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L'Atelier d'écriture de Villejean
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19 décembre 2023

T comme tardif / Adrienne

AEV 2324-13 Adrienne - Tortue

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17 octobre 2023

Visite originale / Maryvonne

 vélo

 voiture

Après avoir accroché son vélo aux ganivelles du chemin de plaisance, Claude Jouanne a rendez-vous avec Nicolas Xéres pour aller visiter le cimetière du nord à Rennes. Nicolas commence par lui montrer sa nouvelle voiture, selon lui un joujou extra qui fait « crac boum hue ! ». Il dit que c'est quand même ballot de rouler à 30 à l'heure avec une telle « machina ». Claude avec son vieux biclou ne semble pas épaté mais bon en route ! A pied cette fois pour la visite.

Nicolas a promis des lieux étonnants . Suivons leurs pas. 

AEV 2324-06 Maryvonne - Cimetière du Nord 3A l'entrée, sous le porche de la coupole, deux militaires endormis là depuis on ne sait plus quelle guerre ont les honneurs. C'est écrit, gloire aux vieux débris de la guerre. Ça donne déjà le ton. A gauche dans la partie la plus ancienne, une vieille pierre tombale est décorée de bouchons de liège. On ne sait plus qui est là mais avec ciboire et calice en relief il pourrait bien s'agir d' un religieux. La légende veut que venir y déposer un bouchon peut aider à vous guérir de l'alcoolisme ! Modernité oblige on y trouve parfois des capsules de bière. Il paraît mais moi j'dis ça, j'dis rien, que les employés du cimetière ne seraient pas étrangers à ce rite.

Un peu plus loin la section devient chic, une sorte de Père-Lachaise rennais. On y croise des anciens maires, des architectes, des évêques.

Discrètement derrière un if, Maître Odorico repose sous une mosaïque délicate dans les tons violets et parme qui représente un pavot. Une jardinière modeste faite de petites tesselles complète l'harmonie.

AEV 2324-06 Maryvonne - Cimetière du Nord 2De cet endroit on aperçoit la tombe toute en verdure de la Sainte aux pochons. Entièrement recouverte de lierre, elle abrite le corps de Madame de Coëtlogon réputée être morte en odeur de sainteté et est l'objet d'un rituel. Les malades viennent prélever de la terre au pied de sa sépulture pour l'emporter durant neuf jours dans un pochon. Au retour de celui-ci au cimetière la sainte intercédera en leur faveur pour obtenir une guérison.

En chemin vous croiserez un oxymore : Joseph Turmel, prêtre et membre de la libre pensée.

Dans un virage voilà deux tombes d'une même famille, comme des lits jumeaux qui se côtoient mais dans des croyances différentes. Un ange veille et prie sur les uns tandis que pour les autres un macaron révèle qu'ils ont légué toute leur fortune aux œuvres sociales et laïques. Ce dernier, Joseph Beaugeard avait à Rennes un grand magasin d'ameublement : « Au vieux chêne ». On se dit que ces deux frères ont bien dû se prendre la tête aux repas de famille.

Plus loin encore, voilà la somptueuse sculpture, enfin une copie, d'un sculpteur rennais à la triste histoire. Léofanti. ayant présenté son œuvre au prix de Rome, ne fût pas primé. Son Christ avait, semble-t-il, un déhanché pas trop catholique. En revenant de cette humiliation il se suicida en se jetant du train.

Et puis tout au fond vous arrivez chez les gens du voyage, les forains et les gitans. Sans doute las de leurs incessants voyages, ils souhaitent se construire une imposante villa pour le reste de leur séjour sur terre. Certains monuments valent le prix d'un appartement. Catholiques, évangélistes ou pentecôtistes, leurs grandes tombes sont ornées de gravures et de versets religieux.

AEV 2324-06 Maryvonne - Cimetière du Nord 1

Si un jour les deux garçons veulent trouver une autre histoire de Rennes, au cimetière de l'Est ils trouveront les soldats français, mais aussi ceux du Commonwealth, les victimes des bombardements, le monument pour ceux qui donnent leurs corps à la science, des carrés musulmans ou asiatiques. Il y a aussi le discret petit cimetière Saint Laurent.

12 septembre 2023

Marcelle (Ô bruit doux de la tondeuse) / Anne J.

2023-09-12 285 9

Aliénor est dehors et tond sa pelouse. Le bruit assourdissant de cette vieille tondeuse la comble d'aise. Dans sa tête c'est comme du Mozart, du Mahler, du Dvorak, symphonies, rhapsodies, marches funèbres et tutti quanti. Tout cela se mélange en un délicieux concert. Et lorsqu'il faut déplacer l'engin et pour cela interrompre le terrifiant vacarme qui lui semble si doux aux oreilles arrive le SILENCE.

Un silence épais, doux comme une crème au chocolat, velouté et parfumé comme une soupe au potiron, frais comme un matin de printemps, un gazouillis d'oiseaux à l’aube, le goutte-à-goutte de la fontaine, le vent dans les haubans et même l'absence totale de bruit que procurent les bouchons d'oreilles quand on nage dans la piscine.

Toute la journée, Marcelle cause. Elle cause, elle cause... Du matin au soir, à table, en voiture, en sirotant son café, en tricotant. Elle parle pour ne rien dire et quand elle n'a personne pour l'écouter elle se parle à elle-même, elle réfléchit tout haut, elle énonce ce qu'elle fait, ce qu'elle a fait hier, ce qu'elle fera demain . Elle n'attend pas de réponse, elle recouvre le silence de mots. Un peu comme la musique sirupeuse des supermarchés recouvre les récriminations des acheteurs : « Mazette, la bière a encore augmenté et les biscuits apéro aussi, je fais comment moi ? ».

 

5 décembre 2023

Chère ou très chère inconnue / Maryvonne

Il est bien dommage que sur cette lettre tu ne laisses pas d'indices pour que nous puissions te retrouver et dénoncer le traître qui a retenue prisonnière cette missive dans une valise. Ceci-dit j'aimerais voir la tronche de la valise, sa geôle pendant tant d'années, poussiéreuse à souhait je pense. Si au moins la lettre avait été avec quelques autres assemblée et nouée par un joli ruban bleu ou rose que l'on appelle une faveur !

Faveur ? Désolée tu n'en as eu aucune de la part de cet individu qui déclare ne pas avoir de mémoire, l'enfoiré ! Ceci n'est pas dû à sa mauvaise foi, vu qu'il n'a pas non plus de bonne foi pour agir de la sorte.

AEV 2324-11 Maryvonne - Aldo Macione

 J'ai une théorie : je pense qu'il y a de la part de Paolo à un acte manqué. Il se dit : « Déjà que Giambattista est marié et qu'une petite peste de 19 ans s'intéresse à lui, c'est beaucoup pour un seul homme !». Paolo, lui, est célibataire et il se dit qu'il n'y a pas de justice et retient la lettre dans l'espoir d'annexer pour lui-même cette jeune Caroline.

Ça lui tourne un peu la tête et après avoir tergiversé, il se retrouve un peu honteux, parce qu'au fond c'est un brave garçon et aujourd'hui il habille sa honte en oubli. Le mot « chéri » dans cette lettre agit comme un mantra qui lui fait tourner les sangs.

Il apprend par cette missive que son copain est très libre. Le con ? Et bien son subconscient lui envoie : très libre ? Alors il ne fera pas longtemps avant d'en trouver une autre. Pourtant ce qui le fait enrager c'est « Qu'est-ce qu'il a de plus, ce rital, qu'un mec comme moi ? ».


AEV 2324-11 Maryvonne - RitalMais ta phrase qui le tue c'est « Je ne sais quand cette lettre t'arrivera, cela dépend de Paolo ». Eh bien jamais ! Paolo décide la censure, ainsi cet amour illicite ne sera pas.

Ce n'est pas qu'il se joue en père « La morale » mais simplement en jaloux et la jalousie peut pousser à de mauvaises actions.

Aujourd'hui le temps à passé, il a un peu honte en pensant qu'il a peut-être fait couler des larmes et qu'une belle histoire a sombré par sa faute.

Il essaie de se racheter en partageant avec nous cet échec mais il aura beau faire et beau dire : cette missive restera une lettre morte.

7 novembre 2023

Devinette 4 de 4 / Anne-Françoise

AEV 2324-07 Anne-Françoise 4

J’ai fait un drôle de sport ce matin quand j’ai découvert mon pare-brise gelé. J’étais pas bien heureuse mais ça m’a réchauffée ! Dire que d’autres font ça sur le sol, avec un balai pour jouer à la pétanque avec des espèces de cocottes en fonte ! Je ne comprends pas qu’on puisse leur décerner une médaille aux JO. Moi, je n’ai reçu aucun prix après avoir gratté mon pare-brise !


Qu'est-ce que c'est ? Réponse (cliquez ici, maintenez enfoncé et tirez la souris vers la droite) : Le curling

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17 octobre 2023

Consigne d'écriture 2324-06 du 17 octobre 2023 : Sub/objectif n° 1

Sub/objectif n° 1

 

Sub/objectif est une revue de photographie de l'Université de Rennes dans laquelle on publie des photos argentiques, essentiellement en noir et blanc. Nous avons ôté les agrafes centrales de ce portfolio. Pour les besoins de l'édition les photos se sont trouvées associées deux par deux sur une feuille 21 x 29,7 cm au format paysage. Le hasard fait donc voisiner "Haut le coeur" et "Les douanières", Lucile T. et Jeanne B.

Le hasard ? Un simple voisinage ? Peut-être, mais vous qui êtes le "Deus ex machina" ou une écrivante imaginative ce jour ("Dea ex machina ?"), vous allez nous raconter le lien qui existe entre des deux photos, ce qui se passe entre les deux. Rédigez un récit qui sera inspiré et illustré par ces deux photos. 

Cliquez sur les images pour les agrandir

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28 novembre 2023

La Vie cachée de Caroline Kann / Anne J.

Elle consulta son planning pour la journée et poussa un gros soupir. Ça allait être une grosse journée, comme bien souvent. Caroline Kann tenait depuis quelques années avec son ex-mari Robert un central de taxis et même dans une petite ville comme Tolérance, c’était beaucoup de travail. Mais Caroline aimait ce travail qui lui faisait rencontrer toutes sortes de personnes et fréquenter tellement de lieux emblématiques dans sa ville adorée. Pour rien au monde elle n’aurait habité ailleurs ou fait un autre métier.

Bon à 9h, il fallait récupérer Madame Philidor à la piscine de l’Hippopotame, comme tous les lundis et jeudis matin. C’était le moment réservé aux personnes corpulentes, voire plus, et la plupart d’entre elles y allaient sur prescription de leur médecin. Caroline sourit en pensant à la grosse madame Philidor en maillot probablement trop petit pour contenir sa masse. Allongée sur le dos elle devait faire penser à une baleine ; heureusement qu’elle ne s’appelle pas Madame Phildefer, pensa-t-elle en pouffant mais quelle chance que la piscine soit aussi possible pour ces personnes là.

AEV 2324-10 Anne J

A 10h, elle passerait devant la statue du grand Turc et fredonnerait inévitablement la marche turque de Mozart, un de ses morceaux préférés ; ça la mettait toujours de bonne humeur et c’était absolument nécessaire avant de retrouver Madame Staunton et Mr Bird à la MJC Diagonale . Ils étaient drôles ces deux-là : ils faisaient mines d’être juste de bons amis mais tout le village savait que Mr Bird quittait sa maison la nuit tombée pour rejoindre la petite maison de madame Staunton d’où il repartait le matin en faisant mine de lui avoir emprunté le journal. Ils s’étaient rencontrés au cours de gym douce de la MJC où ils soignaient tous deux des troubles de l’équilibre et de la marche liés à un début de maladie de Parkinson. Ma grand-mère aurait dit qu’ils sucraient les fraises ! Mais Dieu qu’il fallait de la patience pour attendre qu’ils montent dans la voiture et s’installent. En plus ils se faisaient des politesses style « Après vous, chère amie » « Mais non passez le premier je vous en prie » etc.

Avec tout ça il serait déjà presque midi, Caroline prendrait alors la rue du Fianchetto , celle où elle avait rencontré Robert qui titubait après une soirée arrosée à 1h du matin et qui avait alors vomi dans son taxi comme un malpropre. Le lendemain il était venu s’excuser avec un bouquet de 50 roses et un sourire tellement charmeur qu’elle avait succombé. Robert était un homme charmant quand il n’avait pas bu mais hélas il buvait assez souvent et Caroline avait fini par le mettre dehors.

AEV 2324-10 Anne J

La rue du Fianchetto conduisait à la Casa Rossolino tenue par le clan des Siciliens et une mamma sicilienne qui faisait des pizzas à damner tous les saints de Sicile ; Caroline les adorait mais ne s’en autorisait qu’une par semaine, sinon c’est sûr on finirait par la retrouver le lundi à la piscine de l’Hippopotame

Puis ce serait le moment d’une petite sieste bienfaisante avant de rejoindre l’école scandinave et les 3 petits Nimzovitch, 2 filles et un garçon qui habitaient en dehors du village et que leurs parents avaient inscrits dans cette école révolutionnaire où on faisait cours dehors par tous les temps et où il n’y avait pas d’autre salle de classe que les bois et les champs alentour.

Les petits Nimzovitch rentrés chez eux, Caroline s’accorderait une pause avenue de la Volga où se réunissait sa chorale préférée qui ne chantait que des chants russes transposés à l’octave supérieure car il n’y avait que des femmes pour chanter ces hymnes au grand Staline malheureusement écrits pour les basses profonds des cosaques.

AEV 2324-10 Anne J

A 20h, elle rejoindrait ses copines Gaby, Olga et Sophie au restaurant de la Fourchette Royale Elles y finiraient la soirée en compagnie du cavalier Pieuvre, de l’évêque noir, et du docteur Hérisson à raconter des ragots sur les habitants de Tolérance , à jouer au « 6 qui prend » et à siroter de la vodka géorgienne de contrebande.

On avait écrit « les malheurs de Sophie » mais qu’il était bon d’écrire « les bonheurs de Caroline » à moins que ce ne soit «  La vie cachée d’un chauffeur de taxi à Tolerance » !  

10 octobre 2023

La Chimère / Jeanne

La Chimère, ce nom inscrit sur une affiche de théâtre me chantonne tout de suite un air dans la tête, celui venant de la douce voix de Jacques Higelin. Un homme qui m’émeut beaucoup, je ne saurais dire pourquoi. Avons-nous toujours besoin d’avoir une justification à l’émotion ? N’empêche que, voici le message du concerné : « Cauchemars, fantômes et squelettes, laissez flotter vos idées noires, près de la mare aux oubliettes, tenue de suaire obligatoire ».

Le terme de chimère n’appartient pas à ce bout de chanson mais c’est celui-ci qui me revient. Je me balade, seule et en joie, en joie d’être seule. Je rentre dans l’église de la ville sujette de mon errance, allume un cierge, pense gaiement et repars avec une lenteur déambulante. Je ne sais plus à quoi j'ai pensé, sincèrement, mais je sais que cela était rempli de bonnes intentions.

2023-08-15 Nikon 62

La bibliothèque qui se présente face à l’église porte une pancarte avec inscrit La Paisible ; je souris, me demandant comment, devant un tel édifice, pouvons-nous nous sentir autrement que paisibles. Je continue mon chemin, avant d’entamer la grande aventure qui m’attend, ce périple de quatre jours qui m’amènera à l’accomplissement du tour de l’Île. À un tournant de rue, amusée, je me retrouve face à trois bâtisses dont les pancartes, lues successivement, donnent : Un ange passe - Chez Marion - La Maison du bonheur. Cela donne envie, mais l’endroit "Un ange passe chez Marion, la maison du bonheur" n’existe pas réellement, il faudra pour cela passer d’abord par le café, la voisine et la bibliothèque ancienne.

Toujours l’air de « Champagne » qui continue de vivre dans ma tête, je me retrouve à chantonner moi-même ici et là, me surprenant pendant mes retours à l’instant présent. Il est temps d’y aller, je sens que c’est le moment de faire comme le premier pas vers cette longue randonnée. On m’a dit de m'arrêter chez Colette, j’y penserai à mon retour. En attendant, j’ai noté ce poème très inspirant, trouvé dans une librairie aux odeurs d’antan, en feuilletant le recueil d’un anonyme explorateur de cette île :

Nuit humide et froide.
Chaque heure, mes yeux s’ouvrent ;
Toi, tu me regardes,
Cherchant le sommeil dans chaque position,
Dans chaque recoin de mon duvet.
Disparu.
Le bruit de tes vagues me réveille,
En sursaut quelquefois mais
Ce bruit-là me rassure chaque fois.
Coquine Terre-Mère, mais,
Tu m’as offert le plus beau, le plus clair,
Des levers de soleil, celui qui,
M’a redonné l’envie, merci,
Terre-Mère.

Signé : Matin mignon, celui d’un Belle-Île-en-Mer. 

28 novembre 2023

Ville nouvelle / Maryvonne

Dans cette ville nouvelle, nous pourrions penser que les habitants sont froids et distants, venus ici pour être parfaitement des inconnus les uns pour les autres.

Au contraire, l'instinct grégaire boosté par ce nouvel environnement a été amplifié. Chacun a voulu explorer les nouveaux lieux de chaque quartier. C'est ainsi que l'évêque noir a voulu faire un prêche depuis la tour blanche. Il s'est exprimé en termes hauts en couleur et a ravi l'assemblée très colorée. Personne n'a ri jaune même à ses propos un peu verts.

Au restaurant de la Fourchette royale Olga Tchigorine, la Scandinave, a voulu goûter la sauce hollandaise et est tombée en même temps sous le charme du grand Turc. Ils sont partis bras dessus-bras dessous vers la piscine de l'Hippopotame où ils ont eu la surprise d'y trouver Laure Manaudou à l’entraînement. Forcément à quartier moderne piscine moderne, elle est venue essayer.

Dans la partie française, au café associatif, Monsieur Larsen est venu écouter de la musique. Il a rencontré Gaby Marshall, une soprano colorature qui connaît bien l'évêque noir et évidement ça tisse des liens.

- Mais alors vous connaissez aussi Monsieur Bird qui chante comme un rossignol ?

- Mais oui nous avons fréquenté ensemble le Diapason, un cours de chant, en arrivant dans cette ville nouvelle.

Dans l'entrefait le docteur Hérisson est est arrivé ; il a voulu saluer Gaby Marshall qui est une de ses patientes, mais celle-ci l'a snobé, tout affairée à faire connaissance avec Monsieur Larsen.

AEV 2324-10 Maryvonne - paella

Du coup ça a mis Hérisson en boule et il est parti en disant « Puisque c'est ça je vais retrouver Margaret Staunton dans la partie anglaise. Ça fait longtemps que j'ai envie de l'inviter à La Casa Rossolimo pour une bonne paella au riz noir, vous savez avec de l'encre de seiche et des toutes petites pieuvres bien grillées. Nous allons nous régaler et tant pis pour Gaby, cette Castafiore de pacotille. Si elle en pince pour Larsen, très bien ! Cette histoire me rebat les oreilles.

Après s'être bien régalés en sortant du restaurant, ils ont croisé Olga et le grand Turc qui sortaient de la piscine. Le Docteur Hérisson, bien allumé par le bon vin qu'il a bu avec la paella a reconnu Olga qui est aussi une de ses patientes. Le voilà qui entonne
la chanson, les bras grand ouverts :
« Olga , ma p'tite bonne femme mon radada !
mais t'es revenue du Nebraska, Youpie !

Le grand Turc n'a pas aimé mais Olga a éclaté de rire et c'est à quatre qu'ils sont partis au café de la Régence boire une dernière coupe de champagne, dans la partie Française forcément ! 

28 novembre 2023

Caroline ? / Jean-Paul

- Moi je lis plutôt « Caroline » m'a dit mon épouse à qui j'ai montré la lettre de ouvrez les guillemets Coralie point d'interrogation fermez les guillemets et à qui j'ai raconté l'histoire de la lettre non transmise. (cf ce texte-ci)

Si on met à part le fait que Jean-Baptiste était bien encore en 1980 un de mes meilleurs amis toute cette histoire pourrait très bien sortir d'un roman de Patriiiiick Modiano.

AEV 2324 10 JK Hopper_NighthawksDans une ville dont on ne mentionne pas le nom existerait un café associatif appelé L’Orang-outan. Pas un de ces palaces à grandes baies vitrées comme on en voit dans les tableaux d'Edward Hopper, non mais un troquet à l'ancienne comme celui que tenaient la mère et la grand-mère de Daniel Bird à Wazemmes, quartier très populaire de Lille.

Ce café de l'Orang-outan se trouverait dans le bloc B4, dans la rue de Steenwijk. C'est là que tous les soirs Olga Tchigorine et Caroline Cann se donnent rendez-vous. Ce sont des étudiantes. La première, Olga, sirote une grenadine avec un glaçon alors que Caroline turbine au Perrier tranche.

Elles ont entrepris d'écrire un roman à quatre mains. Cela s'appelle « Sabine Maroczy ».

Pour Olga qui a imposé le patronyme du personnage il était impératif que ce nom se termine par un Y à cause de « Madame Bovary ».

- Si tu veux, a concédé Caro Cann, mais je refuse qu'elle se suicide à la fin du livre. D’ailleurs personne ne doit mourir dans mon roman, enfin dans notre roman.

 

AEV 2324-10 JK Collage Cavalier pieuvre

- Même pas le cavalier Pieuvre ?

- A la limite celui-là peut perdre un bras sur le champ de bataille mais sinon pas de passage de vie à trépas !

- Ni non plus Marc Taïmanov, le pion empoisonnant du collège Philidor, avenue de la Volga ?

- Un pion c'est temporaire, juste le temps du collège ou du lycée. Ça s'oublie. Sa promotion en prof est assurée pourvu qu'il bosse et qu'il décroche le CAPES. Il peut même rêver d'agrégation si tout tourne bien.

Chaque soir Olga et Caro se lisent l'une à l'autre le chapitre qu’elles ont pondu chacune de leur côté. S'il y a des incohérences elles corrigent puis elles discutent des évolutions possibles et se répartissent les deux chapitres suivants dont elles ont énoncé la trame.

Certains soirs Miguel Najdorf, leur condisciple qui donne des cours de piano à la M.J.C. Diagonales pour payer ses études vient les saluer et tente de savoir ce qu'elles écrivent. Mais devant ses questions les deux jeunes femmes se ferment comme des huîtres.

- Ça ne te regarde pas, Miguel !

- Je suis sûr que c'est de la poésie !

- Pas du tout ! Tu n'y es pas du tout !

- Ou alors c'est une méthode pour gagner à la bataille navale !

- Écarte-toi au lieu de dire des idioties ! Tu nous enlèves toute la lumière !

***

La patronne de l'Orang-outan s'appelle Greta Staunton. C'est là le nom de son mari car elle est hollandaise d'origine. Après la fermeture elle traverse à pied la ville dans la nuit pour rejoindre le bloc F5, l'immeuble Gambit-Roi à l'angle du boulevard Traxler et de la rue du Foie frit.

Son mari Edward est cuisinier à la Casa Rossolimo, une pizzeria installée au bas du bloc B5 qui est donc voisin du B4 où se trouve le café associatif.

Lui ne la rejoint que plus tard à la maison car le restaurant accueille encore plus longtemps les fêtards qui vont au spectacle et dînent ensuite. Souvent sur l'oreiller ils se racontent leur journée, les aventures de leurs clients, les esclandres des habitués, les fricotages des uns et des autres.

- C’est vrai qu'il n'y a pas mieux qu'un restaurant pour fricoter ! admet Greta mais ce soir j'ai mieux que toi comme ragot. Ton patron, monsieur Benoni, est venu à l’Orang-outan jouer à l'avantageux devant les étudiantes qui écrivent un roman !

- Elles ne risquent rien les minettes, avec cet homme-là !

- Quand même, elles sont majeures, bien jolies et bien attirantes !

- Si elles écrivent des romans c’est qu’elles n'ont pas la tête à s'en bâtir un de ce genre-là. Il y a assez d'étudiants de leur âge en ville ! Elles ne vont pas s'intéresser à un commerçant marié qui commence du reste à bedonner un chouïa !

- Sait-on jamais ?

*** 

2023-04-18 - Nikon 371

C'est une semaine après ce dialogue-là qu'on a découvert dans le square Tartakover le cadavre d'un militaire du 41e régiment de cavalerie. Il avait été découpé proprement et savamment en morceaux et du coup on a suspecté le boucher Tarrasch dont la boutique, place de Budapest, donne sur le square. Le plus étrange de l'affaire est bien que dans les sacs plastiques se trouvaient également six autres bras humains.

- Ça fait penser au cavalier Pieuvre ! a confié Olga Tchigorine à Caro Kann !

Le boucher avait un alibi en béton. Alors une espèce de psychose s'est emparée de la ville. Des gens se sont confinés chez eux, les boutiques ont baissé les volets plus tôt, plus personne ne traînait la nuit dans les rues.

Puis l'affaire s'est tassée, tout est redevenu normal dans la vie d’Edward et Greta et des habitants de la ville aux soixante-quatre blocs. Sauf qu'un matin où il ne s'y attendait pas Edward a trouvé la pizzeria définitivement fermée et a perdu son emploi.

- Monsieur Benoni a disparu ! Envolé ! Il va falloir que j'aille pointer au chômage et que je trouve un nouveau job !

- Ils sont partis en emportant la caisse ?

- Non pas « ils ». Lui tout seul. Elle, la pauvre madame Benoni, est effondrée. Elle ne comprend pas. J’espère que ça n'a rien à voir avec l'affaire du square Tartakover !

C'est à peu près à ce moment-là que Caro-Kann disparaît elle aussi de la ville et de la vie d’Olga.

Celle-ci est allé au commissariat de police demander une recherche dans l’intérêt des familles, de la littérature juvénile et du comité Nobel.

- Avant de disparaître elle m'avait donné une lettre à remettre à Monsieur Benoni.

- Vous l'avez cette lettre ?

- Ben non, je l'ai remise !

- Vous l'avez lue ?

- Ben non c'était mon amie, c'étaient ses affaires. Je ne lis pas le courrier des autres, c’est indiscret.

***

Le roman « Sabine Maroczy » n'a jamais paru en librairie. Il est resté à l'état de brouillon inachevé dans une valise marron conservée dans le grenier d’Olga Tchigorine.

C'est tout juste, le jour où elle l'ouvrira, si elle se souviendra de cette Caroline Cann ! Mais se prénommait-elle réellement Caroline ? Elle n'en n'est plus très sûre à présent, quarante ans après ! 

AEV 2324-11 Coralie ou Caroline - signature

28 novembre 2023

Consigne d'écriture 2324-10 du 28 novembre 2023 : Soixante-quatre cases

Soixante-quatre cases

 

Cette ville nouvelle été construite à l’image de certains quartiers de la ville de New-York. Neuf avenues rectilignes s’y croisent à angle droit, délimitant ainsi soixante quatre blocs d’habitation ayant la forme d’un carré parfait.

Utilisez les noms des quartiers et des personnages qui suivent pour raconter une tranche de vie à l’intérieur de cette ville.

La partie française - La partie anglaise - La rue du Fianchetto - Le Boulevard Traxler - Le quartier letton - La Tour blanche – La Découverte - La rue de Steenwijk - Restaurant de la Fourchette royale – Café de la Régence - Le square Tartacover - La statue du grand Turc automate - Le Pré catalan - L’Avenue de la Volga - La place de Budapest - Le Grand roc - L’Immeuble Gambit-Roi - La Casa Rossolimo - L’Orang-outan, café associatif – La piscine de l’Hippopotame – La M.J.C. Diagonale.

La Sicilienne - La Scandinave - La Hollandaise - Monsieur Nimzovitch - Madame Philidor - Monsieur Larsen - Monsieur Tarrasch - Madame Staunton - Monsieur Bird - L’évêque noir - Le cavalier Pieuvre - Emilie Paulsen - Sabine Maroczy - Miguel Najdorf - Robert Fischer - Gaby Marshall - Caro(line) Kann – Sophie Alekhine - Mlle Frauke Grünfeld - Olga Tchigorine - Marc Taïmanov, pion empoisonnant - Le docteur Hérisson.

Vous pouvez nous parler par exemple de Coralie qui se prépare à passer son bachot et est amoureuse d’un homme marié, de Mitsumasa, peintre japonais de passage, de Laure Manaudou venue disputer une compétition à la piscine Bogolioubov, du café « Le Diapason » où l’on joue aux échecs au son des concerts de rock ou de tout ce que vous voudrez bien imaginer dans ce cadre.

litterature

Illustration de Jonathan Wolstenholme

21 novembre 2023

Le Jour suivant / Jean-Paul

AEV 2324-09 JK 01Le jour suivant Mitsumasa fut très déçu par le Grand Canal : il était tout petit ! Au pied de l'église Santa Maria della Salute il n'y avait que cinq gondoles. C'est tout juste si les gondoliers présents ne se battaient pas entre eux pour proposer une balade en amoureux au seul couple de touristes qui déambulait à proximité de l’embarcadère sur la piazzetta.

AEV 2324-09 JK 07C'est vrai qu’au prix de la course vers le Pont des Soupirs ou le Rialto il ne fallait pas aller chercher plus loin les vrais pigeons de Venise.

Mitsumasa alla s'enregistrer à la Pensione Wildner où il hérita de la chambre n°28. Ce numéro était également celui du jour où il était né. Après avoir confié son cheval à un palefrenier très bronzé il revint à pied prendre la température du lieu.

AEV 2324-09 JK 03Tout était pittoresque en diable ! Devant l'église fermée deux paysannes locales, un fichu sur la tête, semblaient se prendre en photo avec une perche à selfie. C'était d'autant plus incongru qu’un peu plus loin à droite un photographe de rue proposait ses services à un officier de marine accompagné d'une hôtesse de l'air. Son appareil ancestral, semblable à ceux dessinés par Albert Dubout dans son recueil « Les Photographes » était posé sur un trépied et devait encore fonctionner avec des plaques rigides.

AEV 2324-09 JK 05- Soit quelque chose cloche par ici, soit il y a des problèmes dans la temporalité de cet univers ou de l'Italie tout entière ! » songea Mitsumasa.

 De fait, à droite du photographe, un médecin en robe et portant un chapeau moyen-âgeux avait posé sur des tréteaux roulants trois gobelets renversés. 

AEV 2324-09 JK 09Proposait-t-il une partie de bonneteau ? Ou bien, comme il brandissait un flacon, commercialisait-il en Europe le fameux élixir du docteur Doxey fabriqué en Amérique avec des ingrédients qui devaient rester aussi secrets que la lettre de Coralie ?

Mitsumasa avait eu droit, sans en comprendre un traître mot, à toute l'histoire que Giacomo avait contée à voix forte au gendarme de Saint-Tropez en képi et ceinture blanche et qu’avait écoutée également dame Véronica en jupe rouge et pull vert.

AEV 2324-09 JK 02- Je l'ai retrouvée dans mon grenier cette lettre écrite par une certaine Coralie il y a quelques vingt ans ! D'après son contenu il paraît que j'étais chargé de la remettre alors à mon ami Giambattista. C'est une jeune fille de 19 ans qui était tombée amoureuse de lui bien qu’il fût marié depuis peu et qui lui disait son souhait de le revoir pour l'embrasser  !

- Et plus si affinités, sans doute ? demanda Veronica.

- On ne saura jamais ! Si j'ai retrouvé la lettre vingt ans après c'est que je ne l'ai pas remise !

- Mais tu es un vrai père La Morale, Giacomo Crapovio ! commenta le gendarme. Je n'aurais jamais cru cela de toi !

- Un père La Morale ? Tu parles ! Un vrai tue-l’amour, oui ! commenta Véronica.

AEV 2324-09 JK 04

A proximité, deux touristes français, un homme et une femme, s'étaient assis sur les marches de l'église avec leurs lourdes valises posées à même le sol. Sans doute repartaient-ils vers la gare. Ernest avait encore sur l'arcade sourcilière le sparadrap dont Margaret l'avait artistiquement décoré après la bagarre de la veille au Harry’s bar.

- Eh bien ! On s'en souviendra de notre voyage de noces à Venise ! rigolait-elle.

- Je savais que l'Italie avait la réputation d'être un peu tape-à-l'oeil mais je ne m'attendais pas à ce que ce soit aussi frappant ! admit Ernest.

AEV 2324-09 JK 06Un peu plus loin sur les marches trois ragazzi della cita, des ados en goguette, des zazous en sweat à capuche zonaient en zyeutant le groupe de touristes attroupé autour de Zampano qui chantait des tarentelles accompagné de Gelsomina à l'accordéon. Il y avait peut-être des poches à se faire, mieux remplies que celle qu’Ernest avait sous les yeux.

Comme on approchait de midi Mitsumasa alla s'installer en terrasse du restaurant proche. Il ne déjeuna pas vraiment tranquillement : il fut importuné alors qu'il dégustait son plat de spaghetti par une mendiante qui portait son bébé dans un sac ventral puis par une gamine qui tenait à tout prix à ce qu'il lui achetât un bouquet de fleurs pour sa « donna ».


AEV 2324-09 JK 08

 Il avait trop peu encore de vocabulaire italien pour pouvoir expliquer à la fillette qu’il avait divorcé récemment et qu'il était revenu en Italie afin de retrouver une nommé Coralie qu'il avait connue par ici une vingtaine d'années auparavant.

14 novembre 2023

Trois poèmes idiots ? / Anne J.

Ciaran
Domingo
Federico

Les tempêtes sont elles
Des migrants illégaux
Sans permis de séjour ?

2023-11-03 Nikon 82

***

J'aime les raviolis,
Les petits Chinois,
Les gros Géorgiens
Et les classiques italiens.

Le monde a beaucoup à apprendre
De ces petits oreillers délicieux
Pour se reposer
Des fracas du monde.

AEV 2324-08 Anne J

***
A propos d’oreiller
Le mien est un espace partagé
Et toujours occupé

La nuit c’est moi
Le jour c’est le chat

La guerre n’a lieu
Qu’au petit matin
Et tard le soir

Pourrait-on résoudre
Les conflits du monde
De cette façon ?

AEV 2324-08 Anne J

7 novembre 2023

Texte-devinette n° 1 de 3 / Anne J.

AEV 2324-07 Anne J

On dit de vous , si vous n'en avez pas l'usage, que vous avez oublié d'être intelligent ou du moins que vous n'avez pas forcement la lumière à tous les étages.
 
C'est un objet que vous pourriez utiliser pour raccommoder vos chaussettes mais qui est ici employé à un autre usage, celui de répartir en petites portions une matière jaune que mon médecin m'a déconseillé de manger, du moins en grande quantité, quelque chose de comestible et délicieux surtout quand il est salé.

L'inventeur de cet objet a sûrement remporté le concours Lépine car lui l'avait inventé !

Et si vous n'avez pas trouvé , on vous traitera de «  deux de pique » ( au Québec) et ici de lapin crétin.

***

De quoi s'agit-il ?

Réponse (cliquez ici, maintenez enfoncé et tirez la souris vers la droite) : Le fil à couper le beurre

26 septembre 2023

Photos de profession de foi / Anne J.

AEV 2324-03 Anne J

C'est le neuvième dessin proposée par l'animateur qui a retenu mon attention, me donnant envie d'aller fouiller dans l'étagère des albums photos de l 'époque révolue où on faisait des albums avec des petites photos dentelées en noir et blanc, collées avec des coins photos dont la colle se décompose.

Je n'ai pas trouvé de photo de moi, nue sur une peau de mouton mais quelques photos qui paraissent d'un autre âge avec mon père, ma mère et mes deux tantes célibataires sur la plage de Saint Malo souvent ou dans le jardin du Thabor. En feuilletant j y ai croisé deux photos que j'adore : une de mon père qui rit sur un vélo d'enfant taille 5 ans en faisant mine de gagner le tour de France dans le parc de Maurepas ; sans doute prise par ma mère, même si je n'ai aucun souvenir d'elle en train de prendre des photos. Et une photo parmi d'autres de nous 4 ou 5 avec des pulls identiques tricotés main quand ce n'est pas des maillots de bain - également en tricot ! - en rang d'oignon et par ordre de taille comme les portraits des Dalton. Évidemment comme c'est moi l'aînée je joue le rôle d’Averell mais il manquait Rantanplan.

AEV 2324-03 Anne JEt voilà celle que je cherchais : une photo déjà en couleurs de ma sœur Élisabeth et de moi en communiantes. Je n'ai pas remis la main sur celle, en noir et blanc, sur le même thème faite par un photographe professionnel en studio à propos de laquelle je voulais vous raconter cette anedocte.

Ma sœur et moi avons quatorze mois de différence et alors que j'étais en 5ème et elle en 6ème , il se trouve que nous avons fait notre profession de foi, dite aussi communion solennelle, ensemble . Or il se trouve que moi j'avais déjà quasiment ma taille adulte et ma sœur devait mesurer 15 voire 20 centimètres de moins que moi.

Le photographe professionnel plein de tact avait juché ma sœur sur une caisse en bois pour que nos visages soient à la même hauteur . Je pense que ma sœur avait trouvé cela un peu humiliant et moi ça m'avait aussi un peu choquée au point que plus de cinquante ans après je m'en souviens encore.

Mais sur la petite photo en couleurs sans doute prise par un tiers avec l'appareil photo tout neuf reçu en cadeau pour l'événement, pas de montage . On voit donc bien la différence et le fait que mon aube était à peine assez grande pour me couvrir les mollets .

Les Photographes de Dubout

Le rapport à la photographie a bien changé car il y a 70 ou 80 ans, on avait quelques photos de bébés nus, des photos de communion, des photos de départ à la guerre, des photos de mariage, d'anniversaires de mariages et des photos des personnes sur leur lit de mort . Rien à voir avec les milliers de selfies des amoureux ou des voyageurs devant tous les monuments du monde, aucune commune mesure avec les 900 ou 950 photos de mes cinq semaines de vacances de 2022 qui sont toujours en vrac dans mon ordinateur.

Réapprendre la sobriété photographique serait dans l'air du temps, en tout cas bienvenue pour ceux ou celles qui videront mes armoires après ma mort, à moins que, pleine de courage, je ne jette à la poubelle toutes les boites de négatifs, photos de paysages sans identité et autres horreurs sans valeur qui traînent dans mon étagère . Bonne résolution de la rentrée 2023 à l'atelier d'écriture ?

12 septembre 2023

Franck / Maryvonne

AEV 2324-01 Maryvonne - Franck

J'ai envie de dire que j'en ai plus qu'assez de faire les courses. Déjà, pousser un chariot n'a rien de sexy et dans ces grandes cathédrales de la consommation il y a des fidèles en masse. J'ai envie de dire : Je fais ma prière. Oh ! Pourvu que je ne rencontre pas un père d'élève avec le slip que je viens d'acheter au fond du caddy ou que je croise un ancien amoureux avec la revue qui titre « Comment liquider son ex » !

J'ai beau avoir la liste des fruits de saison sous les yeux que je recommande à tout le monde, il est certain que mon ami va remarquer les tablettes de chocolat au lait Lindt.

Il est impossible de dissimuler le papier toilette et les protections féminines qui voudraient faire croire que je suis une femme jeune. J'ai envie de dire qu'un caddy c'est trop intime parfois. Eh oui, je suis pudique et bien que je m'appelle Franck, je suis plus connue sous le nom de Franckie depuis ma dernière opération. Alors on fait comment pour la course à la dissimulation ?

19 septembre 2023

Maison pleine de fenêtres / Maryvonne

2023-09-19 285 17 recadrée

Dans l'appartement que vous pouvez situer au rez-de-chaussée droit, la mama est en colère. Elle frappe le plafond de son manche à balai pour montrer qu'elle a quelques griefs envers ses voisins du dessus. Ohé ! Que se passe-t-il ? Pourquoi ces cris un lendemain de Noël ?

La famille Orange s'étripe à propos d'une certaine vedette que nous appellerons «  l'homme à la hotte  » qui a l'habitude de faire ses virées le soir du 24 décembre. Soit-disant que le père, pour faire une blague, avait mis à l'intention du père Noël une boisson qui n'était pas parmi les rituels. A la place du petit café ou du chocolat il avait mis un grand verre de kir bien dosé. Ça avait brisé son rythme de livraison. De plus il allait s'enfiler un petit porto au deuxième gauche, un whisky chez le dentiste et un petit rhum chez l'artiste du troisième gauche. Forcément il s'effondra sur le palier de la famille Orange, le nez dans une pituite * des plus glaireuses.

Quand la mère ouvrit le loquet le lendemain matin elle poussa les hauts cris devant le spectacle : la magie de Noël revue et corrigée par « Jojo la Frite », le clodo du square sous son bonnet de père Noël. Le hurlement réveilla la maisonnée et le père fût accusé de crime de lèse-majesté mais il opposa un démenti sévère, faisant mine de s'offusquer : « Quoi ? Saouler le père Noël ? Moi ? Jamais ! ». 

L'enfant se mit à hurler que dans cet immeuble, il y avait une bande d'enfoirés qui ne respectait même pas la magie de Noël ! Enfoirés ! Retire-moi ça tout de suite ! dit le père, les joues rouge safran. 

Quand la mère ramena sur la table le risotto au repas de midi, personne n'eût trop faim vu qu'il ressemblait à la pituite du matin. La mère retira le plat pour le remplacer par une belle bûche qui avait été votée à l’unanimité.

 Noël, c'est Noël quand même !
 

* Liquide glaireux que certains malades, notamment les alcooliques, rejettent le matin à jeun.

9 mai 2023

Consigne d'écriture 2223-29 du 9 mai 2023 : Contempler

Contempler


Dans le magazine hebdomadaire du journal "La Croix" on peut trouver une rubrique intitulée « Contempler ».

Sur la page de droite figure une reproduction d’une œuvre d’art, photographie, tableau, sculpture, édifice religieux...

Sur la page de gauche Pascal Dethurens, professeur de littérature comparée, exprime ce qu’il ressent ou ce qu’il connaît de l’oeuvre choisie.

A vous de le remplacer cette semaine où il est indisponible. On vous donne donc une image à contempler et on vous demande d’écrire ce qu’elle vous inspire. Malheureusement le Gaston Lagaffe de service a perdu les noms des auteurs de ces tableaux et ne peut vous fournir que le titre de votre article à retrouver dans la liste suivante

Cathédrale de forêt - Cette boue dont la lumière fait de l’or - Comme le regard d’un dieu – Dépossession – Énigme - Face à l’horizon - Heureux voyageurs - Innocence joyeuse - Jouer avec les forces - L’Écho du silence - L’Espoir d’un octogénaire - Le Monde à l’envers – Métamorphoses - Mirage de lumière - Tout est vanité - Voyeurs ?

N.B. Vous pouvez cliquer sur les images ci-dessous pour les agrandir

 Contempler 1

 Contempler 2

 Contempler 3

 Contempler 4

Contempler 11

 Contempler 6

Contempler 8

 Contempler 9

 Contempler 10

 Contempler 12

7 novembre 2023

Devinette 3 de 4 / Anne-Françoise

AEV 2324-07 Anne-Françoise 3 bis

Est-ce un défaut anatomique ? Une jambe plus courte que l’autre ? Une scoliose ? La tête trop lourde ?

Est-ce un problème psychologique ? Une difficulté à regarder la vie bien en face ? Une volonté d’amadouer ? La confession d’un penchant inavouable ?

La dame ne repose pas bien sur ses fondations. On lui a pourtant pris des tas de clichés. Mais peut-être faut-il faire davantage d’examens encore ?

Elle a fait un tour en Italie avant de s’y établir, un pis-aller peut-être ?

Mais peut-être qu’il faut lui laisser ce charme.

La dame s’incline sans doute respectueusement devant ceux qui l’admirent ?


Qu'est-ce que c'est ? Réponse (cliquez ici, maintenez enfoncé et tirez la souris vers la droite) : La Tour de Pise

17 octobre 2023

T comme The Portiers / Adrienne

 

Lucas

17 octobre 2023

Le Chat / Anne J.

 

étang

Ce matin là, elle s'était levée tôt et d’humeur chagrine.
Elle avait pris le sentier qui longe l'étang ;
elle cheminait tranquille, caressée par la bruine
malgré le froid mordant.

C'était l'hiver sur la terre
et l'herbe glacée craquait sous ses pas.
Il ferait bon rentrer après l'exercice
qu'elle faisait d'un pas allègre
pour se réchauffer.

C'est une petite plainte portée par le silence
qui la fit s’arrêter
et chercher sur la berge un oiseau blessé.
Ce fut un chaton minuscule aux yeux à peine ouverts,
transi par la gelée,
seul et abandonné.

ChatElle le prit dans ses bras et délicatement
l'enroula dans son écharpe
avant de le glisser dans sa poche.
Au chaud le petit se mit a ronronner
puis réclama quelque chose à manger
par d'insistants miaulements.

Ce fut le début d'une longue histoire

Le chat grandit et prit sa place.
Observant les alentours de ses yeux d’émeraude,
trônant sur la chaise ou le lit,
patounant sur les couvertures
et grattant les fauteuils,
il occupe les lieux.

Tout propriétaire d'un chat sait bien
qu il n'est qu 'un invité
dans sa propre maison.

17 octobre 2023

Lou et Charles-Henri / Anne-Françoise

Lou

Lou partait au travail dès 7 h 30 du matin. Elle attendait le dernier moment pour se lever, attachait ses cheveux, enfilait une salopette, avalait son petit déjeuner debout et quittait son HLM. Elle rentrait en toute fin d’après-midi, ouvrait les persiennes et se tenait à la fenêtre d’où elle regardait les enfants jouer sur le parking. Elle se reposait là chaque soir de sa dure journée de travail après avoir retiré sa salopette maculée de peinture et enfilé une salopette propre. Elle aimait ce moment où les habitants se rencontraient et se parlaient dehors ou à leurs fenêtres.

Portrait de DiegoJacques-Henri avait des origines bourgeoises qu’il assumait mal… tout en profitant bien de ses avantages. Il préférait qu’on l’appelle Diego mais personne ne l’appelait ainsi ! Il habitait chez ses parents une maison moderne sur pilotis qui tournait avec le soleil. Ce pavillon de 1000 m2 avait une piscine au sous-sol et toute la domotique dernier cri. Un immense portail avec vidéo et reconnaissance faciale était le passage obligé pour avoir un lien avec l’extérieur. Peu de gens entraient donc chez Jacques-Henri qui avait peu d’amis. Son père était PDG d’un grand groupe financier. Il ne parlait que profits, exonération d’impôts, sociétés écran et paradis fiscaux. Sa mère tuait son ennui en faisant refaire la décoration de sa maison. Elle faisait changer ici un sol, là une tapisserie, là encore réaménager le salon au gré des saisons, des tendances ou de ses envies.

C’est ainsi que Jacques-Henri avait un jour croisé Lou. Elle marchait derrière un peintre qui portait un escabeau et avait elle-même de gros seaux de peinture au bout de chaque bras. D’autres suivaient et se dirigeaient vers la chambre d’amis du rez-de-chaussée. Celle qui comprenait une salle de bains, un dressing et un espace sport. Jacques-Henri fut intrigué par cette fille. Ne fait-elle pas un métier réservé aux hommes ? Est-ce son mari qu’elle suit ou qu’elle précède ? N’aurait-il pas dû lui proposer de porter les seaux ? A quel moment pourrait-il lui parler ? Une fille comme elle pourrait-elle l’aimer ? Car lui était déjà amoureux. Le soir, il entrait dans la chambre d’amis. Il soupesait les pots de peinture, caressait les pinceaux et rouleaux, respirait cet air qu’elle avait peut-être elle aussi respiré, posait ses mains sur les murs qu’elle avait peut-être repeints. Il décida de la suivre pour savoir où elle habitait. Il regarderait le portail, lirait le ou les noms inscrits sur la boîte aux lettres. Il irait avec son appareil photo pour garder trace de tous les détails qui pourraient lui échapper lors de sa visite.

Lou remarqua le curieux manège du jeune homme qui passait et repassait devant la chambre d’amis. Pendant un après-midi entier, il prit des photos dans le jardin, photos de la maison et surtout de cette pièce où elle travaillait. Un soir, Lou vit qu’il entrait dans sa voiture de sport rouge au moment où elle et les autres peintres rejoignaient leurs fourgons. Elle vit dans le rétroviseur qu’il les suivait. La voiture rouge fit une pause à une centaine de mètres de l’entreprise. Elle s’aperçut que le jeune homme de bonne famille prenait le même train de banlieue qu’elle, avec des lunettes noires. Elle rentra chez elle sans plus prêter attention à lui.

Le lendemain, en ouvrant ses persiennes comme d’habitude en rentrant, elle vit le jeune homme qui se cachait derrière un muret. Le jour suivant, elle monta chez sa voisine du dessus d’où elle put l’observer, posté au même endroit que la veille, l’objectif de son appareil photo dirigé vers sa fenêtre à l’étage du dessous. Il attendit là longtemps.

Roméo_et_Juliette

Le surlendemain, elle alla le trouver. Il fut pour le moins décontenancé quand il la vit s’approcher de lui. Il lui déclara son amour. Elle en fut d’abord amusée. Elle fut aussi étonnée par ses mots, ses sentiments, sa manière de s’exprimer, comme au théâtre ! Oui, elle fut surprise… et touchée. Elle lui dit : « Écoute mec, j’suis pas love et on n’est pas du même monde tous les deux. Mais si ça t’amuse, pour ce soir, j’suis OK pour être ta Juliette sur mon balcon. Toi, tu s’ras Roméo qui me prends en photo. J’posterai ça sur Instagram, ça m’fra plein de vues ! »


C’est ainsi que débuta une fabuleuse d’histoire d’amour entre Jacques-Henri et Lou.

12 septembre 2023

Steven (Le Matos) / Anne-Françoise

AEV 2324-01 Anne F

Dimanche, ce sera la fête des confitures à La Chapelle des Fougeretz. Monique y est responsable du stand crêpes. Elle fait ses achats. Steven, son mari, l’accompagne, ce qui n’arrive pratiquement jamais tellement il a horreur des courses. Il pousse nonchalamment le caddie. Tout à coup, il s’arrête au milieu du rayon et se frappe le front. Étincelle !

- Les allumettes ! Oh, là là, j’allais oublier ! Heureusement qu’tout d’un coup j’pense aux allumettes ! Ouille, j’aurais été bien mal sans les allumettes ! Le con ! Va t’en vérifier les gaz sans les allumettes ! Passque faut qu’je voie tout l’matos. Monique, elle s’occupe des œufs, de la farine, du lait, de l’huile, des poêles, de l’alu, du Sopalin, des serviettes, des gants, des ramequins pour l’huile, des nappes en papier, des éponges… Et moi, j’allais oublier les allumettes, le con ! C’est que les gaz pour faire les crêpes, faut qu’j’les allume tous, voir si ça marche, si c’est OK pour les bouteilles, les feux… Bon, les tuyaux, j’les ai déjà changés c’t’hiver. Faut être aux normes… Bon où c’est qu’c’est qu’y z’ont mis les allumettes ? C’est pas possible, j’les trouve pas ! Sont pas dans l’rayon d’la lessive, pas avec les sacs poubelle, pas du côté du dentifrice. Aargh ! Où c’est qu’elles sont les allumettes ? C’est sûr que Monique va encore m’engueuler si j’fais pas mon boulot ! Fichues allumettes ! A moins qu’j’achète un briquet ? C’est quand même mieux, les allumettes !  

12 septembre 2023

Christel (Le Pèse-personne) / Anne-Françoise

- Faut qu’j’achète une balance. J’ai trop mangé c’t’été. Oh ben non, les apéros, les barbeucs, les gâteaux, les glaces, les restos, les bouffes et les repas de ceci et de cela… Et comme c’est les vacances, ça dure en longueur, ben on occupe le temps et j’bouffe, qu’est ce que je m’en suis mis ! J’ai pris au moins je sais pas combien de kilos. Dramatique ! J’le sens bien, ça m’serre à la ceinture, aux cuisses, partout ! Non, faut qu’j’achète une balance, une balance qui marche. C’est sûr que ça va être dur quand j’vais monter d’ssus mais faut p’t’êt ça pour que ça fasse électrochoc pour arrêter d’bouffer. Bon, où c’est qu’c’est l’rayon des balances ? »

Christel s’adresse à un vendeur :

- S’il vous plaît, c’est où les balances ?

- Au rayon cuisine, madame.

Elle fait demi-tour avec son caddie et s’arrête.

- Mais dans quoi j’pense ! Il a cru que j’voulais une balance de cuisine !

Elle refait demi-tour et se retrouve dans l’allée centrale. Un homme l’aborde :

- Madame, z’avez pas vu les allumettes ?

- Ben non, et vous, z’avez pas vu les pèse-personne ?

- Ben non.

- C’est pas possible ! Y z’ont dû cacher les pèse-personne derrière les allumettes !

- Ou les allumettes derrière les pèse-personne ?

- Ou les pèse-personne derrière les allumettes derrière les barils de lessive ?

- Ben on n’est pas sortis de l’auberge ! 

AEV 2324-01 Anne-F - Pèse-personne

10 octobre 2023

Une autre ville / Marie-Thé

J’ai parcouru l’Italie, l’Espagne, la Grèce et bien d’autres pays pleins d’attraits et de lieux touristiques prestigieux.

Cette année, pas de grand voyage. C’est dans un village, au bout de la pointe sud de la Bretagne, que j’ai posé mes valises, dans une petite maison, rue de la Belle Époque, à 300 mètres de la mer.

Chaque matin, après un bain dans l’eau glacée, assise sur la plage, je vois des pêcheurs rejoindre leurs bateaux dont j’imagine les noms reliés à une histoire particulière : La Coquillone, la Farandole, la Déferlante, Violette et moi, et bien d’autres noms encore.

2023-08-12 285 22

A cette heure matinale seul le clapotis de l’eau vient troubler le silence.

Les bateaux, reliés à une ancre par une lourde chaîne, se balancent au gré des vaguelettes qui disparaissent dans le sable.

Leurs couleurs vives, jaune et noir, rouge et vert ou bien violet, se profilent sur la mer bleu azur. Ce spectacle m’enchante.

Le soleil commence à chauffer. Je me dirige vers le bourg, quai du port Fidèle, au Rendez-vous des Marins où quelques solitaires, comme moi, viennent passer un peu temps pour prendre un petit-déjeuner et lire le journal.

Assise sur la terrasse, je me sens bien, un peu seule mais l’animation du port me convient.

J’entends soudain quelqu’un m’interpeler. Un vieux loup de mer m’observe.

- J’organise une partie de pêche cet après-midi. Mon bateau c’est La Chimère, le bleu et rouge, près de la jetée. Il me reste une place, ça vous tente ?

***

J’étais ravie. Nous étions cinq touristes à embarquer. J’ai eu le mal de mer sur ce rafiot et j’ai passé la partie de pêche assise au fond du bateau. A peine si j’ai vu le Trou du Diable, ce lieu plein de légendes. Les filets se sont remplis de maquereaux et de quelques bars.

Le soir venu, au café, rue du Grain de sable, ce fut la fête. La tenancière, avec la complicité du vieux loup de mer, nous a fait déguster les poissons pêchés l’après-midi, grillés dans la cheminée.

Et pour terminer cette agréable journée, nous avons bu et chanté des airs bretons. 

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