Canalblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

L'Atelier d'écriture de Villejean

Publicité
7 février 2023

Consigne d'écriture 2223-19 du 7 février 2023 : Mot malin 2

Mot malin 2

 

1) Dans cette liste de cinquante mots, choisissez en dix que vous devrez insérer dans votre texte.

montagne – assiette – rat – déguisement – rose – foudre – chaud – piano – océan – blanc – château – rapide -
pigeon – flèche – été – balle – vert – pauvre – Australie – pieuvre – école – amis – banane – petit – malin – ville – léger – sucre – bague – plage – blé- prison – licorne – joli – voiture – surprise – gris – poisson – reine – Russie – pelle – maison – chocolat – sandwich – champignon – histoire – jeune – jambe – roi - hiver

2) Assemblez les dix mots choisis deux par deux de manière aléatoire ou sans réfléchir à un lien quelconque entre eux.

3) Imaginez que vous devez faire deviner aux autres membres présents deux des mots que vous avez associés. Pour cela vous devez trouver un « mot malin » qui établira un lien entre les deux mots de la paire.

Par exemple pour faire deviner « cavalier » et « Espagne » vous pouvez proposer « Don Quichotte ».
Faites cela pour vos cinq paires et ajoutez vos cinq mots malins à votre liste de mots à faire figurer dans votre texte. Celui-ci pourra être un conte pour enfants, un poème à la façon de Jacques Prévert, le récit d’une excursion en groupe ou ce que vous voudrez.

2023-01-01 - 285 6

Publicité
7 février 2023

La Princesse Margaux / Dominique H.

Il était une fois une princesse, nommée Margaux, enfermée dans la tour d'un château. Elle était si belle que son père voulait la soustraire à tous les regards masculins aussi concupiscents que cupides. Le château, situé en haut d'une montagne, dominait une forêt de conifères. Dans le fond de la vallée coulait une rivière. Le site était à la fois grandiose et bucolique. Le promeneur qui découvrait dans son écrin de verdure ce château de Belle au bois dormant ne pouvait soupçonner le drame qu'il abritait.

Dans les veines du prince-patriarche coulait le sens de l'autorité que lui avait naturellement transmis par don ADN son patriarche de père, et il en était ainsi depuis la nuit des temps. Évidemment les épouses des princes-patriarches étaient soigneusement choisies pour que ce système ancestral se perpétue. Elles avaient reçu une éducation adéquate et avaient intégré que c'était dans l'ordre des choses que le patriarche ait les pleins pouvoirs. Elles consentaient à la soumission en échange d'une douce vie princière, servies par de nombreuses domestiques qu'elles se plaisaient à soumettre en retour selon les règles qui régnaient au château.

La jeune princesse, alors dans sa quinzième année, observait silencieusement ces jeux de pouvoirs quelque peu contradictoires avec les vertus religieuses qui lui étaient enseignées. Son éducation évitait d'aborder les idéologies qui auraient pu la polluer en l'écartant de l'esprit de soumission.Ses journées étaient donc agrémentées de musique de chambre et elle avait appris à jouer de la harpe. Évidemment, elle savait broder à la perfection et son nouveau précepteur commençait à l' initier à la poésie.

Une princesse médiévale et son précepteur à cheval 1

Sieur Guillaume le Clerc, avait été recommandé par l'abbé Grégoire du monastère bénédictin voisin qui s'était porté garant de sa moralité. L'abbé Grégoire était au sens propre le père spirituel de Guillaume puisque, vingt ans auparavant, quand il était prieur, c'est lui qui avait trouvé devant la porte de l'abbaye, un nouveau-né enveloppé dans une couverture, et c'est lui qui avait su convaincre l'abbé Daniel de garder l'enfant au monastère. L'enfant nommé Guillaume, sut se faire aimer et montra de grandes dispositions pour le latin et les textes sacrés, mais aussi pour l'astronomie, la géométrie et la poésie.

Grâce à cette éducation au monastère et à la recommandation de l'abbé Grégoire, Guillaume avait bénéficié d'emblée de l'entière confiance du prince-patriarche, il voyait en lui un ange savant. Pourtant le précepteur observait l'ordre qui régnait au château et contenait sa colère intérieure. Son comportement soumis rassurait tout à fait le prince. Et puis la mère de la princesse veillait aussi à ce qu'il respecte la jeune fille et sur ce point l'attitude du jeune clerc était également sans faute. L'éveil artistique de Margaux ne suscitait aucune méfiance. Guillaume choisissait soigneusement ses textes poétiques et personne ne pouvait imaginer que, après les sonnets de Pierre de Ronsard et de Joachim du Bellay, il l'initiait aux poèmes subversifs de Clément Marot et de François Villon. Il avait encouragé la jeune princesse à elle-même écrire de la poésie et le soir, devant la cheminée, elle lisait à ses parents des vers parsemés de roses et de crépuscules.

Margaux, en bonne élève, apprit rapidement le latin, ce qui renforça sa complicité avec Guillaume. La lecture de textes anciens lui ouvrit l'esprit. La vie s 'écoulait ainsi paisiblement mais l'orage se préparait. La jeune fille qui savait très bien jouer l'innocence, entreprit de convaincre son père de lui offrir une monture pour se promener dans la forêt. Le clerc était aussi bon cavalier et c'est à cheval qu'il se rendait au château chaque matin. C'est naturellement qu'il se proposa d'accompagner la princesse dans ses promenades . Évidemment, une dame de cour, bonne écuyère les accompagnerait. Guillaume renseigna le prince sur un haras réputé sis à quelques lieues du château. La confiance régnait entre les deux hommes. Le cheval choisi était calme mais puissant. Margaux joua les niaises une fois de plus en demandant que sa monture fût déguisée en licorne rose. Le père céda en souriant à ce qu'il considéra comme un caprice de petite fille.

La saison des champignons arrivant, leur cueillette offrit un prétexte innocent aux promenades équestres. L'usage courant du latin, qu'eux seuls pratiquaient, permit à Guillaume et Margaux d'échanger facilement sur leur plan d'évasion. Le clerc savait observer les signes du ciel, et, un matin, il décela qu'un orage se préparait pour la soirée. Les bagages de la princesse avaient été acheminés, de jour en jour, dans une cahute de la forêt.

Ce jour de fin août, encore ensoleillé en début d'après midi, les trois cavaliers partirent à la cueillette des girolles. Vers seize heures la foudre tomba sur le château perché et un début d'incendie se déclara. Le prince patriarche s'agita, jurant et donnant des ordres contradictoires à ses domestiques. L'incendie mit du temps à être maîtrisé. La princesse-mère resta terrée dans sa chambre, en prière. Pendant ce temps, Guillaume et Margaux distancèrent très vite la dame de cour dont le cheval, effrayé par l'orage, ne cessait de ruer.

Un château médiéval sous l'orage

Ce soir là, la princesse dormit à l'entrée du village du précepteur, hébergée par une femme lettrée qui connaissait bien les plantes et qu'on appelait «  la sorcière ». Elle était en sécurité. Une nouvelle vie commençait pour elle. Elle se sentait reine de son avenir.

Mots utilisés :
montagne foudre + orage ;
château balle + suicide ;
pieuvre école + bonhomme ;
léger licorne + princesse ;
reine champignons + girolles.

7 février 2023

Göttingen / Anne J.

Quand il m'a dit « Nous partons »
j'ai pensé Göttingen et Barbara
plutôt que Toulouse et Vierzon
ville et piano
avec ou sans
Brel et Nougaro

AEV 2223-19 Anne J

Quand il m'a invitée
j'ai dit que j'aimais
le sucre chaud et doré
les crêpes au caramel
et les bonbons Werthers
à Göttingen

Quand la serveuse s'est approchée
avec son plateau doré
j'ai admiré ses longs doigts
et les bagues scintillantes
qui nous posaient les assiettes
de petits choux au caramel
dégoulinants

A Göttingen
pas de montagne, pas de rapides
ni grands ni petits,
pas la moindre chute d'eau
pour les kayaks intrépides ,
pas de descente à skis
et donc pas de fractures
pour aucun de mes os
Juste la nostalgie d'une voix
et du piano de Barbara. 

7 février 2023

Un Conte scatologique / Maryvonne

AEV 2223-19 Maryvonne - Les-aventures-du-tsar-fou_tartamudo

Dans le grand empire de Russie où la Reine était une Tsarine, les aristocrates étaient francophiles et parlaient la langue de Voltaire comme vous et moi, même souvent beaucoup mieux.

Des grands auteurs jusqu'à Mireille Mathieu, ils aimaient assister à des spectacles de lecture ou de chansons dans ce beau langage très châtié. Il ne leur serait pas venu à l'idée d'utiliser un mot vulgaire comme par exemple « la chiasse » en poésie.

Cependant un jour le Tsar réunit au palais une assemblée de ses serfs pour les récompenser d'une récolte de blé abondante.

Il avait écrit lui même une histoire pour se mettre à leur portée. Son récit se situait en province, au bord d'un étang. Les rives de celui-ci étaient malmenées par des ragondins qui creusent les digues et provoquent la fuite de l'eau. L'été avait été très chaud et les orages avaient raviné les abords. Avec l'évaporation, l'étang était presque vide.

C'est alors que, comme par magie, est apparu au fond un énorme poisson au ventre gris. Probablement une carpe, capable de nourrir à elle seule une cinquantaine de personnes.

La population du village en rêvait pour nourrir plusieurs familles. Mais qui avait le droit de pêcher cette carpe et à quel moment ?

Une femme bien maline confectionna un gros gâteau au sucre et invita ses voisins à la dégustation. Pendant ce temps elle dit à son mari de prendre son filet de pêche le plus solide et d'aller pêcher la carpe. Ce qu'il fît avec difficulté. Elle était tellement lourde qu'il ne pouvait la porter. Il traîna donc la bête dans son filet jusqu'à un baquet dans sa cave.

Quand tous les invités du gâteau furent partis, l’homme et la femme eurent bien envie de goûter un morceau de ce poisson magique. Elle était tellement délicieuse que toute la famille fit bombance.

Le lendemain tout le monde se demanda qui avait bien pu voler la carpe.

Certains restèrent muets : c'était déjà un premier indice. Mais la carpe traînée dans la poussière se trouva pleine de miasmes et de ce fait, toxique.

C'est alors que ceux qui avaient mangé le gâteau au sucre se trouvèrent constipés et ceux qui avaient mangé la carpe avaient la chiasse. La morale de cette histoire est que nous sommes souvent dénoncés par un « trou du cul ».

AEV 2223-19 Maryvonne - Tsar 2


Les mots à incorporer étaient :
Sucre et blé ; mot malin :Gâteau

Reine et Russie ; mot malin :Tsarine
Chaud et été ; mot malin : Orage
Roi et histoire ; mot malin : Conte
Gris et poisson ; mot malin : Carpe

7 février 2023

Suite de "La Belle au Bois dormant" / Marie-Thé

AEV 2223-19 Marie-Thé - Petits rosés

Réveillée depuis de nombreuses années, la Belle au Bois Dormant vivait heureuse dans le château de son prince charmant.

Celui-ci aimait les plaisirs de la table, en particulier les petits rosés, ces champignons hallucinogènes au goût à la fois sauvage et épicé.

La veille de sa mort elle lui avait préparé une bouillabaisse, cette fameuse soupe de poissons qu’ils avaient dégustée lors d’un de leurs voyages à Marseille. Il l’a avalée avec gourmandise et a dévoré ensuite un saladier des petits rosés qu’il aimait tant.

Avant de se coucher le soir, elle lui a joué sur son piano blanc la petite musique de nuit de Mozart dont il appréciait la mélodie.

Puis ils se sont couchés, se sont caressés et elle s’est endormie.

Lui se tenait le ventre, incommodé par la grande quantité de champignons qu’il avait absorbée.

Lorsqu’elle s’est réveillée, il souriait comme un bienheureux dans son trip. Mais il était froid : il était mort ! Elle s’abandonna quelques semaines à son chagrin.

Neuf mois plus tard, la Belle au Bois dormant mit au monde un petit prince qu’elle appela Ivanhoé, comme son père.

Elle transmit à son fils la passion de son prince pour les pigeons. Ensemble, ils expédiaient et recevaient des messages fixés sur les pattes des oiseaux.

Le pigeonnier prospérait. Les fientes étaient vendues comme engrais ou bien répandues dans leur jardin. De beaux légumes y poussaient en grandes quantités.

Quand elle devint très vieille, à son grand désespoir, Ivanhoé s’amouracha d’une jouvencelle. Il abandonna les pigeons et s’acheta un téléphone portable pour envoyer ses messages.

Quelques mois plus tard, désespérée, la Belle au Bois Dormant s’en alla rejoindre son prince charmant dans la crypte du château.

Publicité
7 février 2023

J comme Jeune fille / Adrienne

Elle est bien au chaud dans sa voiture d’enfant, à côté de l’étang avec sa grand-mère, et s’amuse des pigeons qui viennent picorer des miettes. C’est un hiver en ville, la pelouse rase est blanche de givre et l’étang aux canards est gelé.

C’est l’été, elle est à la plage avec sa pelle et son seau, elle est si petite que la mer semble un océan, de ce bleu gris parfait des peintures d’Ensor. On lui a mis un chapeau, des lunettes de soleil et un vent léger fait voleter ses boucles blondes.

Elle est à la maison et elle est la reine de la fête: c’est son anniversaire, sur son assiette le gâteau au chocolat est orné d’une bougie, derrière elle on voit une montagne de cadeaux et de surprises.

Elle est à l’école et avec ses amis de classe, sur le podium, les déguisements semblent raconter une histoire inspirée de Love, actually: il y a la banane, la pieuvre, et bien sûr elle est en licorne.

Elle est sportive. Pas de jeux de balles ni de ballon, mais d’abord une période joli petit rat en tutu rose, puis une longue période de championnats de rope skipping, jusqu’au jour où ses jambes, surtout les genoux, l’ont empêchée de continuer.

Alors Cupidon est passé la consoler, avec son arc et une flèche coup de foudre rapide, le temps de reprendre ses esprits et d’aller poursuivre ses études universitaires en Australie.

Voilà en quelques photos toute sa biographie ;-)

***

J’ai zappé le reste de la consigne trop compliquée pour moi et utilisé 36 des 50 mots pour raconter la jeune vie de l’aînée des petites-filles de ma tante ;-)

montagneassietteratdéguisementrosefoudrechaud – piano – océanblanc – château – rapidepigeon flècheétéballe – vert – pauvre – Australiepieuvreécoleamisbananepetit – malin – villeléger – sucre – bague – plage – blé – prison – licornejolivoituresurprisegris – poisson – reine – Russie – pellemaisonchocolat – sandwich – champignon – histoirejeunejambe – roi – hiver

7 février 2023

Paysages de mots / Laura

 AEV 2223-19 Laura - La Montagne

 
Que la montagne est belle
Pour y vivre ou pour les vacances !
En hiver, on y glisse
Mais je n'ai pas besoin d'elle pour chuter.
Par tous les temps, on y grimpe
Mais je monte déjà assez chaque jour.

De la chaleur avant toute chose
Et pour cela, je préfère la plage ;
Non pour m'y prélasser car ça m'ennuie
Mais pour y regarder la mer,
Les vagues, l'océan, l'horizon
Qui paraît infini ; marcher aussi
Et selon la saison et mon courage,
M'y baigner ; lacs, rivières
Et autres eaux conviennent
Au Cancer que je suis.
Le temps coule et j'y surnage.

 
AEV 2223-19 Laura - Crabe

 AEV 2223-19 Laura - Une-chambre-a-soi-de-Virginia-Woolf

 J'ai une chambre à moi en ville
Dans un appartement qui se range
Et se dérange comme les mots
D'un poème ; mon bureau-
Bibliothèque me tient lieu
De maison où chaque lieu
De mon paysage a son étage.
Paris a Baudelaire pour voisin
Et l'Orient réveille Nerval.

AEV 2223-19 Laura - Château de KarlsruheNous avons vu ensemble
Châteaux et autres merveilles
Qui sont un bout de mon paysage
Mais chaque jour, de belles surprises
Me guettent dans le quotidien
Et parfois même, je trouve des trésors
Qui nous avaient échappé.


Je ne désespère pas de visiter

De nouveaux pays ; même l'Ermitage russe
Après l'Hermitage d'Amsterdam
Pourquoi pas l'Australie
Si mon genou le veut… ?

AEV 2223-19 Laura - visiter-saint-petersbourg-ermitage

 AEV 2223-19 Laura - Hermitage Amsterdam

 

 

 

7 février 2023

L’Elfe et la sardine / Anne-Françoise

 

AEV 2223-19 Anne-Françoise - Elfe 2

Il y avait une immense forêt.

Dans cette forêt, une futaie de hêtres.

Dans cette futaie, un ruisseau.

Au bord du ruisseau, une taupinière.

Sur la taupinière, un champignon.

C’était là le magnifique palais de l’elfe Gontran 1er.

Un beau jour d’été, il décida de découvrir ce qu’il y avait au-delà de la forêt. Il fit appel à un pigeon voyagiste. Gontran 1er embarqua donc sur les ailes de l’oiseau. Le décollage s’effectua sur un petit pont qui franchissait le ruisseau.

Après quelques heures de vol, le pigeon atterrit sur un rocher d’une petite île au milieu de l’océan. C’était une toute petite île qui ne figurait sur aucune carte vu qu’elle n’avait pas encore été découverte. C’était une île déserte.

Gontran 1er commença par se reposer sur la plage, profitant du soleil qu’il ne goûtait que rarement sous son champignon. Il sortit ensuite sa pelle, son râteau et son seau pour se bâtir un palais : il n’avait malheureusement repéré aucune taupinière ni aucun champignon où il pourrait loger. Le soir, pour se délasser, il alla se baigner. Il apprécia la chaleur de l’eau : celle de son ruisseau était plus fraîche mais meilleure au goût lorsqu’il voulut s’en abreuver. Il nagea la brasse, le crawl et le papillon.

Il fit la planche et ressentit alors de drôles de mouvements dans l’eau. Il y avait là une sardine, aux hanches qui ondulaient langoureusement. Elle avait de longs cils noirs (elle lui apprit plus tard qu’elle avait un mascara waterproof qui était top). Ce fut un coup de foudre pour Gontran 1er. Elle s’appelait Aline. Ils parlèrent longtemps ensemble. Il la regardait avec des yeux de merlan frit, il était séduit par ses yeux de biche.

De retour sur la plage, il traça dans le sable un cœur transpercé d’une flèche. Il y inscrivit les initiales de leurs deux prénoms : Gontran Aline.

AEV 2223-19 Anne-Françoise - Aline 2

Il chercha au fond de son sac et sortit son xylophone rose. Il interpréta un adagio joué piano puis « la Truite » de Schubert qui firent bondir de bonheur le cœur d’Aline. Elle l’invita à finir la soirée avec lui : « Je connais une petite boîte très bien. On y retrouvera toutes mes copines. On risque d’y être un peu serrés mais le patron est aux petits oignons pour nous… ». Gontran 1er et Aline dansèrent toute la nuit. Gontran voulut aller plus loin mais Aline lui dit « Arrête, arrête ! ». Ils passèrent une semaine formidable. Aline lui fit découvrir les beautés de l’île et de l’océan. Gontran 1er, qui rêvait de lui passer la bague au doigt, lui offrit un collier de nacre et coquillages qu’il fabriqua lors des nuits d’insomnie où elle se refusait à lui.

Ils se quittèrent, sans serments ni promesses. Lui avait le mal du pays ; elle voulait rester dans l’océan. Le pigeon voyagiste vint le récupérer. Il retrouva son champignon et ses amis de la forêt.

De temps en temps, il se rappelle Aline, ce bel amour de vacances. Quand il a le cœur trop lourd, il trace sur le sable de la berge du ruisseau son doux visage qui lui souriait et il crie « Aline ! » pour qu’elle revienne.

Mais Aline n’est jamais revenue.

7 février 2023

Retour au pays / Jean-Paul

D 98 05 Burano 25Ce que peut déclencher le rhum de Martinique
Nul ne peut le savoir avant d'être monté
En salle Mandoline et s'il n'a pas goûté
Le poème aux limaces écrit par Dominique.

C'est un voyage en groupe au rythme d'un piano
Qui reste silencieux pendant les mois d'été
Mais de septembre à juin, avec sérénité,
Comme si l'on peignait les murs de Burano,

Les maisons de pêcheurs et les barques légères,
On fait surgir des océans de fantaisie,
On bâtit à Dubaï en signe d’hérésie
Une Maison du vin, on part, on déblatère.

On a laissé la pieuvre et boudé l'Australie
Mais l'on sait tout du roi, de sa prison intime
Et de ses rossignols. Concerto maritime
Dirigé savamment par les didascalies


AEV 2223-19 JK Magritte Love songDe nos stylos surgit comme de la mer Noire
Un trois-mâts fabuleux porteur de poésie :
Ses voiles ont la blancheur des plaines de Russie
Et sur son pont la lune envahit la baignoire

Échappée d'un délire ancien d'une écrivante.
Les mots s'en vont parfois dans le métro magique
Vers Cesson-Sévigné, la ville écologique
Où l'on combat le ragondin qui épouvante.

Des poissons colorés nous emmènent à Vienne
Où l'imagination savoure un chocolat
En regardant valser de jeunes échalas
En ce bal imprévu de licornes et de reines.

Bientôt naîtront de ces flèches sur pages blanches
Des surprises, des mots sortis de leur prison,
Libérés du carcan trop lourd de la raison,
Des histoires : il faut bien, ami·e·s, que l'on s'épanche.

A huit heures survient l'instant de la lecture :
C'est Noël ! Ou c'est Pâques ! C'est joli ! Ça chemine !
Ces chalets de montagne qui ne paient pas de mine...
Mais c'est notre château, l’atelier d'écriture !

31 janvier 2023

Consigne d'écriture 2223-18 du 31 janvier 2023 : Les Incipit d'Emma

Les Incipit d’Emma

 

Choisissez un des incipit ci-dessous pour débuter votre texte et insérez-y au moins trois des mots suivants :

irrationnel – hurluberlu – galipette – farandole – élixir – dodécasyllabe – colloque – youpi ! - torticolis – quiproquo – œuf – manifestation – jachère – lubie – illusion – fulgurance – diapason – colocataire – baratin - vampire – robot – polochon -ogre – nomade – galimatias – fourre-tout – dyslexie – baston - zoulou

***

Ce sont les lapins qui ont été étonnés !

L’année passée, le 22 mars au soir, il m’est arrivé quelque chose d’extrêmement singulier.

Enfin, me voilà rentré après deux semaines d’absence.

Jamais je ne m’habituerai au printemps.

Il était une fois un marchand de coqs qui aimait bien sa femme.

La voix féminine tombe du haut-parleur, légère et prometteuse comme un voile de mariée.

La Première fois qu’Aurélien vit Bérénice, il la trouva franchement laide.

Il y a bien longtemps, dans la bonne ville de S., vivaient une vieille femme nommée Hilda et son chat qu’elle appelait « le chat ».

Vos parents vous mettent au monde, c’est à dire qu’ils vous mettent dans la morale et tout le temps que vous demeurez dans ce tombeau préliminaire, vous êtes bien aimé d’eux.

Vendredi soir j’étais invité à une soirée chez un collègue de travail.

Comment où et quand tout ceci-a-t-il commencé ?

Ce qu’on appelle pessimisme n’est rien d ‘autre que l’art de vivre, l’art de goûter la saveur amère de tout ce qui est.

AEV 2223-18 consigne Incipit 

Vous pouvez également cliquer sur cette image pour voir d'autres incipit et les utiliser s'ils vous inspirent plus.

Ce jeu nous est proposé par notre amie Emma qui tient le blog http://eperluette.over-blog.com/-31 et dont le travail photographique, pictural et vidéographique est toujours admirable. Prenez le temps de le savourer ici et ici et ici.

 

Publicité
L'Atelier d'écriture de Villejean
Publicité
Publicité
Derniers commentaires
Archives
Publicité