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L'Atelier d'écriture de Villejean
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1 février 2022

Retour / Anne J.

Qui sait ?
Je reviendrai peut être
Et ce jour là

Je serai un oiseau
un goéland magnifique
ou un fou de Bassan
et je planerai sur la mer
en piqués soudains

2122-18 Anne J - Goéland

Je serai un poisson
et je nagerai sans fin
au fond des mers

Je serai un coquillage
et je me laisserai bercer
par les vagues douces

Je serai un chat
et je dormirai tout le jour
dans le panier près de la fenêtre

Je serai une étoile
et je brillerai toute la nuit
pour veiller sur la Terre
et sur toi, amie des jours heureux

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22 février 2022

G comme Gondolier / Anne-Françoise

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Il y a très longtemps, dans la nuit de la nuit des temps, un gondolier est venu à Rennes.
Il a imploré le ciel et adressé une supplique secrète à la nuit rose et violette.
Les poissons de la Vilaine, les jolis poissons roses, verts et dorés sont venus orner sa robe à crinoline.

Mais pendant la soirée, le gondolier a décidé qu’il ne tiendrait pas sa promesse faite à la nuit céleste, il ne relâcherait pas les poissons.

Le toit de l’hôtel de ville a rougi de colère : si l’on pêche ainsi, que restera t’il aux Rennais pour se nourrir et pour rêver en regardant les poissons de la Vilaine sauter hors de l’eau pour y replonger aux beaux soirs d’été ?

« Rame, rame, gondolier, va t’en ! » ont dit les habitants. « Nous ne voulons plus écouter ton chant. Tu as capturé tous les poissons verts, roses et dorés de la Vilaine, il n’en reste plus, notre cœur pleure dans la rue. »

Gondolier à l’habit éclatant et chamarré a baissé les yeux.
Il a vu à ses pieds des milliers de visages malheureux.
Il a vu sur sa robe tous les poissons tourner, cherchant à s’échapper.
Il y en avait beaucoup, il voulait les garder, il est parti, loin, attristé, pour oublier…
Longtemps, la lune lui a parlé…

Il a relâché ses prisonniers dans les rivières, les fleuves, les lacs et les mers.
Les poissons volants ont ensuite tous rejoint l’océan.
Ils ont fait la connaissance des tortues, des hippocampes, des dauphins et de plein d’autres animaux marins…

Oui, l’âme en peine, gondolier a quitté Rennes.
L’âme toute chagrine, il a retiré sa crinoline.

Il a délaissé jaune, rose, rouge, vert et s’est vêtu d’une marinière.
Il est allé sous d’autres cieux chanter pour les amoureux.
En passant sous le pont des Soupirs, il soupire
En pensant aux beaux poissons qui nageaient dans la prison de sa robe à crinoline, à l’eau rouge sanguine.

A Rennes, les beaux poissons, on ne les voit plus. Ils ne sont jamais revenus. La Vilaine ne sourit plus.

30 novembre 2021

K comme kerts (Noël) / Adrienne

2122-11 Adrienne - Crèche

Forte récompense à qui retrouvera l’enfant de sexe masculin né dans une étable de Bethléem à l’époque du recensement. Adresser tout renseignement à Hérode.gmail.com

Saison d’ouverture de la chasse le 15 septembre : cet abri ne sera pas disponible pour les parturientes entre le 15 septembre et le 31 mars. Merci de votre compréhension!

Avis aux non-fumeurs : le briquet ou les allumettes sont indispensables pour allumer correctement l’encens. Veuillez respecter les précautions d’usage et lire attentivement la notice.

Si vous lisez cette affiche, c’est qu’il est déjà trop tard : le père putatif, la mère vierge et l’enfant nouveau-né sont partis pour le soleil d’Égypte. Ils ne reviendront qu’à la mort d’Hérode prévue en l’an 4 avant Jésus-Christ.

Prière de ne pas déranger l’âne et le bœuf ni de leur jeter des cacahuètes.

Attention danger : chute de poussières d’étoile. Informer immédiatement la NASA si vous en êtes témoin.

Zone exclusivement réservée aux bergers entre le 25 décembre et le 6 janvier, date à laquelle elle est réservée au passage des mages.

Le propriétaire de l’étable est prié de la laisser en l’état afin qu’on puisse en faire un écomusée et lieu de pèlerinage pour les siècles des siècles. Amen.

Les parents de la petite Marie ont la profonde joie de vous annoncer le mariage de leur fille avec Joseph de la tribu de Juda. Étant donné les mesures sanitaires, la cérémonie a eu lieu dans la plus stricte intimité.

Appel aux bonnes volontés : recherchons d’urgence peintres, sculpteurs et musiciens pour immortaliser la scène.
Écrivains s’abstenir.

1 février 2022

Poème consumériste / Eliane

Mains gantées dans les bulles
Du produit à vaisselle
Large lame coupante
Détaillant la betterave en tous petits morceaux

Petit déjeuner
Sachet de thé
Jus d'orange dans un grand verre
Tartines beurre confiture

2122-18 Eliane -Martine-femme-au-foyer

Ménage
Plumeau retenant la poussière
Cire ancienne sur les meubles
Aspirateur
Ogre avalant tout sur son passage

Marché
Dans le panier
Pommes de terre
Salade scarole
Tomates
Pommes, poires, bananes

A la crémerie
Beurre
Oeufs
Fromages

Retour en voiture
Plein d'essence
Cher toujours plus cher
Liquide dans le lave-glaces

 

1 février 2022

C’est aujourd’hui jeudi / Marie-Thé

2122-18 Marie-Thé Morozov 04

 

 Nous sommes partis de bon matin
pour une escapade à Paris.

Y’avait pas Firmin ni Sébastien comme dans la chanson
Mais y’avait Paulette, Germain, Rosalie et moi.


2122-18 Marie-Thé Morozov 00
TGV, métro, navette et hop, nous voici dans la capitale pour visiter la fondation Vuitton,
une construction tout en verre,
à l’architecture étonnante,
un vaisseau magnifique, transparent,
à la lisière du bois de Boulogne.

Étonnement – admiration.

2122-18 Marie-Thé Morozov 03A l’intérieur, la collection des frères Morozov, amateurs d’art.

Évasion au travers de peintures,
certaines éclatantes de lumière, de couleurs,
d’autres aux tons plus doux, d’autres encore plus sobres.

Six étages de salles aux tableaux d’une surprenante beauté.

Des œuvres russes austères, dépouillées,
représentant des personnages aux yeux expressifs.

Des œuvres pittoresques de Matisse, Monet,
Renoir, Cézanne, Gauguin, Van Gogh ou Picasso…


Des natures mortes vivantes, lumineuses,
des paysages champêtres,
des personnages au look d’un autre âge,
des fresques monumentales racontant la légende de Psyché.

Au dernier étage, du rêve : nus, sculptures, peintures.

2122-18 Marie-Thé Morozov 02Trois heures d’émotions, de splendeur, d’enchantement.

Paulette , Germain, Rosalie et moi
avons marché en fredonnant
à l’amitié, l’amour la joie.

Nostalgiques sommes repartis
mais qu’à cela n’tienne, c’est pas fini :
On s’évadera une autre fois.


2122-18 Marie-Thé Morozov 01

 

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22 février 2022

Consigne d'écriture 2122-19 du 22 février 2022 : Rennes en fêtes

Rennes en fêtes

 

L’animateur distribue des agrandissements sur papier extraits d’un album photographique de Joe Krapov dont le titre est « Petits portraits de Rennes en fêtes ». Ces photos ont été prises en 1998 et 1999 et publiées sur le site web « Rennes-en-délires ». 

Chaque écrivant·e en choisit trois mais n’écrira qu’à partir d’une seule de ces photos.

Il est demandé de constituer , collectivement, un abécédaire de la fête.

Pour cela chacun·e écrira un texte inspiré par la photo retenue et dont le titre sera sur le modèle des billets d’Adrienne sur son blog : C comme Carnaval, V comme Venise, etc.

L’exercice peut être renouvelé avec les deux autres photos choisies si on est inspiré.

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4 janvier 2022

Josette / Marie-Thé

2122-14 Marie-Thé - Boulevard du crime

Comme chaque dimanche, Josette s’est mise sur son trente-et-un pour aller au ciné du patro. Fière du sac en croco qu’elle vient d’acheter avec son premier salaire de dactylo, elle l’ouvre, le referme et le pose sur ses genoux.

Jules, ancien para un peu folklo, se glisse près d’elle pendant les actus. Il lui murmure qu’elle est jolie et qu’après le film il l’emmènerait bien faire un tour de moto. Ils iront au resto et il la reconduira chez elle.

Josette, solitaire un peu naïve, se dit qu’elle pourrait passer une bonne soirée avec ce gars si sympa.

Le film est émouvant. Lorsque des larmes coulent le long de ses joues, Jules lui tend un mouchoir.

Ils sortent du ciné et se dirigent vers la moto. Josette est tout émoustillée lorsque Jules lui dit : « Mets ton sac dans la sacoche et monte », puis « attend, redescend une minute, j’ai un pneu dégonflé ». Surprise elle s’exécute. Rapido-presto, Jules démarre et file, emportant le sac et le portefeuille tout neuf de Josette.

Adieu le resto, la belle soirée, le beau sac en croco !

C’est sûr, elle le retrouvera cet anar, elle le cherchera avec son vélo et crèvera les pneus de sa moto !

11 janvier 2022

Consigne d'écriture 2122-15 du 11 janvier 2022 : Dixit

Dixit

 

Voici trente six jolies cartes d'un jeu nommé Dixit, récupérable en partie ici.

Le jeu original consiste à faire retrouver à ses adversaires une carte qu'on a choisie, mêlée à d'autres, en leur donnant une phrase-indice relativement ambiguë : il ne faut pas en effet que tous les joueurs la retrouvent ni non plus que personne ne la retrouve sinon on ne marque pas de points.

Nous y avons joué un peu ce soir, le temps de récupérer dix de ces formules :

- Pour ne pas perdre le Nord
- Moi je t'offrirai la Belgique
- Il me vient une idée
- C'est ici qu'on cherche fortune
- Un amour de Mouloudji
- Meilleurs voeux
- Rêver
- Bercer
- Le marché de Cherbourg
- La musique s'est arrêtée

Il vous est demandé de choisir entre une et six de ces illustrations et d'écrire ce qu'elle ou elles vous inspire(nt) en incluant deux des formules ci-dessus dans votre texte.

Vous pouvez cliquer sur chaque image pour l'agrandir

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4 janvier 2022

Orientation. 1 / Maryvonne

C'était le jour où je passais mon bac.

Mes parents ont déménagé et jeté beaucoup de mes affaires. J'étais deg ! Mes rédacs de français et de philo auxquelles je tenais, les souvenirs de mes instits et de mes profs étaient balayés avec la poussière du grenier.

A mon retour je n'étais plus ado mais dans la vie, à peine adulte, et pour quoi faire ? Je ne souhaitais pas rentrer à la fac ni en classe prépa, ne me sentant pas assez intello. De toute façon pour quelle matière ? Je n'étais pas bonne en maths, pas assez en géo ni en éco.

J'étais bonne en gym, mon père me disait que je pourrais toujours finir dans un cirque mais je ne savais si il y avait une fac de cirque. Si encore j'avais été catho pour entrer au couvent mais même pas en rêve.

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Je n'avais pas envie de rentrer à la sécu et j'ignorais beaucoup de métiers. Nous n'avions pas beaucoup d'infos à l'époque. Kiné, ostéo ? Voilà des formations inconnues pour moi. Deux personnes sortaient du lot dans mon patelin : la postière et l'instit. Avec le concours des pétété (PTT) je risquais de partir à Paris. Bien entendu je pouvais rester dans le bistrot de mes parents servir des apéros mais, franchement, ça m'aurait saoulée. Servir dans un resto ? Pourquoi pas ?

J'ai fini par faire une demande d'instit remplaçante et j'ai passé le concours pour l'Ecole d'assistante sociale. Bingo ! J'ai eu deux réponses positives. J'étais extra-contente mais il fallait choisir. J'ai opté pour le métier avec des minots et aussi les vacs et les récrés, surtout les récrés , c'est bath ! J'espère quand même que j'ai été une bonne pédagogue.

 

1 janvier 2022

Voeux pour 2022 / Anne-Françoise

Avec cette fin de 2021, morose,
On a besoin de mots roses
Pour se réconforter
Et aborder la nouvelle année…

Pour 2022, je vous souhaite des mots

Pas de mots de tête ni de mots de dents, non,
Des mots, doux de préférence,
Des petits mots, surtout pas des gros (à laisser dans les bouches dégoût),
Des mots en lettres minuscules :

Le petit « et » pour vous relier à d’autres et profiter ainsi de mots croisés

Le petit « ou » pour vous ouvrir des possibles et vous donner le choix de ce vers quoi vous voulez aller, des mots fléchés…

Le mot avec la seule lettre majuscule M pour aimer et être aimé (et pas seulement de lettre aimé…)

Des mots magiques qui vous ouvrent vers l’ailleurs, l’aventure, l’imagination, les histoires…

Des mots dans de belles lettres à votre adresse

Des mots à danser, à rire, à chanter, des mots-coquillages à récolter sur la page

Des mots à coucher sur le papier

Des mots à faire chahuter dans les histoires, supercalifragilisticexpidélilicieux !

Des mots à réveiller quand le silence dort

Des mots choisis, avec délicatesse…

Des mots et merveilles
Vents et marées…

La plage a pris sa plume et se joint à moi
Pour vous souhaiter une bonne année…

Voeux Anne-Françoise

1 février 2022

Poème consumériste / Josiane

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Au marché des Lices
Mets dans ton panier
Autant de délices
Que tu peux manger !

Des radis pour midi
Et du beurre pour quatre heures
Pour ce soir, du blé noir.

Pour lundi des pissenlits
Pour mardi du clafoutis
Mercredi c’est trop tard
Pour manger du canard
Pour jeudi des salsifis
Vendredi du wasabi.

Samedi des cassis, des kiwis et des kakis.

Pour Dimanche, qu’est-ce qu’on mange ?
Des bananes et des oranges,
Quelques fruits de la passion2122-18 Jojo consumériste 02
De la carambole et du corrosol
Et un peu de ramboutan.

Au marché des Lices
Remplis ton panier
De choux et de mâche
Poireaux et panais
Quel plaisir de cuisiner
Quand on revient du marché !

14 décembre 2021

Évasion / Anne J.

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Une évasion désigne une fuite hors d’un endroit déterminé, le fait de s’échapper d’une prison pour un détenu.

Et d’évasion, le gros poisson doré en rêvait depuis longtemps. Déjà trois ans qu'il tournait en rond dans cet aquarium carré sans espoir d'en sortir. Mais ce matin là, le soleil était entré dans l'angle droit de l'aquarium et, caressant le dos du gros poisson doré, il lui déclara :

- Je peux te faire sortir de là mais où iras tu ? La mer est trop loin pour que tu survives au voyage et l'eau y est bien trop froide pour toi, rien à voir avec les mers chaudes qui t'ont vu naître. Mais je peux exaucer un de tes vœux, si tu le souhaites.

Le poisson doré réfléchit quelques minutes et, entrant dans le rayon du soleil, il lui chuchota :

- Je voudrais que celle qui m'a enfermé dans cet endroit connaisse un jour ce que cela me fait d'être coincé là, juste pendant quelques heures.

- Accordé, dit le rayon de soleil.

Et voilà pourquoi je me trouve assise depuis deux heures dans cet avion cloué au sol, coincée entre un Anglais trop gros qui joue aux échecs en pestant et une jeune chinoise tranquille qui lit des idéogrammes sur une tablette minuscule en mangeant une banane. Deux heures que le chef de bord nous dit tous les quarts d’heure que notre avion a un problème et que l 'équipe de maintenance tente de le résoudre au plus vite.

Le rayon de soleil mit deux bonnes heures à traverser la totalité de l'aquarium et quand la dernière lueur quitta le fond de l'eau, on annonça enfin : «  Nous remplissons les derniers papiers et nous allons bientôt décoller ».

Enfin j'allais cesser de me sentir comme un poisson dans un aquarium et me retrouver enfin entre ciel et terre.

Le poisson doré grimpa alors sur le dernier rayon du soleil couchant et disparut avec lui dans la mer en pensant : «C'est plus facile que je ne pensais de redevenir un poisson libre».

2122-13 Anne - s-l300

14 décembre 2021

Vacances, je n’oublie rien / Laura

 Vacances, je n’oublie rien [1].

2122-13 Laura - tuileries

Les « passantes» [2] baudelairiennes du Jardin des Tuileries devant les sculptures de la FIAC 2021. L’une demandait à l’autre : « Où partez-vous ? »

J’aurais pu répondre à sa place que « Rien ne sert de partir quand on ne sait plus voir » le ciel de nos paysages quotidiens. Pendant ma « Nostalgie du mardi soir », j’ai pensé à "La jeune femme qui marche dans la rue Saint-Martin avec les gestes encore gauches de l’adolescence possède de grands yeux naïfs, prompts à s’émerveiller. » C’était moi, à la recherche d’un des lieux de vie de Nerval avec toi qui faisais vivre mes rêves.

Ces vacances n’ont jamais été « une évasion » qui désigne une fuite hors d’un endroit déterminé, le fait de s’échapper d’une prison pour un détenu  ou les cadenas sur les ponts de Paname et d’ailleurs car je me suis toujours sentie libre avec toi, y compris de t’aimer. Je me demande souvent si ta mort était une fuite, un lâcher prise de notre vie à deux. Seul, t’es-tu laissé partir ? Se dit-il maintenant que «c’est plus facile que ce qu’il pensait ; le voici déjà entre ciel et terre. » ?  J’attends un signe de cet ange qui me dirait que nous deux, c’était pour de vrai.

[1] https://www.paroles.net/elegance/paroles-vacances-j-oublie-tout

[2] http://www.lauravanel-coytte.com/archive/2014/08/02/a-une-passante-5421716.html

1 février 2022

Poème consumériste / Laura

2122-18 Laura varietes-salade-01-600x480

Quelles salades !?

Du mesclun vert sapin,
Du cœur de laitue plus clair,
Des feuilles de chêne rouges,
De la mâche ou du cresson ?

Même famille ?

Des sucrines sans édulcorant.
Une iceberg bien fraîche.
Des endives du Nooord…

Un chou blanc ou violet
Tellement croquant
Qu’il fait craquer les ciseaux.

Des carottes qui donnent bonne mine
Rendent aimable
Et font de belles cuisses ;
J’ai tout bon !

Du céleri sans rémoulade,
Du céleri qu’on râpe, pas fade ?

Quelles salades !?

1 février 2022

Poème-questionnaire / Laura

2122-18 Laura - Jules et Jim_

Père :                           Le ciel, le soleil et la mer [1]
Lieu de naissance :   L’origine du monde (de Courbet)
Religion :                    Le feu comme les « Filles » de Gérard de Nerval
Ecoles fréquentées : De la terre à la lune
Domicile :                   Sur la colline [2]
Métier :                       Curieuse comme Henri-Pierre Roché
Loisirs :                      Le musée, la bibliothèque, le paysage
Signe particulier :     écrivaine (sans) publique

Femme publique [3] retraitée


[1] http://www.lauravanel-coytte.com/archive/2022/02/03/le-ciel-le-soleil-et-la-mer-6364109.html

[2] http://www.lauravanel-coytte.com/archive/2022/02/03/siffler-sur-la-colline-6364110.html

[3] https://www.youtube.com/watch?v=UQUpDRGEYNM

14 décembre 2021

L’été sur toutes les lèvres / Jeanne

John Salminen12

Je continue ma promenade dans Paris que les grandes vacances n’ont pas encore changé en ville fantôme. A certaines périodes de l’année, et surtout en août comme aujourd’hui, les villes sont toutes changeantes. Du tout au tout elles ne deviennent plus que carcasses et bafouilles ou alors elles deviennent impénétrables.

Il n’est parfois plus possible de rentrer chez soi à l’heure dans sa propre ville. Touristes, fonctionnaires, touristes, touristes et encore touristes. Il m’arrive de ressentir un peu de rage, de petits soupçons seulement, mais cela me laisse de marbre devant mon volant. A ce moment-là, je désespère et je soupire devant une telle intensité dévastatrice qui s’appelle « la ville ».

Alors, sous la pluie tombant à flot, je regarde cette lignée de phares à la file derrière moi. Je coupe la radio et j’écoute… La pluie qui tapote violemment ma voiture, les essuie-glaces grincheux et les voitures qui passent à toute vitesse sur les voies alentour. J'aperçois deux personnes dans une voiture à ma droite, très charmantes d’apparences comme ça. Elles rigolaient ensemble, les yeux dans les yeux. Ce n’était pas simplement des rires vous voyez, c’était plus fin que ça et plus complexe en même temps. C’était poivré de complicité, d’affection, d’attente. Ce n’était qu’une vision de quelques secondes ou une minute peut-être mais ça se sentait que ces deux là n’avaient pas hâte d’arriver. Peut-être étaient-elles au cours d’un long voyage ou peut-être rentraient-elles du restaurant ? Je n’en savais rien, mais moi… j’avais hâte de rentrer. C’était ma plus grande hâte !

John Salminen8Ces personnes étaient heureuses à cet instant là, dans leur Clio, elles ne voulaient pas arriver. Pour eux, que l’été soit pluvieux, ils s’en foutaient puisqu’ils étaient amoureux. La ville me propose parfois des visions de bonheur et d’autres fois d’horreur. Celle-ci à vrai dire, je ne sais pas à quelle catégorie elle appartient. Elle me présente le bonheur complice de deux êtres mais elle me ramène surtout à une réalité à laquelle je n'ai pas su me faire : le fait que je suis seule. Personne ne m’attend à la maison, moi.

Alors là je me suis dit une chose qui est retournée aussi vite se loger là d’où elle venait : il faut fuir, s’arracher à la ville, à la torpeur moite qui s’y installe ; mais aucun train, aucun avion ne mène au pays que je voudrais rejoindre...

14 décembre 2021

Sous la pluie / Jean-Paul

210722 Nikon 082 recadrée

Ils me plaisent bien, ces deux-là ; je leur adresse mes vœux muets de bonheur tandis qu’ils tournent dans la rue Dupuis, pressent le pas sous l’averse qui éclate.

Et puis non, tiens ! Je vais aller leur dire tout de go qu’ils ont raison de s’aimer malgré les bonnes sœurs qui vous confisquent « Madame Bovary », malgré les curés qui mettent Emile Zola à l’index et l’index où il ne faut pas, malgré les talibans et les pétainistes.

Alors moi aussi je tourne dans la rue Dupuis et là j’ai la surprise de ma vie ! Je ne suis plus à Paris, je suis au Japon ! Les enseignes pleines d’idéogrammes clignotent, se reflètent dans les flaques. La pluie a constellé mes lunettes de gouttes qui me donnent une perception hamiltonienne du dépaysement soudain. Et malgré cela, le couple de jeunes gens, je l’identifie : c’est Pierre et Manon !

Qu’est-ce qui est arrivé à la rue Dupuis ? Suis-je tombé avec elle dans une faille spatio-temporelle ? Est-ce parce que j’ai mentionné David Hamilton, photographe des années 70 assez flou en son centre et peut-être pédophile sur les bords que je me retrouve entouré de Renault 16, de DS 19 et de Simca 1000 dans un Japon de pacotille ?

Et si Pierre et Manon ont vingt ans, est-ce que j’ai moi aussi retrouvé cet âge-là ? Pierre est né juste un jour avant moi. Un coup d’oeil dans une boutique de miroiterie me le confirme. J’ai sur mon nez mes premières lunettes à monture d’écaille, je suis coiffé avec cette raie à gauche dans les cheveux et cette mèche qui tombe sur l’oeil droit, je porte encore un pull à bandes horizontales et un K-Way vert franc sur un jean en velours. Il manque juste le sous-pull à col roulé mais c’est parce que le pull l’est déjà, à col roulé.

Par contre, dans la tête, je le sens bien, je suis toujours le même vieux crabe qu’en 2021 ! Est-ce que j’ai le droit, du coup, de m’approcher de mes anciens amis et de leur dire ce que je sais de leur avenir ?

Me croiront-ils seulement ? Sous le parapluie, le couple arrêté échange des baisers quasi-clandestins. Si je les préviens de ce qui les attend, je me demande si Pierre et Manon iront sur leur île grecque, s’ils y vivront un jour d’amour et d’eau fraîche et puis, à force d’y retourner tous les ans, d’autres jours de reproches et d’engueulades jusqu’à leur rupture définitve avec des mots cruels et aucun retour en arrière possible pour eux.

Ils ont repris leur marche à pas rapides. La fatigue commence à alourdir les miens. Je m’élance derrière eux, les rejoins, dégoulinant de pluie. Je tape sur l’épaule de Pierre.

Ce n’est pas Pierre, ce n’est pas Manon. Ce sont deux Japonais ! Je m’excuse en agitant stupidement les mains et en répétant plusieurs fois « Sorry ! Sorry ! ».Visiblement ils ne comprennent rien à la situation puis ils sourient et vont s’abriter sous le dais trempé d’un hôtel de luxe.

Que faire ? Que faire d’autre pour ne pas avoir l’air d’un con « lost in translation » sans aucune Scarlett qui me réconforte d’une présence et me nourrisse d’espoirs inavouables ?

Oui, c’est ça, disparaître, poursuivre mon chemin et tourner à droite pour me trouver hors de leur vue. Et la première à droite, justement, c’est encore autre chose.

La jeune femme qui marche dans la rue Saint-Martin avec les gestes encore gauches de l’adolescence possède de grands yeux naïfs, prompts à s’émerveiller. Elle aussi, je la connais. C’est la marquise de B***, elle a trente ans, le teint frais, le nez court, les yeux noirs. Elle préfère l’été à l’automne et les remords aux regrets.

210722 Nikon 049 recadréeIl n’y a plus d’enseignes japonaises ici mais des maisons à colombage, une atmosphère de ville de province. Au bout de la rue on aperçoit la mer. En bordure de plage une oriflamme arbore au vent les deux lions jaunes sur fond rouge qui symbolisent la Normandie. Trouville ! C’est parfait, ça va me rafraîchir ou plutôt me sécher. Déjà il ne pleut plus et la rue Dupuis n’est plus qu’un lointain souvenir. Je rejoins ma jeune épouse. Nous sommes mariés depuis une semaine. Tout va très bien avec Madame la marquise ! La voilà, mon île grecque à moi !

Si je veux perpétuer cet état de bonheur, je sais ce qui me reste à faire : oublier l’avenir et ne plus jamais tourner dans une rue à droite !

1 février 2022

Deux portraits d'inconnues / Jean-Paul

Portrait d’inconnue. 1

Père :                            un vent d’Eole
Mère :                          un attrait de Diane
Lieu de naissance :    au coeur de l’onde
Religion :                    collapsologie
Ecoles fréquentées : Institution Notre-Dame des miroirs du Ciel, Université de la surface des choses
Domicile :                   sans. Toujours en mouvement vers un bord de plage
Métier :                       mère porteuse d’esquifs en tous genres et de gais surfeurs
Loisirs :                       d’ordre théâtral. Joue le Capitaine Fracasse dans « L’Ecume des jours »
Nom :                          la vague

2021-08-12 - 285 15

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Portrait d’inconnue. 2

Profession du père :      fabriquant de pastis
Profession de la mère : cueilleuse d’olives
Lieu de naissance :        quelque part en Provence
Religion :                         présentement hédoniste
Ecoles fréquentées :      essentiellement buissonnières
Domicile :                        à l’ombre d’un arbre
Métier :                            ambianceuse méditerranéenne
Loisirs :                            guitare et chant
Signe particulier :          possède une voisine acariâtre et surtout pas prêteuse

Nom :                               la cigale

AEV 1819-03 la-cigale-et-la-fourmi B

25 janvier 2022

Y a-t-il une chatière à la porte du paradis ? / Adrienne

– Mange, c’est bon pour toi ! l’encourage sa grand-mère qui croit aux vertus de la pomme de terre.

– Mange surtout ton bifteck ! ajoute grand-père. Ceux qui travaillent ont besoin de viande !

"Être écolière, dit-il, c’est aussi un travail". Et ça rend la petite toute fière.

Après, il y aura encore un fruit de saison - « Mange, c’est bon pour toi ! » - ou une crème pâtissière, les jours où grand-mère aura une envie de sucre ou le prétexte d’un demi-litre de lait qui va «tourner».

Mais la mère ! Oh ! La mère désapprouve ces modestes agapes. « La gourmandise est un vilain défaut ».

La petite sait que c’est un de ces péchés qui l’empêcheront d’aller au paradis. Mais qu’irait-elle faire au paradis si grand-père et grand-mère n’y sont pas?

– Vous croyez que c’est possible, demande-t-elle à sa « mademoiselle de religion », d’aller au paradis si on a commis de gros péchés mais qu’on les confesse avant de mourir ?

Elle est toujours déçue par les réponses de ses institutrices, qui préfèrent ne pas se mouiller, et elles font ça plutôt bien, aidées en cela par les voies du seigneur, qui sont impénétrables, non ?

Mais le jour où elle a décidé que le paradis n’était vraiment pas un lieu fréquentable, c’est quand on lui a dit – Mince, alors ! elle en frémit encore ! – que les animaux ne pouvaient pas y entrer.

2122-17 Adrienne - Chats

25 janvier 2022

Un psychopathe en liberté / Raymonde

Que pensez vous qu'un imbécile ferait ?


- Manman ? Comment que je peux faire pour être moins con ? demande Éric en traçant un Z avec son épée, un Z qui veut dire «Zinzin».

- Va à Saint-Menoux te mettre la tête dans le trou !

- Le trou de quoi, Manman ?


Elle arrive alors au bord du gouffre.

- Mais qu'il est c... avec sa tête de Gargamelle ! La tête dans le trou du débredinoire !

2122-17 Raymonde - Débredinoire


Et Manman pense à une délicate et discrète décapitation dont elle se délecte d' avance .

- Dis, tu crois que je peux y emmener mes amis ? 

- Tu peux affréter plusieurs cars, mon tout-petit !


Il paraît qu'Eric à mis la tête dans le trou du débredinoire à St-Menoux, mais malédiction, il est revenu encore plus con qu'il n'était !


N.B. Le débredinoire existe vraiment à Saint-Menoux. Si ça vous tente …

Je plaisante, vous n'en avez point besoin, vous n'êtes point bredins !

25 janvier 2022

Y a t il une chatière au paradis ? / Anne J.

Cher grand Saint Pierre

210227 285 006je vais bientôt me présenter à la porte du Paradis car je commence à décliner et je sens bien que j'arrive au bord du gouffre. J'ai mal démarré dans la vie mais, heureusement pour moi, ma mère adoptive a tout fait pour que je sois un chat heureux ; je coule des jours tranquilles de mon panier près de la fenêtre au lit bien douillet et je ne me déplace que pour grignoter quelques bouchées de thon ou une dizaine de croquettes. Cela convient à mon caractère tranquille et peureux, je ne suis pas du tout un chat qui aime l’aventure et je commence à penser à mes dernières volontés. J'ai donc une question délicate à vous poser :

Y a t il une chatière au paradis ? C'est pour moi de la plus grande importance ; vous croyez que c'est possible ?

Car si je suis un chat reconnaissant et heureux dans l'ensemble, ma maîtresse qui souffrait de stress après la mort de mon prédécesseur, un certain Bifidus, écrasé par une automobile devant la maison, a beaucoup limité mes escapades quand j'étais jeune. Maintenant que je suis vieux et que je me déplace lentement, je suis autorisé à sortir à ma guise mais ici il n'y a pas de chatière et je dépends donc de sa bonne volonté pour m'ouvrir les portes ou les fenêtres quand elle est là. Si j'ai bien compris, quand on accède au paradis, c'est pour l'éternité et j'aimerais une éternité avec la liberté d'aller et venir : j'aimerais courir sans entrave après les oiseaux et les mulots dans l'espoir d'une délicate et discrète décapitation dont je me délecte par avance. Et d'ailleurs est ce que ma maîtresse a des chances d'aller au paradis ? Pas sûr !

A propos de décapitation, est ce dangereux de sortir par une chatière ? Risqué-je moi aussi la décapitation ? Et me fournirez vous un mode d'emploi ?

Tant d'objets sur cette terre n'ont pas de mode d'emploi ou seulement un mode d'emploi illisible sur internet : ainsi mon distributeur de croquettes, le Pipolino, me fut livré sans explications et à mes questions répétées sur comment ça marche, on m'a sans cesse répondu : «  si vous voulez des explications détaillées, désolé ce n'est pas l'objet de ce livret ». Moralité j'ai mis près d'un mois à comprendre comment m'en servir.

 

2122-17 Anne J - 101659653

Cher grand saint Pierre, vous parler me fait le plus grand bien, je commence à respirer même si ce n'est que d'une narine : vous êtes encore plus rassurant que mon psychanalyste.

Voyez-vous quand je pensais à une éternité de vie de chat au paradis, avec une chatière, il y avait comme un soleil qui brillait dans mon cœur.

C'est que l'enfer, ça ne tente pas du tout : il paraît qu'il y a des diablotins avec une fourche qui courent partout et ne vous laissent jamais en paix . Pourvu qu'en plus ils ne jouent pas de l'harmonica !

J'attends votre réponse avec impatience pour décider de mon séjour éternel et vous prie de croire, cher Saint Pierre, à toute ma considération.

Le chat Chouchen

25 janvier 2022

Y a-t-il une chatière à la porte du Paradis ? / Marie-Thé

Ce dimanche de septembre, il y a comme un soleil qui brille dans mon cœur.

Je me suis levée de bonne heure pour vivre une journée exceptionnelle : participer à une randonnée chantante dans la forêt de Rennes. D’aucuns pourraient rétorquer que ce n’est pas original, que je vais rencontrer des bobos intellos un peu snobinards. Moi, je savoure à l’avance cette balade avec calme et volupté.

En arrivant au carrefour de la Petite lune, lieu du rendez-vous, je découvre un accordéoniste ainsi qu’une dizaine de personnes équipées de gros godillots, de sacs à dos et de bâtons de marche. Ils se sont tournés vers moi l’air étonné. Il faut bien reconnaître qu’avec ma robe à fleurs, mon chapeau de soleil, mes espadrilles et mon sac en bandoulière j’avais l’air un peu décalée.

- C’est avec cette tenue de touriste que vous allez crapahuter ? me dit quelqu’un avec humour, habillé comme pour une partie de chasse.

Subitement je me sens comme au bord d’un gouffre. Confuse, intimidée, je commence à rougir. Je n’ai pas le temps de répondre, le musicien se met à jouer une mélodie entraînante et le groupe s’engage dans la forêt au son des flonflons de l’accordéon.

Harmonie, c’est le mot qui me vient à l’esprit pendant la marche en musique, sous le pâle soleil de fin d’été qui fait ressortir les différentes nuances de vert de la nature foisonnante.

En fin de matinée, je ressens un p’tit creux. Je sors alors de mon sac un gâteau au chocolat. Je m’apprête à le déguster lorsque j’entends « Ah ! La gourmandise est un vilain défaut » prononcé par le joueur d’accordéon. Tout le monde s’arrête.

2122-17 Marie-Thé - Chatière

C’est l’heure du pique-nique. L’homme à la tenue de chasse sort de son sac à dos une bouteille d’apéro, on trinque, les langues se délient, des odeurs de pâté Hénaff arrivent jusqu’à moi qui déguste une tarte aux légumes.

Soudainement je pense à mon chat que j’ai oublié de rentrer dans ma maison avant de partir ce matin. Je crains qu’une voiture ne l’écrase. J’en fais part à mon voisin, le musicien, avec lequel j’ai sympathisé dans la matinée.

- Ne t’en fais pas, dit-il en riant, il y a sûrement une chatière à la porte du Paradis !». Tout le monde éclate de rire et je me sens en harmonie avec ce groupe hétéroclite.

25 janvier 2022

Consigne d'écriture 2122-17 du 25 janvier 2022 : La Chatière de la porte du paradis

La Chatière de la porte du Paradis

 

Choisissez parmi les formules ci-dessous celle qui sera le titre de votre texte :

La colère comme bonne conseillère
Un psychopathe en liberté
A quoi rêvent les pions ?
Espoir, désespoir et volupté
Croire en Dieu ou au diable
Placer la beauté avant la victoire
Y a-t-il une chatière à la porte du paradis ?
La fin de l’humanité
Le voyeur et le couple royal

Insérez dans ce que vous allez écrire au moins trois des formules suivantes :

Mange, c’est bon pour toi !
Lui jouer un tango est irrésistible.
Mais tout n’est pas dit.
L’instinct du chasseur.
Une délicate et discrète décapitation dont je me délecte d’avance.
J’arrive alors au bord du gouffre.
La gourmandise est un vilain défaut.
On ne réfléchit pas quand on charge des tanks à la baïonnette.
Voir un mort-vivant sortir de sa tombe.
Je la savoure avec luxe, calme et volupté.
N’importe quoi, même « Pan ! Pan ! » avec la bouche.
Je commence à respirer même si ce n’est que d’une narine.
Si vous voulez des explications détaillées, désolé, ce n’est pas l’objet de ce livret.
Un troisième cavalier !
Il y avait comme un soleil qui brillait dans mon cœur.
Que pensez-vous qu’un imbécile ferait ?
Et elles font ça plutôt bien, non ?
Un bonbon de sortie d’école, ce n’est pas de la grande confiserie mais c’est très plaisant parce qu’instantané.
Rien de ce que fait le couple royal ne lui échappe.
Mince alors !
Vous croyez que c’est possible ?
Successivement enthousiaste et dépressif, décidément le fou est... fou !
La fin de l’humanité vient de débuter.

Vous pouvez également vous inspirer de cette image si cela vous est utile :

2122-17 consigne Bartholdi

11 janvier 2022

Rêver / Josiane

Jojo 01



Se faire papillon, aux belles ailes d’or
Et grimper aux échelles pour sculpter les nuages
Et pour ne pas perdre le nord

Rêver. 

Jojo 2
Se faire violoncelle pour être la musique

Et se faire escalier pour tutoyer le ciel
De sa bibliothèque faire une citadelle

Rêver.



Jojo 3

 

Oser porter un masque quand on ne peut plus rire
Et oser des châteaux pendus aux montgolfières
Emprisonner Pierrot et la fée Mélusine

Rêver, rêver encore.

Jojo 4


Diriger le choeur des oiseaux qui s’ennuient

Et mettre des bouquets sur des troncs d’arbres morts
Peindre jusqu’à laisser déborder les couleurs

Rêver.

Jojo 5



 Au champ des coquelicots un seul blanc à fleuri
Les lettres du journal ont pris leur liberté

Le poète a pleuré des larmes de papier
La musique s’est arrêtée.

Interdit de rêver.

 

18 janvier 2022

68 ans / Anne J.

2122-16 Anne J

Mon père, né en 1927,
prétendait jusqu'au soir de sa mort
avoir 27 ans.
Je pourrais prétendre aujourd’hui
en avoir 54
mais je viens de souffler
68 bougies.
Tant pis !

J'irais bien à la fontaine de jouvence pour rêver
d'une promenade en amoureux
au soleil couchant
plutôt que de m'égarer dans un musée obscur et poussiéreux
ou de m'échouer comme une épave perdue
au bord de l'eau.

Dans la forêt touffue des expériences de ma vie
apparaît une éclaircie
et je contemple les nuages cerclés d'or.

Je décide de faire de ce troisième tiers de vie
un vol vers le paradis
pour un oiseau égaré,
un itinéraire parmi mes projets innombrables
et encore inexplorés
car à 68 ans on peut encore
être étranger à soi même.

Mais de cela je suis sûre :
je veux être encore vivante
quand paraîtra
le jour
de ma mort.

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L'Atelier d'écriture de Villejean
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