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L'Atelier d'écriture de Villejean
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22 février 2022

W comme Waar is dat feestje ? / Adrienne

cm9901

Impossible de savoir si c’est parce que les festivités du carnaval avaient été interdites les deux dernières années, mais le fait est là : une foule nombreuse se serrait le long du parcours, les cafés étaient bondés et les enfants de 7 à 77 ans – et même au-delà, selon certains observateurs bien informés – chantaient et criaient, complètement surexcités :

« Waar is dat feestje ? Hier is dat feestje ! » (1)

Texte d’anticipation pour le carnaval de 2023, s’il a lieu. smiley2

 

Ceux de 2021 et 2022 ont été annulés et ça nous rend très très tristes, à nous tous qui avons dans la plupart de nos villes une longue et intense tradition carnavalesque.

 (1) « Waar is dat feestje? Hier is dat feestje! » (Elle est où, cette petite fête? C’est ici qu’elle est, la fête !) est plus scandé que chanté partout où on veut mettre de l’ambiance, par exemple lors des matchs de foot. 

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18 janvier 2022

Consigne d'écriture 2122-16 du 18 janvier 2022 : Dictionnaire en désordre

Dictionnaire en désordre

 

Choisissez un bloc de douze mots dans les tableaux ci-dessous. Recopiez chacun d’eux sur un bout de papier au format 10,5 x 14,8 cm. (une feuille A4 coupée en quatre).

Pour chacun des mots, sur cette feuille, écrivez une phrase d’allure poétique dans laquelle ce mot est obligatoirement utilisé. N’ayez aucun souci de continuité en passant d’une feuille à l’autre. 

fontaine éclaircie étranger amoureux
oiseau musée épave itinéraire
nuages fraisiers forêt vivant

 

cabaret pavé Clin d’oeil espoir
tourbillon alouette miroir secret
matin chimère semaine thé

 

colchiques palais crépuscule voyageur
porte saltimbanques brasier neige
dame automne cheval sapins

 

peintre valse novembre clairière
insoumission caresse Ecole buissonnière nocturne
almanach mémoire mélodie archer

 

éternité soif rivière exil
angelot Paris fête bateau
fleurs soeurs mains Vénus

 

Lorsque cette opération est terminée mélangez les morceaux de papier puis composez un texte en assemblant ces douze fragments. Vous pouvez les ordonner à votre guise, ajouter et supprimer librement dans tout ce matériau.

2122-16 Dictionnaire en désordre


Consigne tirée de "L’Agenda du presque poète" de Bernard Friot (page du 19 mai).
Mots empruntés à Jacques Prévert, Paul Verlaine, Guillaume Apollinaire, Charles Cros et Arthur Rimbaud.

29 mars 2022

Consigne d'écriture 2122-24 du 29 mars 2022 : Faites parler les tableaux

Faites parler les tableaux

 

Consigne extraite de "1001 conseils pour l’écrivain en herbe (Casterman, 2004, p. 42)".

Choisissez, dans un fascicule de la collection « Regards sur la peinture » distribué par l’animateur, un tableau dans lequel apparaît un personnage.

Choisissez ensuite un autre tableau.

Racontez le personnage du premier tableau : qui il est, ses petites habitudes, ses jeux préférés, son caractère, s’il vit tout seul ou non, etc.

Le second tableau représente le rêve ou le cauchemar que le personnage du premier tableau fait toutes les nuits.

Racontez ce rêve et ce qui va se passer pour le rêveur, comment son rêve agit sur lui et l’incite à dire ou faire des choses et quelles choses.

2122-24 Consigne Van Gogh


N.B. Nous avons utilisé les fascicules sur Raphaël, Seurat, Gauguin, Botticelli, Renoir, le douanier Rousseau, Van Gogh, Le Caravage, Monet, Léonard de Vinci et Toulouse-Lautrec

Tout autre livre d’art ou reproduction de tableau en votre possession ou image récupérée sur Internet fera aussi l’affaire. La Joconde peut-elle rêver d’’une croisière sur le Radeau de la Méduse ? Et la Vénus de Botticelli d'assister au sacre de Napoléon ? ;-)

22 mars 2022

X c'est l'inconnu / Adrienne

2122-23 Adrienne - jardin

C’était un 14 juillet mais ce jour-là serait son épiphanie.

Au moment de partir, il ne le savait pas encore.
Il ne savait pas non plus combien de fadaises il sortirait en la charmante, l’ensorcelante compagnie de Cécile.
Lui qui d’habitude valait Shéhérazade et vous servait des histoires à n’en pas finir, avec ou sans sultan et eunuques… ce jour-là, rien.

Ce jour-là, il en était réduit à meubler les premiers silences de la promenade par des « il fait si beau, Louison aura mis le linge à sécher dehors, j’aime ce parfum-là, pas vous? » ou « vous savez que quand il pleut elle sort les plantes vertes ? »

Bref, des choses aussi intéressantes que savoir ce qu’on mangera le midi ou boira le soir, qu’on prend un parapluie quand il pleut ou son chapeau de soleil et l’ombrelle s’il fait un temps comme ce jour-là, où il valait mieux être enfermé dehors que coincé dans un ascenseur.

Car oui, il était même allé jusqu’à lui raconter cette histoire qui lui était arrivée dans son immeuble parisien, doté depuis peu de cette magnifique machinerie qui faisait si peur à Louison qu’elle avait menacé de faire sa valise et d’aller porter ses services de cuisinière-lingère-bonne à tout faire dans l’immeuble voisin qui n’était pas encore doté de cette invention du diable.

Ils auraient pu faire une balade à cheval en forêt – Cécile était bonne cavalière – ou marcher sur le sentier côtier, comme c’était à la mode depuis peu, mais ils avaient préféré faire le tour du jardin, lentement, très lentement, et il était difficile de savoir vraiment lequel des deux était le loup, et lequel l’agneau.

Lequel, le premier, avait réduit la distance polie entre eux deux.
Lequel, le premier, avait été pris de cette fièvre qui donne soudain envie de se rouler dans le foin avec le soleil pour témoin.
 

15 mars 2022

T comme têtard / Adrienne

2122-23 Adrienne - arbre

J’ai quitté ma chambre au premier étage côté rue.
J’ai fait bien attention de ne pas glisser sur les marches de marbre rose, trop bien cirées.
Je n’ai rien emporté : pas une tartine pour la faim qui viendrait, pas un peu d’eau pour la soif, pas de petite laine, pas de montre.

– Je vais jusqu’à mon arbre, ai-je dit à ma mère qui n’a pas levé les yeux de son magazine.
Mais elle m’a entendue parce qu’elle a fait « oui, oui » et il y avait quelque chose dans sa voix entre lassitude et résignation.
Tous les travaux du jour avaient été faits, les poussières et les mauvaises herbes, les vaisselles et les rangements.
On attendait le soir et le père qui rentre du travail.

J’ai traversé le champ d’en face en courant, aveuglée par le soleil déclinant et comme le blé avait juste été moissonné, je me suis tailladé la peau des chevilles à chaque pas.
Il était trop tard pour revenir en arrière.
Le sang coulait, de toute façon, et j’ai poursuivi ma course.

Au coin de la prairie, près du bosquet de la colline, un grand arbre avait été épargné, sans doute parce qu’il marquait le territoire âprement disputé entre Hector, Oscar et Louis, qui ne se parlaient plus depuis deux générations.

C’était un frêne qui avait si souvent été étêté que si on y grimpait, on disposait de toute la place pour s’installer et on pouvait voir sans être vu.
D’ailleurs personne ne savait que c’était celui-là, « mon » arbre.

J’ai vu un couple de merles, une volée de moineaux.
J’ai entendu le pinson et le coucou. Des tourterelles. Le chien d’Hector. Le bêlement d’une de ses brebis. Une voiture au loin qui n’était pas celle de mon père.

Ça sentait bon l’herbe, le vent, la paille et la fin de l’été, la fin du jour.

Quand le soleil a disparu derrière la colline, j’ai eu un peu froid. Je me suis rendu compte que j’avais mal aux fesses et pour la énième fois j’ai pensé que « mon » arbre serait plus confortable avec un coussin et une couverture.

Je me suis dit que de l’autre côté de ce petit bois, à la fois très proche et très lointaine, il y avait la maison de ma grand-mère, et que c’est là que j’aurais voulu rentrer.

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22 mars 2022

Consigne d'écriture 2122-23 du 22 mars 2022 : Événements détournés

Événements détournés

 

C'est une consigne adaptée du livre « 1001 conseils pour l’écrivain en herbe » de Myriam Mallié et Pascal Lemaître – Casterman, 2004.

2122-23 Consigne gentil-loup

Sur une feuille volante 21 x  29,7 cm, tracez un trait vertical en son milieu. Ecrivez dans la colonne de gauche le nom de
- 2 personnages de contes ;
- 2 fêtes de quelque chose ;
- 3 situations ;
- 2 phrases que l’on prononce parfois ;
- 2 choses de la vie connues, habituelles et évidentes.

Passez la feuille à votre voisin·e de droite.  Il ou elle écrit dans la colonne de droite l’inverse de chacune des idées contenues dans la première colonne, un détournement de ces idées susceptible de faire naître un récit forcément plus décalé qu'à l'habitude.

Rendez la feuille à son expéditeur-trice qui aura à charge d'utiliser vos propositions pour les intégrer dans son récit.

On peut aussi - pour qui écrit en ligne - mettre en commun la totalité des propositions, y compris celles du livre, et piocher dans tout le corpus ci-dessous.

Exemples tirés du livre :

La Fête de la musique La Fête du silence
La Fête des mères La Fête des chauve-souris
Blanche-Neige et les sept nains Noire-Tempête et les sept géants
Superman Catastrophewoman
Le soir il faut se brosser les dents avant d’aller dormir Le soir il faut se peindre les dents avant d’aller dormir
L’école est obligatoire jusqu’à 18 ans Faire pousser les fleurs est obligatoire jusqu’à dix-huit ans
La nuit on dort La nuit on chante (on va sur la Lune, on se transforme en arbre, on passe à travers les murs, on parle le langage des animaux)
Les oiseaux, ça vole Les oiseaux, ça fait la vaisselle mieux que n’importe qui

 Listes collectées  

1

Le Petit Poucet Le grand doigt d’honneur
Cendrillon Miss Bûche en feu
La Foire aux livres de Brive-la-Gaillarde Le festival de Cannes
Le réveillon de la saint-Sylvestre La fête de saint-Nicolas
J’attends mon bus Je prends mon vélo
Je plonge dans la piscine Je fais la planche sur la pelouse
Je m’abrite sous un parapluie Je prends une douche sous l’orage
Je descends chercher du pain Reste-t-il des biscottes ?
Je vais au pain, je reviens Je sors acheter des allumettes et je me tire ailleurs
En 1492 Christophe Colomb découvre l’Amérique En 1492 Christophe Colomb se trompe de chemin et fait naufrage
Fumer tue La cigarette mentholée vous allonge la vie

 2

Cendrillon Etincelon
Gepetto Le bébé de Pinocchio
Le 14 juillet Le 7 janvier
La Saint-Innocent La Fête des coupables
Je vais à la piscine Je rentre de la plage
Je monte dans le métro Je descends de la fusée
Je consulte l’heure Je date au carbone 14
Quel temps fait-il Sablier, clepsydre et coucou
As-tu pris ton parapluie ? J’ai pris un coup de soleil sur les pieds
En avril ne te découvre pas d’un fil En mai, fais ce qu’il te plaît
L’étét on part en vacances L’hiver on hiberne

 3

Un sultan Un eunuque
Un loup Un agneau
Le 14 juillet L’Épiphanie
Sainte-Barbe ou Sainte-Cécile Le diable
Etre coincé·e dans l’ascenseur Etre enfermé·e dehors
Faire une balade à cheval en forêt Marcher sur le sentier côtier
Faire sa valise Défaire sa valise
Qu’est-ce qu’on mange ce midi ? Qu’est-ce qu’on boit, ce soir ?
Il fait beau, je mets le linge à sécher dehors Il pleut, je sors mes plantes vertes
On doit traverser sur les passages piétons On doit traverser en dehors des clous
On prend un parapluie quand il pleut On prend sa casquette quand il fait soleil

 4

Le Petit Poucet Le Bon gros géant
Blanche-Neige Noir-Désir
Mardi gras Vendredi maigre
Le 14 juillet La Fête des morts
Mange une glace ! Regarde cette belle grillade brûlante !
Joue de la guitare ! Et si on cassait les cordes de la guitare ?
Saute à la corde ! Passe sous le fil à linge !
Comment vas-tu ? Va au diable !
Quel dessert as-tu pris ? Tu n’aimes pas le sucré, toi ?
Nous allons chez le médecin Mange de la salade, tu ne seras jamais malade
Tu achètes le pain N’oublie pas les violons
22 mars 2022

Je vais au pain, je reviens ! / Jean-Paul

2122-23 Jean-Paul - Saint-Nicolas

Il y a des jours comme ça où tout va mal. C’est peut-être aussi parce que l’année s’est mal terminée.

Au réveillon de la Saint-Sylvestre les amis que j’ai invités ont rejoué la Saint-Nicolas « comme dins ch’Nord !». Ils ont tous amené des pains d’épices recouverts de sucre glace et accompagnés d’une image du grand Saint sous cellophane. Pas de saumon, de caviar ni de Champagne. De la bière, du chahut, du chambard. Ils avaient aussi des kilos de farine avec lesquels tout le monde s’est bombardé dans l’appartement.

Ce matin le sol en est encore couvert. C’est comme s’il avait neigé dans notre intérieur.

Pas la peine de lancer à ma compagne le rituel « Je vais au pain, je reviens ! ». Elle dort encore profondément. Une petite voix méchante me répond à sa place dans mon crâne où cognent encore les coups de boutoir de l’excès de Jeanlain ambrée :

- Sors acheter des allumettes et tire-toi ailleurs ! Ne sème pas de petits cailloux blancs derrière toi comme a fait le Petit Poucet. Sois le grand doigt d’honneur, casse-toi sans regarder derrière toi ! Il est temps de laisser Cendrillon dans son foyer et de partir à la conquête de Miss Bûche-en-Feu. Tu as assez dragué de lectrices entre les stands de la Foire du livre de Brive-la Gaillarde ! Maintenant il faut jeter ton dévolu sur les stars du Festival de Cannes !

Il est fou, lui ou quoi ? J’essaie vaguement de discuter avec mon mauvais génie.

- En 1492 Christophe Colomb, cherchant les Indes, galantes ou pas, n’a pas découvert l’Amérique . Il s’est trompé de chemin et la Santa Maria, sa caravelle, a fait naufrage.

- Allons, bonhomme, tu déconnes ! Ton uchronie, c’est de la connerie ! Fumer tue mais la cigarette mentholée allonge la vie !

Je ne réponds rien. Quand je descends chercher le pain, je ne parle avec personne. Je prends bien soin de traverser au carrefour quand le petit bonhomme du feu est devenu vert.

Je ne sais pas d’où il est sorti le petit bonhomme rouge qui clignote comme une noire tempête dans ce qui me reste de cerveau. Je repose mon masque sur mon nez et j’entre dans la boulangerie.

- Vous reste-t-il des biscottes ? me demande la tenancière de la boutique.

- Non, je n’en consomme pas. Je suis plutôt brioche et croissant au beurre. Vous n’en avez pas aujourd’hui ?

- Non Monsieur. Pas avant le 21 janvier, jour de fête nationale chez les Jivaros.

- Les Jivaros connaissent l’histoire de France et la date du raccourcissement de Louis XVI ?

- Oui Monsieur. Il ne faut pas prendre ces bons vieux réducteurs de têtes pour des connards sauvages. Ils sont très savants. Vous n’avez entendu parler du Docteur Jivaro ?

- Dans mon souvenir, c’était plutôt Jivago mais je ne suis pas en état de vous contredire. Et un pain, un simple pain, vous en auriez ?

- Vous voulez que j’appelle mon mari pour qu’il vous en colle un ?

- Non, merci, ça ira !

Je ressors. Je pourrais aller à la boulangerie de Villejean mais maintenant je crains fort d’attendre le bus. A tous les coups un type va arriver à vélo et me proposera de monter sur son porte-bagages pour m’y emmener. Une fois que nous serons arrivés en haut de la rue Louis Guilloux il se mettra sans doute à pleuvoir et au lieu de nous abriter sous un parapluie une escadre d’amazones érogènes de Kelly services nous obligera à nous déshabiller et à danser sous la pluie en chantant. 

Je préfère remonter à l’appartement les mains vides. Je retourne dans la chambre, je me déshabille – au moins je suis resté sec ! - et je replonge dans la piscine du sommeil. Très vite je fais la planche sur la pelouse du rendormissement.

***

Il y a des jours comme ça où tout va très, très bien. Quand je me réveille, plus de petite voix intérieure, plus de farine par terre ni de souk dans l’appartement. Nous somme le mardi 22 mars et il me reste trois tartines et des cracottes. Tout ça n’était qu’un cauchemar !

Enfin… je verrai bien ce que me dira la boulangère demain. C’est le samedi et le mercredi que je vais au pain et que je reviens !

15 mars 2022

Vivre / Anne J.

J'ai quitté Rennes
avec le camion de déménagement
un jour neigeux d'avril
pour une nouvelle ville
dont je ne savais rien.

J'ai traversé des semaines de travail trop remplies,
des haies de personnes hostiles.
J'ai subi des réglementations absurdes,
des procédures tatillonnes.
J'ai croisé
des qualiticiens bornés,
des financiers agressifs,
des collègues trompeurs et malveillants.

2122-22 Anne J

J'ai aimé les couchers de soleil
en bord de mer
et les longues balades solitaires.
J'ai adoré marcher sur la plage
et apprendre à danser la gavotte.
J'ai appris à connaître des amis précieux,
vu naître des filleuls merveilleux,
croisé des amis irremplaçables.
J'ai apprivoisé la solitude et la liberté,
j'ai goûté à cette vie que j'ai construite
pas à pas
comme un laboureur.

Et j'ai vu comme il était fragile et délicieux
d'être seulement VIVANT.

15 mars 2022

Écrire / Anne J.

J'ai quitté le silence de mon enfance
Avec les mots des autres
Glanés dans les livres.

Je les ai trimballés longtemps
Enfermés au fond de moi.

J’ai traversé les romans de la bibliothèque,
Les livres de contes,
Les petits manuels de savoir-être,
Et les gros albums d’histoire.

 

2122-22 Anne J - Livres

J’ai passé des heures à lire
Les mots des autres
A la maison, dans mon lit, à la plage,
Aux toilettes, en mangeant, en tricotant,
Le matin, le midi, le soir
Et même la nuit sous les draps.

Un jour on nous a interdit
Bibliothèques et librairies
Et j’ai commencé à écrire
Pour d’improbables amis virtuels
Que je voyais parfois en visio
Ou pas.

Mes mots ont surgi de leur prison
Comme des plumes colorées ;
Ils ont commencé
A embellir mes jours
Et à porter mes rêves

Et j’ai vu mes mots
Rejoindre ceux des autres
Dans une farandole
Et j’ai su que j’aimais aussi
Écrire.

2122-22 Anne J - Ecrire

1 février 2022

Poème hypothétique / Eliane

Si tu venais ce soir
On pourrait aller écouter ce chanteur
Ce ne pourrait être que son dernier concert

S'il faisait beau demain
Nous pourrions faire le tour de l'étang
A moins que nous ne poussions jusqu'à la mer

Si tu voulais toi et moi
On pourrait se faire une belle vie
On pourrait voyager
Sortir, rire, s'aimer
Ensemble on s'émerveillerait
L'un l'autre on se soutiendrait
On se consolerait.

2022-02-21 - N 285 12

Photo empruntée à Maïck conteuse

1 mars 2022

Sinécure / Anne J.

Clôture
Armure
Claquemure
Sépulture
Mais dans quelle aventure se lance mon voisin ?

Mur
Fermeture
Censure
Exclure
Pourquoi pose-t-il une clôture haute comme un mirador autour de sa maison ?

Moisissure
Enluminure
Peinture
Voiture
C’est son quotidien de carrossier

Bavure
Blessure
Créature
Couverture
Son chien n’est pas une sculpture et pas question
Que je l’endure dans mon jardin !

2122-20 Anne J

Image empruntée ici

18 janvier 2022

E comme Élucubrations / Adrienne

2122-16 Adrienne - pavés

C’est au Cabaret Vert,
Après les tourbillons de la nuit
Qu’il est entré ce matin.
Les semelles déchirées.
Il a trébuché sur les pavés
Et en entendant l’alouette
A repensé aux chimères de la veille.

C’est avec un clin d’œil
Que la serveuse lui apporte son absinthe
Et dans le miroir devant lui
Il peut aussi l’admirer de dos
Même s’il préfère le devant.

Passent les jours, passent les semaines,
Il garde le secret espoir
De réussir à passer de la fée verte au thé
Vert

Mots insérés : cabaret - pavé - clin d'oeil - espoir - tourbillon - alouette - miroir - secret - matin - chimère - semaine - thé.

8 mars 2022

Consigne d'écriture 2122-21 du 8 mars 2022 : Les Revenentes

Les Revenentes

 

Georges Perec a écrit un livre dans lequel il utilise uniquement des mots comportant la voyelle "e" et uniquement elle, accentuée ou pas. Bien entendu, toutes les consonnes sont permises autour.

Voici une liste des mots qu’il a utilisés dans les premières pages de ce roman.

belvédère descendent entêtée gemmes pensée reprends-je texte
benêt descendre entrée gens pépé reste Thérèse
Bérengère déserte entrée grec perce rêve thermes
béret desqelles entregent hébété perd révèrent trempe
berner desserre éphèbe Hélène perles Rex vedette
bête sers détecter Ernest Helvète perpète s’empressent vedettes
bézef détresse espèce Herbert perpètre s’étend vénèrent
brèche Dresde espère je sens perplexe scellée vent
breveté dresse est je-me-rends-chez pervers scènes verre
censée ébène Estelle jette pète-sec Schweppes verste
cerbère écervelé été kermesse pètent se-délecter vertes venelles
cerclé échec éthérée légèreté Peter-Sellers se-réfréner vêtements
certes édenté évêché lentement Pleyel sèche week-end
cervelet effervescence événement lentement préféré secrète western
cette éjecte évente lesté préfère secrets zèbres
cherche élève évêqe lèvres préférence select  
chercher elle-même excédé me-rends prennent semblent  
chevet empêchement excellence mec prestement semées hêtres  
chèvre empesé excès mec prétexte sens  
clebs en même temps excrément mèche prêtre sente  
crèche en-effet Exeter Mel-Ferrer qe sentences  
décès encensent expert mêmement qerelle sept  
déesse encercler fée mémère rebelle sept-cent-trente-sept  
défendent enchevêtrées fenêtre mène recel stress  
défends enclencher fermement Mercédès-Benz recèlent svelte  
défense d’entrer endetté ferrets merde récemment télex  
degré énervement fesses messes récent tempère  
dément enflé fête nèfles recette tempes  
démentent enlever flegme pédestrement regrette tempête  
démette ensemble frênes pègre remède tendres  
démettre entendre frère pénètre remet tente  
dents enténébrée Fresnes pensé Rennes tentent  

Il vous est demandé de construire les trois premières phrases du début de votre texte en utilisant cette même contrainte. Puis de continuer librement, sans plus la respecter, le développement de votre récit.

Vous pouvez appliquer la tolérance observée dans les dernières pages :

Le son "an" peut s’écrire "en"
Le son "i" peut s’écrire "ee"
Le pronom "que" ou tout mot comprenant la lettre "q" peut être écrit sans le u : qe, leqel, qelq

Consigne alternative : écrivez des haïkus (poème de trois vers de 5-7-5 syllabes) ou un texte utilisant essentiellement des mots de cette liste avec d’autres pouvant contenir a, e, i, o, u et y.

2122-21 Consigne Les Revenentes

1 février 2022

Instructions pour survivre à la mort de son mari / Laura

Ecoute les paroles de réconfort
Mais pas les formules à ressort
Que tu te prends en plus du reste
En pleine figure

Ecoute les conseils d’une oreille
Garde une pincée de ceux-ci
Et laisse de côté les critiques
Du mort et de celle qui reste

Ecoute ta voix qui me murmure
Encore que je suis belle et forte
Et qu’ensemble
C’est plus fort que la mort

2122-18 Laura - Vers_Maurice_Carême

1 mars 2022

Je m’en moque ! / Josiane

Je m’en moque
D’être vioque
Moche comme un phoque
Et un peu toc-toc !

Moi, j’ai ma Charlotte
C’est mon antidote.

Nous on se bécote
Et on se dorlote
Ou on s’asticote.

21022-01 Josiane - On s'en moque

Elle, c’est ma biscotte
Ma p’tite bergamotte
Et, quand on complote
Quand on se baisote
Qu’on fait les marmottes
Dans notre roulotte
Ça nous ravigote.

Alors,
Etre de vieux chnoques
Moches comme des phoques
Et un peu toc-toc,

Nous, on s’en moque !

1 mars 2022

Réveil difficile / Eliane

Inlassablement le réveil fait tic-tac
Je ne veux pas me lever, je suis patraque
Ma sœur me traite de grosse feignasse
Je ne la trouve pas vraiment perspicace

2122-20 Elaine - Loudéac-mairie

Elle me rappelle que je dois aller à Loudéac
C'est vrai, m'attend ce vieux macaque
Je pose un pied hors du lit et me rétame
Ma sœur applaudit, je la traite de vache

Dans le miroir se reflètent mes cheveux blondasse
Pour me préparer il faut que je cravache
De ce visage fatigué vite je me débarrasse
Sous la douche je me réveille
Efface les dernières traces de sommeil

J'attaque
Un coup de laque
Pour être joliette
Quelques barrettes
Je ressemble enfin à une dame
M'élance sur le macadam

1 février 2022

Poème futuriste / Laura

2122-18 Laura - Maurice_Carême

Qui saura ?

Dans dix ans qui saura... encore ?

Qui saura encore réciter un poème ?

Un poème de Maurice Carême ?

Qui saura ce qu'était "Libération" ?

Un quotidien aux opinions tranchées.

Qui saura d'autres titres

Avec d'autres opinions ?

Qui saura ainsi se faire sa propre opinion ?

Qui saura lire un journal papier ?

Qui saura Blier père et fils ?

Qui saura à quel moment manger des bugnes ?

2122-18 Laura - futuriste 01 tirage-photo-monica-vitti

Qui saura Monica Vitti ?

Qui saura les rites et les dates ?

Qui saura les Vêpres ?

Qui saura les camps de concentration ?

Qui saura les crimes du communisme ?

Qui saura la grâce ? [1]

Qui saura Gisèle Halimi ?

Qui saura chanter Mike Brant ?

Qui saura encore ?

Oui qui saura ? [2]

 

[1] http://www.lauravanel-coytte.com/archive/2022/02/03/3-fevrier-1909-naissance-de-simone-weil-6364152.html#more

[2] http://www.lauravanel-coytte.com/archive/2022/02/06/qui-saura-mike-brant-6364634.html

1 février 2022

Poème dans le noir / Josiane

Il faut dire tu.

Poser ses mains nues
Sur le silex
Froid.

2122-18 Josiane noir 01

Oser dire
La nonchalance des mots
La soif d’apprendre
Le toucher.

2122-18 Josiane noir 03

Creuser la terre
A mains nues.

Pourfendre le ciel
Aux aurores bleues.

Caresser les étoiles.

Aller à la rencontre
Du soleil qui s’éteint.

2122-18 Josiane noir 02

Bercer les vagues
Mordues par les embruns.

Dépecer l’écorce
De l’arbre centenaire.

Crier le nom
De ceux qui ne sont plus.

Marcher, avancer,
Se perdre.

Recouvrer la raison
Et la perdre à nouveau.

Il fait bon près de l’âtre
Le poète s’est tu.

Combien de rimes englouties,
Combien de rêves enfermés
Dans la nuit, les ténèbres ?

Le jour se lèvera,
Demain, peut être.

1 mars 2022

Mothérapie / Jean-Paul

2122-20 Jean-Paul - Pie VII

La Mothérapie !
La Mothér apie !
La mother à Pie !
La maman du pape,
Pie V, Pie VI, Pie VII,
Qui faisait Pie Pie au lit
Et qu’on appelait quand même
Le Très Saint-Père.

Il y avait aussi le father à Pie
Qui n’était pas pis qu’un autre,
Le father happy.

Lui, pas besoin de le soigner
- Puisqu’il se trouvait très heureux
Avec la mother à Pie -
Par la mothérapie !

1 février 2022

Poème conditionnel / Laura

2122-18 Laura The_Kiss_-_Gustav_Klimt_-_Google_Cultural_Institute

Je verrais

Je verrais la cathédrale de Milan

Je contemplerais « Le baiser » de Gustav Klimt

Je visiterais les réserves de Romainville

Je m’arrêterais devant la « Maja nue »

Je me ruerais à la nouvelle exposition de « ma » Galerie Ceysson

Je foulerais la place Saint-Pierre

Je marcherais au bord de la Neva

Je m’exciterais à la vue du David

J’irais chercher des pommes et des poires vendredi

Je mangerais de bonnes cerises cette année

Ah je verrais, je verrais…

22 février 2022

T comme Tenues ou T comme Théâtre /Anne J.

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Je ne saurais choisir ?

Ces improbables costumes à carreaux me rappellent mes onze ans. J'avais tant voulu un pantalon semblable pour entrer en 6ème, marron et brun et à pattes d'eph, vengeance de l’école des sœurs où le port du pantalon - convenable - n’était autorisé que l'hiver et sous une jupe pour tenir chaud. J'ai tant imploré ma mère que j'ai fini par l'avoir, summum de l'élégance et de la modernité.

Vous les trouvez ringardes, ces tenues ? Moi je les adore !

T comme théâtre
T comme tutu
T comme terreur de monter en scène
T comme tentation de s'enfuir très loin

Dans ce théâtre et dans ses coulisses, j'ai couru habillée en petit rat.
Je crois que j'aurais préféré défiler au carnaval de Venise, enveloppée dans une cape et masquée.

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22 février 2022

P comme Plumes / Maryvonne

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Dans mes rêves les plus fous, j'imaginais qu'un jour je porterais des plumes. Alors, quand je vis ce loup tout emplumé à l'atelier carnaval du quartier, je bondis, toutes serres devant, pour me saisir de cet attribut coloré.

Si les plumes avaient été noires et blanches je me serais bien vue en oiseau local, telle la pie et sa célèbre queue de cérémonie pour V.I.P. J'aime tant ce noir bleuté sur ses revers de soie qui tranche avec le plastron blanc. Alors je me serais envolée au-dessus des champs de chez nous pour admirer les multiples couleurs du bocage, les verts tendres des jeunes pousses, les verts soutenus du maïs, le jaune éclatant du colza et les différentes nuances de marron de la terre nue.

De quelques coups d'ailes, je suivrais comme le font les migrateurs la piste du canal ou autres voies d'eau, véritables autoroutes des vacances de nos amis ailés.

Si mes plumes avaient été grises et vertes, je serais entrée discrètement dans le V des canards. Si elles avaient été beige foncé comme la perdrix, je serais restée au sol avec
mes petits, car j'ai trop peur des chasseurs.

Mon grand rêve était le vol plané au dessus de la mer comme le goéland, ça c'était bien tentant.

Mais voilà, les plumes que l'on me proposait étaient très colorées, c'est donc en oiseau exotique que mon imagination allait prendre son essor.

En petit colibri ? Non! Les plumes de mon loup étaient trop grandes. Elles méritent une grande envergure comme le condor mais il est noir et blanc lui aussi comme nos pies.

Finalement je réfléchis - même si j'ai une cervelle de moineau -. Je veux être un oiseau des îles et je survole la mer et les volcans, les champs de cannes à sucre, j'admire mon reflet dans la transparence de l'eau. Niveau atterrissage je me pose sur les flamboyants tout rouge, les jacarandas tout violet, toutes sortes de palmiers me servent de perchoir et les oliviers de cantine. Je fête Noël au soleil parmi les roses de porcelaine, les alpinias et les oiseaux de paradis. Je bois dans les corolles des hibiscus. Je voyage dans un ciel multicolore et je plonge dans la mer rougie par le soleil couchant. Je suis en vacances, loin de chez moi, dans le ciel si bleu.

Sans doute les costumes de ce carnaval m'ont embarquée dans un tourbillon de couleurs et la pluie de confettis va s'ajouter tout à l'heure à la débauche de teintes vives et gaies comme la fête, la fête de carnaval.

22 février 2022

B comme Batucada / Jean-Paul

cb9807Ni Jean Sébastien Bach, ni Ludwig Van Beethoven ! Pas même Béla Bartók et encore moins Benjamin Britten !

Aucun de ces compositeurs n’a daigné nous pondre un concerto pour pianoforte et batucada !

Pourtant, une Sonate au clair de lune avec des percussions et des coups de sifflet, ça mettrait un peu de vie salle Gaveau ou Salle Pleyel, non ?

Vous imaginez Pierre Boulez dirigeant le « Réveil des oiseaux » de Messiaen au sifflet ?

Et de jolies danseuses brésiliennes, emplumées autant que dénudées, ça nous mettrait un peu plus de joie au coeur que ces violoncellistes déplumés qui envoient comme à l’abattoir la musique de Penderecki et Wagner dans les appareils auditifs de vieux actionnaires déplumés autant que dé(si)cavés ?

Quoi de plus triste à entendre qu’un quatuor à cordes ?

Oui, c’est ça : deux quatuors à cordes. Avec l’intégrale en CD des quatuors à cordes de Schubert, la corde pour se pendre est-elle offerte en prime ?

Car la batucada est gaie, car la batucada égaie : c’est un orchestre de percussions diverses qui joue la musique des sambas au Brésil.

cb9803Et ce costume blanc brodé de jaune et de bleu, ne siérait-il pas mieux aux musiciens de l’Orchestre Symphonique de Bretagne que la queue de pie ou la robe de soirée noire ? Pourquoi le musicien classique s’habille-t-il toujours comme s’il allait à l’enterrement de l’hymne à la joie ? On ne peut pas se pavaner un peu plus quand l’infante est défunte ? Après tout, elle n’était pas de notre famille ! Et l’Espagne, c’est loin !

C’est pourquoi il faut souligner les efforts de la violoniste, Madame Bling-Bling, pour faire scintiller ses boucles d’oreille à chaque concert ! C’est pourquoi il faut applaudir la charmante altiste (altruiste?) de l’OSB qui ne craint pas de se produire au sein du groupe Am’nez zique et les Biches pour accompagner « Estelle » de Pierre Perret ou « Julie la petite olive » des Wriggles !

Voilà. J’ai tout dit sur l’immobilisme du monde et ses quelques exceptions : cette photo a été prise il y a vingt ans et rien n’a changé depuis sur Radio Classique ! Elodie Fondacci est toujours là, Christian Morin est une publicité vivante pour le placement de l’âge de départ en retraite sur le curseur « 84 ans » et on nous y incite toujours, entre deux tubes de Chopin et Vivaldi, à mourir au plus vite pour léguer nos biens à une association philanthropique (de type Orpéa aux enfers ?) ou à vendre notre maison en viager. Reviens, Pierre Tchernia, ils sont devenus fous ! Ce monde est décibatudément batucadastrophique !

1 février 2022

Campagne / Jean-Paul

Il y aurait une France,
Une France en errance,
Une France un peu rance,
Une France qui entrerait en transes.

Et Marianne sur son timbre
Se collerait sur une carte
- Postale, pas électorale -
Puis se ferait porter pâle
Et se ferait poster loin
De ces drôles d’olibrius
Qui réécrivent Dreyfus,
Loin de ces beaux discoureurs
Amoureux des dorures
Et d’un poste-imposture.

2122-18 Jean-Paul C-3PO

1 février 2022

Demain / Anne J.

2021-11-07 - Nikon 7

On se dira bonjour
en se faisant trois bises sonores

On s’assiéra
à la terrasse du café
sans passe

On respirera l'air à plein poumons
sans masque

On serrera ceux qu on croise
dans les bras

On embrassera les enfants
sans retenue

On goûtera le vin nouveau
en se repassant le verre

On croquera le bout de la baguette
les uns à la suite des autres

On ira manger des pop-corns
au cinéma

On ira boire une bière
au comptoir

2122-18 Anne J

On retournera à Lisbonne
et on voyagera dans le monde

Reviendra-t-on cependant
au monde d'avant ?

Regagnera-t-on
notre belle jeunesse 
et les années écoulées sans nous ?

Déciderons-nous
que demain sera aujourd’hui
car il sera urgent de vivre ?

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L'Atelier d'écriture de Villejean
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