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L'Atelier d'écriture de Villejean
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14 janvier 2015

Consigne d'écriture 1415-14 du 13 janvier 2015 : Scénario à la Modiano

Scénario à la Modiano

  1. Vous choisissez le plan d'une ville (Rennes, Nantes, Fougères, Redon, St-Malo, Paris...)

  2. Pendant 10 minutes, vous écrivez une lettre ou un email à un(e) ami(e) que vous n'aviez pas vu depuis l'âge de vos 20 ans. Vous venez d'avoir de ses nouvelles de façon inattendue. Dans cette lettre, en utilisant le plan de la ville choisi, vous évoquez des souvenirs (des lieux, des itinéraires, des circonstances (études, travail, cafés, sorties au cinéma..) où vous étiez ensemble. Vous espérez une réponse.

  3. Vous transmettez ce courrier à votre voisin(e) de droite, ainsi que le plan. Pendant le temps restant, vous répondez longuement au courrier que vous venez de recevoir, en utilisant le plan fourni.

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1 mars 2022

On s'en moque ! / Jean-Paul

On s’en moque
De tous ces vieux schnocks ,
De leurs obsessions, de leurs TOCs,
De leurs tics, de leurs coups d’estoc,
De leur descente de l’Orénoque,
S’ils font le p’tit ou le grand roque,
S’ils savent hisser le grand foc,
S’ils sont paranos ou toc-toc,
S’ils ont des neurones en loques,
Si leurs vieilles charrues ont un soc.

On s’en moque
De ces vioques !

Nous on n’aime pas vraiment le rock !

On préfère la musique baroque ! 

 

18 octobre 2022

Emmanuel Mouret, Sandrine Kiberlain, Vincent Macaigne / Marie-Thé

Ce dimanche d’octobre est bien tristounet. La pluie mitraille la toiture de ma véranda. Un plafond de nuages gris-souris plombe le ciel. Il fait presque nuit en cette fin d’après-midi d’automne, un temps à s’enfermer dans une salle de cinéma.

Pourquoi ne pas aller voir « Chronique d’une liaison passagère », le dernier film d’Emmanuel Mouret ? En général, ses films sont subtils, sentimentaux,  cocasses…

17h. Imper, parapluie, bottines. Je file au cinéma. Dans la rue, le vent s’engouffre sous mes habits – mon parapluie se retourne – j’ai les cheveux en bataille. A l’arrivée, je suis comme chien mouillé, je me secoue. Installée dans un fauteuil de velours rouge, je suis à peu près certaine de passer un moment fabuleux et épatant.

Pendant les deux heures du spectacle, oubliés le temps gris, la pluie, le travail, la morosité du mois d’octobre…

L’univers d’Emmanuel Mouret et des deux artistes principaux, Sandrine Kimberlin et Vincent Macaigne, est plein de délicatesse, de subtilités, le film est étonnant. Absorbée par l’ambiance et l’histoire, je suis dans « leur » monde, un monde d’amour, de complicité, de bonheur.

En sortant de la salle, je constate que la pluie a cessé, le ciel est toujours aussi gris. Peu m’importe, j’ai vécu des instants prodigieux. Sur le chemin du retour, je fredonne gaiement « la Javanaise ». 

13 avril 2021

M comme mule / Adrienne

 

« Ach ! » disait-il, « Ach ! Allège ton almanach, les concerts sont annulés !
Tu ferais chanteur ambulant ? Mime sur le bitume ?
Tu vas finir au bloc ! Partir en bombe !

Je sais que la scène te botte, que tu es arrivé en bout de ligne, que tu n’as plus de quoi payer ta boulangère, ton camembert…

Tu veux arrêter à toi tout seul le char de l’État ?
Ton royaume pour un cheval ?
Tu es à un cheveu de prendre la culotte (*) ?
Tu en as marre des combines ?
Tu veux de nouveau donner des coups de collier, vivre des coups de feu? Tu veux que cesse cette descente aux enfers ?

Que veux-tu que je te dise ?

Reviens en septembre… »


(*) ne pas pouvoir faire face à une situation difficile.

N.B. Ecrit le 14-04-21 suite à la conférence de presse des ministres belges... qui n'ont rien dit sur une réouverture de la culture.

20 janvier 2021

Consigne d'écriture 2021-15 du 19 janvier 2021 : Taggle !

Taggle !  


 Soit, dans la colonne de gauche du premier tableau une série de dix répliques A, tirées des cartes d’un jeu appelé "Taggle !".

Réplique A Votre Réplique B
Ca va être dur mais… je te quitte !  
Méfie-toi, ces derniers temps je pars au quart de tour !  
J’ai toujours peur qu’il m’arrive un truc moche  
Cette année j’ai été élue reine du muguet  
Sincèrement, je crois que j’ai gâché ma jeunesse  
Je ne sais pas pourquoi, en ce moment, je ne pense qu’au grand amour romantique et passionnel…  
Le sexe, j’ai décidé d’arrêter !  
Je vais te dire… La vie est trop dure !  
Non je ne me calmerai pas !  
Les femmes sont en général plus distinguées que les hommes  

Soit dans le tableau suivant vingt réponses possibles à l’assertion A. Faites votre choix dans ces vingt réponses pour faire de dix d’entre elles les dix répliques B du premier tableau. 

Réplique B
A l’ancienne, quoi !
Rappelle-moi : ça fait combien de temps qu’on se connaît ?
Si je peux rendre service…
Eh bah bravo, c’était bien la peine de faire un bac+ 10 !
Personnellement je trouve ça relativement obscène
C’est ça, et moi je suis Cléopâtre !
Houla… J’aimerais pas être à ta place !
Ouaaaah ! La chance !
Je sais ; t’es connu(e) pour ça !
C’est pour ça que t’es pas sorti(e) de ta chambre depuis deux jours ?
Là, on flirte avec la connerie !
Comme neuf Français sur dix
Mais c’est monstrueux ! MONSTRUEUX !
Et mon p’tit bisou, tu le veux où ?
Allons, allons… Une petite tisane à la camomille ?
Si tu veux je peux te présenter ma sœur. Elle adore ça !
Excellent raisonnement !
Et donc c’est pour ça que t’as oublié mon anniversaire ?
Faut p’têt que tu y mettes un peu du tiens aussi !
Et moi qui voulais t’accorder une deuxième chance…

Lorsque cela est fait choisissez un, trois, cinq ou neuf de vos couples de répliques et faites-les apparaître :

- Dans un extrait de roman policier ;
- Dans un conte traditionnel ;
- Dans un scénario de film ;
- Dans ce que vous voulez !

 Deux exemples de couples de répliques tirés du même jeu :

- Allumeeeez le feu !
- Je suis sûr que tu dis ça à toutes les femmes !

- Ce matin un lapin a tué un chasseur.
- Ben comme ça on est peinard !

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25 février 2015

Consigne d'écriture 1415–18 A du 24 février 2015 : Je suis

Je suis

 

Ecrivez un poème dont toutes les phrases commence par « je suis ». Dans chacune des phrases, vous alternerez substantif féminin et substantif masculin (ou l’inverse).


Exemples :
Je suis un labyrinthe sans sortie, sans fil rouge et sans Ariane.
Je suis le chien aux pattes cassées qui mène l’équipage de Diane chasseresse.

12 septembre 2023

Tobias (Mystère) / Jean-Paul

C'est à cela que ça sert les greniers, les bibliothécaires, les archivistes et les enregistreurs fous.

Mon neveu m'a réclamé cette chanson écrite par son père, mon frère donc, il y a longtemps, après que j'ai eu quitté le groupe de rock que nous avions formé avec deux musiciens d'origine polonaise. 

« Je mourrai peut-être demain / Salut les copains ! » disaient les paroles.

On aurait dû la jouer à son enterrement plutôt que la version du "Hallelujah" de Leonard Cohen par un orchestre à la André Rieu.

J’ai retrouvé ce morceau sur mon disque dur externe de musique déjà numérisée mais je suis quand même monté au grenier. J’en ai redescendu trois caisses pleines de cassettes de toutes marques, de toutes couleurs. J'ai tout réécouté rapidement, recopié les indications de date ou de lieu. J’ai tapé tout ça sur l’ordinateur et sorti des étiquettes que j'ai mises sur la tranche des boîtiers.

Je ne sais pas si vous imaginez mais une pratique musicale hebdomadaire qui s'étend de 1972 à 1983, ça laisse des traces !

Du coup, pour être exhaustif, j'ai sorti le petit coffret rouge en forme de livre dans lequel se trouvent huit ou neuf cassettes de cette période. Celles-ci avaient déjà reçu un titre : « Ramdam à la cave » « Ça déménage au garage » « Ça rigole chez Marie-Paule ».

J'ai numérisé celle-là qui est beaucoup plus folk que le reste et maintenant je suis bien embêté. Est-ce que c'est moi qui joue la suite d'accords la mineur sol fa mi en boucle et mon frère qui joue les quatre notes descendantes de la partie de basse ou est-ce l’inverse ? Pendant ce temps-là Boulibif blues – tu parles d’un nom d’artiste, Marie-Paule ! - chante un blues parlé avec un drôle d'accent mi-anglais mi-québécois, une chanson qui dit « Je connais le travail et le travail me connaît parce que j’ai eu eu du boulot pour sortir du ventre de ma mère. J'ai boulonné en grandissant, j'ai grandi en boulonnant". Ça ressemble au « Blues de la poisse » de Roger Mason ou à « Dommage » de Graeme Allwright.

Qui a bien pu pondre cela ? Mystère ! Impossible de récupérer les paroles sur Internet ! Je vais devoir les recopier pour que le web en ait une trace et pour que cela figure au patrimoine et surtout au matrimoine immatériel de l'humanité !

 P.S. Voilà ! C'est le "Blues du boulot" de Steve Waring. Je l'ai trouvé en tapant "Blues du boulot" chez M. Google.

5 décembre 2023

La Lettre / La Licorne

 

 "On n'est pas sérieux quand on a dix-sept ans"...disait Arthur. 

C'est vrai. C'est l'âge des premières amours, de celles qui vous fendent le coeur en deux, en quatre, en huit...et qu'on n'oublie jamais. 

C'est l'âge où les filles tracent des lettres aussi rondes que leurs joues d'adolescentes, l'âge où elles font aussi des bulles sur les i, parce que c'est plus joli...l'âge où elles sont romantiques et encore innocentes, souvent.

C'est l'âge où les garçons veulent avoir du succès, l'âge où ils veulent montrer aux copains qu'eux aussi, ils ont des flirts, des conquêtes, l'âge où ils collectionnent les filles comme ils collectionnaient les billes...il n'y a pas si longtemps.

Alors, quand, à la sortie du lycée, la voisine de Paolo a glissé une enveloppe dans sa main en lui disant tout doucement : "Donne-la à Giambattista, s'il te plaît...c'est important", Paolo n'a pas trop écouté ce qu'elle disait...il a surtout vu ses yeux de biche et son sourire de miel, son cerveau s'est brouillé et il est rentré chez lui en serrant la lettre très fort.

Dans sa chambre, il a déchiré l'enveloppe et il a lu les mots. Dès le début, il s'est rendu compte de son erreur. "Cher Giambattista ! ". Bien sûr...ce n'était pas pour lui...c'était toujours pour le beau JB que leur coeur battait. C'était toujours lui dont la boîte à lettres s'emplissait de mots doux, tandis que la sienne restait désespérément vide.

Cette fille, il la connaissait à peine. Il l'avait croisée plusieurs fois dans les couloirs, mais il aurait été incapable de dire comment elle s'appelait. D'après la signature, c'était Coralie. Bizarre, cette signature, d'ailleurs. Elle finissait en "sac de noeuds"...sûrement une fille à problèmes.

Le message était d'une mièvrerie confondante. "Je te regarde pendant les cours et chaque jour, je t'aime davantage. Maryline m'a dit que tu lui avais dit que tu trouvais que j'avais de jolies lèvres. De celles qu'on a envie d'embrasser. Moi aussi, j'ai envie de t'embrasser."

Ah, les filles ! Toutes plus "nunuches" les unes que les autres. Mais quand même, il a de la chance, JB. Moi, avec mon acné et mes lunettes, je ne fais rêver personne. Si ce n'était pas mon meilleur pote, je la jetterais à la poubelle, cette lettre pleine de sentiments sucrés. Mais, bon, je ne peux pas lui faire ça. Je vais l'appeler :

"Allô , Mme Facchini ? Oui, vous pouvez me passer Giambattista, s'il vous plaît ? Merci à vous ! Bonne soirée, Madame. Allô, JB ? C'est Paolo. Dis, y'a une fille qui m'a donné un mot pour toi, à la sortie de la classe. Une brune, avec les cheveux longs. Son nom ? Coralie. Tu ne connais pas de Coralie ? T'es sûr ? Pourtant, c'est ce qui est écrit sur l'enveloppe : "De la part de Coralie", avec un coeur sur le "i".. Que je jette la lettre ? Tu as assez d'admiratrices en ce moment ? Tu ne veux pas t'encombrer d'une greluche de plus ? Bon, ben...écoute, c'est comme tu veux. On se voit demain, au foot, OK ? Oui, j'apporte le ballon. A bientôt, JB !"

Paolo avait jeté la lettre sur son bureau, au milieu d'un tas d'autres papiers. Et puis, le lendemain, la vie avait repris. Le foot, les amis, il avait fourré les papiers dans un tiroir et puis il avait oublié. 

43 ans plus tard, alors qu'il vient de prendre sa retraite, il se dit que c'est le moment de trier la valise dans laquelle il avait entassé, pêle-mêle, ses cahiers et ses notes de lycée. Entre deux pages de philo, il tombe sur une enveloppe jaunie...et en parcourant les lignes, les souvenirs enfouis remontent soudain. La fille...JB...le coup de fil.

Il regarde la signature. Et quelque chose lui saute aux yeux. Caroline ! Le prénom de la fille , c'était Caroline ! Pas Coralie.

Caroline ? Nom d'un p'tit bonhomme ! Mais il connaît une Caroline...qui était au lycée en même temps que lui.

"Dis, chérie...ta soeur, qui est en maison de repos...Caroline oui...tu m'as dit qu'elle avait toujours été dépressive. Mais en fait, elle a commencé quand exactement ... sa dépression ? Ah.....l'année du bac ? Un chagrin d'amour ? Dont elle ne s'est jamais remise ? Pourquoi je te demande ça ? Oh, comme ça. Je me demandais..."

(Remarque : Je n'ai pas tenu compte du contenu intégral de la lettre, un peu trop explicite à mon goût. J'ai préféré imaginer autre chose,  juste à partir de la photo,  ça laissait plus de place à l'imagination...)

23 mai 2023

Autoportrait / Anne J.

Si vous cherchez une personne

qui aime les chats et déteste les chiens, les chevaux, les vaches et les moustiques, 

qui aime cuisiner, tricoter des pulls et des chaussettes,
qui peut aimer les responsabilités mais n'aime guère les partager avec d'autres,
qui croit que le monde se porterait mieux si on jouait collectif plutôt que perso,
qui aime les surprises en détestant l'imprévu,
qui peut être très bavarde surtout si elle a bu une demi-bière (!)
mais peut aussi rester silencieuse, surtout dans un groupe,
qui vous sera fidèle mais est aussi très jalouse,
qui aime que ce soit bien organisé surtout quand c'est elle qui organise,

je pourrais avoir quelqu 'un à vous proposer
mais ATTENTION :

elle n'est plus de première jeunesse,
elle est plutôt moche,
elle a un sale caractère,
elle ronchonne beaucoup et souvent,
surtout quand elle n'a pas assez dormi,
elle déteste quand ça glisse à skis, en patins ou sur le verglas,
elle a le vertige,
elle est autoritaire ,
elle manque totalement de sens pratique,
elle n'a aucun talent pour le bricolage,
elle déteste les bananes,
elle met des chaussettes pour dormir
car elle a toujours les pieds froids,
elle ne supporte pas les gens qui reniflent,
elle ne veut pas regarder TF1,
elle ne peut pas partir en vacances
sans une dizaine de livres,
elle n'est plus rien sans ses lunettes,
elle ne sait pas travailler dans le bruit,
elle a un problème avec les clefs et les serrures

mais sa couleur préférée c'est l'orange ou à la rigueur le rouge !

Alors ça vous tente de faire sa connaissance ?

14 novembre 2023

Consigne d'écriture 2324-08 du 14 novembre 2023 : Lautréaval

Lautréaval

 

D’après M. Jacques Quinton, le poète redonnais Louis Peuchard est né à Redon le 11 août 1919. Monté à Paris en 1936 il a fréquenté les peintres et poètes de cette époque et a connu l’effervescence et le bouillonnement intellectuel du Front populaire.

Il prit alors le pseudonyme de Lautréaval.

Ce qu’il écrivait, dans une veine humoristique, provocatrice ou extravagante, relevait soit du génie selon les uns, soit de la fumisterie pour les autres. En témoigne ce poème en hommage à la ville de Redon :

Le canal le canal
Horizontal
Le canal le canal le canal
Eau Eau

(in « Les Chants crurent »).

Après la guerre il a fréquenté Georges Brassens, René Fallet et Roland Topor.

Il aurait publié, à compte d’auteur et à très faible tirage, un recueil de poèmes intitulé « Effleure le mal » et son texte « Eau eau marais marais », précurseur du rap, figure dans une anthologie, « La poésie autrement » de Claude Verachté, parue en 2006.

Réécrivons ensemble l’oeuvre de ce poète méconnu. Au choix :

1) Écrivons des poèmes courts et absurdes dans le style de celui évoqué ci-dessus ;

2) Réécrivons en prose poétique des poèmes d’« Effleure le mal » dont nous n’avons que le titre, issu du recueil de Baudelaire « Les Fleurs du mal ».

Bénédiction ; L'Albatros ; Élévation ; Correspondances ; J'aime le souvenir de ces époques nues ; Les Phares ; La Muse malade ; La Muse vénale ; Le Mauvais Moine ; L'Ennemi ; Le Guignon ; La Vie antérieure ; Bohémiens en voyage ; L'Homme et la Mer ; Don Juan aux enfers ; Châtiment de l'orgueil ; La Beauté ; L'Idéal ; La Géante ; Les Bijoux - pièce condamnée ; Parfum exotique ; Je t'adore à l'égal de la voûte nocturne ; Tu mettrais l'univers entier dans ta ruelle ; Avec ses vêtements ondoyants et nacrés ; Le Serpent qui danse ; Une charogne ; Le Vampire ; Le Léthé - pièce condamnée ; Une nuit que j'étais près d'une affreuse Juive ; Remords posthume ; Le Chat (Viens, mon beau chat, sur mon cour amoureux) ; Le Balcon ; Je te donne ces vers afin que si mon nom ; Tout entière ; Que diras-tu ce soir, pauvre âme solitaire ; Le Flambeau vivant ; À Celle qui est trop gaie - pièce condamnée ; Réversibilité ; Confession ; L'Aube spirituelle ; Harmonie du soir ; Le Flacon ; Le Poison ; Ciel brouillé ; Le Chat (Dans ma cervelle se promène) ; Le Beau Navire ; L'Invitation au voyage ; L'Irréparable ;Causerie ; L'Héautontimorouménos ; À une dame créole ; Mœsta et errabunda34 ; Les Chats ; Les Hiboux ; La Cloche fêlée ; Spleen : I - Pluviôse, irrité contre la ville entière, II - J'ai plus de souvenirs que si j'avais mille ans, III - Je suis comme le roi d'un pays pluvieux, IV - Quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle ; Brumes et pluies ; L’Irrémédiable ; À une Mendiante rousse ; Le Jeu ; Le Crépuscule du soir ; Le Crépuscule du matin ; La servante au grand cœur dont vous étiez jalouse ; Je n'ai pas oublié, voisine de la ville ; Le Tonneau de la haine ; Le Revenant ; Le Mort joyeux ; Sépulture ; Tristesses de la lune ; La Musique ; La Pipe ; Le Masque ; Hymne à la beauté ; La Chevelure ; Duellum ; Le Possédé ; Un Fantôme : I - Les ténèbres, II - Le Parfum, III - Le Cadre, IV - Le Portrait ; Semper eadem ; Chant d'automne ; À une Madone ; Chanson d'après-midi ; Sisina ; Sonnet d'automne ; Une Gravure fantastique ; Obsession ; Le Goût du Néant ; Alchimie de la douleur ; Horreur sympathique ; L'Horloge.

30 mai 2023

Mémoire (si j'ai bonne) / Jean-Paul

On ne trouve de bonnes lavandières qu’au Portugal.
On ne danse la pavane que lorsque l’infante est défunte.
On ne joue à la marelle que dans la cour de l'école.
On ne mange de frangipane que le dimanche.
On n’écrit sur le cahier qu'avec de l'encre violette et puis un jour on pose un capodastre sur le manche d'une guitare et tous ces souvenirs deviennent des chansons. 

30 mai 2023

Cahier / Jean-Paul

J'ai endossé ce soir ma tenue d’été pour venir à l'atelier d'écriture : casquette de golfeur, sandalettes, lunette noires. Les vacances arrivent à grand pas.

Même si nous assistons au retour de notre étudiante préférée dans la salle Mandoline je ne jetterai pas au feu, en sa compagnie, mes cahiers à petits carreaux ni la maîtresse qu'on m'a promise à la condition que je conserve ses ovocytes dans mon congélateur !

Plus ça va et plus mes cahiers gardent trace des conversations d'avant l'atelier sur les banquettes centrales et bancales de la Maison de quartier. On y apprend que Dominique appelle Maryvonne pour réparer ses pneus de voiture, que Madame C. va jouer au théâtre dans « Exercices de style » et qu'un professeur de psychiatrie a conservé longtemps un cerveau dans son frigidaire.

Cahier, mon beau cahier, est-ce que d'aligner des mots les uns derrière les autres toutes les semaines va me permettre à moi de conserver quelques neurones ou vais-je débarouler en grand patarou dans un labyrinthe envahi de coquelicots, à me prendre pour un myosotis empli d'espérance folle qui confondrait, parmi ces balivernes et ces billevesées, Guy Béart et Mouloudji ? 

4 avril 2023

Une Chanson / Jean-Paul

Bon, c'est un type qui se promène sur une grande avenue à Paris et qui rencontre une fille pas mal avec laquelle il engage la conversation, ayant dans l'idée d'obtenir son 06 et plus si affinités.

Mais la fille ne lui file pas son 06 vu qu'on est dans les années 1970 et que le téléphone portable, le métavers, Tinder, Meetic et Youtube n'existent pas encore.

Alors comme c'est quand même une période plutôt cool avec ambiance musicale Flower Power, Beatles, Rolling Stones, festival de Woodstock et tout ça elle emmène le gars écouter des potes à elle qui jouent de la gratte dans une cave des Champs-Élysées.

Et on se demande bien ce qu’il pouvait fumer à l'époque, Joe Dassin, parce que pour écouter de la vraie bonne musique dans des caves, je suis désolé, mais c'était à Saint-Germain-des-Prés qu'il fallait aller, même s'il n'y avait plus d'après là-bas et pas encore d’after. 

4 avril 2023

Le P. / Jean-Paul

Bon c'est une dame russe ou ukrainienne qui s'appelle Ferratovski et qui promène son bébé sur le port d’Odessa.

Mais c'est déjà le souk là-bas en ce début de 20e siècle et il paraît qu'il y a un soulèvement à bord d'un des bateaux.

Alors le tzar a envoyé la troupe qui tire dans le tas de badauds un peu comme de nos jours on fait à Sainte-Soline pour des histoires de flotte là aussi.

Et malheureusement la pauvre Madame Ferratovski se prend une balle en pleine poitrine, s'écroule en haut des marches et elle lâche le landau du petit Ivan - devenu adulte celui-ci fera le récit en chanson de cet événement – qui dévale sous les yeux ébahis d'un nommé Eisenstein les escaliers qui le mènent au pied de la passerelle du cuirassé Potemkine. 

4 avril 2023

M.P. (1) / Jean-Paul

Bon alors voilà ! Dans cette famille anglaise des années 1910 les choses n'iraient pas si mal que ça vu que le père travaille à la banque locale, que les deux enfants sont mignons, que ces gens-là ont les moyens d'avoir femme de chambre, cuisinière et nurse pour s'occuper des tâches ménagères et des mômes.

Mais la femme du banquier s'est mis en tête d'adhérer à une espèce de mouvement Dièse m’itou de l'époque et depuis ce jour-là elle passe sa vie à manifester pour obtenir l'égalité salariale entre les hommes et les femmes et même - on rigole bien ! - le droit de vote pour les femmes.

Alors comme la dernière nurse a rendu son tablier on voit débarquer du ciel, carrément, une espèce de nana foldingue au bout d'un parapluie ; elle obtient le poste de gouvernante et fait faire aux deux gamins un tas de bêtises innommables comme danser avec des pingouins, faire les acrobates avec des ramoneurs sur les toits de Londres, galoper sur des chevaux de manège et même provoquer une espèce de crise de 1929 ou des subprimes de 2008 à la banque du père qui, du coup, se fait virer.

Et ce tissu d'hurluberluteries filmées a tellement plu à mes enfants que j'ai dû le voir 26 ou 27 fois, Mary Poppins ! 

21 mars 2023

Consigne d'écriture 2223-24 du 21 mars 2023 : Christian Bobin

Christian Bobin

 

Dans son livre « Un bruit de balançoire » le poète Christian Bobin organise ses "chapitres" sous forme de vingt lettres. 

Dans le tableau ci-dessous, nous avons relevé le destinataire, l’incipit et la dernière phrase de douze de ces lettres. A vous de les conserver tels quels et d’écrire, dans le style d’un poème en prose, ce qui se trouve entre les deux. Vous pouvez écrire une longue lettre ou plusieurs lettres courtes. 

Destinataire   Première phrase Dernière phrase
Chère inconnue L’été est incohérent Le coeur, cette défaite prodigieuse.  
Frère nuage La vie de mon père a commencé de se défaire comme toi Aucun chef-d’oeuvre ne m’a donné autant de paix à part toi, petit nuage , à part toi.  
Marina Je suis resté des années à ta porte, je n’osais pas entrer J’aimerais offrir à la poétesse la robe rose dont elle a rêvé toute sa vie.  
Monsieur le forestier Les arbres, chose inhabituelle, se taisaient. Deux dominicains à table. Dieu reprend du melon.  
Mère Comment as-tu formé ma tête dans le secret de tes entrailles ? D’ailleurs je n’ai guère d’autre titre à l’existence.  
Monsieur le coucou Il y a du jaune dans ton chant J’accepte de tout perdre et que, dans le temps passager de cette perte, le nid d’hirondelle que j’ai dans la poitrine soit vide, vide, vide, féeriquement vide et appelant.  
Cher ami Mais pour mériter ce nom de cher ami il vous faudra aller au bout de cette lettre Et qui sait, peut-être nous verra-t-on un jour ensemble dans les rues de cette ville, incroyablement souriants.  
Jeunes gens de Lodz La lune brille entre les branches d’un arbre comme un ballon d’enfant lancé trop fort Le grincement d’une balançoire vide résonne jusqu’à la fin du monde.  
Nadejda Viens t’asseoir à côté de moi me parler de ton homme Toi et tes sœurs éternelles, je te salue, Nadejda.  
Vieil escalier Si ce monde n’est que muraille, cette muraille a des lézardes…   Christian ne viendra pas, ce soir. Il rêve.  
Madame Vous m’avez demandé ce que c’était que les anges Les rails rouillés du ciel et le tramway d’un songe qui me traverse, avec personne à bord.  
Cher fantôme Depuis combien de temps sommes-nous ensemble ? Nous sommes des petites gouttes de pluie qui prennent le train sans billet jusqu’à l’éternel qui est ceci, ici, maintenant.


7 février 2023

J comme Jeune fille / Adrienne

Elle est bien au chaud dans sa voiture d’enfant, à côté de l’étang avec sa grand-mère, et s’amuse des pigeons qui viennent picorer des miettes. C’est un hiver en ville, la pelouse rase est blanche de givre et l’étang aux canards est gelé.

C’est l’été, elle est à la plage avec sa pelle et son seau, elle est si petite que la mer semble un océan, de ce bleu gris parfait des peintures d’Ensor. On lui a mis un chapeau, des lunettes de soleil et un vent léger fait voleter ses boucles blondes.

Elle est à la maison et elle est la reine de la fête: c’est son anniversaire, sur son assiette le gâteau au chocolat est orné d’une bougie, derrière elle on voit une montagne de cadeaux et de surprises.

Elle est à l’école et avec ses amis de classe, sur le podium, les déguisements semblent raconter une histoire inspirée de Love, actually: il y a la banane, la pieuvre, et bien sûr elle est en licorne.

Elle est sportive. Pas de jeux de balles ni de ballon, mais d’abord une période joli petit rat en tutu rose, puis une longue période de championnats de rope skipping, jusqu’au jour où ses jambes, surtout les genoux, l’ont empêchée de continuer.

Alors Cupidon est passé la consoler, avec son arc et une flèche coup de foudre rapide, le temps de reprendre ses esprits et d’aller poursuivre ses études universitaires en Australie.

Voilà en quelques photos toute sa biographie ;-)

***

J’ai zappé le reste de la consigne trop compliquée pour moi et utilisé 36 des 50 mots pour raconter la jeune vie de l’aînée des petites-filles de ma tante ;-)

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3 janvier 2023

Consigne d'écriture 2223-14 du 3 janvier 2022 : Mot malin 1

Mot malin 1

 

1) Dans cette liste de cinquante mots, choisissez en dix que vous devrez insérer dans votre texte :

bonheur - armure - pompier - feu - neige - cheval - route - rouge - gentil - joie - moustache - livre - tristesse - colère - vacances - Égypte - peur - jungle - printemps - casque - ennemi - femme - noir - enfant - lunette - mort - bus - lent - gâteau - sécurité - Canada - vent - terre - groupe - oreille - Espagne - serpent - doux - bois - ours - pied - chat - violet - singe - orange - Italie - vaisseau - salade - homme – cavalier

2) Assemblez les dix mots choisis deux par deux de manière aléatoire ou sans réfléchir à un lien quelconque entre eux.  Vous obtenez cinq paires de mots.

3) Imaginez que vous devez faire deviner aux autres membres présents deux des mots que vous avez associés. Pour cela vous devez trouver un « mot malin » qui établira un lien entre les deux mots de la paire. ce mot peut être un nom propre ou un nom commun suivi d'un adjectif.

Par exemple pour faire deviner « cavalier » et « Espagne » vous pouvez proposer « Don Quichotte ».

Faites cela pour vos cinq paires et ajoutez vos cinq mots malins à votre liste de mots à faire figurer dans votre texte. Celui-ci pourra être une lettre de voeux, un bilan de l’année 2022 ou ce que vous voudrez.

N.B. La consigne a été inspirée par ce jeu :

30 novembre 2022

Consigne d'écriture 2223-11 du 29 novembre 2022 : Le Téléphone arabe

Le Téléphone arabe

 

L’animateur distribue à chaque écrivant·e un texte dactylographié extrait de la littérature française. Pour la version en ligne, choisissez un des trois textes ci-dessous que nous appellerons Texte 0.

Il est demandé de le lire puis, sur une feuille volante, de le réécrire « à sa sauce », dans son propre style, en raccourcissant les phrases et en adoptant le plus possible le langage « relâché », celui qu’on utilise dans la vie de tous les jours. Merci d’écrire lisiblement. Ce sera le Texte 1

On s’accorde entre 20 et 30 minutes pour faire cela. Au bout de ce délai on passe ce texte 1 à son voisin ou à sa voisine de droite qui a alors pour mission de réécrire le texte reçu dans un langage soutenu (Texte 2).

Pour la version en ligne, réécrivez votre premier texte en style soutenu sans vous référer au texte 0

Si on peut mettre de la drôlerie dans la chose, ce sera encore mieux !

Consigne_AEV_2223_11_Le_Téléphone_arabe___Les_3_textes_de_départ_de_Marcel_Proust

 

4 octobre 2022

Corres'bondances : Lebon, facteur, résonne toujours de foi / tiniak

Billet de retour

Du haut, du très haut de son mirador amoureux
sans penser à rien d’autre qu’à son cœur cannibale
peut lui chaut le brouhaha de la kyrielle insulaire
qu’elle soit autochtone ou, comme lui, venue d’Arles
(quoique lui passé en transit)
il a pris tant de hauteur sur le vide
que ses oreilles ne craignent pas le sabotage
que la fanfare de la foule s’obstine
à porter jusque dans la houle marine
il se prépare à jeter dans les flots sa passion abyssale
chiffonnée dans son poing
depuis que, ce matin, le facteur lui a remis le pli épistolaire

Défaite la ficelle des mots
comme on maraboute un vieux mal, cadeau !
le cœur plongé intensément
dans sa très profonde heure
lui fait vibrer tel un plaint-chant
le monument de sa poitrine
ça lui rameute une émotion
à la fois triste et juvénile
éprouvée à la prime écoute
du titre The Fool On The Hill
il avait dû fermer les yeux
c’est bien trop bruyant le regard 

 

Le sentiment qui l’habite à présent
c’est peut-être un lent chant de l’âme
il sent combien, intimement
Poucet pour Elle enfin désarme

***

Billet d’allez !


Poucet,
Mon ami, mon amant, mon bel esprit fantasque, et grave, et généreux,

Je ne sais où tu as décidé de passer ce week-end, en fin de compte, mais je souhaite qu’il te rende à la joie et la bonne humeur auxquelles tu m’avais habituée, naguère.

On ne devrait jamais s’habituer à l’amour, n’est-ce pas ?
Ce devrait être une surprise qu’on réalise ou concrétise, disons : au moins une fois par jour ! Que ce soit dans un élan spontané, le naturel d’un doux sourire, ou comme l’idée d’accueillir le conseil amical d’une personne chère, en lui souhaitant honnêtement la bienvenue, pour la simplicité de son aide, sans intérêt aucun. Et pourquoi pas, parfois, tel que se conçoit un projet dont on veut peaufiner l’idée : avec patience et attention, un temps durant et puis, parfois, avec la fulgurante magie de la créativité qui nous saute à visage ?
Par foi ? Non, je tiens trop à ma liberté pour attacher ce terme à une relation, aussi intense et passionnée soit-elle, comme la nôtre. Très peu pour moi, tu ne le sais… que trop ?

De toi, me manquent à présent, ces instants de chaleur fugace que tu sais si bien me prodiguer, souvent à l’improviste. Quand j’y songe, c’est d’être – toute ! à la joie de ces moments-là que se fonde mon attachement à notre aventure.
Aventure et attachement dans la même phrase…
Ton séjour loin de notre Baie de Somme me perturbe sérieux, à l’évidence !
Oh, tu peux rire…

Le souvenir de ton rire… de ton rire, moqueur ou joyeux, qui me dévore à belles dents ! Soyeux…
Je voudrais pouvoir le créer, ex nihilo ou à peu près, sitôt que l’on s’éloigne l’un de l’autre, pour qu’il ne manque plus aussi fort qu’aujourd’hui ! J’enrage aussi, de me sentir autant en manque de ta présence. De ton présent, proche du mien : notre cadeau !

Allez ! Où que tu séjournes, aujourd’hui, je te recommande d’en bien profiter; de vivre, quoi ! sans te laisser aller à la mélancolie de ces derniers mois.

Oh, reviens-moi ! J’espère que tu auras grand faim, à ton retour; j’ai tant besoin de m’offrir à nouveau aux éclats de ton rire.

Poucette

14 juin 2022

Consigne d'écriture 2122-33 du 14 juin 2022 : Y'a pas d'hélice, hélas ! C'est là qu'est l'os !

Y’a pas d’hélice hélas ! C’est là qu’est l’os ! * 

 

 Composez une chanson dans le style de Boby Lapointe, un poème ou un texte dans lequel un maximum de mots de ce tableau sera inséré : 

asse esse isse osse usse autres
hélas blesse hélice véloce complusse Lens
Stanislas diablesse délice colosse plus Lance
place drôlesse Place des Lices molosse déplusse silence
Callas faiblesse police Pangloss Luce indolence
calasse gentillesse réglisse Délos élusse insolence
collasse liesse mélisse Loos (ville du Nord) plusse alliance
lasse mollesse calice Biblos prévalusse ambulance
délace vieillesse Brennilis Carlos résolusse balance
délasse aloès Galice   voulusse bienveillance
filasse Périclès malice   valusse contrebalance
hélasse Thalès complice   angélus corpulence
mollasse   milice     défaillance
mêlasse   La Palice     dissemblance
extrapolasse   pelisse     élance
pilasse   ramollisse     Valence
poilasse   salisse     équivalence
ralasse   silice     excellence
salace   avilisse     féculence
soûlasse   lisse     invraisemblance
las   Alice     lance
Wenceslas   cilice     malveillance
glace   coulisse     alliance
Lovelace   déplisse     mésalliance
matelasse   éclisse     nonchalance
mélasse   glisse     opulence
populace   plisse     pestilence
remplace   polisse     pétulance
replace   supplice     relance
verglace   Ulysse     ressemblance
déplace   amaryllis     somnolence
brise-glace   héliopolis     surveillance
enlace   lis     vigilance
désenlace   Persépolis     violence
entrelace   siphylis     virulence
          vraisemblance

* « Y’a pas d’hélice hélas ! C’est là qu’est l’os ! » est un extrait de dialogue du film « La Grande vadrouille » de Gérard Oury

31 mai 2022

Nouvelles du front / Jean-Paul

Les présidents Zelinsky et Poutine viennent d’achever la 983e partie de la demi-finale du championnat du monde d’échecs. Encore une fois il s’est agi d’une partie nulle. Les deux adversaires sont de force égale, ou d’égale faiblesse, comme on voudra. Aucun des deux n’arrive à prendre le dessus sur son concurrent.

Les conditions de la confrontation ne facilitent pas non plus la victoire de l’un sur l’autre. D’abord on n’utilise pas la pendule de la même façon que dans les compétitions officielles du « roi des jeux ». Chaque joueur dispose de quinze minutes pour déterminer le coup qu’il va jouer, avancer un pion, sortir un cavalier, échanger un fou contre une tour, donner un échec au roi adverse. Les Panzerdivisionen du néo-stalinien et du pseudo néo-nazi avancent donc à la cadence de deux coups à l’heure. La partie ne dure que six heures. Si aucun des deux joueurs n’a infligé un échec et mat à son adversaire au bout de ces douze coups, la partie est déclarée nulle et les joueurs reviennent le lendemain après-midi.

Ce nouveau système de « guerre symbolique » a été approuvé à l’unanimité par l’Organisation des Nations-Unies. Il a l’avantage de préserver un sacré vieux paquet de vies humaines, de ne rien coûter en matériel militaire et de laisser intactes les villes et régions des pays concernés par un conflit dont les justifications sont généralement toujours stupides. Les militaires restent cantonnés dans leurs casernes et suivent sur le site de la revue Europe-Échecs, sur BFM-TV ou sur la chaîne Russia today l’affrontement des deux chefs d’État.

Bien sûr, la plupart du temps ils ne voient s’échanger que douze coups de pions et ne peuvent pas apprendre grand-chose ni sur la théorie des ouvertures ni sur ce qu’il y a dans la tête de Vladimir Poutine. Mais qui le peut et quel intérêt cela a-t-il ? Et puis, ne l’oublions jamais, les militaires sont comme les supporters des équipes de football, ils ont l’entendement un peu limité et ont appris à obéir, acclamer et boire de la bière et non à réfléchir trop, que ça donne la migraine à la fin.

Mais nous-mêmes, sommes-nous bien placé·e·s pour critiquer qui que ce soit ? Dès que Magnus Carlsen, l’actuel champion du monde d’échecs, place son fou roi en fianchetto sur la case g2 après avoir poussé des pions en c4 et d4, ne sommes-nous pas déjà complètement perdus au douzième coup quand nous nous apercevons qu’il n’a toujours pas récupéré le pion sacrifié en c4 ? La partie catalane ne peut-elle pas être considérée, finalement, comme un gambit ?

Il faut juste considérer que depuis l’instauration de cette procédure, à savoir la résolution des conflits par l’affrontement échiquéen, le monde est globalement en paix.

Le jeu d’échecs rend fou ? Peut-être, mais devenir chef d’État n’est jamais vraiment non plus un signe de santé mentale. Passer des heures à réfléchir sur les positions que peuvent prendre trente-deux petits bouts de bois sur un plateau carré divisé en soixante quatre cases, c’est peut-être idiot mais, comme disait ma grand-mère « Pendant qu’ils font ça, ils ne font rien de mal ! ».

Simplement, à ce rythme là, on ne risque pas de décerner le titre de champion du monde avant longtemps car dans l’autre demi-finale qui oppose Joe Biden à Xi Jing Ping, le Chinois qui a réussi à placer une fois le coup du berger mène par une victoire et 982 parties nulles. Par mesure de sécurité pour l’humanité, le nombre de parties à disputer a été fixé à dix mille pour la demi-finale.

La récompense du champion du monde, si on arrive un jour à en désigner un, sera bien entendu une place gratuite à vie dans un EHPAD Orpéa.

1 février 2022

Poème à crier dans les ruines / Jean-Paul

C’est aujourd’hui la fin, ô Jane ! » dit Tarzan
Tandis que les pumas piaillent dans les betteraves,
Que le volcan vomit fumerolles et laves
Jusque sur sa Jaguar garée sauvagement

Sous la cabane où ils vivaient au fil des jours
- Je sors de mon appartement somptueux et je crie
Pour dénoncer ce crime odieux, cette infâmie :
Le fleuve est l’étranger et tu es mon amour

Mais rien ne reste plus de nous ! C’est ridicule :
Un gros serpent python, affamé, monstrueux
A fait repas de dingue au studio trente-deux :
Ce crétin a bouffé toute la pellicule ! 

1 février 2022

Consigne d'écriture 2122-18 du 1er février 2022 : Agenda poétique

Agenda poétique

 

Nous continuons ce jour d'explorer "L'Agenda du presque poète" de Bernard Friot.
Choisissez parmi les dix consignes ci-dessous celles qui vous inspirent et écrivez un ou plusieurs petits - ou grands - poèmes ou textes poétiques.

 1) Ecrire un poème modeste : Ecrire en n’utilisant que les cinquante mots les plus fréquents de la langue française (on peut conjuguer les verbes) :

 le de un être et à il avoir ne je son que se qui ce dans en du elle au pour pas vous par sur faire plus dire me on mon lui nous comme mais pouvoir avec tout y aller voir bien où sans tu ou leur homme si deux 

2) Ecrire un poème pangramme : Ecrire un poème court dans lequel apparaissent les vingt-six lettres de l’alphabet

3) Ecrire un poème questionnaire : Ecrire sur ce modèle (on peut supprimer ou changer les questions) :

Père :
Mère :
Lieu de naissance :
Religion :
Ecoles fréquentées :
Domicile :
Métier :
Loisirs :
Signe particulier :

Exemple : 

Père : le marbre
Mère : la rose
Lieu de naissance : au fond de toi
Date : année sans année
Religion : l’océan quand il est domestique
(Alain Bosquet)

4) Ecrire un poème consumériste en y intégrant des noms de produits alimentaires ou d’entretien

 5) Ecrire un poème dont le titre est :

 Le fleuve est l’étranger et tu es mon amour - Triste petit train de vie - C’est aujourd’hui… - Je sors de mon appartement somptueux - Poème à crier dans les ruines – Rien - Dans cet arbre

 6) Ecrire un poème ne comportant que des noms (sans articles ni déterminant), des verbes à l’infinitif et des adjectifs

 7) Ecrire dans le noir : Fermer les yeux et laisser venir le premier vers. Ouvrir les yeux et le noter. Refermer les yeux et laisser venir le second. Etc.

 8) Ecrire un poème hypothétique : tous les verbes sont au conditionnel.

 Exemple : Il y aurait un homme, n’importe quel homme, moi ou un autre sinon il n’y aurait rien (Paul Eluard)

 9) Ecrire un poème futuriste : Tous les verbes sont conjugués au futur.

 10) Ecrire un poème impératif : Tous les verbes sont à l’impératif.
Ex. : Marrez-vous d’la bobine / Courez comme un pou sur le parchemin ! / Ayez un type pas net ! (Christian Prigent) 

 

18 janvier 2022

12 petites feuilles pour 12 mots / Maryvonne

 Tout commença à l'orée de la forêt. Il apparut traînant son corps comme une épave.

C'est à la fontaine que j'ai rencontré l'étranger. Il avait soif de notre pays, il a bu tout ce qu'il a pu tellement sa gorge était en feu, du feu de la guerre.

L'eau de la fontaine où il venait de boire avait le goût de sa bouche, belle comme un fruit un peu amer. Il avait faim et je lui ai montré les fraisiers sauvages, il en a rougi de plaisir.

Je ne connaissais pas son itinéraire, ce que je sais c'est qu'il est passé par chez moi, qu'il a eu confiance et c'est une grande chance. Il faut alors que la dernière goutte de fatigue tombe pour qu'arrive l'éclaircie. Soudain passent les nuages et la fenêtre du ciel s'ouvre sur un monde nouveau.

Dans le bleu d'azur, mon plus beau porte-plume s'envole à tire d'aile pour lui écrire ce poème :

« Bel oiseau attrape un ver(s) et le pose sur la feuille, qu'elle se nourrisse de mots doux et que la magie opère. Le fait d'être amoureux vous rend plus vivant. »

Écrivez sur le mur de votre musée personnel la saga de vos amours :

« Aimez le beurre, le vin, le chocolat !
Aimez votre pays, vos parents, vos amis, votre famille !
Aimez, ça vous gardera vivant !
Mais aimez aussi l'étranger, vous verrez c'est épatant ! ». 

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L'Atelier d'écriture de Villejean
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