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L'Atelier d'écriture de Villejean
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29 novembre 2022

Eulalie ou l'Art de flatter les bizarreries. 5 / Madame C.

Tante Léonie 02

A part Monsieur le curé ma tante Léonie ne recevait plus personne pour la bonne raison qu'elle ne supportait plus grand monde. Elle voyait chez chacun les défaut qu'elle détestait.

Ceux qu’elle avait virés en premier étaient ceux qui, croyant bien dire, lui conseillaient de ne pas s'écouter, qui semblaient subitement réprobateurs quand elle se plaignait ou pire l'invitaient à faire une petite promenade ou à manger de la viande saignante. Ils remettaient en cause les médecines variées qu'elle absorbait et sa mauvaise habitude de rester au lit durant des journées entières .

Elle détestait aussi ceux qui allaient dans son sens et affirmait qu'elle était malade, bien malade, plus encore que ce qu'elle croyait. Françoise s'amusait beaucoup de cela et son grand plaisir était de refuser l'entrée à ceux que tante Léonie n'aimait plus et il y en avait beaucoup.

La petite bonne en riait toute seule. Ces petites comédies bourgeoises la mettaient de bonne humeur. Tante Léonie voulait qu'on la plaigne, qu'on la rassure et surtout qu'on ne la contrarie pas.

Eulalie avait tout compris et quand la tante Léonie larmoyait en disant que sa fin approchait, elle affirmait qu’elle irait jusqu'à cent ans.

- Je ne demande pas à aller si loin ! pleurnichait tante Léonie.

Chaque dimanche elle attendait avec une impatience fébrile la visite de la jeune Eulalie qui savait comme personne la distraire et lui faire oublier ses misères.

 

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29 novembre 2022

Eulalie ou l'Art de flatter les bizarreries. 6 / Marie-Thé

Curé Proust 3

Ma tante Léonie aimait recevoir Monsieur le curé. Elle avait un faible pour lui. Je me demande ce qu'ils pouvaient bien se raconter.

Elle lui servait des plats de viande saignante et du vin de sa cave. Il ressortait joyeux, repu, en lui serrant les mains avec un sourire complice et en disant « A très bientôt ma chère ! ».

Elle se croyait bien malade et détestait les gens qui lui conseillaient de ne pas s'écouter.

Elle détestait aussi ceux qui la plaignaient et lui disaient qu'elle avait l'air malade, qu'elle devait consulter un médecin et rester au lit à se reposer le plus longtemps possible

La petite bonne riait beaucoup de ses comédies qu’elle trouvaient bourgeoises. Ça la faisait rire. Elle lui disait qu'elle allait vivre jusqu'à cent ans. Ma tante pleurnichait, répondait qu'elle approchait de sa fin. Elle réclamait alors sa petite fille Eulalie pour jouer avec elle aux dominos. Toutes les deux riaient beaucoup et ma tante oubliait ses misères.

 

29 novembre 2022

Eulalie ou l'Art de flatter les bizarreries. 4 / Eliane

Proust red and blue

Ma tante Léonie adorait les visites d’Eulalie car elle n'avait pas beaucoup de visites à part celles de monsieur le curé.

Il faut dire qu'elle avait peu à peu éliminé toutes les autres visites de personnes bien intentionnées. Ma tante détestait pratiquement tout le monde. Les premiers à avoir été en disgrâce étaient les donneurs de leçons l’incitant à profiter davantage de la vie.

Les suivants avaient été ceux qui pensaient qu'elle vieillissait et ne tarderait pas à être grabataire. Il y avait aussi ceux dont la conversation tournait essentiellement en commentaires désobligeants sur sa santé et qui, mi-figue mi-raisin, essayaient de la stimuler pour qu’elle bouge davantage, fasse des promenades, prenne l’air.

Elle ne mit pas longtemps à leur indiquer la sortie et Françoise se détournait pour ne pas rire en cachette. Ma tante était très douée pour opposer une façon de non-recevoir à tous ceux qu'elle considérait comme des intrus et ils étaient nombreux.
Les visiteurs rejetés repartaient la mine déconfite et Françoise considérait que sa patronne était une forte femme.

En fait ce qu’aimait ma tante c’est que l’on soit toujours du même avis qu’elle, qu'on la plaigne pour ses souffrances et qu'on lui prédise une belle vie.

Pour cela Eulalie savait comment s’y prendre. Et quand ma tante, inlassablement annonçait sa fin Eulalie lui prédisait qu'elle finirait centenaire. Mais ça n'était pas suffisant. Mais elle aimait cela.

Alors Eulalie était attendue tous les dimanches et ma tante se réjouissait de ses visites. Mais surtout ne pas rater l’heure de la visite sinon ma tante pouvait se rendre malade cette quiétude

29 novembre 2022

Eulalie ou l'Art de flatter les bizarreries. 3 / Maryvonne

Tante Léonie 01

Ma tante Léonie kiffait grave les visites d’Eulalie vu qu'elle en avait pas des masses sauf Monsieur le curé. Ma tante avait un peu viré tous les autres car elle détestait pratiquement tout le monde. Les premiers à éjecter étaient des donneurs de leçons l’incitant à profiter davantage de la vie. Après venaient ceux qui la pensaient bientôt grabataire et aussi ceux qui faisaient des commentaires désobligeants sur sa santé ou qui, mi-figue, mi-raisin, abondaient un peu dans son sens mais ne pouvaient s'empêcher d'essayer de la booster. Tout ceux-là, c'était « dégagez voie 12 ! ».

La Françoise rigolait dans sa barbe quand ma tante s'arrangeait pour organiser un « non-recevoir » de ceux qu'elle voyait comme des intrus. Fallait voir la mine déconfite des visiteurs rejetés ! Françoise la trouvait trop forte, la tantine !

En fait elle aimait que l'on dise tout comme elle, qu'on lui passe la main dans le dos pour ses souffrances et que finalement on lui promette une belle vie. En cela Eulalie était une fine mouche. Quand ma tante vingt fois annonçait sa fin, subtilement Eulalie lui promettait d'être centenaire, ce qui en fait n'avait pas l'air d'être suffisant.

Du coup Eulalie savait y faire ; elle était acceptée tous les dimanches et ma tante s'en réjouissait à l'avance. Pas question pour Eulalie de rater l'heure parce que pour ma tante « Avant l'heure c'est pas l'heure et après l'heure c'est pas l'heure non plus! ». La chieuse en faisait tout un pataquès jusqu'à se rendre malade.

 

11 octobre 2022

Consigne d'écriture 2223-05 du 11 octobre 2022 : Titre imposé

Titre imposé 

 

1. Écrivez les cinq premiers mots de trois syllabes qui vous viennent à l’esprit et que vous aimeriez entendre au cours de cette séance.

2. Choisissez le titre de votre texte dans la liste ci-dessous :

Le réveil matin- Les passagers du livre - Le croissant de lune - Picoti Picota - La fête du bruit - Le secret du bonheur - Près d’elle - Rêves en verre - Instant pour soi - En tête à tête - Les filles et leur coccinelle - Le vent sucré - Chez Suzette - La ritournelle - La Belle époque - A l’Italienne - Les rondeurs en valeur - A côté de l’ancolie - Les trouvailles de Pablo - Mademoiselle Cabestan – Libellune - Le bruit des mots - L’Ange gardien - Pénélope câline -
L’échoppe est belle.

3. Écrivez votre texte en y insérant les cinq mots que vous avez écrits au début ou cinq ou plus des mots que nous aurons mis en commun :

sémillante - nostalgique - envolé - camomille - étoilé
virelangue - soliloque - aperçu - automnal - sorbetière
rhapsodie - lumineux - canapé - création - envolée
violette - rigoler - bourguignon - dictionnaire - vol-au-vent
trompettiste - divaguer - rigolade - monstruaux - cavalcade
crépuscule - sérénade - amical - corporel - pull-over
cajoler - chantonner - apéro - papoter - automnal

2022-08-16 - Nikon 88

 

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22 novembre 2022

En 1961 / Laura

En 1961, je n’étais pas née mais peut-être aurais-je été mieux avec le calendrier de cette année-là, cadencée par Claude François.

Je ne vous cache pas que 2023 n’a pas les capacités ne me comprendre et moi, je la calcule peu. En 1961, nous pouvions voir au musée « Les bourgeois de Calais. » Aujourd’hui, on peut aussi voir des migrants et un train qui part à Londres acheter des cadeaux.

En 1961, un caramel nous suffisait et nous étions heureux de suivre nos parents à Orsay avec un calepin à la main. France Gall n’avait pas encore chanté « Calypso » mais on pouvait voir sa sculpture. Les cadres qui n’étaient pas dans la salle des statues sont dans toutes les mains. Adieu les calendes grecques ! Vive les cachots des écrans ! Et les bêtises ne sont pas qu’à Cambrai.

En 1961, on allait dans les musées cairotes ; aujourd’hui, on fait des selfies devant les sculptures. Le moi, cache-sexe au lieu des feuilles de vigne. Comment faire Cattleya un portable à la main ? Proust doit se retourner dans son caveau. On était impatient de savoir ce qu’étaient les cariatides ; aujourd’hui l’école est partie en cabale contre le savoir.

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22 novembre 2022

Guidouilles / Anne J.

 En 1961 j'avais 7 ans et j'ai fait mon premier camp chez les « Guides de France », mouvement de scoutisme féminin communément appelé « guidouilles ». Une gamine de mon école nous faisait rêver tous les lundis matin avec les exploits de sa sortie du dimanche : je me souviens surtout d'un épisode de pêche aux têtards et d'un élevage de grenouilles dans un aquarium. Voilà qui m'a décidée à réclamer à mes parents le droit de rejoindre un groupe de « Jeannettes » et à découvrir les joies de la vie en plein air.

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En 2022 je commence à me sentir un peu trop vieille pour dormir sous la tente et pourtant les conditions ont bien changé. Les guitounes de l'époque étaient en grosse toile et s’appelaient des canadiennes, on y logeait à 6 ou 8, le tapis de sol n'était pas solidaire de la toile, aujourd’hui on dort dans des bulles étanches ultralégères en matériau synthétique et on n'a plus à craindre les gouttières d'eau froide si on touche le double toit. On faisait la cuisine sur du feu de bois dans des gamelles en métal et on avait des assiettes et des tasses en fer blanc, car nous ne connaissions ni les belles vaisselles en matière plastique colorée ni les écocups et ne parlons pas non plus des gourdes dans le même métal qu’on remplissait avec l’eau du ruisseau teintée d’une solution de réglisse . Je n’ose imaginer la tête des parents d’aujourd’hui si leurs bambins puisent leur eau dans une source non contrôlée ou piochent dans un garde manger non réfrigéré !

En 1961 j’étais déjà une girafe mais mes guibolles maigrichonnes ne connaissaient que les godasses de chez Pataugas, pas des Converse ou autres super chaussures de randonnée Quechua vendues par Décathlon, on ne jurait alors, si on en avait les moyens, que par les astuces du Vieux Campeur pour s’épargner la grise gadoue des chemins.

Gast ! Cette vache est bien curieuse et ces gaillards sont bien peureux ! Elle veut seulement faire l’indiscrète ou lécher leur dentifrice, à moins qu’elle ne cherche un garage pour s’abriter du soleil. Des mauviettes à gueuler comme çà !

C’est une bonne guerre qu’il leur faudrait ! De mon temps, ma bonne dame...  !!

8 novembre 2022

U comme un-sept-huit-quatre-un-neuf

Mais peut-être était-ce normal d’éprouver cette sorte de vertige, il en était déjà à la question 178419:

– On vous propose de vous asseoir aux portes du paradis pour observer les gens qui s’y présentent, y sont admis ou exclus.

Introduction, problématique, développement, conclusion, il aurait dû être à l’aise avec tout ça mais à chaque question lui venait la hantise du hors-sujet.

Comme pour la 165714 :

– Il ne faut pas juger Dieu sur ce monde-ci. C’est une étude de lui qui est mal venue.

Avait-il le droit d’adopter un point de vue athée?

Il s’était mis à douter de tout. Et à avoir peur de tomber dans les clichés, surtout avec le sujet 184737 :

– Les jeunes imbéciles ne font jamais avec le temps que des vieux cons.

Et s’il prenait le 102401, finalement ?

– Il est plus facile de changer la nature du plutonium que l’esprit du mal chez les hommes.

Mais avait-il vraiment envie de disserter sur le mal ? Non! Trop de risques d’enfoncer des portes ouvertes !

Il lui fallait trouver mieux, un sujet qui lui permettrait de montrer des références philosophiques plus profondes et plus positives !

– T’as pas fini de gémir et de gigoter comme ça ? a fait tout à coup la voix de sa femme à côté de lui. Tu as encore tiré toutes les couvertures à toi ! Ne me dis pas que tu étais ENCORE en train de rêver que tu passais le bac ! A ton âge ! C’est d’un ridicule !

Et en se repelotonnant dans son lit, elle se dit que Dumas fils avait raison : les chaînes du mariage sont si lourdes qu’il faut être deux pour les porter, parfois trois.

 

15 novembre 2022

Mon petit bestiaire / Maryvonne

2022-11-15 - 285 8

Holà ! Holà ! C'est la ferme des animaux ici ! dit le petit lapin figé sur le coussin ovale. Où vais-je trouver ma place, moi, le timide, qui me plais plus volontiers au fond d'un terrier ?

De mon œil rond je fais un tour d'horizon de la pièce où je viens d’atterrir. Le côté positif c'est qu'il n'y a pas de belette dans les environs qui viendrait me disputer ma place ni de Raminagrobis pour faire la loi. Comme je suis petit je me loge dans un coin du canapé. Au-dessus de moi est perché un écureuil. Nous sommes tous les deux des coussins très doux mais le jour du scrabble c'est lui qui est choisi en premier pour aller sous les fesses d'une joueuse. Je ne suis pas jaloux, c'est une position un peu humiliante. Moi je reçois plutôt les têtes fatiguées ou les dos douloureux.

2022-11-15 - 285 9Parfois la petite souris dont la tête dépasse du dossier me regarde avec amour. Elle m'a raconté qu'elle était un cadeau de naissance pour la petite fille de la maison. Ce qui l'amuse beaucoup c'est qu'elle a été offerte par une dentiste. Moi je ne comprends pas pourquoi c'est drôle, alors elle m'a raconté l'histoire des dents de lait tombées que les enfants posent sous leur oreiller et que la petite souris vient chercher pendant leur sommeil en déposant à la place une pièce ou un présent. Que les hommes sont crédules !

2022-11-15 - 285 7A l'heure de l'apéro mes colocataires sortent la basse-cour. Dans le petit plat en forme de poule ils jettent des graines, l'écureuil regarde d'un œil gourmand les noisettes, noix de cajou et pistaches. Les coqs, eux, au garde-à-vous sur les sous-verres, reçoivent les verres à pied fiers comme des coqs sur leur unique pied sans ergot.

Je ne suis pas un lapin philosophe mais je me demande pourquoi la race humaine a tellement besoin de s'entourer d'objets animaliers. Est-ce que ça les console de nous maltraiter ? Rêvent-ils de perdre la parole quand nous rêvons de l'obtenir ?

2022-11-15 - 285 17Je me réjouis quand ils prennent l'air niais en nous regardant pleins d'admiration. Nous sommes souvent associés à l'enfance, alors que la nôtre est si courte.

Je ne me plains pas : d'autres lapins ont un sort moins enviable quand ils passent à la casserole. Et je pense aussi aux escargots, aux grenouilles, crevettes, langoustines, coquilles Saint-Jacques, car je suis chez des ogres qui avalent toutes sortes d'animaux alors que, franchement, du thym, du serpolet et quelques fanes de carottes pourraient leur être plus profitables.

 

En réalité je suis bien aise de n'être qu'une image posée sur un coussin ; comme je suis un peu rond on ne s'assoit pas sur moi. Heureusement car mes maîtres sont un peu replets, Enfin moi, j'dis ça, j'dis rien !

15 novembre 2022

La Girafe / Anne J.

2223-09 Anne J

Le jour où j'ai découvert cette pendule est un jour mémorable entre tous : j'avais 50 ans, c’était le jour de mon anniversaire et je débarquais de l'avion de Brest en rentrant de Montréal le 11 janvier 2004.

Dix-huit heures de voyage et de décalage horaire ! En arrivant à l’aéroport de Brest je n’avais qu’une idée en tête : dans 1h 30 je serais sous ma couette à dormir, enfin. Mais avant il fallait faire une heure de route pour rentrer chez moi, il était 12 h et je suis sortie au plus vite après avoir avalé un café pour me tenir éveillée.

J’ai garé ma voiture dans le parking de l’immeuble, attrapé mon sac à dos et commencé a traverser le parking. Dans l’entrée j’aperçois un couple d’amis âgés et je m’étonne : «  Qu’est ce que vous faites ici ? On est dimanche et il est 14 h ? » Ils ont bredouillé quelque chose de vague, je ne me souviens plus quoi et sont retournés à leur voiture, alors j’ai mis la clef dans la porte et j’ai ouvert mon appartement. Tout était dans le noir, volets fermés. J’ai allumé la lumière et là, plein d’amis dans mon salon ont entonné : « Joyeux anniversaire ! ».

Je suis restée là les bras ballants. Une seconde j’ai pensé : « Ah zut, c’est mort pour aller dormir !».

Je ne savais pas si je devais me réjouir ou me désoler. Ma filleule s’est jetée dans mes bras, je l’ai serrée fort contre moi, c’est bien pour masquer l’émotion qui monte.

Il y avait une banderole qui traversait mon salon, un énorme gâteau et tous les yeux de mes amis braqués sur moi. Il y avait des paquets et des rubans et dans un gros paquet plat, cette pendule improbable avec sa girafe kitsch qui me regardait.

Dix-huit ans après elle me regarde encore. Elle a changé de maison puis de place mais elle est comme un souvenir de cet anniversaire surprise, inattendu.

Elle veille sur moi, elle mesure le temps qui passe et me rappelle chaque matin que les amis sont parmi les plus belles choses du monde.

15 novembre 2022

La Souris / Anne J.

2223-09 Anne J

Avant d 'arriver sur cette table, j'ai longtemps été dans la vitrine d'un marchand de jeux dans une rue piétonne de Lannion. J'en ai vu passer du monde dans cette période de Noël mais après le 25, j'étais toujours sans propriétaire, dans ce joli magasin et promise à une solde, voire au rebut.

Pourtant je l'ai vue passer devant plusieurs fois, me regarder. Je pouvais lire dans ses pensées : «  Si seulement quelqu’un me l'achetait, cette belle souris rouge, elle aurait sa place dans mon salon , je la trouve si sympa !».
 
Et ce soir du 28 décembre elle est entrée dans le magasin, elle m'a prise dans ses bras et a dit au marchand : «  J’espérais bien l'avoir en cadeau mais non , personne n'a osé , alors je me l'offre moi même !».

Et c'est ainsi que j'ai trouvé ma place et je n'ai pas eu à la disputer au chat de la maison, il m'ignore . Il n'a pas compris et de toute façon je suis bien plus grosse que lui.

D'ailleurs il a lui aussi sa trace sur la photo !

15 novembre 2022

Le Coq observateur / Marie-Thé

AEV 2223-09 Marie-Thé - Coq

Il voulait un coq dans sa maison, Bernard. Alors, il m’a acheté dans une jardinerie. Il dit que ça lui rappelle sa jeunesse, le temps où il vivait à la ferme.

Et pourtant, à 11 ans il est parti en pension et il ne retournait chez lui qu’une fois par trimestre. C’était bien jeune pour quitter sa famille.

Après son service militaire, il a rencontré Marie-Th. et ils se sont mariés.

Elle venait de la ville, elle distinguait à peine une poule d’un coq, elle avait peur des vaches et des chiens et de tous ces animaux qu’on rencontre à la campagne. Quant aux cochons, elle ne les connaissait que sous forme de côtelettes !

Quelquefois le dimanche, ils allaient dans sa famille, à la ferme, chez ses parents et elle se familiarisait avec les frères et sœurs. Ils étaient nombreux, les enfants, il y en avait 9 et il fallait retenir tous les prénoms et ceux des « valeurs ajoutées », comme ils disent là-bas. Il y a même le frère aîné qui a dit que « pour une fille de la ville, elle s’est bien adaptée Marie-Th. » La mère faisait des crêpes dans la cheminée. C’était super bon. Y’avait de l’ambiance dans la grande pièce.

Après le goûter ils suivaient le père habillé d’une veste et d’un pantalon noir pour faire un tour dans les champs et voir l’état des cultures. Ils terminaient par le jardin. Là, c’étaient les femmes qui commentaient. «Nous aurons bientôt des petits pois, les poireaux sont malades, les carottes commencent à pousser, et les dahlias, regardez comme ils sont beaux, des rouges, des jaunes… ».

Quand ils dormaient là-bas, Marie-Th. entendait un vrai coq chanter à cinq heures du matin. Ça la faisait rire.

Moi le coq, figurine colorée, perché sur une étagère dans la cuisine depuis des dizaines d’années, je ne chante pas, mais je suis témoin de leurs joies et de leurs peines. Je les vois vivre, je les écoute. Aujourd’hui, j’apprends qu’ils vont être arrière-grands-parents, qu’ils n’ont pas vu le temps passer. Bernard dit qu’il ne faut pas perdre de temps, la vie passe trop vite. Alors ils s’activent, ils randonnent, ils lisent et écrivent, ils écoutent des infos et font des commentaires sur la politique.

J’espère qu’ils vivront le plus longtemps possible, je n’ai pas envie de finir dans une décharge, à moins que l’un de leurs enfants ne m’adopte.

4 octobre 2022

Deux lettres / Laura

2022-07-14 - Nikon 20

Petit facteur,

Porte cette lettre à mon amoureux ! » écrivais-je sur l’enveloppe.

Que mon courrier l’aide à vivre sans moi ! Je lui laisse la liberté de me répondre mais il le fera . Car il a réalisé que toute écriture est bienvenue dans la solitude. La nuit porte conseil et le souvenir des mots tristes s’ envole alors que les écrits généreux restent. Chassez le naturel, il revient au galop de la baie de Somme où nous échangions nos idées. Notre amour était spontané et nous en avons fait la surprise à nos proches. Son esprit passionné magnifiait la beauté du paysage. Il fallait profiter de chaque instant de joie. Ma bonne humeur le contaminait. Être ou ne pas être amoureux, la question ne se posait plus.

Petit facteur,

La simplicité caractérise mon petit ami et sa lettre prolonge notre aventure, crée notre propre paysage, joyeux. Mon sourire le gagnait. Il me laisse vivre ma créativité que je concrétise dans mes livres. Je te confie ma réponse qui lui rappellera notre séjour au bord de la mer du Nord et lui donnera envie de passer un autre week-end avec moi.

***

2022-07-13 - Nikon 40Sale petit facteur,

Ton métier relève parfois du sabotage. La lettre de mon amoureux m’a rappelé qu’il ne pensait à rien de sérieux avec moi ; ce n’était pour lui qu’une aventure insulaire et ancillaire. Ses mots sont remplis de vide comme celui qu’il a entre ses deux oreilles. Arles, c’est fini et je n’élèverai pas un monument de papier en son honneur.

Sale petit facteur,

Tu peux lui apporter ma réponse en fanfare et lui donner ma lettre vénéneuse devant la foule rassemblée. « Fool » est un mot trop doux pour lui. Cher connard, que le regard perçant du marabout te porte malheur et révèle la grosse ficelle de ta trahison. Que c’est triste la baie de Somme au temps des amours mortes ! La passion transforme la tendresse en haine. Que le brouhaha de mes mots, porté par ce satané facteur, t’empêche de dormir. Du mirador, le surveillant guettera le cannibale des cœurs brisés que tu es.

27 septembre 2022

Hubert-Antoine / Anne-Françoise

Hubert-Antoine vivait heureux. Il habitait un petit quartier sympathique de l’Ouest de Rennes. Il était nudiste, comme la plupart des propriétaires du lieu. Il n’y avait guère qu’une ou deux demoiselles avec des robes rouges à pois noirs, un ou deux autres avec des tenues rayées jaunes et noires et un Apollon qui se distinguaient. Hubert-Antoine était nu comme un ver. En fait, Hubert-Antoine était un ver, de terre.

Il y avait aussi Huguette, qui était toujours habillée. Autrefois, elle avait pris soin de son jardin, semant, binant, taillant. Mais elle était maintenant trop vieille et ne se déplaçait plus que difficilement avec sa canne. Hubert-Antoine avait pris le relais, cultivant le petit potager d’Huguette, labourant ici et là. Il faisait quelques escapades dans les jardins avoisinants, dégustant chez celui-ci une fraise, chez celui-là un bout de carotte et une belle feuille de salade chez cet autre. Il lézardait ensuite un peu au soleil avant d’aller se coucher dans sa maison en terre. C’était la belle vie !

L’automne arriva. De grosses pluies délugèrent sur le petit jardin. Huguette sortit de chez elle pendant une accalmie. Elle chuta sur le sol rendu glissant. Huguette, qui n’était ni casse-cou ni casse-pied, ô comble de l’ironie, se cassa le col du fémur droit, le col du fémur gauche, le col de l’humérus droit, le col de l’humérus gauche, le col de l’utérus droit, le col de l’utérus gauche, le col du Tourmalet, le col chic et la binette. Bref, elle cassa sa pipe. Elle rendit l’âme dans un dernier soupir où Hubert-Antoine perçut un faible « Je me casse !», soupir que le vent violent de ce jour-là emporta funestement… Hubert-Antoine en fut très triste mais n’eut pas trop le loisir d’y penser, occupé qu’il était à écoper le sous-sol de son logis qui était inondé. Huguette fut mise en terre, ce qui fit plaisir à Hubert-Antoine, dans un autre jardin où il y avait trop de cailloux de l’avis des copropriétaires de son potager qui lui rendirent régulièrement visite.

Dixit O 05

Un jour, un homme vint arracher toutes les mauvaises herbes chez Huguette. Sans ménagement aucun, il s’attaqua à la terre, il sortit son arme et bêcha avec ardeur. Il ne vit pas Hubert-Antoine qui se trouvait là et le coupa en deux ! Il y avait maintenant Hubert d’un côté et Antoine de l’autre. Ils pansèrent leurs plaies, prenant soin de leur ex-copropriétaire de corps. L’homme planta plus tard salades, radis, courgette, fraises, carottes et autres légumes encore. Hubert et Antoine n’eurent plus à voyager aussi loin pour se nourrir, ce qui tombait bien vu que leurs capacités de déplacement avaient été considérablement réduites depuis l’accident.

Dans l’espace resté libre entre les petits pois et les framboises, Hubert aida Antoine à se reconstruire une petite maison puis ce fut Antoine qui aida Hubert à faire de même juste en face.

Hubert et Antoine apprirent à se découvrir, à composer avec leurs caractères différents, à se respecter, à s’apprécier. Le week-end, un invitait chez lui, le week-end suivant, c’était chez l’autre.

Ils vécurent heureux, ne se marièrent pas et n’eurent pas d’enfants.

8 novembre 2022

Le Chiffre des choses / Marie-Thé

AEV 2223-08 Laura - Photo de Gilbert Garcin coloriée

Un dimanche du mois d’août 2022, l’homme en noir s’est réveillé de bonne heure et de bonne humeur. Il avait relu la veille quelques chapitres d’un livre de Tolstoï sur le bonheur. Il s’est endormi après la page 1258 qui se terminait par : « Si vous voulez être heureux, soyez-le ».

Ce matin la formule lui trotte dans la tête. "Suis-je heureux ?" se demande-t-il.

« Je vis solitaire, retranché dans mon manoir rempli de livres dont chacun porte un numéro, le même numéro que celui d’une des pierres du champ situé à quelques mètres de chez moi. Pendant au moins 50 ans, cela m’a amusé. J’ai numéroté, numéroté et jeté les pierres au fur et à mesure de mes lectures. J’ai imaginé des centaines de personnages de fiction. Les histoires d’amour, dans les livres, ça me créait des émotions. »

Après son petit déjeuner il feuillette un recueil de Kafka sur le bonheur. Certaines phrases lui font l’effet « d’un coup de hache pour la mer gelée en lui ».

« Je vais changer ma vie, tomber amoureux, caresser une femme, ressentir des vraies sensations, de réelles excitations. »

Alors, l’homme en noir regarde une dernière fois ses pierres. Il repense à toutes les histoires vécues par les autres dont il s’est réjoui.

Et puis, pour la première fois, il part au café du village. Lorsque la jolie serveuse s’approche de lui en souriant et lui sert un café, il est tout intimidé et parvient difficilement à contenir son émotion.

« Ma vie recommence. Rien ne sera plus comme avant » pense-t-il !

AEV 2223-08 Marie-Thé - Café coeur

8 novembre 2022

Elle est pleine, la Lune / Emma

AEV 2223-08 Emma - Pleine lune

Elle est pleine la lune,
bourrée jusqu'aux cratères
beurrée comme un p'tit Lu… 

et on ne sait pas qui l'a mise en cet état !

 Un météore ? c'est affolant
à qui se fier maintenant ?
il l'a prise par surprise
sans dévier de son orbite.

Lune de miel ? c'est vite dit

pas d'anneau, ( papa a refusé de donner l'un des siens )

Elle a blêmi, elle a rougi…
Luna rossa,
les loups en ont hurlé au sommet des collines.

Et puis elle est partie en Chine,
les panthères noires sont redevenues filles,
endormies et candides dedans leurs draps de lin,
un peu de sang séché sur leurs blanches canines.

Les vieilles échevelées ont rangé leurs balais.

 Tiens, dit Marion en ouvrant les volets :
encore une belle journée !

25 octobre 2022

Mes clefs / Anne J.

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Bon sang, où ai-je bien pu mettre ces clefs ? Pas dans la cage à oiseaux tout de même ! J’ai fouillé toutes mes poches, retourné ma veste dans tous les sens, rien ! Et cet imbécile de contrôleur qui ne veut rien entendre.

- Pas de billet , ma petite dame ? Eh bien je vous descends au prochain arrêt !

Me voilà donc en plein désert au milieu de nulle part avec mes deux valises et mon canari à attendre je ne sais quoi. Il fait une chaleur d’enfer et pas un bistro à l’horizon. J’aurai encore de la chance si les indiens ne se pointent pas ou bien d’affreux brigands pour me détrousser, m’enlever, me faire subir les pires outrages ou tortures.

C’est bien moi ça ! Pas moyen de me souvenir de ce que j’ai fait ! Les ai-je laissées sur la table de la cuisine chez ma mère ? Fait tomber de ma poche dans le noir en fermant la porte derrière moi ?
Les ai-je posées dans un endroit farfelu pour ne pas les perdre ? Ah je me déteste dans ces circonstances, j’ai l’impression de ressembler à ma mère !

Je crève de chaud dans cette tenue et je ne peux pas non plus atteindre ma crème solaire dans ma valise puisque justement ce sont les clefs de la valise que je cherche partout.

J’aurais mieux fait de m’en tenir à mes mauvaises habitudes, et ne rien fermer à clef ! Çà évite ce genre de désagrément !

Partir à pied mais vers où ? Faire du stop ? Improbable !

Si seulement je savais siffler, je suis sûre que Jolly Jumper accourrait pour me tirer de ce pétrin !
Au secours !

25 octobre 2022

Chemin de livres / Marie-Thé

Dans la forêt.
Il faisait chaud cet après-midi là.
Ma longue randonnée habituelle du dimanche m’a épuisée.
Après un pique-nique copieux arrosé d’une Anna-Marly, fameuse bière artisanale de la Braxéenne, je m’allonge sur la mousse pour me reposer et finir la lecture du « Grand Monde », le dernier roman de Pierre Lemaître.
C’est captivant mais le livre me tombe des mains et je m’endors. 

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Je fais un rêve bizarre.
Je suis au cœur de la forêt de Rennes, essayant vainement de découvrir des champignons. Un soleil vert filtre au travers des arbres créant une atmosphère insolite.
Soudain je repère un chemin recouvert de livres.
Des contes, des romans à perte de vue…
Je bondis d’un livre à l’autre, je m’arrête pour en feuilleter un, c’est Harry Potter. Je suis plongée dans son univers.
Avec une baguette magique je sauve un faon des griffes du loup, je dévie la balle d’un chasseur avant qu’elle n’atteigne un lièvre sorti de son terrier pour vagabonder …
Je suis toute puissante.
Je feuillette un deuxième livre, celui de Pierre Lemaître qui me transporte jusqu’au Vietnam.
Je suis la compagne d’Etienne, on va me fusiller, je cours, mes jambes ne répondent pas, je me débats, je crie…

C’est à ce moment-là que je me réveille tremblante et apeurée.

25 octobre 2022

Au feu ! / Anne J.

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Enfermée dans la plus haute tour du château depuis mon mariage et condamnée a monter en haut de la tour pour regarder au loin « le soleil qui poudroie et l’herbe qui verdoie » je n’allais pas attendre le retour de mon maître pour me faire égorger.

Alors j’ai mis le feu avec la chandelle de ma chambre et je m’enfuis, loin du château en flamme.


Heureusement j’avais conservé de mon enfance ce petit camion de pompier avec son échelle escamotable, j’avais un faible pour lui.

Voila je sors, j’arrive et puis je quitterai cette tenue ridicule, et bien peu pratique, un genre de hijab avec une traine qui ressemble à un rouleau de papier toilette.

Seul problème, j’ai perdu le petit bonhomme Playmobil qui conduisait le camion et je n’ai pas mon permis, je n’ai même jamais conduit. Tant pis. Je mettrai le gyrophare et je foncerai.

Je suis une femme libre et je n’ai peur de rien !

 

25 octobre 2022

Oeil de lynx / Anne J.

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Je ne comprends rien à ce qui m’arrive : chaque fois que je consulte Internet, que je vais sur Facebook ou sur Twitter, je vois apparaître sur mes plumes un œil nouveau. Au début je trouvais cela plutôt joli mais là il y en a beaucoup trop, je me sens épié, surveillé, pisté avec tous ces yeux qui me surveillent.

Il paraît que les humains appellent cela des cookies, ce qui je crois est une sorte de gâteau, et que cela sert à mieux connaître leurs goûts pour les obliger à consommer.

Mais dans ma vie de paon qu’y a-t-il donc à voir ?

Peut être arriverai je à le savoir si j’utilise ces nouveaux yeux ? Alors pour m’entraîner je joue à colin-maillard avec mes copains. Équipé par Elon Musk, je suis sûr de gagner !

Ah j’oubliais , mes amis m’appellent Big Brother mais je ne sais pas pourquoi ?

Signé : Œil de Lynx

25 octobre 2022

Mon chemin de livres / Laura

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Les "Bibliothèque rose" : Jojo lapin, Fantômette, le Club des cinq etc. 

Puis la verte, la découverte du roman d'enquête avec "Alice." 

La collection Rouge et or : la comtesse de Ségur, Moby Dick. 

Les beaux et bons romans d'aventures de Jules Verne. 

Je pioche dans la bibliothèque familiale avec autorisation. 

Je vais voir ailleurs et beaucoup contre les choix familiaux. 

Les lectures scolaires, celles qui resteront toujours des obligations

Comme le théâtre et celles qui deviendront des passions comme Baudelaire.

18 octobre 2022

Salvador Dali / Josiane

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Je crois que j’ai un faible pour les excentriques et que ceux qui frôlent la folie me mettent en joie.

Salvador Dali était de ceux-là. Outre son incontestable génie pour l’art il avait cette façon de nous entraîner dans ses délires qui me mettait de bonne humeur.

On a raconté tant de choses sur lui, délires ou vérité, mais c’ets un personnage qui nous entraîne dans un monde à part. Celui dont on ne sort pas indemne, celui qui nous met en joie parce qu’il n’est pas le monde dans lequel nous vivons mais le monde du rêve et de l’imaginaire. Montres exsangues, bateaux aux ailes de papillon.

Monsieur le marquis de Pubol, je vous salue. 

Une interview irrésistible du maître Dali est à consulter ici

20 septembre 2022

C comme chaussettes / Anne J.

 

 

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Ce qui me met de bonne humeur le matin, c'est d'enfiler mes chaussettes car voyez vous j'ai tout un choix dans ma boîte à chaussettes et je me détermine en fonction de mon humeur et du temps qu'il fait.

Des petites chaussettes toutes jaunes avec des soleils, des petites chaussettes roses avec des nuages pour les jours ou je me sens rêveuse, des chaussettes rayées pour aller sur le bord de mer, des rayées marine bien sûr, des rayées bleues et rouges, des rayées roses et grises pour les jours mélancoliques, des rayées vertes et blanches pour les balades dans l'herbe, des rayées mauves quand je me sens anglaise ou romantique.

Des grosses chaussettes pour les jours de grands froids avec des pingouins, ou des ours, ou des chaussettes à carreaux ou des chaussettes à pois.
Il y a encore les chaussettes couleur zèbre ou bien pelage de girafe.

2223-02 Anne JAvez-vous déjà fréquenté ces merveilleux magasins qui ne vendent que des chaussettes multicolores ? Je ne comprends pas ceux qui ne portent que des chaussettes noires ou blanches ou grises qu’ ils achètent par paquet de douze pour pouvoir les ré apparier facilement quand elles sortent de la machine à laver ? Ce doit être les mêmes qui achètent des voitures noires façon corbillard et ne les retrouvent pas dans les parkings de supermarché !

C'est sûr, on me regarde bizarrement quand je me balade avec une chaussette rouge avec des gros nuages blancs et une chaussette rayée façon zèbre ! Mais qui ça dérange ?

2223-02 Anne JDernier avantage des chaussettes et pas des moindres, en plus de me mettre de bonne humeur cela tient chaud aux pieds et je déteste avoir froid aux pieds. Pour y remédier je me suis mise à tricoter des chaussettes en laine et je peux donner libre cours à mes fantaisies, les dernières en cours sont gwen ha du !

La reine Elizabeth, paix à son âme, variait ses tenues avec ses chapeaux et bien moi ce sont les chaussettes.

20 septembre 2022

E comme entamer / Anne J.

Entamer un bon roman le soir dans son lit, ouvrir le livre à la première page et entrer dans un monde nouveau.

Entamer un tricot, détacher la bande de papier de la pelote, monter les premières mailles, tricoter le premier rang et rêver à l'ouvrage fini.

Entamer un gâteau, couper dans le plat la première part, la plus difficile et lécher le couteau pour goûter les miettes.

Entamer un travail de couture, poser le patron sur le tissu et se lancer dans la découpe ; si vous avez mal lu et mal positionné, c'est foutu, votre chemise aura des chats avec la tête en bas.

Entamer un nouveau morceau au piano, dont on ne sait pas du tout ce que ca va faire en lisant les notes.

Entamer les vacances en fermant la maison, avec sa valise derrière soi.

S’asseoir au cinéma et voir arriver la première image avec la promesse de se régaler pendant une heure trente.

Essayer le longe-côtes ou le vélo électrique.

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Entamer une relation sur la pointe des pieds et espérer qu’elle va grandir et durer.

Vous l’aurez compris, ce qui met de bonne humeur ce sont les choses qui commencent.

20 septembre 2022

Mes joies en douze mots / Laura

Atelier d'écriture de Villejean : mes idées fusent ou fuient la nouvelle consigne.

Beauté naturelle ou urbaine : elle m’apaise ou m’agite.

Consigne : elle m’allège l’épaule et le dos quand on y pose ses bagages.

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Dictionnaire : un petit, ici, grâce à l’Atelier.

Ecriture : verbaliser mes joies et mes souffrances.

Figaro : « Sans la liberté de blâmer, il n'est point d'éloge flatteur », écrivait Pierre-Augustin Caron de Beaumarchais il y a trois siècles. Ce passage du « Mariage de Figaro » est devenu la devise du journal. Lire un journal aide à comprendre le monde.

2223-02 Laura - KandinskyGymnastique : il faut souffrir… pour se faire du bien.

Haltères : permettent de se faire plaisir en ayant mal.

Information et documentation : les deux mamelles de mon métier.

Journal : l’odeur de l’encre et le bruit du papier.

Kandinsky : grâce à lui et à la professeure qui m’y a initié, je suis rentrée en art.

Lecture : elle m’a sauvée du chagrin.

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L'Atelier d'écriture de Villejean
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