« Il faut être absolument moderne! » s’écria-t-il. Et joignant le geste à la parole, il prit la plume et écrivit :
Depui ui jour, j’avé déchiré mè botine O cayou dè chemin. J’antré a Charlerwa – O Cabarè Vèr: je demandé dè tartine Du beur é du janbon ki fu a mwatyé frwa.
« Pas mal ! Pas mal du tout ! Et absolument moderne ! » fit-il, content de lui. Donc il continua :
Byieneureu, j’alongé lè janb sou la table Verte : je contanplé lè sujè trè nayif De la tapiseri. – Et se fu adorable, Kan la fiy o téton énorm, o zyeu vif,
Il hésita un peu sur le ‘byieneureu’ mais se dit que de toute façon, la poésie était pour les ‘happy few‘, alors il poursuivit en tirant la langue – il n’avait que seize ans, après tout :
– Cèl-là, se nè pa un bézé ki l’épeur – Ryeuze, m’aporta dè tartine de beur, Du janbon tièd, dan zun pla coloryé,
Il commençait à bien maîtriser son orthographe moderne et c’est d’une plume jubilatoire qu’il traça le dernier tercet :
Du janbon roz é blan parfumé d’une gous D’ay, – é m’anpli la chop imans, avèk sa mous Ke dorè un rèyon de soley aryéré.
Non ! Non ! Non ! J'ai telement comi d'imper avec l'ortograf que je n'en aprendrai pas une autre. Je me suis telement pri les pieds dans les doubles consones. J'ai marché en écrasant la queue des terminaisons, masacré les temps et tant d'autres méfets. J'ai araché une aile sur deux, coupé trois pates sur six aux mots que j'aime, étouffé un pet sur deux, raté un té de temps en temps et empéché de rouler les mots qui avaient double esieux. J'ai asez d'un « c » par mot pour lakces au savoir.
J'ai couru après les chapos qui tombent de la cime dans l'abime et ceux qui remplacent un vieux «s» qui s'est fait la male. J'ai enlevé le chapo à la tete du vietnamien pour qu'il fete le tet.
J'ai apri l'alemand pour suprimer tous les acents. Tout ça c'est en me fatiguant car l'ortograf c'est bien fatigant avec le « u » qui fait la gigue. Un cou tu le vois, un cou tu ne le vois pas.
Alors je fai l'escargo, je me retire au fon de ma coquile de dysorthographique j'en ai trop bavé, j'ai tiré et scélé l'épiphragme pour m'enfermer. Remarquez bien que si je n'ai pas d'ortograf j'ai du vocabulaire. J'aurai pu dire l'opercule mais ça c'est pluto pour les autres gastéropodes. L'escargot c'est l'épiphragme son rido de garage.
Je sais plein de choses mais je ne veu plus etre l'instit' coupable qui fai des fotes et qui a onte. Qui coupe les pates aux doubles consones. C'est une soufrance en France.
Pour me consoler, je me gave de far breton, j'en ai du far au joue, car en plus le gardien du far m'a quitée. Je suis certaine que vous avez compris, alors pourquoi se compliquer la vie . J'en perds la tete et pour surnager j'ai recour à la fonétic tic,tic, c'est fantastic tic tic , c'est ma tactic, tictic même si je ne suis pas gendarme.
J'arete mon délire j'espère vous avez pu lire ou délire.
Sans Drillon, lais deu vileines et la bêle-maire serait bien en potées. La pov' doit fer le ménaje, la kuizine, la koutur...
Un souar, ya (nein ?) un bal au pas laid du prinsse (de Lu). Lais deu laides son toute exsité. Ouais ! Ouais ! On na toute lais chanses d'êitre chouasi par le prinsse !
Mê wala Drillon, édé par la fé, enfile une jaulie robe, dès belles gaudasses en vert et surtou la fé transphorme une six peurs (trouilles) en Ford Ka Rosse . C'est elle la plus Belle !
Mê a minui, ding dong !, la maji s'arête, plu de robe, plu de Ford Ka (c'est rosse) et elle paire une grolle.
Le prinsse est dézezpéré . Aqui ai cette grolle ?
Son valai fait la tourné des popottes pour retrouvé la proprio de ladite grolle. Et Bingo ! L'arpion de Drillon rentre pile-poêle dans la gaudasse !
Le prinsse est ravi . Drillon arive au pas laid !
- C'est booo issi ! »
Le prinsse tombe rêde dingue de Drillon. Il et elle se mari et les deu laides ronds doive fer sans Drillon.
Voilà l'histoire Drillon la prinssesse.
Il paraît quelle a u plin de mioches et que le prinsse ai aler révéyer l'aut' qui dore depui sans temps, toute frêche,toute croquignolette. Espèsse de gouja, de mâle au tru !
Voici les règles de la nouvelle orthographe, complètement phonétique ! Ca décoiffe, hein ?
Lettre ou son
Nouvel état
Exemple
a
à
Remplacé par a
â
Remplacé par a
ai
Remplacé par é ou è
File la lène, file lé jours
au
Remplacé par o
b
c
remplacé par “s” ou par k
La sigarète le kaméléon
ç
Remplacé par s
Non mersi san fason
ch
Conservé si chuintante
Un cha, un chien
ch
Prononcé de façon gutturale : Remplacé par k
Du klor plin la pisine
d
e
ë
Remplacé par e
Le pèr noel
é
è
ê
Remplacé par è
Sa va pa la tète ?
eau
Remplacé par o
ei
Remplacé par é ou è
Il navigè an pèr pénar
Eu ouvert
Subsiste pour le son “e » ouvert
Crane d’euf, bon pié bon euy
Eu fermé
Remplacé par e pour le son “e » fermé
Un pe mon n’ve !
f
g
Conservé pour le son guttural sinon remplacé par j
Un garaj Une jirwèt Un gadjèt
gn
Replace par ny
C’est de la nyonyotte !
h
disparaît
Un arico de mouton
i
Ne porte plus jamais d’accent circonflexe
Une ile, le jite et le couvèr
Ien, iou, ion
Remplacé par yin ou you ou yon
Drolman byin sacrémen syou Mérit l’atensyon
ill
Remplacé par y
S’é mouyé par tèr
j
k
l
m
n
o
oi
Remplacé par wa
Vyin bwar un vèr !
p
ph
Remplacé par f
La farmasi
q
N’existe plus, remplacée par k
Une pikure
r
s
Conservé comme sifflante
Le siro tifon s’è bon
s
Remplacé par un z lorsque entre deux voyelles
L’inportan s’è la roze
t
u
un
Conservé uniquement comme article indéfini
Tout un chakin
v
w
Se prononce oi et pas voi ni va
un Wallon en vacans réklame du wifi et un waterzooï de wapiti
x
Remplacé par ks ou par gz
Egzacteman ! Tro de seks tu le seks !
y
Souvent remplacé par i, conservé quand il s’agit du son qu’on entend dans yoyo ;
Dyogèn véku dans un tono Tchaykovski a ékri le lac des signes
z
en
Remplacé par an
Koman von té paran ?
in
on
Tous les mots qui finissent en ion s’écrivent désormais avec yon à la fin
ou
Maintenu mais tous les mots en ou se termine en ous
- Je jou du binyou - Dégaj ! - Sapajous ! Pour la pène je vous bombarde de caillous
Vous allez les pratiquer ce jour de manière à ce qu’on rigole bien ! Plusieurs propositions :
1) Vous réécrivez en appliquant ces règles une fable de La Fontaine, un poème ou texte littéraire hyper connu, un conte, un article de journal, un de vos textes précédents, ce que vous voulez.
2) Vous rédigez une ou plusieurs pages d’un manuel d’apprentissage pour les enfants en donnant de nombreux exemples à leur portée de ces nouvelles règles
3) Vous racontez une visite au zoo
4) Vous êtes rétive à ce nouveau système. Défendez l’orthographe traditionnelle dans un pamphlet.
5) Vous êtes contestataire dans l’âme. Les choix faits de remplacement s faits par votre serviteur ne vous conviennent pas. Argumentez et proposez autre chose là où vous n’êtes pas d’accord.
Vous pouvez en choisir plusieurs ou n’en faire qu’une.
Bone amuzman !
P.S. « Doukipudonktan » est l’incipit de « Zazie dans le métro » de Raymond Queneau.
Quand les poules auront des dents Je cesserai d’avoir l’air de regarder le monde comme un couteau trouvé
Quand passeront les cigognes J’arrêterai de penser à la matriochka qui porte dans son ventre son bébé tout pareil
Quand nous chanterons le temps des cerises Je me souviendrai de la Commune de Paris plutôt que de Napoléon
Quand refleuriront les lilas blancs J’irai admirer les glycines mauves dans les rues de Rennes
Quand tous les soldats reviendront de guerre Je n’en reviendrai pas si ça arrive un jour
Quand ils seront morts les poètes Leurs chansons continueront de courir les rues
Quand s’en reviendra l’homme qu’attendait Barbara Je n’en saurai pas plus sur son compte si ce n’est qu’il arrivera trop tard
Quand on n’aura plus que l’amour Quand les hommes vivront d’amour Quand la musique sera bonne Quand on arrivera en ville La Madelon viendra pour nous servir à boire
Quand trois poules iront aux champs Qu’elles se méfient du renard : Lui ne vit d’amour que de la bonne chère
Quand on se promènera au bord de l’eau Quel renouveau ! Tout sera beau !
Quand la mer montera Pas question d’avoir honte de penser à Fernande
Quand les andouilles voleront Je chausserai mes espadrilles Et j’attendrai tranquille sur le plancher des vaches Le coup de cloche et la chute de midi Icare
Puisque Adam et puisque Eve Ont été chassés du jardin d’Eden Puisque nous saccageons les forêts et les rêves D’y retourner jamais nous sommes bien punis.
Puisqu’avion et puisque voiture Usines au bout du monde import-export trafic Puisque désordre et aventure Nous vivons des vies de fourmis
Puisque 5G ou lampe à huile Aucun Napoléon ne trouve la marche arrière Puisqu’on élit le plus débile Nous avons un monde en folie
Puisque réchauffement de planète Effet de serre plafond de verre et tout en vert Puisqu’on est plus de cinq à Sète Nous sommes une bandes de cons
Puisque chauve-souris pangolin Nuit de Chine virus à couronne Puisque c’est l’automne à Pékin Nous voici confinés
Puisque, perspective d’Afrique, Nous ne la verrons plus, la neige, Cela me rend mélancolique Nous randonnons périphériques
Puisqu’on ne dame pas le pion et même en vérité Que nos pions n’iront pas à dame Puisque Sisyphe et Prométhée Nous sommes bel et bien condamnés
Puisque quelque chose a mal tourné Puisque monde au bout du rouleau Puisque système sur le sable
La jeune Alice a déclaré en revenant du bal : « Le quadrille des homards m’a tuer ! ».
La duchesse a jeté le bébé avec l’eau du bain.
La reine rouge tient désormais compte de l’évolution des mœurs. Finie la peine de mort ! Elle a aussi adopté le point de vue de la grande philosophe Fadaise Mitou et ne cesse de lancer à tout bout de champ son nouveau slogan : « Qu’on lui coupe les c... ! Qu’on lui coupe les c... ! »
Tweedledum et Tweedeldee se sont mis eux aussi au goût du jour. Ils ont posé à l’arrière de leur crâne la visière de leur casquette à hélice et se dandinent bizarrement en balançant des logorrhées et agitant une râpe à fromage.
Le lièvre de Mars a déposé plainte à la gendarmerie pour jets de projectiles malveillants dans son jardin. Il a découvert récemment en effet une espèce de tortue télécommandée qui a débarqué sans crier gare et s’est mise à creuser dans ses carottes en vue de raconter des salades.
Tant de portes fermées Tant de rêves effacés Tant de murs dressés Tant de chemins tracés Tant de mauvaise graine Tant de misère humaine Tant de routes incertaines Tant de rives lointaines Tant de recherches vaines Tant de rires confisqués Tant de rues bitumées Tant de terres assoiffées Tant de sottes idées Tant de cris étouffés Tant de champs défrichés Tant d’humains affamés Tant d’armes affutées Tant d’hommes embastillés Tant de destins fauchés Tant d’écheveaux filés Tant de seaux aux fontaines Tant de filles abusées Tant de femmes accouchées Tant de bougies soufflées Tant de mots galvaudés Tant de belles rengaines Tant d’idoles adulées Tant de recherches vaines` Tant de rires confisqués Tant de soleils d’été Tant de fleurs butinées Tant de plages souillées Tant de vieillards fanés Tant de jardins secrets Tant de journées sereines Tant de vins aigrelets Tant de joyeux banquets Tant de rêves secrets Tant de livres fermés
Puisque atteindre la lune Reste un rêve vain pour la plupart Dans l'espace n'irons pas chercher fortune Puisque terriens nous sommes et resterons
Puisque nous ne pouvons que rêver au clair de lune Peut-être rassurés que l'astre ne soit que poésie Peut-être pour un poème, comme Pierrot, prendrons-nous la plume Puisque écrire reste à notre portée ;
Puisque, admiratifs devant le courage des spationautes, Pour nous marcher sur la lune reste un blasphème Et pour ne pas fouler cet astre qui est nôtre Puisque se rebeller ne sert à rien ;
Puisque nous aimerions quand même la voir de plus près Et nous étonner devant son relief accidenté Nous qui l'imaginions lisse, comme fardée, Puisque la nuit venue elle nous sourit ;
Puisque j'imagine une longue échelle Pour la toucher, la caresser, Témoigner de la tendresse à cette belle, Puisque qu'elle est la compagne de mes insomnies ;
Puisque je dois revoir à la baisse mes ambitions Je m'invente une autre lune Plus accessible à mes attentions Puisque je ne peux espérer mieux ;
Puisqu'il faut tenir compte de ses moyens Je crée une lune factice accrochée à un fil. On me dit que c'est trop facile, que ça ne sert à rien. Puisque je ne peux pas renoncer à mes rêves.
Quand devant le naufrage Nous restons impuissants Il nous faut du courage Pour envisager l'avenir Et ne pas nous noyer dans ce marécage Menaçant de nous engloutir Soutenir les soignants que menace le surmenage Rester vigilants Respecter le traçage Pour soi et pour les autres Même s'il y a du tangage Rester solides sur ses deux pieds Sans prise au complotage Trouver des petites joies dans ce qui nous échoit Chercher sans relâche quelques avantages Occuper ce temps qui nous est offert Sans le perdre à écouter les commérages Qui, si nous n'y prenons garde Pourraient nous porter ombrage Tentons de rire, de rester joyeux Et croyons en ce vieil adage « Après la pluie vient le beau temps » Tenons donc jusque là Et de nos espoirs ajustons le sertissage Attendons du soleil l'allumage Heureux, plus forts de l'expérience Abordons du bonheur les rivages Pour en apprécier la beauté.
Tant de jours passés Tant de jours mon aimée Tant de rancoeurs accumulées Tant de périodes détestées Tant de bonheur oublié Tant de jours aux oubliettes jetés Tant de chevelure parfumée Tant d'autos sur les bas-côtés Tant de rires d'enfants éparpillés Tant de boutons de roses au petit déjeuner Tant de soucis accaparés Tant d'or d'automne à nos yeux émerveillés Tant de soleils brûlants en plein été Tant de joies semées Tant de baisers volés Tant de sentiments écartelés Tant d'adieux regrettés Tant de « je t'aime » prononcés Tant de repas dégustés Tant d'amis invités Tant de rires éclatés Tant de visages fermés Tant de rancoeur obstinée Tant de griefs accumulés Tant de vaisselle cassée Tant de sommeils sur le canapé Tant de moues crispées Tant de fils coupés Tant d'histoires détricotées Tant de photos rangées Tant de décisions assumées Tant de mots mêlés Tant de mots rejetés Tant d'amertume dévoilée Tant de chagrins dissipés Tant de « à quoi bon » proférés Tant de « je t'ai aimé » bâclés Tant de séparation déclarée Tant de « no future » résumés
Quand je me réveille, prête à l'abordage Et à vivre encore un peu mon existence ;
Quand entre oeufs et viande se fait l'arbitrage Et que je décide de m'offrir beurre ou confiture ;
Quand j'ai été raisonnable et bien sage ;
Quand j'ouvre mes volets sur les collines, Quand me sautent aux yeux les parages ;
Quand la couleur du thé dit sa saveur, Quand l'amertume me coule dans l'œsophage ;
Avec l'air qui me saute aux yeux Quand j'ouvre la porte sur le monde sauvage, Que la terre reste stable sous mes pieds ;
Quand je n'ai pas de malaise, présage D'une chute qui laisse des traces ;
Quand rien n'est calme, le naufrage Menace la surface des choses ;
Quand tout finalement est image, Que la représentation est reine De nos vies en miroirs de visages Loin des selfies vulgaires ;
Quand j'ouvre un nouvel ouvrage, Catalogue ou polar, le plaisir est dans la vue ;
Quand les oeuvres viennent remplir selon l'usage Ma solitude alors que de stupides histoires défilent Quand tout mon être s'étale en pages De journaux ou de livres, je suis presque heureuse ;
Essentiellement moi, il ne manque que toi, Essentiellement toi comme le sel de ma vie.
Le loup est momentanément hors d'état de nuire. Il est dans les soins des grand brûlés à l'hôpital Andersen. (lire page 3)
Le jeune lion Simba succède à son père assassiné par son oncle (voir page 2)
Infos régionales :
Suite à ce qui est arrivé au Petit Chaperon Rouge et à sa grand-mère, un service d'accompagnement pour les enfants a été institué dans la forêt domaniale. Et un service Wifi est proposé aux personnes âgées avec alarme à actionner en cas de danger ou de malaise.
People :
Le roi de Maladine a répudié son épouse au motif qu'elle avait tenté de tuer sa fille la princesse Blanche Neige.
La belle a épousé la bête. Elle a su voir la beauté cachée de son amoureux.
Le lion Simba succède à son père. Il devient ainsi le plus jeune roi de l'Afrique sub-saharienne
Sport :
La Petite Sirène a remporté la médaille d'or du 600m nage libre.
Les Trois Petits Cochons se sont illustrés face aux Petits Poucets retardés à cause de tous les cailloux qu'ils avaient dans les poches. Mais ces derniers sont arrivés premiers dans la course d'orientation en forêt. Le chat a été disqualifié : il avait chaussé des bottes de 7 lieues
Faits divers :
Le loup ne parvenant pas à faire tomber la maison de briques des Petits Cochon en soufflant dessus est passé par la cheminée. Le feu étant allumé il a dû être transporté en urgence à l'hôpital pour brûlures graves entraînant son pronostic vital.
La Princesse du Bois Dormant a été piquée par un scorpion particulièrement vénéneux, elle est à l'hôpital plongée dans un coma dépassé.
Infanticide : Les filles de l'ogre ont été agressées par leur père qui croyait s'attaquer au Petit Poucet et à ses frères. Elles sont à l'hôpital avec de graves blessures.
Recette de cuisine :
Peau d'Ane propose sa recette de gâteau d'amour. Ingrédients : farine, œufs, lait, beurre, amour et chanson. Bien mélanger, enfourner une demi-heure à feu moyen.
Petites annonces :
Peau d'Ane vend trois de ses robes : La robe couleur de lune La robe couleur de soleil La robe couleur de temps (pas de retour possible, prenez bien vos mesures)
Rencontres
Roi, âge mûr mais belle prestance, rencontrerait future reine, douce, maternelle pour élever sa fille Blanche-Neige.
Offres d'emploi :
On recherche jardinier expérimenté pour débarrasser de ses ronces et essarter la haie entourant le jardin du château de la Belle au Bois Dormant.
Recherche :
Recherche employé(e) de surface pour remplacer Cendrillon. Elle quitte son château pour celui de son prince
Prince ayant trouvé pantoufle de vair perdue lors du bal de fin d'année recherche la jeune fille possédant l'autre pantoufle.
Enfants recherchent leur nurse Mary Poppins envolée sous son parapluie.
Astrologie :
Bélier : Arrêtez de donner de grands coups dans les portes. Elles s'ouvrironr toutes seules si vous savez faire preuve de patience.
Taureau : Dans votre entourage une grenouille veut se faire aussi grosse que vous. Faites-lui comprendre que c'est mauvais pour sa santé.
Gémeaux : Soyez solidaires de vos frères et sœur, comme le petit poucet ou les petits cochons
Cancer : Arrêtez de grignoter la queue de la petite sirène, si vous continuez elle ne pourra plus nager. Déjà qu'elle ne peut pas marcher !
Lion : Un nouveau roi va régner, prêtez lui allégeance
Balance : Vous savez peser le pour et le contre. Voyez si Boucle d'Or a eu raison d'entrer dans la maison des 3 ours.
Sagittaire : Ne chaussez pas vos bottes de 7 lieues. Allez lentement si vous voulez arriver à vos fins.
Scorpion : Retenez votre dard . vous ne vivrez jamais une histoire d'amour si vous plongez les jolies filles dans un profond sommeil.
Verseau : Versez encore et encore l'eau sur les terres désséchées. Pocahontas a besoin de vous pour nourrir sa famille.
Poissons : Attention à vous, Pocahontas est à l'affût.
En cette fin d'après-midi de samedi, Dans le grand jardin public Plusieurs hommes, tout comme lui Faisaient leur jogging.
Beaucoup d'entre eux avaient des écouteurs Et couraient au rythme de leurs chansons favorites.
Lui, Paul, préférait laisser libre cours à son imagination Ecouter les grenouilles faire leur cour, Observer les canards évoluer sur les plans d'eau.
Autour du jardin, les buildings les observaient avec bienveillance. Sous le kiosque un musicien jouait du luth. Sur les gazons des adolescents flirtaient Ecrasant au passage quelques primevères. Simple amourettes d'un jour Ou prémices d'un amour plus durable ? Paul courait, savourant ce havre de verdure Cette oasis dans la grande ville.
Le matin même des autocars Avaient déversé leurs flots de touristes.
C'est vrai que le maire, aidé du préfet, Avait fait les choses en grand.
La ville offrait de nombreuses curiosités Et quelques événements étaient prévus Notamment un grand buffet le long des quais.
Paul s'arrêta un moment pour souffler. Il observa la manière de se comporter des touristes.
Un ange blond attira son attention. Cette jeune fille évoluait avec distinction, Appareil photo en bandoulière.
Elle mitraillait les statues sous tous les angles. Cette belle inconnue éveilla en lui une émotion inédite. Il se sentait l'âme d'un poète Pour elle il ébauchait déjà une chanson.
Il allait la suivre tout le jour Guettant l'occasion de l'accoster Peut-être l'inviter à danser une valse Au son de l'accordéon Ou bien lui offrir un verre de ce délicieux vin de pays.
Pour chacune de vos trois photos vous allez écrire un poème dont la structure, souvent anaphorique, donc reposant sur la répétition d'une même formule, est empruntée à Raymond Queneau (L’Instant fatal) :
Structure de chaque quatrain : Le 1er vers commence par « Puisque » Le 2e vers est libre Le 3e vers est libre mais rime avec le premier Le 4e vers commence par Puisque
Le poème comprend sept quatrains et se termine par trois vers libres commençant par puisque
Le poème comprend trente neuf vers qui commencent tous par « Tant de » et dont les rimes sont en é (ets, ées ou és) et en aine (aine ou eine uniquement).
C’est une énumération donc pas de verbes ni de pronoms relatifs.
Le poème comprend vingt huit vers et une seule phrase Les vers impairs commencent par quand et riment avec « age » Les vers pairs sont libres. Les deux derniers vers sont libres
***
Si cela vous semble trop compliqué, écrivez un poème comme vous l’entendez à partir de chaque image choisie.
S'il est un facteur cher à mon coeur, c'est bien le facteur Cheval.
Ce facteur-là, il faut le dire, fut un postier assez spécial. Toujours sur les routes, puisqu'il effectuait sa tournée à pied, il transporta dans sa vie autant de cailloux que de courrier et sans doute même un peu plus. Jésus, Marie, Joseph ! Il fut le piéton le plus obstiné de toute l'histoire de la Poste, toujours à courir la campagne afin de trouver de nouvelles pierres pour son futur "palais". Il usa ses bottes sur les chemins, tout autant que les pneus de sa brouette, qui, en général, ne faisaient pas long feu.
Il s'en était fallu d'un cheveu qu'il ne soit jamais facteur car au départ, il était boulanger près de Lyon. Mais lui et sa boulangère, poussés par la misère, durent changer de métier, déménager et finalement poser leurs valises dans le village d'Hauterives. Il fut alors chargé de la "tournée de Tersanne", une tournée au rayon de distribution très large, une tournée pédestre de près de 30 kilomètres qu'il effectuera quotidiennement et consciencieusement jusqu'à sa retraite.
Dès lors, il transporta chaque jour dépêches, almanachs, bafouilles et liasses de lettres en tous genres et à peine en était-il allégé qu'il passait à son deuxième métier, celui qui lui tenait vraiment à coeur : constructeur de rêve.
Pendant 33 ans il collecta pendant ses longs voyages de facteur des tonnes et des tonnes de pierres, choisissant avec soin les plus étranges, les plus tarasbicotées, des pierres bizarres avec des creux, des bosses ou des dentelures pour les assembler selon une esthétique qui n'appartenait qu'à lui, une esthétique étrange et un brin "surréaliste" qui suscita d'abord les moqueries avant de susciter l'admiration.
Il en connut des doubles et des triples journées, des déjeuners sur le pouce, avec juste un bout de pain et un camembert, des coups de collier et des coups de feu quand l'orage menaçait et qu'il fallait faire vite. Il connut la fatigue extrême, les points de côté, les mains rouges et les soirs où, après être descendu au chantier, on remonte à la maison, chargé comme une mule, parce que l'on a peur de se faire voler un bloc de pierre particulièrement intéressant.
Il en connut des peines et des difficultés, oui, mais en bout de ligne, il arriva à son but : un jour, son "Palais idéal" fut terminé et ce jour-là, il s'assit et se sentit fier de ce qu'il avait réalisé.
Ferdinand Cheval, le petit facteur d'Hauterives, le maçon ambulant, l'architecte autodidacte, avait, grâce à sa ténacité hors norme, construit le Palais le plus original et le plus intrigant de toute l'Histoire et, enfin sédentaire, il pouvait maintenant, en toute tranquillité, s'y reposer comme un pacha ! (*)
(*) Ce qu'il ne fit pas, bien entendu...car, poussé par sa passion, il se consacra très vite à d'autres constructions...
Quel est l’agent de l’amour ? De l’amourette même ? Un ange peut-être ? Un seul ? Non. Il est possible que les anges voyagent incognito dans des autocars, qu’ils aillent au bal ou envahissent les bars.
Vous trouvez ça bizarre ? Vous auriez préféré qu’ils se trouvent dans les bois, là où fleurit la bruyère ? Vous ne les imaginez pas s’invitant à un buffet mondain ou sur les terrasses des buildings ? Vous êtes de pauvres petits canards qui pleurent de chagrin à l’écoute d’une chanson réaliste et chouette ! Eh bien non, les anges sont dans la cité, chers clients de la presse du cœur qui, vous le savez, n’est qu’un commerce pour vous vendre une couchette sans distinction de douceur ni d’émotion.
Une fille flirte sur le gazon tout en donnant du grain aux grenouilles et du gruyère au hasard à quelques hommes qui passent. Elle vient dans ce jardin chaque jour, il est le lieu où l’on voit le mieux la clarté de la lune, le soir venu.
Dans le silence on peut entendre un air de luth. C’est le maire de la ville qui a de bien curieuses manières. Ce Monsieur joue des morceaux la nuit pour les oiseaux à qui il donne du pain sur son passage. C’est un poète qui cueille des primevères quand il est en promenade le samedi juste devant le logement du sous-préfet où il y a des statues visitées par les touristes. Il valse au milieu de cette verdure, dans sa ville. Il n’en croit pas ses yeux.
Quel est l’agent de l’amour ? Saurons-nous jamais ?
Il avait fière allure, Monsieur Bidou, dans son uniforme de facteur ! C’était un gaillard bien fait de sa personne. Il faut dire que les longues tournées que lui imposait la poste n’y étaient pas pour rien. C’était le roi de la marche à pied. D‘ailleurs dans son village ne le surnommait-on pas Kilomètre ?
Monsieur BIDOU alias Kilomètre donc était au service de la poste depuis dix ans déjà lorsque je fis sa connaissance alors qu’il venait déposer chez ma marraine, chez qui je séjournais pour l’été, une des bafouilles que mon oncle Cheval avait l’habitude d’envoyer à sa soeur chaque mois.
C’était, pour la poste, des plis nommés « valises » à cause de leur taille. Mon oncle Cheval envoyait à sa soeur des croquis de l’avancement de sa maison qui, paraît-il, était fort originale.
En plus de son allure sportive, Kilomètre avait des yeux d’un bleu qui ne passait pas inaperçu. S’il m’avait proposé l’almanach des PTT je crois que je l’aurai acquis sans résistance aucune. Mais Monsieur Bidou avait femme et enfants et à l’époque on ne plaisantait guère, il n’était pas question de détourner Kilomètre du droit chemin.
Outre les bafouilles de l’oncle Chevalk , ma marraine, de son prénom Rosalie, recevait « Le Populaire du Centre », journal de la région. Monsieur Bidou passait donc tous les jours. J’appris ainsi à le connaître et m’aperçus que cet homme-là avait en plus de ses attraits des qualités non négligeables. Il était courtois, s’intéressait à la vie de ses concitoyens et ne refusait pas l’aide que lui demandaient certains d’entre eux lors de sa tournée quotidienne.
- Eh ! Kilomètre tu me rapporterais pas quelques timbres pour demain ? ».
- Dis-moi, Bidou, tu pourrais dire à ma soeur que j’irai lui rendre visite vendredi ? ».
- Mon Justin, ça se pourrait-y que tu fasses passer une douzaine d’oeufs à ma fille? »
Et lui, toujours souriant, s’acquittait de la commission pour laquelle il recevait quelquefois de beaux légumes tout droit sortis du potager, une demi-douzaine d’oeufs ou un verre de cidre.
A l’heure de midi, il y avait toujours une assiette de plus à table, au cas où Bidou voudrait casser la croûte. Elle m’avait toujours intriguée, cette assiette supplémentaire chez Rosalie. C’était la coutume et le facteur changeait chaque jour d’hôte en fonction de l’état de fatigue de ses guibolles de piéton.
J’appris aussi au cours de ce séjour en Limousin que Bidou avait commencé sa carrière comme brémard. Autrement dit, il transportait les « petits bleus » tant redoutés car souvent annonciateurs de mauvaises nouvelles. Ensuite, il avait travaillé au tri à « La Boulangère» équipe du matin qui travaillait comme son nom l’indique à l’heure des boulangers.
***
Elle est loin l’époque où je séjournais chez marraine et voilà qu’elle vient de nous quitter. Je séjourne donc en Limousin où je viens lui dire adieu. Sur la table nous avons mis le couvert que Rosalie ne manquait pas d’ajouter à la tablée.
Qui sait ? Peut-être qu’aujourd’hui Justin nous fera l’honneur de dîner à notre table car toujours vaillant malgré sa soixantaine affirmée, il entame une nouvelle année au service de la poste.
Il paraît que son prédécesseur, bien conservé par les kilomètres parcourus, vient de souffler ses cent bougies.
Dans le jardin du Luxembourg un samedi matin sous le soleil éclatant du premier jour de printemps un écureuil couleur châtaigne galope d’arbre en arbre sans se soucier des touristes qui cherchent à l’apercevoir.
Au détour d’une allée, devant la statue de Marie de Médicis ou d’une autre Reine de France, je ne me souviens plus très bien, dans ce lieu paradisiaque où des femmes illustres ont été sculptées par différents artistes, un monsieur plein de distinction, un poète peut-être, parlait du pépiement des oiseaux, des rouges-gorges, des mésanges, de la grive musicienne dont le chant est annonciateur de la pluie, de la chouette qui circule et ulule pendant la nuit, du rossignol dont la mélodie arrachait des larmes à l’empereur de Chine dans un conte d’Andersen.
Il évoquait aussi les odeurs merveilleuses qui s’élèvent de la verdure et des fleurs.
J’étais très jeune alors mais je n’ai rien oublié de ma rencontre avec cet homme qui transmettait à qui voulait l’entendre son savoir et son amour de la nature.
Aujourd’hui encore, à chaque printemps, je vais faire un tour dans le jardin du Luxembourg.
Je regarde, j’écoute et je ressens à nouveau l’émotion qui m’avait submergée plusieurs dizaines d’années auparavant.
Aujourd’hui, tous ensemble mais chacun·e dans notre coin, nous allons créer « La Gazette du pays des contes, légendes, mythes et fables ».
Tout comme dans un journal normal nous allons rédiger les rubriques suivantes :
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- J’aperçois les oiseaux par dessus le toit. L’arbre de la rue en abrite tant, chaque soir je viens me ressourcer aux ailes du vent qui les porte.
Il est loin le temps où les amis frappaient à ma porte, un an déjà, il ne me reste que le rêve et les poèmes d’Apollinaire, le vin vieux et l’amour. Ce qui somme toute n’est pas un aussi mauvais bilan qu’on voudrait le croire.
Mais il est des soirs tristes où, en manque, on espère la voix de l’ami que l’on ne voit plus, le grand soleil au dessus de la table dressée, le vin gouleyant qui rend gai et confiant, déliant les langues timides. Des jours et des jours où le temps est suspendu. "Tu ne dois plus" devient le crédo quotidien. "Tu fais, tu ne fais plus, tu vas, tu ne vas plus". Notre vie se résume à ces actes proscrits.
Alors, quand j’aperçois l’oiseau par dessus le toit, je me prend à rêver que des ailes me portent. Je suis oiseau, libre. Le printemps a vêtu la campagne de mille fleurs aux couleurs éphémères et le souffle de l’air se réchauffe doucement. Je vole jusqu’à l’arbre dont les jeunes pousses commencent à éclore, je me pose sur la frêle branche d’un pommier dont les fleurs délicates viennent d’exploser.
Mais je ne suis pas l’oiseau et il faut redescendre quand le rêve prend fin.
Je m’autorise cependant des lendemains meilleurs où les amis frapperont de nouveau à la porte, où la table dressée attendra ses hôtes. Il y aura demain des baisers tendres et doux . Des baisers retenus depuis de trop longs mois.
Saurons nous alors nous souvenir de la leçon, apprécier les élans de nos petits enfants, les petits bras tendus et les bisous claquants ? Saurons nous lézarder au soleil du printemps sur la terrasse où nous attend le petit noir bien chaud ? Saurons nous savourer la douce musique des voix amies enfin rendues ? Saurons nous ne plus être en attente de lendemains incertains pour goûter chaque instant de liberté retrouvée ?
Il s'agit de pièces annexes d'une exposition tenue en 2002-2003 au musée Jacques Chirac sur le thème de la poste et du courrier.
On vous propose donc cette semaine d'insérer au moins dix mots de la liste ci-dessous dans un texte qui parlera de la poste, des timbres, des lettres, des facteurs, des cartes postales, du courrier électronique ou de toute autre chose.
Ach - Allégé - Almanach - Ambulant - Arête de poisson - Babillarde, - Bafouille - Bidou - Bitume - Blanchir une batterie - Bloc - Boite à cocus - Bombe (partir en) - Botte - Boulangère - Boulisterie - Bout de ligne - Brêmard - Brigades - Burelage - Cabine - Cage à poules - Califs - Camenbert - Char - Cheval - Chevalet - Cheveu - Cocotte - Collier et étiquette - Combine - Contrerembour - Côté - Coupage-piquage - Coup de collier - Coup de feu - Courir la poste - Culotte - Dentelure - Dépêches - Dépêche close ou directe - Dépiautage - Descente - Distri - Double toile - Ecluser - Embrigadé - Entier postal - Etre au pair - Etre descendu - Faire gare - Fausse - Feuille 12 - Filante - Gogneuse - Haut le pied - Jésus - Lanterneau - Liasse - Libourne - Maximaphilie - Mignonnette - Mondaine - Mougeotte - Mule - Nénette - Odontomètre - Ordre de service - Pacha - Passe - Peau de lapin - Petit bleu - Philatélie - Piéton - Pneu - Pochée - Ponton - Postier - Poulain - Pyjama - Rayon de distribution - Rebuts - Rembour - Remonte - Restes - Rouge - Route - Sauterelle - Sédentaire - Surnuméraire - Tilbury - Timbre à date - Tirer la toile - Trempolino - Trousse-couilles - Tubiste - Tuer le courrier - Valise - Voyage - Zinc .
N.B. Le vocabulaire postal seul a été recopié ici dans un document pdf à part qui vous permettra d'obtenir la définition des mots trop techniques.