Canalblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

L'Atelier d'écriture de Villejean

Publicité
4 mai 2021

Albert / Adrienne

Albert ce matin-là avait le teint verdâtre.
Mal dormi.
Mal réveillé.
Et en retard pour le boulot.

Il hâtait le pas tout en sachant que ça ne servirait à rien: impossible de rattraper le temps perdu.

A moins…

L’envie lui vint de prendre un de ces vélos.
Avec ça, il se faufilerait parmi le trafic, les travaux, les encombrements et arriverait, avec un peu de chance, pile-poil à l’heure.

Ne lui avait-on pas piqué un vélo, il y a bien longtemps, quand il était étudiant ?
Alors ?
Il avait bien droit à une petite revanche, non ?
Surtout en ce cas de force majeure !

Tout en marchant le plus vite qu’il pouvait, il observait la rangée de vélos.
Trop petit.
Trop mauvais état.
Trop bien cadenassé.
Trop fille…

Bah ! se résigna-t-il, tant pis.

Illustrant ainsi, en un seul début de matinée, deux fables de la Fontaine.

Publicité
4 mai 2021

Giboulées / Marie-Thé

John Salminen8

Il pleuvait fort sur la grande ville.
Elle cheminait seule sous son parapluie,
Aveuglée par les reflets des phares sur la chaussée ruisselante,
Indifférente aux vitrines éclatantes de lumière,
Insensible à la beauté de cet instant flamboyant
Dans cette soirée d’hiver pluvieuse et glaciale.

Les baskets trempées, elle a froid,
Le bas de son pantalon dégouline,
Impossible de courir sur la chaussée encombrée.
Elle est trop en retard, trop loin de son rendez-vous,
Il ne l’attendra plus.
Elle cheminera seule sous son parapluie.

4 mai 2021

Encore un drôle de rêve ! / Jean-Paul

John Salminen17S’il y a bien un endroit où il est interdit de fumer et de jouer à la petite marchande d’allumettes, c’est ici, dans ce bâtiment d’allure classique. C’est un grand quadrilatère qui a son entrée au 58 de la rue de Richelieu à Paris. Y était conservé, jusqu’à il y a peu, tout le patrimoine écrit imprimé sur le territoire français et ce depuis 1539. Voilà pourquoi il n’était pas rare de voir sur le trottoir, entre 1975 et 1980, Mlle Lhéritier ou M. Peyraube clopant "comme clopains" à gauche de la porte principale de la Bibliothèque Nationale qui n’était pas encore « de France ».

J’y allais avec mes collègues et ma chef de service, peut-être le mardi et le jeudi, je ne sais plus trop, visiter leur antre souterrain, la salle des catalogues. On y effectuait des recherches bibliographiques dans le National Union Catalog et d’autres monuments du genre encyclopédique en plusieurs volumes pour repérer ce qu’on n’avait pas trouvé dans le Cumulative book index ou le Books in print.

AEV 2021-29 JK - salle des catalogues BN 2

J’y étais encore cette nuit, à la B.N. Si, si, je vous le jure : bien que je n’y sois plus obligé je retourne bosser la nuit. Je ne maîtrise pas tout dans la vie et surtout pas mes rêves.

Si quelqu’un peut m’expliquer d’ailleurs ce que le président de la Maison de Quartier de Villejean de Rennes, Monsieur Deuxpoints Jacky, y faisait ! Il devait encore être en train de blablater en français mâtiné de gallo avec d’autres gens autour d’une table basse ronde et quand il m’a vu passer, il m’a interpellé pour me vendre un billet de tombola. Ça c’est sans doute parce que j’ai fait le pari pascalien de me faire vacciner samedi dernier !

AEV 2021-29 Jean-Paul - Escher

J’ai repris mon chemin et je me suis perdu. Dans mes rêves la Bibliothèque nationale est un compromis entre une maison de M.C. Escher et un labyrinthe pour rats de laboratoire… ou de bibliothèque. Il y a des passerelles, des escaliers, des couloirs, c’est tortueux, périlleux et parfois lorsque je n’ose pas avancer sur un pont de singe ou me suspendre aux bords d’une trappe, je déchausse et je me réveille.

Pas cette nuit. Parce que cette fois j’étais parvenu dans une partie inconnue, luxueuse, avec portes matelassées et meubles anciens. Un véritable home sweet home dans lequel on entendait une musique de clavecin qui s’arrêta au moment où j’allais sortir. Apparut alors à la rembarde de la mezzanine au-dessus de moi un vieil homme élégant. Il avait une allure de Michel Bouquet mais ressemblait en fait à cet acteur au regard noir, au masque froid que l’on voit encore dans les rôles secondaires de certains films mais dont on oublie forcément le nom. Alors que je m’excusais platement de ma présence en ces lieux privés, le directeur de la BN, car c’était lui, s’adressa à moi.

- Monsieur Krapov ! Vous vous y connaissez, en solfège, vous ?

AEV 2021-29 JK- Mademoiselle-Therese-Kleindienst1- Un peu seulement, répondis-je étonné de ce qu’il connût les noms de tous ses employés et les reconnût – sans que j’aie le souvenir de l’avoir jamais rencontré puisque la BN avait en 1974 une directrice du genre petite souris grise, native de Saint-Gilles-Croix-de-Vie, qui s’appelait Thérèse Kleindienst et qu’on appelait T.K.

- Parce que, voyez-vous, ajouta l’homme à l’allure de lord anglais, je suis en train de composer un opéra.

- Intéressant ! De quoi s’agit-il ?

- C’est l’histoire d’un vieil homme qui aime deux femmes. Il vit alternativement avec l’une et avec l’autre mais aucune des deux ne sait que l’autre existe. Il hésite à choisir entre les deux à cause de sa bibliothèque. Il a conservé tous les livres que l’une et l’autre lui ont conseillé d’acheter ou qu’ils ont lu ensemble ou qui évoquent des moments de leur vie. S’il choisit de vivre avec l’une, comment lui expliquera-t-il ces traces d’une autre. ?

Le reste de l’argument se perd dans les limbes du sommeil et dans un éclat de rire nocturne. Un opéra à un seul personnage !

***

Au réveil, une fois redescendu de l’escalier aux esprits, j’ai eu la répartie qu’il fallait, d’autant plus irrespectueuse qu’elle s’adressait à un fantôme :

- Si t’es embêté avec tes deux vieilles, t’as qu’à tomber amoureux d’une gamine de seize ans ! Les Lolita s’en foutent des livres, elles préfèrent leur smartphone !

Je lui ai même trouvé un titre, au dirlo, pour son opéra : Docteur Folamour !

Quand je rêve la nuit, je suis encore plus con que quand j’écris le jour !

P.S. Oui, je sais, sur l’image, ce sont les guichets du Louvre et pas la B.N. ! Si vous êtes sages je vous parlerai de Belphégor une autre fois ! Et puis on ne disait pas "directeur" mais "secrétaire général" dans cet établissement.

4 mai 2021

Murs / Anne J.

John Salminen2

Ces dimanches matins là,
j’osais sortir des murs de silence de mon enfance prisonnière,
prisonnière d'un cocon sans mots où je devais tenir ma place,
pour m'en aller dans la rue déserte
avec mon sac et quelques morceaux de pain,
partir à la découverte du monde du dehors,
un monde de bois, d'herbes et de fleurs,
un monde où chantaient les oiseaux,
où coassaient les grenouilles
où chantaient ces étranges autres filles
qui m’intriguaient tant,
un monde de bruit et de mots

***

 John Salminen16


Hier soir j'ai préparé mon sac
pour m'en aller dormir tout près de chez moi
chez une amie.

Sortir des hauts murs qui me sont imposés
et où je vis recluse et confinée depuis un an,
mettre pyjama et brosse à dents dans un cabas
et dormir dans un lit étranger
est presque une aventure,
tant cette liberté est devenue rare,
complexe et interdite.

Pour cela, j'ai traversé des rues désertes à l'heure du couvre-feu,
mes pas résonnant dans le silence,
longeant des rangées de vélos inutiles
qui ne vont nulle part.

Nous avons partagé des bières, des rires, des images, des émotions,
un couscous délicieux
et retrouvé le délice de mettre des mots
sur la douleur et la beauté des hommes et des femmes
et parlé, bien sûr, de ce qui importe
la vie et la mort.

Fils tendus entre nos deux maisons,
ni pour sécher le linge, ni pour échanger des vivres
mais pour, par la magie des mots,
rapiécer notre humanité,
retisser la trame de nos vies.

Signaux de fumée entre deux solitudes
Aventure d'une amitié qui grandit

4 mai 2021

Globe-trotteuse / Eliane

La porte s'ouvre sur la visiteuse.

- Bonjour ! Voici la grande voyageuse!

- Tu m'as manqué. Viens, je t'attendais.

Souriante elle le contemple. Il n'a pas enlevé son tablier.

- Ca sent drôlement bon ici !

Et, comme si elle avait quitté l'appartement la veille, elle enlève son manteau et va soulever le couvercle de la cocotte qui mijote sur le feu.

- Tu dois avoir mille choses à raconter mais viens nous allons commencer par nous régaler, enfin j'espère.

Elle rit. Il est le meilleur cuisinier qu'elle connaisse. Ils se restaurent et bavardent à bâtons rompus, surtout de choses le concernant lui. Elle s'enquiert de son travail, de ses loisirs, de leurs amis communs.

Après le café, elle propose de lui montrer quelques photos de son périple. Elle a principalement visité des villes.

Il allume l'ordinateur et la visite guidée commence.

- Les escaliers d'une célèbre butte. Au sommet il y a une basilique toute blanche. C'est à Paris.

John Salminen18

- Une balade dans une rue américaine très animée. A Boston.

- Paris et sa célèbre tour. J'ai trafiqué l'image. En réalité il y a une grande esplanade devant la Tour Eiffel, mais je voulais qu'apparaissent les grands immeubles haussmanniens.

- New-York sous la pluie avec un de ses fameux taxis jaunes. Il fait presque nuit alors que nous étions en plein après-midi.

- L'entrée assez monumentale d'un grand musée d'une ville de l'est. St Petersbourg je crois.

- La fontaine de Trévi à Rome. C'est très romantique. Les amoureux y jettent des pièces de monnaie en faisant un vœu. Les pièces sont ensuite ramassées par la municipalité.

John Salminen19- Le carrousel de la place de la Mairie à Rennes en Bretagne.

- Une rue commerçante à Cracovie. J'ai beaucoup aimé traîner dans les rues, écouter clients et commerçants dans des langues que je ne comprenais pas.

- San Francisco où je me suis amusée à faire comme dans les polars américains, gravir et dévaler ces rues en montagnes russes à toute vitesse. Heureusement je ne me suis pas fait arrêter et la voiture de location a tenu le choc.

- L'entrée de Hyde Park à Londres. Des artistes viennent librement y déclamer leurs poèmes.

Sur la dernière photo elle ne fait aucun commentaire. On y voit un homme sous un grand monument

Il s'était un peu rembruni.

- Qui est cet homme ? Et qui sont ces autres sur tes clichés ? A moins que ce ne soit le même ?

Elle soupire.

- Ce ne sont que de brèves rencontres. Une femme qui se balade seule à travers la planète avec pour seul bagage son sac à dos, cela suscite de nombreuses curiosités. Les gens voulaient savoir qui j''étais, d'où je venais, mes motivations.
Je répondais volontiers. Nous partagions un verre, un repas. Certains me présentaient à leur famille.
Il y avait des femmes aussi, mais elles étaient plus rares. Elles sont moins entreprenantes pour aborder un étranger.
J'ai gardé quelques contacts de ces rencontres

Un silence s'installe. La nuit tombe sur le lac Léman.
Elle demande

- Que pense-tu de la qualité de mes photos ? J'ai besoin de connaître ton avis. C'est très important pour moi.

-Sincèrement je les trouve belles. Il y a un léger flou artistique, de subtiles surimpressions peut-être. Beaucoup sont prises de nuit ou sous la pluie, ce qui les rend émouvantes, attachantes.

Elle est pensive.

- J'envisage d'en faire une expo. Et peut-être aussi écrire un livre racontant les situations que j'ai rencontrées et les nombreuses anecdotes dont a été parsemé le voyage.

Il sourit largement.

- Alors tu ne repars pas tout de suite ?

- Non, et tu auras la primeur de mon bouquin.

Ils rient, s'embrassent.

Publicité
4 mai 2021

Choix de vie / Raymonde

John_Salminen8

Elle a encore raté son bus ! Et il pleut et ses chaussures prennent l'eau ! Et même plus le temps de se "faire belle", toujours la même queue de cheval attachée avec le premier élastique qui lui tombe sous la main, c'est celui du pot de confiture qui maintenait le tissu écossais sur le couvercle du pot !

Et ce vieux parapluie noir, elle n'a pas retrouvé le sien, peut-être l'a-t-elle oublié quelque part, elle est si préoccupée en ce moment !

Et elle va être en retard pour récupérer ses deux "beaux-enfants". Quelle formule inappropriée, ils sont moches et ce ne sont pas les siens. Ils sont à lui, le bellâtre qui lui avait promis monts et merveilles et lui a révélé l'existence de sa progéniture bien après leur rencontre.

- Ah ! J'ai oublié de te dire, j'ai deux enfants, ils vivent avec leur mère à Tokyo, je ne les aurai que quelques jours par an.

Résultat : garde alternée, un mois sur deux ! Et bien évidemment, c'est elle qui se charge d' aller les chercher à l'école privée, la plus chic, la plus chère de la ville. Elle détonne avec sa tenue, sa mine fatiguée, ils doivent la prendre pour la nurse.

Immanquablement un coup de téléphone à 16h30 :

- Je suis coincé dans les embouteillages…
- …
- La réunion s'éternise…
- …
- Je suis en visio avec Machin chose...
- …

Tous les prétextes sont bons pour qu'il passe le moins de temps possible avec eux, alors il l'implore :

- Je te serai reconnaissant…
- …
- Tu ne vas pas le regretter…
- …
- Fais ça pour moi si tu m'aimes, etc. etc...

Et, pauvre poire, elle court et manque de se faire écraser, pour arriver en retard à l'école où elle est accueillie avec des reproches.

- Encore une fois et c'est l'exclusion, vous comprenez ?

John Salminen3

Alors, tout d' un coup, elle fait demi-tour, elle déambule, la pluie a cessé de tomber, elle se sent presque légère, de bonne humeur ! Elle croise un homme assis devant l' hôtel Avalon, il lui évoque un tableau de Hopper. Qu'attend il ? Est il un employé de l'hôtel ? Un client ?

Plus loin, elle voit une mamie qui rentre chez elle en tirant son caddie de courses. Elle a dû aller acheter des légumes pour faire sa soupe, il y a toujours des poireaux qui dépassent des caddies, ça la fait sourire ce cliché !

Et là, soudain, elle n'en croit pas ses yeux ! C'est lui, c'est bien lui ! Il va à la rencontre d'une blondasse qui lui sourit, le rendez-vous est sans doute fixé sous le drapeau américain, elle attend, il accélère le pas, on le sent pressé.

Ah ! C'est ça les embouteillages, la réunion qui s'éternise ?

***

Alors, elle n'a rien fait, elle n'a rien dit. Pas un message, pas un coup de téléphone, pas une lettre. Rien, silence total.

Lui, il l'a harcelée, suppliée, menacée, il ne comprend pas, il est fou d'inquiétude, il n'a rien fait de mal, c'est une lâche, elle a abandonné ses deux chéris à lui, elle est sans cœur, etc. etc...

Elle a tout laissé, son travail, son appartement, ses amis, sa famille et s'est installée ailleurs, là où il ne pleut pas, "où il fait toujours beau, où tous les jours sont chauds, où l'on passe sa vie à jouer sans penser à l'école en pleine liberté pour rêver".
 

4 mai 2021

Je crains et j'espère / Laura

John Salminen7

Je crains et j'espère revoir Paris
Et les autres villes
Parcourues avec toi

Je crains et j'espère
Découvrir de nouvelles villes
Sans toi

Je crains et j'espère
Descendre des rues
Devant ton spectre

Car c'est le seul moment
Où mes grandes jambes
Arrivaient à dépasser les tiennes

Je crains et j'espère revoir
La porte Saint-Denis
Je te rejoins

Les rues de villes
Qui ressemblent à Casablanca:
Urbaines et sauvages.

Je crains et j'espère
Traverser sans toi et
Sans danger

Admirer encore
La Tour Eiffel
Ton ombre me protège

Je crains et j'espère
Visiter des musées connus
Et des lieux étrangers

Monter des marches
Sans tomber
Comme si ta main me retenait

Je crains et j'espère

27 avril 2021

Consigne d'écriture 2021-28 du 27 avril 2021 : Doukipudonktan ?

Doukipudonktan ?

 

AEV 2021-28 Consigne jacques-prevert-132247

 


Voici les règles de la nouvelle orthographe, complètement phonétique ! Ca décoiffe, hein ?

Lettre ou son Nouvel état

Exemple

a    
à Remplacé par a  
â Remplacé par a  
ai Remplacé par é ou è File la lène, file lé jours
au Remplacé par o  
b    
c remplacé par “s” ou par k La sigarète le kaméléon
ç Remplacé par s Non mersi san fason
ch Conservé si chuintante Un cha, un chien
ch Prononcé de façon gutturale : Remplacé par k Du klor plin la pisine
d    
e    
ë Remplacé par e Le pèr noel
é    
è    
ê   Remplacé par è Sa va pa la tète ?
eau Remplacé par o  
ei Remplacé par é ou è Il navigè an pèr pénar
Eu ouvert Subsiste pour le son “e » ouvert Crane d’euf, bon pié bon euy
Eu fermé Remplacé par e pour le son “e » fermé Un pe mon n’ve !
f    
g Conservé pour le son guttural sinon remplacé par j Un garaj Une jirwèt Un gadjèt
gn Replace par ny C’est de la nyonyotte !
h disparaît Un arico de mouton
i Ne porte plus jamais d’accent circonflexe Une ile, le jite et le couvèr
Ien, iou, ion Remplacé par yin ou you ou yon Drolman byin sacrémen syou Mérit l’atensyon
ill Remplacé par y S’é mouyé par tèr
j    
k    
l    
m    
n    
o    
oi Remplacé par wa Vyin bwar un vèr !
p    
ph Remplacé par f La farmasi
q N’existe plus, remplacée par k Une pikure
r    
s Conservé comme sifflante Le siro tifon s’è bon
s Remplacé par un z lorsque entre deux voyelles L’inportan s’è la roze
t    
u    
un Conservé uniquement  comme article indéfini Tout un chakin
v    
w Se prononce oi et pas voi ni va un Wallon en vacans réklame du wifi et un waterzooï de wapiti
x Remplacé par ks ou par gz Egzacteman ! Tro de seks tu le seks !
y Souvent remplacé par i, conservé quand il s’agit du son qu’on entend dans yoyo ; Dyogèn véku dans un tono Tchaykovski a ékri le lac des signes
z    
en Remplacé par an Koman von té paran ?
in    
on Tous les mots qui finissent en ion s’écrivent désormais avec yon à la fin  
ou Maintenu mais tous les mots en ou se termine en ous - Je jou du binyou
- Dégaj !
- Sapajous ! Pour la pène je vous bombarde de caillous

 Vous allez les pratiquer ce jour de manière à ce qu’on rigole bien ! Plusieurs propositions :

1)      Vous réécrivez en appliquant ces règles une fable de La Fontaine, un poème ou texte littéraire hyper connu, un conte, un article de journal, un de vos textes précédents, ce que vous voulez.

2)      Vous rédigez une ou plusieurs pages d’un manuel d’apprentissage pour les enfants en donnant de nombreux exemples à leur portée de ces nouvelles règles

3)      Vous racontez une visite au zoo

4)      Vous êtes rétive à ce nouveau système. Défendez l’orthographe traditionnelle dans un pamphlet.

5)      Vous êtes contestataire dans l’âme. Les choix faits de remplacement s faits par votre serviteur ne vous conviennent pas. Argumentez et proposez autre chose là où vous n’êtes pas d’accord.

 

Vous pouvez en choisir plusieurs ou n’en faire qu’une.

Bone amuzman !

P.S. « Doukipudonktan » est l’incipit de « Zazie dans le métro » de Raymond Queneau.

27 avril 2021

Un dimenche de printen ordinère ché les Bidochon / Raymonde

AEV 2021-28 Raymonde - Bidochon

Un dimenche de printen ordinère ché les Bidochon 
Les zoizos fon cui cui
La sossisse ossi 
Sur le barbequiou 

Les Zommes mêtre du feu 
Son sans c 
Surveyer les mères guêze et les sossisses 
Mê y boive leur binouze 
En refezan le monde 
Et y zoubli leur mission 
(et non pa leur miction a côse de la binouze) 

Les Zenfan cri :

- Sa va enkor aitre tou kramé ! Yen na mare !
Mê ou son les fames ?
- Parti avek Patrick Juvet !!!!

Les zomes on manjé les sossisses ê les mères guezes kramé
En buvan enkor de la binouz et du pikrate 
Y son sou, ô dessou de tou !!

Les mioche on pa manjé. 
Ç 'ait la debandade du printan ché les Bidochon !
27 avril 2021

Réflèksions sur la réform de l'ortograf / Jean-Paul

AEV 2021-28 Jean-Paul - bonnet d'âne

Réflexions sur la réforme de l’orthographe

Ce qui est bien, dans cette réforme de l’orthographe, c’est qu’elle est on ne peut plus républicaine, même si la fantaisie y semble reine.

En effet on y gagne ceci qu’on a toute liberté de faire des fautes d’orthographe. Celles-ci ne seront plus comptabilisées un point en moins et tous les élèves, quoi qu’ils aient écrit, se retrouveront avec un vingt sur vingt, au moins en dictée ! Ce qui ne nuira pas à l’égalité et développera peut-être la fraternité.


Règle du "m" devant "b" et "p"

On ne met plus de "m" devant "b" et "p". On écrira donc :

Les inbécil inbus d’e même ki nous on t'enpéché de sortir o téatr et o muzé pandan un an on pri de l’enbonpoin kom tou le monde. Byin fé ! Ankore ne s’inbibe t’ils san doute pa de Kronenbour en avalan leur purée-janbon !


Le pluriel des mots et adjectifs

- On n’a plus besoin de mettre un "s" aux mots et adjectifs quand ils sont introduits par l’article défini lé ou l’article indéfini dé.

Exemples :

Le Prézidan a suprimé l’ENA parske, a t’il déklaré, il n’en sortè que des krétin.

 Lé jour z’ere vont revyindr  en mèm tan que le pas vaksinal

- On peut, mais c’est facultatif, conserver un "s" au bout des mots commençant par "de" ou "d’"

La Bretagne est régulièrman anvaie de Pariziens ki fui la kapitale ou il y a, dize t’ils, trop d’étrangés.

- Sire, la rue est plène de pékins qui porte tous un jilé jone !

- Ke se pase t’il ? Sé un aksidan ? Dé Chinwa ?

- Non Majèsté, sé une révolusion !

AEV 2021-28 JK Petiti pied chevals
Le pluriel des mots en "al"

- Il redevient «al» ou «als» et plus jamais «aux»

Exemples : 

L’ipodrom est un andrwa ou on fé dé kours de chevals, ou lé parieur porte de bo futals et lé bèle dame dé chapo de carnaval trè z’original.

- Si, par tolérance, on conserve le pluriel en "aux", on prendra soin alors de prononcer le "x" final :

Exemples :

Veniz è t’une vile plène de canoks sur lékèl navig dé cano nwars k’on apèl dé gondol 

La premièr vwatur de mé paran a été une dedeuch pui il z’ont acheté une katre chevals et mintenan k’ils on de gro kapitoks il roul à vélo pour entretenir leurs biskoto et leur louk de bobos. Oui, bien sur, avek asistanse élèktrik !

AEV 2021-28 Jean-Paul - des binious
Le pluriel des mots en "ou"

Il redevient "ou" ou "ous" mais plus jamais "oux".

Exemples :

« J’é caché les bijous de la Castafiore dan z’un buison de ou, là ou trènè la ou du jardinié chelou » a avoué la pie o policiés ripou ki se gratè lé genous et le somé du kayou parsk’ ils z’avè dé pous

Un binyou c'est tèribl ! Pluzieur binyou sé insuportabl ! É si le pluriel d'un binyou étè dé kornemuz, sa n'i chanjerè rien !


Le cas du "e" final pour marquer le féminin

L’article défini «la» et l’article indéfini «une» indiquent la présence d’un nom féminin. S’il y a en plus un "e" muet au bout du mot le féminin est marqué doublement. On ale choix de conserver cette terminaison "e" ou de ne pas l’écrire

Exemples

La verj, la baniole, la bibine, la chase, la gloriole, la fanfaronade, la mufleri, la misogyni, la crétinitude sont tous des noms féminins. Etonan, non ? 

Alon z’enfans de la patrie
Le jour de glwar è ‘arivé
Kontre nous de la titani
L’étandar sanglan é levé

AEV 2021-28 Jean-Paul - O ouvert et fermé
O ouvert et O fermé

Bien qu’il n’existe plus de fautes d’orthographe, le premier jet de la réforme ne dit rien sur les différentes graphies possibles du son "o". Or on ne prononce pas de la même façon «une cotte de maille» et «une côte d’agneau». D’ailleurs ni l’une ni l’autre n’ont le même goût ni la même consistance.

Les uns ont suggéré que le o fermé soit signalé par un accent circonflexe.

Exemples :

Un côboy qui vient vèr twa avec un gran koutô, sa fou lé chôkot ! Pous vit un cri de côyote et bar toi ô gran galô ! 

Léon Zitrone s’é t’asi sur le trône. Napoléon ôte sa couronne et la pôse sur la tète de sa bôbone.

Il falè ôzé Jôzéfine, a grômelé le maréchal Bashung

 Il semble qu’il y ait plus de "o" fermés –chocolat, bonobo, héros, métro, boulot, dodo que de "o" ouverts : crotte, motte, escalope, robe, méforme

Certains linguistes de notre équipe ont suggéré qu’on laissât la graphie aussi libre que la prononciation et qu’on écrive simplement "o" pour les deux cas.

D’autres proposent qu’on garde la consonne redoublée qui suit le o ouvert.

Moto-krotte et non moto-krote

Exemple :

Voyèle... Voyèle... Konsonn... Konsonn... le kont é bon !

Bref vous faites comme vous voulez, ça reste ouvert


Les lettres de liaisons bien ou mal t’a propos

On l’a vu dans nos exemples ci-dessus. Il est permis d’utiliser des lettres isolées suivies d’une apostrophe en début de certains mots commençant par une voyelle afin de respecter les liaisons pratiquées dans l’orthographe ancienne et qu’on entend dans le langage parlé.

Exemple :

Sé t’asé pour ojourdui ! 

Salu lé z’ami·e·s, mé z’élucubrasion son tèrminé je m’en vé z’o dodo !

Publicité
L'Atelier d'écriture de Villejean
Publicité
Publicité
Derniers commentaires
Archives
Publicité