On fait tourner quatre poèmes écrits par Emile Verhaeren, Paul Verlaine et Jacques Prévert sur le thème de l’automne. A chaque arrêt devant ses yeux l’écrivant·e note dans son cahier deux ou trois formules du poème qui lui plaisent.
Après le passage du quatrième poème on se retrouve donc avec un nombre d’extraits compris entre huit et douze. Il faut composer avec cela un texte sur l’automne qui soit tout sauf suicidaire ou déprimant. L’autre obligation est de retrouver au moins une formule de chaque poème initial dans le texte final.
Je traîne mon odeur Une odeur lourde et chaude
Et je chasse la langueur
Des endroits où je rôde...
J'aime faire les cent pas
Sous le grand Opéra
Parfois je fais un break
Dans les bibliothèques
Je suis un escogriffe
Qui garde l'esprit vif :
J'aime paperasser
Les écrits apocryphes
J'aime aussi potasser
Les dossiers cacochymes
Et j'aime rêvasser
Sur les récits de crime
La nuit est mon domaine
La nuit je me dé-chaîne "Eh, la lune, garde à vous !"
Je suis fantôme-voyou
Je suis fantôme farceur
J'ai l'esprit mal tourné !
Et puis, quand sonne l'heure
Du pan d'éternité,
J'accueille les nouveaux Tout suffocants et blêmes
D'une bourrade, d'un bon mot
J'leur tends un chrysanthème
J'leur dis : "Prenez la peine, La peine de vous asseoir
Au café d'Outre-Terre...
"Serveur, un petit noir...
Ou peut-être une bière ?
Venez donc, on va boire
A la mort, à la vie
Et puis aux grands esprits
Qui s' rencontrent la nuit..."
Nous savons que le poème de Verlaine a eu un rôle historique. Quand il dit « sonne l'heure » l’espoir se met en marche. Immensément, la nuit se met à bruire d'idées folles, celles de la délivrance. Du coin du bois résonnent les voix du courage. Fini le garde-à-vous, les combattants de l'ombre vont agir. Ils profitent d'un moment où le temps se vêt de brume pour avancer. Ils se disent qu'enfin ils vont retrouver les couleurs de la vie et ils s'en vont, très émus, par la mer, par la terre, par les airs, pour nous délivrer de la bête immonde.
Prenez la peine de vous souvenir de ces hommes, de ces femmes qui ont fait que vous pouvez rire et chanter et que vous pouvez écrire ce que vous voulez.
Voilà que sonne l'heure de la récréation du mardi soir. Prenez la peine, cher confrère, chères consœurs, de repeindre nos histoires avec les couleurs de la vie. De belles couleurs chaudes, vives, chatoyantes. Si le temps se vêt de brume, chassez ce rideau au vent mauvais et écoutez immensément la nuit. Du coin du bois résonne le chant du cerf qui appelle la biche à l'amour. Ce brame déchirant, ceux qui l'ont entendu s'en reviennent très émus.
Pourquoi l'homme ou la femme n'a pas été doté de cet artifice, ce chant d’appel qui faciliterait nos relations ? Imaginez la chorale qui s'élèverait dans les bourgs et dans les villes. Popaul Verlaine au garde-à-vous devant cet hymne à l'amour ! Les oiseaux pratiquent bien l'exercice. Sommes-nous moins aptes que les emplumés à nous exprimer ?
Je suis certaine qu’Édorée a une idée à ce propos.
Quand sonne l'heure d'accumuler les emmerdes, celles qui volent en escadrille, comme disait Jacques Chirac, le Diogène moderne ne fait pas les choses à moitié.
C'est qu'on va vers l'automne, cette saison où tout tombe, les feuilles des arbres, les principes de l'élection démocratique, les menaces contre l'État de droit, les bombes un peu partout dans le monde et les systèmes informatiques chez nous.
Diogène a beau vivre dans son tonneau, il n'est à l'abri de rien. Panache au clair et glaive nu, les hackers transpercent toutes les cuirasses, se jouent de vos antivirus et volent, à travers le ciel fou du village mondial, votre identité numérique, vos codes d'accès à la messagerie et ratent de peu ceux de votre compte bancaire.
Prenez la peine d'écouter Diogène : une fois que ce vaurien d'Alexandre s'est retiré de son soleil, il clame que le temps se vêt de brume.
- Ces atteintes blessent mon cœur et ces bougres d'éditeurs en rajoutent, fermant mon compte Youtube et supprimant l'accès à ce blog de photos ou j'ai oeuvré, entre 2007 et 2013, pour montrer à ma mère, encore vivante alors, et au monde pas encore assassiné par les zéros sociaux et ChatGPT, la vraie chanson vivante d'un homme naïf qui regarde à tous les coins des carrefours. Il cherche et partage, de l'Est à l'Ouest, du Sud au Nord, tout ce qui peut relever de la vie drôle et des belles choses : les plumes d'oiselles des demoiselles au carnaval, les nuages par-dessus la mer, les survivances des jours anciens, vieilles voitures, manèges d'enfants, étalages de braderies, feuilles mortes d'anciens automnes, randonnées, voyages dans les îles et les villes…
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Mais bon, tout n'est pas tout à fait perdu. Je ne suis pas ici pour vous raconter la vie de Diogène mais puisqu'il souffre sans douleur d'un syndrome d'accumulation sachez qu'il jongle ces temps-ci entre ses disques durs externes pour récupérer ses images perdues, les republier ailleurs, les sauvegarder par un double exemplaire pour le cas où une autre atteinte imprévue aussi bien que mortelle ne vise la matrice par trop unique.
Dès lors Diogène à décrété qu'il passerait un bel automne dans son tonneau : il y a 1773 pages html à enregistrer ! Il en a récupéré déjà 250 ces deux derniers jours. Il a l'impression d'avancer à la même vitesse que les deux escargots de Jacques Prévert.
Il n'est pas sûr pour autant qu'il les rende à nouveau accessible sur la toile. La poésie, au sens large du terme, peut-elle supporter d'être entourée, cachée, parasitée, annihilée par un flot de publicitéstriviales comme c'est le cas sur Youtube et sur Canalblog actuellement ?
Au-delà de cela, Diogène ne ressemble-t-il pas, à vouloir rassembler ses trésors dans un seul et unique tonneau sécurisé, à cet arbre d'octobre, échappée du tableau des joueurs de football de la semaine dernière - et d'Henri Rousseau -, arbre qui courrait après ses feuilles rousses, en hurlant, tant la bise le fait craquer : « Revenez ! Revenez ! J’étais très attaché à vous ! ».
Une chose est sûre: si Diogène chope une tendinite de l'épaule droite elle sera due à un usage immodéré de la souris et non, comme chez les véritables gens de gauche, à la pratique du poing tendu dans les manifs. Ce n'est pas lui assurément qui chantera jamais « Du passé faisons table rase ! ».
C'est difficile de lutter contre ses (syllogo-) manies !
L'animateur distribue à chaque écrivant-e une monographie de la collection "Regards sur la peinture" consacrée à un peintre.
Il demande de faire parler un personnage d'un tableau ou de décrire un paysage ou une scène ou de raconter une histoire à partir de ce tableau (ou de plusieurs tableaux).
Mais attention ! Vous ne devez utiliser pour cela que des mots de une ou deux syllabes, pas plus !
Il y a une tolérance pour les noms féminins, adjectifs ou verbes qui se terminent par un e muet. "Demande", "consigne", "peinture" sont acceptés mais "demander", "critiquer" et "orangé" sont interdits.
Les monographies distribuées concernaient Botticelli, Bruegel, Canaletto, Le Caravage, Le Douanier Rousseau, Cézanne, Gauguin, Léonard de Vinci, Manet, Monet, Renoir, Seurat, Toulouse-Lautrec et Van Gogh.
N.B. Nos écrivantes en ligne peuvent choisir un tableau d'un de ces peintres ou d'un autre peintre de leur choix puis respecter le reste de la consigne.