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L'Atelier d'écriture de Villejean
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10 juin 2025

Quatre réveillons de Noël. 3, Bigorneau gazouille / A.E. Villejean

 

1 A.

 

En vrai, je m'appelle Benjamin. Primo, on ne m'a pas demandé mon avis. Deuxio, dans la foulée, on m'affuble d'un surnom ridicule, Bigorneau. Et là, je suis dans ma coquille, allongé sur le dos, je vois à travers un hublot. Je vois le ciel qui est bleu nuit. Je le sais car je suis HPI. Certains soirs il y a des étoiles mais en cette soirée de Noël où on fête un autre bébé né il y a très longtemps, pas d'étoiles ! C'est étrange !. Normalement, elle fait partie de son histoire. Mais là, ce sont des flocons de neige, ça fait un peu cliché. L'autre bébé dont on célèbre le 2024e anniversaire était comme moi un surdoué. Il faisait même des miracles. En tout cas c'est beau, le ciel est par-dessus le toit de chez Mirabelle et bientôt, je vais la rencontrer.

 

Maryvonne

 

 

1 B

 

Coucou, je suis Bibi, Bigorneau. Je fête mon mon premier Noël avec mon papa Ludo. ma maman Samantha et toute la famille. Ce soir, 24 décembre, je vois des petites boules blanches dehors. Oh que c'est joli ! Je tape des mains et je les regarde tomber sur le jardin.

 

Edorée

 

 

2

 

Moi j'aime bien qu'on m'appelle Bigorneau, Bébé ou Bibi. C’est mignon. Et puis les gens, quand ils le disent, ils font une petite voix pour dire "Bébé" ou une petite bouche pour dire "Bibi". Et pourquoi pas "Guili guili" ? Ils sont bizarres, les adultes!

 

Benjamin ça fait trop sérieux. Quand je serai grand je me ferai appeler Ben par mon amoureuse comme le copain de Mirabelle, enfin, son ancien copain, parce que je vois bien qu'il y a de l'eau dans le gaz. Elle est toute triste. Il n'est même pas venu pour la fête. Elle a mangé juste quelques feuilles de salade.

 

Je l'ai entendue jouer du piano. J'aime bien mais elle n'a pas dit un mot de la soirée, elle qui est si joyeuse d'habitude. Quand je serai grand, jamais je ne ferai ça à ma copine. Elle ne vient même pas me faire des bisous et me raconter des histoires. Heureusement que la tapisserie est jolie : fond jaune, dessins et quelques feuilles vertes, des fruits Miam miam j'aimerais bien manger autre chose que de la bouillie; Des cerises et du raisin, j'en rêve mais ce n''est pas la saison. A force de regarder la tapisserie j'ai envie de dormir.

 

Marie-Thé

 

 

3 A

 

C'est mon premier Noël. Je n'ai que six mois et je suis né en été. Bon le froid, la neige, c'est pas trop mon truc mais ma mère m'emmitoufle tant quand on sort que j'ai plutôt chaud.

 

De la maison direct le siège-auto. J'ai l'impression d'être une momie attachée ou plutôt harnachée au siège. Je peux tout juste respirer. Un petit tour en voiture ! On va passer le réveillon chez tatie Marinette. Je l'ai déjà vue la Tatie Marinette. Sympa. Un peu nerveuse, peut-être. C'est sûrement pour ça qu'il s'est tiré le frère de ma maman son mari. Tu m'étonnes qu'il se soit tire ! Une femme hystérique et en plus il y a une ado ! Alors les ados, filles en plus, c'est pas un cadeau. Moi j'ai le temps mais j'aimerais bien être un ado cool. On verra bien. Je les emmerderai un peu quand même pour le fun mais je serai cool. En attendant, ce soir, c'est Noël. je ne sais pas comment c'est, un réveillon mais j'ai compris qu'il y aurait un arbre de Noël comme à la maison, un arbre décoré avec tout plein de trucs, des guirlandes, des boules de couleur. Ça a été quelque chose l'arbre de Noël chez nous ! Mon Papa a ramené un arbre immense. Il était tout heureux. maman, elle, pas vraiment. Elle le trouvait trop grand et puis il y avait une histoire d'épines qui la mettait en rogne. Papa disait "Ca sent bon, au moins ! Ceux qui perdent pas leurs épines ne sentent rien. Après comme l'arbre était très grand il a failli se casser la figure de l'échelle où il était monté pour mettre une étoile tout en haut et il s'est fait engueuler par maman en plus. Pour l'instant, c'est ça, Noël, pour moi. Ah, les cadeaux ! Ah j'ai entendu parler de cadeaux. Pour moi ça n'ira pas bien loin. Vu mon âge ils ne vont pas se fouler, hein ! Et ils mangent ! D'accord. Moi c'est toujours pareil. J'en ai un peu marre du lait maternel c'est fade à la longue j'ai aussi des petits suisses, des légumes écrabouillés, de la compote. J'ai hâte de passer à autre chose. On arrête chez la Tatie. Papa m'extirpe de mon siège on sonne à la porte et v'là l'autre hystérique qui me fait un grand sourire. je vais sûrement avoir droit au bisou en prime. Ben il démarre bien, le réveillon !

 

Véronique

 

 

3 B

 

« Dring dring ! ». On sonne à la porte. Marinette vient ouvrir et d'un air joyeux, elle accueille le reste de la famille.

 

Edorée

 

 

4 A

 

La jolie dame, celle qui a la peau toute blanche et dont on m'a dit que je dois l'appeler Tata ou Tatie, sent très bon.

 

Elle a des cheveux tout jaunes alors que ceux de ma maman sont très noirs. Tous ces gens ont des visages différents, ils émettent des sons pas pareils, assez aigus pour les êtres à cheveux longs et très graves pour ceux qui ont des cheveux courts.

 

Mon papa a même des cheveux sous le nez et sous le menton. Ce serait quand même plus simple si les membres d'une même famille avaient plus ou moins la même tête, non ?

 

Je ne sais pas comment je ferai plus tard pour reconnaître les gens. Il paraît qu'ils sont très, très, très, très nombreux. Ils ont peut-être tous un signe distinctif ? Les rois d'Angleterre ont de grandes oreilles. Les Présidents français sont petits et arrogants. Ou ils mettent des chapeaux spéciaux pour faire pape ou dictateur africain.

 

A la maternité, la sage-femme, Dominique, a dit que j'étais peut-être à haut potentiel. Intellectuel, je ne sais pas, mais hypermnésique, pourquoi pas ? Il y a plein de mots que je retiens quand j'écoute la radio avec Papa le soir.

 

Je ne sais pas ce que je dois faire avec toutes les informations qu'on me donne par-ci par-là. Peut-être qu'il me manque pour l'instant des outils de traduction, qu'on me les donnera plus tard. Mais quand ?

 

La pauvre Tatie - les autres l'appellent Marinette - a l'air bien malade. Elle a un genre d'érythème fessier sur les oreilles. Ça lui fait deux gros boutons rouges et moches. J'espère que ça ne la gêne pas pour entendre.

 

J'ai eu un moment de panique : elle s'est approchée de moi avec sa grande bouche et j'ai cru qu'elle allait me dévorer. Elle s'est contentée de poser ses lèvres sur ma joue et d'émettre un petit bruit très spécial du genre « Smack » ou « Pfflurtt ». Ça m'a fait tout mouillé, comme si j'avais fait pipi dans ma couche mais juste un petit peu. Je dois avouer que j'ai aimé ça, le petit bruit et le contact avec un être à cheveux longs.

 

Est ce qu'elle aussi va ouvrir son chemisier et m'offrir un sein à téter ? C'est peut-être la vocation de « ces dames » ? Je crois qu'on dit comme ça pour désigner les nourricières. Mais de fait, même si ça me plairait beaucoup, je pense qu'il y a un autre système de nutrition parce que Mamita ne donne plus la tétée à maman. Et à papa non plus. Du coup, il y a plein d'odeurs différentes qui sortent de cet endroit qu'ils appellent la cuisine.

 

Jean-Paul

 

 

4 B

 

Ma tata se penche vers moi et me pince la joue. Elle approche ses grosses lèvres rouges pour me donner un baiser collant. Beurk !

 

Edorée

 

 

5 A

 

Me voilà à l'intérieur du salon. L'ambiance est chaleureuse, les sapins sont décorés de guirlandes qui clignotent et de boules colorées que j'aimerais bien toucher. Au mur, face à moi, un portrait de chien tout mignon me regarde. J'aimerais avoir un chien plus tard. J'y pense très fort et quand ma tatie frappe sur une flûte avec sa cuillère, ça fait « Toc Tiding taping » et c'est beau comme un miracle. Le chien semble sortir de son cadre et s'avance vers moi. Je vous dis que je suis en connivence avec le vieux bébé de 2024 ans, HPI comme moi. Je ne sais pas comment il s'appelait mais certainement pas Bigorneau, même si Mamita m‘a dit qu'il marchait sur l'eau. J'aimerais bien être un peu comme lui, car Mamita l'aime beaucoup. Elle me raconte des chapitres de sa vie. Mais ce qui est moche, c’est qu'il est mort jeune, je ne sais pas comment. Peut être à la guerre en Palestine ? A Gaza ? On en parle beaucoup en ce moment. Mais revenons à notre réveillon, je rêve très fort que j'aurai un chien en cadeau. Même en peluche, ce serait un premier pas vers mon rêve.

 

Maryvonne

 

 

5 B

 

Tout le monde est arrivé. Marinette fait tinter un verre en cristal pour annoncer le repas de Noël.

 

Edorée

 

 

6

 

Tout le monde se régale, maman mange de l’herbe. Mais moi j'ai faim et je le manifeste en poussant des petits cris « bip bip bip ».

 

Edorée

 

 

7

 

Maman finit de manger ses herbes et me prend dans ses bras. Elle se dirige vers le canapé près du sapin et je frétille de plaisir car elle me présente sa grosse tétine. Je pompe avidement en regardant les boules scintiller dans la lumière. Après mon rôt, elle retourne à la table, continue la suite du repas et me garde sur ses genoux.

 

Edorée

 

 

8

 

C'est une vraie soirée découverte. D'abord, c'est étrange d'être encore en société à cette heure-ci, d'habitude, je suis dans ma chambre depuis longtemps et Papa m'a déjà lu une histoire mais alors, ce soir, après cette balade étrange dans la nuit noire éclairée d'étoiles qui scintillent et une sensation d'air frais sur le bout du nez, je débarque avec mes parents et ma Mamita dans une maison éclairée de partout. C'en est presque aveuglant et alors le bruit n'en parlons pas ! Ils ont vraiment une façon exubérante de se dire « Bonjour » ou plutôt « Bonsoir » ! Parce que tout bébé que je suis, à six mois, j'ai déjà intégré l'alternance jour-nuit. C'est aussi un intérieur très coloré. Je ne connais pas le nom des couleurs mais je vois bien que c’est multicolore parce que il y a Belle lurette que j'ai dépassé le stade du noir et du blanc des premières semaines. Quelle ambiance sonore et inhabituelle ! Ils parlent tous en même temps ! Et ce nouveau bruit cristallin, je ne l'ai encore jamais entendu.

 

D'habitude, leur verre ne fait pas de bruit Cependant, malgré ces stimulations sensorielles inhabituelles, mon estomac crie famine. D'autant plus que ma mère mange de l'herbe depuis un moment. J'espère que son lait ne sera pas vert et qu'il n'aura pas le goût d'épinard. Bon, passons aux choses sérieuses, je réclame, en déclenchant le signal sonore rituel que ma mère sait bien reconnaître. Bingo !

 

Rapidement, elle s'exécute, dégrafe son chemisier et me cale dans le creux de son bras gauche. Chic, c'est le côté de mon téton préféré !. La mécanique est bien au point maintenant. Les gouttelettes qui perlent sur le mamelon dégagent bien l'odeur habituelle du lait et puis la couleur est la même qu’à la dernière tétée. Je suis en confiance et surtout j'ai faim. J'y vais, j'ouvre grand la bouche en arrondissant bienles lèvres. Je ventouse le téton énergiquement, ça coule à plein débit. Et hop ! Je me sens dans un drôle d'état. Est-ce que ma mère se serait autorisé à boire du champagne ? J'ai l'impression d'avoir des troubles de la vue ! J'ai encore plus de mal à accommoder que d'habitude. Ma grande cousine est toute gondolée. Sa main qu'elle agite pour me dire au revoir est énorme. Et sa tête est toute petite, loin à l'horizon. Les parents continuent à parler, rire comme si de rien n'était. Pourtant, adultes comme ils sont, ils devraient savoir que ce trouble oculaire peut-être grave et mériterait une consultation d'ophtalmo pour distorsion de la vision. J'ai peut-être la rétine qui se décolle ? Mais c'est le cadet de leurs soucis. Je vois bien que, comme souvent au bout d'un moment, je dérange, et que je suis prié de débarrasser le plancher ! D'ailleurs, mon père me tend les bras et me dit : "Allez Bibi, c'est l'heure du lit !

 

Dominique

 

 

9 A

 

Papa aussi me fait ce qu'on appelle des bisous mais comme il a des cheveux sous le nez et sous le menton ça chatouille et ça grattouille.

 

Ici aussi dans cette maison où je viens pour la première fois, on me met en prison quand arrive la nuit avec son lot de fatigue. Mais c'est la première fois que je partage ma cellule avec deux condamnés dont on ne veut pas qu'il s'évadent. Ça va être commode de passer la nuit dans ce commissariat avec ce type marron - un avocat ? - sans doute arrêté parce qu'il déambulait à poils sur la voie publique !

 

- Je suis un ours télépathe, qu'il me dit avec sa grosse voix de baryton. J'ai appartenu à ta cousine Mirabelle et justement, je me la ferais bien, la belle. Tu connaitrais pas un truc pour me transformer en poisson volant ?

 

J'aimerais bien exocet son souhait. mais je n'ai pas encore l'âge pour recevoir une boîte de magie Harry Potter à Noël. Pas sûr que mes parents songent même à m'offrir Sophie la Girafe qui fait « Wizz ! Wizz ! Wizziouip ! »

 

- Bon, grommelle Nounours, puisque tu ne réponds pas et que tu n'as rien dans ta giberne alors j’hiberne. Bonne nuit, le petit ! Essaie de ne pas tirer toute la couverture à toi !

 

L'autre prisonnier ne dit rien. Il a une bouche mais pas de nez. Il sourit benoîtement et semble heureux d'avoir une peau toute verte parsemée de taches jaunes. Je le soupçonne d'être un prince charmant qu'une grenouille a embrassé et au lieu qu'elle devienne une princesse, c'est lui qui est devenu un crapaud ! C'est une histoire que m'a racontée une fois une baby-sitter prénommée Anne-Françoise, un soir que Maman et Papa étaient allés à l'opéra voir « La Flûte enchantée ». Je crois que je vais l'appeler Ernest. Il a la peau douce comme du velours mais quand je le colle contre ma joue ça ne fait pas le même effet que Tatie Marinette. Là-dessus, papa sort en laissant la porte entrouverte et la lumière sur le palier. Mes yeux se ferment et un joli coq vient parader sous mes paupières.

 

- Je suis le coq de montre, qu'il me dit. Et je suis un fier compagnon.

 

- Moi, je suis la vache Ursula, dit sa copine qui a des cornes sur la tête. Je donne des pacs de lait à toute l'Europe.

 

- Ah ouais, que je fais en entrant dans leur rêve. C'est sûr que vous avez de la gueule ! Mais à part ça !

 

Jean-Paul

 

 

9 B

 

A la fin du repas, ils débarrassent la table et mon papa me soulève de ses grosses mains pour le dodo. Il chantonne : « Bonne nuit mon petit Bigorneau Il est temps d'aller faire dodo Bonne nuit mon p'tit Bigorneau. Demain, il fera beau ». Papa me met dans les mains mon doudou, une drôle de peluche verte à pois jaune. Je la regarde et je m'endors.

 

Edorée

 

 

10

 

J'ai écouté la petite musique du mobile que papa avait remontée J'ai regardé longtemps le coq et la vache courir l'un après l'autre Tasse avait été désignée arbitre pour déclarer quel serait le vainqueur J'ai encouragé la vache, j'ai encouragé le coq, mais aucun n'a réussi à rattraper l'autre. J'ai fermé les yeux et ils sont venus me rejoindre. Comme c’est réveillon ce soir, ils ont mis leurs vêtements secs. Coq a choisi une belle parure de plumes pour sa crête et son dos. Vache a mis son collier, un médaillon et une jolie guirlande attachée à ses cornes. Tasse a invité des copines et Théière. J'ai fait comme maman quand quelqu'un vient à la maison, j'ai proposé « thé ou café ? » . Avec un nuage de lait de poule ? Je les ai servis. On a bien fait connaissance tous ensemble, je leur ai raconté la neige blanche comme du lait qui virevolte comme des plumes d'oiseau. J'ai pris un thé, puis un café, j'ai trouvé ça fade, mes amis aussi Comme on est très bien élevés, on a pas jeté. Mais j'ai commencé à discuter de ce qu'on pourrait boire d'autre et qui pourrait être plus festif, j'ai évoqué tout ce dont on parlait à la maison chaque jour, champagne, vodka, bière, Martini, kir, punch, Porto, mousseux, Muscadet, Sangria, cidre, Beaujolais, whisky, rhum arrangé. Mes amis étaient très impressionnés par mes connaissances sur les liquides. C'est normal, je suis tout petit, je ne prends que ça pour l'instant. Je prends rien de solide. Ils m'ont dit que Benjamin Bigorneau, c'est très moche comme prénom. Ils ont proposé un surnom que j'aime mieux : Pochtron.

 

Anne-Françoise

 

 

11

 

Je me mets à rêver. Un rêve bizarre où je suis à table et je bois du thé pour faire comme les grands avec Macaron, le coq roux et Ursula la vache sacrée indienne qui porte le troisième oeil au milieu du front. Je parle leur langage et on se comprend. Tout à coup, je suis réveillé par le bruit d'en bas. Ce qui fait caqueter Macaron et beugler Ursula. Les murs ne sont pas épais dans cette baraque Et j'entends des disputes entre Tata et Mirabelle que le bruit de la chaîne stéréo ne couvre pas. Alors je me mets à crier, à pleurer fort. Papa, affolé, monte et me prend dans ses bras, me console et gronde Tata et Mirabelle car elles m'ont réveillé. Alors pour calmer l'atmosphère, maman se met au piano et joue de belles mélodies. Papa me balance doucement au son de la Berceuse de Brahms et je ne tarde pas à m'endormir. Je laisse les grands avec leurs histoires d'adultes ! Moi Morphée m'a pris dans ses bras et je dors sans rêver jusqu'au matin.

 

Edorée

 

 

12 A

 

Vache, Coq et Tasse sont vite remontés sur le mobile et j'ai bien tout rangé quand on a entendu papa monter l'escalier. J'ai ouvert les yeux et il m'a tendu ses bras immensément longs. C'est un effet du cocktail mojito-tequila dont il abuse à chaque fois qu'il vient me chercher dans mon lit. Sans compter sa petite poudre blanche, celle qu’il a confondue une fois avec mon lait en poudre, qui lui fait des yeux ronds et lui écarquille les pupilles.

 

J'en ai eu une confirmation lorsqu'il a parlé :

 

- L’a fait beau dodo, bébé ?

 

Au lieu de me demander si mon sommeil avait été récupérateur et quellle analyse on pouvait faire de mon rêve. J'entends que ça braille en bas, que ça gueule. Qu'est-ce qu'elle se sont mis dans le gosier ! Quelle famille de soiffards ! Ils n'ont pas d'excuse, eux qui peuvent éponger avec du solide. Moi je peux pas. J'ai quand même hâte de voir ça. S'il y a vraiment de l'animation, je pourrai discretos essayer de finir une petite coupette ! Autre stratégie je pourrais peut-être brailler tout ce que je sais. Ils me fileraient de la gnôle pour m'endormir. Ça pourrait être pas mal !

 

Anne-Françoise.

 

 

12 B

 

Mirabelle pourrait bien venir me chercher au lieu de me laisser tout seul dans un lit à barreaux comme dans une prison. J'entends la musique et les autres qui discutent et qui s'amusent et qui rient. Je veux faire la fête moi aussi ! On me laisse tout seul ! je veux voir Mirabelle jouer avec ses mains sur le piano. Ouin Ouin Ouin !

 

J'ai gagné, v’là Papa !

 

Marie-Thé

 

 

13

 

Je viens d'un pays ou tout être normal fait un séjour dans un coquillage. Ledit coquillage a visité toutes les mers et océans de Gaia. Puis il est pêché par un humain ou une humaine, mangé par l’humaine et neuf mois plus tard,c'est un bébé, comme disent les hominidés, qui surgit en saignant du ventre d'une humaine. Depuis que j'ai mis mes cordes vocales sur « on », ma mère, dès que je pleure, s’installe devant la table avec des rectangles noirs et blancs qui sont super heureux quand on les tape. Ils surgissent, trop cool, pleurent, s'extasient. Hmmm ! J’aime, j’aime, j’aime ! Je veux devenir le pianiste Bigorneau ! Ah voilà que j'entends la voix de ma tante un peu cassée, Gospelisé. Elle aussi aime taper sur les rectangles noirs et blancs. Mon père me fait peur quand il approche ses grands bras de mon petit corps. Heureusement, souvent, il me dépose dans les bras de Maman qui me colle doucement mais sûrement sur ses tétons que je suce avec force et ténacité, parce qu'il faut de la force pour extraire le lait sacré.

 

Mais là, Ludovic - c'est le prénom de mon père - me dépose dans mon lit à barreaux. Je n'ai jamais compris le concept mais, en réfléchissant, c'est peut-être aussi bien que d'être enfermé dans un coquillage même s’il vogue et caresse toute la sagesse du monde. J'ai dormi, j'ai rêvé et quand je me suis réveillé, ma cousine Mirabelle aux cheveux violets était devant les rectangles noir et blanc. Ses tentacules dansaient avec grâce, en rythme. Cela m'a rappelé une nuit sur une plage quand bigorneau encore j’étais. Des humains, des humaines qui dansaient hallucinés sous la Lune et devant un rocher totem. Malheureusement une grosse vague m'a emporté loin. Pendant que je dormais avec mes copains la poule et le coq, une navette en or s'est posée devant les rectangles blancs et noirs, « une montre » ai-je entendu. Moi je sais que cette navette va me conduire sur le chemin qu'on appelle la vie. Est-ce bien ? Est ce galère ? Je vais aller voir le Crabe. Il a une autre façon de concevoir la route.

 

Ghyslaine

 

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13 mai 2025

Quatre réveillons de Noël. 1, Marinette raconte / A.E. Villejean

Quatre réveillons de Noël. 1, Marinette raconte / A.E. Villejean

 

Une version illustrée de ce texte au format A5 en pdf est disponible

en téléchargement temporaire ici :

 

https://drive.google.com/file/d/1frLa5Sj9SUKpNhgap12HjuQxZsJFdY83/view?usp=drive_link

 

1 Jean-Paul

 

Ça s’annonce bien ! C’est le soir de Noël et il neige à nouveau ! Cela faisait des années que ça n’était pas arrivé. J’espère que la route ne sera pas trop glissante pour mes invités. Je sais que Ludovic est bon conducteur. C’est un garçon calme, pondéré, flegmatique et même le jour où il a emmené Samantha accoucher à la maternité il est resté impassible jusqu’au bout. Je me souviens très bien, j’étais là avec eux, à l’avant de la voiture et c’était peut-être moi la plus angoissée des trois. Je ne sais pas trop pourquoi du reste. Ma fille à moi, Mirabelle, il y a tout juste dix ans, est arrivée comme une lettre à la poste. Un coup de tampon sur le livret de famille après le petit tour à la mairie pour l’État-civil le lendemain et paf, à vingt ans, je me suis retrouvée mère de famille...

 

Mais je m’égare. Récapitulons. J’ai deux bouteilles de champagne au frais. Le gâteau de Noël, je l’ai préparé en début d’après-midi. Un fraisier maison.Il ne me reste plus qu’à surveiller le chutney aux légumes mélangés. Mirabelle a fait la tête quand je lui ai annoncé que ce serait un réveillon sans viande à cause de sa tante Samantha qui fait partie de la caste des véganes. Mais Mirabelle fait toujours la tête depuis…

 

J’ai dit « la caste » des véganes ? C’est de la déformation multiculturelle ! Je voulais dire « la secte ».

 

Ça devient compliqué, les repas de famille. En, plus des origines éthniques il faut tenir compte des allergies alimentaires !

 

Récapitulons encore. J’ai accroché les guirlandes au plafond, mis les boules dans le sapin. Il est 18 h 10. Je n’ai pas eu le courage de faire des naans au fromage. A vrai dire je ne maîtrise pas encore assez bien la recette, ce n’est pas moi qui les faisais… J’espère que Mamita, ma belle-mère, ne se vexera pas. Un repas indien le soir de Noël, pour le plat de résistance je veux bien mais bon, il faut s’adapter, faut s’intégrer aussi. Je n’ai pas fait l’impasse sur un beau plateau de fromages, du bon pain bio, du vin rouge.

 

Ah ! On sonne ! C’est sans doute déjà eux.

 

- Mirabelle ! Va ouvrir, s’te plaît ! J’ai les mains prises et je ne veux pas arrêter tout de suite le feu sous le chutney !

 

2 Dominique

 

Enfin, le grand jour est arrivé. C’est le premier Noël où je suis en mesure de recevoir dignement ma famille. Ce n’est pas une très grande famille nous serons en tout cinq enfin six si je compte Bigorneau. J’ai eu beaucoup de plaisir à faire la cuisine en pensant à eux. Je suis contente de moi. Je me suis bien organisée. Déjà, pour le marché. J’ai trouvé un beau poulet fermier bio que j’ai d’abord saisi dans le four très chaud pendant vingt minutes puis je l’ai mis dans ma cocotte en fonte noire, celle que ma mère m’a donnée quand je me suis mariée. C’est la cocotte de ma grand-mère. Avec la cuisson lente pendant trois heures la volaille a secrété un abondant jus parfumé de citron, de gingembre et de thym. J’ai évité le curry et le lait de coco, ne pouvant rivaliser avec les talents de cuisinière de Mamita. J’ai trouvé aussi au marché de superbes marrons, l’accompagnement rêvé de la volaille de Noël.

 

Ce repas de famille est vraiment ma seconde chance. Je me sens maintenant une femme accomplie. A trente ans, ce n’est pas trop tôt. J’arrive à sourire en repensant à mes vingt ans. Certes j’avais dix-huit ans quand Mirabelle est née mais Mamita m’a accueillie chez elle avec mon bébé dès la sortie de la maternité. Heureusement parce que mon gros ventre au deuxième trimestre de l’année de terminale avait fait exploser ma propre famille. Mes parents m’avaient chassée et ce définitivement.

 

J’ai finalement bien supporté la rupture. J’étais si amoureuse de Charma. Il était si beau, si gentil aussi, du moins au début. Son sourire était irrésistible. Il m’avait rapidement présentée à sa famille. Papita et Mamita s’étaient montrés heureux de la future naissance et avaient loué un petit studio à deux rues de chez eux pour que les amoureux aient leur intimité, disaient-ils. Ils se sont montrés si compréhensifs que j’ai adopté instantanément cette nouvelle famille. Je me suis immédiatement entendue avec Samantha, la petite sœur de Charma.

 

***

 

C’est après que les choses se sont compliquées avec Charma. Non pas qu’il fût violent, ce n’était pas le problème. Non, il était absent, de plus en plus souvent absent. Il avait en réalité une deuxième vie qui l’absorbait bien plus que celle qu’il partageait avec Marinette et Mirabelle. Bien sûr il avait été content au début d’avoir un bébé et semblait s’y intéresser mais il était irrésistiblement attiré ailleurs. Son amour principal n’était pas une femme ni même un homme : il était amoureux fou de la montagne, des glaciers, des sommets. C’était sa drogue et il l’a payé de sa vie. Voici deux ans que son corps a été retrouvé au fond d’une crevasse après une longue semaine de recherches. Marinette a pleuré toutes les larmes de son corps. Mirabelle qui avait dix ans a aussi beaucoup pleuré mais rapidement son chagrin s’est transformé en une colère tournée vers sa mère. Mirabelle rendait Marinette responsable de la mort de son cher papa Charma. Elle aurait dû savoir le retenir à la maison, être plus forte que la montagne. Alors Marinette s’est retrouvée maman solo. C’était difficile, surtout maintenant que Mirabelle entrait dans l’adolescence.

 

 

 

3 Anne-Françoise

 

J’ai bien bossé aujourd’hui, passé la soirée à préparer le repas. J’ai goûté le vin pour le coq au vin, j’ai goûté le blanc pour accompagner les huîtres : il était bon. J’ai ouvert les huîtres en faisant gaffe, avec un torchon. J’ai fait un dessert avec du rhum. J’ai léché le plat.Ça cognait déjà bien dans ma tête quand les cloches de l’église ont sonné et que le ding dong de l’entrée a retenti. Mirabelle est allée ouvrir la porte. J’ai vérifié si j’avais bien mis toutes les bouteilles d’apéro au frigo. Je les ai comptées et recomptées plusieurs fois vu que j’arrivais jamais au même nombre. J’ai embrassé Bigorneau sur l’oeil – j’ai raté la joue ! – et il a ouvert joyeusement les yeux , séduit par les effluves d’alcool offertes par mon haleine. Ludovic et Samantha ne se sont absolument rendu compte de rien, complètement obnubilés par la huitième merveille du monde, quoique… Ludovic ne m’a pas laissé porter Bigorneau. Moi j’étais joyeuse, rieuse avec le rouge aux joues.

 

Mirabelle m’a demandé un coca et Mamita un Perrier. Je leur ai dit d’aller chercher du côté du saladier de godinette. J’ai beaucoup ri à l’idée de cette blague parce qu’il n’y avait plus de place au frigo ni pour du coca, ni pour de l’eau, à part de l’eau-de-vie et de la godinette évidemment. Mais on débouchera avant du champagne parce que c’est Noël et que j’ai envie de faire la fête à Bigorneau. On prendra la godinette après. Ça pour moi ce sera la fête aussi.

 

Dire que ce couillon de Frédo il m’a fait quitter ma Bretagne natale pour venir me marier avec lui dans sa montagne et qu’en plus, depuis quinze ans, il m’a interdit la godinette ! J’en ai la larme à l’oeil quand j’y pense. Heureusement il est tombé un soir dans l’escalier en descendant à la cave et il s’est cassé le cou. C’est ce que j’ai dit aux gendarmes quand ils sont venus. Sauf que j’ai pas dit « heureusement ». Ils m’ont crue. Ils n’ont pas pensé que j’aurais pu le pousser. Le fait d’être blonde est un atout pour paraître innocente. Bref, il est au cimetière. Je l’ai pas mis à conserver dans l’alcool, ce serait gâcher. Et il m’empêche plus pour la godinette. Je l’ai testée plusieurs fois depuis quelques jours : elle est très bonne.

 

J’espère que la soirée sera aussi bonne, même si, de mon côté, il y a beaucoup de monde à faire la java dans mon crâne qui vont jusque dans mes mains et dans mes pieds. Des fois j’ai l’alcool triste mais ce soir j’ai l’alcool cool !

 

***

 

La Godinette (du nom d’un groupe musical de Haute-Bretagne des années 70) a été créée en 1977/78 par Simone MORAND, à l’initiative de l’association « Au Carrefour de la Gallésie » et pour la Gallésie en Fête.

 

Recette pour 30 personnes :

 

1,5 kg de fraises

1 kg de sucre

1 litre d’eau de vie

6 litres de gros-plant

20 cl de crème de cassis

soit environ 7 litres c’est à dire 25 cl par personne (ce qui est peu...!).

 

***

 

4 Maryvonne

 

Marinette espère passer une bonne soirée mais Mamita fait une réflexion à Mirabelle car elle est encore sur son smartphone. Celle-ci n’accepte pas les remontrances et fait la grimace. Marinette rappelle tout le monde à l’ordre en faisant tinter sa coupe de champagne. Heureusement elle a Ludovic pour trinquer avec elle car Mirabelle est trop jeune, Samantha allaite le bébé et Mamita est soit abstinente pour des raisons religieuses, soit adhérente aux alcooliques anonymes, allez donc savoir !

 

Ludovic regarde Marinette avec des yeux coquins car avec la grossesses, l’accouchement et ses suites, ça fait aussi un moment qu’il est abstinent. Avec une bouteille de champagne pour deux, ça va être « Noyeux Joël ! ». Moi je vous le dis : comme Marinette est sous antidépresseurs et que ça ne fait pas bon ménage avec l’alcool, ça ne m’étonnerait pas qu’elle finisse le nez dans le gâteau, moi je vous le dis ! De toute façon comme à chaque fois à Noël on se dispute, le petit Jésus dans la crèche, la paix sur terre, tout le monde s’en fout, on ramène ses sombres histoires d’héritage et l’autre connard qui est dans le cadre – avant on ne pouvait pas l’encadrer ! – maintenant qu’il est parti, on le pleure. C’est l’incohérence des repas de famille, surtout quand l’alcool désinhibe.

 

5 JK

 

Voilà ! Il est temps de passer au plat de résistance.

 

- Ludovic, tu peux pousser la bouteille de vin du dessous de plat, s’il te plaît ?

 

Il a l’air de plus en plus cool, le beauf. Mais est-ce qu’on dit bien un beauf pour le mari de sa belle sœur ?

 

- Ah non ! Ce n’est pas la peine, je n’avais pas vu le rond à côté.Ecarte les bonbons, le plat est très chaud. Ils risquent de fondre si je me pose dessus !

 

Pourquoi est-ce qu’elle pouffe de rire, Mirabelle ? Je ne comprends déjà plus rien à cette adote. Peut-être parce que je suis restée jeune d’esprit, fraîche de visage, faisant toujours nettement moins que mon âge.

 

- Ça te va bien, Sam, cette tonsure sur le côté gauche. C’est très tendance, moderne, « fashion ». Et ces grands anneaux aux oreilles te siéent à ravir !

 

- Vous me direz si c’est assez épicé, Mamita. J’ai de la pâte de curry en réserve dans le frigo, je peux vous faire vite fait une sauce plus piquante.

 

6 Ghyslaine

 

Je ne savais pas que ce Noël de l’année 2045 serait le dernier passé en famille. Nous étions une famille unie, pourtant. Du moins, nous le croyions.

 

Mon mari, appelé le Don Juan noir, - je le sus après - avait pris en cachette un billet d’avion pour Ceylan. Jamais il ne reviendrait. Cependant Samantha, sa sœur, qui venait d’avoir un bébé a répondu à mon invitation et elle est venue avec Bigorneau, le bébé tout neuf et son mari Ludovic – prénom d’une autre époque, vous conviendrez ! - .

 

Ma fille Mirabelle, à la coiffure pétante d’un violet année 2022, n’avait qu’une envie : être ailleurs dans une teuf organisée dans une fusée par sa bande, les HS, Hors Société, mouvement créé dans les années 2030.

 

Ding dong ! Ding dong ! Très fière de moi j’étais, avec cette sonnette que j’avais trouvée dans la brocante mondiale organisée tous les ans au centre du Sahara qui depuis un certain temps avait envahi tout le nord de l’Afrique. Puis Mamita est arrivée. Je lui avait pourtant dit que ce n’était pas une soirée déguisée ! Mais elle avait quand même voulu mettre cette tenue hindoue qu’avait portée son arrière-grand-mère et sur son front elle s’était collé un rubis.

 

J’avais préparé une marmite de plantes séchées. Je les avais achetées un prix d’or car elles étaient exposées dans un musée des denrées rares où nous pouvions voir quelques chauves-souris qui avaient résisté au réchauffement climatique.

 

Quand j’ai apporté le gâteau fait dans une usine clandestine, il était tellement beau que j’ai pensé à mon Don Juan noir. J’ai trébuché et je suis tombée la tête la première dans la crème rouge. Quand je me suis redressée, j’ai fondu en larmes. Cela a permis de nettoyer mon visage. J’ai rempli les verres avec le champagne de vingt ans d’âge et le thé glacé à la cardamome. Nous avons commencé à chanter « Ce n’est qu’un au revoir » mais nous savions que jamais nous ne nous reverrions.

 

A ce jour chacun, chacune a trouvé une nouvelle planète et une nouvelle vie.

 

7 Véronique

 

J’espère que l’ambiance restera agréable car on est un peu assis sur une poudrière. Il semble y avoir de l’eau dans le gaz entre Ludovic et Samantha. Et ce petit bébé, Bigorneau, comme l’appelle Mirabelle, n’a rien demandé. En tout cas moi j’ai déjà assez de soucis avec le père de Mirabelle qui s’est tiré, je ne vais pas m’occuper de ma belle sœur. Je suis déjà plus que sympa d’avoir organisé Noël chez moi, tout préparé, décoré la maison… Mamita m’a bien aidée, d’accord mais…

 

Ludovic est monté coucher Bigorneau. Il va en profiter pour rester un peu tranquille là-haut. Mirabelle aussi fait un peu la tête, ça n’est pas nouveau. Samantha est une bonne pianiste, elle va nous jouer quelque chose de gai, d’entraînant. Même si la soirée n’est pas au top, on pourrait chanter, toutes les deux. Ce sera toujours ça car dans le genre famille bancale, c’est réussi.

 

A l’arrivée tout le monde jouait le jeu, on essayait de faire bonne figure… car j’en veux à Samantha de ne pas m’avoir défendue auprès de son frère. Aucune solidarité féminine…

 

Bon, on va chanter. Dans le cadre sur le piano il y a encore la photo de Noël dernier où nous étions tous réunis. Ça, c’était un Noël heureux. Essayons de finir celui-ci en beauté.

 

8 Marie-Thé

 

Elle est venue de loin, très loin, Mamita - elle habitait là-bas près de Madras, en Inde, avec tous ses grands enfants et petits-enfants - pour découvrir Bigorneau, le bébé de Samantha, sa fille aînée partie vivre la grande aventure aux Etats-Unis avec Ludovic, un Américain de passage dans son village dont elle est tombée amoureuse. Il n’a pas pu résister à son charme oriental, son sourire, ses grands yeux noirs et sa joie de vivre.

 

Le soir de Noël ils se sont tous retrouvés chez Marinette [la sœur de Ludovic?] pour passer tous ensemble la soirée de réveillon.

 

Ils ont festoyé, raconté des histoires drôles et bien ri toute la soirée.

 

Mamita, habituée à travailler toujours et toujours a déjà débarrassé la table. Pendant ce temps Marinette entonne une chanson joyeuse, accompagnée par Samantha au piano. Mamita est tellement séduite qu’elle s’arrête avant la cuisine pour écouter les deux filles et se dit que Ludovic pourra bien faire la vaisselle sans elle.

 

9 Brigitte

 

J’adore cette chanson ! Elle me rappelle, elle me rappelle…

 

Ludovic redescend des étages où il a couché Bigorneau. Il a le regard amoureux et applaudit sans aucun doute surtout sa femme, Samantha. Il faut dire qu’elle joue dans l’orchestre philharmonique de Strasbourg. C’est une artiste professionnelle de renommée internationale. D’ailleurs sa façon de saluer le montre bien.

 

Mamita, elle, est bon public ; elle a d’ailleurs cette fâcheuse habitude d’applaudir tout ce qui passe, la dinde, le gâteau, la dernière plaisanterie de Ludovic.

 

Il manque Mirabelle. Où est-elle donc passée, scotchée à son portable, chattant avec sa meilleure amie, s’agaçant de ce morne repas de Noël qui n’en finit pas ?

 

Et moi j’adore cet air si connu de Carmen ; et je crois que je mérite aussi les applaudissements : le piano seul n’aurait quand même pas la même saveur.

 

« L’amour est enfant de Bohême,

Il n’a jamais jamais connu de loi.

Si tu ne m’aimes pas, je t’aime;

Si je t’aime, prends garde à toi!

(Prends garde à toi!) »

 

Eh oui, prends garde à toi, l’oiseau rebelle qui s’est envolé le jour de la Toussaint il y a à peine deux mois ! Depuis, aucune nouvelle !

 

Moi, encore, j’en ai pris mon parti.Ce n’est pas drôle tous les jours mais Mirabelle, elle, elle ne comprend pas et surtout n’accepte pas le départ de son père.

 

Elle est si dure avec moi !

 

10 Claude

 

Je vous le dis bien haut, je le crie :

 

- Marinette en a marre !

 

Vous savez ce que ça veut dire ? L’année prochaine Marinette ne sera pas là à Noël ! Elle s’offrira un petit voyage au soleil. Les Caraïbes ou la Guadeloupe. Elle ne sait pas encore.

 

Ah ! Vous imaginiez que cela allait durer, que j’allais continuer indéfiniment le même système ? Organiser des repas ? Programmer des menus et confectionner comme tous les ans le Paris-Brest de Noël et son coulis de framboises ?

 

Marinette ne veut plus être une poire, la bonne à tout faire ! Maintenant que Georges n’est plus là – paix à son âme ! – me voilà libre. Mirabelle ira passer Noël chez Mamita. Elle pourra faire ce qu’elle veut, à savoir passer le plus clair de son temps sur son portable sans jamais donner le moindre coup de main.

 

Georges me prenait pour faire servante. Normal, puisque sa mère le traitait comme un prince ! Quel héritage, un homme pareil !

 

Mais voilà, ce soir Marinette a eu une révélation, un éblouissement ! Le pied de Mirabelle qui s’est avancé sournoisement sur mon passage ! Je l’ai vu, je l’ai senti ! Je me suis entartée dans la crème au beurre et à ce moment-là la vérité m’est apparue. Je me suis dit : « Marinette ! Ne sois plus celle qui s’enlise dans les coulis, les purées, les bouillons et les sauces ! Sors-toi de là, Marinette ! Ta vie est ailleurs !

 

L’année prochaine, je vous l’annonce, Marinette dansera sous les tropiques en buvant du punch !

 

11 Dominique

 

Croche-pied de Mirabelle. Marinette trébuche et tombe le nez dans le fraisier.

 

12 et 13 Eliane

 

Le soir de Noël, tout se serait bien passé si Mirabelle n’avait pas fait sa mauvaise tête. Encore plus que d’habitude et ce n’est rien de le dire.

 

Qu’est-ce qu’elle n’aimait pas, cette fois ? Elle n’aimait pas Noël, pas les réunions de famille. Bien sûr elle préférerait être avec son copain à regarder des séries en se goinfrant de sucreries. Mais bon, elle pourrait quand même faire un effort pour sa famille ? Sa tante et son mari venaient de loin. Sa grand-mère l’adorait, la couvrait de cadeaux.

 

Sale gamine ! Même avec le bébé elle n’est pas gentille, ne lui fait pas de câlins, ne joue pas avec lui. Cet être est sans coeur. Elle ne se soucie que d’elle-même, n’accorde aucune attention à son entourage, ne se plaît qu’au milieu de ses copains et copines avec qui elle estime qu’elle a des centres d’intérêt. Les adultes l’ennuient.

 

Je me suis beaucoup décarcassée pour que nous passions un chaleureux Noël. L’apéro s’est bien passé, nous nous sommes donné des nouvelles... Mirabelle dans son coin, le nez sur son téléphone !

Pas un instant elle ne serait venue donner un coup de main en cuisine ou échanger quelques mots.

 

Tout se passait bien. Le repas était délicieux. Les compliments ont fusé.

 

Tout se passait bien. Dehors la neige tombait doucement. Le feu crépitait dans la cheminée. On se sentait dans un cocon.

 

L’orage a éclaté quand j’ai demandé à cette jeune fille qui me sert de fille de débarrasser la table. Mirabelle a hurlé que ce n’était pas à elle de faire ça, qu’elle n’avait invité personne et qu’elle n’était pas la bonne de la maison.

 

J’ai pris ma voix sévère pour lui demander de baisser le ton mais elle a carrément crié plus fort puis est montée s’enfermer dans sa chambre.

 

J’étais fatiguée, à bout de nerfs, j’ai ressenti une grande vague de désespoir. Je suis sortie pleurer dehors.

 

Un moment plus tard, Samantha est venue m’apporter une part de gâteau. Nous avons discuté. Je lui ai dit mon désarroi devant cette ado rétive que j’élevais sans père.

13 mai 2025

Un Noël à l'amère saveur / Marie Sylvie

 

Une version illustrée de ce texte au format A5 en pdf est disponible

en téléchargement temporaire ici :

 

https://drive.google.com/file/d/1om_uE8Yr8_DruT5q6-j9ovfRBW5hEG53/view?usp=drive_link

 

***

 

UN NOËL À L'AMÈRE SAVEUR

 

1▪︎ Ah, Noël...! Cette année, je voulais que tout soit parfait. L'année avait été un peu rude, et j'aspirais à cette chaleur familiale, à ces rires qui résonnent dans la maison décorée. Dès le matin, l'excitation palpable flottait dans l'air. Le " Ding Dong " insistant de la porte d'entrée avait brisé la quiétude de cette veille de Noël. J'avais un mauvais pressentiment, une ombre flottant au-dessus de cette soirée que j'avais tant espérée parfaite. Déjà la fatigue de la journée passé à préparer les festivités pesait sur mes épaules.

 

Nuit bleutée, flocons dansants,

Lueurs dorées aux cœurs des maisons,

Un " Ding Dong " argentin flottant,

La ville endormie, une douce saison.

 

2 ▪︎ Les " Ding Dong " joyeux de la sonnette annonçaient l'arrivée des uns et des autres. En ouvrant, j'avais souri. Samantha et Ludovic se tenaient là, Bigorneau blotti dans les bras de sa mère. Leur présence d'habitude si réconfortante avait cette fois une pointe d'inquiétude dans leurs regards.

 

Effluves gourmandes, porte qui s'ouvre,

Deux regards joyeux qui se rencontrent enfin,

Promesse d'un partage qui se découvre

Dans la chaleur d'un foyer serein.

 

3▪︎ D'abord Samantha, ma belle-sœur, entra avec ce minuscule être qui avait déjà pris une si grande place dans nos cœurs, suivie de son époux, mon frère Ludovic. Mamita, la mère de Samantha, était arrivée peu après, son visage habituellement serein marqué par une légère tristesse. Le salon s'était empli de leurs voix et de leurs rires.

 

Petit trésor blotti, regards aimants,

Trois cœurs unis dans une douce chaleur,

L'éclosion d'un bonheur innocent,

Un nouveau tapis empli de saveur.

 

4 ▪︎ Le tintement des verres lors du premier toast avait marqué le début des festivités. Bigorneau dormait paisiblement dans les bras de Samantha, ignorant tout le joyau tumulte autour de lui.

 

Cristal qui chante, joies partagées,

Un doux sommeil bercé par la fête,

Un sourire sage au passé ancré

Et l'écho moderne d'une âme discrète.

 

5▪︎ Nous nous étions retrouvés autour de la table, la lumière des bougies vacillant doucement. L'atmosphère était étrangement retenue. Le sapin scintillait dans son coin, projetant des ombres dansantes sur les murs. Les parfums de la volaille rôtie et des épices flottaient dans l'air. C'était exactement ce que j'avais imaginé : Un moment de partage, de bonheur simple.

 

Table festive où les cœurs s'unissent,

Parfums gourmands et rires clairs,

Un enfant dort, les aînés bénissent,

La magie des fêtes dans l'air.

 

6▪︎ Pourtant, les conversations étaient moins animées que d'habitude. J'avais senti le regard interrogateur de Mirabelle, ma fille de douze ans. Elle était silencieuse. Un petit pincement au cœur m'avait traversé. Mirabelle était là, assise à côté de moi, mais son regard fuyait le mien, absorbée par l'écran lumineux de son téléphone. Un mur invisible semblait s'être dressé entre nous ces derniers temps.

 

Silence feutré après les rires clairs,

Un regard pensif, une douce attention,

Le sein nourricier apaise les chimères

Dans la quiétude d'une tendre union.

 

7 ▪︎ Pour détendre l'atmosphère, je m'étais installée au piano. La musique a toujours eu ce pouvoir de nous rassembler. Chanter ensemble, Samantha et moi, était une tradition.

 

Un geste d'enfant, un regard fuyant,

Les murmures doux d'une explication,

L'équilibre fragile d'un instant,

Où l'attention cherche sa direction.

 

8▪︎ Je suis au piano, chantant avec enthousiasme. Des notes de musique flottent dans l'air. Samantha, assise sur le tabouret me regarde avec un sourire chaleureux et admiratif. Elle apprécie ma musique. Mamita assise à une table et tenant le petit Bigorneau endormi dans ses bras, observe la scène musicale avec un air doux et paisible.

 

Les doigts dansent sur l'ivoire vibrant,

Une voix s'élève claire et joyeuse,

Un regard complice, un instant charmant,

La mélodie berce une âme rêveuse.

 

9 ▪︎ Mais ce soir-là, les notes mélodiques d'un vieil air avaient réveillé en moi une tristesse lancinante, le souvenir d'un Noël passé où une chaise était encore occupée. Les larmes étaient montées, incontrôlables. J'avais senti la main de Samantha sur mon épaule, un geste silencieux de compréhension qui m'avait fait chaud au cœur. Mamita nous regardait avec une tendresse infinie, compatissant sans mot dire.

 

Les notes s'éteignent, le chagrin affleure,

Une main amie, un regarde qui console,

Le poids d'un souvenir que le cœur pleure

Dans la chaleur d'une étreinte qui console.

 

10 ▪︎ Pourtant malgré cette tristesse partagée, j'avais voulu croire en la magie de Noël. J'avais apporté le gâteau, une montagne de crème et de fruits rouges, mon cœur plein d'espoir que cette douceur nous ramènerait à la joie.

 

Un délice sucré fait son entrée,

Porteur de joie et de gourmandise,

Un écran captive une âme isolée,

L'éclat d'une fête qui se précise.

 

11 ▪︎ Je l'apportais fièrement, imaginant les exclamations de joie. Mais, alors que je le posais sur la table, un mouvement brusque, une maladresse et puis... le drame. Tout avait basculé. Le gâteau s'était écrasé au sol, une tache écarlate et crémeuse sur ce tapis qui ripa, un moment d'inattention et me voilà les quatre fers en l'air, le visage enfoui dans mon chef-d'œuvre pâtissier.

 

La maladresse brise la douce attente,

Un plongeon inattendu dans la crème,

Le rire suspendu à cette chute lente,

La fête prend un tour burlesque, suprême.

 

12 ▪︎ Ce fut l'étincelle. La frustration, la fatigue, les tensions sous-jacentes avaient explosé. La surprise avait laissé place à une tension palpable. Mirabelle et moi, nous nous étions emportées, affrontées, nos voix chargées de reproches et de colère. Le salon, quelques instants auparavant empli d'une timide convivialité, était devenu le théâtre de notre dispute. Samantha et Mamita nous regardaient, leurs visages empreintes de choc et de tristesse. L'ambiance joyeuse s'était brisée en mille morceaux.

 

La crème éclabousse, la colère gronde,

Deux furies face à face, le ton qui monte,

La peur s'installe, l'harmonie s'affronte

Dans l'orage soudain d'un triste conte.

 

13 ▪︎ Alors, dévastée, blessée, je m'étais réfugiée dehors, dans le froid et la neige qui continuait de tomber en silence comme pour étouffer mes sanglots. Les larmes coulaient, brûlantes sur mes joues glacées. Le froid mordait ma peau mais il était moins douloureux que le vide que je ressentais. J'étais assise là, recroquevillée lorsque Samantha était apparu. Et puis, elle s'est approchée , dans ses main une part de mon gâteau ruiné, posé délicatement sur une assiette. Son regard doux et silencieux valait plus que toutes les excuses du monde. Ce petit geste, cette simple part de gâteau offerte dans le froid, était une promesse de réconciliation, un appel que malgré les disputes, l'amour familial était toujours là, sous la neige et les éclats de voix.

 

Peut-être que Noël n'était pas toujours parfait. Peut-être que les failles et les tensions faisaient aussi partie de ces moments de famille. Mais dans le geste simple de Samantha, dans cette part de gâteau offerte sous la neige, il y avait un espoir que derrière la colère et la tristesse, les liens qui nous unissaient étaient plus fort que çà. Noël, après tout, c'est aussi cela : traverser les tempêtes ensemble pour retrouver la chaleur du foyer.

 

Sous les flocons qui dansent et se posent,

Les larmes coulent, amères et chaudes,

Un geste tendre d'une amie qui ose

Offrir un peu de douceur aux froides géodes.

 

8 janvier 2020

Consigne d'écriture 1920-14 du 7 janvier 2020 : Anaphores avec mots en FR

Anaphores avec mots en FR


Chacun·e écrit dix mots qui commencent par FR ou qui contiennent les lettres FR.

On met ces mots en commun et on aboutit ainsi à cette liste-ci que  l’on pourra compléter à sa guise pendant l’écriture.

Affres - Affreux - Anne-Françoise - Balafre - Défrisé - Défroqué - Effrayant - Effrayé - Effrité - Fanfreluches - Fifrelin - Fracas - Fragile - Fragmenter - Fragrance - Fraîcheur - Fraise - Framboise - France - Franche-Comté - Franchise - Franchouillard - Frangin - Frangine - Frangipane - Frappadingue - Frapper - Frasques - Fraternel - Fräulein - Fredaine - Fredonner - Freins - Frelaté - Frelon - Freluquet - Frénétique – Frère Jacques - Freud - Friandise - Fric - Fricassée - Frichti - Fricot - Fridolin - Frigidaire - Frilosité - Fringale - Fripouille - Frisbee - Frisé - Frisette - Frisquet - Friture - Froc - Froidure - Frôler - Fromage - Frondaisons - Froufrou - Frugal - Gaufrette - Néphrétique - Offrande - Souffrir

Il est demandé d’inclure le plus possible de ces mots dans un texte qui sera bâti sur le modèle d’une anaphore : une formule identique revient sans cesse en début de chaque paragraphe ou de chaque phrase. Exemple : « Moi président, je ne toucherai pas à l’âge légal de départ en retraite » (oui, on sait, l’exemple est très mauvais)

 

24 avril 2018

A quoi reconnaît-on que tu es resté jeune d'esprit ? / Jean-Paul

A quoi reconnaît-on que tu es resté jeune d’esprit ?

L’assurance des profs de fac te sidère toujours. Elle te rappelle la pensée de Michel Audiard : « Les cons osent tout. C’est d’ailleurs à ça qu’on les reconnaît ».

Une bonne pièce de théâtre t’emmène au paradis. Un conteur génial te plonge dans les racines de l’humanité et tu t’en trouves bien. 


Tu rigoles comme un bossu d’avoir réussi cette farce : on a accepté ta proposition de faire une conférence sur les inventeurs farceurs et tu vas la faire à l’Espace Ouest-France en janvier 2019. Joe Krapov conférencier chez François-Régis Hutin, faut le faire, quand même !

Tu refuses de regarder des films et des séries étranger.e.s autrement qu’en version originale sous-titrée. Cet attachement viscéral au ciné-club façon Claude-Jean Philippe est cependant plein d’ambiguïté : se souvenir de Claude-Jean Philippe c’est quand même être un peu ieuv sur les bords.

Tu es capable de regarder des séries nulles (Capitaine Marleau) uniquement parce que le personnage principal est un « anti-héros ».

Les vieux cons butés qui ont quarante ans et du pouvoir t’insupportent.

Découvrir des variantes foldingues du jeu d’échecs sur Lichess.com te met en joie. Citons la course des rois, la partie qui démarre avec une position aléatoire des pièces autres que les pions, le fait de pouvoir reposer n’importe où dans le jeu une pièce déjà capturée…

Tu as un peu honte d’appartenir à une chorale qui chante « Boire un petit coup c’est agréable » ou « Chevaliers de la table ronde ».

Tu te (re) prends d’affection pour les BD de Régis Franc et tu cours après les adaptations théâtrales du Zaï Zaï Zaï de Fabcaro.

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20 janvier 2015

Consigne d'écriture 1415-15 du 20 janvier 2015 : Un nom, un prénom, une aventure

Un nom, un prénom, une aventure
(Consigne déjà proposée par Jean-Paul en mai 2012 )

 

  1. Ecrire sur un petit papier 3 prénoms. On fait un tas de ces papiers.

  2. Ecrire sur un autre papier le nom de 3 objets. On en fait un deuxième tas.

  3. Sur un troisième papier, écrire trois phrases décrivant trois (més)aventures qui arrivent à un (z)héros. On en fait un troisième tas.

  4. Tirer un papier dans chacun des trois tas.

  5. Ecrire l'histoire d'un héros avec le prénom tiré, avec pour nom l'objet tiré. Dans le dernier paragraphe de votre histoire, introduire la phrase tirée.

23 novembre 2021

Consigne d'écriture 2122-10 du 23 novembre 2021 : Phonèmes et mot caché (2)

Phonèmes et mot caché (2)

 

N'appliquer ceci qu'après avoir écrit votre texte (pour découvrir ce dont il est question, faites un clic gauche sur votre souris, maintenez le enfoncé et descendez au bas de la page)

Si vous avez écrit sur

La Russie, remplacez toutes les sonorités "ka" ou "ca" par "Kalinka"

L'Italie, remplacez toutes les sonorités "ni" par "Fellini" ou "Panzani"

L'Espagne, remplacez toutes les sonorités "lé" ou "lai" par "Olé olé"

Paris, remplacez toutes les sonorités "es" par "Lutèce"

Rennes,  remplacez toutes les sonorités "at" par "Condate"

Les Trois mousquetaires, remplacez toute les sonorités "pé" par "KPDP"

14 décembre 2021

Petit éloge des vacances / Marie-Thé

Tandis que Lola achevait son coca, j’ai pu reprendre mon équilibre.

Après deux verres de planteur sirotés à la descente de l’Airbus 340 en provenance de Paris, il me paraît normal de commencer mon séjour en Martinique par une boisson locale.

Mon amie Lola me prend le bras et nous quittons Fort-de-France pour découvrir notre location à Sainte Luce.

Le matin, sur la terrasse, des petits oiseaux noirs au jabot orange viennent picorer des miettes de notre pain quotidien. Le jour se lève sur un paysage idyllique. Des cocotiers bordent la plage. La mer couleur bleu-vert est agitée par quelques clapotis.

Lola enfile son maillot et se dirige vers la mer. Surprise par sa vitalité, je ne tarde pas à la suivre et là, nous entrons dans l’eau en poussant des cris de bonheur.

- Comment occuper ce temps que nous allons passer ici ? me demande mon amie.

- Moi je serais bien restée à me baigner, me re-baigner et profiter du soleil !

Pour Lola, pas question de se laisser aller à ce qu’elle appelle mon farniente !

Nous avons crapahuté dans les forêts tropicales, découvert un désert où la terre rouge contraste avec la mer émeraude sur laquelle s’étalent des sargasses oranges, longé des plages bordées de cocotiers, dégusté des acras, des christophines, des gratins de bananes. Dans des gargotes installées le long de la mer, on se croyait dans un resto 5 étoiles.

Comment être indifférentes aux fleurs multicolores, bougainvilliers, hibiscus, etc. ? Et des bains, toujours des bains dans une eau à 26° où l’on se laisse aller, bercées par les vagues. Voir des tortues marines au fond de l’eau, revenir s’allonger sur le sable et rêver, rêver d’une vie sous le soleil, toujours.

***

15 jours plus tard, nous sommes revenues à Trouville, brumeux, glacial. Nous avons repris le travail le moral dans les chaussettes. Ça nous a rafraîchi les idées !

23 février 2021

I. C. / Jean-Paul

Peut-on dire de moi que je suis une Inconnue Célèbre ?

Une Investigatrice Coriace ? J’ai tellement mené d’enquêtes dans cette ville ! Sans embêter personne du reste. J’ai de la Curiosité Intellectuelle mais je ne suis pas une Intellectuelle Chiante. De toute façon il ne faut pas se fier aux apparences.

L’image que l’on garde de moi est celle d’une jeune fille Innocente, voire Cucul mais allez savoir si pour Adolphe, mon mari, je n’aurai pas été la plus Coquine des Initiatrices !

Derrière mon allure Convenue, il m’arrive d’être Inconvenante. Cela crée quelquefois des déconvenues déconcertantes. Une journaliste a le droit d’émettre des Considérations Impertinentes !

Mais une fois déposé le masque, dans l’Intimité du Cocon et dans les relations familiales, je puis être Incroyablement Chaleureuse. Quand je retrouve l’oncle Camille et sa bande au café du Vieux Saint-Etienne par exemple.

Sans doute aucun je suis un personnage dans le genre de Buster Keaton.

C’est quand je viens, le plus sérieusement du monde, en aide à des femmes empêtrées dans les tourments de l’histoire que la fatalité me fait apparaître comme la reine de l’Invention Comique.

En tout cas je ne remercierai jamais assez Joe Krapov et Marina Bourgeoizovna de m’avoir hébergée après mon évasion du Musée des Beaux-Arts de Rennes où j’étais condamnée à demeurer Interminablement Coite, engoncée dans ma robe rose, mon cadre ovale et mes fleurs d’églantier dans les cheveux.

Isaure Chassériau
 

16 septembre 2020

Consigne d'écriture 2021-01 du 15 septembre 2020 : D'art d'art

D'art d'art !

 

« D’art d’art » est une pastille télévisuelle, d’une durée d’une minute, consacrée à l’analyse ou à l’histoire d’un tableau. On vous a distribué un fascicule de la série «Regards sur l’art». A vous de préparer au moins trois émissions en choisissant trois tableaux d'un même peintre sans vous servir du texte du fascicule. Car vous avez le droit de tout réinventer : le nom du peintre, le titre du tableau, la personne ou l’anecdote représentée. Réécrivez l'histoire de l'art!

Chacun de vos trois textes ne fera pas plus d’une page. Mais, comme d’habitude, vous êtes libre d’en faire autre chose du moment que vous écrivez ! 

5 novembre 2019

Consigne d'écriture 1920-07 du 5 novembre 2019 : Les Chansons de Gilles Dreu

Les Chansons de Gilles Dreu

Ecrivez une (ou plusieurs) chanson(s) dont vous choisirez le titre dans cette liste.
Ou écrivez un texte dont le titre sera choisi dans la liste et dans lequel vous insérerez au moins dix titres de la liste.

Allons traverse - Amour mariage - Athènes "Theodorakis" - Au mois de mai, au mois de l’amour - Buvons à la santé - C’est ma passion - C’est pas ma faute - Dans la montagne - Dans un tonneau de vin - Descendez l’escalier - Devinez - Du country dans les yeux - Écris-moi - Émiliana - Emiliano Zapata - Emmène-moi - Et les filles et les filles - Et quand vient la musique - Fiancé de printemps - Filles de Garches (Enfant de Puteaux) - Frida - Hyacinthe - Il faut rendre au diable son violon - Il n’y a que les montagnes qui ne se rencontrent pas - Ils font chanter le monde - Je dirais même plus - Je marcherai jusqu’au vieux chêne - Jeannette - L’Alouette - L’émigrant - L’évasion - L’homme qui vola les étoiles - La conversation - La fête des amis du clair de lune - La mégère apprivoisée - La rivière - La sieste à l’ombre - La visite - Le chat - Le dernier éléphant - Le vert et le noir - Les Ophélies - Les quatre - Ma femme - Ma mère me disait - Ma prière - Mais chaque fois - Marie des Bruyères - Mexico mon vieux - Mohican - Moïse - On revient toujours - Où sont mes camarades - Parce que je ne crois plus en Dieu - Pendant qu’j’étais pas là - Pourquoi bon Dieu - Prélude en six heures - Prie pour ton salut - Si j’entends l’oiseau - Si je n’étais pas ton père - Si le cœur vous en dit - Sous le signe du lion - Suivez le grand chariot - Tijuanaco - Tout ça - Un aller simple - Un loup au cœur tendre - Un mur à Jérusalem - Un seul cheval à la fois -

29 septembre 2015

Le garçon et la fille de la forge/ Anne-Françoise

 

Au matin, le feu craquait dans la forge.

A midi, on l'entendait vrombir, lancé à plein régime.

Au soir, il ronronnait doucement en rougeoyant...

 Certains jours de nuit, le métal, de frayeur, courbait l'échine et se tordait de douleur. Le marteau rapace frappait en mesure le tocsin et l'enclume ravageuse lui offrait sa résonance macabre. Le métal devenait souillure vaine du désespoir.

 Certaines nuits de jour, le métal fondait de plaisir sous la caresse de la flamme. Le forgeron magicien lui donnait à danser des volutes souples ou des arabesques envoûtantes sous l'emprise des souhaits d'amour qui guidaient ses gestes.

 La forge abritait un village de lutins qui menaient leur vie à l'humeur du jour ou de la nuit. Deux jeunes adolescents avaient pris l'habitude de se retrouver le soir près du feu. L'un et l'autre se lançaient des défis pour jouer, rire, découvrir mais aussi pour s'éprouver, rivaliser et même blesser.

 Ce soir d'hiver-là, Hatsue et le garçon s'étaient d'abord raconté des histoires improbables, fruits en guenilles et porte couteau. Ils s'étaient ensuite placés l'un en face de l'autre de chaque côté de la forge.

« Hatsue ! Cria le garçon

  • Saute par dessus le feu. Si tu sautes par dessus... dit la fille d'une voix claire et forte. Le garçon n'hésita pas. Le corps nu que la flamme illuminait, il prit son élan sur la pointe des pieds et bondit au travers du feu. En un clin d'oeil, il se trouva en face de la fille. Sa poitrine toucha légèrement les seins de Hatsue... »

L'un et l'autre furent surpris de ce qui venait fortuitement de se produire. Un silence de glace s'en suivit. Pour briser la gène qui commençait à étouffer le feu, Hatsue félicita son camarade : « Whaou ! Je n'ai même pas eu le temps de te dire ce que je te réservais si tu sautais que déjà, tu avais bondi ! » Le garçon lui répondit : « Je suis capable de relever tes défis sans que tu aies besoin d'y rajouter un enjeu... Mais tu m'intéresses, quelle était la fin de ta phrase ?

  • Si tu sautes par dessus... tu découvriras l'étoile au nid » compléta Hatsue.

Des petites flammèches s'échappèrent du feu qui s'endormait. Elles dessinaient des images fugitives sur les murs de la forge. Ces images goûteuses, parfumées, luxuriantes, calmes et sensuelles se gravèrent dans les yeux des deux adolescents tout troublés.

En ouvrant son atelier le lendemain matin, le forgeron découvrit les deux lutins. Ils étaient enlacés là, nus, au milieu du feu, dans des draps de soie rouge. Une petite couche de cendre leur servait de couverture. Ils souriaient.

Le forgeron, décontenancé, se tourna vers son grand soufflet qui se gonfla et fit passer sur le feu un air doux. Le garçon et la fille s'envolèrent et disparurent...

Le feu se réveilla et le forgeron se mit au travail. Ce fut un jour onirique. Le métal se plia à toutes les volontés des rêves de celui qui n'avait jamais pensé créer les formes qui sortirent du feu. Il ferma son atelier le soir venu...

Une lampe qui déambula dans les rues cette nuit là crut voir de drôles de lueurs s'échapper de la forge. Elle entendit des rires étouffés et des caresses soyeuses passer par la cheminée et monter en farandole dans la nuit étoilée...

30 septembre 2015

Consigne d'écriture 1516-04 du 29 septembre 2015 : Insérer Mishima chez Eluard

Insérer Mishima chez Eluard

Vous écrivez un texte. Vous insérez au milieu de votre texte ce fragment de roman de Yukio Mishima :

- Hatsue ! cria le garçon.
- Saute par-dessus le feu ! Si tu sautes par-dessus… » dit la fille d’une voix claire et forte.

Le garçon n’hésita pas. Le corps nu que la flamme illuminait, il prit son élan sur la pointe des pieds et bondit au travers du feu. En un clin d’œil il se trouva face à la fille. Sa poitrine toucha légèrement les seins de Hatsue…

Vous pouvez en plus utiliser des images de la poésie suivante :

A la flamme des fouets (Paul Eluard)

Métal qui nuit, métal de jour, étoile au nid,
Pointe à frayeur, fruit en guenilles, amour rapace,
Porte couteau, souillure vaine, lampe inondée,
Souhait d’amour, fruit de dégoût, glaces prostituées…

2 juin 2026

Consigne d'écriture AEV 2526-29 du mardi 2 juin 2026

 
Carnet d'expressions
 
 
Voici quelques expressions régionales ou utilisées dans un pays francophone ou ailleurs, relevées dans un des « Carnets d’expression » de Pépito Matéo, conteur, acteur et auteur.

Essayez d’en glisser trois ou quatre dans un texte qui parlera d’une région que vous n’habitez pas, que vous n’habitez plus ou placez-les dans une histoire où il sera question d’un pays imaginaire.

 

Expression

Traduction

Origine

Avoir le rhume de fesses

Avoir la diarrhée

Sénégal

Un ras le bonheur

Une mini-jupe

Québec

Azorer

Réprimander fortement

Québec

Placoter

jacasser

Québec

Un cocolet

Un enfant gâté

Suisse

Un couratier

Un coureur de jupons

Suisse

Être brossu

Être mal luné

Suisse

Une palenteuse

Une personne douée de ses mains

Suisse

J’vous aime bien mais j’me préfère

Se dit pour s’éclipser d’une soirée

Burkina

Avoir le cerveau en argile

Être stupide

Angleterre

Avoir les pieds froids

Etre timoré

Angleterre

Redresser les concombres perdus

Arranger les choses

Bulgarie

Marcher à pieds de chaussettes

Ne pas avoir mis de chaussures

Nord-Pas-de-Calais

Donner à manger aux poissons

Aller vomir

Bretagne

S’esclafouérer

Tomber en se répandant

Limousin

Les paroles lui sortions d’la goule comme les crottes d’o chu de la chèvre

Etre bavard

Poitou

Marcher en caricouillette

Marcher les jambes arquées

Montauban

Arriver à la fumée des cierges

Arriver en retard

Normandie

Muche tin cul, v'la ch’garde

Fais gaffe à toi

Nord-Pas-de-Calais

Etre taillé dans un bâton à sucette

Etre un gringalet

Normandie

Une panosse

Une serpillière

Savoie

Boutonner Carvin avec Epinoy

Boutonner dimanche avec lundi

Nord-Pas-de-Calais

S’entrucher

Avaler de travers

Champagne

L’oiseau est sur la branche

C’est l’heure de l’apéro

Brest

On va s’enfiler une r’nampée sul coin du musiau

On va boire un coup

Tours

 

6 octobre 2020

Je prends mal ma respiration / Adrienne

AEV 2021-03 La Croix 2020 07 31 Je prends mal ma respiration-768x512

- Je prends mal ma respiration, je crois, ahanait oncle Martial. Et pourquoi ce truc tourne de plus en plus vite ? J’aurais mieux fait de choisir le jeu d’échecs…

Mais Hourya ne l’entendait pas.

6 octobre 2020

Sur un arbre perché / Adrienne

AEV 2021-03 2020-08-28 Sur un arbre perché-6-768x533

Sur un arbre perchée, Spiderwoman nous montrait une posture de yoga pour maboul. L’avantage de sa tenue, c’est qu’on ne peut pas voir à quel point elle a les joues cramoisies.

6 octobre 2020

Elle comptait / Adrienne

AEV 2021-03 La Croix 2020-05-08 Elle comptait 768x512

Elle comptait et recomptait ses rideaux de coton safran et chaque fois elle arrivait à un chiffre différent.

- Je suis sûre qu’il m’en manque un, grommelait-elle en recommençant à zéro.

6 octobre 2020

Derrière son masque / Adrienne

AEV 2021-03 La Croix 2020-05-15 Derrière son masque 768x512

Derrière son masque, Anissa avait le fou rire.

- Vous avez vu sa cape de WonderWoman ? hoquetait-elle. Je l’ai faite avec un des rideaux de ma mère. Je parie qu’elle ne s’en apercevra même pas!

18 novembre 2018

Les dix ans de Mediapart à la Maison de quartier de Villejean le 23 novembre 2018 après-midi

Cet événement aura lieu à la Maison de quartier de Villejean,
2, rue de Bourgogne à Rennes le 23 novembre. Nous y serons !
10 ans de médiapart

14 septembre 2021

Neuf / Raymonde

2122-02 Raymonde - 9

Le neuf... 

Le neuf, c'est quad ?
Quad ' neuf ?
Le neuf comme un sou, 
Le neuf jamais aussi gros que le boeuf,
Le neuf a la chair de poule : 
Neuf + neuf = une omelette.
 
Le neuf à l'envers, c'est pas 9
C'est 6.
Si c'est 6 c'est pas 9. 
Si c'est pas neuf, c'est de l'occasion !

5 mai 2020

La Foule / Raymonde

- Dans cette foule, il s'est échappé !
Il est armé, il a un cran d'arrêt !
Il va tous les crever !

- C'est effrayant, tous ces gens décédés
Alors qu'ils venaient s'amuser.

- Je te parle des ballons, imbécile !

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18 mars 2015

Consigne d'écriture 1415-21 du 17 mars 2015 : Les dix mots de la francophonie 2015

Les dix mots de la francophonie 2015 

 

Insérer dans un texte les dix mots suivants : 

Sérendipité – amalgame – bravo – cibler –grigri – inuit(e) –kermesse – kitsch – zénitude – wiki

AEV 1415-21 Francophonie

24 septembre 2014

Consigne d'écriture 1415-03 du 23 septembre 2014 : Dialogues à base de chansons

Dialogues à base de chansons

 

Chacun reçoit de l’animateur un recueil de chansons d’un même auteur-compositeur ou interprète (Piaf, Montand, Trénet, Renaud, Brassens, Brel, Pierre Perret, etc.). 

Il doit écrire un texte avec de nombreux dialogues dans lesquels on retrouvera des extraits de chansons.

AEV 14158-03 dialogues de chansons

31 mai 2015

Consigne d'écriture 1415-29 du 30 mai 2015 : Le temps qui passe en Tunisie

Le temps qui passe en Tunisie (consigne de Dominique)

 

On écrit sur le thème du temps qui passe à partir de photos ramenées de Tunisie par l’animatrice.

AEV 1415-29 Tunis 2

6 février 2018

Solution des portraits chinois mystérieux / Jean-Paul

1718-18 portrait chinois d'Isaure et d'Arthur chinois

Ces deux portraits chinois étaient ceux d'Isaure Chassériau et d'Arthur Rimbaud.

Etonnant, non ? ;-)

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