Votre animateur d’atelier d’écriture préféré est parti visiter Sète, une ville dans laquelle il n’a jamais mis les pieds auparavant.
La raison de ce voyage ? Un chanteur qu’il aime bien, monsieur Georges Brassens, est né dans cette ville méditerranéenne et y est enterré.
Et vous jusqu’où pourrait vous pousser votre propre fanitude ? Sur les traces de qui êtes-vous prêt(e) à partir ? Dans quelle ville inconnue rêvez-vous de vous rendre pour cela ? Qu’y ferez-vous ? Qu’explorerez-vous ? Qui rencontrerez-vous ? Que vous arrivera-t-il là-bas ?
Vous pouvez traiter ce sujet comme une fiction et raconter l’histoire à la troisième personne.
Par exemple :
«Lorsque Laure Manaudou mit le pied sur le sol romain, elle alla déposer ses valises à l’hôtel et dîna dans une pizzeria proche du Colisée. Le lendemain matin, Guide du routard en poche, elle suivit le chemin qui conduisait à la fontaine de Trevi. Elle se jeta dans l’eau tout habillée en susurrant « Marcello »…»
J’irai retrouver un homme qui pourrait être entouré de Jean-Pierre Marielle et Philippe Noiret.
J’irai à Rochefort, Rochefort sur mer, Rochefort en terre, Rochefort en l’air, Rochefort en Sélène retrouver mon ami Jean, un homme lunaire, avec son côté clair face à la terre et sa face plus obscure qui nous est restée à l’ombre.
J’irai à Rochefort en tandem, cavalier de préférence, bercés par « il mio rifugio ».
Nous ferons halte au zoo, en nous méfiant particulièrement en passant devant l’enclos des pachydermes car chacun sait, un éléphant, ça trompe énormément. En cas de danger, nous pousserons notre cri de guerre : « Courage, fuyons ! », même si c’est un peu ridicule. Mais nous avons appris avec Jean la force du ridicule, à cheval au milieu d’un étang, en robe de chambre sur un balcon parisien ou dans une R16 garée dans un parking souterrain…
Lorsque les pendules de l’horloger de Saint Paul sonneront le soir, nous irons chez les grands ducs. Là, bon repas, bien arrosé et que la fête commence, dans la fumée rêveuse des cigarettes, pipes et cigares. Rien à voir avec le bal des casse-pieds !
Le lendemain, nous poursuivrons notre route dans une campagne normande brumeuse rencontrant successivement le mari de la coiffeuse, un grand blond avec une chaussure noire et Angélique la marquise des anges. Ce sera épatant !
Nous passerons par Nashville, essayerons de ne pas nous retrouver lost in la mancha et fuirons le crabe tambour sur la plage.
Nous arriverons enfin à Rochefort, en tongs et sous les avalanches. Je vous y inviterai toutes, vous qui n’avez pas les genoux de miss Anjou, les fesses de miss pays de Bresse, le ventre plat de miss albigeois et la dégaine de miss aquitaine. Quelle poilade ! C’est terrifiant !
Ensemble, nous irons retrouver Jean qui nous accueillera dans un grand rire tonitruant. Nous essayerons de percer le mystère de la moustache enjoué de ce boloss des belles lettres. Il nous conterait encore de sa voix grave : « Six semaines plus tôt, je n'étais qu'un homme sans aventure, calmement épris de sa famille et de sa patrie, et dont le regard ne faisait aucune embardée au passage des femmes. »
Nous lui dirons ensuite au revoir, au revoir et pas adieu car nous en sommes certains, nous irons tous au paradis.
Il faut croire que j’ai pris goût au périple touristique nécrophile. Après Charleville-Mézières en 2017, Sète en 2019. Après Rimbaud, Brassens. Mais qu’est-ce que j’ai à marcher sur les traces de ces anciens voyous ? Qu’est-ce que j’espère trouver à Sète ?
Une boîte à lettres au cimetière pour pouvoir écrire à Georges B. ?
Une plaque de médecin indiquant qu’on peut prendre rendez-vous avec le docteur Cléo Decinq à Sète ?
Un café qui s’appellerait « Les Copains d’abord » ? Mais on en a déjà un à Rennes tout comme on a un bistrot nommé « Le Bateau ivre ». Le Funky Munky s’appelait même « Le Rimbaud » lorsque j’ai débarqué dans cette ville d’alcooliques lettrés. Même leur club de foot rend hommage à Stendhal grâce au maillot bicolore de ses joueurs : on y trouve le rouge et le noir.
Ca se peut, ça, un sex-shop appelé « Le Pornographe » ? Un marchand de chaussures à l’enseigne des « Sabots d’Hélène » ? Une boucherie Cornes d’aurochs ? Un EHPAD baptisé « Mon vieux Léon » ? Le restaurant « Chez l’Auvergnat » L’Institut de beauté Marquise ? La crêperie Bécassine ?
Je n’ai rien préparé pour ce voyage. Je sais juste qu’il y a un cimetière marin à Sète mais nous les Bretons, on a déjà celui de Saint-Michel en grève qui est très beau. Une plage de la Corniche sur laquelle les dauphins ont pour amis d’enfance des gamins moustachus qui fument la pipe et se grattent le ventre en chantant des chansons.
Un étang de Thau, des canaux… et du coup il me revient que cette nouvelle exploration ne sera pas forcément Brassensophile. Peut-être ne ferai-je qu’ajouter un méchant paquet de photographie à mon « Apologie des villes d’eaux » ?
Alors ? Fi des amoureux qui s’bécotent sur les bancs publics » ! Basta des lettres à Rimbaud ! Peut-être ne me faudra-t-il écrire, pour en garder trace, que sept sonnets à la gloire de Sète ?
Il paraît que la rue de La Grange aux loups n'existait pas avant la chanson de Barbara. Alors je n'irai pas dans ce non-lieu, je préfère me promener dans ses chansons. Taxi ne m'emmenez pas à la gare de Lyon ça ne m’intéresse ni d'aller baragouiner trois mots d'allemand à Göttingen ni de prendre une saucée à Brest, ni de me perdre au petit bois de Saint-Amand. Je préfère fermer les yeux et me laisser porter par des images virtuelles. Imaginer les jardins alanguis, voir déferler la vague qui se cogne, me piquer à la beauté d'une rose, sentir l'aigle noir tournoyer et laisser planer sur moi une douce mélancolie.
Oui Barbara, ma plus belle histoire d'amour en chanson c'est vous. Dis, quand reviendras-tu à mon oreille me susurrer tes ritournelles ?
Si la photo est bonne je me dis que je ne suis pas encore trop fanée sous mes dentelles et toi rappelle-toi Barbara, ta longue robe de velours noir aux manches évasées, ton bras qui dansait et ta main qui volait comme un oiseau espiègle, ta cambrure à ton piano, ta chevelure de geai et ton œil de biche. Tu étais et resteras la longue dame noire.
J'aimais savoir que lorsque tu n'étais pas ce personnage de scène tu tricotais dans la voiture entre les étapes d'une tournée.
Ils peuvent bien essayer de prendre tes chansons, les hommes, Bruel ou Depardieu. C'est ta voie unique qui manque. Entre le mal de vivre et la joie de vivre tu nous as dessiné un chemin musical et floral. Toi la douce douce.
Dans un bouquet où Mouloudji était le coquelicot, Brassens une fleur dans une peau de vache et Brel les non-fleurs au profit des bonbons, toi tu étais la reine, la rose rouge, l'amour toujours pour ton public. Ma plus belle histoire d'amour c'est vous nous disais-tu.
A mourir pour mourir tu aurais pu attendre mais puisque la mort t'a emmenée sur son grand bateau à la voile noire, merci de nous avoir laissé un héritage immatériel car nous pouvons l'emporter partout.
Des hommes, l’âme pleine De violence et de haine Ont exilé là des vilaines En quarantaine
Clandestines Sans origines Elles cheminent Dans la nuit chagrine
Sur sa jument alezane Une fière sultane Mène la caravane Sur le sable havane
Soudain dans un cyclone Une amazone Apparaît sur un trône Brillant, or, jaune
Et la colonne de madones De courtisanes et de nonnes Triste et monotone Soudain s’abandonne
Sous la lune opaline Les pèlerines Dans une scène divine Deviennent ballerines
Sous la pleine lune Leurs ombres brunes Animent les dunes Lavent la rancune
La lune porcelaine La nuit sereine Apaisent la peine De ces sirènes
Dans un silence d’ébène Elles s’en reviennent Magiciennes Suivant leur souveraine
Une égyptienne, une bohémienne, une ottomane, une gitane Une gamine, une abyssine, une gorgone, une matrone Ont rencontré la fortune Sous la lune Et dorénavant personne Aucun homme Ne leur retirera leur couronne
Elton John : Il noie dans le gin Sa peine de n’avoir pas pondu L’« Imagine » de John Lennon !
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Les mandarines De la patronne, La poitrine D’Hélène, Mylène La libertine, Et les tétons de Valentine Tout ce béton qu’on maniait à la tonne Tu ne peux plus en parler à personne Maintenant sans qu’on t’assassine A coups de hashtags anxiogènes Du genre de #balance ton échine Ou de # me too j’te fumigène !
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Si tu bois la liqueur de prune De dame Eliane Par-dessus les bières des Ardennes Qu’elle t’a servies par douzaines Tu finiras au Doliprane !
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Les infortunes de Justine, Le Vicomte de Bragelonne, Les splendeurs et misères des belles courtisanes, Le terrible chant des sirènes, Ce qui se passe à l’Est d’Eden, Du côté de chez Swann Ou bien dans les Lettres persanes, Toute cette littérature est vaine ! Remballez-moi toutes ces tartines : Je ne suis qu’une paysanne !
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Si tu veux toujours rester zen, Fiche-t-en, de la couche d’ozone, Du Cameroun, Des gilets jaunes, Des fortunes et des infortunes De toutes ces têtes à couronnes !
Ces très sinistres figurines Laisse-les dévider leur peine Sur Youtube et Dailymotion !
Au bord de la jolie Vilaine Sors tes tartines Et saucissonne !
Puis déchire à pleines canines Le gâteau à la frangipane Confectionné par ta marraine, Jolie Peau d’âne !
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Caroline Quine ! Caroline Quine ! Non mais quelle conne ! Des aventures d’Alice par tonnes, Jamais sélectionnée à Cannes Alors que toujours s’y dandinent Woody Allen Sharon Stone Et les frères Dardenne !
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Si tu laves ton deltaplane Dans la machine Pense à mettre de la Soupline !
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LE STYLITE
Dieu m’a dit d’aller siffler là-haut sur la colonne De l’attendre avec un petit bouquet d’anémones J’ai cueilli des fleurs et j’ai sifflé tant que j’ai pu J’ai attendu, attendu, il n’est jamais venu
En vous limitant à trois exemples par catégorie, dressez la liste des choses
1 claires et propres 2 qui surprennent 3 qui font battre le cœur 4 mélancoliques 5 peu rassurantes 6 fugitives 7 qui donnent un très grand plaisir 8 qui gagnent à être peintes 9 qui ne peuvent être comparées
Passez votre feuille à votre voisin.e de droite. Transformez quelques-unes des réponses de votre voisin.e de gauche en haïku ou en tankas
Rappel : Le haïku est un poème de trois vers qui ne riment pas mais dont le mètre est imposé : cinq syllabes, puis sept puis cinq. Le tanka est un haïku auquel on ajoute deux vers de sept syllabes.
N.B. Si vous voulez en savoir plus sur Sei Shonagon, cliquez sur l'image ci-dessous
Lessive de printemps Les draps du lit de l’hiver Tout salis de nuit, De froid, de triste et de sombre Ont été lavés hier.
Il vivait encore ? Je le croyais déjà mort ! Quel âge avait-il ? Les idoles de notre enfance Partent avec nos souvenirs.
Elle l’a vu gagner Son grand petit frère chéri. Son cœur a bondi, Elle a sauté la barrière Encore plus heureuse que lui. Tous deux ont flotté Dans un bonheur partagé. L’or il a gagné Laure a exulté.
Charleville-Mézières Il est là, au cimetière, Arthur, dans la terre. La poésie dans la nuit Pour nous la mélancolie.
Dans la capitale Des bouchons et des bouchons Plein d’autos partout ! La circulation, que c’est difficile ! Vaut mieux rouler à vélo C’est c’que disait Dassin Jo !
Notre âge en printemps Ça va fugitivement ! Ça change tout le temps C’est un peu déprimant Ça tourne trop vite, les ans ! Et vous, croyez-vous Que si l’on comptait en étés Le passage des années On serait moins vieux ?