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L'Atelier d'écriture de Villejean

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1 octobre 2024

Consigne d'écriture 2425-04 du 1er octobre 2024 : Glaner des mots d'automne

 

Glaner des mots d’automne

 

On fait tourner quatre poèmes écrits par Emile Verhaeren, Paul Verlaine et Jacques Prévert sur le thème de l’automne. A chaque arrêt devant ses yeux l’écrivant·e note dans son cahier deux ou trois formules du poème qui lui plaisent.

 

Après le passage du quatrième poème on se retrouve donc avec un nombre d’extraits compris entre huit et douze. Il faut composer avec cela un texte sur l’automne qui soit tout sauf suicidaire ou déprimant. L’autre obligation est de retrouver au moins une formule de chaque poème initial dans le texte final.

 

Paul Verlaine – Chanson d’automne : https://www.poetica.fr/poeme-1824/paul-verlaine-chanson-automne/

 

Emile Verhaeren – Automne : https://www.poetica.fr/poeme-5267/emile-verhaeren-automne/

 

Emile Verhaeren - Soir d’automne : https://adrienne414873722.wordpress.com/2024/09/30/z-comme-zalig-3/

 

Jacques Prévert – Chanson des escargots : https://www.kartable.fr/ressources/francais/expose-type-bac/paroles-quot-chanson-des-escargots-qui-vont-a-lenterrement/25142

 

 

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1 octobre 2024

Automne venteux / Anne J.

 

Nous étions trois amies, regardant la pluie

autour d'une table ce dimanche midi.

 

- Prenez un verre de bière si le cœur vous en dit !

 

La raison en était une répétition

d'une difficile chanson

d'un exilé breton

du siècle qui vit naître

les Tri Yann et Patrick Ewen.

 

Vous voulez connaître son nom ?

Youenn Gwernig il se nomme,

notre homme.

 

 

Un chat près du foyer se pelotonne

en ce midi d'automne

insensible à la tempête qui se léve.

On écoute pleurer et rire

les arbres.

 

J'accompagne mes amies dans leur apprentissage

sans être concernée

- je n’y serai pas -

car c'est pour le solstice d'hiver

que les migrants de chez Prosper

sont invités à chanter,

à faire chanter dans leur langue

et à nous partager

les couleurs de la vie :

chanter en vietnamien, géorgien et arabe

en pachtoune , en albanais, en dari...

 

Quelle franche rigolade !

Mon Dieu qu'on a bien ri

ce mercredi !

 

Nul besoin

de l'appel tintamarrant des cors

ni des violons de l'automne,

juste frapper dans les mains,

bouger son popotin,

claquer les doigts

et chanter à pleine voix.

 

Tout d'un coup un grand bruit de vent

et sous nos yeux ébahis

vient de tomber à terre

le grand mimosa de l'entrée !

 

Dans la tempête

les troncs plient comme des baguettes !

 

De la frondaison et des feuillages

du bel arbre

il fallut sortir

de peine et de misère

les deux voitures

pour rentrer à la maison ,

heureusement sans trop de mal !

 

Ironie du sort

la chanson que nous apprenions

s'appelle

« E kreiz an noz » :

 

« Au cœur de la nuit  

j’entends le vent

meugler par-dessus la maison »

 

 

Est ce qu'on a chanté trop fort ?

 

Pour la prochaine fois

Je suggère « Douce nuit » …

Accompagnée

Des violons de l’automne !

 

Si la vidéo ne s'affiche pas, cliquez sur ce lien : https://youtu.be/dUibtvpkDzM

1 octobre 2024

Esprit farceur / La Licorne

 

 

- Esprit, es-tu là ?

 

- Mais oui, je suis là !

Ne me vois-tu pas ? 

 

Je flotte dans les airs

Je nage dans le mystère...

 

Le temps se vêt de brume

Et moi, comme une plume,

Je joue le long des rues

Dans l'air rugueux et cru...

 

Pareil à la feuille morte

Je passe sous les portes

Invisible et joueur

Je reprends les couleurs 

Les couleurs de la vie

Le temps m'est infini 

Alors je me balade

Je lance mes traits d'esprit

Et mes calinotades

Fffff...à la cantonade

 

Comme personne ne m'entend

Je ris de toutes mes dents

 

Je traîne mon odeur
Une odeur lourde et chaude
Et je chasse la langueur
Des endroits où je rôde...


J'aime faire les cent pas
Sous le grand Opéra
Parfois je fais un break 
Dans les bibliothèques 
Je suis un escogriffe
Qui garde l'esprit vif :
J'aime paperasser
Les écrits apocryphes
J'aime aussi potasser
Les dossiers cacochymes
 Et j'aime rêvasser
Sur les récits de crime

 

 

La nuit est mon domaine
La nuit je me dé-chaîne
"Eh, la lune, garde à vous !"
Je suis fantôme-voyou
Je suis fantôme farceur
J'ai l'esprit mal tourné !


Et puis, quand sonne l'heure
Du pan d'éternité,
J'accueille les nouveaux
Tout suffocants et blêmes
D'une bourrade, d'un bon mot
J'leur tends un chrysanthème
J'leur dis : "Prenez la peine,
La peine de vous asseoir
Au café d'Outre-Terre...
"Serveur, un petit noir...
Ou peut-être une bière ?
Venez donc, on va boire
A la mort, à la vie
Et puis aux grands esprits
Qui s' rencontrent la nuit..."


Bienvenue les amis !
Bienv'nue au paradis !

 

 

1 octobre 2024

D comme divagations / Adrienne

 

Quand des nuages couleur de marbre volent à travers un ciel fou

Quand c’est les noces du vent et de l’automne

Tu t’attendrais à ce qu’un chat près du foyer se pelotonne.

 

Mais le nôtre en cette heure de fête

Où l’automne et le vent perdent la tête

S’est installé dans un compartiment et a voyagé sans billet.

 

« Prenez prenez la peine

La peine de vous asseoir ! »

A déclaré le contrôleur

En soulevant son képi

Mais il n’y avait pas d’oiseau dessous.

 

De trein is altijd een beetje reizen

*(Le train, c'est toujours un peu long !)

A répondu le chat.

 

Et moi dans mon coin je me souviens

Des jours anciens.

De Jules de Zulma de Duvel
De Pipo Rossi et Mama Moussa
De Zeta et Jones

Et de tous les autres au paradis des chats.

 

N.B. Adrienne fait référence ici à l'histoire récente d'un chat très particulier

1 octobre 2024

Le D Day / Maryvonne

 

Nous savons que le poème de Verlaine a eu un rôle historique. Quand il dit « sonne l'heure » l’espoir se met en marche. Immensément, la nuit se met à bruire d'idées folles, celles de la délivrance. Du coin du bois résonnent les voix du courage. Fini le garde-à-vous, les combattants de l'ombre vont agir. Ils profitent d'un moment où le temps se vêt de brume pour avancer. Ils se disent qu'enfin ils vont retrouver les couleurs de la vie et ils s'en vont, très émus, par la mer, par la terre, par les airs, pour nous délivrer de la bête immonde.

 

Prenez la peine de vous souvenir de ces hommes, de ces femmes qui ont fait que vous pouvez rire et chanter et que vous pouvez écrire ce que vous voulez.

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1 octobre 2024

Mon atelier / Maryvonne

 

Voilà que sonne l'heure de la récréation du mardi soir. Prenez la peine, cher confrère, chères consœurs, de repeindre nos histoires avec les couleurs de la vie. De belles couleurs chaudes, vives, chatoyantes. Si le temps se vêt de brume, chassez ce rideau au vent mauvais et écoutez immensément la nuit. Du coin du bois résonne le chant du cerf qui appelle la biche à l'amour. Ce brame déchirant, ceux qui l'ont entendu s'en reviennent très émus.

 

Pourquoi l'homme ou la femme n'a pas été doté de cet artifice, ce chant d’appel qui faciliterait nos relations ? Imaginez la chorale qui s'élèverait dans les bourgs et dans les villes. Popaul Verlaine au garde-à-vous devant cet hymne à l'amour ! Les oiseaux pratiquent bien l'exercice. Sommes-nous moins aptes que les emplumés à nous exprimer ? 

 

Je suis certaine qu’Édorée a une idée à ce propos.

 

1 octobre 2024

Syllogomanie / Jean-Paul

 

Quand sonne l'heure d'accumuler les emmerdes, celles qui volent en escadrille, comme disait Jacques Chirac, le Diogène moderne ne fait pas les choses à moitié.

 

C'est qu'on va vers l'automne, cette saison où tout tombe, les feuilles des arbres, les principes de l'élection démocratique, les menaces contre l'État de droit, les bombes un peu partout dans le monde et les systèmes informatiques chez nous.

 

Diogène a beau vivre dans son tonneau, il n'est à l'abri de rien. Panache au clair et glaive nu, les hackers transpercent toutes les cuirasses, se jouent de vos antivirus et volent, à travers le ciel fou du village mondial, votre identité numérique, vos codes d'accès à la messagerie et ratent de peu ceux de votre compte bancaire.

 

Prenez la peine d'écouter Diogène : une fois que ce vaurien d'Alexandre s'est retiré de son soleil, il clame que le temps se vêt de brume.

 

 

- Ces atteintes blessent mon cœur et ces bougres d'éditeurs en rajoutent, fermant mon compte Youtube et supprimant l'accès à ce blog de photos ou j'ai oeuvré, entre 2007 et 2013, pour montrer à ma mère, encore vivante alors, et au monde pas encore assassiné par les zéros sociaux et ChatGPT, la vraie chanson vivante d'un homme naïf qui regarde à tous les coins des carrefours. Il cherche et partage, de l'Est à l'Ouest, du Sud au Nord, tout ce qui peut relever de la vie drôle et des belles choses : les plumes d'oiselles des demoiselles au carnaval, les nuages par-dessus la mer, les survivances des jours anciens, vieilles voitures, manèges d'enfants, étalages de braderies, feuilles mortes d'anciens automnes, randonnées, voyages dans les îles et les villes…

 

***

 

Mais bon, tout n'est pas tout à fait perdu. Je ne suis pas ici pour vous raconter la vie de Diogène mais puisqu'il souffre sans douleur d'un syndrome d'accumulation sachez qu'il jongle ces temps-ci entre ses disques durs externes pour récupérer ses images perdues, les republier ailleurs, les sauvegarder par un double exemplaire pour le cas où une autre atteinte imprévue aussi bien que mortelle ne vise la matrice par trop unique.

 

Dès lors Diogène à décrété qu'il passerait un bel automne dans son tonneau : il y a 1773 pages html à enregistrer ! Il en a récupéré déjà 250 ces deux derniers jours. Il a l'impression d'avancer à la même vitesse que les deux escargots de Jacques Prévert.

 

Il n'est pas sûr pour autant qu'il les rende à nouveau accessible sur la toile. La poésie, au sens large du terme, peut-elle supporter d'être entourée, cachée, parasitée, annihilée par un flot de publicités triviales comme c'est le cas sur Youtube et sur Canalblog actuellement ?

 

 

Au-delà de cela, Diogène ne ressemble-t-il pas, à vouloir rassembler ses trésors dans un seul et unique tonneau sécurisé, à cet arbre d'octobre, échappée du tableau des joueurs de football de la semaine dernière - et d'Henri Rousseau -, arbre qui courrait après ses feuilles rousses, en hurlant, tant la bise le fait craquer : « Revenez ! Revenez ! J’étais très attaché à vous ! ».

 

Une chose est sûre: si Diogène chope une tendinite de l'épaule droite elle sera due à un usage immodéré de la souris et non, comme chez les véritables gens de gauche, à la pratique du poing tendu dans les manifs. Ce n'est pas lui assurément qui chantera jamais « Du passé faisons table rase ! ».

 

C'est difficile de lutter contre ses (syllogo-) manies !

24 septembre 2024

Consigne d'écriture 2425-03 du 24 septembre 2024 : Mots de deux syllabes

 

Les Mots de deux syllabes

 


L'animateur distribue à chaque écrivant-e une monographie de la collection "Regards sur la peinture" consacrée à un peintre.


Il demande de faire parler un personnage d'un tableau ou de décrire un paysage ou une scène ou de raconter une histoire à partir de ce tableau (ou de plusieurs tableaux).
 

 

Mais attention ! Vous ne devez utiliser pour cela que des mots de une ou deux syllabes, pas plus !
 

 

Il y a une tolérance pour les noms féminins, adjectifs ou verbes qui se terminent par un e muet. "Demande", "consigne", "peinture" sont acceptés mais "demander", "critiquer" et "orangé" sont interdits.
 

Les monographies distribuées concernaient Botticelli, Bruegel, Canaletto, Le Caravage, Le Douanier Rousseau, Cézanne, Gauguin, Léonard de Vinci, Manet, Monet, Renoir, Seurat, Toulouse-Lautrec et Van Gogh.

 

 

N.B. Nos écrivantes en ligne  peuvent choisir un tableau d'un de ces peintres ou d'un autre peintre de leur choix puis respecter le reste de la consigne. 

24 septembre 2024

Moi-même : portrait paysage / Jean-Paul

 

 

 

Le naïf

Dans son esquif

Est au bout

De son voyage :

 

Les deux mâts

Ne passent pas

Sous le pont trop bas

Du zouave de l'Alma !

 

Sous les tortues de nuages

Le ballon volage excelle

A poursuivre le carnage :

Il a perdu sa nacelle.

 

Tant de tuyaux sur les toits,

De fumeurs de pipe en bois,

De fumées crachées au ciel

Pour noircir la Tour Eiffel !

 

Au revers de son veston

Le peintre arbore un pin's vert.

Ira-t-elle jusqu'au Salon,

Sa peinture de plein air ?

 

Que penser des 5 pygmées ?

De la Seine aux reflets rouges ?

Des hublots de la péniche

Noyés dans le tas de sable ?

 

Le siècle qui a suivi

Nous appelle à la « clémemce » :

Le naïf dans son esquif

Fera partie, d'évidence,

 

Des trésors de Douce France

Et du pays de l'enfance.

 

24 septembre 2024

Chant du cygne de la pantoufle rose / Anne J.

 

Détail du tableau "La Chute des anges rebelles" / de Hieronymus Bosch

 

Je mets les voiles !

Je n'en peux plus !

J'ai vu assez de pieds dans toute ma vie,

des grands, des petits,

des plats, des creux,

des soignés, des puants

des beaux et des moins beaux.

 

Née d'une main d'artiste

avec ma semelle blanche et ma forme rose

j’aurais pu chausser une princesse,

être le soulier de vair de la belle au bois dormant,

couvrir les griffes de la panthère rose

ou fouler le palais du grand mufti

mais hélas

j’étais captive au Moulin rouge

où je chaussais la dame qui tient la caisse

et souffre de terribles cors aux pieds.

 

 

Dans mon grand âge je fus donnée

chez Emmaüs

et tins au chaud les pieds d'une pauvre vieille.

 

 

Jetée à la rue, par la fenêtre , un soir de cuite,

j'ai servi de logis à une famille de souris.

Le peintre m'a trouvée dans un tas de rebuts

et posée sur un pupitre où je servis de modèle

pour ce tableau devant lequel vous vous pâmez,

enfin promue pour

L'ÉTERNITÉ

 

 

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