De tous les arbres plantés ça et là sur les pelouses entourant mon petit collectif, celui que je préfère est celui, haut et beau, qui s'encadre dans la fenêtre de ma cuisine.
Les petits oiseaux le délaissent, lui préférant un pin situé plus loin et qui devient une véritable volière. Mais il fait le bonheur d'un couple de pigeons. Ils sont les amis de mes petits-déjeuners. J'ai longtemps cru qu'ils y construisaient un nid, mais je ne les ai jamais vus couver ni vu aucun petit prenant son envol hardiment entre les branchages.
Cet arbre, que je crois appartenir à la famille des bouleaux, me fascine. A travers lui je vois passer les saisons. D'abord vert tendre au printemps quand les premières feuilles font leur apparition, donnant à mon arbre une légèreté de tulle.
Puis vert plus soutenu au cœur de l'été pour une ombre bienfaitrice : il frissonne au moindre souffle du vent. Quand arrive l'automne il devient riche de nuances de rouge sombre et d'or, surtout d'or. Il est alors absolument magnifique, illuminant ma cuisine.
Quand il est complètement jaune je prie pour qu'un vent un peu trop fort ne vienne pas faire tomber précocement toutes les feuilles. Que je puisse le plus longtemps possible profiter de sa beauté. Mais le vent finit par gagner et quand l'hiver s'invite vraiment, l'entourant lui et moi de ses frimas, mon bel arbre est complètement dépouillé.
On pourrait croire qu'il est mort. Mais je sais qu'il n'en est rien et que, puisant dans la richesse de la terre nourrie de pluie, il puise tout ce qui lui est nécessaire. Il fait des réserves d'eau, d'aliments et d'oligo-éléments. Il prépare sa renaissance prochaine où sa sève irriguera les prochaines feuilles et où sa chlorophylle dégagera cet oxygène tellement bénéfique.
Grosse inquiétude au palais ! La reine Blanche et son mari sont très inquiets : leur fille Artémise née le mois dernier n'a toujours pas de fée marraine. De mémoire d'habitants du pays des contes, cela ne s'est jamais produit depuis que la gazette existe et le désarroi de la famille royale envahit le pays entier : que va t'il arriver à la petite princesse si aucune fée marraine n'apparait pour veiller sur elle ?
(De notre envoyée spéciale Jeanne Latour)
– Votre altesse, pouvez-vous nous raconter les faits ?
– Eh bien, comme vous le savez, tous les princes et princesses ont une fée marraine qui veille sur eux et surtout contrecarre les effets des fées sorcières qui se mettent en travers de la vie quotidienne de chacun et s'arrangent pour rendre la vie désagréable voire impossible. C'est comme cela depuis la nuit des temps. Or Artémise qui a déjà un mois n’a pas reçu sa fée marraine.
– De quelle façon les enfants la reçoivent ils ? Comment procédez-vous ?
– Nous devons laisser l'enfant seul à l'aube du 7ème jour dans la pièce la plus haute de la plus haute tour du château pour que les fées puissent se pencher sur son berceau et prendre leur décision. Parfois cela ne se produit pas tout de suite, il faut alors recommencer le 14ème ou le 21ème jour, ce qui a été le cas pour le prince Louis mais jamais au-delà du 21ème jour. Or nous avons même recommencé le 28ème jour et toujours rien !
– Comment sait-on que les fées marraines sont passées ?
– Celle qui est élue fée marraine dépose un objet symbolique dans le berceau et ainsi nous savons quel sera son cadeau et qui elle est.
– Ce qui a été le cas pour vos deux précédents enfants ?
– Bien sûr, le prince Louis a reçu un tournevis et nous avons vite compris pourquoi : dès l’âge de 1 an, il n'a cessé de casser tous les jouets à sa disposition, il est à la fois coléreux, brise-fer et extrêmement maladroit. Heureusement le soir nous mettons tous les objets cassés sur sa table et le matin, grâce à sa fée marraine, tout est réparé.
– Et la princesse Camomille ?
– Elle perd toutes ses affaires, y compris son doudou, la clef de son armoire et son cartable. Sa fée marraine doit sans cesse lui retrouver ce qui manque, une chance que sa tête reste accrochée à son corps ! Elle avait une loupe dans son berceau le 14ème jour et aujourd’hui nous pensons qu'il lui aurait fallu en plus une ficelle colorée pour attacher ses clefs, une clochette pour mettre au cou de son doudou et un cartable fluorescent. Mais sa marraine est très efficace !
– Que va-t-il se passer pour Artémise, alors ?
– Nous sommes très inquiets pour elle. Les fées sorcières ont déjà pris le pouvoir, c'est une enfant difficile qui ne dort jamais plus de 3 heures de suite même la nuit, refuse son biberon et ne reste jamais en paix, nous avons essayé toutes sortes d'objets pour la calmer mais aucun n'a la magie de l'objet de la fée marraine et surtout le pouvoir. Nous pensions engager le meilleur détective du royaume, un certain Hercule P, pour retrouver la piste de la fée marraine mais celui-ci a glissé sur une feuille de salade et s'est cassé la jambe, il est donc indisponible. Sans doute un coup de ces pourritures de fées sorcières !
– Avez-vous une autre solution ?
– Ilnous reste encore la solution classique du pays des contes : faire un décret dans tout le royaume et envoyer des émissaires aux quatre coins et même dans les pays voisins : « Le roi et la reine promettent la main de la princesse Artémise à qui retrouvera la fée marraine ! ».
– Un pari sur l’avenir ! Et qui de nos jours, peut donner lieu à contestation ! Artémise pourrait se penser en femme libérée et vouloir choisir elle-même l’homme de sa vie.et le prétendant être lui-même fort déçu : ce joli bébé peut devenir une jeune fille laide ou acariâtre ou impossible à vivre. Un moyen plus moderne peut être ?
– Vous pensez à quoi ? Mettre une annonce sur Le Bon coin ? Coller des affiches dans tous les cafés : « Wanted…la fée marraine ? » ou faire une demande sur les réseaux sociaux, Twitter, Instagram, Facebook que sais-je ?
– Pourquoi pas ? Mes voisins ont retrouvé leur chat comme ça.
Quelle décision va prendre la reine ? Qui va se mettre à la recherche de la fée marraine ? Que lui est-il arrivé ?
La suite dans le prochain numéro de « La Gazette des fées ».
Voici tous les mots constitutifs d’un texte court, en l’occurrence, une chanson.
Il vous est demandé en utilisant quelques-uns de ces termes mais uniquement eux de reconstituer une phrase sensée.
Puis vous réitérez l’exercice et écrivez une deuxième phrase qui se place à la suite de la première pour en poursuivre l'idée.
En suite de quoi vous avez toute latitude pour continuer votre texte avec les mots que vous voulez sans puiser dans cette liste (ou en puisant !)
Une thématique générale vous arrangerait ? Parlez-nous des arbres ou d’un arbre ou de l’arbre, quel qu’il soit. Mais ce n'est pas obligatoire.
20 - À - à - à - à - à - abrogées - Ah - Ah - Ah - Ah - amis - amis - amis - amour- Antoine - Apollinaire - Apporte - arbres - Arc-en-ciel - atmosphère - au - au - aussi - aux - aux - avait - avait - avait - avait - avait - avait - avait - avait - avait - avait - avec - Avec - barrières - beau - beau - beau - beau - beau - beau - beaux - beaux - bon - bougies - brune - ça - ça - ça - campagne - caniveaux - carreaux - casse - ce - ce - ce - ce - ce - cela - Ces - c'est - c'est - c'est - c'est - c'est - c'est - c'est - c'est - c'est - C'est - c'est - chambre - Charles - charme - châteaux - chaud - chaud - ciel - cinéma - comprendre - coteaux - coteaux - côtelettes - Cros - croûte - d'agneau - dans - dans - dans - dans - d'assaut - de - de - De - de - de - de - de - déjà - des - Des - des - des - des - des - des - Des - des - des - des - des - Des - Des - des - des - Des - d'extase - Dieu - D'importants - douane - doute, - du - du - du - dure - en - encore - est - est - Et - Et - et - Et - Et - Et - et - et - Et - être - faite - fini - fit - fou - fraises - Fut - gendarmes - gentille - gouttes - gravés - gros - haut - héros - Il - Il - Il - Il - Il - Il - Il - Il - Il - Il - instants - J'ai - jamais - jamais - jamais - J'aperçois - j'avais - Je - je - je - je - Je - J'étais - joie - jour-là - jour-là - jour-là - la - la - la - la - la - la - la - la - là-bas - l'aise - l'ami - l'amour - l'amour - l'auto - l'auto - le - le - le - les - les - les - logis - l'on - l'on - Louis - lune - lune - ma - ma - ma - ma - ma - mâche - Mais - Mais - Mais - marbres - me - même - merci - moi - moi - moi - Moi - montagne - mots - ne - ne - ne - novembre - nuit - oiseaux - oiseaux - orages - Où - Où - oublier - oublier - oui-da - Par-dessus - Par-dessus - Par-dessus - parfois - Parfois - pas - passait - petite - peut-être - phrase - phrases - pleuraient - pluie - pluie - poésie - pompe - pompe - pompes - pot - poule - pourrai - pourrais - Poursuivant - prenait - pressé - projette - Quand - Quand - que - Que - que - que - qui - Qui - qui - qui - qui - qui - Qui - qui - qui - qu'un - rêve - rigolos - Rimbaud - route - route - route - s'achèvent - saint - service - soir - sont - Sortant - soudain - suis - Sur - Sur - Sur - taureaux - tête - Thérèse - Thérèse - t'invite - toit - toit - tombeaux - ton - tout - Tout - train - travers - trop - un - Un - un - Une - une - une - Une - une - une - Une - Une - Une - vache - vaches - vas-tu - veaux - vécus - venez - venir - vie - vient - vieux - vieux - vin - vin - voiture - voiture - vrai - XIII - y - y - y - y - y - y - y - y - y - y -
Bacchus le viticulteur avait fini de mettre son vin en bouteilles. Pour le fabriquer il avait opté pour la macération organique qui ne demandait que quelques jours de macération.
Lorsqu'il l'avait goûté il l'avait trouvé vraiment bon, voire exceptionnel. Mais pour une vente tout aussi exceptionnelle il lui fallait l'avis des consommateurs.Il appela son ami Darwin pour lui demander de lui envoyer quelques amis pour une dégustation à l'aveugle.
- Pas de problème, répondit celui-ci, je me charge de contacter quelques personnes que cela pourrait intéresser.
Quelques jours après Darwin lui fournit les coordonnées de quelques amis.
- Il y a Madame La Girafe. Elle est critique gastronomique. Son élégance naturelle lui permet d'être à l'aise dans n'importe quel grand restaurant. Elle vient de terminer la tournée des cocottes. Monsieur Eléphant est un «nez» pour une grande marque de parfum. Il lui fallait se méfier des contrefaçons. Nul doute que cette faculté lui permettra sans mal de reconnaître un bon vin. Mr Hyppopotama tient le bar-brasserie «La Cascade Rouge». Si ton beaujolais tient ses promesses, mon cher Bacchus, il envisage une tournée du patron pour le faire connaître, ce qui devrait lui amener beaucoup de clients, dont des nouveaux. Cela fera une bonne publicité.".
Bacchus envoya à chacun des amis de Darwin un billet de faire-part indiquant le motif et l'heure de la dégustation. Puis il se rendit chez plusieurs cavistes faisant commerce d'autres produits que le sien et revint avec plusieurs bouteilles.
Il les goûta, se fiant au parfum, à la robe et à la saveur en bouche de chacune d'elle. Ce sont des critères que ne manqueraient pas de retenir ses convives.
A son avis aucun des vins goûtés ne valait le sien. Ils n'étaient tout au plus que des voleurs de santé. Enfin peut-être exagérait-il un peu.
Darwin avait décliné l'invitation de se joindre à eux. Il était parti à l'autre bout de la planète sauver des espèces en voie de disparition.
Le jour venu, Bacchus installa ses convives autour de la table du jardin. Heureusement qu'ils n'étaient que trois. Ils prenaient beaucoup de place. Exception faite de la mince Girafe qui, si elle n'était pas la reine des soiffardes, saurait tenir son rang avec grâce.
La mise en scène était parfaite. Bacchus effectua une descente à la cave en grande pompe et en remonta trois bouteille dont les étiquettes avaient été remplacées par des numéros.
La dégustation commença. Chacun fit tourner le breuvage dans les verres, admira la couleur de la robe, la texture, en sentit le parfum. Bacchus les contemplait avec amusement. De vrais pros !
Puis Hyppopotama fit disparaître son verre dans sa grande gueule. Eléphant l'attrapa délicatement au bout de sa trompe avant de le porter à sa bouche. Girafe dut plier son long cou en deux pour atteindre le breuvage.
A la fin tous étaient unanimes. Le numéro deux remportait tous les suffrages et c'était la cuvée de Bacchus.
Très satisfait notre viticulteur pouvait sans crainte lancer la commercialisation de ce beaujolais nouveau exceptionnel. Il offrit plusieurs bouteilles à chacun des participants.
Nif-Nif, Naf-Naf et Nouf-Nouf sont, comme vous le savez, trois petits cochons "vieux gars" qui fuient Loulou le loup.
Nif-Nif l’inconséquent, un peu olé-olé habite un boui-boui fait de bric et de broc.
Il suffit que Loulou souffle son haleine fétide sur cette habitation précaire pour que Nif-Nif prenne ses jambes à son cou et se réfugie chez son frangin Naf-Naf en criant " Manman, Manman ! ».
Naf-Naf est un peu kéké, il roule des mécaniques depuis qu'il s’est construit une maison en bois de baobab importé directement de Zanzibar. Ça lui a coûté la peau du cucul mais il est satisfait du résultat. Il sifflote, joue du pipeau, sautille, danse parfois même le french cancan !
Mais Loulou qui a toujours une faim de loup - Miam-miam petits gorets ! - souffle sur la maison de Naf-Naf et, bingo, tout s’écroule ! Nom d ‘une queue en tire - bouchon !
Nif-Nif et Naf-Naf courent comme des dératés chez Nouf-Nouf. Nouf- Nouf est donneur de leçons, un peu pépère planplan et même un peu bling-bling ! Mais il est très prévoyant. Il s ‘est fait construire une maison en briques importées de Popocatepetl, capable de résister aux pires ouragans, aux tornades et il y a ajouté une véranda Akena, la meilleure des vérandas !
Alors, quand ils voient Loulou s’approcher de la maison, ils se gondolent, lui font coucou par la fenêtre de chez Arts et fenêtres triple vitrage. Mais, tout d ‘un coup, plus de Loulou en vue !
Où est-il passé ce zinzin ? Il n ‘est pas fute-fute, il a dû se résigner et abandonner l’idée de faire de nous sa tortore du jour !
Plat du jour : tortore de goret sauce pili-pili Ou Couscous aux jarrets de porc ? Ou Tartare de cochon aux petits oignons ?
Ah ! Ah ! Ah ! Et ça se gondole, et ça rigole !!
Soudain, gros raffut sur le toit ! Eh ! C’est l’autre barbare, il se prend pour Papa Noël et veut passer par la cheminée ! Préparons-lui une surprise, mettons une énorme marmite remplie d’eau sur le feu et Plouf ! Loulou sera cuit-cuit !
Loulou se prend un bain d’eau bouillante ! Nos trois petits cochons en ont fait du pâté Hénaff-naff relevé à la sauce pili-pili.
Vous pouvez en acheter en ligne et venir le retirer en «click and collect» à la boutique "La queue en tire-bouchon". Une bouteille de jaja vous sera offerte pour 10 boîtes achetées, dans la limite des stocks disponibles.
Avant 18 heures car après la police fait panpan-cucul !
Bal populaire intellectuel spécialement destiné aux gens qui sont sortis de Saint-Cyr Coëtquidan et peuvent compter « un, deux, trois, quatre » en faisant des mouvements latéraux avec leurs pieds et « un, deux, douze » avec les coudes d’avant en arrière sans se désarrimer des auriculaires des voisins tout en se calant, avec les oreilles qui elles ne doivent pas bouger, sur le rythme et les sonorités aigrelettes de la sainte bombarde et du saint biniou coz.
Si en plus de tout ça ils portent des tongs, ils sont bons pour être sélectionnés à l’émission-jeu «Questions pour un champion» ou pour passer à « Vidéo-gag ». Le hic, c’est que c’est enregistré en France, un pays voisin qui ne comprend rien à la danse.
Une jeune femme s’est rendue au commissariat en fin de semaine dernière afin de porter plainte pour agression sexuelle. Alors qu’elle dormait profondément et depuis longtemps dans sa grande demeure isolée au milieu de la forêt, un homme s’est introduit par effraction dans son domicile. Elle a été réveillée par un baiser fougueux et par une main impérieuse glissant sous sa robe pour lui imposer des caresses intimes. Elle a hurlé mais l’homme a insisté et a commencé à la déshabiller de force en disant qu’il était son Prince. Le chien qui dormait au pied du lit s’est fort heureusement réveillé, mettant l’individu en fuite. La police suppose qu’il chevauche une puissante moto car la jeune femme dit avoir entendu un bruit de moteur et des traces de pneu d’un deux roues ont été relevées en sortie de forêt.
L’agresseur n’a pas été retrouvé au moment où nous imprimons mais des éléments concordants permettent de penser qu’il pourrait s’agir du violeur en série qui a agressé plusieurs bergères de la région ces derniers mois, il s’est également présenté à elles comme étant Prince.
Courrier du cœur :
Madame,
J’ai bien besoin de votre aide car je me sens perdue. Je suis mariée depuis deux ans et j’aime follement mon mari. Je pense pouvoir dire que nous sommes un couple heureux et notre bonheur est sans nuages. Je l’ai aimé dès le premier regard, j’ai été séduite par son regard d’azur et par sa barbe si douce, d’un noir si profond qu’elle en devient bleue. Il a quitté la maison il y a quelques jours pour un voyage d’affaire qui devrait durer deux semaines. En partant, il m’a confié le mot de passe de son ordinateur afin que je puisse régler les affaires courantes et domestiques durant son absence telles que les factures d’électricité, eau etc. Il m’a expressément demandé de ne pas ouvrir un dossier dont il ne m’a pas donné le code. Mais je sais que mon mari a une assez mauvaise mémoire ce qui l’oblige à tout noter. Hier soir, j’ai trouvé le code au fond d’un tiroir de son bureau. La curiosité m’a tenue éveillée toute la nuit. Jusqu’à présent j’ai résisté mais l’envie de savoir me tourmente. Je vous en prie, dites-moi que faire. Ouvrir ce dossier serait-il une indiscrétion et une atteinte à son intimité alors que lui et moi avons l’habitude de tout partager et n’avons pas de secrets l’un pour l’autre. D’un autre côté, je sais bien qu’il m’a demandé de ne pas le faire. Serait-ce une trahison ?
Merci de m’aider à sortir de ce dilemme.
Une âme en peine
Rubrique psycho :
Docteur,
J’ai besoin d’un conseil concernant le plus jeune de mes fils qui a sept ans. Il est, depuis toujours, d’une nature inquiète et cela s’aggrave depuis quelques temps. Il est réveillé par des cauchemars la nuit et crie : « Je suis perdu, je suis perdu ! ». J’ai beaucoup de mal à le rassurer. Même durant la journée, il reste très inquiet et me suit pas à pas comme s’il craignait de ne plus me voir. Je l’ai constamment dans mes jupes. Il ne veut plus aller à l’école. J’ai remarqué qu’il remplit ses poches de petits cailloux et quand je veux vider ses poches pour laver son short, il est paniqué. Il me semble que ces symptômes sont apparus après une promenade que nous avons faite en forêt durant les dernières vacances. Dois-je l’emmener en consultation chez un psy ?
Petites annonces
À vendre :
Deux maisons, la première en paille, la deuxième en bois dans un très bel environnement champêtre. Idéales pour faire une résidence secondaire ou bien des chambres d’hôtes. Quelques travaux de rafraichissement à prévoir. S’adresser à : Monsieur Troipeticauchon 4 rue de la Maison de Pierre.
Je vends une paire de pantoufles de vair, pointure 36, très élégantes. En très bon état, portées une seule fois lors d’une soirée dansante. Prix intéressant.
Objets perdus/trouvés :
Perdu début avril, dans la forêt proche de la ville : un bonnet de laine rouge, une petite culotte en coton blanc et un pot de beurre. Grande valeur sentimentale. Merci de rapporter au journal qui transmettra. Récompense assurée.
Avis de décès
Mademoiselle Petitchaperon a l’immense tristesse de vous faire part du décès de sa grand-mère :
Madame Cunégonde Mairegran
Survenu accidentellement le 3 avril dernier dans sa 101ème année. La cérémonie se déroulera dans l’intimité. Fleurs des bois uniquement.
Au bal de la nuit, il lui a chuchoté deux mots à l’oreille : « A dimanche prochain ».
Fébrile, le cœur battant la chamade, dans la lumière du crépuscule, assise sur un muret devant la mer, Miranda, ma grand’mère, attend celui qui occupe toutes ses pensées.
De ce moment d’attente, il ne reste qu’un tableau, peint par son amant, Edmund Dulac.
J’ai toujours vu cette peinture dans la chambre de mes parents. Lorsque ceux-ci sont partis pour leur grand voyage, c’est le seul objet qui a échappé à la brocante.
L’artiste possédait une maison au Val-André, près de celle de ma grand’mère. Il venait régulièrement pour peindre et se reposer dans ce petit port de Bretagne.
Lorsqu’il a proposé à Miranda de faire son portrait, celle-ci ne pensait pas qu’en acceptant de poser pour lui, sa vie serait bouleversée. Avec son accent toulousain, sa langue bien pendue, il n’en fallait pas plus pour séduire ma grand’mère rêveuse et romantique. Elle est tombée sous le charme de cet homme à l’air un peu mystérieux.
Miranda était insouciante et lorsqu’elle a attendu ma mère, il ne l’a pas abandonnée complètement. Il était déjà marié à Toulouse mais chaque année il revenait seul dans sa maison du bord de mer pour peindre et revoir Miranda. A son arrivée, elle oubliait la monotonie de sa vie et ne pensait qu’au bonheur de leurs retrouvailles.
Toute sa vie, elle est restée fidèle à Edmund, mon grand-père qui ne lui a jamais promis autre chose que sa présence de temps en temps.
« Le bonheur ne passe qu’une fois » chantait Charles Trenet. Ma grand’mère n’a jamais eu d’autre homme dans sa vie que son bel amant toulousain.
Ceci est la liste alphabétique des 58 substantifs utilisés dans un texte assez court et assez célèbre. Il vous est demandé de réécrire l’histoire ou plutôt une histoire en insérant 15 de ces mots ou plus dans votre texte. A vous de réinventer, avec verbes, adverbes et adjectifs, une syntaxe pour aller autour !
Le même exercice vous est proposé à partir d’une autre liste de 52 substantifs, issus d’un autre texte du même auteur, pour le cas où la première liste ne vous inspirerait pas.
Merci de ne surtout pas mélanger les mots des deux listes.
P.S. Si cela peut vous aider, vous pouvez trouver votre inspiration dans un tableau du douanier Rousseau ou inspiré par lui. Si vous faites ainsi, merci de le joindre à votre envoi.
Je l’ai vu arriver à petits pas précautionneux et s’asseoir sur le banc au bout du port, un petit grand-père qui avait encore une allure d’amiral, une veste caban bleu-marine, un pantalon de gros velours trop large et un bonnet de laine rond vissé sur son front (je suis sûre qu’il ne n’enlevait que pour dormir) Il a regardé la mer en plissant les yeux, a tourné la tête à droite et à gauche et a allumé un vieux mégot jaune tout mâchouillé au coin de ses lèvres
A quoi pouvait-il bien penser ? Immobile, les yeux dans le vague, des yeux bleus délavés par le soleil. A ses anciennes aventures, à de mémorables tempêtes ? A ces combats contre la mer, dans les nuits où les vents se déchainent ? Au jour où il avait failli perdre la vie en évitant de justesse un cargo qui ne l’avait pas vu ?
Mais peut être préférait il penser aux départs des petits matins, quand la terre et le ciel émergent des lueurs de rose ? Ou aux reflets argentés des bancs de poissons ?
A moins qu’il ne songe à son bateau, celui qui portait le nom de ma grand-mère, cette brune aux yeux sombres qui l’attendait le soir au bout de la jetée ?
Il avait perdu le son de sa voix mais il voyait encore son sourire et ce soir, comme tous les soirs, il passerait par le cimetière.
Un autre vieil homme s’approchait, courbé sur sa canne et s’assit.
- Salut Jean !
- Salut Louis !
Point de mots pour ne rien dire, pas de bavardage, les deux hommes regardent au loin, en silence, immobiles comme dans un tableau
L’agent 212 était frappé du mal d’amour. Non pas d’une simple amourette : c’est un ange qu’il avait vu descendre de l’autocar, un ange qu’il aurait bien emmené au bal s’il était prince, ou au bar manger des frites chez Eugène.
C’était un sentiment neuf et bizarre qui lui donnait des idées de balades dans les bois à cueillir la bruyère. Des envies de maison en briques roses, avec un vieux buffet patiné et du canard aux navets qui mijote au coin du feu.
Pas un de ces buildings chagrins des chansons de Renaud, comme celui où il vivait… chouette chanson, triste cité.
Jamais l’agent 212 n’avait été client dans ce genre de commerce et c’est le cœur battant d’émotion qu’il y pénétra.
La fille derrière le comptoir était de celles à qui on propose un flirt dans un train couchette entre Nice et Paris ou des galipettes sur la douceur du gazon.
L’agent 212, qui ne savait pas faire la distinction entre une fleur de serre et celle des champs, se sentait comme une grenouille sur du gruyère au moment de dire ce qu’il était venu acheter.
Des roses rouges, fit-il au hasard, et la jeune fille leva les yeux au ciel – Ah ! Les hommes ! Quel manque d’imagination !
Je crois que l’agent 212 a un grain, avait dit Laverdure. En tout cas, il n’est pas dans ses manières habituelles !
En effet, le même jour et au même lieu du passage de l’autocar que la dernière fois, au coin du Jardin Botanique, parmi les touristes en promenade dans la ville et les mémés jetant des morceaux de pain aux oiseaux, chaque samedi donc on pouvait voir l’agent 212 habillé en costume trois pièces comme monsieur le sous-préfet à une distribution de prix, entre la statue d’un poète avec son luth et le buste du maire précédent.
Et sous les yeux ébahis de Laverdure, au moment où la nuit tombait et une belle pleine lune éclairait la scène, il esquissa une valse parmi les primevères.
C’est épouvantable ! Cette passion qu’il a pour les vieux trucs ! Le temps qu’il passe à la brocante ! Où qu’il soit autour du monde ! Le cauchemar de vivre avec un tel homme !
Je n’ose imaginer ce qu’il va encore me rapporter de Barcelone dimanche prochain…
Un quinzième édredon ?
Et le voilà, l’air satisfait, sur son bateau à ciel ouvert, à mi-chemin de chez lui, se balançant au clair de la lune, l’enfant et lui blottis au fond de la barque pleine de trésors…
Il rêve au moment où il les déballera devant les yeux émerveillés de sa femme…
Qui est celui qui a dit que le bonheur ne passe qu’une fois ?
Bien sûr je suis l’ami des lendemains qui chantent !
Mais il faut bien aussi, au fil du temps perdu, A la brocante des aujourd’huis qui déconnent, Mener son bateau d’amour, Composer son bouquet de joie, Admirer son coin de rue Même si c’est… blottis dans un coin !
- Ce soir je viens chez toi !, nous a dit le Chinois Et depuis, tout autour du monde, C’est le cauchemar qui nous confine et nous ramène Les chemins oubliés d’une occupation moche : - Le masque sur le nez, l’Ausweis dans la poche ! A mi-chemin d’Apocalypse et d’Infortune, Nous avons le diable au village !».
De la fenêtre d’en haut, Du pays de ces gens dans le cœur de Paris qui ont le cœur absent, Tombent les mots girouette du roi Colin Maillard : - Demain, c’est la fin du monde Si vous ne vous vaccinez pas ! Il se peut même que chante le vent : « Adieu mes beaux rivages, Les anges sont partis, Nous ne sommes pas nés sur la bonne planète ! ».
Il se peut.
Mais nous pourrions aussi braver les interdits, Avoir l’âme des poètes, L’esprit indépendant de ceux de Barcelone, Nous donner rendez-vous un dimanche prochain Pour chanter au clair de la lune Le blues du corsaire insolent, Le tango de l’amour à ciel ouvert Ou la joie de dîner avec un ami !
A chacun son rêve !
Nous pouvons aussi nous émerveiller Comme le dernier troubadour De ce que le bonheur ne passe qu’une fois Et que rien n’est si bon qu’être devant la mer Amants comme autrefois ou amis comme avant.
Et je ne lis pas le conte à rebours ! Au bal de la nuit n’est-ce pas La pantoufle de vair perdue Qui fait chanter les lendemains ?
La famille de mon père possède une bâtisse près de la forêt de Vendôme. C’est là que nous passons toutes nos vacances. Même celles de Pâques et de la Pentecôte.
Durant ces séjours mes parents bêchent le jardin, coupent des bûches qu’ils rangent sur le côté de la maison. D’autres jours, ils flânent tous les deux et vont jusqu’à un étang, au cœur de la forêt, où mon père pêche pendant que ma mère bouquine ou se repose. A la fin du mois d’août elle cueille des mûres pour faire des confitures.
Nous les enfants, vêtus de vieux survêtements, menons une vie de bohême. Un casse-croûte dans la musette, un bâton à la main, mon frère Pacôme, mes cousins Côme, Benoît et moi, partons explorer la forêt. Dans des affûts nous tentons d’apercevoir des animaux sauvages. Sous les chênes, nous trouvons souvent des têtes-de-nègre que notre mère cuisine pour le dîner.
Un jour nous avons vu un cerf mais on a fait du bruit et il est parti. Nous courûmes si loin et si longtemps pour essayer de l’apercevoir à nouveau que nous nous perdîmes.
- Pas de panique ! dit Pacôme. Bien sûr, je ne suis pas le petit Poucet et je n’ai pas semé des cailloux blancs, mais je connais la forêt ; continuons ce chemin.
Pour chasser nos peurs nous marchâmes crânement comme des boys-scouts en chantant à tue-tête. Les heures s’écoulaient. On ne savait plus où nous étions.
Nous sommes arrivés jusqu’à un cloître en ruine qui semblait dater du moyen-âge. Les murs à moitié écroulés recouverts de mousse verte faisaient penser à un château hanté. J’imaginais déjà un fantôme sortant des décombres et je me mis à pleurer. Les garçons n’étaient pas fiers non plus quand nous décidâmes de partir dans une autre direction.
Il faisait presque nuit lorsque, en traversant une hêtraie, nous entendîmes des cris. Un chien se mit à aboyer et nous reconnûmes nos parents venus à notre recherche avec des lampes électriques.
Notre mère nous a fait plein de câlins mais notre père était en colère. Pas question le soir d’avoir la suite de l’histoire de la marâtre acariâtre !
Nous avons été privés de dîner et nous sommes montés nous coucher dans la mansarde sans chahuter, tout penauds.
La Reine prostrée devant les lettres de son amant, éparses à ses pieds, pleure son amour enfui.
Elle remonte dans ses souvenirs au fil du temps perdu.
Elle avait aimé avec le cœur ardent. Elle avait écrit et elle avait lu des mots démodés qui lui avaient chaviré le cœur.
Elle parcourait à nouveau les chemins oubliés. Se revoyait courant au bout du monde, fuyant en catimini dans ce coin de rue sombre, retrouver les bras qu'elle aimait au clair de la lune.
Elle voulait juste dîner avec un ami.
Ils avaient filé à Venise, blottis dans un coin dans ce bateau d'amour, au son des barcaroles.
Il lui disait des mots à l'oreille :
- Chantez mon cœur. Nous irons jusque devant la mer dans un voyage sans fin, pendant que chante le vent dans l'âme des poètes.
Elle évoluait alors comme dans un rêve qui faisait naître en elle un bouquet de joie.
Mais le diable était au village et ce n'était qu'un cauchemar.
Chacun son rêve. Le sien était certainement trop beau. Le bonheur ne passe qu'une fois et maintenant elle a le cœur absent.
Adieu les beaux rivages. Et la voilà en quête du dernier troubadour qui pourrait être l'ami des lendemains.
Un jour il faudra quitter le très grand jardin, Allongée sur un lit de fleurs à ciel ouvert Ou blottie dans un coin au tout petit matin, Quitter cette bonne planète et ses horizons verts.
Je regrette déjà l'ami des lendemains, Privée de compagnie à cause d'un cœur absent. Je bois nos souvenirs dans le creux de ta main ; Ce soir je viens chez toi pour trois gouttes de temps.
Sur la pointe des pieds, j'atteins le bout du monde, Je me raccroche en vain au fil du temps perdu ; Au bal de la nuit, je viens danser la ronde, Sautillant dans le vide, à petits pas menus.
Adieu mes beaux rivages, luisant au clair de la lune ! Devant la mer si bleue chante le vent de l'oubli. Avec des mots démodés j'use le bout de ma plume Pour bien plomber l'ambiance avec vous, mes amis.
C'est la faute aux images, empreintes de nostalgie. Il reste de l'encre dans mes veines vaccinées. Le diable au village m'a juré et promis : Je ne suis qu'à mi-chemin de ma destinée.
A chacun ses doux rêves, les miens sont ambitieux : Dîner avec l'ami lors d'une chaude soirée, Pouvoir encore nager sous toutes sortes de cieux, Poser ma pauvre tête pour bien me reposer.
Si les images m'imposent un destin ombrageux Je rentre en résistance et déchire le tableau : Il restera bien un confetti de ciel bleu Juste pour rester un tout petit peu heureux.
Je suis là, seule et désespérée, dans cette robe bleue qui me fait paraître encore plus pâle et je grelotte dans le froid palais de Venise où vit ma famille depuis plus de cent ans : autour de moi des dizaines de feuilles de papier : cette lettre d'adieu est difficile à écrire.
Quand nous nous sommes rencontrés au bal du comte Fioretti et que nous avons vibré à l'écoute des merveilleuses sonates de Vivaldi, j'ai pensé qu'ensemble on vivrait des jours merveilleux, je t'ai dit ces mots démodés : « Le bonheur ne passe qu'une fois» Avec toi , j'aurais été au bout du monde, chez les sauvages de la Nouvelle France, malgré le risque d'y laisser mon scalp et ma perruque . Je croyais à ton amour, chacun son rêve, jusqu'à ce que la rumeur me parle de tes fiançailles avec cette pimbêche d'Isaure. Elle est sans doute mieux dotée que moi mais elle ne t'aimera jamais autant
Pas question pour moi que nous restions des amis comme avant. Demain pour moi c'est la fin du monde et de ma courte vie . Au petit jour j'irai voir la mer puis je me laisserais sombrer dans le Grand Canal.
Adieu.
Adélaïde
P.S. Je ne résiste pas au plaisir de te faire parvenir un dernier selfie !
Je ne puis penser à toi sans me remémorer le quai Montebello et le quai de la Tournelle où je me suis procuré l’essentiel des numéros de Charlie mensuel de ma collection. C’était une drôle d’époque que ces années après 1974. Toi tu ne pensais qu’à ça et moi je ne pensais à rien, à rien d’autre qu’à lire et consommer des images et des mots dans une grande ville, dans la capitale de la France, dans un Paris qui, comme à Jacques Rivette, m’appartenait.
Je ne sais pas où Hara-kiri avait son siège. Moi j’avais le mien près des Buttes Chaumont, pas loin de cet endroit où, de nos jours, ont lieu des trafics d’influence et d’armes de combat. Rien de plus pacifique pourtant à l’époque que ce petit temple romain haut perché par-dessus la pièce d’eau. Devant mon appareil photographique de marques Zenit je tenais une feuille de rhodoïd bleu pour fabriquer des images originales. Un peu plus loin, vers la porte de Pantin, là où se trouve désormais la Cité de la musique, il y avait un petit théâtre où j’allais voir et écouter Malicorne, les frères Robin et Barry Dransfield, le groupe Gryphon. Le lundi c’était concert de folk. Le mardi c’était fièvre acheteuse à la FNAC de la rue de Rennes.
Tu ne traîneras plus tes guêtres à Paris. Tu as eu une belle mort, finalement, entouré de tes potes, encore et toujours à essayer de dresser le portrait du roi des cons, mais cette tentative toujours sera désespérée autant que désespérante. Comme a dit un autre Georges, il est indétrônable. Je t’aurais bien donné le bonjour de Paulette de Pichard mais je l’ai perdue de vue ainsi que tous les gens de la rue de Louvois que je retrouvais le midi dans ce café le long de la rue de Richelieu près de la Bibliothèque nationale. Le coiffeur pied-noir de la rue Chabanais a dû prendre sa retraite et cassé sa pipe depuis longtemps.
Il faudrait que je retourne à Paris. Je ne situe même plus le Studio 28 et l’Olympique ailleurs que dans un arrondissement, un bloc approximatif, le 18e, le 14e sur le plan. Pourquoi ai-je passé ma jeunesse à ne jamais prendre de notes, à ne jamais chercher à avoir prise sur le réel alors que je ne puis plus passer une journée désormais sans écrire comme toi sans doute sans dessiner.
Faudra-t-il que j’aille ouvrir la valise d’archives au grenier, voire les boîtes de photos en noir et blanc de ces années-là ? A quoi bon ? Si c’est pour me découvrir aussi fragile que la semaine dernière heure à la manifestation du 11 janvier ! Là où tu vas, salue Cavanna pour moi. Je l’avais croisé un jour sur un boulevard désert et nous nous étions regardés avec tendresse.
Merci à toi et à toute l’équipe pour ces années de rire et de liberté.
Le "casting" est terminé ! Le génial Ludo D. Rodriguez a choisi les acteurs du prochain film auquel vous allez participer (scénariste? dialoguiste ? réalisateur-trice ?). A vous de pondre le scénario, d'écrire une scène dans laquelle interviennent ces personnages ou de contester Ludo sur ses choix.
Mais attention ! Pour d'évidentes questions de droits il vous est interdit de penser à une quelconque adaptation des aventures de Tintin d'Hergé ! Merci d'imaginer autre chose !
Interdiction pour vous en conséquence de nommer vos personnages Tintin, Milou, Haddock, Tournesol, Castafiore, Nestor, Rastapopulos etc. Encore moins de citer Moulinsart ou le Karaboudjan !
Vous avez le droit cependant d'utiliser des mots de la liste suivante :
Affaire - Amérique - Autocar - Bijoux - Boule de cristal - Casser les oreilles - Cigares - Congo - Crabe - Étoile - Île - Licorne - Lotus - Mystérieuse - Objectif - On a marché sur la Lune - Pharaon - Sceptre - Secret - Temple - Tibet - Trésor - Vol 714.
- Je suis très heureux de vous retrouver tous autour de cette table pour préparer ensemble la grande soirée de l’Animovision 2021 et découvrir avec vous votre chanson, celle qui nous représentera dans la catégorie animaux sauvages le 15 février ! On peut le dire sans ambages, il y a «du beau monde au balcon» ! Monsieur Darwin, ici présent, fera le secrétaire de séance. J’espère que vous êtes bien installés et je lève mon verre à ce grand moment. Qui veut nous présenter sa chanson ?
- Monsieur Babar peut être ?
- Bonsoir à tous, j’ai choisi un air connu de tous, entraînant et facile à apprendre ; il est temps de nous remettre à la marche à pied pour protéger notre planète et vous l’avez tous appris lors de vos camps scouts
- Quoi donc ?
- Un éléphant, ça trompe, ça trompe, un éléphant ça trompe énormément ! Deux éléphants, ça trompe, ça trompe, deux éléphants ça trompe énormément ! Trois éléphants, ça trompe, ça trompe, trois éléphants ça trompe énormément ! Quatre…
- En effet, très connu, merci.
Les animaux autour de la table continuent à chantonner, l’animateur se retient de hurler : « Ferme ta malle !» à tous les invités et se contente de taper d’un coup sec sur la table avec son éventail. Puis il se tourne vers l’otarie à sa droite.
- Et vous Mademoiselle Bolduc, notre chère amie franco-québécoise, qu’allez-vous nous interpréter ?
- Un classique du répertoire de notre belle province, je serai accompagnée au piano par mon ami Gilles, que je salue.
- Le grand Gilles Vigneault, je présume ?
- Bien entendu !
L’otarie se lève, se perche sur un gros ballon rouge et en pose un petit jaune sur son nez noir avant d’entamer d’un air mélancolique et malheureux :
Ça ne vaut pas la peine, De laisser ceux qu’on aime Pour aller faire tourner Des ballons sur son nez Çà fait rire les enfants, Ça dure jamais longtemps…
L’assemblée toute entière renifle et s’essuie les yeux. L’animateur se mouche bruyamment dans un mouchoir à carreaux et se tourne vers le crocodile
- Et vous, Bottes-en-cuir, quel est votre choix ?
- Une authentique chanson française car, je vous le dis, méfiez-vous des contrefaçons !
- Nous vous écoutons !
Le crocodile sort sa guitare et fait entendre un bel accord majeur en avalant le micro, seul le fil dépasse de sa bouche
- Ah les crocrocro, les crocrocro, les crocodiles sur les bords du Nil , ils sont partis ,n’en parlons plus…
- Merci, fait l’animateur, pouvez-vous nous rendre le micro, s’il vous plait ? On demande une victime, annonce-t-il en se tournant vers la girafe, alors Zelda la douce ?
Celle-ci incline sa gracieuse tète, se tortille, intimidée, sur sa chaise, ouvre la bouche mais rien ne sort. Elle dévoile un ukulélé qui était sur ses genoux et se lance dans une musique endiablée. Toute l’assistance se lève et se trémousse en chœur, c’est un parfait chaos, Hollywood-bacchanale ou Les frangines en folie.
Quand les dernières notes s’envolent, l’assemblée se rassoit essoufflée et se tourne vers la girafe qui toute intimidée, chuchote : « Eh oui, je le répète, la girafe est muette ! ».
L’hippopotame qui somnolait dans son coin, ouvre alors son immense bouche, faisant voir toutes ses dents, fait entendre un immense bâillement qui fait sursauter tous les animaux et dit d’une voix caverneuse :
- Mon bâillement à lui seul est un chant mais si vous y tenez, mon ami Pierre Chêne m’a écrit cette chanson spécialement pour ce soir :
- Petite madame, vous avez perdu Votre hippopotame, il a disparu !
L’assemblée applaudit poliment et se tourne vers la dernière candidate, l’étoile de mer qui en rosit de plaisir dans son bikini blanc.
- Attendez, fait l’animateur, je crois que j’ai deviné !
Et toute l’assemblée entonne à pleins poumons :
- Etoile des neiges pom pom pom pom pom pom Mon cœur amoureux , pom pom pom pom pom pom S’est pris au piège pom pom pom de tes grands yeux »
Les applaudissements crépitent, la foule se lève et reprend le refrain à tue-tête tandis que l’animateur dépassé s’enfuit piteusement du studio et que monsieur Darwin ferme son cahier d’un coup sec en s’exclamant :
Arrivée un soir d’automne au paradis, Violaine a perdu la notion du temps. Les jours, les nuits s’écoulent avec sérénité dans ce monde où la principale occupation est de se pâmer devant le bleu du ciel et les éclipses des étoiles.
Du matin au soir elle se déplace d’un endroit à l’autre en douceur, sur un sol ouatiné d’un blanc immaculé, en déplorant que les heures s’égrènent inexorablement toutes semblables les unes aux autres.
Violaine qui était sur la terre la reine des frangines en folies s’ennuie à mourir une deuxième fois dans ce monde si parfait !
Elle ne se voit pas survivre une éternité sans projets, sans risques et surtout sans le petit brin de folie qu’elle vivait avec ses amis lors de soirées inoubliables.
Jusqu’ici elle cache sa tristesse sous un sourire de rigueur. Mais l’Ange aux ailes de plomb veille sur Violaine. C’est lui qui a insisté pour la faire venir ici plutôt que dans le Paradis au rabais. Il remarque son malaise. Lorsqu’il lui propose de repriser l’azur au crépuscule, elle lui saute au cou.
Une bonne occasion pour elle d’inventer une de ces polissonneries dont elle avait le secret sur notre bonne vieille terre.
Par l’interstice d’un nuage fissuré, Violaine repère le jardin dans lequel, chaque samedi soir les copains se retrouvent pour l’apéro. Ils sont tous là. Elle enfile un bikini blanc, revêt un voile de fantôme et se glisse discrètement au travers des nuages.
Comme une tornade elle arrive près de ses amis qui ressentent un coup de vent violent. Un court silence s’installe comme s’ils percevaient une présence. Un fantôme peut-être ? Puis les verres se lèvent et on trinque à la vie, à l’amitié, l’amour, la joie ! Rien ne se passe. Violaine reste invisible !
Déçue, elle agite les bras créant un autre coup de vent violent et s’envole avec nostalgie vers le ciel.
Là-haut, l’ange aux ailes de plomb l’attend avec impatience. Il a remarqué le bikini blanc au travers du voile de fantôme et rêve de voir sa protégée dans cette tenue affriolante. Et pourquoi ne réaliserait-il pas son fantasme en créant lui-même un tourbillon ?
Intérieur d'un appartement bourgeois, au fond une porte donnant sur un palier d'étage. Quelqu'un sonne à la porte. Une femme dans les 50 ans, assez chic, va ouvrir. Sur le palier se tient un homme, la cinquantaine, habillé cool, un peu dégarni.
La femme : René, c'est toi ? Mais qu'est-ce que tu fais là ?
L'homme : Oui, c'est moi, René, ton mari, je rentre à la maison, si tu veux bien ?
La femme : Après cinq ans d’absence ? Ça alors ! Eh oui, ça fait 5 ans jour pour jour, tu m'as dit : «Ça va être dur mais je te quitte ».
L'homme : Et tu m'as répondu : « Si je peux te rendre service, c'est moi qui te mets dehors » et tu m'as jeté mon linge à la figure et la valise par-dessus. Tu as claqué la porte et je me suis retrouvé avec tout ça sur le palier.
La femme : Tu m'avais vraiment énervée à me reprocher n'importe quoi : une histoire de robe de chambre à carreaux ! Alors que moi je supporte depuis 30 ans tes chaussettes qui puent, tes maillots de foot que tu laisses partout et le tube de dentifrice que tu ne rebouches jamais ! Sincèrement je crois que j'ai gâché ma jeunesse avec toi !
L'homme : Calme toi, ma chérie, personnellement je trouve ça relativement obscène de rompre 30 ans de mariage pour si peu mais je n'ai pas changé d’avis, je la trouve hideuse, ta robe de chambre à carreaux roses.
La femme : Non je ne me calmerai pas !
L'homme : Je sais, t'es connue pour ça, mais oublions cette vieille histoire, Je vais te dire, la vie est trop dure sans toi.
L’homme dévoile un gros bouquet de fleurs qu'il avait jusque-là caché dans son dos.
La femme : Je vois, tu veux m'attendrir ; allez, entre, on va parler un peu. Vois-tu j'ai toujours eu peur qu'il m'arrive un truc moche. Et se retrouver seule à 50 ans, après 30 ans de mariage, c'est moche. . L'homme : Excellent raisonnement !
La femme : Mais je tiens à te dire deux choses : d'abord cette année j'ai été élue reine du muguet et ensuite, c’est définitif : le sexe, j'ai décidé d'arrêter.
L'homme : Là on flirte avec la connerie ! Reine du muguet ! Et pourquoi pas reine des sardines de Douarnenez pendant qu'on y est ! Eh bah, bravo c'était bien la peine de faire Bac +10 !
L'homme met sa main devant sa bouche et s’adresse à la salle :Et pour le sexe , on en reparlera !
L'homme : Mais j'ai faim, moi, il ne te resterait pas un petit fond de ragoût au frigo ? Tu as toujours été la meilleure cuisinière que je connaisse !
La femme : Des compliments après les fleurs ! On est sur la bonne pente, mais méfie-toi, ces derniers temps je pars au quart de tour !
L'homme : Allons, reprenons sur de bonnes bases, je te promets que je vais désormais être le mari idéal, gentil, patient, attentionné, je ne ferai plus de remarques désobligeantes et même je penserais à ton anniversaire ; mais faut p’t’être que tu y mettes un peu du tien aussi !
La femme sort un gratin du frigo en marmonnant : « C'est cà et moi je suis Cléopâtre !».
Bientôt un plat au délicieux fumet est devant l'homme qui s'approche tout près de la femme)