur, de la différence très significative entre les problèmes que « les autres » lui apportaient, plus importants que la consolation et le soutien qu’elle attendait d’eux par rapport à son absence et sa solitude.
Il a fallu qu’elle revisite en esprit et dans son cœur leurs paysages traversés, visités ou souhaités pour reprendre un peu de force , pour s’éloigner de ces liens toxiques.
C’étaient des paysages de châteaux, d’eaux calmes, peuplés d’humains qui n’empiétaient pas sur son île (où elle n’avait plus son Robinson), paysages ruraux, champêtres ; « Tous les bateaux, Tous les oiseaux, tous les soleils, Toutes les roses[1] .»
Beaucoup plus de paysages urbains, des églises, des musées, des canaux ; leur monde, son monde qui lui font plus de bien que les vacheries et les conseils débités par des gens proches mais étrangers à ces paysages.
Cet éloignement la ramenait à sa peur d’être seule du matin de la terrible nouvelle mais elle-même telle qu’il l’aimait.
[1] https://www.youtube.com/watch?v=7yDfygERWYw






























S’il y a bien un endroit où il est interdit de fumer et de jouer à la petite marchande d’allumettes, c’est ici, dans ce bâtiment d’allure classique. C’est un grand quadrilatère qui a son entrée au 58 de la rue de Richelieu à Paris. Y était conservé, jusqu’à il y a peu, tout le patrimoine écrit imprimé sur le territoire français et ce depuis 1539. Voilà pourquoi il n’était pas rare de voir sur le trottoir, entre 1975 et 1980, Mlle Lhéritier ou M. Peyraube clopant "comme clopains" à gauche de la porte principale de la Bibliothèque Nationale qui n’était pas encore « de France ».






























