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L'Atelier d'écriture de Villejean

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7 septembre 2021

Le Sel de la vie / Anne J.

V ivre sans se soucier de demain
vagabonder dans les petites rues de Trebeurden avec M et ses souvenirs d'il y a 40 ans
voir le soleil se coucher dans la mer à l'ile Vierge

A accueillir les amis qui arrivent
attendre dans l'odeur de la crêperie la galette commandée
admirer la nouvelle tapisserie de mon couloir faite par une experte

C ueillir les cassis chez mon ami R
contempler la nuit par la fenêtre dans une cabane perchée

A ppuyer sur le bouton de la douche au camping et obtenir de l'eau chaude alors qu'on n'y croyait pas
aspirer la glace qui coule du cornet sur le port de Perros

N nager dans la mer verte et froide avec des amies qui découvrent l'aquagym


C âliner le nouveau chaton de B
commander un plat dans un resto
croiser les voisins du camping en pyjamas et les saluer

E couter les chanteuses bulgares à Minihy
s’émerveiller des yeux des enfants écoutant les contes
entendre de la musique bretonne au fest noz et se mettre à danser

S e lever au camping quand tout dort encore
s'allonger dans la largeur du lit, le trouver trop court et attraper le fou rire
sentir la confiture de fraises qui mijote
savourer le picotement de la peau qui se réchauffe après le bain


Et tant d'autres choses encore...

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7 septembre 2021

Le Sel de la vie / Marie-Thé

Capture

Partage

Lorsqu’il pose la main sur mon épaule,
ne serait-ce qu’un instant,
le temps s’arrête ;
coule alors en moi un désir d’éternité.

Douche

De bon matin,
l’eau froide ruisselle le long de mon corps nu,
le savon embaume,
glisse, caresse ma peau qui frissonne ;
mon esprit s’éveille, mon sang bouillonne,
le jour se lève.
Surgit en moi de l’appétence pour cette journée qui démarre.

Lecture

Sur l’Ile de Cuba je tremble pour Horacio emprisonné sans raison.
En Caroline du Nord, je suis bien avec Kia la fille des marais et Tate, le garçon qui l’a sauvée de sa condition.
Quelque part en Angleterre, j’ai de la compassion pour Eleanor qui cherche à découvrir le secret de sa mère emprisonnée.
Au Japon, je comprends la fille de la supérette, heureuse, dont la seule ambition est de présenter ses marchandises harmonieusement.
Voyager, trembler, pleurer, rire, rêver.
Découvrir d’autres vies que la mienne, parler, partager.
Pendant la lecture arrivent en moi des émotions qui me submergent, enflamment mon imaginaire.

hulot

Avant les vacances

Le bonheur se profile à l’horizon ;
du temps pour soi, de la beauté à découvrir, des bains, des randonnées,
du farniente, des barbecues, de la vie au grand air,
des images du bien-être parfait me galvanisent.

Pendant les vacances

Passer les embouteillages,
trouver le bon endroit, s’installer, s’énerver (un peu)
puis enfiler son maillot,
fendre les vagues, se laisser balloter par les remous
et enfin s’étendre au soleil sur la plage.
Elle est pas belle la vie ?

Après les vacances

Profiter encore et encore de quelques beaux week-ends pour s’évader,
voir et revoir les photos des corps bronzés sur la plage,
d’un petit village perché très haut dans la montagne,
d’un pique-nique dans un cadre idyllique, près d’un lac,
là où le sandwich était aussi délicieux que dans un restau 3 étoiles.

Françoise Héritier, dans son roman, évoque le sel qui donne du goût à la vie ;
j’ajoute le poivre pour le piquant et l’excitation que celui-ci provoque.

7 septembre 2021

Erquy, l'air qu'il vous faut / Maryvonne

2122-01 Maryvonne Erquy 1 réduite

Ah ! Les vacances... Partir en disant que l'on va se reposer, lire tout son soûl, nager, manger léger, marcher dans de beaux paysages. Tout cela est vrai. Le premier jour j'entre dans notre appartement nickel. Tout est en place, la lumière coule à flot par la grande baie vitrée qui ouvre sur l'anse du port. La mer est là, prête à me lécher les doigts de pieds. J'ouvre les valises où tout est bien propre et bien plié. Je sors vite les grandes serviettes de bain moelleuses, elles sentent bon, l'appartement n'est pas humide, il y a à l'étage en dessous un couple à l'année qui nous chauffe le nid.

C'est la béatitude. Profitons, profitons.

2122-01 Maryvonne Erquy 2 réduiteTrès vite, comme chez moi, je me retrouve devant mon évier, mon four, mon lave-linge, j'accompagne mon balai, mes éponges et mes chiffons dans leurs tâches.

Mais non ce ne sont pas des vacances à l'amer, je vous dis très fort : « Je ne pleure pas la bouche pleine. » Il n'y a qu'à se retourner et profiter d'une vue à couper le souffle. Ce souffle d'Erquy « c'est l'air qu'il vous faut » selon la pub locale. Entre la pointe de la Heussaye et le cap se niche le port si célèbre pour sa pêche à la coquille Saint-Jacques. La plage et la mer offrent un spectacle permanent.

Chaque année de nouveaux sports nautiques offrent des performances étonnantes. Je suis au théâtre ou aux jeux olympiques.

Les touristes et les autochtones déambulent sur la digue, se prennent en photo avec en fond la mer sous tous ses aspects : bleue, verte, haute ou basse, calme ou moutonneuse.

Le soir c'est un festival de couchers de soleil où le rouge, l'orange, le jaune et même le violet se mélangent pour enchanter le ciel. Spectacle « lumière et son » avec le bruit des vagues quand la mer est haute.

Je retrouve les amis de l'été et la famille restée au pays pour faire le point sur cet hiver qui nous a séparés.

2122-01 Maryvonne Erquy 3 réduiteSurtout il y a cette eau fraîche et vivifiante qui vous prend dans ses bras, qui vous console et dilue les chagrins. La mer toujours recommencée.
Je l'ai sous mes yeux ébahis du matin au soir et c'est exceptionnel.
Regarder, marcher sur le sable, s’asseoir à une terrasse, écouter une vieille dame sur un banc, prendre un planteur avec des acras chez « Dame Coco ». Recevoir des amis, aller partout à pied, même au cinéma. Manger des chouchous chez Mignon (une fois seulement) mais plusieurs fois des glaces chez Typapo. Écouter un concert gratuit le mercredi soir.

Désolée : rien de philosophique dans tout cela sinon ce ne serait plus la vacance de l'esprit.

7 septembre 2021

Du sel... / Emma

2021-22 01 Emma - Le Sel de la vie 1

2021-22 01 Emma - Le Sel de la vie 2


Quand j'étais tout petit, je jouais, puis j'avais faim. Ma mère taillait alors une plate tartine de pain, elle la saupoudrait de sel, elle l'arrosait d'huile par un large 8 de la burette penchée ; elle me disait : «Mange.» Ce sel, il me suffisait de humer le vent odysséen ; il était là avec l'odeur de la mer ; ce pain, cette huile, les voilà tout autour dans ces champs de blé vert dessous les oliviers. Ainsi s'est aiguisée de longue habitude l'ardente faim de mon coeur.

Jamais assez de ce pain...

Jamais assez de ce sel, de cette huile, ma mère.

Jean Giono, Manosque

7 septembre 2021

Heures exquises / Adrienne

2021-22 01 Adrienne - Heures exquises dsci8798-bis


Constater au réveil qu'on a bien dormi
Prendre le café avec une amie qui est à 1500 km
Rire

Recevoir un message, une carte, une lettre
Entendre des chants d'oiseaux, une belle musique
Rire

Voir des amis et fêter une amitié au restaurant
Rencontrer un(e) ancien(ne) élève
Rire

Marcher dans la nature
S'installer confortablement pour un bon livre, un bon film
Rire

Aimer les enfants des autres
Etre heureuse quand après de longues explications le petit s'écrie "Ça a fait ding ding dans ma tête ! J'ai compris ! C'est facile, en fait !"
Et rire.

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7 septembre 2021

Le Sel de la vie, c'est... / Laura

2021-22 01 Laura - Le sel de camargue 6691065


Le sel de la vie, c'est t'aimer et être aimé de toi,
Faire l'amour, caresser, embrasser.

Voir la Camargue en utilisant les fleurs de sel ramenés de là-bas ;
Ne pas trop saler et/ou du sel de céleri, essayer d'autre saveurs.

Le sel de la vie c'est parler de toi, écouter ta voix,
Ne pas te remplacer, vivre ton absence.

Combler le vide avec plus de livres, plus de curiosité ;
Vivre de la tienne et de la mienne.

16 juin 2021

Aujourd'hui vous allez gratter sur la mandoline / Dominique H.

AEV 2021-35 Dominique mandoline

la consigne me surprend
et m'énerve un moment
mais j'aime cet uppercut
qui me percute
le knock -out
me sauve du burn-out
trouver une réponse
à une consigne absconse
est une merveille
qui me ré-veille
un challenge
proposé par un ange
la nouvelle virginité
libère la créativité
repartir à zéro
avec les mots
le temps d'un rodéo
ou d'un tango
jubilation
de l'improvisation
la première phrase
fait table rase
le lion est dans l'arène
la fantaisie se fait reine
le barrage craque
le flot des mots débarque
la pensée se libère
la libre association opère
le voyage commence
nouvelle expérience

AEV 2021-35 Dominique mandoline 2 jacob-norden-tableau-william-feronje découvre des rivages
surgissent des paysages
la coque de noix flotte
tangue et ballotte

j'ai le cortex
en plein vortex
de la mécanique des flux
coulent des idées farfelues
laisser venir
un vrai plaisir
sensation de liberté
d'agilité et de fluidité
la souplesse retrouvée de l'enfance
et de son innocence.

8 juin 2021

Consigne d'écriture 2021-34 du 8 juin 2021 : Histoire d'eau

Histoire d’eau

 

C’est un peu le complément de la dernière consigne

1. lister les endroits où, au cours de votre vie, vous vous êtes trouvé·e au bord de l’eau (mer, rivière, lac, piscine, etc.).

2. Dans cette liste, prenez un lieu et racontez en détail, à la manière d’un chapitre d’autobiographie, ce qui vous est arrivé ou ce que vous avez ressenti.

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8 juin 2021

Le Gros ruisseau / Adrienne

AEV 2021-34 Adrienne - nénuphars


Quand l’Adrienne était petite fille, en rentrant de l’école, malgré le poids du cartable et la longueur du trajet à faire, elle allait régulièrement jusqu’au gros ruisseau qui traverse sa ville, dans le but d’observer sa couleur du jour.

Généralement il était bleu marine, violet ou brun : la teinturerie en amont utilisait son eau pour les rinçages.

Puis la teinturerie a cessé ses activités, comme bon nombre d’usines textiles de la région.
L’eau est redevenue claire.
De nouvelles plantes ont colonisé ses berges.

L’usine désaffectée est devenue académie de musique et centre culturel.
Les abords, un parc.
Les bassins de la teinturerie, des étangs à nénuphars et poissons rouges.

Et le ruisseau, ses roseaux, ses herbes folles, un enchantement pour les grenouilles et les canards.

Ainsi que pour le héron ;-)

8 juin 2021

Bateaux sur l'eau / Anne J.

AEV 2021-34 Anne J

Je ne me souviens pas personnellement de cette aventure mais on me l'a souvent racontée au point qu'elle fait partie de l'imaginaire de mon enfance.

Je devais avoir dans les 3 ou 4 ans et j'allais au Thabor avec ma grand-mère pour une promenade quotidienne, sans doute en automne ou en hiver. Le Thabor qui est un grand jardin de Rennes était le terrain de promenade de tous les enfants de la famille car c'était à moins de quinze minutes de l'appartement de mes parents. Dans mon souvenir, c'était la promenade normale d'un jour normal pour une famille qui vivait enfermée le reste du temps et j'aimais beaucoup ça.

Sur le chemin j'avais, tout en haut du boulevard de Sevigné, juste avant de tourner dans la rue qui menait à l'entrée du haut du Thabor, deux amis imaginaires. Ils vivaient dans une maison précise de la rue, maison bourgeoise avec un petit jardin devant et se nommaient Chabourouk et Morik. Ne me demandez pas pourquoi ! Je n'en sais rien mais j'ai gardé la mémoire de leurs noms.

En passant devant, je les invitais donc à venir jouer avec nous et on les ramenait au retour dans leur maison.

AEV 2021-33 Anne J

Ce jour-là ma grand-mère m'a emmenée au bassin carré où les enfants faisaient naviguer à la voile des petits bateaux de plage, ces petits bateaux avec la coque en bois et une voile unique, souvent triangulaire. Il fallait prendre le vent pour qu'ils avancent après une poussée initiale et souvent ils se retrouvaient au milieu du bassin très peu profond dans une zone sans vent ou bien face au vent et n'en bougeaient plus au grand désespoir de leur propriétaire. Les plus grands les rattrapaient avec une longue badine ou bien, l'été, retiraient chaussures et chaussettes pour aller les chercher. Les petits eux se penchaient sur le bassin et tendaient leur bras au plus loin pour tenter de les récupérer J'étais trop petite pour en avoir un mais sans doute en rêvais-je, à moins que dans mon imaginaire, ce soit le bateau de mes amis du haut de la rue. Toujours est-il que je me suis trop penchée et que je suis tombée toute habillée avec mon manteau, mes chaussures et tout ce que j'avais sur le dos dans le bassin … un jour froid d'automne ou d’hiver or j'étais une enfant un peu fragile et tout le temps malade.

On m'a raconté que ma grand-mère m'a retiré quelques couches de vêtements mouillés, m'a enveloppée dans son gilet de laine, mise dans la poussette et que nous sommes rentrées à toute vitesse à la maison, sans prendre le temps de dire au revoir à mes amis.

Je crois que c'est cela qui m'a le plus choquée. Ma grand-mère, elle, était confuse de m'avoir mal surveillée comme on peut l'être avec un enfant qui vous est confié. Je ne me souviens pas d'avoir été malade mais je pense qu’on m'a tenue éloignée du bassin pour un moment.

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