Voilà que nous avons assisté, ces dernières semaines, au grand théâtre de la vie politique. Chaque acteur y est allé de son physique et de sa rhétorique.
Dans le rôle du belître j'y verrais bien Philippe Poutou, non pas homme de rien mais homme de simplicité au regard coquin.

Valérie Pécresse, en majesté, arbore sur son blason les armes du possesseur, l'allure altière des gens bien nés, elle a lutté à armes inégales, souvent victime de railleries de la part du public. La pauvre a déjeuné chaque jour d'un crapaud.

Celui qui signe de la pointe de l'épée un Z de fin de … liste alphabétique prendra le nom de Nasica : nez pointu. Venu d'un autre siècle, il joue de sa cape qui dissimule des idées sombres.

Dans le rôle de Bellerose au parcours accidentés d'échecs, Anne Hidalgo est la victime d'une embolie gazeuse. Vous savez c'est la petite bulle d'air qui monte dans la tige et qui coupe l'arrivée d'eau sous le bouton de la fleur, lui fait pencher la tête et l'empêche de s'épanouir.
Thalie, muse de la comédie, tout droit arrivée de Castel-Jaloux, poussée par le vent du nord, influente de l’Escaut, prend le rôle de la chattemite de la fable de La Fontaine, « Le chat, la belette et le petit lapin ». Approchez… Approchez… Mais heureusement, dans la nouvelle version, on l'a arrêtée avant qu'elle ne plante ses griffes dans le dos de ses concurrents. La Marine est tombée à l'eau.
Celui qui dans la pièce ne pétune pas mais nous enfume de ses discours barbants : Dupont gnan gnan au verbe rageur, ennuie le public.
Le rôle de Diogène, philosophe de l'école cynique est donné à Jean-Luc La Mélanche. premier Premier ministre à s'élire lui-même. Il prend deux places, une de chair, une d'hologramme. Demandera-t-il deux cachets ?

Sorti tout droit des cadets de Gascogne, le tonitruant, le grand acteur à la diction douteuse, a cependant eu l'ambition de faire le show et Lasalle a bien ri. Comique de circonstance, il saluera bien bas à la fin de la représentation, Monsieur Jean.
Céladon, amant délicat faisant preuve de tendresse fade, c'est là donc celui qui a obtenu le premier rôle : Président. Le public a fait un demi-ouf ! De celui qui laisse les attentes en attente.
Deux jeunes premiers, Roussel et Jadot, fraîchement arrivés sur la scène n'ont pas encore convaincu. Mais gageons que nous les reverrons… ou pas !
A la fin du défilé Nathalie Arthaud, « trotte-triste », ferme la marche. Elle salue sèchement le public qui la dédaigne pour son petit rôle dans une grande pièce.
