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L'Atelier d'écriture de Villejean

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4 avril 2023

M.P. (2) / Jean-Paul

Bon, c’est l'histoire d'un type qui, pareil au commandant à bonnet rouge qui danse le calypso, se couche tôt et, malheureusement pour ses puces, n'arrive pas à trouver le sommeil et donc se tourne et se retourne dans son lit et ce phénomène de non-endormissement dure depuis très longtemps.

Mais le type qui est né sous le signe du cancer ne manque pas d'imagination.

Alors il décide de changer de vie et au lieu de se coller au pieu à huit heures il devient noctambule, se fait inviter chez des aristos de sa connaissance, fréquente des salons bourgeois dans lesquels tout le monde s'extasie devant la musique de Wagner et les tableaux impressionnistes qui représentent les boucles de la Seine, les côtes du Rhône et les paysages verts du Rhin

Et quand il rentre chez lui il consigne dans des récits interminables tout ce qu'il a vu et entendu dans ces soirées ineptes et ses récits de concierge à moustache ont tellement de succès auprès des planqués de la Première Guerre mondiale qu'il obtient même le prix Goncourt et que depuis sa réputation de littérateur confine à la panthéonisation alors que, tout le monde le sait, ce n'est vraiment pas sorcier d'écrire des longues phrases dans lesquelles on se perd car la langue française regorge d'adjectifs précieux, de vocables choisis, de formules alambiquées et même de très gros mots comme « ennuyeux » ou « chiant » ou « nul » mais je me garderai bien pour ma part de les employer à destination de Marcel Proust vu que je suis très content de m'en servir comme tête de turc récurrente.

Curé Proust 2

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4 avril 2023

Une Chanson / Jean-Paul

Bon, c'est un type qui se promène sur une grande avenue à Paris et qui rencontre une fille pas mal avec laquelle il engage la conversation, ayant dans l'idée d'obtenir son 06 et plus si affinités.

Mais la fille ne lui file pas son 06 vu qu'on est dans les années 1970 et que le téléphone portable, le métavers, Tinder, Meetic et Youtube n'existent pas encore.

Alors comme c'est quand même une période plutôt cool avec ambiance musicale Flower Power, Beatles, Rolling Stones, festival de Woodstock et tout ça elle emmène le gars écouter des potes à elle qui jouent de la gratte dans une cave des Champs-Élysées.

Et on se demande bien ce qu’il pouvait fumer à l'époque, Joe Dassin, parce que pour écouter de la vraie bonne musique dans des caves, je suis désolé, mais c'était à Saint-Germain-des-Prés qu'il fallait aller, même s'il n'y avait plus d'après là-bas et pas encore d’after. 

4 avril 2023

H.P. / Jean-Paul

Bon, c'est l'histoire d'un petit bonhomme qui porte un prénom ridicule et un nom de légume pas très bien orthographié et en plus de ça, histoire de mettre toutes les chances de son côté, il est belge !

Mais comme il a des petites cellules grises qui travaillent bien il a vite fait de s'acheter un chapeau melon et de se laisser pousser une petite moustache élégante en vue de se fondre dans le milieu ambiant, à savoir l'Angleterre de juste avant et juste après la deuxième guerre mondiale.

Alors comme il est détective on vient lui soumettre des cas criminels invraisemblables comme des cadavres qu'on retrouve dans la bibliothèque du voisin d'en face, des meurtres qui ont lieu dans un train parti de A à 8 h 47 et qui roule à la vitesse de 90 km heure à la rencontre d'une micheline partie de B à 9 h 12, qui ne fait que du 75 à l'heure et il faut calculer à quel endroit du passé la victime à justifié le fait d'avoir été transpercée de 12 coups de couteau et j'oublie le cas le plus compliqué de tous, le mien, car je me suis tellement emberlificoté dans mon délire que j'ai oublié ce que je disais dans le début de ma phrase - à la relecture, c’est bon je peux m’arrêter là et mettre un point.

Et au bout du compte (conte ?) l'autre mystère non résolu est quand même bien celui de la vie affective et sexuelle de ce personnage d'Hercule Poirot que sa génitrice, Dame Agatha Christie, aurait quand même pu acoquiner avec l'autre esseulée de Miss Marple dans un éventuel « Partouze sur le Nil » ou un affriolant « La Médaille d’or du kamasûtra ».

AEV 2223-26 JP - Agatha et Poirot

4 avril 2023

Un Séjour à Aix-en-Provence / Adrienne

6 avril 2023 E comme Et alors

Bon, allons-y, aux Deux garçons, puisque Tania le conseille.

Mais en y arrivant, on voit que l’établissement est caché par des palissades et entouré d’échafaudages.

Alors on se tourne vers l’autre coin de rue.

Et là qu’est-ce qu’on découvre ? La succursale de CIC était la chapellerie du père de Paul Cézanne, c’est fou, non ?

***

 7 avril 2023 Sept jours à Aix 

Bon, sept jours à Aix, on s’était dit que c’était le moment de faire un saut jusqu’à Marseille.

Mais l’expo au Mucem on l’a vue à Bruxelles.

Alors on reste à Aix.

Et on n’a aucun problème à remplir ses journées ;-)

*** 

 

8 avril 2023 F comme Ferruccio

Bon, s’était-elle dit en examinant le programme, il y a Busoni, tant pis, j’y vais pour César Franck.

Mais c’était bêtise de sa part: elle a été charmée par la sonate n°2 en mi mineur!

Alors dès le lendemain matin, elle a évidemment tout voulu savoir sur cet homme.

Et vous le faire partager, si le cœur vous en dit ;-)

***

9 avril 2023 G comme gâterie

Bon, « noli me tangere » criait cette petite voix qui interdit le gras et le sucré.

Mais voilà, voir DEUX FOIS l’étalage de Riederer en une après-midi a été fatal (1).

Alors l’Adrienne est entrée, Pâques étant une bonne excuse, s’il en fallait une.

Et elle s’est offert quelque chose qui ressemble à ça sauf que c’était chocolat noir, praliné et framboise.

source de la photo ici.

(1) Fatal comme au 17e siècle, « Ma sœur du fil fatal eût armé votre main » c’est-à-dire voulu par les dieux et scellé par le destin et non pas cet autre sens du mot, comme dans ce vers de Mallarmé « J’aimerais être à qui le destin réserve vos secrets. »

Et voilà, en même temps on a répondu aux consignes du devoir de Monsieur le Goût qui s’adaptent fort bien à la pâtisserie, heureusement, vu qu’on n’a rien compris au tableau du jour ;-)

***

10 avril 2023 H comme Hockney

Bon, c’est une expo qu’on aurait pu aller voir à Bruxelles, où elle était avant de voyager vers Aix.

Mais pour un tas de mauvaises raisons, ça ne s’était pas fait.

Alors on l’a vue au musée Granet.

Et c’était si bien qu’on a envoyé des photos à Gabriela, qui enseigne dans une école d’art de la ville natale de Hockney, Bradford.

 

Photo prise au musée Granet, un portrait de Billy Wilder par David Hockney (1976)

Pour une photo de meilleure qualité, voir ici.

***

11 avril 2023 I comme Irénologie

Bon, la porte du jardin était ouverte à la visite et l’Adrienne est entrée pour admirer les arbres, l’arrière de l’hôtel de Gallifet et le mur peint.

Mais elle n’y était pas seule, un homme en chemise blanche, assis sur une chaise de métal, l’a apostrophée d’un « Vous comprenez ce que ce mot veut dire? »

Alors elle lui a dit oui, bien sûr, ça vient d’εἰρήνη, la paix.

Et après avoir répondu à encore trois ou quatre autres questions (C’est la première fois que vous venez à Aix? Vous êtes musicienne? D’où vous venez? Vous restez encore quelques jours?) elle a jugé bon de lui souhaiter une agréable journée et de s’en aller ;-) 

***

12 avril 2023 J comme Jean-Philippe

Bon, l’accordéon, on connaît, avec Yvette Horner et André Verchuren, ça faisait sourire.

Mais Jean-Philippe Rameau à l’accordéon, l’annonce surprend.

Alors on écoute attentivement.

Et ça fait sourire aussi parce qu’on se souvient tout à coup que c’était l’instrument préféré de l’arrière-grand-père, qu’on aimait tellement.

 
Samedi dernier, au Théâtre du Jeu de Paume, à Aix, le jeune homme de la vidéo, Théo Ould, a joué ces deux morceaux.

***

13 avril 2023 K comme Kaput 

Bon, machine kaput, comme on dit ici ;-)

Mais ça ira mieux demain.

Alors c’est une dernière fois en quatre phrases façon krapoverie.

Et un billet L comme Lupin demain!

***

Photo prise à Aix, rue de l’Opéra.

L’Adrienne ne peut pas voir une glycine sans la prendre en photo.

4 avril 2023

Les 3 M. / Walrus

Bon, la réputation des mousquetaires est très surfaite, ils se contentent en réalité de tirer leur coup (de mousquet) vite fait !

Mais papa, Monsieur de Batz de Castelmore, voulait que j'en sois (pas de la jaquette hein, les mousquetaires portent la casaque palsambleu !).

Alors, j'y suis allé ; qu'est-ce qu'on s'est marrés avec les potes et les filles de La Rochelle !

Et je ne me suis arrêté qu'à Maestricht où j'ai ramassé un boulet (d'Edam), la galère !

AEV 2223-26 Walrus - Edam

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28 mars 2023

Consigne d'écriture 2223-25 du 28 mars 2023 : Mots avec ff

Mots contenant la graphie « ff »

 

Voici une liste de 100 mots contenant le son « f » et, assez souvent, la graphie « ff ».

Insérez un maximum d’entre eux dans votre texte pour raconter, au choix :

1 Une journée ordinaire ;
2 Une bataille rangée à bord d’un bateau ;
3 Un souvenir relatif à Paris ;
4 Ce que vous voulez

à donf - affable - affaire – affaler - affamé - affiche – afflux - affolant - affreux - affront – affronter - affûté - baffe - bat’d’Af – beffroi - bluff - bouffardes - bouffe - bouffer - bouffi - bouffon - bourre-pif - boursouflé - buffet - chauffe - chiffonnier - coffre - coiffe - défonce – diffamer – diffus - effacer - effarés – effaroucher - efféminé - effervescence – effet – effigie - effilocher - effleurer – effluve - effréné - effroi - effronté - enchifrené - engouffrer - étoffe - étouffe - famine  - Félix - fieffés - filer - fontaine - gaffe - Gaffiot - infliger - joufflu - kiffer - loufiat - maffieux - mafflu - maroufle - mataf - Mouffetard - moufle - moufter - mufti - nef - offensés – offert - office - officier - offrande - orthographe - Paf  - paraffine – piaffer - pouffe - Raffarinade - raffiot - raffut - ratafia - rebiffer - rebuffade - riflard - ruffian - soif – soiffard - souffle - souffleter - soufflets - souffre-douleur - souffreteux - staff - suffisance - suffoque - Surcouf - taffe - tafia - tifs - touffe – touffue – truffe

AEV 2223-25 Consigne - Le Bouffon

28 mars 2023

Journée ordinaire ? Foutaises ! / Anne J.

Fichtre ! Notre affable animateur nous propose une drôle d'affaire : raconter une journée ordinaire. Je vais devoir réunir mon staff, soit un chat effarouché et moi-même pour en délibérer, à moins que je n'ouvre mon coffre pour y consulter mon Gaffiot entre deux bouffées de ma bouffarde préférée ! Non c'est du bluff, je n'ai jamais fumé !

Serait-ce faire preuve de suffisance que de suggérer qu'aucune journée n'est ordinaire ? Ce n'est pas que je vive ma vie à donf ou que je fasse beaucoup d'affaires mais j'aime a penser qu'aucune journée n'est ordinaire puisque chaque jour qui passe ne reviendra pas.

Hier, par exemple, quand je me suis levée, mon estomac criait famine. On pourrait dire que je me suis levée affamée ; alors j’ai sorti de mon buffet quelques tranches de pain que j'ai tartinées de confiture de fraise, parce que c'est meilleur que la paraffine. Comme j'avais aussi soif, j'ai bu non pas du ratafia mais du thé tout simplement ! Ordinaire sans doute !

Il était presque l'heure d'aller travailler des contes à l'atelier de la Maison de quartier. En passant dans le couloir j'ai vu une affiche : il y avait du théâtre ce soir, une troupe locale bien nommée les éServelés. Je kiffe, je piaffe, je frétille et je m'engouffre dans cette opportunité.

En attendant il me faut encore travailler mon piano et affronter ma nouvelle partition, avec ou sans effroi. Je file m'asseoir sur mon tabouret sans moufter et j 'offre une aubade à Felix, le chat qui se lamente : « C’est quoi, ce raffut ?! ».

Pour souffler un peu, je lui propose une séance de brossage car il a le poil touffu mais il faut faire gaffe car il a la griffe leste, le fieffé loufiat !

***

La pièce de théâtre était très drôle et on a beaucoup ri : une histoire de retrouvailles de vieux de 50 ans, anciens amis de lycée qui se sont perdus de vue et vont à un anniversaire avec son lot de surprises, de bluff, de bonne bouffe. L’un d'eux est devenu gay et a un look effémine, l'autre est un ecclésiastique heureusement pas trop effarouché ni perturbé par les effluves des compagnes, le troisième a une tenue d'officier qui fait se pâmer les filles et suffoquer les pouffes. Il y a aussi une fille dont tous les copains présents pourraient être le père !

AEV 2223-25 Anne J

C'est sans me rebiffer que j'ai rejoint mon lit vers 23 h 30, l’heure a sonné au beffroi. Pour sombrer, pas besoin de tafia !

Une journée extraordinaire comme toutes mes journées, ffalsambleu !

28 mars 2023

Une Journée ordinaire / Josiane

Un matin comme tant d’autres. Dur, dur de s’extraire de la chaleur du lit. Le réveil a déjà sonné deux fois. Félix est sous la douche, il tousse, depuis hier il est un peu enchifrené et ça le rend particulièrement chafouin. Je n’ai pas intérêt à moufter, faisons-nous toute petite et filons à la cuisine préparer le café.

J’aime le bruit du café qui chuchote et cette odeur effleurant mes narines. Et hop! Les tartines dans le grille-pain et ce moment de pur plaisir, les mains autour du bol fumant. J’aimerais que cet instant se prolonge indéfiniment.

 

AEV 2223-25 Josiane - Journée ordinaire 3

Mais, le lion affamé sort de la salle de bain, on dirait un vieux maffieux tant il est de mauvaise humeur.

Stop ! Arrêt sur image, que le temps s’arrête !

Il a les tifs ébouriffés, une touffe de poil s’échappe de son peignoir mal fermé. Je pouffe. Il a l’air d’un gorille avec son torse pileux et sa carrure d’athlète.

AEV 2223-25 Josiane - Journée ordinaire 2Je n’ai pas vu venir la première baffe, déjà la deuxième est en route. Ne pas moufter, laisser la colère s’effilocher, regarder par la fenêtre le beffroi qui se dessine derrière les carreaux. Le coup suivant me fait suffoquer, surtout ne pas broncher, bluffer.

Même pas mal, ces trois mots, comme une litanie dans ma tête. Ne pas le regarder, baisser les yeux. Je sens son souffle haletant et je devine sa colère. Son coup de poing me terrasse, je ne suis plus que souffrance, en attente du prochain coup. Je me laisse glisser sur le sol.

Mon café doit être froid, le beffroi égraine ses coups, je les compte. Un, deux, trois, quatre, cinq, six, sept.

Il est sept heures, la journée vient seulement de commencer.

28 mars 2023

Un Sentiment diffus / Jean-Paul

M’appartient-il de jouer les vierges effarouchées ? Dois-je faire gaffe à mon vocabulaire autant qu'à mon orthographe, éviter de diffamer le mufti et ses affidés ? Enfiler des moufles pour évoquer les boursouflés du beffroi qui nous gouvernent ?

Il me semble que cette liste de mots dans lesquels figure la graphie « ff » offre une occasion sans pareille d'aller affronter un certain nombre de fieffés ruffians, de tailler dans la plus belle étoffe du vocabulaire un costard à des loufiats du capital, d'infliger un affront à des officiers d'un État peu civil dont la suffisance est coincée sur le curseur « à donf ».

AEV 2223-25 JK - Zidane

Or moi je suis quelqu'un dans le genre de La Fontaine : je suis un homme affable. S'il faut se défoncer sur un ring, aller au bourre-pif sur un terrain de foot ou, pire encore, aller tuer tous les affreux, ça ne me fait rien du tout d'être traité de tafiole, de dégonflé, d’efféminé ou de souffreteux du moment que je peux décliner l'offre de castagne !

Les batailles de chiffonniers, les échanges de coups de riflards avec des anciens des bat’d’Af, la distribution de baffes aux bouffis, aux joufflus, aux mafflus et aux maroufles, très peu pour moi ! Pas envie de jouer les Battling Joe en haut de l'affiche ! S'il faut se rebiffer contre les caves du Vatican, s'il faut faire leur affaire aux mafieux, s'il faut foutre des coups sur la truffe des gardiens de la paix qui préparent la guerre en raison du proverbe « Si Vis Parker para bel homme » comme on disait autrefois chez Maxime Le Forestier à futaies affûté et dans les pages roses du dictionnaire latin de Félix Gaffiot, alors dites-vous que je n'ai rien dans le coffre et que je suis trop enchifrené pour prendre quelqu’un ne serait-ce qu'en grippe.

C'est affolant d'ailleurs comme en matière de testostérone ma structure crie famine ! Pour tout vous avouer, je suffoque à la simple idée d'un soufflet qui ne soit pas au fromage, je m’effiloche quand le bourreau fait son office et chauffe le bûcher dans lequel étouffera Jeanne d'Arc, je m'affale sur le sol quand on brandit une effigie de pendu ou de guillotiné.

Quand ça effraie, que ça piaffe, que ça souffle dans les bronches, soufflète dans les tronches, quand ça se bouffe le nez, quand ça effervesce, que ça tourne à l’effréné, au raffut, à l'effroi, quand le rafiot prend l'eau ou lorsque la nef est en feu, par Notre-Dame, je m'efface, je file, je pars en fumée !

C'est bien simple : l'étendue de mes rebuffades devant toute violence est si touffue qu'il y a des jours où, carrément, je me donnerais des baffes !

Par contre pouffer de rire devant l'afflux de bouffonneries qui me viennent sous la plume le mardi soir en salle Mandoline, ce n'est pas du bluff mais ça, je kiffe !

21 mars 2023

Consigne d'écriture 2223-24 du 21 mars 2023 : Christian Bobin

Christian Bobin

 

Dans son livre « Un bruit de balançoire » le poète Christian Bobin organise ses "chapitres" sous forme de vingt lettres. 

Dans le tableau ci-dessous, nous avons relevé le destinataire, l’incipit et la dernière phrase de douze de ces lettres. A vous de les conserver tels quels et d’écrire, dans le style d’un poème en prose, ce qui se trouve entre les deux. Vous pouvez écrire une longue lettre ou plusieurs lettres courtes. 

Destinataire   Première phrase Dernière phrase
Chère inconnue L’été est incohérent Le coeur, cette défaite prodigieuse.  
Frère nuage La vie de mon père a commencé de se défaire comme toi Aucun chef-d’oeuvre ne m’a donné autant de paix à part toi, petit nuage , à part toi.  
Marina Je suis resté des années à ta porte, je n’osais pas entrer J’aimerais offrir à la poétesse la robe rose dont elle a rêvé toute sa vie.  
Monsieur le forestier Les arbres, chose inhabituelle, se taisaient. Deux dominicains à table. Dieu reprend du melon.  
Mère Comment as-tu formé ma tête dans le secret de tes entrailles ? D’ailleurs je n’ai guère d’autre titre à l’existence.  
Monsieur le coucou Il y a du jaune dans ton chant J’accepte de tout perdre et que, dans le temps passager de cette perte, le nid d’hirondelle que j’ai dans la poitrine soit vide, vide, vide, féeriquement vide et appelant.  
Cher ami Mais pour mériter ce nom de cher ami il vous faudra aller au bout de cette lettre Et qui sait, peut-être nous verra-t-on un jour ensemble dans les rues de cette ville, incroyablement souriants.  
Jeunes gens de Lodz La lune brille entre les branches d’un arbre comme un ballon d’enfant lancé trop fort Le grincement d’une balançoire vide résonne jusqu’à la fin du monde.  
Nadejda Viens t’asseoir à côté de moi me parler de ton homme Toi et tes sœurs éternelles, je te salue, Nadejda.  
Vieil escalier Si ce monde n’est que muraille, cette muraille a des lézardes…   Christian ne viendra pas, ce soir. Il rêve.  
Madame Vous m’avez demandé ce que c’était que les anges Les rails rouillés du ciel et le tramway d’un songe qui me traverse, avec personne à bord.  
Cher fantôme Depuis combien de temps sommes-nous ensemble ? Nous sommes des petites gouttes de pluie qui prennent le train sans billet jusqu’à l’éternel qui est ceci, ici, maintenant.


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