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L'Atelier d'écriture de Villejean

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8 juin 2021

Souvenirs de l'Aube / Laura

Cannelle est née dans une clinique comme beaucoup de personnes mais sa maison, enfin la maison de ses parents (puisqu'il y a quelques années, ils lui ont interdit d'y rentrer,  elle ne sait toujours pas pourquoi) est sise dans l'Aube (du nom de la rivière qui traverse ce département) à quelques centaines de mètres du canal de la Haute-Seine.

Que ce soit pour aller faire des courses ou aller en ville, à son collège et lycée, elle traversait le canal. Par contre, elle n'a jamais mangé au bord du canal bien qu'il y ait un restaurant depuis quelques années sur le canal. De toute manière, on ne faisait pas ce genre de choses dans sa famille. Aujourd'hui où, partout, on se réapproprie les quais, il y a peut-être plus de choix et puis c'est la mode des terrasses même dans les régions comme la sienne où la météo n'est guère clémente. Cannelle est donc née dans une ville d'eau même si on dit plutôt ça pour des villes de cure.

Cannelle est d'un signe d'eau et aime l'eau : la regarder et même marcher sous et dans la pluie qui est abondante dans sa région d'origine et souvent l'Aube déborde. Les champs inondés sont un paysage courant au printemps et à l'automne dans l'Aube.

AEV 2021-34 Laura - Canal de la Haute Seine

 

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1 juin 2021

Consigne d'écriture 2021-33 du 1er juin 2021 : Au bord du Maroni

Au bord du Maroni

 

Nous sommes au bord d’un fleuve ou d’une rivière. Ecrivez ce que vous voyez, entendez, pensez et ce dont vous vous souvenez.

Ecrivez sur votre perception des fleuves et des rivières en évoquant (ou imaginant une fiction à partir de) vos souvenirs de résidence, voyage, balade, navigation, baignade, pêche, noyade, sauvetage au bord de l'eau courante.

Consigne tirée du livre "Le Goût des mots" d'Odile Pimet. - Matoury : Ibis rouge éditions, 2004 (P. 75)

210516 285 010

1 juin 2021

Au bord du Cher / Josiane

AEV 2021-33 Josiane - Cher


Le Cher aux eaux tranquilles
Frissonne doucement,
Une branche de saule
Se balance au vent.

Les ajoncs sont dociles
Et prêtent aux papillons
Une tige gracile
A leurs ailes d’argent.

L’eau murmure à l’écluse
Et s’arrête le temps.

1 juin 2021

Au fil de l'eau / Anne J.

J’ai commencé mon voyage de petit bateau de papier sur le canal de Nantes à Brest, jeté à l’eau pas très loin de Rohan.

AEV 2021-33 Anne J Rohan

Tout au bord du canal, derrière un rideau d’arbres, il y a un petit camping et c’est là que j’ai vu le jour, un camping où les papys et mamies passent tous leurs étés, les papys à la pêche pour avoir la paix et les mamies dans leur fauteuil pliant avec le chien tenu en laisse par les bras du fauteuil. J'ai déjà descendu les échelles de Glomel en essayant de ne pas sombrer et c’est là que j’ai rencontré des cyclistes qui pédalaient vaillamment et même une petite fille brune qui se donnait à fond contre la promesse de lire le deuxième tome de Harry Potter. Plus près de Nantes, j’avais essuyé un bel orage, un peu après Malestroit. C’est là que j’en ai vu trois de ces cyclistes-campeurs qui sifflaient une limonade d'un seul trait après 30 kms. Le soir j’ai bien cru que je ne pourrais pas dormir, il y avait soirée karaoké et l’animateur déchainé n’en finissait pas de reprendre les refrains. Mes campeurs, eux, gavés de nouilles aux sardines et fatigués par leur parcours, dormaient à poings fermés

201231 Nikon 019

 

Au fil de l’eau, voilà maintenant Pont-de-Carhaix, Coblant, Châteaulin et bientôt la mer, la vraie, mais je ne me sens pas encore prêt pour la grande aventure de ma vie, la traversée de l’Atlantique, alors je décide de m’accorder une pause dans un petit coin tranquille, au bord de la rivière de Lannion. Je musarde dans le Léguer, des marcheurs tranquilles avec ou sans bâtons, des paysages de vases et de vallons boisés, des nuages, des oiseaux de mer, un ciel bleu, ou un ciel gris, une odeur de mousse et de bois flotté.

En route pour la grande Traversée de l’Atlantique et après des jours terribles de vagues énormes, de vents et de tempêtes, de mal de mer et de monstres marins voilà qu’apparaît, immense et large, le grand Saint Laurent. Sur les pas de Jacques Cartier, j’entre après avoir jeté un œil aux superbes iles de La Madeleine, terres basses et rouges. Le danger du moment ce sont d’énormes méduses brunes qui flottent partout, je manque de rester là, encerclé par leurs tentacules venimeux.

Le débat est vif autour d’une bière locale : est-ce un fleuve ou est-ce la mer ? Les habitants du lieu l'appellent la mer à partir du moment où le goût devient salé. C'est vrai qu’on ne voit pas la rive en face, qu'il y a des marées et qu'il faut des heures pour le traverser en ferry mais pour moi c'est toujours un fleuve !

Un arrêt à Gotbout pour faire mémoire du grand Gilles Vigneault ; il paraît qu’il s’arrêtait toujours là pour faire une halte dans sa route vers Natashquan. Dans cette petite anse protégée par les collines je me sens bien. J’aperçois deux touristes qui bricolent les moustiquaires avec du sparadrap dans la vieille maison. Il faut dire que les moustiques sont féroces ce soir et on m’a dit que la fille est une étrangère qui ne supporte pas les moustiques. Et les petites moustiquaires sont en piteux état !

AEV 2021-33 Anne J baleinesJe m’apprêtais à faire la grasse matinée ce matin quand j’ai vu entrer avant le lever du jour ma première baleine. Elle s’est attardée dans le port bien après le départ du traversier du matin pour la plus grande joie des spectateurs. Mais comment dormir avec ce monstre qui souffle et qui plonge en faisant des grands remous partout ?

Allez, en route vers Tadoussac et la rivière Saguenay ! Là j’ai bien ri en voyant l’aventure de deux apprentis kayakistes sur le fjord. On leur avait promis une petite balade tranquille par cette une journée grise et orageuse. Les voilà partis pour une virée paisible, sur une mer d’huile, avec un accompagnateur chevronné. Tout allait donc pour le mieux quand, arrivés au milieu du parcours, se pointe un orage. Les eaux tranquilles font un petit clapot puis des vagues qui bientôt passent par-dessus le Kayak.

- Il faut garder le bateau face aux vagues et tenter de gagner une anse à l’abri ! hurle le moniteur par-dessus le bruit du tonnerre.

Moi aussi j’ai peur pour ma vie, mais ca ne dure pas. Et pendant que je sèche un peu avant de reprendre ma route vers Montréal, j’assiste à la scène la plus drôle du voyage : l’un des kayakistes veut prendre une photo mais c’est long, ces bateaux-là, pas comme moi.
- Recule un peu, dit il à son comparse.
- Je ne peux pas, dit l’autre empêtré dans ses pagaies, recule-toi
Et le porteur d’appareil photo se penche un peu en arrière et hop, grand soleil, tout le monde à la baille dans une eau à 10 degrés et avec une profondeur de 30 mètres.

Tout a bien fini mais je ne pense pas qu’ils aient eu des photos de l’aventure ni que l’appareil ait survécu.

J’ai continué ma route. Après Québec, je suis passé au large de Rimouski et de Rivière du Loup, j’ai fait un arrêt pour déguster des pancakes à la maison du général, doublé l’Île d’Orléans et voilà qu’au loin on voit les tours de Montréal. C’est beau, j’en ai plein les mirettes.

Ma mission s’achève au bord du canal Lachine, chez un certain François qui collectionne les bateaux de papier journal, il lui manquait un petit bateau fait avec « Le Trégor », voilà qui est fait !


Et finir dans une malle avec plein de journaux de tous les pays du monde, c’est une belle fin pour un petit bateau de papier journal : je ne vais pas m’ennuyer !

AEV 2021-33 Anne J

 

1 juin 2021

L'eau de vie ou de mort / Maryvonne

AEV 2021-33 Maryvonne - OpheliaSans doute je périrai par l'eau, mais ça ne me rend pas triste parce-que je l'aime.

Au moins trois fois déjà j'ai échappé à la mort par noyade. La première fois c'était lors d'un pique-nique en famille au bord de l'étang de Guipel à La Plousière.

Il me faut pour vous narrer l'affaire plonger dans une onde aussi mouvante que notre mémoire peut l'être et sortir mon épuisette à souvenirs. Annie Ernaux dit : «Dès que l'on écrit sur soi, le choix des mots, c'est déjà de la fiction».

Une partie de pêche entre famille et amis suivie d'un pique-nique plantureux, voilà un plaisir simple qui était à la portée de tous. Ce jour-là avec mes parents, des amis et le vieux directeur de l'école nous cochions toutes les cases du bien-être au bord de l'eau. La sieste était incontournable et toutes ces personnes si dignes, si correctes étaient là, étalées gentiment dans l'herbe à l'ombre de grands arbres protecteurs. Je n'ai jamais aimé la sieste, ni la faire, ni la regarder. Sans le vouloir leur désertion m'ouvrait la porte de la liberté. J'en profitai pour braver les interdits, explorer la rive pentue de l'étang, courir à la limite de l'eau qui par traîtrise m'avala d'un coup. Le diable des étangs qui me tira par les pieds ce jour-là savait-il que je n'avais pas le droit de me baigner après le déjeuner ?

C'est le plus âgé, l'ancien directeur de l'école qui s'aperçut de mon absence et d'un coup d’œil encore bien vif me vit la bouche ouverte comme un gardon au fond vaseux de l'étang. Alerte générale, sauvetage rapide. Me voilà pêchée ou repêchée dans un état peu frétillant.
Ma mère courut au bistrot du coin quérir couverture et alcool. Elle me déshabilla prestement de ma petite robe rose et me voilà nue au déjeuner sur l'herbe. Monsieur Manet, que n'étiez-vous là avec vos pinceaux pour immortaliser la scène ?

AEV 2021-33 Maryvonne - manet-le-dejeuner-sur-l_herbe-sculpture-parody

Elle me frictionna avec l'eau-de-vie, moi qui venais de sortir de l'eau de mort. Mon corps sentait le grog qu'elle servait à ses clients les soirs d'hiver. Heureusement que personne ne craqua une allumette à ce moment-là j'aurais pu flamber comme une gamba. Néanmoins je me réchauffais et, pressée de questions par l'entourage, je déclarai avoir voulu aller cueillir un nénuphar. Cette explication vaseuse m'impose une réflexion : j'avais voulu soit tâter de la poésie soit tester la résistance de l'eau . dans les deux cas ça prouvait juste que j'avais une intelligence de poisson.

Je ne vais pas vous noyer dans toutes mes noyades sachez seulement que la deuxième fois c'était au cours d'une pêche aux têtards dans une carrière profonde qui servait aussi de lavoir avec une planche savonneuse qui fit toboggan. Plouf ! Je fus sauvée par mes amies.

La troisième fois c'était lors d'un bain en mer où je n'arrivais plus à nager contre un courant très fort et où mes forces diminuaient. C'est un autre baigneur plus expérimenté qui est venu à mon secours.

Pourtant je me suis baignée partout dans le monde, l'eau m'attire et me procure du bien-être. Je me méfie juste des nénuphars.

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1 juin 2021

Mes fleuves / Laura

La Seine de mon enfance
Souvent troublée par les fréquentes
Pluies sous lesquelles
J’aimais danser en rentrant de l’école.

Autrefois teintée par les rejets de teinture,
Est-elle redevenue un paradis de pêche
Alors que les usines sont au purgatoire ?

Trois années sans la Seine
Qui coule très bien hors de ma présence.

AEV 2021-33 Laura - La Seine


La Garonne de mes études tardives,
Si belle sous le soleil de Toulouse
Et ses pierres roses ; mes lectures
Suivaient ton cours de reine.

O Garonne, ô mon pays, ô Toulouse*
Chaque fois que je viens à entendre
Ce chant d’amour, le Canal du Midi de mes larmes
Menace d’inonder mon âme. 

Le Rhône majestueux de mon « voyage
En Orient » avec Nerval, passage
Essentiel entre le Nord et son rêve.
Rêve de soleil des touristes.
Le Rhône, mon paysage
D’aujourd’hui encore.
Et tous les fleuves
Que j’ai lus et que j’imagine.

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1 juin 2021

Wódka, nie woda ! / Jean-Paul

AEV 2021-33 Jean-Paul Deûle

Tout le monde n’a pas eu la chance d’avoir des parents communistes, paraît-il, ni de naître dans un pays où le plus sympathique des trous de verdure où coule une rivière s’appelle le canal de la Deûle.

Avec une partie de la famille originaire de Hasnon (prononcer «Ah non» comme dans «Ah non, alors !») j’aurais pu protester et réclamer une installation plus poétique sur les bords de la Scarpe, de la Lys ou de l’Escaut tout proches. Mais je n’avais pas voix ni voie d’eau au chapitre.

Alors quand ma vie a suivi son cours et que j’ai pu naviguer de mes propres ailes ou plutôt rames, j’ai fait comme tout le monde et je suis monté à Paris voir si la Seine coulait encore sous le pont Mirabeau. Elle y était bien mais si j’en crois le Jeu des mille euros elle aurait dû s’appeler l’Yonne. Et pour ce qui est des gens du Nord je crois qu’il faut dire qu’on descend à Paris.

Evidemment, lorsque vous habitez la capitale et que vous avez vingt ans vous vous en fichez de la Seine. Les seuls ponts qui vous intéressent sont ceux du mois de mai. Les moustiques du Maroni, même s'ils ont depuis émigré jusqu’au Rheu, vous font aussi peu d’effet que les bateaux-mouches qui zonzonnent au pied de la tour Eiffel.

AEV 2021-33 JK 170714 Nikon 153

Même Georges Perec qui fut plus longtemps parisien que moi n’était jamais monté à bord de ces pièges à touristes. Mais puisqu’il est question de liquide aujourd’hui, j’admets que j’ai le crachat facile. N’ai-je pas succombé pour ma part, par amour du dérisoire, à la croisière sur la Meuse célébrée autrefois par le «Clair de Lune à Maubeuge» de Pierre Perrin ?

Et le summum du paradisiaque n’est-il pas encore à mes yeux le parcours en vaporetto de la plus belle avenue du monde, le Grand canal à Venise ? Mais, c’est vrai, ce n’est pas un cours d’eau, juste une voie de passage dans une cité lacustre, ça ne compte pas. Et puis maintenant avec Air Biènbi, les paquebots de croisière géants et le tourisme de masse, je ne suis pas loin de penser avec Charles Aznavour et Françoise Dorin que c’est triste, Venise.

AEV 2021-33 JK jpa jpi jojo à TenceBien sûr, dans la photothèque familiale, il y a bon nombre de rivières dans lesquelles pêchaient le père et le grand-père, dans lesquelles baignaient les enfants. Sur la photo de Tence, dans la Loire, mon frère, mon oncle et moi faisions flotter des petits bateaux ou pêchions à la casserole de tout petits alevins, bien sûr non comestibles : il est bien connu que quand l’alevin est tiré il ne faut pas le boire.

Sont-ce dans les gorges de la Dordogne qu’était situé le pont de fer près de Messeix ou Bourg-Lastic? La famille se posait là l’après-midi, on se baignait dans la rivière avec le cousin instituteur, sa femme et ses enfants. S’il y a bien quelque chose de typique dans le monde de «Bienvenue chez les Ch’tis» c’est cet amour de la vie en tribu. Si on a trouvé un coin à champignons, on y emmène tous mes copains. Si on a dégoté un endroit plus joli que le canal de la Deûle – un plan pas trop difficile à réaliser en fait -, on y installe toute sa famille ! Ce camping de Cabasse, sur les bords de l’Issole, il en aura vu défiler, des gens du Nord ! Et même de Bretagne ! Je rêve encore de ce petit vin de Provence, du domaine de Campdumy, propriété de la famille Gavoty dont le patriarche, Bernard, était un critique musical renommé. Les routes parcourues à vélo, le lac de Carcès, la côte d’Entrecasteaux, le petit soleil de ce 1er juin et le silence environnant mon jardinet - shrubbery chez Sacré Graal ! - m’y ramènent en esprit.

09 Sablé - Pénichette sur la Sarthe avec l'église en fond (vue depuis l'écluse) 1992 03 08 (4 de 4)Et puis après de mon côté commence le grand recueil photographique de l «Apologie des villes d’eaux». Reprendrez-vous de mes délicieux «Morceaux de Sablé en vrac entremêlés de quelques aperçus de Solesmes» ? De mes «Dix sonnets à la gloire de Bruges» ? Aux petits bonheurs de la Sarthe j’ai dédié quelques poèmes, des aquarelles et des tonnes de diapositives. Sur la capitainerie du port de Sablé-sur-Sarthe j’ai immortalisé des dizaines de pénichettes, des barques à Solesmes ou à Morannes, capté des brumes, des reflets et même vu la glace en couvrir la surface d’une pellicule blanche.

Las ! J’aimais tant la rivière qu’elle a débordé de reconnaissance à mon égard et s’est invitée dans notre maison. Ca s’appelle une inondation et ça n’a pas vraiment plu à mon épouse ni à mes enfants. Nous avons quitté la rue du Petit port et depuis nous n’habitons plus qu’un 1er ou deuxième étage à bonne distance des rivières environnantes.

Bien sûr, au fil de nos voyages, sans être allés jusqu’aux rives du Maroni, nous avons vu l’Arno sous le ponte vecchio, Florence en 2002 à la place d’Amsterdam, écartée pour cause d’hôtels pleins à cause d’une grande exposition Van Gogh.

J’ai connu la Seine à Rouen, la Garonne à Toulouse, l’Isar à Munich, l’Aulne au bout du canal de Nantes à Brest, l’Odet à Quimper, la Loire et ses châteaux, le Loir à La Flèche, le Léguer à Lannion, la Dordogne à Brantôme, Le Rhône et la Saône à Lyon, la Moldau (Vltva) à Prague dans un camping avec feu de camp à deux mètres de notre tente avec force buveurs de bière à rôts sonores (les Tchèques ne viennent jamais sans provisions).

Il en manque plein, bien sûr, de ceux qui servent aux mots croisés, l’Ob et l’Ienisseï, l’Aa de Petit Fort-Philippe. De ceux qui sont plein d’esses et regorgent de pets comme le Mississippi. De ceux dont l’environnement a fait littérature, du «Don paisible» au bas-pays de la plaine du Pô cher au Don Camillo de Giovanni Guareschi dont je me régale en ce moment.

Mais je devrais m’arrêter-là dans mon lyrisme. Je n’ai pas vraiment de quoi tirer fierté de ce périple, de ces randonnées, de ces pédalées, de ces séjours dont je suis revenu sans trous rouges au côté droit mais où je me serai aM(e)usé beaucoup plus que Rimbaud.

Parce que voyez-vous, quitter le canal de la Deûle pour venir se poser au bord de la … Vilaine, je ne vois pas vraiment où est le bénéfice !

En plus il y a en Bretagne autant sinon plus d’alcooliques que dans les Hauts de France. Qu’est-ce qu’ils ont tous ces gens à ne pas aimer l’eau ?

Je lève quand même mon verre à leur santé. Si, si, c’est de l’eau. De l’eau-de-vie !

25 mai 2021

Consigne d'écriture 2021-32 du 25 mai 2021 : Problèmes

Problèmes

 

Au dos des cartes de la 1ère série, on peut lire ceci :

"Qu'est-ce qu'un problème ?

1. C'est ce qui surgit lorsqu'on prend conscience d'une différence significative entre une situation réelle et une situation souhaitée

2. C'est la présentation d'alternatives dont le choix oriente l'action."

(cliquez sur les cartes pour les agrandir)

AEV 2021-32 Problème 07

AEV 2021-32 Problème 10

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AEV 2021-32 Problème 13

Sans titre-1

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AEV 2021-32 Problème 02

AEV 2021-32 Problème 12

Ces cartes "générateur de problèmes" étaient mises à disposition lors des "Atelier de Renness, biennale d'art contemporain" en 2008.

Choisissez une carte. Le projet du générateur de problèmes est de révéler des écritures prenant en compte le travail, thème des Ateliers de Rennes.

Enoncez un problème en réponse à celui qui est inscrit sur votre carte ou à partir de votre propre expérience.  Vous devez (pouvez) utiliser ensuite une carte de la série paysages et une carte de la série images pour étayer votre argumentation ou votre questionnement. Ou écrire ce que vous voulez à partir de tout cela, comme à l'habitude !

Paysages

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Images

AEV 2021-32 Image 02



 

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25 mai 2021

Art et travail / Adrienne

AEV 2021-32 Paysage 08

Tout était en l’air au château de M**l*ns*rt. Dupont et Dupond, le capitaine et Tintin allaient et venaient, montaient et descendaient l’escalier, couraient dans les corridors, heurtaient Nestor, dérangeaient le professeur Tournesol, cherchaient Milou. Bianca Castafiore et Irma soupiraient devant toute cette agitation qu’elles ne partageaient pas, habituées qu’elles étaient aux séances d’habillage, de maquillage et à l’effervescence des plateaux de cinéma ; elles étaient assises dans un salon qui donnait sur le chemin d’arrivée et pouvaient voir que chevaux, calèches et figurants étaient déjà en place.

De minute en minute, Tintin ou un de ses amis passait la tête à la porte et demandait :

- Eh bien ! Toujours pas de nouvelles de Milou ?

– Rien de ce côté, répondait le Rossignol milanais sans même regarder.

AEV 2021-32 Problème 08

Elle était plongée dans un magazine, assez satisfaite de la façon dont le journaliste avait repris ses mots sur l’art et le travail : "Mon travail, c’est de l’art", lui avait-elle dit et la rédaction avait choisi de mettre cette petite phrase en gros titre, accompagnée d’une photo de son meilleur profil.

Oui, elle était satisfaite.

AEV 2021-32 Image 04

Finalement, le seul à n’avoir pas été à la hauteur, c’était son violoncelliste.

Mais elle en avait l’habitude.

25 mai 2021

Question / Eliane

AEV 2021-32 Problème 11

« C'est pas parce qu'une œuvre prend beaucoup, beaucoup de temps qu'elle aura forcément beaucoup de valeur" pense-t-on à l'école élémentaire Joseph Lotte de Rennes.

La mosaïque sur le sol de Dominique a pris énormément de temps. Temps que nous n'avons même pas eu le courage d'évaluer. Des minutes, des heures... Mais, mis à part l'esthétisme, cela n'a pas énormément de valeur. Cette œuvre ajoutera-t-elle une plus-value à la maison si Dominique décide de la vendre ? Peut-être, mais sans commune mesure avec le temps passé à la réaliser.

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AEV 2021-32 Paysage 04Voyons plus grand. Le château de Chenonceau sur le Cher a sans conteste une grande valeur, comme tous les châteaux de la Loire et plus largement comme tous les édifices classés qui font partie du patrimoine. On imagine que bâtir ce château a pris beaucoup de temps. Les ouvriers ne disposaient pas, comme c'est le cas aujourd'hui, de grues, de bétonneuses et autres engins de chantier. Ce travail a dû vraiment être très laborieux.

Mais imaginons qu'il ait été érigé très vite, quelques semaines, voire quelques mois, pas plus. Ce château aurait-il moins de valeur aujourd'hui ?
Sans doute pas. Ce château a été bâti en deux temps. D'abord la partie la plus massive, carrée sur le bord de la rivière. Il fut offert par le roi Henri II à sa maîtresse, Diane de Poitiers.

La reine Catherine de Médicis n'était pas franchement contente de cet état de fait. Aussi quand Henri II mourut au cours d'un tournoi et que Diane, plus âgée, mourut à son tour, Catherine se réappropria le monument et fit construire la longue arche qui enjambe le Cher.

Et voilà notre château riche de son histoire. Histoire qui n'a rien à voir avec le temps passé à le construire. Sans compter que sa valeur est augmentée par les tableaux, sculptures et meubles d'époque dont est riche son intérieur.

Et le mariage ? On pourrait dire que le mariage est une œuvre construite pas à pas avec patience et beaucoup de concessions. La construction ne s'arrête jamais et peut durer très, très longtemps. Chacun des partenaires doit y contribuer en veillant toutefois à ne pas se perdre soi-même au cours du chemin. Il faut prendre son temps, ne pas bâcler les étapes au risque de voir l'édifice s'effondrer.

Qui a dit : « Aimer ce n'est pas se regarder l'un l'autre. C'est regarder ensemble dans la même direction. » ? Le mariage est une œuvre à part, on ne sait pas très bien quelle en est la valeur.

Un certain Jean-Pierre Collet a dit, sans doute à propos de sa propre union :

AEV 2021-32 Image 06« Pendant des années
Nous nous sommes aimés
Je veux dire, ce me semble
Puisque nous avons regardé ensemble
Dans la même direction,
Celle de la télévision. »

Pessimisme, routine, manque d'imagination ?
Sûrement un peu de tout cela, mais le couple dure, peut-être est-ce l'essentiel ?

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