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L'Atelier d'écriture de Villejean
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13 septembre 2023

Consigne d'écriture 2324-01 du 12 septembre 2023 : Sinon j'oublie

Sinon j’oublie

 

2324-01 Sinon j'oublie 2C’est le titre d’un livre de Clémentine Mélois, artiste plasticienne, écrivaine et membre de l'Oulipo.

Sur chaque page de gauche du livre figure une liste de courses qu’elle a ramassée dans la rue. Sur la page de droite elle imagine le prénom de la personne  qui a perdu cette liste. Ce prénom figure comme titre du texte. L'autrice fait monologuer la personne sur un sujet quelconque, capte un moment de ses pensées sur le chemin de sa maison ou du magasin et ce texte-là, un peu délirant, ne dépasse pas une page. A vous de choisir dans la liste ci-dessous et de nous dire ce que pensent Stéphane, Mireille, Océane et les autres en allant faire leurs commissions.

Pierrette Unico
Christophe Le bonheur des Français
Elodie Les téléfilms
Stéphane Easy Rider
Christel Pèse-personne
Michèle Tout est vanité
Sandy Légende urbaine
Mireille Dress code
Jean La tortue
Sandrine Merci la gauche
Sandra Monsieur
Océane J'ai pas demandé à naître
Sylvie Laisse les gondoles
Nathalie Les Anglais débarquent
André Une fillette su'l quai
Steven Matos
Monique Les vieux l'hiver
Valérie Un séjour standing
Rudy Je me comprends
Didier Pulsation amoureuse
Martine Posture du lion
Simone Les bâtons de marche nordique
Catherine La mort de Kennedy
Kevin A bas la hiérarchie
Laura Misogyne mon cul
Thierry La dent de mammouth
Jérôme Monsieur Bricolage
Oscar Mâchicoulis et choco prince
Béatrice Un certain Barthes Vador
Manon Superstition
Charlène L'interprétation du rêve
Barbara Chic chicon
Aliénor Dieu est amour
Tobias Mystère
Frank J'ai envie de dire
Marcelle Vive la vie
Edith De mémoire
Enzo Calcul de masse
Audrey La fosse de plongée
James Wikipédia
Emilie Le pépin
Florian Le tire gonzesses
Margaux Caféine
Lou-Anne Bon à rien
Jean-pierre La vieille école
Jade Chasse gardée
Sofian En voiture Simone
Liliane Le nouveau Détective
Bénédicte Rentrée scolaire
Laurence Les hommes
Théo Relation épistolaire
Alicia La cure des stars
Marie-Hélène Les babas cool
Amélie Les filles du Crazy
Olivier Soljénitsyne
Albert Le film en deuxième partie de soirée
Gilles Stylisme capillaire
René Les anciens francs
Lilou Fan club
Mickaël Josiane
Coralie Le décolleté
Cyrille Résultats d'analyses
Mallaury Le régime saucisse
Magali Vie à crédit
Michel Kinder
Alison Ryan Gosling
Kyllian Baston baston
Claude Politiquement correct
Madeleine Le confort moderne
Sabine Positive attitude
Thérèse Ulcération
Jade Chagrin d'amour
Mickaël Les féministes
Adeline Mon petit chat
Josette On aura beau dire
Kelly Un dîner presque parfait
Anis Mécréance
Ludovic Un réveil
Denise Le bus de 15h
Katia Le pays des bisounours
Bruno Une sacrée somme
Sylviane Murmura-t-il
Gregory L'Apocalypse
Mégane Conjecture
Sébastien L'autobus S à une heure d'affluence
Angélique Papa il va rentrer
Alfredo L’italien
Eric Le jugement dernier
Lionel Un dimanche à la campagne
Louise L'hôpital pour animaux
Adel Les serrures
Philippe La beauté des hommes
Carole Génération Z
Corentin Cosmos 1999
Youri Elle cause elle cause
Daniel Fini les conneries
Maxime Ma liberté
Serge L'origine du monde
Clémentine Une récré

En cadeau, une conférence très intéressante et très drôle de Clémentine Mélois sur sa résidence de neuf mois à la Bibliothèque Nationale de France.

Le passage sur "Sinon j'oublie" est entre 16' et 20'.

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1 mars 2023

Consigne d'écriture 2223-21 du 28 février 2023 : Le Théâtre magique

Le Théâtre magique

 

AEV 2223-21 Consigne Loup des steppes« Le loup des steppes », roman d'Hermann Hesse, chef-d'oeuvre de la littérature allemande du XXe siècle, nous offre le récit de la vie d’Harry Haller. Hanté par un malheur continuellement grandissant, le personnage se retrouve face à l'opportunité de côtoyer un certain théâtre magique, « réservé aux insensés », au sein duquel se présente une multitude de portes sur lesquelles sont affichées des inscriptions en tout genre.

Je vous propose de vous imaginer à la place d'Harry, soumis à diverses drogues et potions, dans un lieu où tout est possible. Voici une petite liste des portes du couloir du théâtre magique. Faites le choix d'une ou plusieurs entrées et décrivez ce que vous y vivez.

Mutabor : transformez-vous en n'importe quel animal ou en n'importe quelle plante.

Kamasutra : enseignement sur l'art d'aimer indien. Cours pour débutant : 42 manières différentes de faire l'amour.

Suicide agréable ! Tu meurs d'un éclat de rire.

Voulez-vous atteindre la spiritualité ? Sagesse de l’Orient.

Oh, puissé-je avoir mille langues ! Réservé aux Messieurs.

Déclin de l'Occident. Prix réduit. Spectacle encore inégalé.

Le summum de l'art : la transformation du temps en espace dans la musique.

Pleurer de rire : cabinet d'humour.

Jeux destinés aux ermites : substituts parfaits à toute sociabilité.

Comment construire sa personnalité : succès garanti.

Toutes les jeunes filles t'appartiennent : mettre un mark dans la fente

Joignez vous à la joyeuse battue ! Grande chasse aux automobiles.


Consigne donnée par Jeanne

29 novembre 2016

Consigne d'écriture 1617-09 du 15 novembre 2016 : Bazar au harem 2

Bazar au harem 2

161119 265 020

L'animateur distribue des photos du spectacle de Vocaline "Bazar au harem".

On collecte du vocabulaire sur l'Orient des mille et une nuits.
Puis on établit et met en commun une liste des mots qui se terminent en "ade". Ils serviront de prénoms aux femmes du harem !

Voici le pitch du spectacle :

"En Perse, dans le palais du sultan, les femmes disparaissent les unes après les autres. On soupçonne un Sérail killer. Les fameux enquêteurs Singood et Iznobad vont interroger le vizir, le sultan et même les quarante voleurs… "

Il est demandé :

- de trouver une explication à la disparition des femmes du harem ;

- d'écrire une scène d'interrogatoire, d'explication ou autre partie de ce spectacle (chanson, etc.) ;

- à défaut d'inspiration théâtrale, d'écrire quelque chose à partir de ces éléments.

 

Liste des mots recueillis :

minaret- Shéhérazade - Aladin - tapis volant - narghileh - lampe à frotter - palais - janissaire - supplice du pal - turban - babouche - sheik - Bagdad - désert - danse - voiles - tapis, perle - hammam - bracelet - eunuque - esclave - jardin - saphir - dattes - caravansérail - chameau - Sésame

Liste des prénoms :

Débandade - Daurade - Cantonade - Orangeade - Alagarade - Rogolade - Mascarade - Pintade - Pipelade - Charade - Schokolade - Sérénade - Sépharade - Marinade - Parade - Ballade - Décade - Pleurade - Esplanade - Fanfaronnade - Marmelade - Tapenade - Salade - Tocade - Passade - Rasade - Ambassade - Ruade - Boutade - Mouclade

26 novembre 2014

Mylène, la baleine / Marie-France

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Mylène la baleine

Se trémousse

Elle tousse

Jusqu’à perdre haleine.

 

Elle torpille

Les gentilles coquilles

Elle patouille

Elle les mouille.

 

Là-bas dans la vitrine

La femme dont la poitrine

Trop généreuse entrave

Ne se sent pas très brave.

 

Au loin elle voit de la fumée

Qu’elle ne peut pas humer

Et cette pauvre dame

Sent venir le drame.

 

Il n’y a pas que les vieilles

Portées sur la bouteille,

Hélas les baleines

Elles aussi souffrent de la même peine

21 septembre 2021

Irina Kobayashi. - Du bon usage de la guillotine au coucher du soleil / Jean-Paul

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Nous sommes restés babas devant le pavé particulièrement zinzin que vient de pondre Irina Kobayashi. Son dernier bébé est fabuleux ! Pour écrire cette biographie de George Sand il existait tant de matière scandaleuse dont on eût pu se servir à qui mieux-mieux pour noircir un peu plus la mémé du romantisme, la tata des féministes, la coqueluches des bobos et bobottes qui trouvent dada avant l’heure de se faire appeler George alors que son prénom est Amantine -Aurore. « J’m’appelle Patrick mais on dit Bob », comme chantait Boris Vian.

De l’étrange baronne Dudevant Irina Kobayashi n’a pas retenu les histoires de derrière, de derrière le paravent où Musset auparavant puis le docteur Pagello ensuite ont troussé les froufrous de la jolie môme Dupin qui n’était pas encore devenue « la bonne dame de Nohant ». Et pourtant la période choisie est bien celle du voyage à Venise de 1834, du séjour à l’hôtel Danieli et des amours tumultueuses que la plus célèbre des Berrichonnes connut là.

Iriuna Kobayashi s’est intéressée – sur 582 pages, c’est un bel exploit ! - aux seuls moments de respiration solitaire de Dame Aurore. Tous les soirs, elle sortait de l’hôtel Danieli et s’en allait seule dans Venise, emportant sa boîte et sa guillotine. Arrivée sur le bout de la Riva degli schiavoni et même bien plus loin, là où se trouvent désormais les pavillons de la Biennale internationale, elle s’accoudait au parapet du pont des Sept martyrs, sortait un cigare de sa boîte, lui introduisait la tête dans la guillotine, tranchait dans le vif, l’allumait puis, tirant dessus langoureusement, elle se plongeait dans la contemplation du coucher du soleil au-dessus de la punta delle Dogana, la pointe de la douane, et de Santa Maria Della Salute.

La biographe relate alors, comme si elle avait été présente aux côtés de l’autrice de « La Petite Fadette » et reçu d’elles bla-bla intimes et amicales confidences les visions étonnantes auxquelles George Sand, de façon quasi médiumnique, était soumise en ces moments crépusculaires.

C’est réellement passionnant – le séjour vénitien des amants terribles a duré plus de trois mois – et on n’oubliera pas de sitôt le ballet des personnages entrevus dans les nuages de fumée : Desiderio San Giorgio qui élève des dragons pour le plaisir et le profit, Muley Bugentuf qui lui raconte soir après soir ses dix-huit métempsychoses depuis l’an 184 et ce vicomte de Tourpeau qui la baratine sur la mensuration idéale des nougats de Montélimar.

N’en disons pas plus. Précipitez-vous sur cette biographie onirique, énigmatique et envoûtante. Il y a là un plaisir de lecture à prendre auquel vous ne pouvez pas et ne devez pas couper !

2122-03 Jean-Paul - coupe-cigare-guillotine-cigare-shop

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18 mai 2021

Sète et Troyes / Raymonde

Le lendemain matin, lorsque Quand et Où se réveillèrent, ils ne savaient plus très bien, à force d’avoir bu la veille, lequel était Quand et lequel était Où. Où savait qu'il devait rencontrer l’évêque aujourd'hui mais il ne savait plus où. Quand savait qu'ils devaient aller un jour à Sète et Troyes mais il ne savait plus quand.

Ils n’en menaient pas large nos deux " cocos " de Paimpol !

- Eh, Quand !
- Oui ,Où ?
- C’est où qu'on doit aller ?
- Sète et Troyes.
- Et ben dis donc, t'en mènes pas large !
- Hein ?
- Sète et Troyes ! C'est étroit, c'est pas large ! Bon, laisse tomber !
- Dis donc, tu n’as pas dessaoulé, tu racontes que des conneries comme Sean !
- Excuse moi, j'ai envie de pisser.
- Comme Mickaël !
- Mais tu racontes n'importe quoi !
- Ben ! Mickaël pisse à Bruxelles, mon chou ! Chou de Bruxelles, selle de cheval, cheval de Troyes, on y revient !
- Mais qui doit-on aller voir ?
- Le pape, il paraît qu'il a de la corne aux pieds et qu'il ne porte que des mules, il ne peut plus vivre en grande pompes ! Ah ! Ah ! Ah !
AEV 2021-31 Raymonde - Pont L'Evêque- T'es complètement givré, c’est l'évêque que l'on doit rencontrer à Pont, il a entendu parler de nous et veut que nous fassions la promotion de son fromage lors de notre périple.
- Aïe ! J’ai les tripes en dérangement !
- Depuis Caen ?
- Dis, Quand, c’est pour quand, Caen ?
- C'est french, ça ? Caen ? C'est après Sète et Troyes.
- Il paraît qu’à Sète, il y a un pore magnifique, mais parfois il est bouché, c’est le point noir de la ville !

AEV 2021-31 Raymonde - Sète

Les voilà donc attablés avec l'évêque qui savait lui aussi bien lever le coude.
Nos deux compères se gavèrent de fromage en jurant qu'ils en feraient la promotion partout où ils passeraient.

Et chemin faisant, la destination est atteinte.

- Sète ici que l'on s'arrête ? demande Où.

Ils s’installèrent avec cinq autres fêtards, ils furent donc sept à Sète et non pas cinq à sept.

Et le soir, ils terminèrent leur récital en envoyant " Gare au gorille " et se dirent qu’au moins ils savaient où et quand ils pourraient se reposer de cette journée bien remplie : c'était ici (les Moulineaux) et maintenant et c'était déjà quelque chose. 

20 avril 2021

Stupeur et tremblements / Adrienne

image002 (1)

Puisque tu ne veux plus vivre
brisée broyée brassée par les cailloux
que tu as fini le livre
puisque nous vivons

puisque tu ne veux plus te battre
contre les démons les fantômes
les masques cramoisis la vie grisâtre
puisque nous nous battons

puisque tu vois les vautours qui s’envolent
assassinant le ciel de leur cou décharné
ceux qui donnent des gnons et des torgnoles
puisque nous ne les voyons pas

puisque tu n’approuves pas les enfants que l’on arrache
le carcan qui sertit le cou du prisonnier
les coups de pied au cul et les coups de cravache
puisque nous approuvons

puisque tu n’admets pas le pauvre et le riche
et le mal et le bien et l’aumône et le poing
le fort sur son trône et le faible dans sa niche
puisque nous admettons

puisque tu n’acclames pas les meilleurs et les pires
les singes chamarrés les chiens qui font le beau
les hyènes les chacals les chameaux et les sbires
puisque nous acclamons

puisque tu ne tolères pas le bon dans la mélasse
l’enfer le feu la guerre la prison
les malheurs éternels l’imbécillité crasse
puisque nous tolérons

puisque tu dis non aux misères des hommes
tu as fermé le livre
un beau samedi d’avril

Adrienne exprime ici un peu de son désarroi face à la mort d’une jeune fille de 22 ans.

1 mars 2022

Consigne d'écriture 2122-20 du 1er mars 2022 : Mothérapie

2122-20 Consigne - MothérapieMothérapie
  Nous nous inspirons aujourd’hui d’un recueil de poèmes de Nathalie J.Y. Caillibot : « Petit manuel de mothérapie : jeux de mots et petits textes joyeux pour s’amuser et se changer les idées ».  Voici la liste des titres utilisés par cette autrice et, en face, la sonorité des rimes qui sont employées dans le poème portant ce titre. Nous avons fait une collecte de vocabulaire au début de la séance.  Ecrivez au moins trois courts poèmes en respectant cette obligation ou sinon faites ce que vous voulez avec tout ce vocabulaire du moment que « ça nous change les idées ».  

TITRE

Rimes

Mots collectés (on peut en ajouter d’autres)

Craque ac, aque Macaque, cornac, arnaque, laque, tic tac, patraque, Loudéac, braque, claque
J’agace ! ace, asse Fracasse, barcasse, Sargasses, jacasse, perspicace, salace, tasse, feignasse, marronnasse, Enrico Macias, rosace, débarrasse
Lâche-toi ! ache Malgache, drache, vache, ganache, attache, pistache, mâche, cravache, bache
Gagne ! agne Castagne, Champagne, Charlemagne, campagne, pagne, magne ; De Fagne, accompagne
Clame et déclame ! ame Madame, macadam, lame, acclame, slam, rame, rétame, âme, calame, dame
Allez on s’émerveille ! eil ou eile ou aye Popeye, abeille, oseille, sommeil, réveil, pagaye, groseille, merveille, soleil, vieille
Espère ! ère, aire Glaciaire, dromadaire, pépère, mercenaire, primevère, mégère, galère, anniversaire, verre, vipère
Je jette ! ette, ète Perpète, déchète, allumette, fumette, cigarette, coquette, joliette, bicyclette, moulinette, oubliettes, fillette, barrette
Veux et peux ! eu ou eux Pneu, morveux, amoureux, deux, épineux, heureux, boîteux, joyeux, merveilleux, malicieux
On abdique ! ique ou ic Comique, république, laïque, magique, érotique, mirifique, frigorifique, bourrique, astique
Allez on s’accroche ! oche Cloche, anicroche, galoche, Folcoche, roche, moche, fantoche, valoche, taloche, loches
On s’en moque oque ou oc Toc-toc, Orénoque, phoque, TOC, foc, vioque, breloque, plic-ploc, baroque
Dépote ! ote ou otte marotte, carotte, grotte, gargote, vote, charlotte, lotte, culotte
Gazouillez ! ouille Magouille, andouille, grenouille, gargouille, patouille, fouille, gribouille, mâchouille, arsouille, rouille, bidouille
Eructe ! ut, ute Azimut, flûte, cahute, uppercut, lutte, volute, zut, anacoluthe
Démarre ! Rimes diverses  
Enfile tes sandalettes ! Rimes diverses  
Fais l’âne ! Rimes diverses  
Il est grand temps ! Rimes diverses  
Pourvu qu’on rigole ! Rimes diverses  
26 janvier 2021

Oin-Oin soldat / Jean-Paul

les soeurs mata-hari

Mataharivonne et Mataharithé, comme on les avait surnommés, c’étaient vraiment, quand ils faisaient leur numéro, les frangines en folie ! Qu’est-ce qu’on a pu se marrer, de leur temps, dans notre régiment ! Elles avaient dû l’avoir au sentiment, le sergent-major recruteur, parce qu’en général, dans la marine suisse, on n’accepte pas les travelos.

Quand elles quittaient l’uniforme pour mettre du beau linge, qu’elles rembourraient leur soutif pour faire croire qu’il y avait du beau monde au balcon, on avait beau savoir qu’il faut se méfier des contrefaçons, eh bien on y croyait. On n’avait jamais vu un jeu de folles pareil. Comment elles te dansaient le tango des oubliettes en lançant : « As-tu vu ma croupe, Suzette ? » ! Impayables !

Mataharivonne, la blonde éruptive, c’était l’effeuilleur le plus subtil qu’on ait jamais contemplé. De la prestidigitation, ses polissonneries !

Mataharithé, diaphane en diable, taille de croupière et bas résilles hyper-tendus pour encaisser des dollars à vau-l’eau, avait le valseur énigmatique et la chevelure rousse. Elle faisait plus encore sorcière que sa sister mais c’était une môme en or massif.

Après leur numéro d’à saute-jarretelles, ça partait sur les chapeaux de roues à l’auberge de Zelda la Douce. Faut dire qu’on avait une belle descente de cave, que la sienne était bien garnie et que l’Härdöpfeler local titrait bonbon. Après la tournée des cocottes, la tournée du patron, on n’y allait pas de main morte avec la voleuse de santé ! Envoyez la soudure, hissez le pavillon, descendez les litrons !

***

Sauf qu’après leur départ soudain, aux sœurs Mata-Hari, on s’est pris tout sur le paletot ! Un brin d’apocalypse et un discours fumace du lieutenant Droz nous sont tombés dessus. Le vieux pétait du feu par les naseaux.

Ces deux salops, enfin, ces salopes, avaient embarqué d’après lui les plans du sous-marin nucléaire !

Hou les vilaines ! Qu’elles se soient envolées avec les diams de la couronne, passe encore c’était de bonne guerre. Mais nos deux travestis, nous en sommes restés de tous nos sens interdits, c’étaient vraiment deux femmes !

- Bande de niais qui n’avez rien vu ! nous a balancé le lieutenant. Vous auriez dû vous douter, quand même ! Mataharivonne ça rime avec ?

- Espionne !

- Et Mataharithé ?

- Avec féminité !

- Voilà ! Vous auriez pu faire le lien avant ! Ca sert à quoi qu’on vous donne des cours de rap à röstis, hein ? Allez, enfourchez vos balais, vous êtes de corvée de chiottes ad vitam eternam !

Quelle connerie, la guerre !

12 janvier 2021

De Natura rerum / Jean-Paul

Dans le bordel des rois
Sur les bords de la Loire,

Dans l'éther de Venise,
Au salon de Vénus,

Dans la galerie des glaces
A Versailles, au Palace,

Les récits du boudoir
Et des bruits de couloir

- A moins que ce ne soit
Une ineptie sortie
Des Contes des mille et une nuits -

Nous racontent ceci
Que rien ne garantit :

AEV 2021-14 JK - 0311-LA-BELLE-AU-BOIS-DORMANT

La belle au bois dormant
Mouillant sa robe de bal
La met à la fenêtre
Pour qu’elle sèche la nuit.

Perspective du soir !
Prospérités du vice !

Imaginant la belle
Dans sa lingerie fine
Casanova est pris
D’une passion dévorante
Pour l’éternelle idole
Et son cœur est brisé ;

Paul Rubens (Les Trois grâces)
Rêve de culs païens et de bourrelets gras ;

Les lits du Danieli
Ou étincellent à deux
Georges Sand et Musset
Et aussi Pagello
S’enflamment des feux de l’amour.

Le dieu Bacchus lui-même
Clame « Tu me rends folle ! ».

AEV 2021-14 gif-JK loup-tex-avery

La langue de Molière
Se traîne jusqu’au sol
Et ses yeux deviennent ceux
Du loup de Tex Avery.

Les bonobos en rut
Dans le chœur des églises
Entament le cantique
De Salomonte, monte !

Le nocturne du roi
S’élève pour la dame
Dont la robe qui sèche
Sans le savoir professe
L’anatomique leçon du soir :

Pour une nuit de noces,
Une petite mort,
Une érection ne coûte rien
Mais peut vous rendre con
Comme un orteil sucé !

Méfiez-vous de la nuit parfaite
Car le diable est dans les détails !

AEV 2021-14 JK - On ne part pas

A l’origine du monde
Il coule un vin si agréable
Que Verlaine et Rimbaud
Sur ce désir d’y boire
Ni trouvèrent que déboires,
Saison d’enfer,
Voie sans pardon,
Larmoiements et clous de satin
Et cette religion du démon
Leur coûta même le Panthéon !

8 décembre 2020

Chats de ville, chat de gouttière

ronaldsearle_cats15

A l’orée du village, deux chats perchés
sur le muret d’une maison adossée à la colline,
regardent la ville déserte à cette heure matinale
où le soleil rouge annonce une belle journée,
se cache derrière les nuages, avant d’apparaître
au-dessus des maisons endormies.

Le premier, Arnold, vieux matou gris souris,
longue queue dressée comme un cobra prêt à saisir sa proie,
les yeux mi-clos, guette les mouvements, les frémissements,
décidé à bondir sur le mulot ou l’oiseau qui oserait s’aventurer,
prochaine victime de sa cruauté.

L’autre, Lorena, jolie chatte au poil touffu angora blanc
les yeux bleus énamourés, contemple la nature qui s’éveille.
Longue queue soyeuse dressée elle aussi,
prête à titiller celle de son voisin.

ronaldsearle_cats13

Le chat Randall vient à passer,
un matou de gouttière grisâtre,
revenant d’une nuit agitée, le nez sanguinolent,
les yeux écarquillés, les restes d’un poisson accrochés à ses griffes.
Il scrute les deux autres avec dédain
« trop gros, trop gras, ennuyeux »
et passe son chemin.

Lorena, la jolie chatte angora, excitée par ce spectacle,
envie ce chat bagarreur libre, indépendant, vivant.
Comme Randall, elle est née sauvage.
Elle s’élance et se jette contre lui en ronronnant
Là où j’ai peur, j’irai… avec toi.

ronaldsearle_cats9

Arnold, le vieux matou gris souris ne bronche pas,
Lorena lui reviendra, ce n’est qu’une escapade,
Elle est trop attachée aux choses tendres que la vie aisée lui apporte.

A l’orée du village, un chat perché sur le muret,
regarde avec pitié les deux chats qui s’enfuient.

17 mars 2020

Monsieur Lechat / Maryvonne

Je soussigné

Monsieur LECHAT
Né à : la mi-août
Demeurant : Rue du Chat qui pêche à MINOUVILLE

Certifie que mon déplacement est lié au motif suivant

J'ai trempé ma papatte dans l'encre de l'absurde et j'ai coché la dernière case :

Déplacements brefs, à proximité du domicile, liés à l'activité physique individuelle et aux besoins des animaux de compagnie.

AEV 1920-22 Maryvonne Abandoned1-2

Mais que se passe-t-il ? Quel charivari ! Les voilà tous planqués chez eux, aucune voiture à circuler dans notre rue, bon, ça me fait des vacances mais d'un autre côté avec les pistons à l'arrêt plus de capots chauds pour ronronner comme un moteur au doux soleil de printemps.

C'est une autre vie qui commence. Je vais reprendre une de leurs expressions favorites : ils sont toujours dans mes pattes. Moi mon déplacement bref que je vous demande c'est pour visiter la chatte de la voisine, elle a tellement de charme, et entre nous un beau châssis. Mais comme la voisine est confinée elle ne sort pas beaucoup la minette. Elle profite des caresses de sa maîtresse, la traîtresse. J'en suis tout chagrin et du coup réduit à la chasteté. Moi qui ne suis même pas châtré !

Il faut bien que je sorte, mes maîtres occupent mes places favorites. Il y en a toujours un sur mon canapé, sur mon lit, oui, oui, celui que j'occupe quand ils sont partis. En plus ils font du bruit, allument la télé pour des infos et des infos et encore des infos. Si encore c'était « Tom et Jerry » ou « Les Aristochats » ! Même « Le chat du rabbin », cet imposteur qui prétend avoir la parole, je pourrais le supporter. Mais le coronavirus je n'en peux plus. Moi quand j'ai des puces je m'en occupe tout seul et pour me laver les coussinets je suis le roi de la propreté.

 

AEV 1920-22 Maryvonne Garfield

C'est que je suis un vrai chat, moi, aux poils caramel et aux yeux châtaigne, pas un Azraël ou un Garfield, ces petits tigres de papier, ces vedettes de librairie qui croient avoir droit au chapitre. Et ne me parlez pas de ce gros chat dodu, faux frère, dit « le chat de Geluck » campé sur ses deux pattes et habillé comme un pacha, un vrai charlot celui-là. Maître en charabia.

Voilà ma vie bien chamboulée, Moi qui aimais tant les voir partir faire des achats ou aller au spectacle. J'en profitais pour aller à la chasse ou pour me chamailler avec les autres chats du quartier. Ce que j'aimais chahuter Chatouille, le chat de Léna, ce gros poilu aux yeux chatoyants !

Et j'aimais aussi les voir revenir, ma maîtresse parfois chapeautée pour les grandes occasions ou enveloppée dans son châle quand la chaleur s'était dissipée. Je les accueillais chaleureusement.

Maintenant, voilà mes maîtres confinés et mon cœur bat la chamade. Mais ils ne semblent pas malheureux, c'est un peu comme un challenge pour eux de commencer une vie de chat. Tous les habitants de la rue font pareil, « chacun dans sa chacunière » disait autrefois ma charcutière madame Chapon. Chaque vie sauvée est une victoire, mes petits chatons lecteurs. Et si je fais ma chattemite c'est que peut-être un jour j'aurai besoin de vous et de votre charité.

18 novembre 2018

Mon amant.e de Villejean n° 1 de novembre 2018

Notre atelier d'écriture s'est associé au projet de la Maison de quartier de Villejean et de la Maison Internationale de Rennes pour célébrer les dix ans de Médiapart le vendredi 23 novembre après-mid à la MQV. Nous avons planché sur l'idée d'un journal local qui offrirait, au travers de la fiction et de l'écriture ludique, une vision décalée de Villejean.

Vous trouverez ci-dessous le n° 1 de novembre 2018. 

Pour le lire en plein écran, cliquez sur l'icône "fenêtre externe". 

Bouton nouvelle fenêtre

 

 Bonne lecture et bon amusement à vous ! 

 Mon amant.e de Villejean n° 1 de novembre_2018

 

 

 

2 mai 2017

On ne se baigne jamais deux fois dans le même fleuve / Jean-Paul

On ne se baigne jamais deux fois dans le même fleuve. Ça porte malheur. Regardez la pauvre Léopoldine Hugo à Villequier !

Et puis, la Vilaine, vous vous y plongeriez, vous, dans cette eau boueuse du centre de Rennes ? Et comment vous feriez ? On a construit un parking par-dessus !

J’ai du respect pour les poètes. Jamais je n’irais me baigner sous le pont Mirabeau à Paris au milieu des amours d’Apollinaire.

J’aurais bien fait trempette des pieds à Meung-sur-Loire mais il y avait là un gros pêcheur aigri qui m’a jeté :
- Si tu te baignes là, je te fais coffrer ! Aussi vrai que je m’appelle Jules Maigret.
Je n’ai pas insisté. Ces retraités, quelle engeance !

Il faut voir les digues qu’ils ont construites, à Toulouse ô Toulouse ! Dès qu’elle entend du Nougaro la Garonne ne se sent plus pisser, elle déborde d’aise et ce sont alors des crues phénoménales. De toute façon la Garonne on ne la traverse à gué que lorsqu’il a neigé à Port-au-Prince, c’est-à-dire pas souvent. Du coup je préfère dire à ma femme de faire du feu dans la cheminée et rentrer chez nous

Tous les fleuves, c’est pareil. Dans la Tamise, ce n’est pas de mise, dans le Hoang Ho il ne fait pas chaud. Dans le Tage ça te bousille les cartilages, dans le Rhin ça t’esquinte les reins, dans l’Ienisseï tu te gèles les glaouis et dans l’Ob… ça te glace les lobes des oreilles.

Pour vous dire, même à la plage, je ne me baigne plus. Ce n’est jamais la même eau non plus, à la mer. Et je ne fais même plus non plus de châteaux de sable. J’aurais l’air de quoi, à mon âge (28 ans bientôt, faut-il le rappeler ?). Tout fout le camp, ma brave dame, dans cet univers fluctuant, liquéfié, dévastateur. La vague sans fin modifiée emmène nos jeux de sable.

170501 Nikon 002

3 mai 2016

Je déteste Disney ! / Jean-Paul

DDS 401 Blanche-Neige

Au début, on était comme Adam et Eve, Daphnis et Chloé, Castor et Pollux, Rodrigue et Chimène, Roméo et Juliette, Roux et Combaluzier, Tarzan et Jane.

Je lui trouvais plus de beauté et de séduction qu’aux trois Grâces réunies.

C’était l’époque du début, celle que depuis Monet on appelle « Impression soleil levant ». Tout autour de moi avait pris les sept couleurs de l’arc-en-ciel. Je vivais sur un nuage. J’étais prêt à accomplir pour elle les douze travaux d’Hercule. A m’abstenir de commettre les sept péchés capitaux. Pourtant j’ai longtemps cru que je n’avais pas le droit de pénétrer dans les églises et que, n’étant pas croyant, ces interdits ne me concernaient pas. Pas plus d’intérêt pour la Sainte-Trinité que pour les dix commandements ou les dix Chatterley.

Avec elle, j’aurais voulu faire les quatre cents coups, passer mille et une fois mille et une nuits, j’aurais parcouru le monde dans tous les sens. Les quatre points cardinaux n’auraient pas eu plus de secrets pour nous que les quatre filles du docteur Marsh ou crève depuis qu’elles ont entrepris d’écrire 366 réels à prise rapide.

J’aurais escaladé les sept collines de Rome : l’Aventin, le Palatin, le Trissotin, le Picotin, le Capitole, le Pactole et le Quirinal.

A elle seule elle représentait plus d’aventures potentielles que mes dix-huit compagnons de jeunesse réunis : le club des cinq, le clan des sept et les six compagnons.

Elle était supérieure aux sept merveilles du monde, elle était la huitième et la neuvième de Beethoven réunies pour un hymne à la joie des choeurs et de mon cœur.

Bref j’étais éperdument amoureux d’Isaure Chassériau dont le portrait par Eugène Amaury-Duval est conservé au Musée des Beaux-Arts de Rennes.

Mais je crois que j’aurais dû consulter des voyantes. Deux ou trois voire plus si affinités. Elles me l’auraient peut-être prédit, les sept boules de cristal, qu’il y aurait quatre saisons dans notre vie d’amoureux.

J’ai longtemps cru, enfant, que les faits divers s’écrivaient « fées d’hiver ». Je n’avais jamais imaginé qu’il pût y avoir aussi des sorcières d’été.

Ce qui nous a perdus, ce qui a tué mon amour, c’est son affection débordante pour les animaux.
Un dalmatien, ça va. Deux passe encore, trois, bonjour les dégâts. Mais 101 !

DDS 401 Dalmatiens 2

Le premier s’appelait Dalmatheux, le deuxième Duffelcoat, le troisième Deltoïde puis vinrent Dagobert, Daffodil, Duralex, Dixieland, Djingle bells, Davidoff…

Le cent unième fut appelé Derdesders. Mais il y avait déjà longtemps que je n’en pouvais plus d’aller les faire sortir dans la rue pour leurs besoins du soir.

Qu’est-ce qui m’avait pris de tomber amoureux de cette tête de corde à nœuds, de ce lapin de Garonne, comme on dit à Toulouse, de ce gibier de quarantaine ?

Désormais je ne rêvais plus que de la quitter, de m’envoler cinq semaines en ballon, de faire le tour du monde en 80 jours et de n’en pas revenir.

DDS 401 bateau

Même encore maintenant, dans ce petit voilier au pied des falaises normandes je cherchais ce qui, avant que je ne fasse sa connaissance, avait pu, dans ma folle jeunesse, provoquer les cieux au point que je dusse recevoir un tel châtiment BrigitteBardotesque.

Avions-nous, un jour, été treize à table ? Avais-je froissé sept samouraïs, douze hommes en colères, huit salopards ? Avais-je eu dans un pays imaginaire, dans une vie antérieure, sept femmes et une barbe bleue ? Avais-je dérobé des bottes de sept lieurs et agi de telle manière qu’un ogre fût obligé d’égorger ses sept filles ? Faut pas poucet, quand même, j’avais fait des conneries, mais pas celle-là ! Je n’avais pas non plus, par sept fois, participé à une épreuve de lancer de nains au cours d’une épreuve de sports d’hiver, dans un paysage tout couvert de blanche neige.

J’étais abasourdi de chiffres, de souvenirs vrais ou inventés.

Quand je sortis de ma réflexion, je m’aperçus qu’une chose bizarre s’était produite autour de nous. Le vent était tombé, la barque n’avançait plus et il n’y avait plus de ligne d’horizon. Tout autour de nous la barrière de falaises s’était refermée et nous étions désormais à la surface d’un lac d’Auvergne mais sans possibilité aucune d’accoster.

Je tapai sur l’épaule d’Isaure qui se redressa.

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- As-tu vu ce que je vois ? lui demandai-je.
- Ce n’est rien, me répondit-elle. Ce n’est pas pire que d’être coincé à bord du radeau de la Méduse. Quand les douze coups de minuit sonneront, tu te réveilleras et tu verras que tout cela n’est qu’un cauchemar.
- Vraiment ?
- Vraiment ! Et alors tu sortiras faire pisser Dakota, Desdémone, Delaware, Douaisis, Darrigade, Dyslexique, Dulcimer, Domino…

Je déteste Disney !

 

27 janvier 2026

Consigne d'écriture AEV 2526-15 du mardi 27 janvier 2026

 

Le Paris jadis de Laszlo Fircsa





Nous travaillons à partir de mots extraits d’une chanson de Jean-Roger Caussimon, «Paris jadis», et de onze images signées Fircsa qui vont tourner : on ne découvrira une nouvelle image que toutes les cinq minutes.

La façon d’utiliser ce matériel est totalement libre ce soir !

 

abondent - accordéon - advienne, - air - allez - allez donc - âme - amour - argomuche - attrait de - Bastoche - bleu. - bon - brame - Bretagne - bretelles - Bruant - brumes - capitale - Carco - cause - Champs-Elysées - change - chanson - chanteur - chauvine - choses - ciel - coeur - comprennent - cours - dit - donc - donne - échos - église - Eiffel - entend, - Envoie - esprit. - est - étonne - exaltant, - fantôme - fêtes - fleuris. - fond - genre - gnangnan - Grévin - grisée, - hanter - incertaines - irisée, - langage - larmes - loin - long - lumière - mairie - Ménilmontant, - Ménilmuche - Messieurs-Dames - mieux. - monde - musée - musiques - nostalgique - Paname - Pantin - Pantruche - Paris, - partent - passionne - Pauvre - pays. - pense - piano - place - plusieurs - posthume, - prenaient - printemps; - Provence - quais - reine - rengaines - républiques - reste - Restera, - Réveille - revient, - rigole - rimes - ritournelle - rues - s'allument, - s'croirait - Seine - semé - seule - souveraine, - succès - tabac -buvette - télés - temps - toujours - tour - une blonde - unique - vacances - vaut - Verlaine - vieux jeu - villages - visage - visiteurs - XVIème – yeux.
 
Vous pouvez cliquer sur chaque image pour l'agrandir
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

6 février 2024

Nostalgie, quand tu nous tiens / Marie-Thé

 

 

Je me suis souvent demandé pourquoi l’odeur forte, l’allure et le corps musclé des chevaux ont toujours provoqué en moi des émotions soudaines et incontrôlées.

 

Ce matin, cherchant un document dans mon grenier, je découvre une superbe photo de José et Amélie, mes grands-parents, avec leurs deux chevaux.

 

Ils sont jeunes, à peine la trentaine. Ils ne savent pas encore qu’ils auront dix enfants et que la ferme dont ils viennent d’hériter deviendra une exploitation prospère régentée par leur benjamin le siècle suivant.

 

Leurs enfants sont tous allés à l’école jusqu’à l’âge de douze ans, puis de quatorze ans pour les plus jeunes.


Au fur et à mesure qu’ils ne sont plus scolarisés, ils restent travailler à la ferme quelque temps avant de quitter le pays pour s’en aller gagner leur vie loin de la terre où ils sont nés, comme le chante si justement Jean Ferrat.


Certains rencontrent une fille qui est héritière d’une ferme. C’est ainsi que mon père, beau garçon, un brin baratineur, a séduit Joséphine, ma mère, au bal du village. Ils se sont installés dans la petite exploitation de Joséphine que progressivement ils ont modernisée.


Je suis leur sixième et dernière fille.

 

Parents et enfants formions une équipe joyeuse et insouciante. Bien que la ferme se soit équipée d’un tracteur mon père ne s’est jamais résolu à vendre ses chevaux. Chaque année, un poulain naissait dans l’écurie. Nous avions des fous-rires en voyant ce cheval miniature se dresser maladroitement sur ses jambes. Celui-ci était vendu quelques mois plus tard.

 

Tous les dimanches, nos oncles et tantes venaient partager notre repas. Avec nos nombreux cousins, nous partions batifoler dans les champs jusqu’au goûter. Alors ma mère taillait des grandes tranches de pain que nous dévorions avec du beurre et du chocolat.

 

Je regarde cette photo de mes grands-parents que j’ai à peine connus. Alors montent en moi des odeurs de feux de cheminée, de vaches, de chevaux, de champs de navette ou de terre humide et je deviens nostalgique de la vie simple et chaleureuse vécue dans mon enfance.

13 février 2024

Consigne d'écriture 2324-19 du 13 février 2024 : Dépliant touristique

Dépliant touristique 

 

On vous remet un dépliant touristique issu de cette liste :

 

Juste la DrômeLe Bassin d’ArcachonLa Voie verte trans-ArdennesBalades et randonnées en IsèreValence Sud Rhône-AlpesRouen vallée de SeineLes Châteaux de la DrômeLa Route des vins d’AlsaceLa route des sites culturels de ChartreuseLa route du végétal en ChartreuseCarte touristique d’AlsaceCarte des randonnées du pays du lac d’AiguebeletteCarte touristique du FinistèreGuide pratique du parc naturel régional de Périgord Limousin

 

On vous offre, à vous ou à un personnage de fiction, une semaine de vacances tous frais payés pour deux personnes sur le lieu en question. Où irez-vous ? Que ferez-vous ? Comment vivrez-vous ? Qu’éviterez-vous ?

 

 

6 février 2024

J comme Jean-Honoré / Adrienne

 
23 janvier 2024

Voir du pays / Jean-Paul

Je ne suis pas né un 20 janvier à 5 h du matin comme ma voisine de droite qui, du reste, pense plutôt à gauche. Moi je serais plutôt du genre centriste, né à quelques jours près au milieu de l'année. Du coup mon signe astral, le crabe du cancer, est présent sur la photo que m'a remise une bonne fée à ma naissance.

 

- Vous allez voir du pays ! m'a-t-elle promis.

 

J'ai été pris d'un doute soudain. Partir ? M'en aller loin de ma maison ? Voyager ? Le cancer est attaché à son rocher plus solidement encore qu’un bonzaï bien enraciné dans la terre de son de son pot. Pas question pour lui de se tailler !

 

Oui mais voilà : on ne fait pas toujours ce qu'on veut dans la vie et dès lors que les médecins se penchent sur votre votre cas ils vous envoient souvent balader chez leurs confrères. Voyez à ce sujet mon texte de la semaine dernière.

 

Le premier des confrères, le Dr Croze, habitait La Bourboule, une ville du Massif Central réputée pour ses établissements de cure thermale à destination des asthmatiques et j'avais le malheur, ou le bonheur, d’en être un.

 

On est donc allés en vacances par là et puis la famille a pris goût aux voyages. On a poussé jusqu'en Provence. On est allés une année en Corrèze, une autre à Narbonne-Plage.

 

J'ai accompagné mes grands-parents dans les Vosges, en Pologne, en Tchécoslovaquie, à La Napoule sur la Côte d'Azur.

 

Mais je ne suis pas ici pour raconter ma vie ni pour culpabiliser à propos de mon bilan carbone.

 

On finit toujours par lâcher la main de ses parents, par faire son chemin tout seul et c'est comme ça qu'un très beau jour on se retrouve avec une Bretonne sur le dos. Ou sur le dos avec une Bretonne je ne sais déjà plus ! Pour les positions du Kâmasûtra adressez-vous à Madame Edorée, c'est-elle la spécialiste.

 

Moi je suis juste un pratiquant de l'amour qui dure toujours et j'adore accompagner les gens qui aiment voyager. Avec Marina Castafiore Bourgeoizovna je suis tellement servi en la matière que je me suis rebaptisé Igor Wagner. Si vous avez encore l'âge de lire Tintin, entre 7 et 77 ans, vous savez que c'est là le pianiste de la Bianca. Sinon je vous l’apprends.

 

Dans le couple c'est moi qui suis l'historiographe de la bourlingueuse. Je prends des photos, j'achète des cartes postales, des cartes IGN bleu (« C’est pour mieux randonner, mon enfant ! »), je ramène des programmes de festivals estivaux ou de festivaux estivals, je suis très tolérant avec le pluriel, les mauvais chevals et les bonnes 2 CV.

 

 

Voilà pourquoi ce soir je n'ai pas hésité à vous confier quelques images de ma collection pour vous faire écrire vos divagations hebdomadaires.

 

J'aime bien le mot divaguer. C'est en divaguant, en travaillant du chapeau, que l'on accomplit les voyages les plus lointains qui soient, ceux qui vont dans des futurs troublants ou dans des passés rassurants.

 

 

***

 

Je lui enverrais bien un petit mot à la fée qui s’est penchée sur mon berceau, histoire de lui confirmer que j'ai bien vu du pays, que je compte bien en voir encore et que je la remercie.

 

Mais elle est repartie dans les limbes en même temps que la cigogne qui m'avait apporté à papa et maman. Elles n'ont pas laissé d'adresse où les joindre.

 

Comment ? Qu'est-ce que vous dites ? Les garçons naissent dans des choux et les filles dans des roses ? Première nouvelle ! Elle est bien bonne celle-là !

23 janvier 2024

Histoire d'un violoncelle / Anne J.

AEV 2324-16 Anne J

J’avais trouvé ce violoncelle dans une vieille housse toute fanée dans le fond du placard à balais de la maison familiale. Je le savais là depuis toujours mais je n’habitais plus depuis longtemps dans la maison de mes parents, et je l’avais oublié. C’était le violoncelle de mon père et celui-ci venait de mourir, obligeant ses héritiers et surtout ses héritières à faire l’inventaire de ce qui se trouvait dans la maison avant de la vendre.

Jamais personne n’avait entendu sonner cet instrument même pas il y a très longtemps car le propriétaire en avait joué jusqu’au début de ses études puis avait laissé le temps passer sans lui et n’avait plus jamais sorti l’instrument de sa vieille housse en gros coton. On avait tout essayé y compris les petits enfants pour amadouer le papy, rien n’y avait fait.

En découvrant le violoncelle, les regards s’étaient tournés d’un seul mouvement vers moi : j’étais la seule à faire de la musique et personne ne voulait de cet encombrant héritage : une voix unanime avait énoncé : « Le violoncelle est pour Anne !». Fin de discussion.

J’avais donc pris le bel objet avec moi et, arrivée a bon port, je l’avais sorti de sa housse : il était d’un beau bois doré mais en piteux état : les cordes, le chevalet, l’archet tout avait vécu.

Je n’aimais pas l’idée de le laisser mourir ainsi, je l’ai donc emmené chez un luthier pour le faire remettre en état et lui acheter une belle boîte neuve pour le protéger de l’air salin de ma maison.

Quand je vais de mon petit chez moi à la grande capitale rennaise, je profite de l’occasion pour faire des achats : ce n’est pas que chez moi, il n’y ait pas de magasins, mais ce qui vient de la grande ville a toujours plus de chic, du moins c’est ce que l’on croit …à l’inverse de mes amis rennais qui, eux, achètent chez moi quand ils viennent à la mer. Comme quoi on n’est jamais content de ce que l’on a !

J’avais donc fait de gros achats avant de récupérer le violoncelle remis en état chez le luthier et je m’apprêtais à rejoindre la gare, les bras pleins : j’avais acheté un bonsaï pour ma voisine férue de jardinage et une couette en solde pour mon lit. Comme j’avais écrasé par mégarde la poule rousse de mes voisins qui avait imprudemment traversé la rue juste au moment où je passais, j’avais fait l’acquisition d’une poule au magasin de jardinage : c’était une belle petite poule bien dodue mais elle ne se plaisait guère dans la boite de carton pour le transport.

Cartes postales 13 Robert Doisneau - Avec Maurice Baquet

Je suis là sur le quai du métro en train d’attendre la rame et voilà la bête qui caquète et qui caquète au grand bonheur des enfants qui attendent avec moi le métro à l’approche Au bruit du train qui entre en gare le volatile réussit à sortir de sa boite et s’échappe moitié volant, moitié courant en direction de l’escalier qui remonte vers la surface sous les regards ahuris des personnes autour. Un enfant réussit à l’attraper, je pose mon violoncelle pour remettre la fugitive dans la boite, le métro annonce le départ, je saisis mes paquets et grimpe dans la rame...

Je lève la tête quand les portes commencent à se fermer inexorablement et aperçois ma belle boite neuve posée sur le quai et dans le haut de l’escalier, un photographe qui vient de sortir de sa poche un petit appareil photo, cet objet désuet d’avant le téléphone qui fait seulement des photos et qui immortalise la scène.

Et là, j’ai vu le violoncelle se mettre en marche d’un pas mal assuré et dignement rejoindre la sortie. Certains disent l’avoir vu s’élever ensuite dans les nuages et d’autres prétendent l’avoir rencontré aux quatre coins du monde. Un jour il a trouvé une amoureuse qui lui a fait oublier ses années de placard et qui a fait résonner à nouveau sa caisse en bois doré. Regardez bien la prochaine fois que vous en verrez un sur scène, c’est peut être lui. 

23 janvier 2024

La Femme adultère / Marie-Thé

 

Julietta est amoureuse. Souvent, l’après-midi, lorsque son mari s’en va à son travail, elle court, elle court comme un furet pour retrouver son Roméo, un bûcheron bien sympathique, joyeux et fou d’elle. Cet homme des bois vit heureux avec son chien, dans une masure, au cœur de la forêt dont il ne sort qu’occasionnellement.

Julietta arrive chez lui rouge et essoufflée. Roméo l’accueille avec émotion et la serre dans ses bras. Sur un lit de verdure, ils vivent des moments paradisiaques, ils sont seuls au monde.

C’est Roméo que Julietta aurait voulu épouser. Hélas pour elle, ses parents l’avaient promise à un commerçant riche mais austère.

Lorsqu’elle retourne dans sa maison, Julietta est joyeuse. Elle chante en faisant la cuisine ou le ménage et surtout, devenue soudain audacieuse, elle ne craint plus son mari, toujours prêt à la critiquer pour ses tenues trop aguichantes à son goût.

On dit que les histoires d’amour finissent mal en général…

Cartes postales 03 La femme adultère

Ses petites fugues ont été découvertes et Julietta, devant une assemblée d’hommes curieux, venus soutenir le mari trompé, est traitée de femme adultère et fouettée en public par l’ecclésiastique, bien heureux de cette occasion de jeter un coup d’œil sous la jupe de la jolie Julietta. Elle a versé quelques larmes mais cela n’a pas entamé son moral.

Quelques mois plus tard, lorsqu’elle accouche d’un petit garçon aussi robuste que le fils d’un bûcheron, la femme adultère est bel et bien oubliée ! Le mari compatissant et heureux a pardonné à Julietta. Il élève cet enfant comme le sien.

L’histoire ne s’arrête pas là. Julietta, dès qu’elle a quelques loisirs, le plus discrètement possible, retourne dans la forêt retrouver son Roméo.

Que se disent-ils, que font-ils ?

Comme le dit ma copine Maryvonne, « Cela ne nous regarde pas… mais ça nous intéresse !».

3 octobre 2023

Octobre rose / Maryvonne

AEV 2324-04 CasimirCe mois-ci, c'est octobre rose. Anne-Françoise a déjà mis les pieds - non, pas dans le plat ! - mieux, elle a sauté à pieds joints dans une histoire à l'eau de rose !

Aujourd'hui, je sens que cette fille est gaie et j'aimerais écrire une bluette qui s'intitulerait « Le Gai pied ». Je serais tellement inspirée que ma souris d'ordinateur glisserait toute seule sur le tapis.

Avant il faut que je parte à la source de cette gaîté qui à mon avis part des pieds. Peut-être a-t-elle rencontré un Casimir qui lui a fait les yeux doux ? Par exemple, parmi ses pères d'élèves, il y en a un qui a craqué. J'ai déjà connu ça !

Octobre rose, je vois la vie rose. Il l'a invitée à la course qui chaque année vous permet de courir pour encourager la recherche contre le cancer du sein. Oui ! C'est bien ça. Et savez-vous comment il s'y est pris pour faire sa demande ?

Coeur_en_p_te___modelerLundi soir, il est entré dans la classe, il est allé jusqu'au bac où la pâte à modeler est rangée. Il a pris la rose, oui, oui ça existe, et il a modelé un cœur au creux de sa main.

Elle a dit : « Je ne sais pas, je réserve ma réponse. ».

AEV 2324-04 NuageEt ce matin comme elle était sur un petit nuage et qu'elle ne voulait pas s'exprimer devant toute la classe, elle a trouvé cette idée, mettre des tennis roses. Nous, à l'atelier, nous connaissons son imagination. Pour qu'il comprenne bien le message, elle a laissé tomber son stylo à ses pieds comme autrefois les femmes laissaient tomber leur mouchoir en guise d'assentiment.

Maintenant qui va courir après qui ? That is the question !

Moi j'dis ça,j'dis rien ! Mais il est un peu gonflé le Casimir, profiter d'une histoire de seins pour courir le guilledou ! Mais je m'égare. Maintenant de lacets en œillets et de fil en aiguille, nous allons surveiller la couleur des tennis de notre camarade. Peut-être aurons-nous le droit à quelques confidences qu'elle nous susurrerait avec le rose aux joues. Espérons surtout que cette histoire d'amour parte du bon pied !

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14 novembre 2023

Quatre poèmes de Lautréaval extraits de "Effleure le mal" / Marie-Thé

Que diras-tu ce soir, pauvre âme solitaire ?

Tu es seul, mon ami, cherche sous l’évier !
Tu trouveras une fillette remplie de piquette,
Et puis tu la boiras pour oublier Lola
Qui de toi ne veut pas.

AEV 2324-08 Marie-Thé - Lola

 ***

La cloche fêlée

Dans les maisons du bourg,
On écoute dans la nuit
La cloche fêlée tintinnabuler
Toutes les heures avec un son cassé.

Aux environs de minuit, quelques lucarnes s’éclairent,
Pour quelques-uns, c’est l’heure d’une pause-pipi
Ensuite ils se recouchent, se rendorment bien vite.

Alphonse lui, se tourne sur la droite,
Se tourne sur la gauche
Puis s’allonge sur le dos.

La cloche sonne et résonne
C’est déjà le matin. Alphonse s’est endormi.

Aux douze coups de midi,
Il se réveille enfin, ébahi et surpris.

AEV 2324-08 Marie-Thé - Cloche fêlée

***

Quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle

Il est gris souris le ciel de novembre.

« Celle qui est trop gaie » est descendue dans son jardin,
Pour y cueillir du romarin.

Elle a bien ri avec Jean-Louis cette nuit.

Ce matin, en descendant les marches du perron
Avec ses sabots de bois,
Elle a glissé dans la boue.

Son cotillon est tout crotté.

Elle n’est plus « celle qui est trop gaie ».

AEV 2324-08 Marie-Thé - Celle qui est trop gaie

***

Elévation

J’ai grimpé très haut dans la montagne
Pour y cueillir du thym et du romarin.

Par la même occasion,
Je pensais méditer, élever mon esprit
Le vent m’a refroidie.

La pluie m’a transpercée.

De la vallée montaient les nuages.

Au lieu de m’élever dans la belle nature
Je suis redescendue et me suis recouchée. 

AEV 2324-08 Marie-Thé - le-matin-du-lundi-30-decembre-l-eglise-du-mont-saxonnex-semblait-flotter-au-dessus-d-une-mer-de-nuages-photo-celine-martinelli

14 novembre 2023

Cinq poèmes de Lautréaval extraits de "Effleure le mal" / Anne Françoise

L’albatros

Souvent pour m’amuser, je me lève sur la plage,
Je prends de hautes poses, je chante la belle mer,
Je danse ma vie, indolente compagnonne de voyage
Des nuages glissant sur le fond bleu du ciel.

Je déclame, gesticule, je me crois sur les planches
Quand un roi de l’azur maladroit et honteux
Laisse piteusement une grosse fiente blanche
Tomber sur ma personne, moi l’actrice aux cent feux !

Les parents, les enfants, les baigneurs, les bronzés
Ne voient plus mon talent, ma haute destinée ;
A cause d’un albatros, au milieu des huées,
Je cherche ma serviette, il me faut m’essuyer.

AEV 2324-08 Anne-Françoise Albatros

***

Quand le ciel bas et lourd

Quand le couvercle en métal sur la casserole pèse comme un ciel de canicule
Ça va…

Quand le couvercle en métal sur la casserole s’agite comme un ciel de foudre et d’éclairs
Ça ne va plus…

Il me faut vite baisser le gaz sous la casserole sinon tout va déborder.

AEV 2324-08 Anne-Françoise - Casserole

***

L’invitation au voyage

Mon papy, ma belle-sœur,
Songez à la douceur
D’aller là-bas vivre ensemble
Aimer à loisir
Aimer et mourir
A l’EHPAD dans une chambre.

AEV 2324-08 Anne-Françoise - EHPAD

***

Le cerf-volant

Quel drôle de nom !
A-t-on déjà vu un cerf voler ?
Voler dans le ciel, dans les airs ?
Ou voler ses noisettes à l’écureuil ?
Non vraiment, il est fou le cerf-volant !

AEV 2324-08 Anne-Françoise - Cerf-volant 2

***


Phares

Les petits phares qui s’allument sur la mer
Ont-ils une maman, une gentille mère
Qui, quand ils ont fini leur far en dessert,
Leur dit : « Il est temps d’allumer vos lumières » ?

Y-a-t-il des phares filles, des phares sœurs
Qui se fardent avec Mylène Farmer ?

Dansent-elles la farandole
Autour des bateaux la nuit ?

Leur racontent elles des fariboles ?

Sont-elles farouches quand la lune luit ?

AEV 2324-08 Anne-Françoise - Phare

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