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L'Atelier d'écriture de Villejean
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3 octobre 2023

Inventaire à la Prévert / Marie-Thé

AEV 2324-04 Chat noir20 novembre 2020, 20 heures. La Dalle du quartier s’anime. Le samedi soir, c’est la fête.

Des enfants poursuivent un chat noir pour lui tirer la queue. La pauvre bête affolée prend ses quatre pattes à son cou et court comme un dératé.

Des femmes, vêtues de robes longues aux couleurs bigarrées et de foulards joliment noués sur leurs cheveux bouclés sortent de leur besace des pique-niques aux senteurs exotiques qu’elles disposent à même le sol ou sur des bancs.

AEV 2324-04 NarguiléPendant ce temps, un verre à la main où flottent quelques glaçons, leurs hommes, l’air sérieux, nostalgique, fument du narguilé en évoquant le bon vieux temps.

Des jeunes jouent au frisbee en riant comme des fous.

C’est alors qu’apparaît Joe, l’appareil photo en bandoulière, prêt à dégainer à la première occasion.

Mais pourquoi donc veut-il prendre une image de la Dalle ce soir-là ?

Recherche-t-il des scènes d’inspiration pour son nouveau roman qui aurait pour cadre un quartier de la ville ?

Prépare-t-il un documentaire pour la télévision ?

Désire-t-il être invité au pique-nique qui sent si bon le paprika ?

AEV 2324-04 Appareil photoPersonne ne l’a jamais su.

Il a sorti son appareil photo de l’étui, il a pris des clichés des hommes qui buvaient et fumaient le narguilé, des femmes assises en rond comme les causeuses de Camille Claudel, des enfants courant après le chat noir, revenu se faire tirer la queue.

AEV 2324-04 FrisbeePuis, il a reçu le frisbee dans la tête !

Un peu perturbé, il a fait demi-tour et s’est dirigé vers l’escalier du métro.

On ne l’a jamais revu sur la Dalle.

Seuls quelques privilégiés l’ont retrouvé la semaine suivante dans une salle du quartier appelée "Clarinette".

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30 mai 2023

Les Mots d’Anne Sylvestre / Marie-Thé

Bric-à-brac

Chaque jour Marie ajoute un objet trouvé sur son chemin dans un tiroir qu’elle appelle son bric-à-brac. On peut y voir de jolis galets, des morceaux de carrelage aux différentes couleurs, quelques bouts de bois flotté et bien d’autres trésors… "qui peuvent servir un jour", pense-t-elle.

Ce matin elle est contente. Elle a déniché un galet rond aux couleurs rouille, noir et gris qu'elle a vite glissé dans son sac. Elle court à son appartement pour que cette pierre aille rejoindre les autres merveilles de son bric-à-brac.

Samedi, c’est sûr, Marie commencera son œuvre : un dessus multicolore pour sa table de salon. Elle en rêve déjà. Ce galet rond en constituera le centre et tout autour elle collera des petits morceaux de carrelage multicolores.

AEV 2223-31 Marie-Thé - Galet

Crépuscule

Pour Marie, c’est un joli mot crépuscule !

Il est l’évocation de la tombée du jour lors des étés chauds et humides.

Pour elle, ce sont des moments privilégiés. Les fleurs délivrent leur parfum, les oiseaux piaillent, les grenouilles s’égosillent.

Dans ces moment-là, assise dans son fauteuil de toile, les pieds dans l’herbe, Marie profite au maximum de ces soirées jusqu’à la nuit tombée. Elle rêve ou bien elle bouquine.

- Crépuscule, c’est un mot qui m’évoque les soirées estivales, dit-elle à Félix.

AEV 2223-32 Marie-Thé - Crépuscule

Transhumance

- Pour ma part, répond Félix, moi, j’aime bien le mot "transhumance". Il m’évoque la fin du printemps, les vaches ou les moutons, avec leurs bergers, qui s’en vont paître dans la fraîcheur des alpages.

Un jour je les ai suivis. Il fallait voir les chiens réunir le troupeau après la pause du midi. C’était magique ! Aucun animal ne manquait à l’appel.

Le bétail montait le long du chemin, dans la poussière. Des odeurs de sueur animale, de bouses, de crottes de mouton se mélangeaient aux effluves de romarin et d’herbe humide. Les bergers étaient silencieux comme s’ils se préparaient déjà à la solitude des hauts pâturages.

Transhumance, une sonorité qui chante. Pour moi ce mot évoque la nature, la montagne, les vacances.

AEV 2223-32 Marie-Thé - Transhumance

3 octobre 2023

D comme déc... / Adrienne

Inventaire à la Prévert 01 Réduit

*** 

Inventaire à la Prévert 02 réduit

 

 

 

 – Tu es un chou! dit la chaussure de randonnée à l’entonnoir.

10 octobre 2023

Consigne d'écriture 2324-05 du 10 octobre 2023 : Une autre ville

Une autre ville

 

C’est une ville au bord de la mer. Il y a des choses écrites sur les coques des bateaux, les frontons des maisons, les enseignes des boutiques, les affiches. Vous trouverez bien dans cette liste de quoi raconter une histoire, évoquer un souvenir, écrire un poème, un rêve, un cauchemar... tout cela se déroulant dans une autre ville que la vôtre.

Rue de la Petite île – Sandy – Le Galéjeur – Le Brigand – rue Marius Allégret – rue Emile Zola – Bord de mer – Toto le clown – La Coquillonne – La Farandole – La Chimère – L’Espérance – La Mamma – Grain de sable – Fleur des dunes – Le Trou du diable – Souvenirs de vie - Équateur – Je marche, je roule, je reste cool – Je ne suis pas toujours chiante, parfois je dors – Vieux loup de mer – Le Chaos – Café de la plage – L’Heure des sages – La Baigneuse – Hôtel Frédéric – Chez Marion – Colette – Dune interdit – L’Instant présent – Bonne brise – La Paisible – Villa Félicité – Un ange passe – La Déferlante – Les Roses – Château Mille roses – Les Chouchous – Fruit de la passion – Hugo – Condor – Dans ma bulle – Caraco – La Maison du bonheur – Quai du port fidèle – Fée no men – La Bella vita – La Corvette – Les Jolies Françaises - Les Oiseaux voyageurs – Partir en livre – La Sirène – Je suis Gaïa – Trois sœurs – Violette et moi – Atoll – Patchouli – Péché mignon – La Belle époque - Croisière – Les Secrets de Louison – La Vie

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19 septembre 2023

Scripta / Marie-Thé

AEV 2324-02 Marie-Thé 04Il fait très chaud ce 15 août à Villejean-Malifeu, avenue de la grande Virée.


A tous les étages, les fenêtres des appartements sont grand ouvertes sur la rue. Je les connais tous, ces gens, j’aime bien les regarder vivre.

L’homme en blanc, perché sur un escabeau, nettoie ses carreaux.

AEV 2324-02 Marie-Thé 03A l’étage du dessus, une jeune femme aux cheveux roux se prend pour une vedette et chante à tue-tête sur son balcon. Elle connaît l’homme en blanc et cherche à attirer son attention ! Parfois, elle surveille son passage pour le surprendre dans l’ascenseur.

Sous la hotte de cuisine, deux Mamas assaisonnent un risotto avec du safran. Ce soir c’est la fête au 3ème étage.

PAEV 2324-02 Marie-Thé 05lus loin une mégère pleine de griefs envers des voisins trop bruyants tape dans le plafond avec son balai. Peu leur importe, ils sont jeunes et continuent à rire très fort en sirotant un kir.

AEV 2324-02 Marie-Thé 01Au troisième, un dentiste arrache une dent à un patient qui n’en n’a déjà plus beaucoup.

AEV 2324-02 Marie-Thé 02Au dernier étage, juste au-dessus de mon appartement, un dessinateur s’extasie devant ses plans.

Toutes ces vies différentes, heureuses aujourd’hui, tristes demain peut-être, me font penser à une pièce de théâtre sans fin. Face à ce spectacle psychédélique, je prends le frais, assise sur un banc.

Vers 22 heures, je rentre chez moi sans bruit et je retrouve mon chat sur le balcon. En refermant la porte de mon appartement, je me sens bien aise d’avoir ressenti, une fois de plus, le joyeux brouhaha de la vie dans mon immeuble.

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30 mai 2023

E comme escalier / Adrienne

AEV 2223-32 Adrienne - Escalier

Il y a des jours où la seule activité « sportive » de l’Adrienne consiste à monter et descendre les quinze marches de son escalier – oui, quinze, elle les compte chaque fois pour être sûre que pas une ne manque – alors ces jours-là, soit elle est optimiste et se dit « Heureusement que je ne me suis pas acheté un appartement, avec l’escalier je fais ma ‘cardio’ quotidienne », soit elle est réaliste et se dit « le jour viendra où… »

Bref, ça lui occupe autant la tête que les jambes ;-)

9 mai 2023

Horizon bouché / Anne J.

AEV 2223-29 Anne J

Quand je suis arrivé, elle se tenait appuyée au mur et regardait la rue. C'était une jolie brune dans une robe rouge et moulante qui ressemblait beaucoup à Betty Boop. Elle attendait visiblement quelqu’un et ce n'était pas moi ! Je sortais du cimetière dont les hauts murs donnaient sur la rue et elle n'a pas eu un regard pour ce triste personnage avec son chapeau melon et sa moustache balayette. 

Quand l’autre, avec sa casquette de prolo et son sourire séducteur s'est approché d’elle, elle ne l'a pas non plus regardé, elle l'a tout simplement ignoré. Mais elle est repartie quelques minutes plus tard au bras d'un marin qui la tenait enlacée et bien serrée et qui l'avait embrassée langoureusement sur la bouche sous l’œil furieux de notre homme à casquette. Les amoureux s’éloignèrent, laissant dans leur sillage une délicieuse fragrance parfumée. 

Depuis le prolétaire séducteur est le nez collé au mur, reniflant l'odeur laissée par la belle comme un chien de chasse. Il ne voit donc pas comme il est ridicule ainsi collé contre un mur aveugle dans lequel il ne peut même pas laisser des messages ! Le mur des Lamentations sans les espaces entre les pierres pour y glisser un petit papier ! 

Moi je n'avais aucune illusion avec mon physique ingrat qui vous rappelle peut-être quelqu'un ?

Mais je garde ma dignité et j'observe les alentours.

Quant à l'homme derrière moi, on peut le dire, son horizon semble bouché !

Contempler 1

26 septembre 2023

Y comme y a qu’à sourire ! / Adrienne

Les Photographes de Dubout

26 septembre 2023

Consigne d'écriture 2324-03 du 26 septembre 2023 : Les Photographes

Les Photographes

 

Les Photographes de Dubout

A moins que les dessins d'Albert Dubout ci-dessous ne vous inspirent un pamphlet antimachiste, il vous est demandé de choisir une des images et de vous en servir pour illustrer, au choix :

- Une réflexion sur l'histoire et les techniques de la photographie de sa naissance à nos jours ;

- Une réflexion ou des anecdotes sur la pratique de la photographie au sein de votre famille depuis votre enfance jusqu'à aujourd'hui ;

- Ce que vous voudrez d'autre mais qui ait un rapport quelconque avec cette pratique sociale ou artistique.

Le pamphlet antimachiste sera aussi accepté par l'éditeur de ce blog, M. Dubout étant connu pour avoir dressé des portraits assez misogynes des grosses dames de son époque voire commis bien pire encore (illustrations de San Antonio, de Sade...). Mais c'est pour ça qu'on l'aime, dans notre H.L.M. ;-)

"Les_Photographes"_de_Dubout (extrait) 

19 septembre 2023

Raviolis gratinés / Anne J.

AEV 2324-02 Anne J

Ce n'est pas avec le cœur brisé que j'ai renoncé aux rituels du dimanche soir : l’œuf à la coque et les raviolis gratinés pour le dîner.

- Ohé, la tribu, disait ma mère, que voulez-vous manger ce soir ? 

- On ne sait pas, ce que tu voudras, ça nous est égal, répondaient sans aucun démenti le père et les cinq enfants, fatigués par les virées auxquelles chacun s'était livré.

Ce à quoi ma mère répondait : 

- Il n'y a pas de « ça m'est égal » !

- Comme d'habitude, alors ! disait le chœur familial.

A l 'unanimité, le plat vedette était voté : les raviolis au gratin. Pas besoin de consulter la revue à la mode (chez nous c'était justement « Le Petit écho de la mode »).

Si j'adorais l 'œuf à la coque avec des mouillettes de pain beurré, je nourrissais quelques griefs contre les raviolis en boîte versés dans un plat avec une couche de fromage râpé.

Quand je n'ai plus dîné le dimanche soir chez mes parents, quand j'ai pu me retirer dans ma propre maison, j'ai adopté le risotto des mamas avec beaucoup de safran et une demi-bouteille de kir à la mûre : je soupçonnais la sauce du ravioli d 'être la cause de ma pituite matinale.

Je prépare le risotto sous la hotte car je suis allergique au parmesan et je n'oublie jamais d'enfiler mon tablier pour éviter les projections. Enfin je ferme soigneusement le loquet de ma maison pour éviter que ne survienne la mafia italienne car je vous le dis : risotto ou raviolis , tout ça c'est l'Italie !

AEV 2324-02 Anne J

12 septembre 2023

Eloïse (Les bâtons de marche nordique) / Marie-Thé

Eloïse vient de recevoir un cadeau pour son anniversaire. Le paquet est long et étroit. Un parapluie ? pense-t-elle. Mais Eloïse en a déjà deux.

Une affiche représentant un clown ? Elle en avait très envie il y a quelques années.

Une pompe à vélo électrique ? Pas mal !

Toute la famille la regarde. Intriguée, elle fait durer le plaisir puis découpe le papier cadeau.

Waooh ! De magnifiques bâtons de marche nordique vert fluo.

- Essaye-les ! crient les enfants.

Elle fait le tour de la pièce et se rend compte qu’ils sont à ressort. Ce sont des bâtons propulseurs. Eloïse aime la marche rapide et se voit déjà foncer sur le hâlage de la Vilaine, près de chez elle.

 

AEV 2324-01 Marie-Thé - Marche nordique

12 septembre 2023

Jade (Chagrin d’amour) / Marie-Thé

Le samedi, Jade aime faire du lèche-vitrine. Ce jour-là, elle se promène dans le centre commercial, s’arrête de temps en temps et regarde les devantures des différentes boutiques. Rien ne lui plaît vraiment.

En passant devant La Brioche dorée, elle décide de faire une pause et de déguster un coca et une torsade au chocolat en regardant les badauds passer.

Tout à coup, elle aperçoit Rudy, son amoureux, marchant main dans la main avec Océane, sa meilleure amie. Effondrée, elle rentre chez elle triste comme un bonnet de nuit.

En arrivant, elle dépose sur le palier toutes les affaires de Rudy et s’enferme à double tour.

AEV 2324-01 Marie-Thé - Rupture

23 mai 2023

Consigne d'écriture 2223-31 du 23 mai 2023 : Double portrait

Double portrait

 

1) Une personne qui vous aime veut dresser votre portrait en insistant sur vos qualités. Prêtez-lui votre plume.

Une autre personne qui vous aime moins veut dresser votre portrait en insistant sur vos défauts. Prêtez-lui votre plume également.

2) Si vous n’avez pas envie de parler de vous, faites le même exercice avec les trios suivants :

Le Dr Watson et Mme Hudson font le portrait contradictoire de Sherlock Holmes ;
Dupont et Dupond parlent de Milou ;
Tintin et le Capitaine Haddock parlent de Bianca Castafiore ;
Don José et Escamillo parlent de Carmen ;
Adam et Eve parlent de Dieu ;
Joe Dalton et Jolly Jumper font le portrait de Lucky Luke.

Ou établissez ce double portrait à partir d’un autre rassemblement de trois personnes réelles ou fictives.

Consigne 1 empruntée au livre « Libérez votre plume » d’Anna Briac et adaptée sous 2 par votre animateur préféré.

AEV 2223-31 Consigne - Anna Briac

9 mai 2023

Heureux voyageurs ! / Jean-Paul

Contempler 7

Les voyageurs sont bien heureux de nos jours. Ils ne partent plus à l'aventure. Ils ne craignent ni les coupe-gorge, ni les éboulis, ni les chutes dans le ravin. Le monde est civilisé, le chemin est balisé et, l'univers étant blasé, il n'y a plus grand chose pour les scandaliser.

Entre nature et culture on marche, on avance, on se tape des kilomètres et de la gastronomie à l'étape.

Mais ici dans la montagne point de relais et châteaux, aucun « N'oubliez pas le guide ! » fût-il du Routard, pas de « Finis les selfies, on remonte dans le car, faut qu'on soit à deux heures à la fabrique de génépi, préparez vos carnets de chèques ! ».

De toute façon on entre pas au monastère, surtout si l'on n'est pas du genre communautaire. Ici c'est le Royaume de l'oxymore : on glorifie la religion - relier les hommes, quelle déraison ! - en vivant retiré du monde. En ce lieu prévalent la prière, le sévère, le solitaire, le pole austère, le respect d'une vie régulière, l'égalité demain-hier et le refus des primevères et des humeurs primesautières qui font valser les jarretières.

Et pourtant tout autour est vert, ensoleillé, ébouriffant, spectaculaire. Le chemin serpente entre les pitons rocheux, on a du plaisir à croquer la pomme, à boire à la gourde l'eau encore fraîche. On a du jambon de Parme pour faire pique-nique et la nique au pâtre Stendhal . Car la joie au cœur du petit randonneur vaut bien toutes les liqueurs verdâtres de la pourtant très belle Grande Chartreuse.

Heureux les voyageurs ! Il n’est point de misère en Isère tant qu’on y est libre d’aimer les livres et les chemins qui vous enivrent !

12 septembre 2023

Géraldine (Le Pèse-personne) / Anne J.

Le Pèse-personne de Géraldine

 

 

AEV 2324-01 Anne-J

- Il faut que j’en achète un ! Le mien est hystérique et inconstant, impossible de faire confiance à ce qu’il dit. La moindre des choses pour un pèse-personne c’est d’être fidèle, c’est-à-dire de produire des mesures répétitives, identiques à quelques grammes près ; vous vous pesez et si vous faites 100 kilos , la balance dit 100 kilos toutes les cinq minutes pendant une heure : je sais, c’est stupide comme exercice mais c’est la définition de la fidélité et le calcul de la moyenne est vite fait : 100 kgs.

Mon pèse-personne est tout sauf fidèle ; première mesure : 65 kilos. Cinq minutes après, en sortant de la douche, il dit : 60 kilos. J’ai quand même pas 5 kilos de crasse? Et après le séchage mais toujours nue, il va dire 63 kilos ou 69 kilos selon son humeur.

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Donc je le quitte et l’envoie à la recyclerie avec la tonne de piles que j’ai achetée en croyant que c’était un problème de piles. »

Voilà ce que se disait Geraldine sur la route de la pharmacie en espérant ne rencontrer personne de sa connaissance, ni dans le magasin, ni sur la route du retour. Acheter un pèse-personne c’est gênant, c’est un objet intime qui est caché sous l’étagère de la salle de bains et qu’on n’expose pas à la vue de tous ses copains.

- Ils vont penser que je fais régime, que je me trouve grosse ou moche, que je suis malade ou bien que je veux plaire, que je veux devenir mannequin ou attraction dans une foire ? Peut être est-ce qu’ il y en a au supermarché ? Je le prends, je me glisse à la caisse automatique et je le planque dans mon sac à dos et comme ça, pas besoin d’affronter le regard narquois du pharmacien, tiens donc , elle a enfin décidé de surveiller sa ligne, cette grosse là !

Ou bien, je le commande sur internet ?  Ou je dis que c’est pour ma mère, ma sœur ou je ne sais qui ?

Et puis non , je n’ai pas le courage, je fais demi-tour et je passerai chez le vétérinaire avec mon chat : je dois surveiller son poids et je monterai sur la balance avec lui , comme ca on n’y verra que du feu ! 3 kilos 500 de chat et moi.

Parfait le stratagème !

AEV 2324-01 Anne-J

2 mai 2023

Une ville étrange / Marie-Thé

L’idée a surgi lors d’une soirée bien arrosée entre amis. Le Comte de Chandon avait lu dans une revue qu’il existait une ville étrange, au bord de la mer, pas encore découverte par les touristes. « C’est là qu’il faut aller en vacances ! » avait dit la Comtesse de Chandon.

C’est ainsi que le 1er juillet nous sommes partis de bon matin avec le Comte et la Comtesse, qui n’ont plus d’aristo que le nom.

Avec son short, ses chaussettes, ses chaussures bien cirées et sa casquette blanche, on comprenait tout de suite que cet homme très classe avait revêtu sa tenue de vacances.

Quant à elle, habillée d’une combinaison verte et de chaussures jaunes, elle ne passait pas inaperçue.

Nous, avec nos shorts, tee-shirts et baskets, nous nous sentions un peu classiques.

Qu’importe, on les aimait bien, nos copains, nous passions de bons moments ensemble. Ils nous faisaient rire. Nous nous réjouissions par avance de découvrir avec eux l’étrange ville de Trifouillis-les-Bains.

Les voitures sont interdites dans la ville. C’est donc sac sur le dos et appareil photo en bandoulière que nous pénétrons dans ce domaine surprenant.
La seule entrée de la petite ville s’effectue par un passage entre deux statues gigantesques, à droite Jeanne d’Arc et à gauche Colbert. Nous nous demandons ce qu’ils ont à voir l’un avec l’autre !

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Sur le boulevard Dieu Lumière, la façade du café Pétrouchka nous séduit par son style slave. Un arrêt dans ce cabaret est de rigueur. La tenancière, appelée « la grande Georgette » nous propose sa spécialité. Elle pose sur la table un bocal rempli d’un liquide rouge dans lequel flottent quelques morceaux de fruits. C’est délicieux et rafraîchissant.

Avec un accent russe très prononcé, Georgette nous suggère pour le repas la dégustation du fameux cochon à plumes, une spécialité dont s’enorgueillit la ville. On peut visiter l’élevage au Parc de la patte d’oie.

« Pour dormir, allez donc à la villa Demoiselle, c’est dans la rue du Pistolet.  L’origine du nom de la rue vient du jour où la fameuse Demoiselle a tiré sur un client qui lui avait touché les fesses en passant près d’elle ! Outrée, tremblante, elle a raté son tir mais la ville lui a confisqué son pistolet ! »
La grande Georgette ne manque pas d’humour. Nous étions écroulés de rire.

Elle se sentait bien dans cette étrange ville où des personnages glorieux tels Georges Clavel, Cédric Diebolt-Vallois et même Françoise Carillon-Ramonet avaient vécu. Elle connaissait des anecdotes truculentes sur chacun d’eux. Nous avons passé un moment inoubliable.

Avant de nous diriger vers la villa Demoiselle, nous sommes sortis du café Pétrouchka en passant par la rue du Clou dans le fer dont les maisons aux façades pleines de couleurs et de décorations baroques, ne manquent pas d’originalité et de charme.

Nos vacances s’annoncent réjouissantes !

12 septembre 2023

Michel (Kinder) / Anne-Françoise

- De mon temps, y’avait pas d’Kinder. Pas de barre chocolatée Kinder, pas d’œufs Kinder, pas d’bonbons Kinder, pas d’gâteaux Kinder, pas d’Kinder ! J’sais pas si les gosses d’aujourd’hui y z’y gagnent avec les Kinder passque c’était quand même quelque chose que la tartine beurrée avec 2 carrés de chocolat dessus ! Et quand c’était Mémère qui nous donnait not’ goûter, elle nous mettait pas les carrés, non, elle râpait le chocolat avec son couteau ! Ah ! Les pauv’ gosses d’aujourd’hui, y z’ont pas cette chance-là ! Kinder ? Il est où le progrès là-dedans ?

AEV 2324-01 Anne-F - Tartine contre Kinder

12 septembre 2023

Adeline Duval (Mon p'tit chat) / Anne-Françoise

AEV 2324-01 Anne-F - Ryan Gosling aux yeux de chat

J’ai un p’tit chat. Il est beau ! Sublime ! Magnifique ! Extraordinaire ! J’pensais pas qu’on pouvait aimer son chat autant qu’ça. Je l’ai appelé Ryan Gosling.

Passque j’adooooore Ryan Gosling mais je pourrai jamais le lui dire, ni le voir, ni le toucher, ni l’embrasser, rien. Alors comme maintenant, Ryan Gosling c’est mon p’tit chat, ben j’peux lui donner un peu de lait, le cajoler, le prendre dans mes bras, le caresser. Alors que l’autre, à part dans mes rêves, c’est compliqué. Et je ne sais même pas qui a les yeux les plus beaux : mon chat Ryan Gosling ou mon idole Ryan Gosling ? Si j’ai un enfant un jour, il aura un prénom composé, il s’appellera Ryan-Gosling, Ryan-Gosling Duval.

Quand même, avoir un p’tit chat, c’est très bien mais avoir un p’tit chat qui s’appelle Ryan Gosling, c’est quand même le comble du bonheur !

Bon, c’est où le rayon des croquettes pour chat ? 

13 juin 2023

Ramassis de mots / Maryvonne

 Les mots sont incroyables ! Savez-vous qu'ils se déguisent pour vous tromper ? Par exemple « géant » est plus petit que « minuscule ». Il me revient cette comptine qui laisse perplexe :

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Beau papillon de soie
Mon avion de joie
Léger, pimpant, qui vole sur quatre ailes
Beau papillon
Lorsque j'écris ton nom
Tu n'as plus que deux L

Merveilleux mutilé
Pourras-tu t'envoler ? 1

Alors, deux ou quatre ailes ?

Les mots sont des galopins. Ils se bagarrent entre eux jusqu'à se retrouver occis après cette lutte fraternelle, occis, oxymore bien entendu après cette douce violence. Ils se plaisent dans cette obscure clarté de certaines définitions.

- C'est quoi un bibliobus ? demande un enfant. Un autre lui répond « C'est un bus qui ne passe pas toutes les dix minutes ! ».

Les mots se décomposent et se recomposent.

- Je t'interdis de dire des grossièretés !
- Mais non je n'ai dit que des petites ièretés !

Les mots nous jouent des farces :

- Mais pourquoi, quand tu parles des moulins à vent, tu ne parles pas des moulins arrières ?

Les mots font des confusions :

- J'ai descendu dans mon bateau pour y cueillir du gros marin.
- Si toi tu as des omoplates, moi j'ai des filloplates.

Les mots se mangent : les mokas, les morilles, tous les mollusques et j'en passe et des meilleurs.

AEV 2223-34 Maryvonne - Princesse qui crache crapauds

Ne les croyez pas tous jolis ! C'est comme dans les contes de fées où certaines princesses crachent des crapauds quand elles parlent. Tu hésites, mais quand ils franchissent tes lèvres ils te collent des boutons sur la langue : concupiscence, pédophilie, féminicide, infanticide… Beurk !

« Jalousie » cache sa laideur sous une belle enveloppe.

Ne faites pas toujours confiance aux mots ! « Lapsus » vous met parfois dans une situation délicate, méfiez-vous de lui !

Les mots sont comme des petits wagons qui traversent votre cerveau, certains s’arrêtent et se garent, d'autres filent à toute allure et disparaissent. On ne les reverra plus. Ce sont des intermittents du spectacle. Ils font les beaux, ravissent l'assemblée et soudain quand on en a besoin ils jouent les filles de l'air. Envolés les mots chéris que l'on a nourris, choyés. Quelle ingratitude !

Maudits mots ! Un jour je vous capturerai et je vous mettrai en ligne, main dans la main pour que vous ne puissiez plus m'échapper. Parce que, mots, je vous aime !


1 Armand Got - Bestival

13 juin 2023

Consigne d'écriture 2223-34 du 13 juin 2023 : La Phrase fatiguée

La Phrase fatiguée

 

 

AEV 2223-34 Consigne Jeanne

Aujourd'hui je vous propose d'écrire autour de la phrase "Je t'aime" en vous inspirant de l'univers magique des mots du roman "La Grammaire est une chanson douce" d'Erik Orsenna. A partir du passage qui raconte le voyage de Jeanne et Monsieur Henri à l'hôpital des mots (pages 95 à 99) où ils rencontrent la fameuse phrase "Je t'aime", voici quelques trajectoires d'écriture que vous pouvez suivre comme bon vous semble.

- Soit vous écrivez à propos d'une phrase fanée que vous avez connue - cela peut être un "je t'aime" ou une autre phrase ou un autre mot - en nous racontant son histoire, en nous disant ce qu'il ou elle représente pour vous. Vous pouvez faire parler cette phrase/ce mot ou vous exprimer à la première personne.

Soit vous partez de cette phrase ou de ce mot choisi et écrivez un poème, une comptine ou un acrostiche par exemple. Vous pouvez évidemment choisir plusieurs phrases et réaliser plusieurs textes.

[consigne donnée par Jeanne]

«Les mots dormaient. 

Ils s’étaient posés sur les branches des arbres et ne bougeaient plus. Nous marchions doucement sur le sable pour ne pas les réveiller. Bêtement, je tendais l’oreille : j’aurai tant voulu surprendre leurs rêves. J’aimerais tellement savoir ce qu’il se passe dans la tête des mots. Bien sûr, je n’entendais rien. Rien que le grondement sourd du ressac, là-bas, derrière la colline. Et un vent léger. Peut-être seulement le souffle de la planète Terre avançant dans la nuit. Nous approchions d’un bâtiment qu’éclairait mal une croix rouge tremblotante.

– Voici l’hôpital, murmura Monsieur Henri.

Je frissonnai. L’hôpital ? Un hôpital pour les mots ? Je n’arrivais pas à y croire. La honte m’envahit. Quelque chose me disait que, leurs souffrances nous en étions, nous les humains, responsables. Vous savez, comme ces Indiens d’Amérique morts de maladies apportées par les conquérants européens.

Il n’y a pas d’accueil ni d’infirmiers dans un hôpital de mots. Les couloirs étaient vides. Seules nous guidaient les lueurs bleues des veilleuses. Malgré nos précautions, nos semelles couinaient sur le sol. Comme en réponse, un bruit très faible se fit entendre. Par deux fois. Un gémissement très doux. Il passait sous l’une des portes, telle une lettre qu’on glisse discrètement, pour ne pas déranger. Monsieur Henri me jeta un bref regard et décida d’entrer.


Elle était là, immobile sur son lit, la petite phrase bien connue, trop connue : 
Je – t’ – aime

Trois mots maigres et pâles, si pâles. Les sept lettres ressortaient à peine sur la blancheur des draps. Trois mots reliés chacun par un tuyau de plastique à un bocal plein de liquide. Il me sembla qu’elle nous souriait, la petite phrase. Il me sembla qu’elle nous parlait :

– Je suis un peu fatiguée. Il paraît que j’ai trop travaillé. Il faut que je me repose.

– Allons, allons, Je t’aime, lui répondit Monsieur Henri, je te connais. Depuis le temps que tu existes. Tu es solide. quelques jours de repos et tu seras sur pied.

Il la berça longtemps de tous ces mensonges qu’on raconte aux malades. Sur le front de Je t’aime, il posa un gant de toilette humecté d’eau fraîche.


– C’est un peu dur la nuit. Le jour, les autres mots viennent me tenir compagnie.


« Un peu fatiguée », « un peu dur », Je t’aime ne se plaignait qu’à moitié, elle ajoutait des « un peu » à toutes ses phrases.


– Ne parle plus. Repose-toi, tu nous a tant donné, reprends des forces, nous avons trop besoin de toi. Et il chantonna à son oreille le plus câlin des refrains.

La petite biche est aux abois
Dans le bois se cache le loup
Ouh, ouh, ouh, ouh

Mais le brave chevalier passa
Il prit la biche dans ses bras
La, la, la, la


– Viens Jeanne, maintenant. Elle dort. Nous reviendrons demain.

***

– Pauvre Je t’aime. Parviendront-ils à la sauver ?

Monsieur Henri était aussi bouleversé que moi. Des larmes me montaient à la gorge. Elles n’arrivaient pas à monter jusqu’à mes yeux. Nous portons en nous des larmes trop lourdes. Celles-là, nous ne pourrons jamais les pleurer.

-… Je t’aime. Tout le monde dit et répète « je t’aime ». Tu te souviens du marché ? Il faut faire attention aux mots. Ne pas les répéter à tout bout de champ. Ni les employer à tort et à travers, les uns pour les autres, en racontant des mensonges. Autrement, les mots s’usent. Et parfois, il est trop tard pour les sauver.»

Texte récupéré ici.

6 juin 2023

Billy joue au jeu de l’oie / Jeanne

AEV 2223-33 Jeanne - Case 01Je m’appelle Billy la fourmi. Je me promène entre les canyons que les humains appellent simplement pavés. J'ai perdu de vue mes compagnons de route et m’efforce de les retrouver ; c’est rude et j'ai terriblement chaud.

Au loin, j'aperçois un arc-en-ciel de rocher, je pense délirer à cause de la chaleur, les pierres sont grises habituellement ou beiges pour les plus belles que l’on peut trouver. Je m’approche, et que vois-je ? Une cour où s’étalent de nombreux chevaliers, tous revêtus d’une armure, elle-même décorée d’un blason bleu électrique ; une voix grave annonce :

« Vous vous trouvez à la case numéro un. Pour poursuivre votre chemin, lancez les dés !».

Une ombre m’apporte deux minuscules dés que je peux à peine soulever de mes six pattes ; j’ai l’impression d’être tombé dans une rêverie comme Alice en atterrissant au Pays des Merveilles. Peureux de nature lorsque je me trouve seul, je lance les dés sans savoir à quoi m’attendre réellement.

AEV 2223-33 Jeanne - Case 03Deux gros yeux noirs et ronds apparaissent, les dés me présentent chacun un un, ce qui veut dire que je n'ai obtenu qu’un petit deux : la route s’annonce longue, mais je ne recule pas devant la peur, une curiosité nouvelle me pousse d’instinct vers la case numéro trois.

Je n'ai jamais vu vignoble si grand ! A l’entrée des grandes allées de vert et de violet alléchant une pancarte m’invite à goûter, boire et surtout savourer tous les bienfaits de ce fruit qu’est le raisin. Je m’avance alors, pris de gourmandise, et jure sur l’honneur que ce qui arrive n’est pas volontaire : après peut-être onze secondes d’enchaînement du jeu de mes six pattes, je tombe tête la première dans une cuve à vin, et évidemment, je bois la tasse.

AEV 2223-33 Jeanne - Case 07Les prochains dés paraissent plus lourds, plus gros et surtout plus ronds, ils sont durs à lancer, tellement que j’obtiens le faible chiffre quatre, le double de la misérable somme obtenue précédemment. Un quatre qui me fait arriver, difficilement et hoquetant, à la case sept.

Une abeille pleure. Tentant d’être limpide, je lui demande la raison de son sanglot, del’empathie me serrant le cœur. La pauvre bête jaune se lamente de n’avoir que sept bandes noires la recouvrant, alors que ses compagnons butineurs en ont tous au moins dix. Tout de suite, je tente de la réconforter : j’en compte quatorze, moi, des bandes ! Mais elle continue de pleurer tout en me contredisant, m’affirmant qu’elle n’en a que sept ; je pars alors fâché et frustré avant de me rendre compte qu’effectivement, depuis la case trois, je vois double...et de travers.

AEV 2223-33 Jeanne - Case 9Les dés reprennent une forme à peu près carrée et je les lance à peu près facilement. Les mondes s’enchaînent à travers les diverses cases que je visite et je fais toutes sortes d’expérience : case numéro neuf, une tablée festive me propose du champagne, que je refuse après le trouble du vin.

 


AEV 2223-33 Jeanne - Case 16Cela leur déplaît malheureusement alors une des énergumènes me loge dans une bulle qui m’emporte dangereusement à la case seize où j'atterris sur la tête d’une oie furieuse qui me prend pour un pou.
 


 

AEV 2223-33 Jeanne - Case 22
Je lance tant bien que mal les nouveaux dés le long de son cou blanc et me voilà transporté à la case vingt-deux où je fais la rencontre d’un porc qui, ému d’avoir une si petite compagnie, prend une inspiration de joie qui me fait voyager dans sa grosse narine gauche. Tout gigotant de peur que je suis, je lui fais l’effet d’une chatouille alors il m'éjecte d’un éternuement si puissant que j'atterris à la case quarante-sept, au pied d’un grand chêne. Je suis alors pris d’une pulsion due au mélange explosif de frayeur et d’adrénaline, je hurle de joie, je sautille tel une puce et cours en zigzagant autour de l’arbre.

AEV 2223-33 Jeanne - Case 47À ce moment-là je fais une nouvelle rencontre qui me restera à jamais gravée en mémoire : un pelage roux comme le sucre caramélisé, de petites pattes agitées, frêles et habiles, des yeux à ma taille dans lesquels je me perds instantanément, d’une couleur aussi noire que ma coque. C’est un écureuil avec qui je me lie d’amitié et d’amour. Je lui raconte tout mon périple sans savoir s’il comprend mon langage, tentant simultanément de m'agripper comme je peux à ses longs poils d’oreille.

AEV 2223-33 Jeanne - Case 56Passant les cases mon ami et amour nous arrête à la case numéro cinquante-six et, sans me demander mon avis, il me jette dans une flaque d’un orange vif dans laquelle je me noie partiellement. En cette case loge une palette d’artiste composée de bleu, de vert, de jaune et d’autres couleurs. Mon agile compagnon me sauve à temps de la noyade et me contemple de haut en ba et d’un air interrogateur à travers ses deux billes noires ; je comprends alors que je suis enfin à son goût, revêtu d’un orange citrouille.

Mon aventure continue sur le dos de mon roux fougueux qui, m’évitant maintes et maintes difficultés, me dépose gaiement mais tristement à la case finale, la case soixante-trois. Les adieux sont difficiles mais je peux m’en aller en gardant autour de ma taille l’un de ses longs poils d’oreilles, aussi doux que doré.

Rentrant et retrouvant ma troupe, je raconte l’entièreté de mon voyage mais personne ne me croit. Mais je suis fier et me sens différent, j'ai rencontré de distingués personnages, embrassé de nombreuses sensations et ressentit de puissants et nouveaux sentiments ; j'ai même à présent la plus belle ceinture rousse jamais vue dans le monde des fourmis.

AEV 2223-33 Jeanne - Case 63

 

11 avril 2023

Interview de la reine Consort Camilla / Maryvonne

 

AEV 2223-27 Maryvonne Camilla

- Majesté, puis-je avoir l'honneur de vous poser quelques questions ? Au préalable je me suis plongée dans quelques-uns de vos idiomatiques. Je suis certaine que mon journal se vendra comme des gâteaux chauds ! Depuis longtemps tout le monde savait que vous et Charles aviez eu un vrai coup de foudre. Est-ce réel ?

- Oui, et chez nous, nous appelons cela ressentir de l'amour au premier regard. Nous nous sommes toujours vu d’œil à œil !

-Vous voulez dire « être sur la même longueur d'onde » ?

- Oui comme vous disiez à Radio-Londres : « Les Français parlent aux Français » sur la même longueur d'onde.

- A l'époque avez-vous mis la charrue avant les bœufs ?

- Je ne vous le dirai pas mais notre expression est plus chic : nous mettons la charrue avant le cheval, très « english » isnt'it ? 

- Vous vous êtes donc mariée avec un autre homme ?

- Oui mais je ne me sentais pas toujours sous la météo, j'étais un peu assise sur la clôture. Cependant quand je voyais le nid de vipères où logeait la famille royale, j'avais bien envie de prendre mes talons !

- Et puis un jour vint le malheur. Pour ma part, chère Camilla, je déteste l’expression française « A quelque chose malheur est bon ». Il y a vraiment des malheurs qui ne sont bons à rien. Chez vous c'est plus élégant «  Chaque nuage a un côté argenté ». Qu'en pensez-vous Majesté ?

- Oui, en tout cas l’expression convient bien à la beauté et à la brillance de Lady Diana. Nous sommes un pays de poètes. Je connais certains de vos idiomatiques, quand vous dites « Après la pluie viendra le beau temps » nous disons «  Les pluies d'avril amènent les fleurs de mai ». C'est plus classieux.

- Avec Charles, peut-on dire que vous avez pris le train en marche ?

- Oui j'ai carrément sauté sur le train, cette fois il ne fallait pas rater le bateau. La mamie baissait la garde et un oiseau dans la main en vaut deux dans le buisson.

-Majesté ! Quelle audace ! De quel oiseau parlez-vous ?

- Ah ! Les français, vous êtes toujours prêts à parler de la gaudriole ! Comment dites-vous quand vous ne voulez pas rater une affaire ?

- Nous disons « Un tiens vaut mieux que deux tu l'auras ».

- Oui c'est moins imagé. Vous êtes le pays de Voltaire et nous celui de William Wordsworth.

- Majesté quelle est votre vie maintenant ?

- J'ai emmené mes habitudes ailleurs et je pense que j'apporte du grain au moulin de quelqu'un. Chaque jour il faut que je sois habillée jusqu'au neuf. Si je me suis jetée dans le repaire du lion on ne traîne plus mon nom dans la boue.

- Merci, Majesté, j'ai l'immense honneur d'être née la même année que vous.

Signé M.E., journaliste de pacotille

4 avril 2023

Question du jour / Anne J.

AEV 2223-26 Anne JBon il faut que le fric rentre dans les caisses
mais sans que les riches participent
alors faisons travailler plus longtemps ceux qui ont un boulot
et rendons les riches encore plus riches !

Bon, les français n'en veulent pas de ta réforme
mais tu t'obstines
alors ils sont dans la rue
et tu sors le 49.3.

Bon le pays est sens dessus dessous
mais tu t'obstines encore
alors comment sortir de cette impasse
et reprendre la main ?

QUI A UNE IDÉE  ?

30 mai 2023

Réaupol Sébastomur / Jean-Paul

Ils en ont de la chance les Parisiens avec leurs vieilles lignes de métro dont les stations sont très connues ! Ils peuvent jouer au jeu des contrepèteries. La Motte-Piquet devient la pote Mickey ; Montparnasse-Bienvenüe Montparnue bienvenasse. Nous à Rennes avec Via Silva ça ne marche pas. Via Silva ? Via Silva !

Avec quoi jouer alors sans plan de la ville sous la main ? Avec des titres de romans de Balzac ? « La Cousette bine » ? « Splendeur et tisane des court-misère » ? « Le lait dans la valise » ?

Ou alors avec Jules Verne ? « Vingt mille lierres sous l’émeu » ? Ou « De la thune à lalère » ?

N.B. Anne-Françoise a fichu tout mon texte par terre : avec « Via Silva » on peut faire « Va, Sylvia » !

AEV 2223-33 JK - Viasilva

6 juin 2023

Consigne d'écriture 2223-33 du 6 juin 2023 : Jeu de l'oie

Jeu de l'oie

 

A partir des photos de ce jeu de l’oie géant vous pouvez :

- imaginer le parcours effectué par un personnage (ou par vous-même) au fil des lancers de dés, les rencontres qu’il fait, les lieux qu’il traverse et son arrivée triomphale au sommet du Puy-de-Dôme (63) ;

- écrire de courts poèmes à propos des nombreux animaux représentés sur ce jeu ;

- écrire à partir des associations de chiffres et d’images (n°s de départements, d’étages d’un immeuble, d’habitations d’une même rue, etc.) ;

- écrire ce que vous voulez.

vous pouvez cliquer sur les images pour les agrandir

2023-04-21 - Nikon 101

2023-04-21 - Nikon 102

2023-04-21 - Nikon 103

2023-04-21 - Nikon 104

2023-04-21 - Nikon 105

2023-04-21 - Nikon 106

2023-04-21 - Nikon 108

2023-04-21 - Nikon 110

2023-04-21 - Nikon 111

 

2023-04-21 - Nikon 116

 

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