Canalblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
L'Atelier d'écriture de Villejean
Publicité
5 novembre 2024

Un K de force majeure / La Licorne

 

 

Le Klub de foot de Konkarnak, c'est kelke chose !

 

Pas de Kylian, de Kopa ni de Kaka, mais plein de Kenzo, de Kamel et de Kristopher...

 

Le merkredi à katre heures, chakun enfile ses Nike fluos à krampons et kelkes minutes plus tard,  c'est 22 kids frénétiks ki kourent sur le stade komme s'ils konkouraient pour la koupe du monde. 

 

Pleuvent les kartons rouges, les kartons jaunes sous les kris hystériks de parents en kolère kontre le petit k...  qui a osé takler leur biket, futur crack des kompétitions internationales. 

 

Avec une inkommensurable mauvaise foi, ils kontestent et kritiquent enkore et enkore l'édukateur ki arbitre le match et à cink heures, c'est ékoeurés k'ils rentrent chez eux en kommentant  kopieusement les okkasions mankées, les tirs mal kadrés et les korners injustement akkordés. 

 

Ke l'on sabote ainsi la karrière de leur kouvée, alors que la konkurrence est rude, est komplètement inkoncevable.

 

Merkredi prochain, k'on se le dise, ce sera changement de kap... ou changement de klub !

 

La Likorne 

 

Publicité
12 novembre 2024

Paris-plage / Jean-Paul

 

 

 

- Il fait chaud sur Paris !

Nous dit l’ami Willy

Au bout de l’île Saint-Louis.

 

On s’allonge, on se couche…

- Y’a quelque chose de louche !

Répond le bateau-mouche.

 

Sous les pavés la plage :

C’est l’heure du bronzage

Et plus rien ne surnage ;

 

Le boulot a pris l’eau.

Ils en ont eu plein le dos,

Sont devenus barjots,

 

Ont rebattu les cartes.

Les voilà qui lézardent

Sans chapeau, sans costard.

 

 

Ils transforment le pont des Arts

En Riviera pour banlieusards

Et les deux îles en Baléares !

 

Curieuse perspective

D’un monde à la dérive

Lorsque l’été arrive !

 

Furieuse décadence !

Entrée dans les vacances

De Nation à Défense !

 

 

Les patrons sur la touche

Ont pris le bateau mouche

Et trouvent le truc louche :

 

Poitrines dénudées,

Mexicains basanés,

La machine arrêtée !

 

Sans aucune barricade,

Ils mettent, les camarades,

Le monde en marmelade !

 

Possédants ébahis

De vous voir si trahis

Par ces humbles spahis

 

Qu’il s’en aille en balade,

Qu’il parte à la baignade

Votre univers malade !

 

Quel bruit dans Landerneau :

Le monde est en rideau !

Il n’y a pas photo !

 

Enfin, si,

Peut-être celle-ci

Que notre ami Willy

En surplomb de la vie

Nous transmet comme un rêve :

Paris enfin se lève

Et se transforme en...grève !

5 novembre 2024

Ode à un mot nouveau qui n'est pas kelkonke / Maryvonne

 

Y'a kelk'un ki m'a dit ke c'était inkonvenant de kommencer un texte par "Je". K'importe, je suis kontente parce ke aujourd'hui j'avais envie de kauser d'un nouveau mot entré dans mon vokabulaire - ou mon vokable komme il vous konvient - et ceci le Week-end dernier.

 

Pas de kestionnement, ma référence est fiable puiske je l'ai entendu de Rebeka Manzoni, lakelle diskute de livres, de films ou de théâtre au Maske et à la plume avec une ékipe korale de kritikes. Ce ne sont pas vraiment des komikes mais il m'arrive de m'esklaffer parfois à leurs konneries. Eskusez-moi, bêtises n'a pas de k mais eux sont parfois de vrais kas, très kultivés mais au service d'une kause, l'art cinématographike en partikulier mais aussi la komédie et la littérature.

 

Parfois ils pourraient mettre un kouverkle sur leurs kritikes dithyrambikes avec parfois une kavalkade de mots savants dignes d'un diskours épike.

 

Alors ce mot ? Il est encore dans mon koffre fort et je kompose avec mon krayon une krysalide pour ke tout à l'heure il vienne vous faire koukou.

 

Je vous préviens il n'est pas à mettre dans le bek de tout un chakun, même s’il est logikement dans le diktionnaire. Ne le prétez pas à un katékumène ni à un kuré mais peut-être à un kolonel kar à l'armée on ne se mouche pas du koude. Sous le képi et l'uniforme kaki peuvent naître kelkes mots kakas par pure provokation.

 

Dans un langage kourtois il apparaîtrait komme une kokille dans un jeu de kille.

 

Au kamasutra cher à ma chik kousine Edorée il pourrait y trouver une place adékouate.

 

Je vois bien que vous êtes inkiets mais n'ayez krainte ! Prenez-le comme un mot cokin et non comme une insulte. Notez-le, il fera rire et sera la cokeluche des bons mots dans un banket.

 

Je kommence par sa définition : terme humoristike dérivé du grek qui kontourne le karaktère injurieux pour désigner une personne agaçante.

 

C'est un véritable orchidoclaste = Kasse-kouilles, kasse-bonbons !

 

 

5 novembre 2024

K comme klub / Adrienne

 

Du kalme ! Du kalme, kompagnons ! Maintenant ke nous avons konklu un akkord kontre le c et le q, kontinuons le kombat ! Les ékoliers nous en seront rekonnaissants : kassons les kodes et passons à l’ortograf fonétik !

 

Komme vous l’avez sûrement déjà remarké, déklara un konfrère d’Outre-Kiévrain, en Belgik la konsonne finale sonore se prononse sourde. Kelle ortograf va-t-on sélektionner? Ekrira-t-on « bienvenue au Klub » ou Bienvenue au Klup »?

 

***

 

Voilà pourkoi, Mesdames et Messieurs, on ékrira enkore chrysanthème et orchestre un bon bout de temps. 🙂

 

8 octobre 2024

Une Missive tardive / Maryvonne

 

 

Voilà l'été, il est temps de sortir le chapeau de paille, de se retrouver dans les allées du parc et de profiter de la quiétude jusqu'à plus soif. A l'ombre d'un oranger, Jules s'est retiré, choisissant une chaise éloignée de sa femme. Avec un certain recueillement il est plongé dans la lecture d'une lettre, priant que Berthe ne cherche pas à savoir le contenu de cette missive. Elle le croit en train de dévorer son journal.

 

En fait c'est une étrange histoire qui date de plusieurs années. Un ami, nommons le par exemple JP, avait pour mission de lui remettre une certaine lettre qu'une très jeune femme lui avait adressée. Mais JP n'en fit rien. Pourquoi ? On n'en sait rien, on ne sait plus, de nombreuses siestes étaient passées par là. Sauf qu'un jour la lettre était réapparue et JP, soucieux de bien faire, retrouva l'adresse du destinataire et la fit parvenir quelques 30 ou 40 ans après. De quoi vous bouleverser une vie puisqu'il s'agissait d'amour.

 

Jules était blême. Berthe s'en aperçut et lui dit :

 

- Tu es bien sombre, mon ami !

 

- Au contraire je me réjouis des nouvelles du jour.

 

- Eh bien, dit-elle, si tu es gai, ris donc ! Et va nous chercher des glaces. C'est la période du renouveau et des gourmandises.

 

Jules ressassait ces mots « renouveau » et « gourmandises ». A côté de quelle vie était-il passé ?

 

En voulait-il à JP ? Pas vraiment. Si le destin avait été opiniâtre il aurait reçu d'autres lettres de cette jeunette.

 

Ça lui permet toutefois de rêver avec nostalgie à cette période de sa jeunesse, au bon temps qu'il avait passé avec JP, ce couillon d'étourdi. Finalement il se leva, contourna le petit guéridon et en frôlant la taille de Berthe lui demanda :

 

- Pour ta glace, tu veux combien de boules ?

 

 

Publicité
12 novembre 2024

Consigne d'écriture 2425-08 du 12 novembre 2024 : Willy Ronis, idéel et réel

 

Willy Ronis, idéel et réel

 

 

 

 

Fontaine

Rivière

 

 

Bateau

Musique

 

Cliquez dessus pour agrandir chaque image

 

Choisissez une des quatre photos de Willy Ronis qui vous sont proposées. Le mot qui est inscrit dessous va obligatoirement avec elle et avec elle seule.

 

Intéressons-nous à ce mot, d’abord sur un plan idéel. Associez une dizaine d’autres mots ou plus (noms, verbe, adjectifs) qui lui sont immédiatement liés selon vous. Notez-les sur votre feuille.

 

Intéressons-nous ensuite à la sonorité du mot.

 

1ère syllabe : Notez dix mots qui commencent comme lui ou contiennent cette syllabe de départ.

 

2e syllabe : Cherchez des mots qui riment avec ce mot ou se terminent approximativement comme lui.

 

Vous disposez maintenant d’une trentaine de mots et d’une image. Partez en voyage dans vos souvenirs ou dans l’imaginaire, écrivez un poème, un texte, ce que vous voulez avec ce matériel.

 

N.B. La Consigne "Idéel et réel" a été empruntée à Monique Janvier - 80 pratiques d'atelier d'écriture, 8-2 Écriture effervescente (qui appartient en fait à Karyne Wattiaux).

5 décembre 2023

Le Mystère de la lettre retrouvée / Marie-Thé

Bonjour Coralie,

Que s’est-il passé dans ma tête en avril 1980 pour que je ne remette pas à Giambattista, mon meilleur ami, une lettre que vous lui aviez écrite ?

Cette lettre, je la retrouve aujourd’hui avec stupéfaction, en mettant de l’ordre dans ma correspondance. J’hésite à l’ouvrir, je la mets de côté.

Dans la nuit, cette lettre m’obsède et m’empêche de dormir. Alors, n’y tenant plus, je me lève. La curiosité l’emporte et j’ouvre l’enveloppe.

C’est alors que ce que j’ai enfoui au fin fond de ma mémoire pendant plus de quarante ans m’est revenu comme un boomerang. J’en rougis encore.

AEV 2324-11 Marie-Thé - jupe arc-en-ciel

Chère Coralie, vous étiez belle. Cet été-là, vous portiez une jupe longue aux couleurs arc-en-ciel qui s’ouvrait lorsque vous marchiez et découvrait vos jolies jambes. Lorsque, discrètement, je jetais un œil dans le décolleté de votre tee-shirt rouge moulant, je ressentais un émoi. Bref, j’étais amoureux de vous mais la timidité m’empêchait de vous aborder. Le monde appartient aux beaux parleurs. Hélas, je n’en faisais pas partie.

Lorsque vous m’avez confié cette lettre pour Giambattista que je devais revoir la semaine suivante, j’étais désespéré. J’ai déposé la missive dans une valise avec d’autres courriers puis je l’ai oubliée.

C’est à moi qu’elle aurait dû être envoyée, surtout pas à Giambattista, qui déjà était marié et peut-être bientôt père de famille !

Aujourd’hui, je me pose des questions :

Est-ce que j’ai sauvé le mariage  de Giambattista ?
Est-ce que je vous ai privée d’un grand bonheur ?

Désolé, chère Coralie, la jalousie m’a fait perdre la tête.

Je vous renvoie cette lettre. Vous pourrez la détruire et l’oublier. Ou bien ranimera-t-elle la flamme, comme le chantait si bien Jacques Brel :


« On a vu parfois,
Rejaillir le feu,
D’un ancien volcan,
Qu’on croyait trop vieux » 

19 décembre 2023

Kangourou et tortue / Anne J.

lettrines-aquarellees-par-gaston-touraine k comme kangourou

Un kangourou cacochyme et crevard
Clamait dans la campagne :

« Je claque du clapet
Et je crie aux quatre coins du monde :

Qui a cramé ma cornemuse et croqué mes kakis ?

Quel coquin cavale avec mes kiwis ?

Quand a commencé ce cauchemar compliqué ?

Mais qui vois je crapahuter clopin-clopant
Fuyant une cavalcade de canassons
Devant ma cabane ? »

lettrines-aquarellees-par-gaston-touraine t comme tortue

Une talentueuse tortue
Tuant le temps en trottinant
Toute tordue et très tourmentée  ?

Elle tente une terrifiante traversée du territoire
Pour atteindre les tréfonds du tertre
Et tapisser le fond du trou
De ses tout petits œufs.

Ayant terminé sa tâche
La tortue tourna tristement la tête
Vers le kangourou :

- Un tango, ça te tente ?

- Et comment !

Qui l’eût cru ?

La tortue et le kangourou ne se quittèrent plus.

6 février 2024

La Famille M. / Jean-Paul

 

 

C'était au temps, au temps des balbutiements, au temps des balbutiements de la photographie.

 

Au temps... mais pas autant que ça. D'abord la photographie en couleurs existait déjà. C'était au temps des balbutiements du XXe siècle. Comme à toutes les époques on avait prononcé des vœux pour que le progrès apporte du bonheur à tout le monde. Mais le progrès est un drôle de zigoto, un méchant sacripant. Au lieu du bonheur il a livré la Première Guerre mondiale.

 

Alors les belles épaulettes du capitaine, ses clinquantes médailles arborée comme des trophées, son quant-à-soi et ses gants blancs ont peut être connu la boue de Verdun, les tranchées de 14-18, le raffut des bombardements.

 

Et dès lors ce portrait est une aimable parenthèse et ce balbutiement photographique est un chef-d'œuvre.

 

***

 

Toutes les photos de la famille M. sont en vrac les unes par-dessus les autres dans une chemise bleue. Aucune indication sur la couverture. Rien d'écrit au dos de chacune, excepté sur celle des institutrices en chignon : « Madlle Roset in memory of the year 1899-1900 ».

 

Elles sont toutes en noir et blanc, pour beaucoup de belle qualité, prises par un photographe professionnel. Il faudrait dresser la liste de ces artistes de l’immortalisation pour qu'on se croie dans un roman de Patrick Modiano :

 

Louis, 29 boulevard Saint-Martin Paris ;
E. Hoffmann Genève ;
F. Besson Chambéry ;
Baillif-Vial Annemasse.

 

***

 

Parfois je me demande si ces gens et si moi-même qui ai pratiqué le sport photographique en laboratoire amateur nous n'avons pas vécu notre vie dans un monde qui était lui-même en noir et blanc !

 

***

 

De Mademoiselle Roset nous savons qu'elle était institutrice parce que la chemise bleue contenait son « Brevet de capacité pour l’enseignement primaire ». On lit sur ce document sa date et son lieu de naissance. On subodore, parce qu'on a trouvé le même certificat au nom de Théophile M. que l'on se trouve en présence d'un couple d'instituteurs. Sont-ils de ceux qu'on appelait les hussards noirs de la République ?

 

***

 

 

On confierait bien l'enquête à Florent Fouillemerde, le plus amateur des détectives privés que nous connaissions, mais il a pris sa retraite la semaine dernière. On a arrosé ça avec un planteur martiniquais concocté par dame Brigitte donc je ne vous dis que ça.

 

Et c'est pourquoi on ne peut compter que sur le jeu des ressemblances pour essayer d'identifier Théophile et Sophie.

 

Ils sont certainement les parents de Guy et Serge M. dont les certificats d'études primaires figurent eux aussi dans la chemise bleue.

 

Comment se prénommait le troisième frère ? Il y a plusieurs photos du trio : enfants dans une blouse à carreaux, jeunes hommes brillantinés en costume des années 30, en mode Charles Trénet, et puis, plus âgés, la fleur à la boutonnière sur une photo prise peut-être en marge d’un mariage mais pas celui de la grande photo.

 

Marina Bourgeoizovna, ma collaboratrice à moi, a connu Serge M. et l'a identifié au deuxième rang à droite.

 

J'ai tendance à penser que Théophile et Sophie jeunes sont sur la photo de E. Hoffmann, celle où l'on voit un berceau blanc. Mais il y a un air de ressemblance entre Sophie et la compagne du capitaine. S'agirait-il de deux sœurs ?

 

***

 

On peut très bien se dire que cela n'a pas d'importance. Sans ce syndrome de Diogène qui caractérise quelque peu ma belle-famille - on ne jette rien, ça peut toujours servir ! - ces photos auraient pu partir à la baille et j'aurais pu ne jamais entrer en contact avec elles.

 

Mais on a beau être huit milliards d'individus sur la terre je sais que je dois être reconnaissant à Théophile et Sophie d'avoir engendré Serge et je dois être reconnaissant à Serge et Lucienne d'avoir engendré Colette.

 

Et si Colette qui était la marraine de Marina B. n'avait pas trouvé ce travail à la B.N.F. à Anne F. et si je n'avais pas sympathisé avec cette native du Capricorne qui m'as mis en contact avec Marina et si et si et si... je ne serais peut-être pas aussi heureux qu’en ce moment, à Rennes, à jubiler intérieurement des espèces de farces, d'histoires et d'émotions que l'on peut tirer d'un paquet de 23 vieilles photos en noir et blanc en compagnie de sept personnes dotées d'imagination et d'humour : il leur en faut, ne serait-ce qu'un peu, pour supporter ainsi mes consignes d'écriture excentriques !

13 février 2024

Voyage en Absurdie / Maryvonne

 

Quand à la Saint Valentin mon amoureux m'a offert un voyage en France, je l'ai trouvé assez radin !
 

- Ah ! Mais il fallait pas ! » dis-je dans une grimace. En plus je devais choisir la destination.
 

- Ben ! Ben ! Tu sais que j'aime les destinations exotiques et il n'y en a pas bézef dans ta liste !
 

Il me suggère gentiment - je ne vous avais pas dit, c'est un gentil - donc il me suggère la route des vins d'Alsace. Je me demandais bien ce qui l'avait motivé.
 

J'imagine pourquoi : parce qu’il sait que je suis beaucoup plus marrante après un petit verre de blanc, un petit coup dans le nez des vignes !
 

Bon, tout ça ce n'est pas la mer à boire mais plutôt des Sylvaner, des Riesling, des Gewurztraminer et des Pinot gris. Pourquoi se plaindre ?
 

- Nous goûterons les vendanges tardives, me dit-il avec gourmandise. Tu sais, ces vins au caractère aromatique auquel s'ajoute la puissance due au phénomène de concentration et au développement de la pourriture noble.
 

Je rêve ou il m'a bien parlé de pourriture ? Attends ! Je vais l'embêter un peu.
 

- C'est OK mais je veux aller dans les villes dont les noms vaudraient auraient au moins trente points au scrabble !
 

- Mais, rétorque-t-il, tu n'as pas le droit aux noms propres dans ton jeu de vieilles, là !
 

- Oui, mais si ce sont des noms avec de la pourriture, ils ne sont plus si propres que ça !
 

Je le répète : il est gentil alors il a cherché. Forcément c'est fastoche c'est la région idéale pour les noms tordus. Il a trouvé Scharrachbergheim, Wintzenheim, Niedermorschwhir. Comment je vais pouvoir demander mon chemin avec des noms pareils ?
 

 

Bon ! Je ne suis pas encore au stade de me casser une jambe pour annuler ce voyage. Avec une mauvaise foi, je dis d'accord, on va aller se rouler dans la choucroute, manger light, saucisses, lard, charcuterie, tarte à l'oignon, brioche, kouglof. Ne viens pas pleurer le Lacryma Christi si tu prends du poids ! Par contre tu as intérêt à convoquer les cigognes et qu'elles me fassent un ballet gracieux de cheminée en cheminée. Je sais que les vendanges sont trop tardives pour qu'elles m'apportent un bébé mais on pourrait rêver au fond de ces verres aux longs pieds verts typiques de la région et on écrirait ensemble quelques vers sur la Saint-Valentin.

13 février 2024

Voir un petit coup / La Licorne

 - Chez l'ophtalmo -
 

- Bonjour Monsieur Martinez ! Comment allez-vous ?
 

- Bien, bien, merci. 
Mais vous pouvez m'appeler Laurent, 
Monsieur Müller !
Vous vous souvenez quand même 
que nous avons gardé les cochons ensemble ?
 

- Si je m'en souviens ! Inoubliables, 
ces années d'enfance à Marseille !
Qu'est-ce qu'on a ri !
L'Alsace, c'est autre chose...
Mais bon, ma femme est d'ici, 
et mes grands-parents aussi, tu sais...
 

- Personne n'est parfait !
 

- Tu prendras bien un petit Gewürtz, 
pour fêter nos retrouvailles... ?
J'ai une bouteille dans mon bureau...
 

- Tu n'as pas changé, je vois...Oui, je veux bien , 
même si ça ne vaut pas le pastis !
 

Une demi-heure plus tard, 
après deux ou trois coups "derrière la cravate"... 
 

- Bon, on s'y met ? 
Je ne peux pas faire trop attendre le suivant.
 

- On y va...on y va...Peuchère, c'est quoi ce tableau ?
 

- C'est tout nouveau. Offert gratuitement par la région. 
N'aie pas peur, ce n'est qu'un mauvais moment à passer... 
Regarde bien ma règle.
 

- Ta règle ? Hum, j'en vois deux... :-)))
 

- Arr...arrête de p-plaisanter...concentre-toi !
 

- "Alsace" !
 

- Oui !
 

-" O-ber-nai" !
 

 - Bien !
 

- "Ri-que-wihr" !
 

- Parfait !
 

- "E-goui-chem" !
 

- Hum...
 

- "Biskot-chième"
 

- Ouille !
 

- "Amer-kir" ?
 

- T'exagères, Laurent !
Fais un effort , sinon, tu vas re-re-ssortir d'ici 
avec des verres ...co...omme des loupes ! 
 

- "Aimer-chier" ???
 

- De mieux en mieux...Allez, on fait une pause. 
Reprends un p'tit verre, ça va t'éclaircir la vue.
 

- Ouais, bonne idée !
 

 Un quart d'heure plus tard... 


-
On s'y remet...?
Allez,on reprend les petits caractères, 
tout en haut. Applique-toi !
 

- Ok. 
 

- "Texte de vue" ?
 

- Ouiiii !
 

- "Avant...avant de prendre la rou-oute, 
un petit vin d'Alsaaaace..."
 

- Eh bien, voilà, c'est pas plus compliqué que ça !
10 sur 10 !

Quand même, on ne vantera jamais assez les bienfaits
du vi...vignoble alsacien !

Je te signe ton papier pour le permis poids-lourd...
et, Lolo, maintenant qu'on a repris contact,
passe-nous voir quand...quand tu veux...
à Nie...Niederschaeffolsheim !

 

AEV 2324-19 La Licorne - Alsace

 
10 octobre 2023

Nostalgie-sur-mer (2) / Maryvonne

2023-08-15 Nikon 20

Dans cette ville en bord de mer, point n'est besoin de monument ultra-moderne. On se plaît à redécouvrir le côté désuet des magasins, de la poste, des cafés à l'ancienne comme chez Marion. Pour un peu on s'imaginerait en crinoline, une ombrelle à la main, coiffée d'une capeline avec des roses sur le côté. On se la joue « bella vita » jusqu'à prendre un air privilégié, un peu poseuse au café de la Plage, genre la belle époque.

Soudain apparaît la baigneuse de 11 h 05 ; elle nage jusqu'à midi. C'est bien de connaître les habitudes des résidents ou des touristes, il semble alors que l'on fait corps avec eux.

Tiens je remarque que trois sœurs se retrouvent chaque soir sur un banc face à la mer. Elles attendent le coucher de soleil et espèrent voir un jour le fameux rayon vert.

A «  l’Hôtel Frédéric », quand la patronne parle de nous avec le vieux loup de mer, qui vient s’asseoir sur le bord de la fenêtre, elle nous appelle du terme générique «  les baigneurs » qu'elle donne à ses pensionnaires. C'est une vieille habitude locale.

2023-08-14 Nikon 14Pas de séjour sans une séance de moules-frites chez la Mamma, rue de la Petite île et une choucroute de la mer à la « Coquillonne », rue Émile Zola. Il semble qu'il soit passé par là. Dans la soirée Violette et moi succombons à une glace, celle aux fruits de la passion est mon péché mignon. C'est avec un peu de culpabilité qu'une fois au moins nous achetons les chouchous à la baraque foraine. C'est en fait un camion avec un nom évocateur « Chez Mignon ». On le retrouve à Rennes à la fête foraine de décembre. On se dit alors qu'il doit y avoir encore quelques grains de sable sous le capot.

Par contre, au même stand, nous ne jouons plus à ces jeux appelés « baise-couillons » depuis longtemps, pour décourager nos enfants. Tout comme on ne se laisse plus avoir par les affiches qui nous proposent des spectacles comme « Guignol et le brigand » ou « Toto le clown ».

D'autres spectacles nous enchantent comme, quand vient la bonne brise, la danse des cerfs-volants qui croisent les oiseaux voyageurs. Tout est à observer. Chacun commente les vagues, la paisible comme la déferlante qui parfois vous arrose lors du ressac. Tout cela façonne des souvenirs de vie.

Je pense avec un pincement au cœur à tous ceux qui n'ont jamais vu la mer. A l'instant présent elle vient d'arriver salle Mandoline et recouvre ma feuille. Je suis à la pêche à la ligne avec mon crayon.

2023-08-14 Nikon 62

12 décembre 2023

Consigne d'écriture 2324-12 du 12 décembre 2023 : Elliott Erwitt

Elliott Erwitt

 

 

elliott_erwitt

Elliott Erwitt est un photographe documentaire américain considéré comme l’un des maîtres dans son domaine. Connu pour ses images en noir et blanc candides et souvent drôles, Erwitt est responsable de quelques-unes des plus emblématiques photos du XXe siècle, notamment des portraits de personnalités comme Marilyn Monroe, Che Guevara et Richard Nixon. Vivant à New York, Erwitt voyage beaucoup pour ses commandes. Tout au long de sa carrière, l’artiste publie de nombreux carnets photos, souvent sur des chiens. « Le travail qui m’intéresse est terriblement simple », note-il humblement en 1988. « J’observe, j’essaie de divertir, mais surtout je veux des images qui soient émotion. C’est ce qui m’intéresse dans la photo ».  Il est décédé le 29 novembre 2023.

Vous choisissez une photo parmi les quinze proposées et vous commencez à écrire, sachant que deux autres photos vous seront distribuées, une par une, et influeront sur l’écriture de votre texte puisqu’il devra être illustré par ces trois photos en fin de course.

Pour la version en ligne, choisissez trois photos qui se suivent dans ce tableau et écrivez-nous un texte qui mène de la première à la deuxième et nous emmène ensuite jusqu'à la troisième.

Elliott Erwitt - Lucienne Vna Kan 1954

Elliott Erwitt - Versailles 1975

Elliott Erwitt - Dog legs New-York 1974

 1 Lucienne Van Kan 1954

2 Versailles 1975 

 3 Pattes de chien 1974

Elliott Erwitt - Marilyn New-York 1956

Elliott Erwitt - Le Garçon à la baguette Provence 1955

Elliott Erwitt - Che Guevara 1964

 4 Marilyn Monroe 1956

 5 Provence 1955

 6 Che Guevara 1964

 Elliott Erwitt - La Tour Eiffel 1989

 Elliott Erwitt - Prado madrir 1995

 Elliott Erwitt - Bulldogs on stoop New-York 2000

 7 Paris 1989

 8 Madrid, Musée du Prado 1995

 9 New-York 2000

Elliott Erwitt - California kiss 1956

Elliott Erwitt - Dali 1963

Elliott Erwitt - Metropolitan museum 1988

 10 Santa Monica 1955

 11 Salvador Dali 1963

 12 New-York 1988

Elliott Erwitt - Paris 1970

Elliott Erwitt - Wilmington 1950

Elliott Erwitt - Wyoming 1954

 13 Paris 1970

 14 Wilmington 1950

 15 Wyoming 1954

 Vous pouvez admirer d'autres photos d'Elliott Erwing ici où nous les avons empruntées.

21 novembre 2023

Tout un cinéma / Maryvonne

AEV 2324-09 Mitsumasa AnnoLe jour suivant Mitsumata s'émerveilla devant les arcades où l'ombre était bienfaisante. La chaleur lui tombait sur les épaules comme un couperet. Mais plus horrible était la vision de la guillotine qui préfigurait une exécution où, là, la tête tomberait vraiment des épaules. Hormis qu'il ou elle n'aurait plus jamais de coiffeuse la mort n'avait aucun avantage. Que l'on soit le toréador encorné par le taureau ou le soldat victime d'un mousquet, la mort avait le même résultat.

C'est étonnant de réunir dans un même endroit la vie bouillonnante d'un marché avec des peintres, des sculpteurs, des marchands, des marionnettes et la veuve rouge.

Au centre un capitaine au long-cours a exposé son bateau dans le but sans doute de constituer son équipage. Ceux qui rêvent de voyage ne savent pas que s’ils signent, ils embarqueront pour une vie de galère sauf si c'est juste pour un rôle dans un film.

Du haut de sa monture Mitsumata s'étonne du mélange des époques et se dit que c'est peut-être, là, Cinecittà avec sous ses yeux les accessoires de cinéma car les affiches de Jean Gabin, Sophia Loren, Charlie Chaplin et Marilyn Monroe nous emmènent au XXème siècle et non au temps de la Louisette.

Un accessoiriste convoie sur un chariot la statue de la louve avec Romulus et Remus.

Pour mettre toute cette scène en musique, un violoncelle attend son heure à l'entrée de l'église pour jouer la symphonie de la « Commedia del Arte » : Moteur ! Action ! Et si vous montez les marches de la raccourcisseuse, ne coupez-pas !

AEV 2324-09 Maryvonne

21 novembre 2023

Mitsumasa en Italie / Marie-Thé

AEV 2324-09 Marie-Thé 01

Le jour suivant, Mitsumasa parcourt les rues de la banlieue de Venise.

Personne ne semble remarquer ce cavalier à l’allure fringante sur son beau cheval bai dont les fers claquent sur le sol. Les rues sont quasiment désertes à cette heure matinale.

Un moine passe rapidement près de lui, la tête baissée, comme s’il avait quelque chose à cacher pense Mitsumasa. Peut-être fait-il tout simplement ses prières du matin ?

Pourquoi donc le tailleur ferme-t-il sa porte sur son passage ? C’est son jour de fermeture. Dommage pour Mitsumasa qui aurait aimé se faire tailler une veste !

Au bâtiment suivant, il voit le garde champêtre coller une affiche sur le panneau de la Mairie.

Que se passe-t-il ? Curieux, Mitsumasa s’approche et lit : « Une statue qui se trouvait dans le clocher a disparu. Le voleur est recherché ».

AEV 2324-09 Marie-Thé 02Quelques rues plus loin, il entend un chœur de femmes chanter joyeusement « Connaissez-vous les lavandières ? » Il connaît cette mélodie et se dirige allègrement vers les voix, tel Ulysse vers les Naïades de la légende Grecque.

- Hello beau chevalier, approche, nous allons laver ton linge !». Tu peux te baigner si tu veux, nous chanterons pour toi. Lorsque Mitsumasa arrive près de la fontaine les trois femmes l’éclaboussent en riant.

AEV 2324-09 Marie-Thé 03Il poursuit son chemin et passe devant une diligence dans laquelle montent deux moines chargés d’un gros colis. Il pense alors à la statue volée mais décide de ne pas se mêler de cette affaire. Il a de l’imagination mais cela lui a déjà joué bien des tours.

Un petit garçon, son cartable sur le dos lui indique une auberge où il pourra s’installer. C’est la plus jolie maison du quartier. Des jardinières chargées de fleurs égaient la façade surmontée de pierres de taille donnant à l’ensemble l’allure d’un petit château. Il décide de se reposer dans cette auberge. Il pourra ainsi se restaurer et écrire à sa mie pour lui raconter sa journée.

 

21 novembre 2023

Le Voyage raté de Mitsumasa / Anne J.

AEV 2324-09 Anne J

 

Le jour suivant, Mitsumasa sortit de très bonne heure le matin. Il traversa la place déserte, au centre de laquelle trônait le navire qui s’embarquerait très bientôt pour le Nouveau monde et souleva le couvercle de l’une des deux malles qui attendaient leur chargement tout près des tonneaux de beaujolais nouveau. Il partait loin de tout cela, il n’en pouvait plus de sa vie et de son encombrante famille.

 

 

 

AEV 2324-09 Anne JSon beau-frère qui avait exercé un temps le dangereux métier de toréador vendait désormais des glaces italiennes aux enfants et on l’entendait clamer du matin au soir : « Gelati ! Assaggiare i meravigliosi gelati di Faustino ! »  (vous pouvez bien imaginer que cela signifie : « Goûtez les merveilleuse glaces de Faustino ! »). De plus il avait une abominable voix de chanteur d’amour et chantait faux mais ses enfants l’adoraient.

AEV 2324-09 Anne JSa femme, la belle Livia ne jouait plus de violoncelle, elle l’avait mis en vente au bénéfice des pauvres de l’Église, encouragée en cela par un prêtre italien du nom de Antonio quelque chose, dont elle était tombée éperdument amoureuse.

Mitsumasa ne voyait pas du tout ce qu’elle lui trouvait et faisait toutes les nuits des rêves qu’il espérait prémonitoires, dans lesquels le bel Antonio finissait guillotiné en place publique. Il voyait sa tête avec ses cheveux roux, rouler dans le panier et son corps désarticulé jeté dans une charrette comme une marionnette sans succès, En route pour le cimetière de San Michele et la fosse commune ! 

AEV 2324-09 Anne JMitsumasa voyait tout dans sa cachette, grâce aux fentes entre les lattes de bois : il apercevait un homme et une femme candidats au voyage avec leur maigre bagage et les religieuses sortant du couvent de la place pour prendre l’air et se distraire un peu : en voila deux qui se mettent à parler tandis que deux autres admirent un landau à vendre dans l’étal de bric-à-brac au pied de la chapelle, comme si elles pouvaient en avoir l’usage !

Allait-on embarquer cette lourde Pieta en marbre ou bien ce piano abandonné, à moins qu’on ne préfère un cheval à bascule ?

Soudain, une femme s’approche du marin qui surveille la cargaison et veut lui acheter la malle dans laquelle se trouve Mitsumasa bien caché pour attendre son départ vers une nouvelle vie. Elle prétend vouloir meubler son salon de coiffeuse avec des objets marins :

- C’est la mode, dit-elle, et je voudrais aussi un cabestan, une lampe tempête, des cordages et une boussole. Je prendrais bien aussi le canot de sauvetage mais mon salon est trop petit !

Le marin hésite : avec tout cet argent, il pourrait aller boire quelques bières à la taverne.

Et voilà qu’arrive le capitaine du navire, avec son bandeau de pirate et sa jambe de bois

AEV 2324-09 Anne J- Mon matériel n’est pas à vendre, dit-il en brandissant son sabre. Vous ne voulez pas plutôt une décoration chinoise ? Allez voir en face : il y a un étal de chinoiseries, en marchandant un peu vous l’aurez pour un bon prix.

La femme insiste, sort des billets de son réticule et fait des œillades au pirate qui se sent tout émoustillé. Pourquoi pas après tout ? se dit-il. Avec cela je pourrais m’offrir un beau mousquet pour mon prochain voyage.

- Allez , je vous laisse la malle et deux lampes-tempêtes et débarrassez moi le plancher !

Et voilà comment Mitsumasa se retrouva au beau milieu d’une volière de femmes en bigoudis ! C’était un Nouveau monde aussi mais pas celui dont il rêvait. Il dut attendre la nuit tombée pour sortir de sa cachette et se faufiler sur la place à nouveau déserte pour rentrer chez lui.

Sa femme l’accueillit avec un aimable «  Alors ? T’étais ou ? » et Mitsumasa se dit que demain il retenterait sa chance.

21 novembre 2023

Consigne d'écriture 2324-09 du 21 novembre 2023 : Le Jour suivant

Le Jour suivant

 

C'est le titre d'un livre, ou plutôt d'un album d'illustrations muet, du graphiste japonais Mitsumasa Anno, paru à L'École des loisirs en 1979.

On y voit les étapes du périple que le dessinateur a accompli en Europe en 1963, 1975 et 1978. Les lieux représentés sont un mélange de médiéval et de contemporain assez surprenant.

Vous allez choisir une des images de l'album. L'incipit de votre texte sera obligatoirement "Le jour suivant, Mitsumasa..."

Vous devrez obligatoirement inclure dans votre texte les cinq mots qui figurent sous l'image choisie. Vous essaierez de décrire un maximum d'éléments de détail de cette image.

AEV 2324-09 Mitsumasa Anno  AEV 2324-09 Mitsumasa Anno
Linge
Cartable
Clocher
Fleurs
Statue
Cavalier
Diligence
Bicyclette
Jarres
Lavandière
 AEV 2324-09 Mitsumasa Anno  AEV 2324-09 Mitsumasa Anno
Pigeons
Kiosque
Ballons
Oeil-de-boeuf
Dôme
Calèche
Tuiles
Arcades
Cheval
Clocher
 AEV 2324-09 Mitsumasa Anno  AEV 2324-09 Mitsumasa Anno
Religieuse
Porte-voix
Landau
Caravelle
Échafaud
Violoncelle
Toréador
Marionnette
Mousquet
Coiffeuse
 AEV 2324-09 Mitsumasa Anno  AEV 2324-09 Mitsumasa Anno
Photographe
Bonneteau
Terrasse
Plan
Spaghetti
Rialto
Pigeon
Gondole
Cloche
Arcade
30 janvier 2024

Roman noir / Anne J.

AEV 2324-17 Série noire 2

- Fais pas le clown et lève les mains bien haut sinon je tire ! dit-elle dans son dos. On peut savoir ce que tu cherches ?

Griselda était sur le point d’aller à son rendez-vous quand elle avait vu son chat dresser une oreille et sauter d’un bond du canapé, tous les sens à l’affût. Elle avait alors saisi le pistolet posé sur le guéridon et avait tiré le rideau. Un homme en costume cravate et aux cheveux gominés se tenait dans son entrée et s’apprêtait à fouiller dans le petit meuble. Ses chaussures blanches et sa cravate à pois lui donnaient un air de mafieux.

Griselda avait déjà mis son manteau pour sortir et était sur le point de rejoindre Lionel, son mentor et amant à l’occasion, pour un vernissage d’art quelque part en ville. Griselda n’aimait pas particulièrement les immenses tableaux dégoulinants de couleur de ce peintre mais Lionel avait insisté :

- N’exagérons rien, ses tableaux sont trop grands mais il a quand même du talent et surtout il sait comment se procurer des faux passeports pour l’Amérique du Sud ! Au pire, qu’est ce qu’ on risque ? Un mal de crâne !  ».

Quand les chemins de Lionel et de Griselda s’étaient croisés, Lionel dealait des carambars, des cigarettes et un peu de coke dans les quartiers louches de la ville. Griselda, elle, avait de l’ambition. Elle avait un temps fricoté avec un valseur énigmatique dénommé Roberto qui braquait des banques et se faisait ainsi pas mal de pognon mais Griselda, dans un moment de frustration conjugale, lui avait un jour lancé : «  Tu ronfles et tu pues des pieds en plus d’être un minable petit braqueur ! ». Roberto n’avait pas aimé l’accusation et lui avait hurlé dessus  « Adieu, ma jolie !». Il lui avait tiré sa révérence.

AEV 2324-17 Anne J

 Griselda s’était un moment sentie la reine des pommes d’avoir, pour un instant de colère, perdu un protecteur plutôt arrangeant. Elle avait repris quelques semaines son petit commerce au bistrot du quartier, justement nommé « Au rendez vous des tordus » avant de croiser sur sa route l’ambitieux Lionel, ses juteux trafics et son argent facile. Mais Lionel avait des ennuis et devait se mettre un peu à l’ombre le plus loin possible de Gérald et de ses sbires qui lui réclamaient beaucoup, beaucoup trop d’argent d’où l’Amérique du Sud.


- T’es pris la main dans les sac, mon coco, surveille tes arrières ! lui dit-elle en lui enfonçant le canon du pistolet dans le dos.

AEV 2324-17 Anne J

- Ne nous énervons pas ! tenta le gominé.

- Avance, crétin ! lui répliqua t elle. J’ai à faire et pas le temps !

Elle le poussa malgré ses protestations vers l’escalier de la cave.

- Non pitié, pas la cave, gémit l’homme , mort de trouille, j’ai peur du noir !

- Fallait y penser avant, moi je n’aime pas les fouineurs. T’espérais trouver quoi d’ailleurs et tu es envoyé par qui ?

L’homme resta muet ; il transpirait et une odeur aigre et désagréable commençait à se répandre dans le couloir, mettant les nerfs de Griselda en boule : elle avait l’odorat très sensible. Ils descendirent l’escalier, lui devant et elle derrière lui bottant les fesses. Griselda prit une corde sur l’étagère et le saucissonna proprement, se moquant de froisser son beau costume. L’indiscret se recroquevilla aux pieds de la sirène en pleurnichant.

- Pleure ! lui assena t elle froidement, tu pisseras moins ! Je vais à mon rendez-vous et on reviendra s’occuper de toi plus tard ! Et tu parleras de gré ou de force !

Et elle remonta l’escalier, claquant la porte derrière elle malgré les geignements de l’enfermé qui appelait sa mère. Elle remit un peu de rouge à lèvres et se dépêcha de rejoindre le métro le plus proche. Lionel n’aimait pas attendre, il allait être de mauvais poil.

30 janvier 2024

Les Tribulations d’Antoine / Marie-Thé

AEV 2324-17 Série noire 2

 Chapitre 1 - Antoine

- Adieu ma jolie ! dit Antoine avant de s’écrouler devant Pam qui l’a mis en joue avec son pistolet.

- C’est le bouquet ! se dit Pam en s’approchant d’Antoine. Il est mort de trouille avant que je tire !D’ailleurs, est-il vraiment mort, cet hurluberlu ? Ça n’arrive qu’à moi ces histoires !

AEV 2324-17 Marie-Thé - Tahiti

Après le casse de la Banque, cette fripouille – dixit le Caïd - avait filé à toute allure avec le magot. Son intention était de planquer la plus grosse part des petites coupures puis de partir à Tahiti avec le reste pour vivre son rêve, profiter du soleil sur des plages paradisiaques, pratiquer des sports nautiques dans la mer bleue turquoise et manger du poisson cuisiné par des Vahinés affriolantes.

Dans quelques mois, il serait revenu récupérer le reste du trésor !

Hélas pour lui, le Caïd et ses sbires l’ont kidnappé à l’aéroport et ramené au PC. Évidemment, ils ont découvert, dans sa valise, le modeste acompte qu’Antoine s’était réservé pour partir. Le Caïd a chargé Pam de faire avouer à Antoine, par tous les moyens, où celui-ci a caché le reste du magot.

Afin de le faire sortir de sa torpeur, Pam le secoue, lui donne des coups de pieds, le gifle.

Lorsque Antoine reprend ses esprits, il attrape les chevilles de Pam et lui dit :

- Tu es la fille de mes rêves, partons tous les deux !

Elle est stupéfaite… pas du tout indifférente au charme d’Antoine… mais quand même, son mec c’est le Caïd…

Chapitre 2 - Les Hésitations de Pam

(à suivre... peut-être !)

23 janvier 2024

Concertiste / Maryvonne

AEV 2324-16 Maryvonne - Doisneau 2

De Lui, tout ce que je sais, c'est que je n'aurais pas voulu être à sa place. L'image que j'ai choisie c'est le milieu de mon histoire. Il y a un avant et un après et pour relier le tout je crois bien que j'ai eu tort de me mettre à ma place, raconteuse, dans cet instant « T » totalement improbable.

Ce matin-là, l'homme en trench-coat était en pyjama comme tout un chacun, enfin pas tout à fait, il avait remis son pyjama pour aller déjeuner après un câlin matinal.

C'est comme ça, certains sont du matin, d'autres du soir et comme dirait ma copine « ça ne nous regarde pas...mais ça nous intéresse » . En fait il était tendu et il avait besoin d'évacuer son stress. Ce foutu concert qui se profilait pour la fin de journée, ce n'était pas rien. Sa tartine était tombée du côté de la confiture, son café trop tiède et sa femme le regardait avec un sourire un peu moqueur.

Après avoir cherché ses partitions, fait quelques exercices de répétition il arriva vite à midi sans avoir faim.

AEV 2324-16 Maryvonne - Doisneau 1Il s'obligea à une sieste pour affronter la longue soirée à venir. Il allongea sur le lit sa tenue de gala : chemise, plastron, nœud papillon et son smoking. Il chercha ses boutons de manchette en râlant et en s'énervant. Il essaya de se relaxer dans un bon bain. Et tout propre, tout neuf se glissa dans son costume. Avant de quitter l’appartement il prit son trench-coat pour être plus discret lors du voyage en métro et termina par l'accessoire principal, son violoncelle. En route pour l'opéra, anxieux mais fier.

Au moment de monter dans la rame un coup de coude maladroit d'un voyageur sépara le musicien de son instrument créant ce terrible instant « T » : l'un dans le wagon, l'autre encore sur le quai.

AEV 2324-16 Maryvonne - Doisneau 3Qu'auriez-vous fait dans cet instant de stupeur ? Vous mettre à rire peut-être ? C'est nerveux. Essayer d'ouvrir les portes ? Elles sont les plus fortes ! Actionner le frein ? C'est sans doute ce que fit un autre voyageur qui, lui, avait les mains libres.

Mais on arrête pas le métro ainsi car aussitôt la police intervient. Vos papiers ? Mais il les avait laissés dans son autre costume. Votre ticket de transport ? Il ne prenait pas d'argent sur lui quand il allait à l'opéra. Et c'est ainsi qu'un violoncelliste s'est retrouvé « au violon ».

Pour finir il y a deux solutions :

 Il perd son poste dans l'orchestre

 Les gendarmes l'emmènent dans le panier à salade avec la sirène deux tons et il fait une entrée triomphante sur la scène de l'opéra.

Vous cochez la fin qui vous chante.

16 janvier 2024

Tracas et linotte / Anne J.

 

 

 

AEV 2324-15 Anne JJe m’efforce comme bien des gens de ma connaissance et de mon âge de fréquenter le moins possible le corps médical. On dirait que pour justifier le prix modique de leur consultation, ils s'obstinent à vous trouver des maladies, que vous avez sans doute depuis très longtemps et avec lesquelles vous vivez depuis presque toujours. Et à cause de cette découverte, vous serez obligés de revenir ou de faire un contrôle ou de suivre un traitement pour lequel vous devrez prendre rendez-vous un mois avant de préférence pour le renouvellement. Et mon expérience personnelle me fait constater que c'est pire avec les jeunes remplaçants pleins de fougue de leurs connaissances fraîchement acquises.

Je ne fréquente pas beaucoup les administrations ou les assurances et là aussi le moins possible mais j'ai récemment dû, un lundi, déclarer deux dégâts à mon assurance, qui me l'a d'ailleurs fait remarquer : 

AEV 2324-15 tempête- C’est votre deuxième sinistre cette année ! » , m'a dit la dame d 'un ton perfide. C'est compris, pas de troisième déclaration avant 2025. Mon premier tracas fut minime : un chapeau de cheminée et quelques tuiles que la tempête Ciaran avait arrachés. Là pas question d’impro : je déclare zéro tracas, zéro bla bla et remboursement sans discussion. A mon avis il y avait plus grave dans le quartier !

Le second fut un dégât des eaux dans ma cuisine mi-décembre. Le plancher de la cuisine, à l'origine collé sur le sol, était devenu flottant et on se serait cru sur une prairie détrempée ou sur le trottoir de bois d'un marécage. Si cela vous est déjà arrivé, vous savez que c'est un peu urgent de faire quelque chose !

- Désolée, m'a répondu la personne chargée de mon dossier, notre expert ne pourra pas passer avant le 29 décembre, il a beaucoup de travail.

Le 29 , tout était rentré dans l'ordre, mais il était trop tard, l'expert n'a à peu près rien vu , sauf les photos.

L'administration, je la fréquente en ce moment pour ma tante âgée pour qui on a demandé l'APA et je dois avouer que j'ai poussé un gros soupir en voyant la tonne de documents que doit fournir, pour toucher quelques centaines d'euros, une personne de 99 ans qui ne sait même pas où elle a mis ses sacs poubelles ! Alors les justificatifs d'emploi des personnes qui défilent chaque jour pour l'aider pendant ces six derniers mois , vous pensez bien ! Serais je assez mauvaise langue pour dire que c'est une façon de faire des économies à Bercy ?

Mais j'oubliais de vous raconter mes rapports assez tendus avec ma « linotte ». Je veux parler ici de mon GPS préféré et de ses caprices. Il n'est pas tout récent mais nous avons appris à nous connaître et malgré ses humeurs, je ne saurais m'en passer dans les villes inconnues ou sur les routes bretonnes mal signalées ou bien indiquées d'ailleurs mais où j'ai, dans le crépuscule de l’hiver, bien du mal à lire les pancartes.

AEV 2324-15 Anne JUn jour il a refusé tout bonnement de se mettre en route, je crois que c'était en plein centre de Bayeux. Pas de cartes, pas de pancartes, débrouille-toi !

Dimanche dernier sur la quatre voies neuve entre Pontivy et Loudéac, la voiture sur l'écran était en plein champ, entre deux routes et a indiqué pendant 20 kms « calcul en cours ». Croyez le si vous voulez , j'ai roulé sur la 4 voies , regardé les panneaux et évité biches et faons sur mon parcours.

Dans certains trajets elle choisit le plus court quitte à vous faire passer par de minuscules venelles qui sont presque des chemins pour les tracteurs.

Mais ce que je préfère c'est quand elle annonce sur une autoroute d'un ton sans appel : « Faites demi tour dans les plus brefs délais !». Alors là je lui fais la tronche !

Ben voyons, qui c'est qui commande ici ?

23 janvier 2024

Consigne d'écriture 2324-16 du 23 janvier 2024 : Cartes postales

Cartes postales

 

Voici un choix de dix-huit cartes postales. Vous sélectionnerez celle ou celles qui vous inspirent et vous écrirez autour de ce thème de la carte postale - ou pas. Vous pouvez aussi divaguer à partir de ce que ces images représentent.

Vous devrez cependant inclure dans votre texte un des mots suivants :

lui - bonzaï - caquète - salin - lit - grimper

Cartes postales 09 Mini

Cartes postales 11 Tréguier

Cartes postales 12 René-Gérard Collomb - Soleil d'hiver

Cartes postales 13 Robert Doisneau - Avec Maurice Baquet

Cartes postales 14 Piment (publicité pour Mini

Cartes postales 15 Musée de Bretagne - Travailler du chapeau

Cartes postales 16 SNCF - Voir du pays

Cartes postales 17 L'amour c'est un baiser qui dure toujours

Cartes postales 18 Brussels

Cartes postales 01 Portillons de Bretagne

Cartes postales 02 Port Launay

Cartes postales 03 La femme adultère

Cartes postales 04 Claude Henri saunier - Joyeux anniversaire

Cartes postales 05 Marine nationale

Cartes postales 06 René Maltête - Péchés capîtaux

Cartes postales 07 Friedhar Meyer - marmorboot 2001

Cartes postales 08 Caspar David Friedrich - Paysage du Riesengebirge au brouillard montant

Cartes postales 10 Henri Rousseau - Nature morte à la bougie rose

 

7 novembre 2023

Deviner un concept / Jeanne

AEV 2324-07 Jeanne 01

Elle est partout ; partout pour qui le veut. C’est une « elle », composée d’un adjectif suivi d’un suffixe, on la prononce en finissant la langue collée au palais, tel un serpent. Son adjectif plus sévère comme le râle du tigre, et du latin doux que l’on prononce presque en murmures, elle résonne en votre bouche par des échos de caresses qui vous font rougir les pommettes. En un tour votre cerveau comprend, et votre cœur, lui, ressent : il palpite, mais doucement, il sait alors qu’il peut s’épanouir lentement, le sourire aux artères.

AEV 2324-07 Jeanne 02Si vous le voulez, vous la rencontrerez ; vous l’avez sûrement, je l’espère, déjà connue. Autrement, vous pouvez l'apercevoir dans les rues, lorsqu’au loin vous surprenez deux chats, se frottant l’un contre l’autre, tête contre tête, tous deux remplis de ronrons, s’offrant un amour inconditionnel ; lorsque vous les observez, vous y goûtez. Si vous ne rencontrez pas de chats, vous pouvez la sentir dans l’atmosphère d’une chambre d’enfants : le lit coloré de rêves, bordé avec nounours et tintins de toutes les espèces, les petits zèbres qui pendent, dansant, au-dessus des draps, les étoiles parsemées au plafond, le linge sagement replié qui sent la lavande et les fleurs, le tapis au sol qui réconforte les pieds, les jouets endormis qui chassent monstres et mauvais esprits, et la veilleuse, toujours prête à veiller ; là aussi, si vous entrez, vous y goûtez.

Vous pouvez également la rencontrer au regard du commun, comme en observant un petit-déjeuner embrumé par la fumée du café, une fleur douce et belle à sa manière, ou dans la couleur rose, surtout dans la couleur rose ; et si je vous regarde, je peux la voir dans vos yeux. 

On dit qu’elle vaut mieux que la richesse, et messieurs Bourvil et Daniel Guichard le savent bien, ils vous l’expliqueront mieux que moi.

***

De quoi s'agit-il ?

Réponse (cliquez ici, maintenez enfoncé et tirez la souris vers la droite) :  La tendresse

 

 

9 janvier 2024

Consigne d'écriture 2324-14 du 9 janvier 2024 : Sept familles sportives

Sept familles sportives

 

On vous remet six cartes d’un jeu de sept familles ancien. Elles correspondent à une seule famille : le grand-père, la grand-mère, la mère, le père, la fille, le fils.

A vous de nous faire le portrait du grand-père Laglissade ou de la fille Duballon ou du père Enselle.

Ou de nous raconter un repas de famille de ces six personnes. Ou de dresser leur arbre généalogique.

Ou de nous parler des exploits sportifs réalisés par vous-même ou des membres de votre famille.

Ou de nous dire combien vous adorez ou haïssez le sport en général ou un sport en particulier. Ou de raconter à ce jeu de sept familles ce que peuvent être devenus, cinquante ans après, les enfants qui l’ont manipulé. Ou de le faire parler de sa vie d'oublié dans un tiroir. Ou de pondre ce que vous voulez qui sera illustré par une ou plusieurs des cartes que vous avez en main.

 Jeu de 7 familles Les Sports - 1 Famille Laglissade réduit

 Jeu de 7 familles Les Sports - 2 Famille Duballon réduit

 Jeu de 7 familles Les Sports - 3 Famille Alarraché réduit

 Jeu de 7 familles Les Sports - 4 Famille Enselle réduit

Jeu de 7 familles Les Sports - 5 Famille Laraquette réduit

Jeu de 7 familles Les Sports - 6 Famille Fineboule réduit

Jeu de 7 familles Les Sports - 7 Famille Saplonge réduit

 

 

 Jeu de 7 familles Les Sports - Dos de carte et crédits réduit

 

12 décembre 2023

Discours d'ouverture de la COP 1000 / Anne J.

- Messieurs , mesdames, nous voici tous réunis pour la COP 1000 en cette année 2124 ! Je suis heureux de vous accueillir pour cette cérémonie d'ouverture en ce mois de décembre et de fêter avec vous le 1000ème anniversaire de ces rencontres décisives pour la planète.

Sur le mur derrière moi , vous pouvez contempler une image d'un temps tout à fait révolu , une époque où pour parcourir les vastes espaces qui existaient en certains endroits de la planète Terre on pouvait utiliser des moyens de locomotion horriblement polluants.

Elliott Erwitt - Wyoming 1954 

A votre droite, un train, on disait aussi un chemin de fer, propulsé par une locomotive à charbon, une substance minérale extraite de la terre par des travailleurs, dans des conditions plutôt pénibles. La combustion de cette substance produisait de la vapeur qui actionnait des pistons avec lesquels on faisait avancer cet engin qui tirait des voitures en grand nombre et dans lesquelles on entassait des personnes, des animaux et des marchandises. Comme vous le voyez, cela dégageait aussi un panache de fumée assez sombre et passablement toxique et polluante.

Mais ce transport est encore moins nocif pour la planète que ce que vous voyez a gauche. Cette petite caisse sur roues est une voiture individuelle, qui peut transporter seulement 4 à 6 personnes, contrairement au train qui peut en véhiculer plusieurs centaines, et qui fonctionne par la combustion d'une huile dénommée pétrole ou essence, elle aussi extraite de la terre. On disait « des énergies fossiles » et seuls certains pays en avaient ; ils se croyaient les rois du pétrole et le faisaient payer un max à ceux qui n'en avaient pas. Ces pays-là sont tous désertiques désormais depuis que plus personne n'utilise ces énergies qui ont failli détruire la planète.

La voiture roule sur ce ruban noir qui est ce que l'on appelle une route, qui doit être entretenue régulièrement et qui est couverte d'un matériau dénommé asphalte, lequel provient aussi de ce fameux pétrole !

Les routes ne sont désormais plus que des larges chemins pour les piétons et de magnifiques pistes cyclables en terre sur lesquelles on peut rouler à vélo. Remarquez aussi les poteaux et les fils électriques sur cette photo. Ces éléments ont totalement disparu du paysage après les tempêtes mémorables des années 2050 qui ont tout arraché et ont enfin été remplacés par des lignes électriques enterrées pour acheminer notre électricité propre issue des énergies renouvelables. Ces transformations ont de plus réjoui les photographes !

Dans ce nouveau monde des années 2100, on se déplace désormais par lévitation et l’énergie est fournie par les puces implantées dans notre cerveau. En raison de petites imperfections il est recommandé de s'aider d'un parapluie pour garder l'équilibre jusqu'à ce que l'intelligence artificielle corrige les bugs du programme et nous permette de planer sans risques. Admirez la souplesse et la grâce ainsi que le jeu de jambes du personnage au centre de la photo. Ce moyen de déplacement se pratique sur terre et sur mer ce qui est bien utile car la mer recouvre désormais une grande partie de la planète. Le monument très ancien au fond de la photo est l’ancien emblème de la ville de Paris. Construite sur un marécage par un ingénieur astucieux, cette tour, malgré son âge, a très bien survécu à l’élévation considérable du niveau de la mer.

A droite, l’homme et la femme qui ont les pieds au sol ont hissé un signal devenu obligatoire en fermant a demi leurs parapluies, car ils sont arrêtés en pleine circulation et pourraient être verbalisés. Si vous attendiez un peu, vous les verriez s’élever dans un tango langoureux et voguer d’un seul geste vers les sommets tout proches des Alpes, à moins qu’ils ne décident de se refugier sur la lune : la mer de la Tranquillité est depuis peu le lieu à la mode pour les lunes de miel !

Elliott Erwitt - La Tour Eiffel 1989

Si les vols interplanétaires vous font peur et si vous avez assez le vertige pour ne pas vouloir planer au-dessus des océans, il existe désormais un nouveau moyen de déplacement sans aucun risque : les livres .

A vrai dire il s’agit d’une très vieille méthode remise au goût du jour. Pour en profiter, il suffit d’aller dans un lieu qui renferme ces précieuses choses, d’ouvrir le premier volume qui vous inspire, de s’asseoir à une table ou de se coucher confortablement dans un lit avec deux oreillers et de se plonger dedans : aucune énergie dépensée, vous pouvez même en produire si, en même temps que vous parcourez les pages, vous pédalez sur un vélo statique. Pour y voir clair, une simple bougie fichée dans une bouteille suffit.

Et pour voyager plus loin, grâce à une modification de nos chromosomes faite couramment dès la naissance à tous les bambins, il vous suffit de boire la liqueur forte de votre goût correspondant au pays que vous voulez visiter : une gorgée de rhum vous enverra planer au dessus des île Caraïbes, un shoot de whisky vous emmènera dans les châteaux des Highlands , un godet de vodka vous fera léviter au dessus de la Sibérie , avec un petit verre de saké vous irez visiter le Japon et une bouteille de limonade bien fraîche vous fera pédaler sur le canal de Nantes a Brest
Peut-être qu’en glissant un billet doux dans le décolleté osé de cette lectrice vous irez passer la
soirée aux Folies Bergères, qui sait ?

Elliott Erwitt - Lucienne Van Kan 1954

Mesdames, messieurs cette brève introduction vous permet de mesurer le chemin parcouru depuis les années 2020 et les événements dramatiques des années 2030 qui ont vu la moitié pauvre de l’humanité affronter des changements drastiques et difficiles.
Nous les pays riches en sommes bien sortis mais il est de notre responsabilité de ….

- Désolés, un problème technique vient d’interrompre ce discours ! On nous annonce l’arrivée d’un engin intergalactique en provenance de la planète Mars…

Publicité
L'Atelier d'écriture de Villejean
Publicité
Publicité
Derniers commentaires
Archives
Publicité