Impossible de savoir si c’est parce que les festivités du carnaval avaient été interdites les deux dernières années, mais le fait est là : une foule nombreuse se serrait le long du parcours, les cafés étaient bondés et les enfants de 7 à 77 ans – et même au-delà, selon certains observateurs bien informés – chantaient et criaient, complètement surexcités :
« Waar is dat feestje ? Hier is dat feestje ! » (1)
Texte d’anticipation pour le carnaval de 2023, s’il a lieu.
Ceux de 2021 et 2022 ont été annulés et ça nous rend très très tristes, à nous tous qui avons dans la plupart de nos villes une longue et intense tradition carnavalesque.
(1) « Waar is dat feestje? Hier is dat feestje! » (Elle est où, cette petite fête? C’est ici qu’elle est, la fête !) est plus scandé que chanté partout où on veut mettre de l’ambiance, par exemple lors des matchs de foot.
Choisissez un bloc de douze mots dans les tableaux ci-dessous. Recopiez chacun d’eux sur un bout de papier au format 10,5 x 14,8 cm. (une feuille A4 coupée en quatre).
Pour chacun des mots, sur cette feuille, écrivez une phrase d’allure poétique dans laquelle ce mot est obligatoirement utilisé. N’ayez aucun souci de continuité en passant d’une feuille à l’autre.
fontaine
éclaircie
étranger
amoureux
oiseau
musée
épave
itinéraire
nuages
fraisiers
forêt
vivant
cabaret
pavé
Clin d’oeil
espoir
tourbillon
alouette
miroir
secret
matin
chimère
semaine
thé
colchiques
palais
crépuscule
voyageur
porte
saltimbanques
brasier
neige
dame
automne
cheval
sapins
peintre
valse
novembre
clairière
insoumission
caresse
Ecole buissonnière
nocturne
almanach
mémoire
mélodie
archer
éternité
soif
rivière
exil
angelot
Paris
fête
bateau
fleurs
soeurs
mains
Vénus
Lorsque cette opération est terminée mélangez les morceaux de papier puis composez un texte en assemblant ces douze fragments. Vous pouvez les ordonner à votre guise, ajouter et supprimer librement dans tout ce matériau.
Consigne tirée de "L’Agenda du presque poète" de Bernard Friot (page du 19 mai). Mots empruntés à Jacques Prévert, Paul Verlaine, Guillaume Apollinaire, Charles Cros et Arthur Rimbaud.
Consigne extraite de "1001 conseils pour l’écrivain en herbe (Casterman, 2004, p. 42)".
Choisissez, dans un fascicule de la collection « Regards sur la peinture » distribué par l’animateur, un tableau dans lequel apparaît un personnage.
Choisissez ensuite un autre tableau.
Racontez le personnage du premier tableau : qui il est, ses petites habitudes, ses jeux préférés, son caractère, s’il vit tout seul ou non, etc.
Le second tableau représente le rêve ou le cauchemar que le personnage du premier tableau fait toutes les nuits.
Racontez ce rêve et ce qui va se passer pour le rêveur, comment son rêve agit sur lui et l’incite à dire ou faire des choses et quelles choses.
N.B. Nous avons utilisé les fascicules sur Raphaël, Seurat, Gauguin, Botticelli, Renoir, le douanier Rousseau, Van Gogh, Le Caravage, Monet, Léonard de Vinci et Toulouse-Lautrec
Tout autre livre d’art ou reproduction de tableau en votre possession ou image récupérée sur Internet fera aussi l’affaire. La Joconde peut-elle rêver d’’une croisière sur le Radeau de la Méduse ? Et la Vénus de Botticelli d'assister au sacre de Napoléon ? ;-)
C’était un 14 juillet mais ce jour-là serait son épiphanie.
Au moment de partir, il ne le savait pas encore. Il ne savait pas non plus combien de fadaises il sortirait en la charmante, l’ensorcelante compagnie de Cécile. Lui qui d’habitude valait Shéhérazade et vous servait des histoires à n’en pas finir, avec ou sans sultan et eunuques… ce jour-là, rien.
Ce jour-là, il en était réduit à meubler les premiers silences de la promenade par des « il fait si beau, Louison aura mis le linge à sécher dehors, j’aime ce parfum-là, pas vous? » ou « vous savez que quand il pleut elle sort les plantes vertes ? »
Bref, des choses aussi intéressantes que savoir ce qu’on mangera le midi ou boira le soir, qu’on prend un parapluie quand il pleut ou son chapeau de soleil et l’ombrelle s’il fait un temps comme ce jour-là, où il valait mieux être enfermé dehors que coincé dans un ascenseur.
Car oui, il était même allé jusqu’à lui raconter cette histoire qui lui était arrivée dans son immeuble parisien, doté depuis peu de cette magnifique machinerie qui faisait si peur à Louison qu’elle avait menacé de faire sa valise et d’aller porter ses services de cuisinière-lingère-bonne à tout faire dans l’immeuble voisin qui n’était pas encore doté de cette invention du diable.
Ils auraient pu faire une balade à cheval en forêt – Cécile était bonne cavalière – ou marcher sur le sentier côtier, comme c’était à la mode depuis peu, mais ils avaient préféré faire le tour du jardin, lentement, très lentement, et il était difficile de savoir vraiment lequel des deux était le loup, et lequel l’agneau.
Lequel, le premier, avait réduit la distance polie entre eux deux. Lequel, le premier, avait été pris de cette fièvre qui donne soudain envie de se rouler dans le foin avec le soleil pour témoin.
J’ai quitté ma chambre au premier étage côté rue. J’ai fait bien attention de ne pas glisser sur les marches de marbre rose, trop bien cirées. Je n’ai rien emporté : pas une tartine pour la faim qui viendrait, pas un peu d’eau pour la soif, pas de petite laine, pas de montre.
– Je vais jusqu’à mon arbre, ai-je dit à ma mère qui n’a pas levé les yeux de son magazine. Mais elle m’a entendue parce qu’elle a fait « oui, oui » et il y avait quelque chose dans sa voix entre lassitude et résignation. Tous les travaux du jour avaient été faits, les poussières et les mauvaises herbes, les vaisselles et les rangements. On attendait le soir et le père qui rentre du travail.
J’ai traversé le champ d’en face en courant, aveuglée par le soleil déclinant et comme le blé avait juste été moissonné, je me suis tailladé la peau des chevilles à chaque pas. Il était trop tard pour revenir en arrière. Le sang coulait, de toute façon, et j’ai poursuivi ma course.
Au coin de la prairie, près du bosquet de la colline, un grand arbre avait été épargné, sans doute parce qu’il marquait le territoire âprement disputé entre Hector, Oscar et Louis, qui ne se parlaient plus depuis deux générations.
C’était un frêne qui avait si souvent été étêté que si on y grimpait, on disposait de toute la place pour s’installer et on pouvait voir sans être vu. D’ailleurs personne ne savait que c’était celui-là, « mon » arbre.
J’ai vu un couple de merles, une volée de moineaux. J’ai entendu le pinson et le coucou. Des tourterelles. Le chien d’Hector. Le bêlement d’une de ses brebis. Une voiture au loin qui n’était pas celle de mon père.
Ça sentait bon l’herbe, le vent, la paille et la fin de l’été, la fin du jour.
Quand le soleil a disparu derrière la colline, j’ai eu un peu froid. Je me suis rendu compte que j’avais mal aux fesses et pour la énième fois j’ai pensé que « mon » arbre serait plus confortable avec un coussin et une couverture.
Je me suis dit que de l’autre côté de ce petit bois, à la fois très proche et très lointaine, il y avait la maison de ma grand-mère, et que c’est là que j’aurais voulu rentrer.
C'est une consigne adaptée du livre « 1001 conseils pour l’écrivain en herbe » de Myriam Mallié et Pascal Lemaître – Casterman, 2004.
Sur une feuille volante 21 x 29,7 cm, tracez un trait vertical en son milieu. Ecrivez dans la colonne de gauche le nom de - 2 personnages de contes ; - 2 fêtes de quelque chose ; - 3 situations ; - 2 phrases que l’on prononce parfois ; - 2 choses de la vie connues, habituelles et évidentes.
Passez la feuille à votre voisin·e de droite. Il ou elle écrit dans la colonne de droite l’inverse de chacune des idées contenues dans la première colonne, un détournement de ces idées susceptible de faire naître un récit forcément plus décalé qu'à l'habitude.
Rendez la feuille à son expéditeur-trice qui aura à charge d'utiliser vos propositions pour les intégrer dans son récit.
On peut aussi - pour qui écrit en ligne - mettre en commun la totalité des propositions, y compris celles du livre, et piocher dans tout le corpus ci-dessous.
Exemples tirés du livre :
La Fête de la musique
La Fête du silence
La Fête des mères
La Fête des chauve-souris
Blanche-Neige et les sept nains
Noire-Tempête et les sept géants
Superman
Catastrophewoman
Le soir il faut se brosser les dents avant d’aller dormir
Le soir il faut se peindre les dents avant d’aller dormir
L’école est obligatoire jusqu’à 18 ans
Faire pousser les fleurs est obligatoire jusqu’à dix-huit ans
La nuit on dort
La nuit on chante (on va sur la Lune, on se transforme en arbre, on passe à travers les murs, on parle le langage des animaux)
Les oiseaux, ça vole
Les oiseaux, ça fait la vaisselle mieux que n’importe qui
Listes collectées
1
Le Petit Poucet
Le grand doigt d’honneur
Cendrillon
Miss Bûche en feu
La Foire aux livres de Brive-la-Gaillarde
Le festival de Cannes
Le réveillon de la saint-Sylvestre
La fête de saint-Nicolas
J’attends mon bus
Je prends mon vélo
Je plonge dans la piscine
Je fais la planche sur la pelouse
Je m’abrite sous un parapluie
Je prends une douche sous l’orage
Je descends chercher du pain
Reste-t-il des biscottes ?
Je vais au pain, je reviens
Je sors acheter des allumettes et je me tire ailleurs
En 1492 Christophe Colomb découvre l’Amérique
En 1492 Christophe Colomb se trompe de chemin et fait naufrage
Il y a des jours comme ça où tout va mal. C’est peut-être aussi parce que l’année s’est mal terminée.
Au réveillon de la Saint-Sylvestre les amis que j’ai invités ont rejoué la Saint-Nicolas « comme dins ch’Nord !». Ils ont tous amené des pains d’épices recouverts de sucre glace et accompagnés d’une image du grand Saint sous cellophane. Pas de saumon, de caviar ni de Champagne. De la bière, du chahut, du chambard. Ils avaient aussi des kilos de farine avec lesquels tout le monde s’est bombardé dans l’appartement.
Ce matin le sol en est encore couvert. C’est comme s’il avait neigé dans notre intérieur.
Pas la peine de lancer à ma compagne le rituel « Je vais au pain, je reviens ! ». Elle dort encore profondément. Une petite voix méchante me répond à sa place dans mon crâne où cognent encore les coups de boutoir de l’excès de Jeanlain ambrée :
- Sors acheter des allumettes et tire-toi ailleurs ! Ne sème pas de petits cailloux blancs derrière toi comme a fait le Petit Poucet. Sois le grand doigt d’honneur, casse-toi sans regarder derrière toi ! Il est temps de laisser Cendrillon dans son foyer et de partir à la conquête de Miss Bûche-en-Feu. Tu as assez dragué de lectrices entre les stands de la Foire du livre de Brive-la Gaillarde ! Maintenant il faut jeter ton dévolu sur les stars du Festival de Cannes !
Il est fou, lui ou quoi ? J’essaie vaguement de discuter avec mon mauvais génie.
- En 1492 Christophe Colomb, cherchant les Indes, galantes ou pas, n’a pas découvert l’Amérique . Il s’est trompé de chemin et la Santa Maria, sa caravelle, a fait naufrage.
- Allons, bonhomme, tu déconnes ! Ton uchronie, c’est de la connerie ! Fumer tue mais la cigarette mentholée allonge la vie !
Je ne réponds rien. Quand je descends chercher le pain, je ne parle avec personne. Je prends bien soin de traverser au carrefour quand le petit bonhomme du feu est devenu vert.
Je ne sais pas d’où il est sorti le petit bonhomme rouge qui clignote comme une noire tempête dans ce qui me reste de cerveau. Je repose mon masque sur mon nez et j’entre dans la boulangerie.
- Vous reste-t-il des biscottes ? me demande la tenancière de la boutique.
- Non, je n’en consomme pas. Je suis plutôt brioche et croissant au beurre. Vous n’en avez pas aujourd’hui ?
- Non Monsieur. Pas avant le 21 janvier, jour de fête nationale chez les Jivaros.
- Les Jivaros connaissent l’histoire de France et la date du raccourcissement de Louis XVI ?
- Oui Monsieur. Il ne faut pas prendre ces bons vieux réducteurs de têtes pour des connards sauvages. Ils sont très savants. Vous n’avez entendu parler du Docteur Jivaro ?
- Dans mon souvenir, c’était plutôt Jivago mais je ne suis pas en état de vous contredire. Et un pain, un simple pain, vous en auriez ?
- Vous voulez que j’appelle mon mari pour qu’il vous en colle un ?
- Non, merci, ça ira !
Je ressors. Je pourrais aller à la boulangerie de Villejean mais maintenant je crains fort d’attendre le bus. A tous les coups un type va arriver à vélo et me proposera de monter sur son porte-bagages pour m’y emmener. Une fois que nous serons arrivés en haut de la rue Louis Guilloux il se mettra sans doute à pleuvoir et au lieu de nous abriter sous un parapluie une escadre d’amazones érogènes de Kelly services nous obligera à nous déshabiller et à danser sous la pluie en chantant.
Je préfère remonter à l’appartement les mains vides. Je retourne dans la chambre, je me déshabille – au moins je suis resté sec ! - et je replonge dans la piscine du sommeil. Très vite je fais la planche sur la pelouse du rendormissement.
***
Il y a des jours comme ça où tout va très, très bien. Quand je me réveille, plus de petite voix intérieure, plus de farine par terre ni de souk dans l’appartement. Nous somme le mardi 22 mars et il me reste trois tartines et des cracottes. Tout ça n’était qu’un cauchemar !
Enfin… je verrai bien ce que me dira la boulangère demain. C’est le samedi et le mercredi que je vais au pain et que je reviens !
J'ai quitté Rennes avec le camion de déménagement un jour neigeux d'avril pour une nouvelle ville dont je ne savais rien.
J'ai traversé des semaines de travail trop remplies, des haies de personnes hostiles. J'ai subi des réglementations absurdes, des procédures tatillonnes. J'ai croisé des qualiticiens bornés, des financiers agressifs, des collègues trompeurs et malveillants.
J'ai aimé les couchers de soleil en bord de mer et les longues balades solitaires. J'ai adoré marcher sur la plage et apprendre à danser la gavotte. J'ai appris à connaître des amis précieux, vu naître des filleuls merveilleux, croisé des amis irremplaçables. J'ai apprivoisé la solitude et la liberté, j'ai goûté à cette vie que j'ai construite pas à pas comme un laboureur.
Et j'ai vu comme il était fragile et délicieux d'être seulement VIVANT.
J'ai quitté le silence de mon enfance Avec les mots des autres Glanés dans les livres.
Je les ai trimballés longtemps Enfermés au fond de moi.
J’ai traversé les romans de la bibliothèque, Les livres de contes, Les petits manuels de savoir-être, Et les gros albums d’histoire.
J’ai passé des heures à lire Les mots des autres A la maison, dans mon lit, à la plage, Aux toilettes, en mangeant, en tricotant, Le matin, le midi, le soir Et même la nuit sous les draps.
Un jour on nous a interdit Bibliothèques et librairies Et j’ai commencé à écrire Pour d’improbables amis virtuels Que je voyais parfois en visio Ou pas.
Mes mots ont surgi de leur prison Comme des plumes colorées ; Ils ont commencé A embellir mes jours Et à porter mes rêves
Et j’ai vu mes mots Rejoindre ceux des autres Dans une farandole Et j’ai su que j’aimais aussi Écrire.
Si tu venais ce soir On pourrait aller écouter ce chanteur Ce ne pourrait être que son dernier concert
S'il faisait beau demain Nous pourrions faire le tour de l'étang A moins que nous ne poussions jusqu'à la mer
Si tu voulais toi et moi On pourrait se faire une belle vie On pourrait voyager Sortir, rire, s'aimer Ensemble on s'émerveillerait L'un l'autre on se soutiendrait On se consolerait.
C’est au Cabaret Vert, Après les tourbillons de la nuit Qu’il est entré ce matin. Les semelles déchirées. Il a trébuché sur les pavés Et en entendant l’alouette A repensé aux chimères de la veille.
C’est avec un clin d’œil Que la serveuse lui apporte son absinthe Et dans le miroir devant lui Il peut aussi l’admirer de dos Même s’il préfère le devant.
Passent les jours, passent les semaines, Il garde le secret espoir De réussir à passer de la fée verte au thé Vert
Georges Perec a écrit un livre dans lequel il utilise uniquement des mots comportant la voyelle "e" et uniquement elle, accentuée ou pas. Bien entendu, toutes les consonnes sont permises autour.
Voici une liste des mots qu’il a utilisés dans les premières pages de ce roman.
belvédère
descendent
entêtée
gemmes
pensée
reprends-je
texte
benêt
descendre
entrée
gens
pépé
reste
Thérèse
Bérengère
déserte
entrée
grec
perce
rêve
thermes
béret
desqelles
entregent
hébété
perd
révèrent
trempe
berner
desserre
éphèbe
Hélène
perles
Rex
vedette
bête sers
détecter
Ernest
Helvète
perpète
s’empressent
vedettes
bézef
détresse
espèce
Herbert
perpètre
s’étend
vénèrent
brèche
Dresde
espère
je sens
perplexe
scellée
vent
breveté
dresse
est
je-me-rends-chez
pervers
scènes
verre
censée
ébène
Estelle
jette
pète-sec
Schweppes
verste
cerbère
écervelé
été
kermesse
pètent
se-délecter
vertes venelles
cerclé
échec
éthérée
légèreté
Peter-Sellers
se-réfréner
vêtements
certes
édenté
évêché
lentement
Pleyel
sèche
week-end
cervelet
effervescence
événement
lentement
préféré
secrète
western
cette
éjecte
évente
lesté
préfère
secrets
zèbres
cherche
élève
évêqe
lèvres
préférence
select
chercher
elle-même
excédé
me-rends
prennent
semblent
chevet
empêchement
excellence
mec
prestement
semées hêtres
chèvre
empesé
excès
mec
prétexte
sens
clebs
en même temps
excrément
mèche
prêtre
sente
crèche
en-effet
Exeter
Mel-Ferrer
qe
sentences
décès
encensent
expert
mêmement
qerelle
sept
déesse
encercler
fée
mémère
rebelle
sept-cent-trente-sept
défendent
enchevêtrées
fenêtre
mène
recel
stress
défends
enclencher
fermement
Mercédès-Benz
recèlent
svelte
défense d’entrer
endetté
ferrets
merde
récemment
télex
degré
énervement
fesses
messes
récent
tempère
dément
enflé
fête
nèfles
recette
tempes
démentent
enlever
flegme
pédestrement
regrette
tempête
démette
ensemble
frênes
pègre
remède
tendres
démettre
entendre
frère
pénètre
remet
tente
dents
enténébrée
Fresnes
pensé
Rennes
tentent
Il vous est demandé de construire les trois premières phrases du début de votre texte en utilisant cette même contrainte. Puis de continuer librement, sans plus la respecter, le développement de votre récit.
Vous pouvez appliquer la tolérance observée dans les dernières pages :
Le son "an" peut s’écrire "en" Le son "i" peut s’écrire "ee" Le pronom "que" ou tout mot comprenant la lettre "q" peut être écrit sans le u : qe, leqel, qelq
Consigne alternative : écrivez des haïkus (poème de trois vers de 5-7-5 syllabes) ou un texte utilisant essentiellement des mots de cette liste avec d’autres pouvant contenir a, e, i, o, u et y.
Inlassablement le réveil fait tic-tac Je ne veux pas me lever, je suis patraque Ma sœur me traite de grosse feignasse Je ne la trouve pas vraiment perspicace
Elle me rappelle que je dois aller à Loudéac C'est vrai, m'attend ce vieux macaque Je pose un pied hors du lit et me rétame Ma sœur applaudit, je la traite de vache
Dans le miroir se reflètent mes cheveux blondasse Pour me préparer il faut que je cravache De ce visage fatigué vite je me débarrasse Sous la douche je me réveille Efface les dernières traces de sommeil
J'attaque Un coup de laque Pour être joliette Quelques barrettes Je ressemble enfin à une dame M'élance sur le macadam
La Mothérapie ! La Mothér apie ! La mother à Pie ! La maman du pape, Pie V, Pie VI, Pie VII, Qui faisait Pie Pie au lit Et qu’on appelait quand même Le Très Saint-Père.
Il y avait aussi le father à Pie Qui n’était pas pis qu’un autre, Le father happy.
Lui, pas besoin de le soigner - Puisqu’il se trouvait très heureux Avec la mother à Pie - Par la mothérapie !
Ces improbables costumes à carreaux me rappellent mes onze ans. J'avais tant voulu un pantalon semblable pour entrer en 6ème, marron et brun et à pattes d'eph, vengeance de l’école des sœurs où le port du pantalon - convenable - n’était autorisé que l'hiver et sous une jupe pour tenir chaud. J'ai tant imploré ma mère que j'ai fini par l'avoir, summum de l'élégance et de la modernité.
Vous les trouvez ringardes, ces tenues ? Moi je les adore !
T comme théâtre T comme tutu T comme terreur de monter en scène T comme tentation de s'enfuir très loin
Dans ce théâtre et dans ses coulisses, j'ai couru habillée en petit rat. Je crois que j'aurais préféré défiler au carnaval de Venise, enveloppée dans une cape et masquée.
Dans mes rêves les plus fous, j'imaginais qu'un jour je porterais des plumes. Alors, quand je vis ce loup tout emplumé à l'atelier carnaval du quartier, je bondis, toutes serres devant, pour me saisir de cet attribut coloré.
Si les plumes avaient été noires et blanches je me serais bien vue en oiseau local, telle la pie et sa célèbre queue de cérémonie pour V.I.P. J'aime tant ce noir bleuté sur ses revers de soie qui tranche avec le plastron blanc. Alors je me serais envolée au-dessus des champs de chez nous pour admirer les multiples couleurs du bocage, les verts tendres des jeunes pousses, les verts soutenus du maïs, le jaune éclatant du colza et les différentes nuances de marron de la terre nue.
De quelques coups d'ailes, je suivrais comme le font les migrateurs la piste du canal ou autres voies d'eau, véritables autoroutes des vacances de nos amis ailés.
Si mes plumes avaient été grises et vertes, je serais entrée discrètement dans le V des canards. Si elles avaient été beige foncé comme la perdrix, je serais restée au sol avec mes petits, car j'ai trop peur des chasseurs.
Mon grand rêve était le vol plané au dessus de la mer comme le goéland, ça c'était bien tentant.
Mais voilà, les plumes que l'on me proposait étaient très colorées, c'est donc en oiseau exotique que mon imagination allait prendre son essor.
En petit colibri ? Non! Les plumes de mon loup étaient trop grandes. Elles méritent une grande envergure comme le condor mais il est noir et blanc lui aussi comme nos pies.
Finalement je réfléchis - même si j'ai une cervelle de moineau -. Je veux être un oiseau des îles et je survole la mer et les volcans, les champs de cannes à sucre, j'admire mon reflet dans la transparence de l'eau. Niveau atterrissage je me pose sur les flamboyants tout rouge, les jacarandas tout violet, toutes sortes de palmiers me servent de perchoir et les oliviers de cantine. Je fête Noël au soleil parmi les roses de porcelaine, les alpinias et les oiseaux de paradis. Je bois dans les corolles des hibiscus. Je voyage dans un ciel multicolore et je plonge dans la mer rougie par le soleil couchant. Je suis en vacances, loin de chez moi, dans le ciel si bleu.
Sans doute les costumes de ce carnaval m'ont embarquée dans un tourbillon de couleurs et la pluie de confettis va s'ajouter tout à l'heure à la débauche de teintes vives et gaies comme la fête, la fête de carnaval.
Ni Jean Sébastien Bach, ni Ludwig Van Beethoven ! Pas même Béla Bartók et encore moins Benjamin Britten !
Aucun de ces compositeurs n’a daigné nous pondre un concerto pour pianoforte et batucada !
Pourtant, une Sonate au clair de lune avec des percussions et des coups de sifflet, ça mettrait un peu de vie salle Gaveau ou Salle Pleyel, non ?
Vous imaginez Pierre Boulez dirigeant le « Réveil des oiseaux » de Messiaen au sifflet ?
Et de jolies danseuses brésiliennes, emplumées autant que dénudées, ça nous mettrait un peu plus de joie au coeur que ces violoncellistes déplumés qui envoient comme à l’abattoir la musique de Penderecki et Wagner dans les appareils auditifs de vieux actionnaires déplumés autant que dé(si)cavés ?
Quoi de plus triste à entendre qu’un quatuor à cordes ?
Oui, c’est ça : deux quatuors à cordes. Avec l’intégrale en CD des quatuors à cordes de Schubert, la corde pour se pendre est-elle offerte en prime ?
Car la batucada est gaie, car la batucada égaie : c’est un orchestre de percussions diverses qui joue la musique des sambas au Brésil.
Et ce costume blanc brodé de jaune et de bleu, ne siérait-il pas mieux aux musiciens de l’Orchestre Symphonique de Bretagne que la queue de pie ou la robe de soirée noire ? Pourquoi le musicien classique s’habille-t-il toujours comme s’il allait à l’enterrement de l’hymne à la joie ? On ne peut pas se pavaner un peu plus quand l’infante est défunte ? Après tout, elle n’était pas de notre famille ! Et l’Espagne, c’est loin !
C’est pourquoi il faut souligner les efforts de la violoniste, Madame Bling-Bling, pour faire scintiller ses boucles d’oreille à chaque concert ! C’est pourquoi il faut applaudir la charmante altiste (altruiste?) de l’OSB qui ne craint pas de se produire au sein du groupe Am’nez zique et les Biches pour accompagner « Estelle » de Pierre Perret ou « Julie la petite olive » des Wriggles !
Voilà. J’ai tout dit sur l’immobilisme du monde et ses quelques exceptions : cette photo a été prise il y a vingt ans et rien n’a changé depuis sur Radio Classique ! Elodie Fondacci est toujours là, Christian Morin est une publicité vivante pour le placement de l’âge de départ en retraite sur le curseur « 84 ans » et on nous y incite toujours, entre deux tubes de Chopin et Vivaldi, à mourir au plus vite pour léguer nos biens à une association philanthropique (de type Orpéa aux enfers ?) ou à vendre notre maison en viager. Reviens, Pierre Tchernia, ils sont devenus fous ! Ce monde est décibatudément batucadastrophique !
Il y aurait une France, Une France en errance, Une France un peu rance, Une France qui entrerait en transes.
Et Marianne sur son timbre Se collerait sur une carte - Postale, pas électorale - Puis se ferait porter pâle Et se ferait poster loin De ces drôles d’olibrius Qui réécrivent Dreyfus, Loin de ces beaux discoureurs Amoureux des dorures Et d’un poste-imposture.